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Histoire
d'une aquarelle
1-
Temps
de grisaille comme hier. Humidité lourde. Avec, youpi, du vent
dans les branches des érables. Content au fond. Irai à mes
aquarelles tantôt. Projets : une pelle « à stime »
et le rouleau à vapeur. Monstre pour l’enfant tout de même émerveillé.
Ai fait appel à Lanctôt pour le sonder voyant la tiédeur chez
Sogides pour mon projet d’un album illustré de La petite
patrie. Sa réponse : « non, ai pas les moyens, va voir
Marcel Broquet….» Ouen. Il y a aussi ART GLOBAL, rue Laurier.
Souhaite que les Graveline et Soucy (Sogides-Ville-Marie-Typo)
embarquent vraiment dans le « oui à l’album ».
Ce rouleau à vapeur… il me vient
d’un vif souvenir. Il figurait, imposant, gigantesque, dans une
illustration d’un tome de « L’Encyclopédie de la
jeunesse », seuls livres chez moi quand j’avais 10 ans. Je
contemplais longuement cette image fascinante. Je me rappelle
encore de cette Françoise Faucher (pour « Biblios-jeunesse »)
encore émue et qui
examinait les illustrations laborieuses d’un livre des contes de
Grimm. Je songe à mes illustrations joyeuses, légères, si
claires, dépouillées, pour l’album projeté, bien éloignées
de ces gravures fouillées, pleines de mystères, d’ombres maléfiques.
Devrais-je, comme jadis, tout reprendre, faire des dessins mystérieux,
avec des détails partout ? L’enfant (l’adulte aussi !) rêve-t-il
davantage en voyant de ces illustrations complexes, sombres, aux
signaux touffus. Mon Dieu… quoi faire ? Bof ! Non. Le paresseux
dit : autre temps autre manière d’illustrer.
2-
Hier
soir, la comédienne étonnante Catherine Frot chez Rapp à
« Les feux de la rampe. Canal Artv. Belle heure. Comment se
fait-il qu’aucune chronique-télé ne daigne annoncer (à
« Choix d’émissons ») cette série qui est riche le
plus souvent ? Connerie, non ? Hier parlant de Linus Torvalds
enfant, j’ai mis « barnicleux ». Frot disait hier :
une binoclarde. On dira donc pour Harry Potter :un binoclard.
J’aime bien. Elle a dit pour son rôle de « nounoune »
dans « Un air de famille » —formidable film et
fameux rôle pour elle— j’avais un personnage « nunuchoix ».
De nunuche. De nounoune aussi ?
J’aime les mots d’argot. De partout.
On parle du Ghislain Lebel, frais démissionnaire
du Bloc, comme d’un « imprévisible » aux actualités.
J’ai bien senti le péjoratif du terme. Pourtant, j’aime tant
rester « imprévisible », le qualificatif qu’Aile me
colle bien souvent. Ah oui, surprendre, me pointer (en paroles ou
en actes) là où on
ne m’attendait pas :ma joie. Les bénis-oui-oui des
pouvoirs occultes, discrets et calculateurs diront : « Un
canon lousse ». Qu’ils aillent au diable ! Craindre tant
les préjugés, les classeurs, les étiqueteurs. Faire mentir les
catalogueurs à mon sujet. Les dérouter. Ne jamais me laisser
enfermer. Surprendre sans cesse.
3-
Hier,
Daniel, mon fils « unique », en brève visite. Il avait laissé
ses deux garçons dans les cascades d’eau de Saint-Sauveur et
est allé, seul, en vélo, rôder dans les chemins vicinaux de Val
David et de Val Morin. Il est en pleine forme, fait plaisir à
voir, bronzé, beau comme un dieu (le papa parle). Comme il
l’exige, il est monté à ma chambre à écrire pour examiner
l’ordi du paternel. Il
a rectifié des
« polices » Il m’aide, lui, mon initiateur électronique
(malgré moi, au début !).
