| L'ordinateur de Jasmin est
en panne. Chez le réparateur. Les mac
c'est compliqué... Devrait avoir des nouvelles sous
peu. Dommage, car on peut dire qu'il aurait pu écrire
quelques JN avec tous les jours de pluie qu'on a
eu... Profitez-en pour lire ceux que vous avez sautés.
-lundi 17 juin |
« Germaine
braille p’us, est morte ».
1-
Comme
hier, dimanche, beau soleil ce matin. « On va faire un tour
voir la mer, à Ogunquit, oui ? »
Aile réfléchit. « Bin, sais pas hen, oui ? Non,
demain. Regarde le beau soleil, on va pédaler ». À demain la
mer « toujours recommencée », à demain ! Départ
pour petit déjeuner chez le Van Houtte de Val David. Au retour,
le bonhomme galarneau va se cacher. À 16h c’est la
blanchitude totale. Et du vent fort. Aile : » La météo
annonce des jours de pluie à la file ». Au Maine, USA ? Je monte
voir météo-internet.
Aile
examine le manège. Boston ou
Porthsmouth : pluie et pluie !
Aile : « Nenni
la mer pour cette semaine, hen ? » Je m’ennuie des flots
bleus, de la « bergère d’azur infinie »(Trenet). On
n’y est pas allé à ce rituel estival l’an dernier et je
l’ai regretté. Un besoin viscéral. Plus juin s’allonge plus
c’est cher de coucher au vaste motel le « Norseman »,
directement sur la plage. Maudite météo du yabl’
Au souper d’hier, régalade très
appréciée des deux couples pour le « poulet mariné »
d’Aile acheté samedi chez Adonis. Oh oui, miam ! Il a fallu
transporter le BBQ sur le petit bacon d’en avant tant le vent
soufflait. Après-midi passé donc avec les Faucher à commenter
les résultats d’élections en France. Kir versé, on
s’installait. Le Pen et ses énervés tous mis K.O. Satisfaction
de nous tous. Chirac triomphe et Jean F. en est tout content. Françoise,
Aile et moi plaignions la gauche, les socialistes, pas bien
fortiches. Les moqueries et les piques fusent. On tente de peindre
le Jean en réac, en froussard, en petit vieux conservateur. Il
rigole ferme. TV-5 fait parler tous les acteurs-politiciens
et aussi ses commentateurs. Jean, le plus attentif, manette en main, hausse le son —le crapaud— dès que nous
fonçons dans un sujet autre que ces législatives.
Françoise précise : «
Vous savez moi ni gauchiste ni droitière, je juge au cas par cas,
la valeur des candidats ». Sagesse.
Amusant : à la fin du repas Jean joue à Aile le
questionnaire-Pivot (adopté par le Lipton d’ARTV). Puis il lui
reprochera d’avoir recommandé le film « Memento »
qu’il a détesté à fond. Je
dis : « Trop compliqué pur toi, Jean, trop
difficile pour toi ? » Chaque fois que je balançais, le
cher ami mort, Ubaldo, me sevrait sa scie, me faisait enrager : « Peut-être
trop compliqué pour toi, Claude ? » Quand nous disons à
Françoise avoir reconnu sa vox dans « Insomnia » (en
coroner), elle dira : « Vous m’entendrez aussi
dans « Iris », un bon film et c’est moi qui doublait
la vieille dame au précieux bijou dans « Titanic ».
Notre surprise. Jasette sur la vieillisses, silicone à la mode et
chirurgie plastique. Aile dira : « Moi, être
actrice, je voudrais de l’aide, c’est normal. » Françoise : «
Ah non. Je veux devenir la vieille dame que j’étais destinée
à devenir. » Je
l’applaudis. Sagesse.
Jean, l’ex-réalisateur émérite,
nous annonce qu’il compose un livre. Un peu sur le modèle de
ses nombreux « Propos et confidences » de la télé
d’antan. Ces
temps-ci, il travaille avec le comédien Gérard Poirier.
J’applaudis encore. Françoise : « Et vous
Claude, à quoi travaillez-vous ? » Je lui parle du journal.
Étonnement léger. Dangers. Risques. Je dis que je n’ai pas de
pudeur. « Oui mais… » Regards vers Aile. Aile parle
de son anxiété face à ce journal. J’explique : «
Je dis tout. Je n’ai rien à cacher. Quoi, je mène une bonne
vie, non ? Alors pourquoi pas un journal intime ? » Rigolades de
trous ! Françoise : » Ah non., impossible. Le seul
fait de savoir qu’on sera lu, non, rien d’intime alors. On
fait attention. » Je dis : « Je fais
attention de ne pas blesser inutilement . C’est tout. »
Quand je lui raconte l’œuvre de Sœur Gagnon ( La
Maisonnette dans La petite partie), que je me suis engagé à
produire une quarantaine d’aquarelles sur les temps de jadis… Françoise
aussitôt : « Vous devriez vous arranger avec M.
