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1-
Ciel
clair ce matin, nuages déchirés, le brossage fougueux d’un
peintre naturaliste ! Fringale du journal depuis que j’ai pris
conscience (hier) que cela s’achève ? Oui. Sans doute.
Miche de Sherbrooke, courriel, me prie de continuer le
journal. Chaud au cœur. Elle dit comprendre cependant ma détestation
d’une routine, même
agréable et fortifiante. A raison. Elle s’imagine à tort que
c’es dur de taper d’un seul index :non, facile et je vais
plus vite qu’Aile au dactylo, Aile qui fut secrétaire zélée
(section « publicité » à la SRC)
avant de devenir scripte et ouis réalisateure. À propos
d’Aile : hier, la démone : « Mon sacripan,
ton annonce de stopper le
journal, c’est-y juste pour t’attirer des protestations, te
faire flatter l’égo »?
La méchante. Plutôt une délicatesse : prévenir ceux qui
m’aiment. Juré, craché.
Mon « va chier », fusée
honteuse lundi dernier au Paul Houde de T.L.M.
qui me lançait effrontément : « Et toi,
Claude, tu dois payer, je suppose,
pour avoir des photos de paparazi ? » Ça a sorti
trop vite. Aile me le reprochait mais en souriant; elle connaît
mon goût de la vitupération
spontanée. Je dois mieux me contenir, l’ex-petit voyou des
ruelles de Villeray.
Coup de fil tantôt : la Francine Ladouceur
petitepatriesque vigoureuse me rassure : « Tous
vos tableaux sont encadrés chez M. Bambino, je vais chercher tout
le stock dès aujourd’hui ». Bien. Je respire. « M.
le Président d’honneur, vous ne parlerez que cinq minutes,
lundi soir. Bien compris ? Pour inviter l’auditoire de notre
concert (de Larochelière et chœur de chant ) à visiter votre
expo dans le portique lors de l’intermission ». Bon. Bien.
Je lui dis, gaminerie : « Serons-nous 25 ou 50 ? »
Elle : « Sachez qu’on a déjà vendu 250 billets ».
elle ajoute : « Fort
bon votre communiqué aux gazettes
mais c’est jour férié, lundi, il n’y aura pas
de journaux ! » Merde, j’avais oublié ! Me reste le brave
Journal de Montréal qui, lui, fête pas fête, publie !
Marco m’expédie des données :
il y a 200 liseurs du journal internetisé.. Bien. Bon. Mon récit
« Enfant de Villeray », vendu à 3000 exemplaires, a
donc plus de 6000 lecteurs. Et je ne compte pas les emprunteurs
des biblios publiques. Différence énorme. Vive le livre alors ?
2-
Comme
je suis reconnaissant à mon
fils Daniel pour m’avoir (en 1998) forcé à
l’initiation ordinatrice. Un fameux cadeau filial. Ce matin
encore, plaisir de recevoir cinq messages. De pouvoir, sur un
clic, répondre immédiatement. Jacques Lanctôt (ref :« Enfant
de Villeray ») me veut à son kiosque —Salon de novembre
à Montréal— à lui entre mes heures de kiosque chez « Trois-Pistoles
éditions ». J’ai dit :oui. Une reporter de Rimouski
(salon en fin
d’octobre ) me fixe un rendez-vous : samedi matin. J’ai
dit : « Mais oui ». J’ai envoyé un
courriel à Franco Nuovo, de la Petite patrie, rue Saint-Denis lui
aussi, pour qu’il annonce à son million de lecteurs ce lundi
soir, le 14 à Saint-Arsène ». J’ai mis :
« Fais-le en souvenir de ton quartier d’enfance ».
Vive le I-Mac !
À la télé hier, à Historia, la
bio de Harry Truman. Étonnant parcours. Sans scolarité solide,
fils de fermier et ex-fermier déchu du « far ouest »,
Truman fait la guerre de 14-18 et s’y signale en capitaine bien
brave. Iil revient à Kansas City en héros national. Il va — chômeur,
sa mercerie-chemiserie en
faillite— jouer cette carte du héros-soldat, s’acoquinant
avec le gros politicard « organisateur » du coin.
Devient député « démocrate », puis sénateur. Un
jour, du White House, grand capitaine de forces armées, il dira
« oui » à la bombe atomique ! On dit maintenant chez
les gauchistes, « horribles crimes de guerre ». On dit « horribles
massacre de populations civiles ». On dit aussi : « On
a fait des calculs précis, la continuation de la guerre
conventionnelle aurait tué énormément plus —les deux bombes
stoppaient net le conflit— de soldats et japonais et américains.
Qui croire ?
Aile surveillent les feuilletons et
moi je lis. « L’express, L’Actualité (bon contenu cette
fois), l’Historia. Je commence les confessions (signé Martineau,
reporter à TQS) de ce Quesnel, délinquant précoce à Québec,
un jeune tueur fou, qui deviendra un délateur fameux. Un livre
effrayant offert par Albert, le chum de ma quasi-jumelle,
Marielle.
Aile me répète : « J’ai bossé durant vingt
ans en feuilletons, j’y suis comme… concernée, attachée, fou
hen ? » Je peux la comprendre. Malgré, si souvent, ses
insatisfactions, elle ne lâche pas la patate-téléroman.
3-
Suggestion
d’Aile : « On se fait un lunch et on part au
soleil, en vélo, avec nos blousons ». Bonne idée. Oh, hier
soir, chez « Les francs-tireurs »,Martineau questionne
très franchement des leaders juifs. Bizarre : tous ont
« bin de la misère » avec le français ! Les juifs
Ashkénazes (majoritaires) n’aiment
pas trop nos juifs sépharades hélas (venus de l’Afrique du
Nord) qui, eux, causent français impeccablement… et ceci
explique cela ? Donc des réponses bafouillantes à la bonne
question : « À cause du massacre nazi, plus
moyen de critiquer Israël sans passer pour anti-sémites »
?
