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Ici le conteur attitré de la station CKAC : Claude
Jasmin
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Pour le jour (ou la veille) de l'HALLOWEEN ?
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NOTE : TOUT CELA SERA DIALOGUÉ
1- LES ÉTRANGERS !
D'abord, un mot sur notre peur des étrangers à cette époque : le
guenillou, juif (!) " plein de poux ", le buandier
Chinois, l'aiguiseur au pied bot,. Le gazé de la guerre, etc.
2- HALLOWEEN DU TEMPS, PUIS CETTE MAD. CORMIER.
Portrait bref de la voisine de mon ami Tit-Yves, de cette folle, juchée
souvent sur son balcon du deuxième, pour haranguer ses fantômes,
dont on se moquait mais en la craignant. (cf. Chapitre : d'ENFANT DE
VILLERAY)
3- L'ÉVÉNEMENT : Ce soir d'HALLOWEEN de 1940. À 9 ans. Costumes
improvisés, " non achetés " ($). Notre tournée avec
couvre-feu à 9h,.du soir, chez les généreux et les pingres de la rue. Mon
arrivée en face de chez Mad. Cormier à 9 h.p.m. Personne veut
aller sonner là, j'y fonce, par bravade. Ce sera l'enfermement. Mon
cauchemar commence :
A- DES WHIPPETS ! La folle me force à entrer. Promesses de
surprises. Elle pose aussitôt chaînette dans sa porte ! Me demande (la
coutume) si j'ai une chanson, une récitation quelconque. Je reste muet,
nerveux, inquiet. Elle m'enlève ma boîte de bonbons ramassés. Elle me
sort une boite de " wippets ", et des fruits. J'aurais préféré
des bonbons. J'en prends et je fourre cela dans mon sac. M'invite à m'asseoir
près d'elle, sur son chesterfield, veut me caresser le visage, les
cheveux, m'appelle HENRI ! Je lui dis mon nom. Semble contrariée,
grimace. Enlève sa robe de chambre, jaquette violette :une sorcière de l'Halloween?
Frayeur!
B-CORRIDOR ET SALON : ANIMAUX EMPAILLÉS ! Me lève, veux m'enfuir.
Elle dit qu'elle va m'adopter et que je ne retournerai jamais chez
mes parents. Je proteste que je suis le plus vieux des garçons, que ma mère
a grand besoin de moi. Elle dit que je dois oublier mes parents, dit qu'elle
va m'amener en voyage avec son mari qui va rentrer bientôt. Têtes
sinistres de deux chevreuils, d' un loup blanc, tête de renard, aux murs
du corridor. Me parle d'un mari chasseur émérite.
C-CUISINE : CHOCOLAT CHAUD ET ALBUM PHOTOS .
La folle me parle de son mari qui va rentrer de son travail. Je la
questionne car je le connais de vue monsieur Cormier qui porte un
uniforme kaki. Je la questionne :
-" Est-il un soldat ? "
-" Non, dit-elle, c'est un général, un amiral. "
La Cormier dit que son époux ira en mission en Allemagne et au
Japon qu'il doit tuer Hitler et Hirohito! Qu'elle sera si seule, qu'elle
aura besoin de moi. Je braille sourdement. Je demande de téléphoner à
mes parents. Refus net ! Tout est " top secret " ici.
Elle va à sa cuisine me faire du chocolat chaud. Je la suis. Je vois sa
boîte de COCOA FRY CADBURY, comme chez maman. Mes délices. Elle me donne
à regarder un album de photos. Me parle de son enfance heureuse,
douze enfants, ferme à la campagne. Photos de son mariage avec son beau
militaire. Elle va à son " canard " d'eau chaude, sort
une tasse. Je vais prudemment vers la galerie arrière, ouvre la porte :
ses cris, me force à rentrer. Nouvelles menaces, couteau à pain sorti.
Ma pire des Halloweens !
D- SALLE A MANGER : HIBOUX EMPAILLÉS. M'installe avec mon chocolat
à sa salle à dîner : des papillons fixés aux murs, sa collection. Il y
a aussi, horreur, des oiseaux empaillés. Hiboux, chouettes, aigles qui
me regardent ! J'en suis malade.
La folle m'explique ce qu'elle attend de moi : services à rendre car elle
n'a pas le droit de sortir, dit-elle : " Edmond veut pas !Il y
a tellement d'espions, d'ennemis aux alentoursŠ car il y a sa mission
secrète ".Le téléphone sonne, elle se transforme, mielleuse, Lui
parle de son futur chevalier servant, moi Dira : " C'était mon
beau capitaine qui va arriver bientôt du pénitencier de St-Vincent de
Paul " , spécifie-t-elle. ALORS, je la questionne : " Il est
donc simple gardien ? " Elle dit que c'est un déguisement car sa
mission est secrète ". Ajoute qu'il arrivera avec des
prisonniers, des bagnards dangereux et courageux pour sa mission.
E- RETOUR AU SALON : POUPÉE HENRI. Je refuse sa deuxième tasse de
chocolat. Je dis que je veux aller chercher mon pyjama, ma brosse à
dents. Je cours vers le salon, je crie, frapper sur un mur, derrière ce
mur, vit mon ami Tit-Yves, leur voisin. Elle me menace, de ses
ciseaux puis me noue les poignets et les pieds à un fauteuil du salon.
Les chevreuils me fixent ! Je pleure, Je parle de ma famille inquiète. De
la police alertée sans doute. Me dit qu'elle va me présenter son grand
secret. Elle va à une chambre et revient avec une énorme poupée
me dit que c'est son fils unique, son petit Henri qui est pas vraiment
mort. JE COMPRENDS SA FOLIE ENFIN .
Elle pleure. Ma gêne.
F- DÉLIVRANCE ! SONNERIE PUIS CLÉS DANS LA PORTE ! La CORMIER défait
la chaînette et me présente à son Edmond. Malaise du gardien de prison
qui me détache vite, m'examine, me questionne. Me ramènera vite chez
moi. J'oublie pas mon sac de bonbons. Mes parents affolés disent : "
Oui monsieur, la police a été alertée. " Accablé, M. Cormier
parle de sa femme malade et demande de ne pas porter plainte, promet
qu'il va la faire placer dès demain à St-Jean-de-Dieu. M. Cormier
raconte la mort du fils Henri. La folie depuis. Mes parents émus le
rassurent, ne diront rien aux policiers qu'ils vont rappeler. M. Cormier s'en
va humilié.
FIN.
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