Le mercredi 30 janvier 2002

Le mercredi 30 janvier 2002
1-
Lumière pâle, toujours, dans ce ciel mat. Grisaille pour cette fin de janvier. Demain…déjà février, le mois racorni, raccourci ! On verra mars s’amener et puis ce sera « le portique » du si beau printemps québécois, revigorant, si stimulant quand la lumière baissait depuis si longtemps, depuis novembre. Ma hâte !
Ce matin, appel de la radio de CKAC. C’est un certain François Reinhardt à l’appareil. Il est le fils de Roger, avocat de la Grande-Allée d’Ahuntsic (oui, nous avons comme à Québec, une « Grande Allée »). Maître Roger (revu en rencontres « almamater »-iennes) fut un collègue de classe au collège Grasset. Il était si brillant, en tout, un bolé, un Premier-de-classe, raflant les premiers rôles de notre théâtre-amateur. Je fis rire le fiston lui révélant notre jalousie de ce beau brummel frisé, aux allures d’Adonis bien grec et surdoué. Mais, il était petit de taille, ah ! tout de même :justice immanente.
Dans mon feuilleton « La petite patrie » Roger était incarné par l’acteur Jean-Pierre Chartrand, pas bien haut sur pattes, lui aussi. Un soir dans un restau du Vieux, rencontre inopinée, face à face cocasse, mon Roger et Chartrand que j’accompagnais . Amusante rencontre, on peut l’imaginer. Donc le Reinhardt-fils me prévient : « Benoit Dutrisac et Geneviève Saint-Germain vous veulent au micro pour discuter sur « les vieux qu’on jette tôt ». Actualité : de « vieux » ministres du P.Q. viennent de démissionner étant donné qu’ils perdent leur…portefeuille (et c’est bien le cas de le dire !).
Je m’amuse une fois en ondes, rappelant qu’à leur heure de radiodiffusion c’était moi, le vieux, et le vieux Pierre Marcotte qui régnions en ondes avec l’amusante tribune : « La moutarde me monte au nez ». On nous avait…jetés le jour du mariage CJMS-CKAC ! Les ingrats ! ! Je cause sur les « jetés » de Radio-Canada en 1985-1990. Ce vice actuel de « l’âgisme », renie l’expérience, la sagesse aussi.
Mais Dutrisac et moi tombons vite d’accord : ces « sans portefeuille » devaient rester, devenir une sorte sénat utile, rester au fort comme conseillers précieux. Mais non, Chevrette, Brassard et Cie…claquent les portes, humiliés ! Il s’en va l’ex-ministre, il claque la porte, il n’a plus de chauffeur, plus de limousine, fini le sérail du paquet de fonctionnaires l’adulant…C’est navrant. Surtout en un parti dont l’idéal est haut placé : l’indépendance nationale.
Télévision surprenante parfois. Lundi soir, en ville, sans l’horaire, nous zappons au hasard, cherchant quoi dévorer et soudain, paf !, sur PBS, USA, un vieux barde enfoui dans un affreux fauteuil et ce pépère de la série « Masterpiece Theater » annonce un truc fort audacieux : un « Othello » de Skakespeare en une version moderne. Ça se déroule —anticipation— dans un Londres en émeutes, et ce Noir fabuleux, fort et sage à la fois, John (nom de famille : Othello) s’y montre le seul grand capable de rassurer les populations. On imagine la suite.
Oui, il n’y a bien entendu la belle Desdémone, le fidèle traître, Iago. Une dramatique télé hors du commun. Décors actuels pour ce vieux drame du grand Bill ! L’épopée de William se fait bardasser, se fait secouer le cadran, c’est prévu, c’est entendu mais il n’en reste pas moins un spectacle singulier de deux heures, mené tambour battant avec une imagerie surprenante, un découpage haletant. Ah oui, la télé parfois…magnifique. Notre anglais étant ce qu’il est, de grands pans du dialogue nous échappent un peu, les mots en sont vagues, mais la trame de l’intrigue (connue pour « Othello ») est clairement symbolisé. Je refuse que l’on de condamne la télé en bloc. Il y a des oasis, rares, mais féconds en diable !
2-
L’ex-patron qui fit florès aux « alcools et vins du Québec » (SAQ) va débuter le 18 février chez « Loto Québec ». La peur ! On doit attendre de ce M. Frigon, PDG retors, habile, brillant, le même envahissant succès. Peur car, déjà, on trouve 150,000 « joueurs compulsifs dans cet « État-Maffia », le Québec ! Beaucoup de ces « accrochés » sont en attente de traitement car il y a manque d’argent public pour soigner ces malades du jeu ! C’est Claude Bilodeau, responsable pour ces soins, qui l’affirme et qui s’indigne, se lamente. Depuis 1960, le pays a su évoluer dans maints domaines…mais dans ce domaine du vice, il se surpasse. Hélas ! Une réussite louche installant tant de citoyens qui grèvent leur budget, souvent pas bien gros car l’on connaît de terrifiantes statistiques. Plein de gagne-petits, parfois des assistés sociaux, qui rêvent de « s’en sortir » en privant la famille du nécessaire, misant sur ces machins et machines qui ne font que des dépités névrosés qui, sans cesse, retournent aux odieuses manettes du mauvais sort. Un pays tapissé de « one-arm-bandit » !Une infamie funeste, non ?
Un jeune homme sympathique, rencontré hier à la « taverne Magnan », m’invite à co-animer avec lui, un samedi, son émission à CKAC. J’ai spontanément dit « oui, avec plaisir ». En avril seulement lui ais-je spécifié. J’ai décidé de refuser toute invitation durant l’hiver. Je me suis déjà retrouvé sur la route de Rimouski dans une longue plaine, en pleine tempête de neige. Ne plus voir que du blanc dans le vent, partout. Il n’y avait plus ni ciel, ni sol, que du blanc dessus, dessous, sur tous les côtés. Affreux ! Ne pas savoir où est la route…Risquer sa vie alors ! Non, plus jamais. Le jeune de CKAC me dit soudain : « Je vous écoutais parler de ce Ovila dans votre conte de Noël, c’était mon enfance, ce Ville-Jacques-Cartier, encore plutôt bidonville de squatters en 1960.
Nouveau témoignage donc et qui s’ajoute à cette photo-internet expédiée pour me montrer la pauvre bicoque familiale d’un « misérable » hugolien. Je lui donné mon adresse-courriel : claudejasmin@citenet.net et je vais guetter un signal…en avril.
3-
Est-ce que devrais poursuivre, avec avocat, Ginete Herry pour « offense au droit moral » de mon collègue Carlo Goldoni ? Ou bien le petit-fils de son petit-fils de son petit-fils à Goldoni le fera à ma place. Car il est inextinguible le droit d’auteur sur le plan moral. Quand on tripote un texte, qu’on le coupe sans vergogne comme elle fait, qu’on le triture comme elle l’a fait pour « L’honnête fille », spectacle présenté chez Denise-Pelletier. En ce moment, il fait florès, dit-on, le grand bonheur des élèves des écoles. Comme Desgagnés le fait au TNM ces temps-ci avec Shakespeare (Les Folles de Windsor !) ça y va et pas par quatre chemins. Un cirque. Des cabrioles, des gesticulations, du mouvement… l’air du temps. Des images virevoltantes, costumes à « velcro », changeables en un éclair, du décor transformable et le reste ? Claques et fouets, giffles et coups de pied au cul, le diable est aux vaches et le rythme à la belle épouvante. Le texte du mort ? Ah b’en le texte…L’auteur est bel et bien enterré et…muet, non ? On peut y aller rondement ! Je ne sais trop quoi penser : présenter sans succès le texte intégral avec honnêteté intellectuelle… ou bien le trancher comme saucisson, lui enlever le trop plein de phrases, et en avant pour les folies bouffonnes. Écoutez les rire des écoliers !Au moins, les jeunesses vont savoir le nom de l’auteur décédé ! « La gang ? Goldoni c’est mieux que Goldorak, eille !, on était pliés en deux, les gars, allez-y ! »
Ouen !