Jacob, un pharmacien beauceron étonnant, merveilleux, qui a édit
les beaux dessins coloriés de Clémence Desrochers … »
Elle ne tarit pas d’éloges sur l’homme. Je me dis que si les
Graveline et Soucy —de Vile-Marie, éditions— continuent dans
leur silence, oui, j’aurais recours à cette petite maison
beauceronne.
Françoise suractive : le 24
juin, elle ira (avec d’autres) dans le neuf Musée Félix-Leclerc
à l’Île d’Orléans. Spectacle de lectures leclerciennes.
Elle nous raconte une « lecture » du « Misanthrope »
de Molière —qu’elle va monter en septembre au Théâtre
Denise-Pelletier. Toute l’équipe, (une surprise !) —dont sa
grande fille, Cartherine, qui a abandonné le cinéma pour diriger
les productions—a organisé une lecture hors de l’ordinaire
avec des artefacts, une ambiance « Théâtre Royal
versaillais », des accessoires, chandelles, une lettre de
Jean-Baptiste Poquelin. Beaucoup d’émotion pour elle, la
semaine dernière.
Sans cesse, à la télé, les
perdants de ce premier tour blâmaient le terrible 36%
d’abstentionnistes chez les électeurs de France. Jean rigolait
ferme : « Mais
oui, tout le monde aurait voté communiste ou socialiste,
c’est très certain » ! Suite dimanche prochain. Le grand
soulagement : la chute du Front National.
2-
Hier
soir, tard, un film coté « 1 » Un navet. « A
touche of evil » ne vaut pas tripette. Ampoulé. Orson
Welles en caricature de son « Citizen Kane ». Ah
l’intimidation des « coteurs » face aux gros noms !
Foutaise. Aile et moi lui aurions fiché un 5. Snobisme idiot.
Après
30 minutes, lassés de ce jeu de cabotins, extinction des feux
partout. Dodo !
Le calme désormais. Nous vivions aux
aguets depuis quelques jours. Ça semble bien terminé. On a pris
au piège un autre bébé écureuil. Le quatrième. Et oups !
Dehors ! Ouf ! Aile, davantage que moi, se souciait de cette
vermine dans nos murs. Son soulagement ce matin en voyant la cage,
pour une fois, vide.
Avant ce « Touch … »,
entendu Guy Lapointe, à la SRC, en un topo raide sur W.Buch.
Chevron (ex-Texaco) très intéressé par l’Afghanistan. L’oléoduc
à installer du nord (ex-républiques d’URSS) jusqu’au sud, à
la mer). La famille du Président captivé par la « manne ».
Le président actuel, Karzaï, du clan buschien,
installé en fantoche de la nouvelle alliance américano-afghan.
Un commentaire instructif en diable.
Guerre aux Soviétiques s’abord, et victoire, armement utile aux
intérêts « texans », le Ben Laden en « collabo »
des USA d’abord, et le réseau bien connu, ces Talibans —chefs
de guerre— entraînés par la CIA et puis qui virent
(oh ! oh !) en intégristes anti-occidentaux. Terrorisme inédit
! Malheur ! Guerre aux Talibans alors ! En fin de compte :pétrole,
pétrole, pétrole …et gaz ! Merci Guy Lapointe.
3-
Deux
petits malin voient, à Las Vegas, des vagabonds qui se battent.
On sort vite le caméscope. Haute définition ? Fibres « inhumaines »
? Du vrai bon stock hyper-réaliste. Mode bien aimé. On va
d’abord passer ça sur Internet. Succès monstre ! Puis sur des réseaux privés. Télé payante ? Oh oui !
Messieurs Beesmet et
Leticia, 24 ans, foncent. On organise de nouvelles
rixes cher les démunis, les drogués, les « paumés
du petit matin ». On offre. Prix de forte présence, des
voyage, des bouffes.
« Oui, oui, pas de salaire,
rien, c’est pas truqué, c’est du « real-tivi »,
disent-ils. Pas de salaire. Il y aurait, hors les murs en des
casinos illuminés, au royaume des Céline-Angélil et des
« Cirque du Soleil », plus de 4,000 SDF. En avant les
bagarres ! Silence, on tourne ! Les deux jeunes salauds disent : « On
ramasse le fric pour nos projets de cinéma »! Ils annoncent : « Il
va y avoir « Bagarres de clochards, tome 2 », bientôt ».
