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1-
Ce
matin, pas de cette pluie crachine comme hier mais un ciel d’une
lumière lactée niaise.
J’ai vu le début d’une
biographie sur Jean Duceppe mardi soir. Un
acteur très populaire, et parfois populiste, —coureur de jupons
invétéré, jeune— hélas disparu, de notre vie culturelle,
c’était un bouillant « opinioniste », très coloré
et suractif, converti tard au nationalisme indépendantiste.
C’est la promesse d’une série télé bien terne. Un dialogue
creux et mal écrit, sans vrai naturel (bons sites, bons décors
cependant). Cela faisait « séance paroissiale »
—Aile n’est pas du tout d’accord avec moi. On peut raconter
une histoire ancienne avec un style, sinon moderne, actuel. Claire
Wojas et Robert Simard (le réalisateur)
se sont englués dans une sorte de reproduction
(reconstitution ?) lente, pépère, sans allant aucun.
Cet acteur étonnant, Paul Doucet, a su imiter le ton
particulier de Duceppe (bouleur, avaleur de mots) et il a une
bouille étonnamment semblable à celle de son héros mort trop tôt
hélas. La sympathie que le public avait pour Duceppe rendra tout
le monde complaisant face à cette manière pourtant sans
dynamisme. Et les paquets de pubs criardes n’aident pas !
L’effronterie marchande s’installe à Télé-Québec, réseau
public, de plus en
plus ? Ignominie, mépris des spectateurs.
2-
J’aperçois
Élie Wiesel (Prix Nobel) à « Cent titres » (avec son
animatrice…excessive un peu…) mais Aile, une fois de plus,
avait la zapette au creux de la main (cette
tiraillerie pour le zappetisme !) et je dois zieuter ses chères
« nouvelles ». Indispensables moments graves de ses
jours. J’y entends de nouveau la misérable Danielle Levasseur (
à Bali) et son horrible façon de jaser actualités étrangères.
Pénible, pénible ! Moi, je préfère lire les « nouvelles »
le matin dans les journaux, moins pressés, moins bousculés par les
sujets entassés et les maudites « pubs ».
Puis, on zappe chez Labrèche. Aile : « Regarde,
une tête d’oiseau, celle l’autruche, non » ? Moi : « Regarde
c’est le bec à rictus du « Joker » dans Batman, non »
? Ce laideron blond est désopilant en diable et souvent audacieux
dans ses approches de sujets (« Les p’tites vites »)
ou d’invités. Évidemment les forts moments sont rares et il
faut endurer des passages ennuyeux, le salaire —inévitable—
d’une quotidienne quoi !
Reçu par la poste le magazine
« Le bel âge » qui contient l’entretien accordé à
madame Stanton cet été. On n’annonce point l’interview en
couverture. À quoi bon. Un écrivain hein ? Vous jacasser à cœur
libre deux heures avec une journaliste et puis vous lisez un
« papier » pas bien profond, pas bien stimulant.
C’est la loi. Je me souviens de mes rencontres avec carnet de
notes bourré pour « Québec-Presse »
—avec Geneviève Bujold ou
Monique Miller— et devoir pondre que trois feuillets. Et
lire mon article « plate ». Oui, la loi des imprimés.
3-
Appel
à l’instant de mon éditeur « troispistolants ».
« Oui, oui, Claude, ton journal sera là et pour le Salon de
Rimouski dans 10 jours et pour celui de Montréal bientôt. Ta
couverture avec ton quichotte est belle, tu verras. J’ai coupé
du journal ici et là, besoin de pas trop de pages !,
mais j’ai rétabli des entrées coupée par ma réviseure.
Tu te répétais parfois et je
sais bien que c’est fatal dans un journal, mais à l’occasion
non, c’était trop redondant. » Moi : « Tu
as toute ma confiance, Vic. Hâte de te voir à Rimouski ».
Je reviens de chez mon toubib. 60
minutes d’attente. Merde ! Sur chaise dure, finir de lire sur
Modigliani dans « Paris-Mastch ».
Je l’aime ce macaroni ivrogne ! Singer, lisant des résultats
de prise de jus, semble heureux : « Vous étiez
à 8.2, vous voilà à 6.2 Bravo ! Continuez à mieux vous nourrir ».