Ouaille ! Sujet de réflexion : poursuivre ou non, pour atteinte morale à l’œuvre…mmm !
4-
Entendu Henri-Bernard Lévy affirmer face à Durant de « Campus » : « Les fascistes verts ! » Oh ! Écologie et nazisme, même combat ? Je sais qu’il y a tant d’exagérations chez les « verts » fanatisés qu’ils atteignent une sorte de totalitarisme dans les revendications en Europe, une intolérance « annoncée » qui fait frémir…si jamais…ce mouvement grandissait vraiment. . Mais…fascime ? A-t-on vraiment raison : l’intolérance de certains écolos peut faire peur, c’est vrai. On en voit s’associant à l’extrême droite d’un Le Pen en campagnes électorales françaises. Ici ? Pas encore à la mode. Autre sujet de réflexion…
J’enrage encore en lisant ce matin (plume de Nathalie Collard) l’expression désuète et si mensongère : « les deux sollitudes » . Hughe McLennand (!), —l’excité écrivain anglo qui avait sorti sa carabine sur sa galerie des « Cantons de l’est », tout apeuré par la « Crise d’octobre »— était dans les patates en créant cette connerie. Il n’y a pas, mais pas du tout, « deux solitudes » ici. Il y a deux nations, deux langues. Collard vantait les mérites de Peter Gzowski qui vient de passer l’arme à gauche (çâ me rire cette expression) et répétait qu’on n’enbrevenait pas de découvrir que les Québécois ignoraient ce reporter-vedette de la CiBiCi. La belle affaire ! C’est tout à fait normal. Qui, chez les Canadians, connaît nos grands reporters ? Personne. C’est cela deux « nations », pas deux solitudes… de mes deux fesses !
Dans notre pays, plein des nôtres qui lisent The Gazette, Globe and Mail, écoutent la CiBici….ce sont des colonisés. Des cocus contents. Ils souffrent de racisme. D’un racisme inverti. Écoutez-les parler. Cela veut dire que les autres, à ses yeux, sont tous parfaits et les nôtres, tous des crétins et des incapables, le raciste inverti méprise qui il est et qui nous sommes. C’ est un raciste. Inverti. L’intolérance, la xénophobie, haïssables sentiments, le concernent. Son racisme, son intolérance est toute tournée contre les siens. C’et un malade. Gravement.
Ce matin, bang ! Surprise à la radio !!! Un bonhomme d’ici, en anglais, en voyage en Angleterre, déclare que pour aider mieux le réseau français de Radio-Canada (on n’est que 2% en Amérique du nord, donc menacés davantage ), il n’y aurait —tenez-vous bien— qu’ à fermer la CiBiCi.
En effet, les Canadians ignorent Radio-Canada alias Canadian Broadcasting. C’est un fait patent. Ils regardent la télé, écoutent la radsio des amerloques (les cousins riches).
Les Canadians lisent les magazines USA, n’estiment vraiment que les produits made in USA. C’est une sorte de colonie niaise. Seuls quelques intellectuels et écrivains « canadians » subventionnés, estiment le Canada anglais. Ils se méfient, mais trop tard, de l’assimilation —galopante déjà— étatsunienne.
Le gros des populations —avec les émigrants rêveurs d’USA— s’en sacre. Ils sont déjà étatsunien et jusqu’ à l’os. C’est une vérité tue. C’est une réalité incontournable qui choque, qui enrage les profs d’université à Toronto, à Vancouver comme à Halifax. C’est un fait très têtu qu’on le veuille ou non.,
Or CiBici suce les deux tiers de l’argent public (normal quota) pour radio et télé publiques…. Avec, au contraire des Québécois, presque personne à son écoute. En effet, fermons la ruineuse CiBiCi déserte. Ils sont 250 millions au sud ! Fatale attraction ? Oui. Si La France (55 millions) avec ses fabuleuses ressources, si Paris se situait là où est New-York… verrait-on le même phénomène ? Sans doute que oui. On dirait : faut fermer Rdio-Canada personne ou presque regarde !
Si je n’avais pas mon journal J.N., ici, j’enverrais une lettre ouverte là-dessus (« Fermons vite la CiBicI ! »). Au Journal de Montréal, au Devoir, à La Presse —comme on le faisait depuis septembre dernier— on jetterait ma lettre au panier ! J’ai un lectorat, ici, de 200 personnes, me dit l’organisateur de ce site. Je compte sur ces lecteurs rares pour répandre l’idée : « Faut fermer la CiBiCi, ruineuse, inutile, vaine, verser ces fonds gaspillés au vaillant réseau français ! »
5-
Dimanche soir dernier, étonné d’abord d’entendre la fameuse Jeanne Moreau —qui incarne las Duras dans un film récent— affirmant : « Il faut être fou pour écrire. Marguerite Duras l’était. » Faut être fou ? Hum…Ensuite, elle dit : « L’écrivain n’est qu’un dévoreur de tout ce qui l’environne. Duras dévorait tout autour d’elle. » ». Eh b’en ! Elle ajoutera : « C’est un métier de solitude totale, écrire. Nous, les acteurs, on a toujours du monde autour, d’autres acteurs, notre réalisateur, ses assistants, des techniciens qui nous regardent travailler. L’écrivain, lui, est tout seul, Duras était seule. »
Fou et dévoreur et solitaire ? Mais non, Jeanne Moreau, non, il y a une sorte de formidable solidarité —l’ouvrage publié— entre liseurs et auteurs ! Allons, ce n’est pas fou de vouloir écrire, c’est sain, très sain. Dévoreur ?…là, oui, inévitablement puisque rien ne naît de rien. Pourquoi pas observateur au leu de dévoreur ?
Je suis e n train —ayant mis pas loin ce « Parfum de cèdre » de Mac Donald— de lire « Le liseur » qu’Aile a acheté hier chez Renaud-Bray, Avenue du Parc. Que « 9 tomates » chez Folio. Un collégien happé par l’amour très génital (à cet âge),séduit par une belle et vieille (30 ans !) conductrice de « transport en commun » …qui se retrouvera dans un procès —post-guerre de 1945— de gardiennes de camp de concentration…eh oui ! Oh ! Bien mené. Fameux. Je l’achève avec déplaisir, je voudrais que cela dure. J’en reparlerai donc sous peu. J’ai terminé, avant-hier, la biographie de Bernard Landry par Vastel. Ce dernier a une manière abrupte de narrer. Ses liens sont mal tissés. Il n’est pas un littéraire et cela fait que sa rédaction reste…disons, comme en a-plat. En revanche, s’il m’énerve, il me comble par sa recherche solide. Il a bien fait son job de biographe, avec rencontres diverses, —parents, amis, voisins, ex-collégiens, anciens chefs politiques, adversaires même. Terminé, on a une bonne idée du personnage public. Que de luttes souterraines, que de temps passé en caucus, en bagarres, en réunions niaises, —avec la cohorte des malheurs domestiques, familiaux, fils drogué en danger, etc. qui s’ensuit forcément— que de vie gaspillée en manigances politiciennes imbéciles.
Oh les calculs qu’il faut faire pour monter, pour combattre. Pour tenir. Pour réunir. Il y faut une âme de militant paroissial et aussi d’idéaliste entêté. certes…bien souvent, sordides batailles coulissières, perpétuelles, pour émerger sans cesse, se reprendre, s’excuser, réparer les bourdes, consoler les blessés, chasser les comploteurs… que de trivialités stupides. Un métier ingrat, impossible.