On s’incline bas devant ces cinéastes,
ces promoteurs malsains … pas par respect, mais par envie de
vomir !
4-
Vendredi
soir, T.Q., deux films avec D’Auteuil. Pas bien forts. « La
séparation », le deuxième, un peu meilleur. Avec Isabelle
Huppert (Claude Berri). Pas de vrai
fin. La patte en l’air. Scénario boiteux. Lui,
D’Auteuil, toujours solide, un gueule, il fait vrai,
malgré les failles du récit filmique. C’est là que le
troisième mini-écureuil fit son apparition. Presqu’au-dessus
de sa tête, cri de mort, il tombait du plafond, d’une poutre
(fausse). Aile criait fort !
Silence : ira-t-il vers la cage dans la cuisine ? Pauvre
Berri, son film est perturbé. Paf ! Je le sors !
Trente minutes plus tard : un
quatrième ! Aile dans tous ses états ! Il se cache. Je le
chasse. Tente de l’orienter vers la cuisine. Il se sauve dans la
salle à manger. Zut ! Je veux voir la fin du Berri, moi. Vaine
chasse. Dérisoire safari. Aile montera au lit bien mal à son
aise. Regarde partout sans cesse. Ferme la porte de la chambre.
Imagine que la bestiole sera au fond de nos draps, sous notre
oreiller…Brrr…
Le lendemain matin, il sera dans la
trappe ! Ouf !
5-
En
face, au Chantecler, troupes péquistes en caucus. Un party moins
couru que ceux des courses en F.1 Deux centaines.
Devrais-je, par pédalo ou canot, aller inviter Bernard
Landry —croisés souvent à notre Caisse Desjardins, rue…
Bernard— à se cacher chez nous, à l’abri des critiques mais
pas à l’abri des mini-écureuils ? Non, je ne bouge pas.
Si j’y allais ? Je lui dirais (à lui et à ses
sbires) : « Vous annoncez : si vous refuez une
patrie québécoise, votez conte nous ! C’est bien clair ? »
Clair. Net. Vous perdez les prochaines . Pis ? Liberté
totale dans l’opposition, non ? J’imaginais les têtes de tous
ces « grouilleurs » qui ne sont là que pour « garder
le pouvoir à n’importe quel prix ». Le pouvoir et
ses agréments.
Mais non, aux prochaines, ce sera
encore ni net ni clair. Chantecler… clair ? Niet !
6-
Ces
bolides autour du Casino —à déménager pour la faim et les
fins du sieur Frigon le rapace d’État. Ces conducteurs sonnés.
Comme je hais la boxe, je hais ces furieux des vitesses à dépasser
sans cesse. Des ingénieurs démoniaques font de savants calculs.
Du 300 à l’heure, ce serait encore pas assez ? J’avais lu des
documents accablants sur ces dangereux inconscients dans une
recherche quand j’avais pondu ma dramatique-télé :
« Nous sommes tous des orphelins », avec mon courseur
de Formule 1, bien joué par Denis Bernard.
Des vétérans (parfois devenus des
infirmes) confessaient des choses troublantes sur ce « sport »
suicidaire. La loi est claire, pour « refus de secourir
personne en danger », c’est la prison, le procès. Le code
pénal le dit. En noir sur blanc. Qui, un jour, osera porter
plainte. Faire arrêter, avec mandat de juge, ces organisateurs de
tuerie plausibles.
Ces « héros » du jour
—à vroum-vroum bien cons et polluants— mais ce sont des
kamikazes. Je pèse le mot. Kamikaze. Absolument. Il est interdit
pourtant de risquer sa vie. Le faire sous les yeux de tous ces
« assoiffés de sang », morbides voyeurs que nous sommes, est un acte hors-la-loi au fond des choses.
Allons, allons, va au cirque, fais
comme les Romains antiques dans
cette Rome éternelle qui se continue de mille façons. La boxe.
La course de vitesse. Vieux Tyson (38 ans) , ensanglanté, à
terre, hier. Vieux lutteur fini. À qui le tour ? Bonhomme Lewis
attend, frétille et sautille …en attendant d’être le
prochain Tyson. Tristesse. Le réalisateur-producteur, un des VIP
en visite aux courses, dit : « On dirait une
voiture d’enfant mas c’est une bombe avec un gars assis dessus »
Il pouvait pas mieux dire !
