Le jeudi 27 décembre 2001

1-
Visionnons hier soir,  » Le suiveur  » (Following), un film de Nolan. Nous avions vu son homme  » tatoué  » avec  » Momentum « , c’était un récit bizarre, celui d’un malade ( perte de sa mémoire d’antan), qui se tatouait sur le corps des fragments de ses souvenirs Cette fois avec  » Le suiveur « , tourné en noir et blanc,
Un aspirant romancier, Bill, suit dans la rue de gens qui lui semblent  » particuliers  » mais, un jour, il suit un type curieux, Cobb. Ce dernier, sa sachant suivi (par le héros du film), le retient, le fascine. Il l’amènera dans un chic restau et lui révèlera qu’il est un brigand professionnel.
Alors tout va basculer. Bill, notre écrivain virtuel, le suivra partout, découvrira un voleur hors du commun. Ce Cobb lui enseignera ses trucs pour s’introduire chez les gens et dérober certains effets précis. Ce  » fantomas « , cet Arsène Lupin, va l’entraîner ‹c’est le coeur du film‹ dans une impasse totale. Le jeune romancier en friche  » en aura pour son argent  » (volé),
comme on dit. Nolan a monté son film minutieusement en nous révélant, souvent par  » flash back « , et  » flash forward  » un machiavélique plan qui enfermera  » le  » romancier dans un cul de sac effarant, une impasse à faire frémir tout auteur en devenir..
Ma chère Aile,  » une horrible première de classe « , apprécie les films complexes ‹du genre  » The conversation  » ou  » Trois jours du Condor « ‹, elle fut servie hier soir avec  » Le suiveur « .
2-
Ce matin, du soleil mais tamisé par un ciel bigarré, gris, bleuté par zones distribuées anarchiquement. Avant d’aller aux journaux et cigarettes, nettoyant les tapis de coco, je remarque des pistes dans la neige un peu partout. Je me demande toujours quels sont ces bestioles qui, nuitamment, fouinent ici et là autour de la maison. Traces autour des cèdres, sous les deux grandes épinettes, sur la boîte aux rebuts. Lièvres, mulots, siffleux (?), chats sauvages. Ours ? On dit qu’il y en a un, rôdeur, vu souvent au Sommet Bleu voisin!
Ou simples chiens et chats errants ?
3-
Ce duo funeste, les Bill et Cobb du  » suiveur « , attendait dans sa boîte du Vidéoclub puisqu’on reluque d’abord ce qu’offre la télé. Jean Lapointe, Brigitte Bardot,  » Cats « , le pape Jean-Paul 2. Merveilleuse zapette frénétique, on pitonne! Lapointe et la Brigitte vite éliminés car le show broadwaiien,  » Cats « , est grouillant, pelisses remuantes frénétiquement, branle-bas des pattes et des queues, des oreilles et des moustaches. Mais trop c’est trop : décors excessifs, costumes aussi, ça écoeure les yeux! C’est le pape polonais qui gagne!
À RDI donc, excellent documentaire sur le parcours de ce Pontife itinérant, 91 voyages autour du monde. Il servait de détonateur, en sa chère Pologne, la victoire de  » Solidarnosc  » faisant s’écrouler bientôt (décembre 1989 et janvier1990) débouler le château soviétique. Je songe à l’ami et voisin J.,-P. J. qui, jamais, jamais, ne regarde la télé, qu’il méprise profondément. Je respecte son chois tout en le grondant fréquemment. Il y a un horaire. Il y a du bon. Rare il est vrai. Mais se priver de cet outil est, il me semble, d’une grande bêtise. À preuve ce récit d’un pape-voyageur étonnant, demandant souvent  » pardon  » ‹à Jérusalem comme à Berlin‹ pour les erreurs, et certaines horreurs, commises par les catholiques de jadis. Un exemple à suivre pour notre haut-clergé récalcitrant, lâche, face aux enfants orphelins  » internés  » en asiles de déments pour ramasser davantage du fric d’Ottawa.
On nous montrait les richesses historiques du Vatican et voir ces célèbres fresques ‹de la chapelle Sixtine‹ fraîchement rénovées surprennent, comme peintes  » hier  » désormais, si claires, si colorées! Nous nous souvenions, Aile et moi, en 1980, avoir vu les  » très  » enfumées,  » très  » noircies murales. C’était alors un  » trésor  » bien peu stimulant visuellement.
4-
Après  » Le suiveur « , film bref, visionnement à la SRC d’une sorte de biographie de Félix Leclerc. Fûmes encore saisi d’admiration pour cet enfant de Grand-Mère devenu une vedette de la chanson en Europe d’abord et puis ici quand le mépris des urbains pour les  » habitants  » cessa, se fractura. Colonialisme : Paris disait  » Vous avez un génie de la chanson chez vous.  »
Alors, là, les nôtres vont l’applaudir. Ils avaient le permis de Paris! Ensuite, leçon apprise, ça va changer.
Félix, en 1968, farouche anti-nationaliste, avait déclaré :  » Si jamais il y a indépendance du Québec, je lutterai pour faire déclarer mon Île d’Orléans,  » territoire international « . À partir de 1970, il deviendra pourtant militant actif de la cause sacrée! L’on chuchotait que sa conversion était le résultat des arguments sermons du brillant beau-frère ‹ » l’espion de la GRC « ‹ Claude Morin, un ministre d’importance chez René Lévesque.
J’écoute en ce moment des chansons de Michel Rivard ‹aussi de Piché‹ et je me souviens du grand succès de  » Beau dommage « , sans que, cette fois, Paris autorise les éloges. Bizarre, Félix est mort à 8 h, le 8 août de 1988! Que de 8! Sa fille ‹d’une deuxième union‹, très présente dans ce bon portait télévisé, dit que  » le chiffre 8 c’est l’infini », un chiffre sans fin, courbure en un seul motif de deux disques.
Anecdote, jeune écolier, époque de tirages fréquents, j’avais décidé de dire toujours  » 8 « ! Je me disais : ce sera mon chiffre chanceux. Et je ne gagnais jamais rien!
5-
 » Journées nettes  » comme dans  » faire le ménage  » des jours.  » Mettre au propre ?  » Nettoyer le bureau encombré. Repartir chaque jour à zéro ? Journées : ou  » journey « , voyage quotidien. Nettes : un  » net « , de tennis, courir les balles, ou le  » net  » du pêcheur et capturer les prises au jour le jour. J’achève de corriger, d’améliorer, le petit livre  » Écrire  » pour V.-L. Beaulieu. Je devrais lui expédier le tout autour du Jour de l’an. Qu’en dira-t-il ? Aile, elle, énervée, son problème du jour ‹Oh Clémence,  » la femme  » éternelle, hein ?‹ devoir trouver un chaudron de fonte émaillée, introuvable dans le voisinage, pour la cuisson de son  » six-pâtes  » promis quand viendront, ici, tous les miens le premier jour de 2002.
Tiens :  » le soleil est parti , il m’a dit de le dire « , comme chantait Donald Lautrec; en effet, je vous le dis :il est parti maintenant ? Où ?  » Il a rendez-vous avec la lune « , je gagerais, monsieur Trenet.

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