On sort de cette lecture de Vastel —qui sait la musique par cœur, y rôdant depuis si longtemps et on est en confiance — partagé : est-ce qu’il faut être un saint ou un imbécile pour accepter ce fatras infâme, ces combines obligatoires, ces longues veillées avec, parfois, de fieffés imbéciles qui ne cherchent qu’ à se donner du lustre. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C’est fascinant et triste à la fois.
Le pouvoir est une corruption totale et il faut arriver à l’obtenir par les plus vils moyens à l’occasion mais s’en sortir comme lavé. Un art difficile, on l’admettra. Comment donc y parvenir ? Par des gestes uniques. Une vue forte. Un but grave .De Gaulle comme Mitterrand, Churchill comme Kennedy, tous, ils firent de sombres magouilles un jour ou l’autre et ils réussirent à émerger en…grands personnages. Quoi ? Ce misérable tas de petits secrets (éventés souvent dans la bio de Vastel) dont parlait Malraux. Sais pas.
Et le livre de Michel Vastel sur la vie de Landry m’a servi d’aide-mémoire des temps récents, cela du RIN de 1960 ou putsch —de Gérald Godin, poète et député— anti-P.-M. Johnson… C’est excitant, on oublie si vite l’histoire qui est en train de se faire. Hier, aujourd’hui, demain.
Allons voir si l’école des jeunes chefs a bien fait se devoirs du jour…J’ai faim.

Le mardi 29 janvier 2002

Le mardi 29 janvier 2002
1-
Je rentre avec Aille au chalet de St. Ad. Faisons un arrêt à l’école des chefs…Que du pain et des gâteaux aujourd’hui ! E ! Aile, pas folle pourtant des sucreries et des desserts s’empare d’un beau gâteau, « oh, un « Brest » me dit-elle, c’est délicieux ! » Hâte d’y goûter tantôt après souper. Ce matin, mardi, Foglia épingle une maîtresse d’école qui ignore l’orthographe. Deux F ? Bon, bon. En auto, tantôt, je dis à Aile, une forte en français : « Orthographe, un f ou deux f? » elle sait plus trop, me dit je vais ouvrir le dico en arrivant. Moi aussi, je ne sais plus et n’ai pas encore paginer (avant de J.N.) mon « tit » Robert.
C’ est pour dire. Des parents offusqués bavassent donc à Foglia : « Notre pauvre trésor… sa maîtresse est une ignare en orthograhe, hon ! » Et lui y va de sa descente en flammes. Je me suis dis : j’ai connu des maîtres d ‘école, très fort en ortho et nuls comme profs. Pas de pédagogie, pas de psychologie, ennuyeux, si ternes, incapasble de tenir la classe, de la rendre vivante, etc. etc.
On me voit venmr : si cette maîtresse « nulle » face au petit bolé élevé par des bolés est peut-être..peut-être une formidable animatrice, une fantastique pédagogue, une simple institutrice qui est bourrée de talent pur enseigner le programme. Hélas, elle n’ouvre pas son dico quand elle note l’élève, commet d’effarantes fautes, à juste titre, les parents savants s’en indignent.
Je pense bien qu’on a pu constater mes faiblesses en ce domaine. Cela date d’il y a très longtemps. On ne se refait pas. Je connais des auteurs très solides en la matière mais qui n’ont aucun don sérieux pour savoir bien raconter une histoire écrite. Rendu en livre, ça ne se verra pas trop, Dieu merci, il y a des correcteurs et des réviseurs pour nettoyer le scorie du manuscrit.
On voit le rapport ?
Moi et la « tite » maîtresse de première année on se ressemble :trop paresseux pour ouvrir le dico et ça n’est pas bien. 2-
Aujourd’hui comme hier, ciel gris. Temps pas trop froid mais…endormant. Cette grisaille m’assomme… mais je suis un héliotrope malade, moi. En ville hier en fin d’après-midi, pour les frisettes d’Aile. Jolie avec sa coupe…moutonnière. J’aime. Cet après-midi, devoir rencontrer des gens, chez ADP-Sogides, dans Pointe-Saint-Charles, au bord du canal Lachine, pour leur vanter mon prochain livre (!) partant pour l’imprimerie. Ce monde de distributeurs est en contact avec les libraires et peuvent collaborer aux « commandes » de strocks. Ils veulent voir « la « bête », s’informer du contenu du prochain livre. J’ai donc jouer volontiers l’homme-sandwich, le commis-voyageur. Mon livre est bon, il est fort , c’est un vrai manifeste, c’est un terrible pamphlet et. Etc. Ils m’écoutent en souriant. Le poète Desroches y est aussi car il voit à la maquette, la typo, etc. des éditons Trois-Pistoles. Il m’a dit qu’il rédigerait en deux tomes de 400 pages la mouture romanesque du téléroman populaire de TVA : « Le retour ».
Il faut bien manger. Il a pas l’air ennuyé mais plutôt amusé de ce travail de commande, « alimentaire » comme on dit. Environnement industriel un peu effrayant sur cette rue Saint-Patrick. Certes des usines se changent en blocs à condos mais…Hum…Il faudra planter beaucoup d ‘arbres. ADP est installé dans l’ex-« Northern Electric Company ». Briques rouges habituelles partout. En croisant la rue Ropery, j’ai salué en pensée la maison natale (je la voyais bien) de ma chère Germaine qui y est née en 1899.
Aile m’accompagnait, ainsi (un rendez-vous à trois) elle a pu déjeuner ave une amie, ex-réalisatrice à la SRC comme elle, Lis.C. Ai commandé des côtes de bœuf levées. Mium ! Mon régal. Lise, des moules, Aile, elle, un rossbiff. Bonne vieille taverne-brasserie « chez Magnan ». Rencontre du Président des Médecins : le doc Lamontagne, connu aux micros de CJMS quand il y jouait le conseiller populaire. Un voisin de table, la cinquantaine, me demande une « dédicace sur nappe ». Je m’exécute. Son compagnon, dans la trentaine, répond « Non ! » quand le premier le questionne : « tu reconnais ce monsieur écrivain, oui ? »
Un vieux serveur me jase un brin. Il aimait tant « La petite parie », me confie-t-il. Quand je lui dis l’avoir déjà vu chez Magnan, il me dit : « Ca fait 35 ans que je mange ici ! » Je le regarde fonctionner, c’est un jeu de mains (et de pieds aussi) impeccable. Virevolte bien faite ! L’expérience d’un métier fait cela.
Quand je reviens chez Magnan après mon numéro de « vendeur » chez ADP, les deux femmes sont plongées dans des cofidences et sur les réalisatrices retraitées et sur les plus jeunes aux prises avec l’effrayante chute du réseau français de la CBC. Tout se fait, là comme ailleurs, par les compagnie privées désormais. Monsieur Gourd, patron là, vient de laisser entendre (Las presse) qu’il est rare que ces producteurs privés mettent l’argent public reçu en aide aux écrans. J’ai sursauté de cette rare franchise chez un « boss » du réseau public ! Qui entérinait ainsi les graves accusations d’une Fabienne Larouche il y a deux ou trois ans. Ce matin, Louise Cousineau publie : « On a bondi. On a téléphoné. M. Gourd ne veut pas commenter. Refuse de nous parler. » Gaston la gaffe ou franc un moment et le regrettant ? Et il joint le vaste, très vaste, club des « mal cités ». Hum !
3-
Dimanche soir : revoir Claude Gauthier chez Suzanne Lévesque à T.Q. Bon spectacle. Revoir des « revenants », chansonniers « décotés », merveilleux pleins d’allant et d’un entrain sincère.
