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1-
Jour
de pluie ? Oh oui ça tombe. Ainsi, revenir
au journal. Dire tout de suite avoir reçu un long courriel
de fulmination du concordien Tod, exilé dans le Sud comme prof.
Contradictoire ? Il m’écrit : la vérité blesse. Un vieil
adage. Et il se montre…blessé !!! La vérité choque donc. Il
est comme enragé contre moi.
Mes petites vérités à son sujet
—dans ce journal—
l’ont blessé. Mes allusions et conclusions sur « sa
rage contre tous les notoires ». Je lui ai expédié dare
dare une réponse adéquate. Il se peut qu’il cesse la
correspondance avec « le vieux » Pis ?
Depuis longtemps je suis habitué à
voir me fuir les perpétuels « révoltés » jeunistes.
Je m’arrangeais pour les éloigner au fond craignant comme peste
ces floués, ces ratés, ces malchanceux du sort certes parfois,
qui bavent sur les « illustres », tous des cons, des
vendus, des chiens, des traîtres (les vedettes chez Lipton par exemple).
Ils se lamentent dans les tavernes ou bien s’entourent de petits
jeunes…adorateurs candides. J’ai vu ça (des profs en rogne
vague) avec mon fils au collège Saint-laurent, j’ai connu cela,
adolescent (révolté sans motif vrai).Ces quinquagénaires aigris
leur inoculent le virus effrayant d’une jalousie maladive envers
ceux qui ont pu (talents, efforts, travaux, chance aussi certes)
se faire un nom.
Mon seul regret c’est de constater
que cet amer-loque de Tod s’imagine qu’avec ma renommée
(relative) tout m’est facile. S’il savait. J’ai mille
adversaires qui enragent de ma langue claire. Connu, ils ne me
pardonnent pas ma franchise. Ma liberté. L’esprit libre, ici
comme ailleurs, est à leurs yeux, un saloperie. Mes polémiques
m’ont amené des tas d’adversaires et rancuniers. Et qui ont
les moyens de se venger, croyez-moi. Adieu mister Tod ? On verra
bien.
L’avocat de l’ami Dubois (le
patron de « Vendôme productions »), François,
m’invite à souper au début d’octobre, pas loin, Chemin du
Sommet Bleu. J’irai cum pedibus ! Un avocat comme connaissance
intime, bin, ça
pourrait être utile un jour…si je continue de gueuler. Le
magazine « Le bel âge » veut des photos, je ferai
leur couverture en novembre. L’Uneq veut des extraits de mes
livre (trois ou quatre) pour Monique Miller qui a accepté de les
lire à une Rencontre- mardi-Fugère, au Centre culturel
Frontenac. Quoi choisir ?
2-
Sondage
à Londres, qui sont les pires hommes contre la paix. Choix des
sondés :1-Ben Laden, 2- Sadam Hussein et 3 : W. Bush
!!! Eh bin !C’est dans les gazettes de ce matin avec des tas de
textes sur le sinistre anniversaire du bombardement des deux tours
dans Manhattan. Un an plus tard, le fanatisme islamique reste ce
mystère insondable et « l’hyper-puissance » n’est
pas arrivé à pincer ni Ben Laden ni ses sbires reconnus. Le
dernier « Nouvel Ob » en désigne neuf. C’est le
« noyau dur » du fameux réseau de terroristes
—venus d’Égypte, du Koweït, du Soudan, de l’Arabie
saoudite— jusqu’ici
indémontable, hélas. Échec donc ! Répéter ici
que ce Jacques Nadeau (du Devoir) est un photographe émérite,
il est —comme tout le monde des médias— à New-York ces
jours-ci. Quel talent !
3-
Oui,
je vante RDI et son excellent reportage sur —en Floride
surtout— les étudiants-pilotes et aspirants kamikazes. Quand
RDI « slaque sa poulie » fédéraste-de-commande, on y
voit donc du bon produit. Et la preuve de la « saloperie »
(le mot même d’un Ministre) étatsunienne : « notre
pays. Montréal en particulier, n’était qu’un commode abri de
terroristes. Erreur : tous ces fous d’Allah s’entraînaient
là-bas et leurs polices (CIA, FBI et cie) montrèrent leur
impuissance, leur disfontionnement. Une calomnie purement émotive au lendemain de la
catastrophe, dit le ministre de « notre » défense.