Le kamikaze affligeant d’ici (et de Suisse ou de Monaco)
Villeneuve (alias New Town), célébré sur le cadavre du « père
tué », dimanche, sortait de piste au neuvième tour, blasé,
vivant encore. La foule s’en allait :il n’y a pas eu de
mort cette fois. Dommage hein ? Dans tous les hôpitaux de la planète, hier,
des hommes (des vrais) en sarrau blanc luttaient pour garder la
vie à des malchanceux qui, eux, s’accrochent à la vie. Des
fous ?
« Dans quel trou m’avez-vous
mis, mon Dieu ? » C’est de Réjean Ducharme.
7-
Soudain
le vieux romancier (ou scénariste) est assailli par une idée.
C’es fréquent. Tous mes collègues vous le diraient. Je venais
de lire : « À la CIA, désormais, 17,000 agents
sont affectés à la surveillance du territoire aux USA. »
L’idée ? Un jeune Américain araboïde
(originaire du Maroc ou du Yémen) est engagé dans le lot
de flics. Espion donc, il devra fréquenter une mosquée (À
New-York ou à Los Angeles). Il « infiltre » quoi. Il
joue le nouveau converti farouche, le pieux. Se fait des amis.
Finit par être vraiment très pieux et estime vraiment,
franchement le code de l’islam. Ses nouveaux amis sont des
kamikazes et un complot effroyable se trame. Il tombe d’accord.
Il se taira face à ses chefs de la CIA. C’est l’attentat
effrayant. Il fuit, s’exile. Disparaît à jamais.
Le grand manitou du FBI, Hoover,
remue d’aise dans sa tombe. La « chasse », c’est
reparti depuis le 11 septembre 2001. Avec Edgar Hoover
il n’y avait pas de pègre aux États-Unis, il n’y
avait que des socialistes vicieux et des communistes dangereux. Il
était lié au sénateur obsédé McCarthy, chasseur de dissidents
gauchistes partout. Le communisme a disparu, voici l’arabophobie.
Tous suspects et flicaille partout. Vous voulez manifester contre
le capitalisme mondialiste : dangereux dissident. Arrestation
et « la question ». Torquemada toujours vivant.
Inquisiteurs en tous genres, à vos rangs ! À vos matraques.
8-
Un
felquiste devenu journaliste, P. Schneider, publie sa vieille vie.
Révolte d’ado, bombes, arrestation, caution, vite fuir aux iles
françaises —Saint-Pierre et Miquelon— demande d’asile refusé,
cachette au Maine pour voler vers Cuba mais… police US qui
le ramène ici, procès et prison. Deviendra « le
serin » d’un caïd au pénitencier. Sortie. Puis
journalisme à sensation (sauce Allô Police), un « deuxième
père » : le douteux criminaliste Daoust, puis
l’alcool, la chute fatale, mariage raté, faillite personnelle,
dérive funeste, cliniques de désintox et re-journalisme, il est
enfin sauvé. Ouf !
En entrevue, dimanche, il a dit : « Mon
père était anglophone ». Ah ! Quelle sorte de père ?
Anglo ce n’est rien. Agir (FLQ) pour faire mourir le père ? Le
célèbre mot de Malraux : « Il faut tuer son père ». Tous
comprenaient qu’il fallait se défaire de l’héritage ancien
pour avancer. Mais lui, le jeune felquiste et d’autres jeunes révoltés,
les pères ? Je lirai cette bio. Son nom, avec ceux de ses
camarades, je les avais mis (1967) en dédicace à « Pleure
pas Germaine », secoué que j’étais à cette époque par
les premières bombes. J’avais mis en haut de la liste :
« à ceux qui ont manqué de patience ». Oui, je
lirai.
Le vent ne faiblit pas depuis des
jours. La chaleur ne s’installe pas. Juin va s’en aller sans
… l’été promis, normal. C’est, au juste,
pour quand ? Coup de fil, ma fille, Éliane : « P’pa
? Dimanche, on apporte la bouffe, moi et Daniel on veut célébrer
un brin la fête le des pères, à Sainte-Adèle, ça irait ? »
Bien sûr !
Raccrochant, fou, je me disais : « Oui,
faut fêter Daniel et Marco, les pères formidables de mes cinq
petits-fils ». Et puis je me réveille :c’est pour
moi, non ? Il n’y a pas de fête des grands-pères ? Voyons !
Que fait le commerce si friand en jours fériés pour
consommateurs à piéger ? Et une fête des grands-mères ? Ça va
venir, regardez bien ça ! |