À « Campus », qui succède à « Bouillon de culture » de Pivot, moins d’énervement, plus de calme enfin. Deux romanciers, face à des logues et des philosophes (dont Gluckmann) affirment clairement : « Il n’y a, au fond, que le roman pour bien raconter le réel.
Le Gkuckmann est d’accord et il vient de publier un livre en rapport —« Dostoievsky- Manhattan »— avec la brutalité. kamikazienne du 11 septembre en se reférant à des romanciers : Flaubert, Tchékov et surtout Dostoievsky. Merveilleux d’entendre cela. Stéphane Denis avec son « Sisters » compose un roman de deux soeurs ambitieuses, sosies des deux sœurs connues qui tournèrent autour de la célébrité dont l’épouse de j.-F. Kennedy.
Il dira : « C’est une tragédie grecque parfaite ! » que ces histoires politiques. J’avais pensé cela en lisant sur l’armateur grec célèbre qui fut « l’autre mari » de cette Jacqueline Bouvet. Absolument une tragédie grecque… que je voulais rédiger…et puis un projet chasse l’autre.
Gluckmann, soudain, dit que la CIA a juste le grand tort d’être inculte, de ne pas lire Dostoievsky, d’ainsi ne jamais pouvoir détecter, imaginer, deviner un 11 septembre, de prévoir un Manhattan bombardé. OH ! J’ai songé à ce film « Trois jours du Condor », excellent thriller, où l’on voyait des agents de cette CIA payés pour lire. Oui. Des polars ! Tenter ainsi de découvrir des idées de complots sophistiqués (avec Robert Redford), l’auteur du roman et du scénario accordait ainsi trop de crédit à cette CIA si moqué depuis l’échec effroyable du 11.
On a vu à ce Campus, Philippe Djian, avec son « Ardoise » sous le bras; lui aussi, y alla de sa conviction que tout reste mieux dit, mieux illustré, mieux dénoncé aussi, dans un roman. Eh b’en, mes amis, le romancier, ici, s’en gonfle le torse, on me comprendra.
À propos de ce Djian, impossible pour moi d’oublier une journée d’août 1986 à mon talk show de TQS, « Claude, Albert et les autres » —je débutais vraiment— le Djian m’avait tenue la dragée haute, refusant de dialoguer, boudeur rentré, bougon fermé, distant, froid comme banquise …altier comme un coq de race. Il venait de voir son succès pour « 37 et demi le matin » confirmé par un film à succès fait à partir de son roman. Mauvais souvenir.
À ce « Campus » de dimanche soir, Djian avait gardé son air de pontife sauvage, de grognon embarré comme une huître. On aurait dit le poète et dramaturge Claude Gauvreau quand il boudait la presse, un sosie.
Enfin on parla d’une morte, Duras. L’actrice Moreau la joue dans un film qui sdort à Paris , film fait à partir du livre-confession de son élève-jeunot-soupirant Yann Andréa, celui qui passa de l’admirateur confit en co-locataire à cette belle plage Trouville (visitée avec Aile en 1981)où se terrait la drôle de dame, aussi cinéaste à ses heures, voguant d’échec en échec. Soudain Guillaume Durand, l’animateur sympasthique et habile de « Campus », à bon droit, ose : « Mais pour la sexualité…, le film n’en dit rien, là, il y avait une bizarrerie, non ? » Oh boy ! Malaise en studio , la caméra sait plus où se mettre, le preneur de son doit aller se cacher…Silence compact du questionné, un expert en la dame pourtant.
Pudeur niaise, non ? J’avais lu ce Andréa et en effet, il y avait un verbiage, une baratin para-littéraire qui tentait de cacher la vérité. Jeanne Moreau, elle aussi, se drapa dans un silence louche sur la question légitime, normale. Mon Dieu, pourquoi ce tabou ?
Ah oui, de la télé parfaite pour ceux qui se passionnent de littérature. Exemple : Dominique Noguez qui déclare qu’i y a un silence louche sur l’origine du mal, de la folie génocidaire, l’horrible bombardement sur le Japon, commis par Truman aux USA. Ces bombes atomiques sur des centaines de milliers de civils en 1945. Le Gluckmann répond aussitôt : « Non, faux, Hiroshima n’est la source du mal. Il y avait eu Guernica, vous semblez l’oublier ! » Plouc ! Silence embarrassé du Noguez. Je veux juste dire que ces combats d’intelligences déployées sont excitants et qu’ici on en a jamais, maudite marde ! Cela m’enrage tant !

Le dimanche 27 janvier 2002

Le dimanche 27 janvier 2002
1-
Hier la beauté solaire nordique, ce matin, à « bloody sunday » tout bêtement blanc, pas un seul trou dans le couvercle céleste. Tant pis ! Ayant revu la jeune beauté de Daniel Gadouas dans « Un dimanche… » à ARTV, j’ai eu souvenance amère d’un projet. D’abord dire que j’avais souhaité le jeune Gadouas pour incarner mon « alter ego » de La petite patrie. En suggérant l’acteur au réalisateur, ce dernier refusait net : « On a eu du mal avec lui, récemment, il a fallu le refroidir dans une toilette de studio tant il était barbouillé de drogue ». Ma déception. C’était en 1974. Certes Vincent Bilodeau, choisi par Florent Forget, me fit une réincarnation adolescente bien parfaite.
Plus tard, vers 1979, avec la promesse fallacieuse des dirigeants de la SRC du temps (J.-M. Dugas et J.-C. Rinfret), je songeais à une dramatique que je voulais rédiger et réaliser moi-même sur Rimbaud et Verlaine. Le « boss » Rinfret me disant « Oui, mon Claude, on va te laisser faire une réalisation », je voyais un duo singulier : Jean-Louis Millette en Paul Verlaine envoûté, comme on sait, par son jeune et génial compagnon de rimes et, lui, oui, lui, Daniel Gadouas, en Arthur Rimbaud impétueux, iconoclaste et… fou. Je préparais avec enthousiasme le scénario et…vint la remise « aux calendes grecques » bien connue. Hélas, oui, mon projet « tomba en quenouille » , sombra dans « l’abîme du rêve » (Nelligan) vu le manque de parole du boss. Ma déception encore !
C’est dire comment ce jeune Gadouas, qui avait ce côté, cet aspect, fiévreux et romantique de Daniel Gadouas, son papa, hélas suicidé par défenestration, m’inspirait fort !
2-
On imagine pas comment écrire ainsi un journal sur Internet change un tas de choses. La certitude d’être lu à mesure qu’un ouvrage se fait… effet bizarre, je vous jure ! Rien à voir avec le fait de rédiger un livre dans la solitude, pour un lectorat inconnu, encore à venir. Ça change tout. Je suis excité certes par cette neuve réalité. Une première ! La centaine (ou 200 ?) de lecteurs fidèles fait que je les sens comme au-dessus de mon épaule. J’ai des envies de dialoguer. Je me retiens de ne pas interpeller ces gens qui voient le livre sec faire à mesure. J’en suis comme… gêné. Je dois oublier que l’on pourrait intervenir, m’expédier un courriel pour commenter, à chaud, l’itinéraire « in progress » de ces « Journées nettes ». Je me sens comme en danger. C’est fou.
Quand sera publié en livre ce journal « spécial » est-ce j’aurai biffé, changé, censuré des choses ? Je ne le sais pas encore. Devrais-je couper des éphémérides ayant perdu du sens ? Le manuscrit sera-t-il trop lourd, trop épais ? L’éditeur voudra-t-il tout prendre dans six mois, en fin de juin, pour un bouquin à paraÎtre en septembre (ou octobre) de 2002 ? On verra « dans le temps comme dans le temps » disait Ovila Légaré du « Survenant ».