« Fallait bin, disait un Chrétien goguenard à Lépine (à
« Zone libre », hier), trouver un coupable, c’est
humain ça » ! Chrétien crétin va !
Foglia ce matin, de New-York, pond un
lucide papier qui dit clairement —à l’encontre de ce méli-mélo
de pathos répandu : le lendemain du 11, un businessman, se
sauvant de sa tour bombardée, ramassait, rapaillait, ses
disquettes de P.C. et cherchait aussitôt un nouvel immeuble où
continuer son boulot (de marketting). La triste vraie vérité
sans doute. Quelle leçon de réalisme ! On s’époussette et on
recommence quoi.
Je lis mes notes
(de journal) dans un vieil agenda d’Aile pour 2000 —je
récupère tout. Amusant d’y lire ses divers dont ce mémo : « Demain,
Claude, au Patronage Le Prévost, pour un conte
à lire ».
De très beaux enfants miséreux au
TJ de Bureau au-si-beau-bureau. Centaines de milliers de réfugiés
(au Pakistan) rentrent chez eux en Afghanistan démoli. Quitter la
misère pour retrouver la misère. Des enfants magnifiques, ave de
beaux grands yeux, qui constatent le dénuement le plus complet.
Des jeunes jolis visages bouleversants. Une pauvreté
indescriptible. Que faire, mon Dieu ? Mon cœur très, très
serré. J’adore les enfants. Trop. Un souhait ? Que mon
gouvernement expédie là-bas une bonne part de nos
impôts et taxes, au point de nous priver s’il le faut.
4-
Gaétan
Soucy dans son roman récent « Musi Hall ! » semble ne
pas en revenir d’avoir déniché le mot « épigastre »
qui serait un point névralgique entre le nombril et le foie. Il y
revient sans cesse. Tic. Le prof chercheur d’exotisme ? Le prof
Soucy ignore que le mot « cadran » est fautif si on
veut dire « horloge ». Le cadran n’est que la partie
d’une horloge —d’un réveil, d’une pendule, d’une
montre-bracelet— indiquant les chiffres. À part sa grenouille
chantante, il y a son autruche qui avale sans cesse des « cadrans »,
la psy nommée Écharlotte, mode de Réjean Ducharme encore ? On y
trouvera de bons passages. Des trouvailles fréquentes. La Statue
de la liberté : « une dame avec le bottin téléphonique
d’un bras et son pinceau pour le plafond… » Ou, même
Statue : « avec
son cornet de crème glacée levée haut… » Ou : « l’impassible soleil tel un jaune d’œuf ». À la réflexion,
l’entreprise de Soucy a le mérite d’avoir voulu inventer
—fait rare chez
nous— un récit à la dangereuse et difficile sauce Lewis Caroll,
celui d’ « Alice au pays des merveilles ».
Aussi la sauce « Dracula », la sauce « Frankenstein » …Oui,
un grand mérite. Quand je repense souvent à un livre, comme
c’est le cas avec ce bizaroïde « Music Hall ! », je
me dis qu’il y a donc eu une tentative riche de sens.
Aile vient de terminer « Caprice » d’Atwood.
« À lire ? » Sa réponse : « Bien…
c’est intéressant « pendant » mais… Écoute, lis
son premier chapitre et si tu aimes… tout le reste est de la même
eau ». Ouengne !
J’y reviens à « Zone libre » :
à Gander, Terre Neuve, trafic fou, 260 avions devaient s’y
poser et en vitesse le 11 septembre quand les USA fermaient le
ciel de leur immense territoire par prudence, par crainte
d’autres détournements —avions qu’il aurait fallu « abattre »
en plein vol à coup
de F-18 ou 19 à missiles. On se disait, en voilà quatre,
pourquoi pas cinq, dix ?
