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1-
Je devine
vite la lumière qu’il fait au travers d’un store (donnant sur
l’est) de la
chambre au réveil. Ce matin, soleil partout. Mais…menaces de
nuages à l’ouest. Ca va se couvrir ! Tant pis, ce soir, nous
allons chez Duceppe voir la pièce d’un Espagnol. Cela promet si
on lit bien le « pré-papier » de La Presse. Toujours
de bons articles promotionnels pour ceux qui achètent de
l’espace. On voit rarement cela pour la littérature. Pas assez
d’achats de placards par nos pauvres éditeurs ! La vie…Donc,
départ tantôt pour le chemin Bates.
J’ai corrigé hier les épreuves
(ce mot !) de mon « Écrire » qui s’en ira chez
l’imprimeur. Donc
relu de force (hum !) mon texte. « C’est génial, Aile ! »
Elle rit. Me dira : « C’est incroyable ce genre
de cri chez toi. Quelle confiance en toi !
C’est utile, non, pour continuer ? » Oui. C’est
cela avoir de l’estime, une très grande confiance en ses
talents… Sinon ? Sinon, on arrête tout, je suppose. N’ai
jamais su d’où me vient cette confiance. Que je perds parfois,
face aux coups durs des critiques. Chanceux, la critique fut
« bonne » le plus souvent
pour bibi et longtemps.
Je sors d’un rêve bizarre. Cette
nuit, j’étais…à Londres ! J’étais une sorte de protégé,
celui d’un vieux bonhomme, auguste vieillard, tout de noir vêtu,
l’aspect de l’acteur Gielgud. Il est aimable, me loge dans son
manoir. M’offre de collaborer à son
« London times » de l’autre côté de la rue.
Est-ce que ça existe ? Il me conduit à ses bureaux, me dit : «
Vous connaissez bien les arts, vous nous ferez des papiers.
On va vous donner les adresses des galeries de Londres. »
Aile, dans ce rêve, n’existe plus !
Me voilà soudain dans ma chambre
d’hôtel, là où nous avions loué en 1981 dans le «
West zone » de London (Hôtel Georges ». Surgissent un
patron de CJMS, Charles Benoit, et Paul Arcand ! Benoit insiste : « Tu
dois vite téléphoner à ta blonde. Elle doit être morte
d’anxiété. Elle attend ton coup de fil. » Je le fais. Je retourne
à une autre chambre (celle du « Pas de Calais » à
Paris. Je vois mon linge coutumier sur le lit, mon pantalon de
velours ocre, précisément ! Aile y est, assise sur le lit,
valises bouclées, et,
triste comme désolée, me dit qu’il faut rentrer à Montréal.
Ah ces rêves ! D’où viennent-ils
? J’ai terminé hier soir « L’art du roman. De Milan
Kundera. Il raconte
souvent « Le procès » et « Le château »
de Kafka. De là ce manoir du
proprio de journal ? Ne sais pas.
Ce livre de Kundera : « L’art
du toman », un cours magistral assez spécial. Subjectif à
souhait ! Plein de théories, de dogmes même, lui et ses chers
« principes » et, bizarrement,
le bonhomme répète qu’il déteste les « théoriciens
de l’art d’écrire. » Non mais… Une lecture avec des
passages lumineux, des trouvailles fortes
mais assommant aussi par
certains chapitres. Kundera voue ses admirations pour, surtout,
des auteurs de son « Europe-du-milieu » ( son pays
natal et ses environs). Admiration tout de même pour le premier
romancier : Rabelais ! Aussi, énorme, pour Cervantès et son
« Don Quichotte , le modèle. Et Proust (le passé,
dit-il) et Joyce (le présent, explique-t-il). Il vogue entre les
sommets, de pic en pic ! Pas de risque d’être contesté hein ?
On y trouve un certain chauvinisme acceptable, normal, non ? Mais
comme je ne connais beaucoup pas ses écrivains chéris et qu’il
raconte, détaille, leurs personnages, j’ai sauté de longs
passages. En fin de compte, un esprit brillant mais qui devrait
admettre qu’il est un intello et qu’il n’aime rien tant que
« théologiser » sur « roman et comment faire un
noman parfait » !
2-
Je ne suis
pas un Kid Kodak ! La preuve : ce
matin Éric de TVA (pour Bruneau-les-nouvelles) me téléphone : « On
vous veut encore ce soir. Le sujet : l’amour actuel (aux
J.O.) des Américains pour nous ! Leur appui pour nos patineurs (médaille
d’or ex-aequo) et
voilà, sache-le, qu’il
il y a files de clients, là-bas, pour les vêtement Rooth
(?), costumier de nos patineurs ! »
Je refuse net : « Ce sujet, cher Éric,
ne captivera pas les nôtres. Vous faites fausse route.