J’ai très hâte de voir dans les librairies, en avril, ce « Écrire » que je viens de terminer. Avant-hier, Beaulieu l’exige pour sa série, j’ai envoyé à Trois-Pistoles un dessin (Don Quichotte et le Sancho) et une page manuscrite. J’ai mis six ou sept textes lyriques au beau milieu de ce bilan sur le métier (!) d’écrire…qui n’en est pas un, bien entendu comme je le répète dans « Écrire ». C’est aussi une manifeste, un pamphlet par bien des côtés. Il y a que, en dehors du portrait de l’écrivain « raté », j’ai voulu y semer un peu de « littérature » en cours de cette confession très prosaïque, très « factuelle », aux aveux francs. J’en suis si fier, si content.
J’ai mis du temps à répondre à l’invitation de Beaulieu et soudain, bang, ça m’a pris, ça m’ a emporté, je me suis vidé le cœur et je vais encore, me faire un tas d’adversaires !
3-
Aile et moi avons regardé, à la télé, le troisième et dernier tome sur l’écrivain new-yorkais, Norman Mailer, intitulé « le désenchanté ». Mailer en ouverture : « C’est pas comme écrire un livre. Vous voyez, je parle ici pour la télé, ça ne donnera rien d’important. On va regarder, tout de suite après, une autre émission, on va oublier aussitôt tout ce que je dis maintenant » Lucidité valable ! Mailer : « Aimer, c’est quoi ? Suis-je prêt à donner ma vie pour cet autre ? C’est la seule vraie question. Suis-je disposé à mourir pour lui ? » Aile et moi, nous nous regardons, gênés. Mailer qui dit parfois de niaiseries, qui est contradictoire a de ces moments forts ! Revenu de l’action politique, vieilli, Mailer cherche des veines, comme il dit : »L’écrivain est une sorte de mineur et si un filon s’épuise, il cherche ailleurs. » Il crache des sentences définitives sur Johnson, Nixon, sur Reagan, des « crachats » vraiment. Et il n’a pas tort. Il donne un verdict terrible sur la popularité de Ronald Reagan : « Les gens l’aimaient, il était nul mais si gentil, aucune idée solide, du charme (je songeais au charmant Brian Mulroney copain comme cochon avec ce Ronald-duck). La nation ne voulait que cela, « être charmée ». Il a parlé de l’immense bavure des Américains en Somalie, un Vietnam bref, et ce sera, deux jours plus tard pour gommer cela —et aussi le scandale « l’argent sale du trafic des armes » versé aux « Contras » du Nicaragua— l’invasion niaise de la Grenade (1983), une farce, dira Mailer. « Uncle Sam » enfin vengé de ce maudit Vietnam. Les réjouissances candides partout pour avoir pu chasser déménager un millier de pauvres ouvriers cubains « communistes » ! « On a gagné une guerre ! » Une « joke » ricane Norman Mailer. La guerre au Koweït, elle, lavera vraiment dans l’imaginaire américain la honteuse défaite du Vietnam. Un besoin urgent !
Plus tard, Mailer va creuser le filon « condamnés à mort ». Il va publier sur Gilmore…qui sera gracié et qui en sera révolté, qui insistera pour être exécuté comme… on le lui avait promis ! Mailer, interloqué, ira le confesser. Gilmore l’insistant sera exécuté le 17 janvier 1977. Et puis ce sera un autre livre, sur Abbott, autre condamné à mort (Random House, éditeur) sur qui Mailer va écrire combattant sans cesse la barbarie de la peine de mort. Ce dernier, lui aussi, sera gracié. Sortie de son pénitencier. Et puis, l’horreur : Abbott va tuer un homme (poignard) quelques semaine après sa libération ! Mon Mailer sur le cul ! La culpabilité alors. Cela fit couler beaucoup d’encre à l’époque et Mailer dit : « Arès cela, les exécutions capitales montèrent en flèche aux USA ». Ah oui, le « désenchanté ». Surprise d’Aile et moi en l’entendant proclamer : « Il n’y a qu’une vraie mort dans la vie et c’est la mort de l’âme. Des gens meurent avant de mourir. Quand votre âme est morte, c’est déjà la fin ! La mort qui viendra ensuite, ce n’est plus rien. » Chapeau ! C’est tellement vrai ! Il a affirmé que les USA qu’il aime, dit-il, comme on aime sa femme dans un mariage en crise (!), c’est « place à l’exportation de nos produits », point final. Un monde de spéculateurs. Dit aussi qu’il y a trois problèmes graves : les drogues, les Noirs et la pauvreté. Il craint une récession car, dit-il, le sort des Noirs et des pauvres sera effroyable si on revivait les années de la grande Crise de 1929-1939.
Il a dit que, jeune, il a lu Marx, dès 1949, et que cela l’a aidé à comprendre que toute société repose sur une structure et qu’il faut bien la connaître (« le Capital ») si on veut changer les choses. Il est allé en URSS en 1984 et a saisi que, partout, la misère est le lot des petites gens…
Mailer fit une parenthèse sur l’assassin de Kennedy (il a écrit sur lui comme sur Marylin Monroe) qui s’était déjà volontairement exilé au « paradis promis » des travailleurs,
l’URSS, y avait travaillé, avait compris que « l’ouvrier non-spécialisé » est un perdu, un diffamé, un exploité, un no-body, en URSS comme aux USA et que cela avait armé son bras meurtrier. Cer tueur de Dallas voulait se signaler, il refusait d’être un « rien ». Mailer à Moscou découvre le mensonge USA. MOSCOU n’avait rien d’un danger grave, n’était pas un monstre dut tout. L’URSS, déjà, était ruiné, à cause de la guerre aux armements aux USA. « Cette fédération n’ avait pas du tout les moyens de rivaliser avec l’industrie capitaliste de l’armement. C’était un « tiers-monde », pas du tout le Satan que Washington voulait faire accroire aux candides citoyens. De là l’écroulement, l’essoufflement, l’écrasement final en janvier 1990.
En fin d’émission, Mailer répète que l’écrivain cherche à comprendre. Puis à faire comprendre. Ce qu’il croit qu’il a compris, Ne veut que cela : la compréhension, seulement et toujours cela. Bien d’accord. À la toute fin, Mailer crachera sur « l’étiquette » que l’on s’empresse de coller à un auteur. Débat terrifiant ensuite pour la décoller ! Oh oui ! Voir ce « vieil homme et la mer », sur sa plage de Provincetown, au bout du Cap Cod, revenu de tout, amer et serein à la fois, donnait un choc. Je lirai son « Harlot’s gost », démoli férocement par « Time » et Cie, un « nauvrage navrant » a-t-on dit. Curieux de voir ça, un nauvrage littéraire !
Mon ami et voisin, l’anarcho Jodoin, qui refuse de regarder la télé, manque ainsi des émissions captivantes, (signé Richard Copans, ces trois émissions sur Mailer et l’Amérique)le pôvre ami et voisin ! C’est con, je le lui ai dit mais il s’obstine dans sa bouderie.
4-
En ais-je parlé ? Avoir relu l’été de 1994 dans ce « Un été trop court » (Publicor, éditeur ), ce journal intime de quatre mois d’été. Quel plaisir de revivre un temps enfui, recherche de ce temps perdu ! On devrait, tous, rédiger du journal. Aile fort stimulée quand je lui remémorais des faits de cette année lointaine …lointaine ! Il y a quoi, sept ans ?, pourtant que d’oublis.