Dutrisac, son compère, excellent désormais
en questionneur ultra-franc. Bons moments forts avec Ménard,
ministre des Transports. Débat vain entre la Navarro (« Voir »)
et le Ferrand —parlant « parisien » tous les deux.
Chicane mondaine —en riant— sur le thème : « les
hommes, les pères, devenus inutiles et bafoués depuis le féminisme
agressif d’antan.
Souvenir : en août 1988, je
signe, j’en ai déjà parlé, un article dans le Journal d’Outremont
(papier refusé partout ailleurs) : « Y a-t-il un
racisme juif » ? Oh la la !
Un boucan du yable et tous les autres (prudents) journaux
(radio et télé aussi ) s’embarqueront alors dans un vaste
champ de tir…Jamais on n’aura tant jasé sur ces
isolationnistes, ghettoïstes, les « élus » non-intégrables,
les Hassidims du lieu. Cela, souvent, sans m’inviter aux débats,
moi qui avait parti le bal ! Un bal si délicat que le P.Q, hésitera
à me garder comme candidat dans l’ex-ville. Un an, plus tard,
le chef Parizeau n’hésitera pourtant pas à condamner (avec
raison) tous ces
« ethniques » indifférents au destin collectif du 84
% (nous tous ) de la population. À son tour, Parizeau connut
l’horreur des langues de bois ! Je rigolais dans le temps !
4-
Ce
matin encore, cette connerie signée André Duchesne (La presse) : « Visite
royale : reflet des deux solitudes ». Non, non et non
!, il y
« deux nations » et
pas « deux solitudes » Quand va cesser cette
lubie de « solitude » quand il y a « ignorance ».
J’entend des innocents qui croient
que le vice-premier ministre, Manley, anti-monarchiste, est un
allié en oubliant que ce même Manley fut le criard « partionniste »
qui souhaitait que l’on découpe le Québec en morceaux détachés
si l’indépendance advenait. Mémoire courte de trop des nôtres.
Aux actualités hier : une
ouaitresse ontarienne, cancéreuse pulmonaire en phase terminale,
va obtenir beaucoup d’argent. Elle a bossé dans un
snack-bar —« C’était « bleu » de fumées de
cigarettes » dit-elle joliment— très longtemps. Avocat
intéressé (à 50 %) et cause gagnée. Oh, tous les restaurateurs
vont jeter dehors les fumeurs, ça va pas tarder ! Autre chose :
notre « govern’ment » va cracher des millions de
notre argent public pour soutenir (on cherchera des investisseurs)
Murdochville (moins d’un millier d’ habitants !). Des
millions. Ces gens veulent pourtant (référendum tenu) que l’on
ferme la ville…et que l’on crache un bö gros trésor en
compensation. Je ne sais quoi en penser. Une ville ouvrière
s’installe autour d’une grosse industrie. Cette machine-à-salaire
finit d’exploiter les entrailles du site et ferme. Catastrophe !
Miserere !
5-
Je
lisais hier soir sur
les sectes en France. Les disciple de la « québécoise »
patente —à domicile fixe ici avec panneau payé par le
gouvernement— « raéliste » font face à quatre
accusations en France. Subornations et agressions sexuelles sur
des mineures ! Bigre, on dirait que secte ou religion catho
d’hier, c’est toujours la même obsession : les enfants
comme objets sexuels. L’article (de « L’Express »)
souligne la complicité bien tacite des parents (raéliens eux-mêmes)
des jeunes abusées. Renversant. Un déboussolage total chez ces
brûleurs de croix à la KKK, ces zélateurs loufoques aux portes
des écoles. Ne « laissons pas venir à eux les petits
enfants », leur évangile est un crachat amoral. Bavures inévitables
(?) là où la liberté
totale (certes) doit régner. À nous de critiquer sans cesse ces
désaxés.
Chez Bazzo, ce matin, ça cause
parfums ma chère. J’entends : « thé au Jasmin ».
Baptisé Théo, on me nommerait « thé au jasmin ».
Excusez-la.
Tiens, je vais envoyer à mon
Marcogendre —suis un addict— copie ce cocasse communiqué pour
lundi le 14.
Je vois des joueurs de tambours à la
télé, dans Villeray. Souvenir : c’était comme Hollywood
au coin de ma rue parfois. En 1940, la radio (prestigieuse comme
la télé en 1960) venait s’installer sur la scène du cinéma
du coin, le Château. Du music-hall gratuit ! Il y avait une file
jusque devant chez nous. Nous sortions, Gilles et moi, notre
cheval-de-catin et zigzaguions entre les gens en longue queue. Quêtage
de sous. Cet été, je n’ai pas réussi mon aquarelle sur ce
cheval-de-guenille, hélas !
Comme j’aimais tant Montand roucoulant Prévert : « Ils
ont des poids / ronds et carrés / des tambours, des cerceaux dorés
/ l’ours et le singe / animaux sages / quêtent des sous / à
leur passage…. »
Bon, partons la mer est belle…la mer d’air sur nos têtes.
Allons vélocipéder sur l’ex-chemin de fer. « Il fait
chaud », me dit Aile, revenue de courses. Comme en France,
Aile achète les victuailles au jour le jour. « Avec es
enfants, ce serait différent, je le sais bien », dit-elle.
Bon, cliquer sur : « éteindre ».
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