Jetez ça au panier ! » Il rigole de mon culot, de mon
rejet. Il me demande alors de dénicher « un meilleur sujet ».
Téléphone fermé, je cherche. Avec Aile je farfouille les
« canards » de ce matin. Je retéléphone et propose
quatre ou cinq sujets. Attente, il ira voir son cheuf ! Téléphone
de nouveau : « Non, vos suggestions ne plaisent
pas. Pas de débat ce soir. Merci et à
la prochaine ! » Bien. La paix. Le boss des nouvelles
(celui de ce Éric Malo,) boudait-il à cause de mon refus sur
« Rooth-les-guenilles » ?
Comment savoir ?
Je découvre que c’est feu Gilles
Richer qui a composé « Mamy, mamy… » avec les si
terribles, et poignantes, paroles de la chanson crée par le
musicien de « Mamy… », feu Marc Gélinas (reprise
souvent, Pauline Julien et Cie). Sur ce sujet —notre dilution—
une dame Veilleux dans « Le Devoir » nous accuse, les
Québécois, de rester de marbre sur nos « frères »
francos d’ailleurs, d’être resté trop silencieux dans leur
lutte pour cet hôpital français menacé en Ontario.
Je ne répéterai pas comme René Lévesque
et le Matou-Beauchemin, qu’ils sont « des cadavres encore
un peu chauds ». Oh non ? Mais vont-ils comprendre nos très
chers frères qu’on voyait (1960) la menace d’un Québec réduit
comme chez eux, qu’on a alors entrepris notre propre lutte et
qu’il en allait d’une bataille d’autant plus urgente
qu’ils étaient, eux, l’illustration du danger. La
francophobie de nos anglos dominants, ici-même, devait être vite enrayée. Alors, aider les
autres…bien, ça viendra avec un Québec vraiment libre. Il y
aura ensuite la menace réelle pour eux : continuez à faire
baver les nôtres chez vous et ,ici, on fera de même avec la
minorité anglo. C’est triste, mais c’est cela, la « realpolitik ».
Ce sujet vient d’être rejeté chez TVA ! Je proposait un
« face à face » avec l’Antonine Maillet qui rêve,
l’été, à « fédéral mes amours »
dans son phare luxueux à Bouctouche près de Moncton !
Autre sujet refusé ce matin ?
M’engueuler avec la collégienne Anne Poirier (de Lionel-Groulx)
qui chicane Louis Cornellier. Ce dernier recommande que l’on étudie
les auteurs québécois au collège, avant les « gloires »
françaises. Cela pour mieux captiver les grands ados. Poirier
publie ce matin : « Non. Au primaire et au secondaire,
oui, les Guèvremont., Thériault, Gabrielle Roy, pas au collège,
il est trop tard. » Curieux raisonnement ! La cégépienne
reproche qu’aux écoles élémentaires, on n’initie pas à nos
auteurs. Elle a raison ? Peut-être. J’aurais aimé
l’interroger plus avant, en discuter avec elle.
Souvenir soudain (effet J.O. ?)
: fin des années quarante, aimer tellement, le soir, éclairage
romantique, patiner avec ces jolies filles de quinze ans, leurs
jolis costumes. Les jupettes qui volent aux quatre coins de la
glace, quand il faut les faire tournoyer…, les pompons
roses…Niaiserie ? Sentimentalité ? Oui. On se cherchait des
patineuses accortes à serrer par la taille ! Aile m’écoute et
dit : « Ah oui, c’est si vrai. La patinoire du
quartier et les occasions de patiner avec un beau blond, un beau
brun… Ah ! Elle (aile, c’est le cas de le dire ) rêvasse, les
yeux au plafond !
Vrai de dire, de dénoncer, le
snobisme chez les jurés du Gala des Masques pour la « Compagnie
Duceppe ». Ainsi on y a vu un fameux tandem, (Dumont et
D’Amour) dans « Les rossignols… » et pas une seule
mention de ce parfait, si solide,
spectacle signé Denoncourt, à ce gala. Mépris bizarre !
Regrettable injustice Snobisme. Sera-t-il enfin corrigé l’an
prochain ? Espérance !
Faut y aller maintenant … Chantons :
« Partons le lac (la mer) est belle, el-le !
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