Sa maman qui sombrait dans la démence d’un âge avancé, les larmes d’aile désespérée en cet été, les pluies diluviennes, incessantes, l’inondation du terrain, la plantation des pins nains. Notre motel, le 218 du Norseman, à Ogunquit, avec de la porte-fenêtre de la chambre, ses crépuscules mirifiques sur la rivière Ogunquit, ses aurores rouges comme sang sur l’océan à nos pieds. Le beau voyage alors ! L’oublie d’une maman, Yvonne, qui coulait dans les pertes de mémoire atroces.
Avons pris trois livres à la biblio du village. Un sur un chef de guerre (anti-soviétique) décédé, Massoud d’Afghanistan, un sur Bernard Landry par Vastel et un tome du journal (Ah ! du journal, me délices !) de ce frère mariste « devenu un réactionnaire fini » publie Martel dans le cahier « Livres » de La Presse ce matin.
Je l’avais lu et l’ai donc pris en vain. Vrai que ce Jean-Paul Desbiens est devenu un frileux, conservateur éhonté, mais il a de la jasette et de l’esprit. Et de la culture. Et j’avais aimé glaner de ses facéties où il s’enrage contre le progrès et la culture actuelle, les us et coutumes d’un monde qu’il craint, qu’il fustige aussi. J’aime bien lire des gens qui sont aux antipodes de mes sentiments et opinions, je trouve cela stimulant. Et puis le célèbre Frère Untel a de vraies bonnes raisons, ici et là, de s’enrager.
Le fameux petit frère mariste, amateur de bon gin, un temps exilé en Suisse par son église très énervée de ses « insolences », fut nommé Grand Pacha, chef édito à La Presse, à la fin des années ’60 et ce sera une aventure curieuse. Durant la Crise d’octobre, il est devenu comme cinglé. Il avait publié : « Il faut fermer le monde ». Aussi : « On est pas des « beus » pour chier en marchant ! » Il fut censuré par les proprios de la « Power Corp. » Vers la fin, il semblait hésiter à condamner les terroristes… il fit rapidement ses valises dans une sorte d’hébétude bizarre. Il fait allusion, ici et là, dans son journal, pétillant par longs passages, à ces vieilles chicanes…. avec tant de monde. Martel est cruel : « un réac fini ? » M ais non, Desbiens est plutôt un nostalgique des années du bon vieux temps catholique québécois, en cela, qui n’est pas nostalgique de sa jeunesse perdue ? Martel ? J’en douterais. Beaucoup.
5-
Hier, samedi, à Télé Québec, encore deux bons films et sans les putains de chiennes de maudites de décervelantes de dégueulasses d’infantilisantes de gnochonnes de criardes de mécréantes d’insupportables de…publicités ! Ouf ! Ça fait du bien.
Deux films de Claude Miller. D’abord « La classe de neige » de Carrère. Un récit haletant, terrifiant, bien mené. Celui d’un garçon dominé par son père incestueux, un malade pathétique, pédophile. Ce père inquiétant a rendu son enfant paranoïaque. Quel bon récit filmique de Miller.
Ensuite, T.Q. offrait, toujours de Miller : « La chambre des sorcières », vu au cinéma, que j’ai pris grand plaisir à revoir. Une histoire en apparence banale :une étudiante (30 ans) —amante d’un homme marié— en anthropologie qui doit se faire hospitaliser pour les nerfs, ses migraines et ses coliques monstrueuses. Anne Brochet ( la jeune fille dans « Cyrano » avec un Depardieu inoubliable) joue fort bien cette chercheuses de signification chez les Africains primitifs et, à l’hôpital, la voilà avec des soignants exilés d’Afrique. C’est subtil et très brillant. Sa science la rejoint en effet. Sorcellerie en chambrée (à trois) ? On voit une poule noire, des singes, des bébés criards, tout vire en un cauchemar qui l’accable. Qui la trend encore plus névrosée. On y voit, voisine de lit, une vieille dame inquiétante comme ce gourou dans le « Juliette des esprits » de Fellini. Cette vieille Éléonore, sorcière de nuit dans la pouponnière, renverse ! Une sorte de folle avec plein de sous-entendus, d’allusions. Vraiment un film bien fait. Cette « Chambre… », je le reverrais encore C’est tout dire. Le neurologue impuissant est brillamment interprété par le québécois doué Yves Jacques.
6-
Hier au souper —­agneau d’Australie, d’Aile aussi, rouge et rose, yum!— ma compagne s’épanche : « à Hull, fillette, j’avais deux bonnes amies fidèles, les petites Rochon, il y a eu déménagement et aucun adieu, rien, pas un geste, pas un mot, pas « d’au revoir». Longtemps après j’y repensais parfois et je ne comprenais pas comment on peut en arriver à se séparer de telles camarades sans un signe, sans rien. Ça me fait quelque chose ces façons de faire de ce temps-là. »
Et c’est si vrai. Les enfants suivaient docilement les parents et il n’y avait, hélas, pas d’espace pour l’expression des sentiments. « Ensuite, il y a comme une petite blessure », dit Aile. « Que sont-elles devenues ? Je ne sais pas. Je n’ai plus rien su d’elles. »
J’ai raconté à CKAC, pour la Saint Valentin de l’an 2001, une coupure de cette sorte. La petite Carrière que j’aimais tant et un matin… les rideaux partis aux fenêtres, leur porte d’entrée entrebâillée, plus personne. Le proprio qui me dit : « Cherche-la plus, attends-la pas, ce matin les Carrière sont déménagés en vitesse et je sais pas où ! »
Soudain, Aile : « Bon, assez jasé et je veux pas voir ça dans ton journal, hein ? » Je n’ai rien promis. Je ne comprends pas, je ne comprendrai jamais pourquoi, si souvent, les gens veulent garder pour eux des choses aussi simples, aussi belles, aussi attendrissantes surtout et qui ne sont pas des secrets personnels. Il va de soi qu’il y a des intimités qui ne se répètent pas mais…là, ce souvenir de petites amies perdues…
À ce propos —coupures d’amitiés et Saint Valentin— si Guy Lachance, réalisateur à CKAC chez Arcand, m’invite encore pour un conte, j’ai le choix : il y a la boiteuse sur son balcon, la jeune juive au bras marqué d’un numéro nazi, ou la jeune beauté sourde et muette en visite au musée naturaliste des Sourds, rue Saint-Laurent. J’avais aussi songé à ce jeune oncle, Fernand P. qui voulait me « matcher » à une petite guidoune du Faubourg à mélasse. Je verrai.
7-
Ça jase partout du procès qui va se faire en grandes pompes pour John Linch, cet étonnant jeune américain caché parmi les terribles talibans « fous de Dieu », d’Allah, pardon ! Divorce, le père, un avocat bourgeois de la Californie, décidant d’assumer son homosexualité ! Et bang ! conversion de John à l’islamisme radical. Exil. La mère, une photographe, venait de se convertir au bouddhisme, elle !
Oubliant la magouille des dirigeants et souteneurs de W. Bush, dans l’empire « Enron », qui se sauvaient avec la caisse avant de déclarer faillite, de ruiner les milliers d’actionnaires ordinaires, ce sera le « show Linch ». Une pertinente diversion, genre « foire O.J. Simpson » et ça arrangera le Président Bush, cette cohue, cette ruée aux écrans de télé.
Ce matin, « La presse » du dimanche, entrevue de ma collègue romancière, Monique Larue. On lit qu’enseigner la littérature française (à Edouard Montpetit ou ailleurs ) quand la jeunesse n’en a que pour les images et le rock anglophone n’a rien d’une sinécure. On l’imagine en effet. On lit aussi à propos de la mort récente du célèbre sociologue Pierre Bourdieu que ce dernier était « un chef de secte » et « dominateur » avec ça ! Eh b’en ! Le captivant Robitaille de Paris en profite pour parler de Jean-Paul Sartre « stalinien pendant 25 ans », de Sollers « maoïste zélé », de Foucault « pro-Komeiny-intégriste », ajoutant en citant Gluckmann, qu’il y a des Socrate :ceux qui questionnent sans enrégimenter et des Platon, se voulant conseiller du prince au pouvoir. Bravo ! Il oppose à un Althusser du genre Platon zélé à un Edgar Morin plutôt, lui, sage socratiste (sic).