Parti reprendre ses deux baigneurs,
Aile me dit : « Ton gars me fait penser parfois à
ton père, Édouard :indépendant d’esprit, un peu sauvage,
un peu secret, farouche individualiste ». Vrai ? Je me suis
souvenu de papa disant : « Germaine, la paix,
j’irai pas travailler à l’extérieur, oublie ça, je n’ai
personne au-dessus de ma tête, je suis libre, mon propre patron
dans mon restaurant. »
Au dessus de sa tête il y avait pourtant ma mère-boss… et
comment ? Comme papa, je n’ai jamais voulu avoir de patron juché
sur mes épaules. Trente années scénographe de variétés, j’étais
le « boss » de mes pontes. Daniel, l’ex-prof et
journaliste, créateur de jeux de société, est donc —comme son
grand-père et son père— son propre patron. Il travaille à
« Bagou-2 » et a un projet nouveau en marche :
« Top Secret ». Un jeu de société inédit où les
joueurs fonceront dans… aveux et confidences. « Mais
là, avec ces chaleurs, je travaille au ralenti », nous
a-t-il avoué en rigolant.
Hier aux nouvelles, la reporter
Michelle Levasseur « aux inondations ». Accent tonique
absent, débit de débile légère… Non, « pu capab »
!
4-
Merci
ô magnéto ! Nous avons visionné hier soir le Tremblay
renversant d’ « En pièces détachées »,
fameuse réalisation de feu Paul Blouin. 1970. Cette pièce
n’est pas construite aussi solidement que tant de Tremblay.
Pourtant on y trouve de formidables, inoubliables, morceaux de
bravoure. Tremblay
a une oreille géniale. Absolument géniale pour avoir su si
efficacement transcrire ce langage effrayant, celui des misérables
d’un quartier populaire (avant que le Plateau se « gentrifie »
!).
Hélas, il est devenu un demi-sourd,
quelle cruelle ironie du sort ! J’en parle pas… mais je sais
ce que c’est. Nous vivons comme en marge parfois. Chaque fois
qu’il y a « groupe ». Devenons des isolés
involontaires au milieu des autres quand ça jacasse en gang. Une
souffrance, croyez-moi. Nous perdons la majorité des propos échangés.
Nous captons des bribes. C’est plate, très plate. Handicapé,
nous nous taisons. Le cours des échanges nous est souvent
borborygmes. Douleur alors ! On fait semblant de comprendre.
Orgueil ! On refuse de toujours faire répéter et alors on fait
celui (celle) qui a tout saisi. Soudain, je fais « non »
et je découvre qu’on attendait un « oui ».
J’ai vu souvent des
interlocuteurs hésiter à poursuivre avec moi un propos…Ils se
détournent et ça fait mal. Maudite vanité aussi ! Aile, sans
cesse : « Claude, en groupe, tu dois vite dire aux gens
que tu entends mal, qu’ils doivent te parler fort… » Je
refuse. Saudit orgueil !
Hier soir, j’ai songé à « Rear
window », son chaud décor, en découvrant ce voisinage de méchantes
commères dans un fond de cour du « En pièces détachées ».
À la fin, j’ai songé —l’ambulance qui va amener à
l’asile Marcel-le-fou— à la conclusion similaire dans « Un tramway nommé Désir » de Williams qui
influençait tous les auteurs comme Dubé fut influencé par le
Miller de « Mort d’un commis voyageur ». La forte
littérature étatsunienne est si proche de nous, Américains du
Nord. Ma mère, snob bizarre, répétait que c’était —les
gens du Plateau des années 40 et 50— du « monde très
commun ». Notre « fond de cour » à nous, rue
Saint-Denis, dans Villeray : on avait à gauche, mossieu
Laroche, un savant prof, à droite le notaire Décarie, la famille
du docteur Lemire —un médecin, pensez donc ! À un étage, le
journaliste Provost (de Radiomonde). Eille chose ! Okay ? On rit
pu ! La Germaine s’enflait la caboche, au téléphone, je
l’entendais dire : « Viens nous rendre visite,
chère, nous habitons le « boulevard » Saint-Denis ».
