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Claude Jasmin, écrivain |
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Maurice
Falardeau, réalisateur aux dramatiques, n'est plus de ce monde. À
part ses proches, ses amis, ses camarades, le grand public ignorait Maurice
alors (paradoxe) que des centaines et des centaines de milliers de Québécois
lisaient son nom à maints génériques tant Maurice
réalisé de téléromans, émissions populaires. C'est
l'injuste sort des "derrières-les-kodaks". Avec
son élégant physique —à la Frank Sinatra— Maurice s'installait à sa
régie —apparemment— calme, serein, sûr de lui, accordant toujours son
entière confiance à ses équipes, techniciens ou artistes. Falardeau,
maigre silhouette nerveuse, avait des nerfs d'acier. C'est
le souffle qui a fini par lui manquer. Nous
le croisions souvent au supermarché de Sainte Adèle, amaigri, pâle, se débattant
courageusement pour un reste de santé. Dans son regard, jusqu'à la fin,
brillait une espérance folle. Au
bout de sa corde, de son souffle, Falardeau meurt hélas. Un peu avant la
Saint-Jean. Il
n'avait pas d'ennemis, aucun adversaire. C'était un travailleur modeste et
très sûr de lui à la fois. D'une redoutable efficacité. Bon producteur
aussi, c'était important cet aspect de l'ancien job de réalisateur avant
les diktats des "privés,
surtout
fort capable de castings instinctifs
inouïs. Sa force. Rien d'un intello, d'un calculateur, pas de spéculation
ratiocineuses avec lui. Que non ! Il agissait. Et rapidement, très capable
de respecter les délais, les devis de budget. Un homme fiable pour cette télé,
suractivée il y a pas si longtemps, de la SRC. Il
reste un lumineux témoin disparu hélas, d'un temps d'heureux forçat. Le
temps furibond et excitant quand la télé de Radio Canada était une
ruche-aux-images
estimée des foules. Falardeau,
lucide, si réaliste, a bien vu le déclin actuel. Mais, optimiste indécrottable,
il espérait sans cesse un retour de flamme. Pour lui, non ! Pas de second
souffle, il n'en avait plus en réserve. Aux reprises de ses émissions, on
reverra son nom briller —à ARTV ou ailleurs— nous serons quelques uns
qui le liront " Réalisation: Maurice Falardeau" en nous rappelant
ce gaillard imperturbable qui souriait sans cesse même à ce
moment énervant
quand le réalisateur ordonne: "Attention. Cinq secondes...
Quatre... Prenez: "un."
Adieu
Falardeau. À Dieu... 24 juin 2004
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