Un temps, quand nous allions fin décembre,
début janvier, à Fort Lauderdale —ou à Surfside ou à Bal
Harbor— nous aimions, Aile et moi, aller fouiner dans ce
grouillant Hollywood floridien, là où se retrouvaient tant des nôtres car ça jasait en français
partout, avec « poutine » aux kiosques de la plage et
le reste ! J’en ferai le site de mon roman « Pâques à
Miami » d’ailleurs. C’est à ce Hollywood familier donc
que s’excercaient (école de pilotage, banques, motels, etc.) la
plupart de ces effrayants suicidaires d’Allah et cela nous
faisait drôle à entendre quand nous percevions ce lieu de
vacances pour « bedaines québécoises » comme aire de
retraite hivernale des gentils « snow birds ». C’est
bin pour dire hen ?
5-
Je
rêvais cette nuit : je
pilotais des engins pauvres, sorte de motoneiges déglinguées, je
filais dans des ruelles (du Plateau ?), je cherchais où
stationner mon pitoyable engin, à chenilles couvettes de neige
sale. Il y en avait
des pires encore. Un trafic de miséreux ? Dans ces pauvres
bolides bien bas. Bizarre ! Des paysages urbains de taudis tout
autour de moi. Des hangars. Où,
où ? Je croisais des durs, vagues menaces. Injures qui pleuvent
sur moi.
Puis, j’offrais à un comptoir de
fripes un blouson de mon invention, mi-cuir, mi-argile ! Une sorte
de sculpture « habitable » ? Folie en céramique
? Un morceau rare. Dont j’étais tout fier. Un
gamin-voyou y tenait. Voulait me l’arracher sans payer. Puis il
m’offrait, troc vicieux ?,
de la drogue. Coke, hach ? J’en suais de malaise.
Puis, autre phase : je participe
volontiers à des combats furieux. Je frappe des cibles à coups
de masses lourdes. Ça tombe. Sont-ce des marionnettes? Est-ce du
décor ? Pas trop certain. Furieux combats, je suis déchaîné.
D’autres cogneurs s’amènent. Rivalités curieuses. Je démolis
vaillamment des figurines offertes. Des rivaux se pontaient et
c’est à qui masserait le plus fort, le plus vite. Étrange rêve
non ?
Dernière phase, à l’aube sans
doute, voici mon Aile est toute satisfaite, il y a trois jeunes
femmes de ménage qui l’aident. Trois ! La fenêtre luit,
c’est panoramique. Aile est très contente.
Les linges volent. Ça sent le détergent. J’étouffe. Ça
frotter partout dans cette cuisine inconnue de moi , je suis dans
une maison jamais habitée ! À la fin une des « frotteuses
», accorte, me prend
par le bras et veut m’entraîner dans mon atelier malgré moi.
Elle insiste en riant. Nous y descendons et elle dit :
« Ah, on va y faire un fameux ménage ». Réveil ! Ouf
!
6-
Hier,
mardi, soleil, nous descendons au rivage. Soudain de la pluie.
Rangement des matelas et vite sur la galerie. Vent furieux. Pluie
brève. Soleil de nouveau. Brume si jolie sur l’autre rive ! Si
jolie ! Nous redescendons, Aile avec sa « Captive »,
moi avec la fin de « La sagesse de l’amour » à
lire. Bedang ! la pluie encore, cette fois, très forte. Remontée
en vitesse. Un vent à nous réfugier en dedans et à fermer le
fenêtres. Cette « sagesse… » est faite de réflexions
philosophiques. Le refus de l’amour…de l’autre. Du « différent ».
Finkelkraut sait définir nos peurs. Raconter les guerres. Il va
du désastre nazi aux batailles religieuses des temps de jadis.
Il cite de nombreux auteurs dont le
cher Lévinas de Henri-Bernard Lévy, « qui est redevenu
populaire car il parle spiritualité ». Une fois la guerre
froide terminée, dès 1991, F. avance qu’il y a découverte
d’un trou, d’un vide. Dieu ? Pas exactement. L’amour plutôt.
Cet « élan irrationnelle », si risqué, si trouble,
si contradictoire aussi. Et le voilà qui expédie dos à dos, les
« sauveurs » de l’humanité, du terrible
Robespierre à l’effroyable Lénine.