Papa, « habitant », fils de fermier, ricanait. De l’épouse
née à Pointe Saint-Charles.
Il y avait du vrai. Tremblay n’a pas
illustré « les professionnels » du Plateau, il devait
y en avoir. Il a illustré du « pôvr’monde » et,
avec sa pièce, il a voulu raconter très courageusement la misère
profonde, désespérante. La détresse accablante de son
entourage. Ces colonisés (de partout). Ces bafoués de
l’existence. Temblay a été extrêmement utile pour faire voir
la gangrène morale effroyable qui rongeait les nôtres en majorité.
Il alla bien plus loin que Gélinas et Dubé. Le choc terrifiant
de sa dramaturgie des débuts a fait de lui « le »
dramaturge et son talent immense de dramaturge l’a propulsé sur
des tas de scènes étrangères puisque « la vie minée »
se vit aussi à New-York comme à Londres, à Sydney comme à
Berlin.
Ce « En pièces détachées », qu’on reverra
encore c’est certain, était défendu par d’hallucinantes
actrices : Hélène Loiselle en « mater dolorosa »
au « joual » poignant, marmottages difficultueux, mots
chétifs qu’elle s’arrachait d’une bouche tordue. Ah, quelle
comédienne ! Luce Guilbeault, Thérèse, inoubliable grossière
ouaitresse déchue… et tant d’autres. Cette fresque grotesque
aux couleurs violemment saturées —comme d’un Georges Rouault
égaré sur nos rives— assomme net. Le burlesque de cette
famille québécoise avachie se haussait souvent au niveau de la
tragédie classique avec un « fatum » comme fatal, inévitable.
On a compris mon admiration pour ce Tremblay-là et je ne tente
pas de corriger le tir pour ses « Bonbons assortis »,
d’une prose plutôt facile.
5-
Chez
le maraîcher du coin de la Caisse Desjardins :achat ce matin
de fraises. Comme pour obliger Aile à faire de la confiture
nouvelle. Revenu, elle me tend un bol et un couteau : « Faut
équeuter maintenant, vas-y ! » J’ai croisé, rue
Valiquette (la Catherine du village !), Jean-Marie Léger, un
« ancien » du Grasset. Il me semble un peu mal en
point —me trompe-je ?— comme vieilli précocement, rapetissé,
zézayant quelque peu : « Tu viendras à la fête
chez la présidente (Ass. des écrivains laurentiens) Vincent, oui
? » J’ai dit « oui » mais… Je cotise à la
SARTEC, à l’UDA, à L’UNEQ… alors ce groupement laurentien
…quelle utilité ? Les
Laurentides ne forment pas vraiment « une région »,
c’est la banlieue —à peine lointaine— de la métropole québécoise.
Son vaste terrain de jeux et loisirs. Un parc d’amusement ?
Aile s’est remis à Marcel Proust.
Je dis : « Bon courtage ! »
Avec « Les patriotes » de Max Gallo, je lis : «
Ami, entends-tu \ Le vol noir des corbeaux…Ohé, les tueurs \ À
la balle et au couteau \ Tuez vite…
Sifflez,
compagnons \ Dans la nuit, la liberté \ Nous écoute… Au
Saint-Denis comme au Château, à vingt ans,
nous allions voir tous ces films illustrant les Résistants
d’une France sous la botte hitlérienne.
Ces histoires de saboteurs-Partisans clandestins me
soulevaient, m’excitaient. Ce chant me bouleversait. Je tente
encore en 2002 d’en mémoriser les paroles.
Séchan a titré l’hagiographie
fraternelle (à Renaud) « Bouquin d’enfer »,
allusion à « Boucan d’enfer », une toune de son frérot
célèbre. Toujours une sorte de gêne quand on voit « le frère
ou la sœur » d’une notoriété s’accrocher en wagon…
derrière.
