le lundi 24 décembre 2001

Samedi soir donc, bonnes pizzas  » au four  » visible chez  » Grand-pa  » à Val David. Les J., nos voisins et commensaux, en verve. J.-P. a le coeur fragile mais il fait encore du ski alpin à 74 ans. Je lui passe  » Le couac  » chaque mois et ce  » canard déchaîné « , made in Québec, semble Le captiver. Il le passe à son fils, P. Un  » vert  » méchant ! Longue jasette sur les allumeuses. De Marilyn Monroe à Lara Fabian. Jadis, la fille trop accorte passait vite pour une guidoune, une folle facile. J.-P. et moi, Aile et P. toutes amusées, nous faisons le tri entre l’agace et la pulpeuse de bon aloi.  » Avoir de la classe  » reste mon modèle féminin. Non sans offrir du sex appeal ! Conversation légère rigolote. Nos souvenirs de jeunesse : les  » clubs de nuit « , ce Ballroom, rue Bleury et Ontario, l’orchestre du parc Belmont, les dancings des plages, adolescent.
Deux p’tits vieux à souvenirs attendris Dans un coin, un chansonnier au micro, sa guitare, avec la belle toune de feu John Lennon :  » merry Christmas and an happy new year  »
J.-P. et moi avions lu Dion, si souvent amusant dans Le Devoir. Son papier, samedi matin, sur la  » non-mémoire  » des histoires comiques, si vrai. J.-P. et moi, tentons de nous souvenir rien d’abord.
Plus tard, je raconte :  » Une fois c’est un type aux toilettes publiques. Un bonhomme entre dans la cabine voisine et dit : SALUT ! L’autre, par bonté, répond : SALUT ! Le voisin :  » Comment ça va ?  » L’autre :  » PAS PIRE, PAS PIRE « . Le voisin :  » QU’EST-CE TU FAIS DE BON ?  » L’autre :  » B’en, comme tu sais, j’suis aux toilettes comme toi « . LE VOISIN :  » Bon, écoute, il y a un cave qui répond à tout ce que je te dis, je te rappellerai.  » FIN.
Rions, c’est l’heure !
Une autre : À la porte d’un club privé, un type lit :  » CLUB PRIVÉ. POUR INTELLECTUELS SEULEMENT « . Il sonne. Le gérant ouvre l’huis :  » Vous avez lu l’affiche, oui ? Êtes-vous un intellectuel ?  »
Le type :  » Faudrait définir le terme d’abord.  »
Le directeur :  » Entrez, entrez !  »
Suffit !
Reçu le mensuel de la Bibliothèque Nationale, section archives. Une page montre une photo de mon père. Petit choc ! Mort il y a 13 ans déjà ! Je m’ennuie de lui. J’ai vendu tous ses papiers de  » céramiste du dimanche « , fort bien coté jusqu’aux USA. Ce père ultramontain fut mon enragement, ado révolté contre la religion d’ici, et puis, son caboulot abandonné, sa gargote fermée, papa se transformait en artiste-naïf, primitif. Ma joie alors de découvrir que ce petit restaurateur, mon père, avait retenu son âme d’artiste pour mieux éclater devenu vieux !
Le vieil  » abbé Pierre  » est nommé  » l’homme le plus admiré « . En France. Je me souviens quand il était venu ici, à l’Oratoire, il avait causé un vrai scandale en osant déclarer dans ce vaste lieu ambitieux :  » Le Christ n’a pas froid dans ses belles églises mais dans chacun des pauvres !  » Il y avait eu une gêne  » hénaurme « , un silence éloquent.
Eh b’en :chocolat (pur à, au moins, 70 %) et la cocaïne :même effets sur le cerveau quasiment ! Daniel Pinard, récemment, laissa entendre la chose. Une drogue ? Le suis-je, moi qui croque si souvent des morceaux de ce chocolat fort en cacao que l’on disait très sain pour la santé ?
Dimanche soir, visionnement d’un enregistrement d’  » À la maison blanche « . Nous estimons beaucoup, Aile et moi, cette série américaine, euh non, états-unienne, bien filmée. Du mouvement sans cesse, justifié, des types, tous intéressants, bien joués, qui fricotent autour du  » bureau ovale « .
Évidemment, des histoires qui se déroulent à la  » centrale  » du plus fort pouvoir politique et économique sur la planète, ça aide à captiver l’intérêt. Tous les adjoints de M. le Président sont d’ineffables queues-de-veau dévoués à la maintenance du pouvoir présidentiel. On ne voudrait pas manquer un seul épisode. Nous voilà  » accrocs  » maintenant. Pourtant l’auteur Aaron Suskind ne simplifie pas les choses. Il installe beaucoup trop d’intrigues,  » plot « ,  » sous-plot « , sous-sous-plot  » ‹pour parler américain, euh.,..état-unien. C’est une erreur, on a du mal souvent à bien comprendre les tenants et les aboutissants des épisodes.