Cet amour fou des hommes serait
dangereux. S’y glisse le goût d’une morale aveugle. Il faut
tuer les dissidents. Les incroyants. Les mous. Tuer les incroyants
? Ah, 11 septembre encore ! La terreur toujours. Le dernier
encyclopédiste vivant, Condorcet, voulant redonner « le
droit » au sein de la Révolution doit fuir, se cacher.
Les « Lumières » s’assombrissent quand on a décidé
(Saint-Just) de sauver le peuple malgré lui. Condorcet,
l’instruit, va se
suicider au fond d’une auberge où on le traite d’aristocrate,
donc de vendu. Un assassinat ? L’histoire n’est pas claire. Un
racisme effrayant. Ce qui est clair : il fallait abattre tout
ce qui dépassait « du grand projet d’aimer les hommes
malgré eux ». Ah l’amour politicien du prochain ! C’est
le dessein des totalitaires. De Hitler à Staline. Je cessais
souvent de lire cette « Sagesse de l’amour », je réfléchissais.
Ce petit essai est bien plein. Ici, un « nouveau »
philosophe ne jargonne pas.
7-
Bagarre à Concordia où
l’on a invité le guerroyeur de droite
Benjamin Nathanayou, ex-chef en Israël. Militant pour la
guerre en Irak. Amalgamant vite Adolf et Sadam. Ce matin, décrets
des penseurs patentés aux gazettes: « On a empêché
de s’exprimer librement quelqu’un. Dans une université ! Scandale ». Vrai. La lecture du Finkelkraut remonte
aussitôt à la surface. On souhaite toujours « Hyde Park ».
Chacun son tour à grimper sur la caisse de bois.
Venez tous. De tous les bords. Le droit de dire « noir »
et puis écouter l’autre
qui dit « blanc ». Démocratie. Des militants
pro-Palestine proclament : « Non, non, aucun droit de
s’exprimer pour les fascistes ». Le sens des mots n’a
plus aucune importance de nos jours.
Faudra que je téléphone à mon cher
David-à-Marc qui étudie à cette université multi-ethnique. Ce
terrible grabuge, avec flics à bastonnades
partout, l’a-t-il distrait de ses sérieuses études ?
C’est là, à l’auditorium de Concordia, que nous fûmes invité
(Duceppe et moi) à monter un spectacle anti-guerre (au Vietnam).
Il y eut quelques brassements. Mon texte, petit spectacle
audio-visuel, s’intitulait « La tortue », allusion
aux lentes progressions pacifistes du temps. Ayant obtenu une
petite subvention d’un gros bonhomme bien « pacifiste »
un peu mystérieux, nous apprendrons plus tard qu’il était un
agent communiste camouflé. Eh !
Une autre fois, conférencier invité
à ce même lieu, Concordia, avec Jacques Ferron, ce dernier —hélas,
me précédant au micro— se mit à mystère, …chuchotter
ses réflexions. La salle se vidait lentement. Je lui glissai une
réflexion appropriée à l’oreille : « Parle
plus fort, Jacques, personne ne t’entend »! Il se cabra et
acheva de vider la salle ! Il me resta trois ânes et quatre
pignoufs ! Oh ! Soudain l’impression d’avoir déjà raconter
cela ici. C’est cela un journal. Souffrez !
8-
Le
jeune vétéran en télé, Jacques Boulanger —longtemps « victime »
de mes décors— est chez Maisonneuve :« Il y a trop
de canaux de télé désormais. On sait pus où donner de la
zapette ! ». Complainte entendue souvent. Les uns disent : « chacun
aura son créneau favori, c’est bien ».
« Tu aimes les
animaux, tu auras ta chaîne spécialisée ». Et le reste.
Radio-Canada, Télé-métropole, TQS à l’agonie ? La fin bientôt
des télés généralistes ? Sais pas. Il est vrai que je navigue
maintenant —le plus souvent— entre Canal D, TV-5, ARTV, RDI.
Je cherche au fond où il y a le moins de réclames commerciales.