6-
Pour
en finir avec ce Linus Torvalds, le « généreux »
Finlandais —Finlande où il n’y a pas que le célèbre
portable « Norquia »— donateur de son système (Linux)
devenu multi-millionnaire californien comme malgré lui (ouen !),
papa de trois fillettes, avance que (attachons nos tuques )
« la race humaine lui importe moins que l’évolution ».
Tel quel !
Verbatim !
Ce technicien de haut calibre, un génie, se veut carrément un non-penseur. Forcément j’ai sursauté
en lisant son dernier propos venant de publier « Pour
l’argent et la gloire », lisez : « Soyons
francs, tout le monde rêve d’être célèbre et riche. Jeune,
je voulais devenir Einstein, en mieux ». Il dit que ce sont
de fieffés hypocrites ceux qui parlent « du poids de la
gloire ». Mensonge et louche condescendance, affirme Linus
Torvalds qui, à la fin de son interview-livre, s’est acheté un
immense manoir et une BMW du type « maxima ». Le gamin
binoclard (je l’ai placé !) d’Heklsinski, le petit « fort
en maths » ballotté entre mère et père (séparés) et les
grands-parents semble un bienheureux exilé. Grand bien lui fasse.
Pourtant j’ai songé au fou
« Docteur Folamour », un matheux fasciste … Combien
sont-ils ces scientifiques qui ne s’encombrent jamais
d’aucune moralité ? Einstein, tiens, n’est-il pas mort
de regrets au sujet du « secret atomique » qu’il révélait
dans une lettre au Président Truman et qui assassinera des
centaines de milliers de civils japonais en 1945. Einstein, lui,
avait de la conscience. Au collège on nous répétrait :
« Science sans conscience… Je reste du côté humain des
choses. Un vieux
schnock ?
7-
Sans
la radio de Radio-Canada aurions-nous de ces longues et éclairantes
entrevues du matin —où Anne-Marie Dussault s’améliore sans
cesse, je tiens à le dire— oui ou non ?
Ce matin, la fille d’Andrée Lachapelle, Catherine
Gadouas, une musicienne de nos scènes, raconte les horreurs d’être
choisi sur un jury dans un gros procès (les Hells du sieur
sinistre « Mom » ). Le « cirque »
insupportable des avocats l’a complètement dégoûtée du système
judiciaire. « Odieux et ruineux », dit-elle. Elle
parle très franchement et ce fuit, ce matin, un plaisir fécond
de l’entendre.
Ainsi, même
importance, à la même
émission de Dussault, Pauline Marois, ex-relationniste de
Parizeau, qui a vu le « Bunker » (télé à venir)
de Luc Dionne, lui aussi ex-relationniste de politiciens
(!). Marois en est sortie insultée, dégoûtée, scandalisée.
Elle en éprouve « un vrai haut-le-cœur » dit-elle.
« Toute la classe politique est jetée dans un même sac ».
Un sac d’ordures, apparemment. Ce « Bunker »
dionnesque : « reçu comme une gifle », dit
Marois. On a lu les textes chez Téléfilm, chez le producteur,
chez l’acheteur-diffuseur. Un tas d’imbéciles ? Un paquet
d’innocents ? Matois exagère ? On verra bien.
Il y a un danger : Dionne, de cette cavalière manière,
ferait voir que toute personne songeant à l’action politique
n’est qu’un arriviste, un sale ambitieux égocentrique. Cela
peut miner la « si fragile » démocratie. « Le
moins pire des systèmes », disait Churchill. Les cyniques,
les malchanceux du sort, vont souscrire volontiers —les
brillants « gérants » en tavernes— à cette
noirceur totalisante. Le redire : quelle radio offrira de ces
émissions importantes si le Parlement (c’est pas l’envie qui
manque à Ottawa) vendait la SRC ? Je critique « l’ex-auguste
Société » à satiété, il n’en reste pas moins
qu’elle sert utilement et souvent. « À la Maison blanche »,
série de télé USA,
l’on fait voir des noirceurs crasses mais aussi des gens
généreux, exemplaires. Les deux. Ici, au Québec, on fonce
souvent dans les extrêmes. Effets d’un peuple colonisé ? Y
penser.