La vérité.
J’ai croisé le fameux sociologue en studio dans le temps. En effet, un homme sage, rieur, ne se prenant pas pour un autre, curieux des détails techniques de cette télé d’ici, bavardant volontiers avec le décorateur que j’étais. Edgar Morin rentrait d’un séjour prestigieux, californien, où il avait été bien reçu et avait hâte de revoir Paris après le Mai’68. Robitaille fait aussi des liens perspicaces entre un Bourdieu, en 1995, à 65 ans, jouant l’ouvriérisme vindicatif chez les grévistes du transport et Sartre, vieillard à demi aveugle, en 1969, chez Renault en grève, grimpé sur un tonneau pour ses prédications maoïstes.
Fini ces intellos dominateurs, les guides autoproclamés du populo ? On dit que c’est le temps du scepticisme, du doute. Les nouveaux philosophes (Sartre, énervé d’une relève qu’il n’avait pas couvé, disait d’eux :des agents de la CIA !) sont plus prudents. Bernard-Henri Lévy reste celui qui est tenté par un rôle de gourou du peuple. Le seul peut-être. Norman Mailer, j’y reviens, a fini par dire ayant compris la vanité des « combatifs par l’écriture » : « J’ai compris tard qu’un intello, un écrivain, ne peut guère influencer la vie courante ». C’est le rôle des politiques quand ils osent avoir des politiques et pas seulement des opinions faciles pour joindre la faveur des sondages. Bourdieu a tout de même publié : »Les chiens de garde », une charge anti-médias percutante, un brûlot qu’on dit terrible, que je cherche à me procurer.
8-
Pierre Vennat, ce dimanche, parle de Lemelin qu a fait connaître « sa pente douce », de Beaulieu et son « Trois Pistoles » illustré, de moi et mon cher Villeray-Petite patrie. Il oublie Tremblay qui a su raconter son Plateau des années ’50 et ’60. En effet, un des rôles de la littérature est d’illustrer ses lieux d’origines. Plusieurs le font mais tant d’autres sont comme déracinés, on ne sait trop d’où coulent leurs sources, ils sont même fiers d’être comme sans origines précises —ils viennent de nulle part ! Un choix certes. À mes yeux une bizarrerie et fréquente !
Un jour, quelqu’un m’avait soufflé : si tu avais été, jeune, abandonné, malheureux comme les pierres, enfant triste, délaissé, jamais stimulé, perdu même, tu ne raconterais pas tant ton enfance, ta jeunesse. Je m’étais dit :ouais, vrai sans doute ! Il faut avoir obtenu au moins un peu de bonheur, jeune, pour vouloir tant se souvenir.
Le téléphone sonne : un certain Chapdelaine. Il a étudié à L’École du Meuble lui aussi, devenant ébéniste. Il habitait mon coin, jeune, il vit maintenant à Grande Vallée en Gaspésie et il m’invite à y aller le visiter. Il compose des poèmes, il a « composé » sa maison avec beaucoup de bois d’épave. Un logis en… »drift wood !Il ne lit pas J.N. car il n’a pas encore l’ordinateur, m’explique-t-il. Jasette ad lib. Il a bien connu mon jeune camarade Roland Devault. Un de mes héros impétueux dans « Enfant de Villeray », livre qu’il vient de lire avec, évidemment, beaucoup d’émotion, affirme-t-il, étant du quartier.
Un livre fait cela parfois : une sorte d’union de pensée formidable. Nous raccrochons après vingt minutes. Cela va lui coûter cher…de tant se souvenir !
Un certain Jacques Gélinas avance que la globalisation mènera au totalitarisme. Bigre ! Ça se peut. Tiens : ce chercheur dit aussi que l’argent à blanchir jouit de la complicité de tout le système en place. Jacques Gélinas, haut-fonctionnaire retraité mais resté actif, fonde trois choses : L’État, les grandes compagnies (transnationales) —les deux sont de mèche ces temps-ci face à la globalisation— et enfin, les consommateurs (nous).
Il n’y a plus de… « citoyens » déplore-t-il, pour les États et les entreteneurs géants. Il n’y a que des consommateurs ! Gélinas déclare que les élites sont sans aucune morale, qu’il y a défaitisme, abandon. Les gouvernements se taisent aussi, la peur de l’économie contrôlée par les gigantesques machines commerciales. Il n’a plus confiance qu’en ce mouvement naissant, qui débutait à Seattle, qui a fait son grabuge au Sommet de Québec…et qui continue. Il veut que cela grandisse, il compte sur ce réveil des citoyens, la seule vaste planche de salut.
Enfin, « La presse » parle de « Le liseur » un livre qui obtenait une audience fantastique…Son auteur, un Allemand, assure que jamais l’Allemand ne pourra arracher la page noire du nazisme. Que les jeunes tentent pourtant d’effacer ce souvenir odieux, atroce, dont ils ne sont pas responsables mais qu’il n’y aura jamais, jamais, rien à faire. J’y pense très souvent. En effet, comment charger des Allemands nés… disons en 1980 ou 1990, des méfaits intolérables commis par les grands parents, complices ou témoins muets ?
Quelle chance nous avons, au fond, de n’avoir été que des enfants, les descendants de modestes colons —abusés par les envoyés de la monarchie versaillaise souvent— s’installant en cultivateurs pour la plupart dans les parages du fleuve Saint-Laurent sans déloger ou chasser les indigènes puisqu’ils étaient, pour le plus grand nombre, des nomades, chasseurs et cueilleurs. Nous n’avons jamais participé activement à aucune guerre grave. C’est une chance. Je me demande ce que je serais si j’étais un Allemand. Je les plains. Le nazisme a imposé une tache noire indélébile, pour des siècles à venir, sur ce pays. Les grands musiciens et les philosophes de cette nation, eux-mêmes, en sont éclaboussés. Il faudrait que je lise… « Le liseur ». L’étudiant allemand tombant amoureux d’une employé de tramway plus vieille que lui, analphabète et qui, il va le découvrir, trempa dans le nazisme…Faut que je déniche ce livre. Voilà ce que fait de bons « papiers » du cahier Livres.
Je tiens à terminer cette Journée…nettoyée avec ceci qui est grave : « Le langage pédagogique est l’opposé absolu du littéraire… il ne peut engendrer aucune compétence langagière. » C’est le héros du dernier roman de Monique Larue, je l’ai dit plus haut, prof de littérature dans un cégep qui parle par sa bouche. Ça donne à réfléchir sur tous ces cours de création littéraire, ces ateliers spécialisés, ces séances offertes par des auteurs connus. Dans mon « Écrire » qui va vers un imprimeur bientôt, je fulmine contre ces arnaqueurs, je fustige ces attrapeurs de nigauds. Pour écrire, c’est tout simple, il faut prendre un crayon ou un stylo, et du papier. Ou un clavier. Oubliez les Marc Fisher, Arlette Cousture ou Réjean Tremblay ou Dominique Demers…oubliez ça. Ne gaspillez pas vos sous.

Le samedi 26 janvier 2002

Le samedi 26 janvier 2002
1-
C’était hier soir, vendredi et no aujourd’hui que nous avions des billets pour aller voir « Antarktikos » au théâtre de « la Licorne » un « trou », rue Papineau en face de l’ex-théâtre de Latulippe.