Ouen :légumes, poulet, poissons… Ouash !
Revenu, ma quasi-jumelle et sa
meilleure amie, Micheline avec sa grande et joie fille,
m’attendaient à la porte. Jasette au salon. Bière et thé. Pas
grand moyen de placer un mot tant Marielle et sa Micheline
jacassent. Deux pies. La pie claudiusjasminus obligé de se taire
pour une fois !
J’arrive de l’École Bouffe. Aile
encore grondeuse, l’œil sévère dans mon
sac : « Quoi ? De leur pizza ? Hon ! Ton
doc Singer va le savoir » !
Vu hier soir un merveilleux film de
Bergman fils : « Tous le dimanches » (ou
« Les enfants du dimanche ») à ARTV. Fameux ! Le récit
autobiographique —scénario
du papa fameux, Ingmar— racontant son père le pasteur luthérien
soupe au lait, peu bavard. À la fin terrible face à face muet
d’Ingmar vieux avec son père qui achève sa vie. Terrible
confrontation silencieuse. Terrible ! Le père lisant le journal
intime de son épouse décédée avant lui : «
Ma vie, en somme, a
été un fiasco » » Il ne peut pas comprendre ce
verdict accablant. Le fils le lui explique. Terrible, oui ! Des séquences
fantastiques comme l’horloger du village suicidé, pendu et se
balançant sous les arbres. Ce fantôme répond à la question de
l’enfant « quand vais-je mourir ? » Le spectre lui
gueule : « À chaque jour, à chaque jour » ! Le
bon film, sans la crisse de pub. Qui nous change des machines à
« pow, pow » made in Hollywood.
Dans ce beau film, un gamin ave des
petits soldats de plomb comme dans mon jeune temps. Souvenir :un
petit voisin, Desbarrats, habitant un deuxième étage. Il avait
une fameuse collection de ces figurines de plomb. Je l’invitais
sur la galerie d’en avant, chez nous. On jouait des heures. C’était
en 1936-37. Un jour de mai : Roland Desbarrats déménageait.
Ma grande peine. Mes parents n’avaient pas les moyens de
m’acheter une aussi formidable collection.
4-
Francine L. au téléphone
ce matin : « Craignez pas, Claude Jasmin, je vais
vendre le reste de vos images à des gens importants. C’est
commencé d’ailleurs, le tramway,
le guenillou, etc. ». Je lui dis : « Même
la bannière au Christ sanguinolent ? » Elle : « Ah
çelui-là, pas sûr » ! Moi : « Bien, vous
me le gardez. Un souvenir, oui » ? Elle : « Bien,
je vous le garde ».
Mon marlou Marleau m’a expédié
une photo couleurs du choeur illuminé du lundi de
Saint-Arsène. Le gentil. Toujours moqueur il ricane de mon
tirage « au sort » qui tombait sur ma sœur, Marielle.
Le prix gagné ? Cinq heures de bain de boue et autres recettes
corporelles à « L’Excelsior » du village, ici.
Marielle, sans auto, a
donné sa passe à ma fille Éliane qui dispose de la Caravan
Doodge, elle. Daniel M. dit : « Si j’avais eu
mon chéquier, lundi soir, j’achetais une de vos aquarelles… »
Le menteur, le Pinochio marlouesque ! Que le nez lui rallonge…à
mort !
Raynald Bergeron a raconté
publiquement (La Presse) qu’il n’est pas bois (pas Pinocchio
quoi) ! Que les jolie
ados aux nombrils à l’air peuvent le distraire de son job de
prof. J’ai ri d’abord. Ce matin Claude Charrette de
Saint-Placide (La Presse toujours ) le plaint et, comme moi,
regrette « la mode » chez ces grandes élèves
exhibitionnistes. Recommande que les directions —complaisantes,
laxistes— d’écoles mettent leurs culottes ! Vrai ! Oui,
dit-il, vive l’uniforme ! Il a raison tout de même, lui et le
prof distrait.
5-
Francophonie :
le club refuserait d’embarquer Israël et « c’est
injuste » dit un lecteur de gazette. Raison clandestine :
faut pas heurter, choquer les pays du club remplis d’araboïdes
francophones ! Un autre signale que la France, contrairement au Québec,
à la Belgique et à la Suisse, n’admet guère d’étudiants étrangers
(francophones) dans ses université. Ah ! Est-ce un reproche fondé
? Sais pas. Ce que je sais : on y fourre des pays où
l’anglais (au Liban) galope désormais, où le français ne
tient que par un fil et bien aristocratique. C’est triste.