8-
Ma
fille, Éliane, viendra, en vraies vacances,» ici, lundi. Hâte
de ce rapprochement inattendu. Je dois changer. Je la voix comme
ma « petite fille » et elle aura bientôt cinquante
ans ! Un père s’aveugle, n’ouvre pas les yeux sur cette réalité
incontournable. Si elle vieillit, je vieillis encore davantage. Eh
! Cela l’arrange ? Oui.
Hier fête de L’Assomption de
Marie, mère monoparentale d’un Jésus-Messie. Souvenir :
août 1945. Hitler —on a tant prié pour la paix au Québec—
va se suicider. En face du chalet familial, se dresse
« une haute croix de chemin » avec les outils de fer
sur la potence sacrée, la petite échelle, la niche-à-statuette
pieuse. La « vieille » Proulx organise une neuvaine
chaque été, même heure, même parterre (le sien). Maman nous
fait traverser la rue et c’est la récitation d’un chapelet et
prières mariales adéquates. Sept fois… jusqu’au 15 août.
À la fin, nous chantons « J’irai la voir un jour,
un jour dans sa patrie-i-e… » La piété partout en
ce temps-là même en ce lieu « d’épivardage »,
Pointe-Calumet, où l’on passait nos journées en maillot de
bain sur les plages, sur les radeaux et les quais du grand Lac des
Deux-Montagnes. À chasser les grenouilles dans les bois d’en
haut. À glisser dans la sablière-Pomerleau —assomptions
naturalistes près de la gare du CiPiAr— son clair lac naturel
devenu maintenant l’ « Aquascade » fréquenté
du site.
J’aurais voulu prévenir— par
charité pour le créateur du « Si les hommes vivaient d ‘amour ».
Lanctôt m’avait parlé de mettre en livre les « lettres
ouvertes » du chansonnier Raymond Lévesque. Mal équipé
intellectuellement, impulsif déboussolé à ses heures, le
chanteur glissait parfois dans un réactionnarisme lamentablement
déliquescent. Honteux. Trop tard. Et Louis Cornellier lui sonnait
les cloches durement samedi dernier dans sa chronique des essais.
« À bon entendeur, salut »?
« De la démagogie, une rhétorique de droite,
anti-syndicalisme primaire, misanthropie vociférante »,
fesse L.C. Ce même samedi (le 10), Le Devoir consacre sa « une »
et à V.S. Naipaul
(par André Major)qui s’exile de son pays d’adoption
(Trinidad) pour fuir le racisme et l’ignorance (!) et au poète
devenu fasciste fou, Gabriele D’Annunzio (par Guilaine Massoutre).
Les auteurs québécois ? Christine Brouillette est reléguée en
page 5. C’est bien assez non ? Le « racisme inverti »
traverse une crise rue de Bleury et cela depuis un bon bout de
temps.
Ce matin Ménard-ministre cogne sur
le juge Boilard : « un vaniteux ». Il est
seul. Tous les chroniqueurs s’accordaient à dire que le
« comité des juges-jugeant », bien con, a commis une bourde d’une niaiserie profonde en
blâmant Boilard au moment où il était en train de juger
une gigantesque cause, bien compliquée, très délicate. Sacré Ménard
va. Seul, il a donc le bon pas ?
9-
Un
certain Laurent Audar, lui aussi, est révolté par les publicités
incessantes à Radio-Canada-télé qui montre « Les misérables »
de Hugo. « Aucun respect ni pour les œuvre ni pour le
public », dit-il. Vérité. Bravo !