La pub…oui, « pu’ capab » ! vraiment ! Mais, hélas,
il y en a partout. Pas d’acheteurs de temps ? bof,
on passe de l’auto-réclame jusqu’à l’abrutissement.
À ARTV par exemple.
À « Origines », bons récits
des pionniers. Marie Rollet, première fermière en bas du Cap
Diamant, et son
« homme », Louis Hébert, herboriste, apothicaire et
cultivateur. Il y a des reconstitutions hélas. Faux comme de la
marde ! Je deviens enragé quand je vois cet amateurisme, ce
« faire croire » niais ! Quoi ? Faut que ça vive,
faut que ça bouge, figurants, vite, en ligne, pour les déguisements
et trouvez-vous une parlure qui sonne « historik ». Le
mépris du public n’en finit plus.
À Québec ils seront vingt puis
quarante… raconte « Origines », à Boston, un peu
pus tard, ils seront
tout de suite 2,000 ! Nombreux Hollandais à Manhattan. Nombreux
exilés en Virginie, toute première colonie britannique. Cela
explique cela…la défaite ! Quoi donc ? Quitter la douce, la
belle France, c’était t plus difficile ? Fallait être très
pauvre, mal pris ? Misérable ? Crédule aux belles promesses ?
Merci d’être venu cher petit soldat
à modeste solde qui va muer en agriculteur du village
naissant, Saint-Laurent. Cher Aubin Jasmin, du Poitou, qui s’embarque, uniforme de régiment tout neuf, à La
Rochelle, un beau matin.
9-
J’ai vu la —bien
faite— biographie (Canal D) de Jean Besré, alias Ostin-de-beu, mort précocement.
« Un homme très secret », répéteront deux témoins
de ses intimités maigres. Souvent Jean m’invectivait dans les
couloirs. J’étais critique de « tout », fondateur
d’une section « arts et spectacles » au
jeune « Journal de Montréal ». Épiderme
fragile en la matière, il s’amusait à m’injurier : « Malhonnête »,
me cria-y-il un jour. J’avais vivement protesté. « Écoute
moi bien Jean, tu peux me dire, con, crétin, niaiseux, imbécile,
inculte, tout ce que tu voudras mais je n’accepte pas « malhonnête ».
Les mots ont un sens, oui »? Il s’était tu subitement,
s’excusa. Il s’est tu à jamais et je m’ennuie de nos
petites chicanes aux portes des ascenseurs de la SRC.
10-
« Le
« pot » ? P s d’accoutumance comme avec la cigarette
tonnent les études récentes des experts mais plus nocive (en
goudron, etc.) Oh, oh’ Et le Comité-Nolin qui eut la libérer
des lois ! Pour la santé la mari serait donc bien pire ! Le
« hasch » est « la résine » de la
marijuana, ais-je appris par la même occasion. Bon, bon. Ici,
c’est 12 millions de tonnes, les récoltes ! Par année !
C’est 250 $ l’once. Fabuleux commerce interlope. Hell de hell,
disait Robert Rivard dans le
« Race de monde » de Beaulieu. Hells, oh oui !
C’est la « nouvelle
prohibition » et elle a engendré les mêmes commerces de
truands que l’autre, du temps des Al Capone. Hier, on
transbordait la « flacatoune canayenne » bien aimée d’un bord à l’autre de nos frontières. Avec
enrichissement de respectables futurs hommes d’affaires. Des
Kennedy aux Bronfmann. Le cannabis, interdit, exerce les mêmes
ravages. La même police grossit, l’argent circule en « sécurité
à renforcer », polices partout est aux aguets. L’histoire
est bien bègue, non ?
L’auteur parisienDominique Lapierre
parle —avec Sarfati de La Presse— en ce 11 septembre du… 2 décembre
1984. De la compagnie étatsunienne Dow Chemical Inc. Responsable
de 30,000 morts en Inde. Pas 3,000, 30,000. Un fameux 11 septembre
à l’autre bout du monde occidental. La tragédie de Bhopal.