Ce Jean Ziegler, un Suisse malcommode
(auteur de « La Suisse lave plus blanc… » a refusé
le « Prix Kadhafi pour le droits de l’Homme ». Il
publie : « Les nouveaux maîtres du monde... »
Il dit : « La seconde guerre mondiale, en
six ans, a tué moins de monde que la situation actuelle via la
mondialisation ». Cybolac ! « L a terre pourrait
nourrir 12 milliards d’êtres humains mais les maîtres de l’économie
refusent de le faire ». Pour sauvegarder leurs profits. Ils
sont, selon Ziegler, des assassins. « Ils (oligarques et
leurs mercenaires) veulent privatiser la planète entière, spécifie-t-il.
Cela écœure.
Je m’imaginais que les Arabes étaient
les seuls importants en matière de pétrole. Or je lis que
c’est le Canada le premier fournisseur de pétrole aux États-Unis.
Ah bon ! Le Vénézuela est le numéro 2 ! Et le Mexique, le no.
3. Vient ensuite l’Arabie Saoudite avec 1,411 millions de bpj.
Les USA ont eu besoin de 9,514 millions de bpj pour seulement le
mois d’août ! Et ça grimpe sans cesse, dit Reuters.
6-
À
Lachute, vieille église en ruines, placardée,
et vente de vitraux (aussi luminaires, vieux bancs, etc.)
par qui ? Par l’Église de Saint-Jérôme ! « Un scandale,
dit Ernest Champagne —le fils de l’architecte de Saint-Julien—
on ne protège que les églises de Montréal ou de Québec.
Injustice ». Claude Turmel
—directeur du Comité d’art sacré du diocèse de Montréal—
déclare : « À Montréal, ces ventes sont
interdites en effet ». Exemple : Le Musée de
beaux-arts va acquérir l’église « Erskine and American »
au coin de la rue Sherbrooke, voisine du MBAM.
Un monsieur Carrière (aux finances « religieuses»
de Saint-Jérôme) avoue qu’il y a eu ventes : « On
ne pouvait faire autrement » ! Coups de pied au cul qui se
perdent encore.
Irresponsabilités totales ?
Je mange mal, qui est le coupable. Je chauffe un gros bazou,
qui est responsable ? Vite, un avocat à 50-50 % si on gagne. Je
me bourre de bonbons variés, qui faut-il poursuivre ? Un
businessman cigarettier, invité à Montréal, vient d’avertir
son monde, ça n’est qu’un début d’avocasseries (industrie
payante pour les gens de toge) ce qui nous arrive avec le tabac… »
Il va y avoir procès sur procès et pour tout ce qui grouille :
les faiseurs de bonbons, de bouffe rapide, de chars pollueurs, etc,
etc. « Méfiez-vous mes bons amis » ! Je réfléchis.
Je viens de terminer le mince tome 2
de ce Alain Rémond dont j’avais tant aimé le premier livre sur
sa jeunesse. Surprise, le voici à Sainte-Agathe-des-Monts (!) ,
à 19 ans, chez les novices des Pères de Sainte-Croix ! Il décrit
nos quatre saisons avec une joie réelle. Ce « Un jeune
homme passait est bien moins émouvant et moins captivant que
l’autre récit. On y relit des choses du premier. Rémond ira à
Rome, en apprenti-curé, puis en Algérie (pour le service
militaire) et enfin, défroque de sa vocation. Le voilà en
« commune» en plein Paris, après mai 1968, vivotant de
petits jobs. C’est bon mais… « Chaque jour est un
adieu » était si bouleversant. Déception donc.
Dehors, coup d’œil à ma fenêtre, la noirceur
s’installe et vite, la neige de ce matin, notre première, a
fondu, en face, sur l’autre rive, l’éclairage aux condos du
Chantecler fait ses faisceaux, on dirait le château de
Chenonceau-des-pauvres ! Traces jaunâtres sur le lac jusqu’à
notre grève. Aile fait mijoter des choses…On ferme, j’ai faim
!
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