Mon ex-petit-camarade en céramique,
Gilles Derome, est aussi un servant en « lettres ouvertes ».
Mercredi, Gilles, lecteur de Chomsky, nous révèle qu’il
instruit un petit-fils sur les « vraies tours tombées »
aux USA. Pas celles du 11 septembre. Toujours un peu sibyllin (on
ne change guère, Gilles ?), Derome fait sans doute allusion aux
« tours de magie » des C.A. des Enron et Cie. Sans
doute ? B’en…pas trop clair une fois de plus.
Ce matin Rima Elkouri (La Presse)
relate un fait divers… la concernant. Les journalistes vivent
parmi nous, pas vrai ? Évocation
maudite d’un percepteur de tickets au métro. Le guichetier zélé,
à l’évidence, est un zélé sourd, aveugle et muet. Un malade.
Conclusion : téléphone de plainte de Rima et la direction
de la STM dira : « Rédigez–nous (journaliste !) un
rapport complet et circonstancié dudit billet refusé et on vous
enverra l’argent dudit billet ».
Non mais…
10-
Lu
dans un « Nouvel Obs » : le grand matheux,
Laurent Schwartz, admirait énormément le système universitaire
des Etats-Unis. Il admettait « la sélection »,
craignait « la gratuité » (!), et…détestait
« l’impérialisme » des USA cependant. Viudal-Naquet,
auteur de la note posthume —et aussi de « La torture dans
la République » (L’Algérie maganée de 19860)—
souligne que Schartz n’aimait pas que les calculs savantissimes,
il était féru de la Grèce antique et rédigea, jeune, une
brillante grammaire de grec ancien. Je lis. Je me dis :pourquoi,
ici, jamais ne sont publiés de tels articles lumineux. Que
j’aurais dû fuir (comme Naipaul a fui à Londres), à vingt
ans, en France. Je le voulais tant. Je serais autrement mieux
stimulé. Bien plus souvent. Misère… Même magazine :
d’Anne Crignon, un bon « papier » sur Alain Fournier
(« Le grand Meaulnes »).Sur « Le capitalisme qui
a perdu la tête » par J.E. Stiglitz, prix Nobel,
ex-conseiller de Clinton. Enfin, tout un dossier, fascinant, sur
les mensonges de la Bible. Tissus admirable de légendes. Il n’y
a pas de Mont Sinaï, ni Murs de Jéricho, ni déluge-à-Noé, ni
roi Salomon, ni Reine de Saba… Des archéologues n’en
finissent pus de donner l’heure juste. Il en reste quoi ?
« Des empires fabuleux n’ont jamais pu constituer un tel
considérable livre de spiritualité et de mythologie, ce qui est
unique. Aussi : Destruction
du paganisme délirant et invention d’ un seul dieu, Yaveh.
Aussi : « Rien de scandaleux face aux recherches
modernes car la Bible ne doit pas être pris comme « un
livre d’histoire » mais il peut contenir de l’histoire
(Renan), c’est bien davantage. « C’est un livre de beauté
et il est génial », Renan
Oui, dans nos murs, la pauvreté.
Parfois on me fait le trop grand honneur de me dire que mes
modestes écrits stimulent… mais moi aussi, comme tout le monde,
j’ai besoin d’être stimulé. Je déniche de vœux livres mais
il est bon aussi de lire « de l’actuel » et en
profondeur. « L’Actualité » me semble souvent léger,
léger, léger. Pourquoi donc cela ?
Regard à ma fenêtre. Le ciel
s’illumine. L’horizon au dessus des collines s’éclaircit.
Il y a eu de petites averses. Le vent lève davantage. Aller à
l’atelier, découper du carton blanc, mouiller les cubes de pâte
de couleurs, fermer les yeux, me souvenir du « rouleau à
vapeur », de la pelle « à stime », reprendre
mes yeux de gamin poltron dans Villeray… Ne plus avoir peur !
J’y vais.
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