Poison pour un demi million d’Indiens ! Une usine mal inspectée
sautait. On refuse encore de dépolluer le site fatal. 2,800 morts
à Manhattan. Il s’agit de New-Yorkais bien vêtus, munis de
cellulaire, d’ordinateur portable, avec attaché-case de cuir véritable
au poignet, n’est-ce pas ? Qui célèbre le deuil de 30,000 tués,
en 1984, par « Dow Chemical » l’insouciante —uni
maintenant à « Union Carbide Corporation »— un 2 décembre
? Qui ?
11-
L’home
qui ne riait pas. Hugo a signé : « L’homme qui rit ».
Une affaire de rictus obligé, d’handicapé physique, de drôle
de monstre. Un masque. Le « pilote » Atta, chef des
suicidés « cerveau », dit-on, de la macabre
entreprise du 11 septembre, ne rit pas. Il
ne riait jamais. « Il ne souriait même pas »,
dit un de ses familiers. Oh, oh ! Je me suis toujours méfié,
d’instinct de ceux qui ne savent jamais rire. J’en ai croisé
de ces triste sires. De ces « chevaliers à la triste figure »
(en cause diverses) qui ignoraient comment on fait pour rire, au
moins sourire. Un Languirand —un Germain aussi— rit souvent
pour rien. Pour eux seuls, c’est autre chose. Mes sinistre
gueules ont fini le pus souvent dans un désert total.
Ce Mohamed Atta, venu d’une
banlieue du Caire, « fut un enfant timide, introverti même
et tout paisible ». Se méfier de l’eau qui dort ?
Finkelkraut (« La sagesse…) m’a dit de me méfier de
Freud et de l’analyse…De la « réduction »
pratique. Et fausse, souvent. Il a raison ? On tente maintenant en
médias de fouiller le passé des « fous d’Allah ».
Père trop sévère.. ou pas assez…Mère couveuse, ou trop
indifférente…Ouais !Ouen ! En effet, mêmes causes et, souvent,
effets contrastés. La raison cherche. On veut tout comprendre.
Expliquer… l’inexplicable ? On veut, tout le monde, clarifier
les monstres humains. Sinon, il y a la peur…La grand’ peur des
gestes fous, mystérieux ! Jésus riait-il parfois ? Je gagerais
que oui même si les évangélistes n’en parlent pas. Le prophète
des prophètes enseignait ,’amour. Le fanatisme catholique
(Inquisition et cie) qui
viendra n’est pas de sa faute.
Mahomet
le guerrier riait-il ? Riez, riez souvent. C’est un signe
d’intelligence à mon avis. J’aime les humains qui rient
volontiers. Ils me rassurent :ils ne se prennent pas trop au
sérieux, ni eux ni ceux qui les entourent.
12-
Lisez
cela : « Le Québec est fier d’avoir un auteur
exportable… », et « Cessons… avec nos bébittes
nationales… », et « oublier le terreau québécois… »,
et « ne pas toujours se justifier d’être nés ici… »,
et « soyons libres de nos racines… », et
« roman de haut biveau qui dépasse nos frontières… »,
et « New-York, Budapest ou Montréal, quelle importance… ».
Pour louanger « Music Hall ! » de Soucy voilà les
arguments d’Odile Tremblay, samedi dans Le Dev. C’est très
curieux. Le colonialisme d’ici fait cela. Un racisme inverti, je
le répète. Un bon roman québécois peut se dérouler à
l’Abord à Plouffe ou à Singapour cela est très certain.
C’est quand on invite au déracinement volontaire que c’est très
inquiétant. Relisez les phrases ci-haut. Plus complexée que
l’Odile tu crèves !