Bon, devrais-je lui envoyer un courriel à ce Suskind ? Et puis m’écoutera-t-il ? Suivra-t-il mes conseils ? Hum . L’équipe, réalisateur, techniciens et acteurs, est supérieure aux textes, ils méritent mieux. J’ai dit !
Hier matin, dimanche, neige tombée nuitamment, premiers exercices de déblayage. Bon pour la santé ! Ce matin, lundi, exercice de dégivrage, glace aux fenêtres de l’auto. C’est l’hiver pour de vrai ? Pourtant, les jours rallongent depuis le 21. Hourra !
Sur ma neuve radiocassettes : Mozart, Verdi, fanfares, marches militaires, Puccini, Ravel, Brel, Gagnon, Ferré, sans culture musicale vraie, je pique partout.
Un roman du jeune Sénécal,  » Aliss « , ‹paraphrase ambiguë et salissante de l’  » Alice au pays des merveilles « ‹ me tombe des mains. C’est grossier, facile, avec les clichés éculés sur une certaine jeunesse déboussolée Mélange des niveaux de langage, argot parisien et joual invraisemblable, pages remplies de dialogue de série-télé-cheap. Vraiment, est-ce la littérature de demain. Sans doute que non. Le besogneux jeune romancier de ce  » Aliss « ‹sang, sperme et fantasy à quatre sous‹ obtenait de bonnes critiques pour ses deux précédents romans dont  » 5150 rue Des Ormes « . Sont-ils mieux fabriqués ? On l’a même comparé à Stephen King ! Pas sûr de poursuivre ma lecture. Sa  » Aliss « , dix-huit ans, décrocheuse de banlieue (Brossard), obsédée sexuel précoce, sent le mâle infantile L’auteur peut-être, puisque l’on dit  » qu’aucun écrit n’est innocent « . Une histoire univoque, racoleur, influencé par quoi ?, de la plate porno industrielle.
Un médecin dans La Presse, se porte à la défense de son collègue (Amir Khadir) démoli par Lysiane Gagnon, j’en ai parlé.
Il rappelle les liens Bush avec Ben Laden. Le Al-Qaeda, Ben Laden créatures états-uniennes au temps des méchants envahisseurs Russes. Vérité encombrante, chère Lysiane ?
Dimanche dans  » La presse « , un petit gars de Bolton se vidait le coeur. Il racontait son horreur désormais de la guignolée, son panier de vivres offert à un camarade de sa classe et puis , à l’école, la honte effrayante du donneur et du receveur, la perte d’un compagnon. Vérité encombrante là-aussi. Terrible réalité. En effet, il faudrait la plus grande des discrétions lors de la remise des  » paniers aux pauvre « .
Paroisse de L’Épiphanie, un curé rare : Raymond Gravel. Sur quatre colonnes (toujours La Presse) il renie Dieu ! Oui. Celui des Bush et Ben Laden. Il publie que Dieu ne savait plus où se cacher durant les Croisades (en sa faveur), durant les bûchers de l’Inquisition, dans l’Allemagne nazi des fours. Gravel ajoute qu’on a bombardé Dieu dans les avions sur les Tours. Il va jusqu’à ajouter que Dieu a en horreur les ayatollahs et les papes ! Ce Gravel se fera-t-il exilé en Suisse comme, jadis, le Frère Untel ? Le curé achève sa diatribe étonnante en nous demandant de libérer Dieu, le dépossédé, à Noël. Eh b’en, on est loin des sermons d’antan, si ennuyeux !
Demain, bouffe de Noël dans la tribu d’Aile, à Saint-François de Laval. La Fernande aux chaudrons, ça devrait être désirable. Le Jacques, frère d’Aile, me racontera de nouveaux savoureux épisodes sur ses  » enfants  » de l’école secondaire où il enseigne.
Pierre, autre frère d’Aile, docteur en physique nucléaire, directeur des études au cégep Saint-Laurent, et ex-général en chef de nos armées de réserve, nous taquinera sur les déplorables effets du laxisme contemporain sur tout le monde.
Prises de bec au menu ! Entre tourtière et dinde farcie, entre canneberges et cornichons, nous allons trinquer à la bonne santé du petit Galiléen, né à Nazareth et qui a changé le monde.

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