À la télé récente, bon
documentaire sur Lénine. Il recevait 7 millions de marks
allemands pour son ouvrage « de sape » en Russie
combattante, sa patrie. Un salaud rare ! Manipulée volontairement
, utilisé grossièrement, Vladimir Oulianov, accepte sa traîtrise
pour son idéal de révolté. Les boches s’en frottent les
mains. Qu’il sème la pagaille chez lui (guerre de 1914) et on
aura la Russie en moins comme opposant ! Songer au pacte de paix
entre Hitler et Staline en 1940. Le petit bourgeois révolté,
comploteur anti-monarchiste, caché en Suisse, acceptera souvent
des fonds allemands par las suite. Il ouvrira, près de Paris, son
école de révolutionnaires. Urpris par les anarchistes (du
Potempkine, 1905) il tentera d’aller contrôler la locomotive
inattendue ! Surpris de nouveau par les émeutes de 1917, il court
au devant de la victoire du peuple écrasé. Il n’était pas prêt
du tout, alors il va faire vite. Une armée..Rouge, ah, la police
!, et des camps pour les dissidents. En avant, la loi et
l’ordre. Les appels aux délateurs. Il n’en manque
jamais dans ce situations. Je songeais encore à « La
sagesse… » de F. au
« sauvons le peuple malgré lui ». La terreur
s’installera vite. Un
sacré bon document à la chaîne publique, T.Q.. Qui dit que
la télé ça vaut pas de la schnoutte ?
Pas moi. Suffit d’ouvrir l’horaire, non ?
13-
J’ai
observé le célèbre Silvester Stallone (« Sly » pour
les intimes) à « Actors
Studio » de James Lipton. Le —devenu riche— gaillard a
de la jarnigoine. Bonnes réponses aux questions du Lipton.
Modeste et, à la fois, sûr de lu. De ce qu’il a pu accomplir
avec ses moyens limités. Il sait bien qui il est. Qui il a été
—gamin pauvre de Philadelphie— et qui il souhaite devenir.
Trop facile de cracher avec mépris sur cette sorte de « gloire
hollywoodienne ». L’acteur a
répondu avec modestie aux questions graves.
Il rigole aussi, ah « l’homme qui
sait rire »! Il devine la caricature qu’on peut extraire de ses
films « commerciaux ». N’empêche que son premier scénario
(et premier film) du « pauvre petit boxeur des faubourgs
gonflé de la volonté de s’en sortir »
avait du caractère. Que moi, comme tout le monde, j’ai
applaudi très fort son succès dans le temps. Je devinais que le
Sly défendait sa vie, son avenir. Après, ce sera la lucide
acceptation de l’exploitation commerciale d’un excellent
« personnage ». Et puis le matamore « Rambo »,
jamais vu. C’était son droit.
L’éditorialiste Mario Roy ne
supporte pas l’antiaméricanisme primaire. On lui donne raison
mais ..il y revient sans cesse. On finit par le croire « apôtre
étatsunien, zélote aveuglé sans nuances. Il tombe dans le
travers de ce qu’il dénonce. D’une part, oui, il y a une
haine étrange et sordide (en France, c’est une folie, haine et
amour emmêlées), d’autre part, on ne peut ignorer des
comportements impérialistes. Roy n’en revient pas du fort succès
des livres —Chomsky, Moore, et, sans doute, celui —qui vient
de paraître — par Peter Scowen, auteur
d’ici avec son « Le livre noir des USA » (aux
Intouchables). Il devrait mieux se questionner. Pourquoi justement
tant de méfiance ?
La Gironnay fesse la vieille fontaine
lumineuse du Parc Lafontaine, elle larange en « mocheté »,
en mobilier urbain à jeter. Oh ! Nous l’avons tant admiré,
enfants. Bouches ouvertes grandes face à ses rayons de lumière
multicolores. Avec des « oh ! » des « ah ! »
Candeur ? Oui. On a de la peine à lire des méchancetés sur les
bonnes vieilles bebelles de nos souvenirs émus. La fille de
Monique Leyrac a beaucoup voyagé ? Elle a vu, jeune, des beautés
plus solides ? En 1940, petits morveux pauvres, nous n’avions
que cette fontaine aux lumières joyeuses. Pour tomber en pâmoison
les soirs de canicule.
Un petit soleil timide tente de se
montrer. Trop tard. Le souper (un potage seulement est servi)
monsieur Galarneau car demain matin je serai en examen de prévention
(Aile veille et l’exige) avec mini-caméra au rectum (coloscopie le nom, je croois)
—ouash !— à l’hopital de Sainte-Agathe. Je déteste
cela. Mais faut…sinon, moi mort, plus de journal ! Quelle grande
perte hein ? « L’homme qui rit »… même à la
veille d’un examen maudit !
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