Je me suis senti comme, étant jeune, une sorte d’initié au théâtre marginal. Nous sommes en 2002. Un local de misère. Une centaine de chaises. Atmosphère « bohème » du temps de notre jeunesse (1950). Ces lieux d’un ordre…bancal… Six acteurs tentent de nous faire accroire à six échoués sur une banquise du Pôle Sud. Six gaillards condamnés à mort dans le froid et la nuit. Quelques vagues plates-formes, quelques accessoires, un rideau blanc que l’on éclaire…jour, nuit, aurores boréales, étoiles… pour ciel. Statisme obligé, c’est la nudité des éclopés, des perdus dans le glacial lieu, désespérés, l’arctique et ses dangers de mort.
Un spectacle étonnant. Ils rampent, ils se tortillent, ils s’emmitouflent dans leurs fourrures et guenilles et bottes de misère…ils gèlent, ils crèvent de faim, de soif, ils
agonisent…Tableaux bref, black out fréquent, on rallume, ça ne va jamais mieux. Un texte de David Young —Cuillierier me dit que cela durait quatre heures à la rédaction— qui veut raconter six cro-magnons, six homo sapiens sapiens…de 1912, bataillant pour la survie. Une soirée de théâtre peu commune ! Ce n’était pas plate du tout, D’amour et Bossé se dépensent avec brio. Monty, le metteur en scène, y a mis tout ce qu’on peut mettre pour faire voir la déchéance, le degré zéro d’une existence qui ne tient pis qu’à quelques fils ténus.
Avec nos amis, somme allés d’abord bouffer au « Stromboli » de la rue Mont-Royal, pas loin. Restau pas cher où je me régalai de pasta « fruitti della mare ». Vin rouge. Au bar, je remarquais un jeune homme plein de verve, tendu, éclatant de vie. J’ai songé à nous, jeunes artistes, espérant mer et monde de l’avenir encore très incertain. Je suis toujours ému quand je croise de ces jeunes, filles ou garçons, qui me semblent fiévreux, ouverts. Je me dis chaque fois : « Oh providence des jeunes âmes d’artistes, veillez à ce qu’ ils ne soient pas déçus. Accordez à ces jeunes enthousiastes un peu de succès et le pus tôt possible. Amen ! »
Le matin, vendredi, visite au Stanley Cosgrove d’une petite murale (assez conservatrice) au cégep Saint-Laurent. Verre de punch. Discours d’inauguration. Vidéo amateur où l’on a pu voir Cosgrove, vieux, venu signer sa fresque où l’on voit cinq personnages en toges romaines (!) , symboles de la philo et des sciences, l’ouvrage signé prenait de la plus-value ! Dehors, manifestation agressive des collégiens qui protestent contre les subventions des industriels, proclamant que leur institution, de cette manière, s’inféodait bassement aux capitalistes méchants.
En sortant, des crieurs s’entassent au portique pour faire échouer la cérémonie. Un jeune meneur, 17 ans, beau, écumant, allure d’un Robespierre démonté, crie à tue-tête. Des gardiens s’énervent, se préparent à l’empoigner, à le « vider ». Il s’agite, frénétique, semble au bord de la commotion. L’hystérique s’époumone, ses camarades l’ entourent, on craint la crise fatale. Silence et prudence autour de lui.
Il me regarde, insistant, sortir. Je vais vers lui, lui prend un avant-bras, il ouvre la bouche comme pour me condamner Je lui dis très calmement, le dévisageant avec sérénité : « Jeune homme, on a souvent raison de protester, jeune. Gardez votre faculté de l’indignation. Bon courage. » Il semble calmé net . Ne dit plus rien. Et on s’en va dans le silence nouveau.
Ce matin, dehors, Chemin Bates, l’eau coule dans le caniveau ! Incroyable ! Un 26 janvier ! 45 minutes plus tard, deux œufs au « Petit chaudron » et le Journal de Montréal. Qui ne s’améliore pas. Un visuel de délabrement. Petit torchon imprimé à la va vite, contenant plein de nouvelles fraîches racontées brièvement selon la formule qui a fait le grand succès de ce canard populiste. En après-midi, sous un soleil formidable, notre marche rituelle.
Vendredi matin, devant descendre en ville pour cet « Antarkticos » et m’ennuyant de mon fils et des siens, j’offre de luncher ensemble à Ahuntsic mais : « Ah, impossible, les deux gars sont en congé, papi, et nous montons skier justement dans les Laurentides », me dit Lynn, ma belle bru. Ma déception.
Jeudi soir, à ARTV, vu « Un mois à la campagne », téléthéâtre de Richard Martin. Dyne Mousseau fantastique, hallucinante, comédienne, on l’a oubliée. Ce drame d’Yvan Touirgueniev est moderne par son thème : « Une femme mûre amoureuse d’un jeune de 20 ans, bien joué par Gadouas junior. Je me suis souvenu : à Rosemont, mon lunetier débordé me recommande de revenir plus tard et je traverse la rue pour entrer dans un gargote infâme pour manger un brin. Elle est là, mal vêtue, le teint pâle, les traits défaits, prostrée, marmonnant pour elle-même, dans un coin du restaurant, elle, Dyne Mousseau qui a abandonné son métier pour cause d’éthylisme. Ma gêne, je n’ose aller la saluer, la crainte de l’humilier, de faire voir sa déchéance. J’en avais mal au cœur.
2-
Rima Elkouri, de « La Presse », signe un étrange papier. Elle parle d’un certain Leduc…dont la mère est émigrante et dit : « Il n’est donc pas de souche ! » Pourquoi spécifier cela ? C’est idiot. Une lectrice (Odette Poitras) lu a fait des reproches car Elkouri a publié que le boulevard L’Acadie n’est pas le bon nom pour baptiser un chemin rempli d’usines et d’entrepôts. Sa lectrice, remarquant son patronyme d’« étrangère » (Elkouri), prenant la mouche, lui recommande de mieux étudier notre histoire, que l’Acadie est un nom utile à signaler et blablabla ! Une querelle insipide en somme ! Or, la Rima, née ici, au lieu d’affirmer son intégration, se vante de manger du « tahiné » du « labné », du « shish taouk », initiée par sa grand-mère paternelle syrienne. Son grand-père aurait fui, dite-elle, la guerre des méchants Turcs. Bref, elle entretient une vaine chicane en semblant recommander une affirmation des anciennes racines, ici, les goûts du ghetto. Comme c’est bizarre cette susceptibilité !
Éloges rares de Robert Lévesque, dans « Ici », , pour « Au coeur de la rose » de Perrault au Rideau Vert. Ce texte dont je fis les décors fut monté par Paul Blouin à la télé d’abord, 1958. Pierre-Jean Cuillierier, on en a jasé au « Stromboli » vendredi soir, jouait à « La Boulangerie » de Sabourin (1964 ?), le rôle du marin-survenant au phare. Lévesque, dithyrambique, parle de cette reprise comme de l’un des deux grands évènements théâtrales de ce théâtre de RTUrgeon.

Le jeudi 24 janvier 2002

Le jeudi 24 janvier 2002
1-Ça continue, un hiver tout doux. Je devine que cette absence de neige n’arrange en rien, les industriels du ski. Ici, c’est dans l’air cette ambiance  » commerce et tourisme « . On le sent à des riens, par exemple, les mines maussades des restaurateurs, des hôteliers. Je n’y peux rien, n’étant pas du tout dans ce monde, un tel hiver fait très bien mon affaire à moi. Ce matin, une clarté diffuse tentait de combattre un ciel bourré de blancheur opaque. Qui triomphera ? On verra.
J’ai terminé hier soir, au lit, ce  » Évadé de la nuit  » de Langevin, publié en 1951 qui m’avait comme envoûté à l’époque. J’ai dit ma grande déception. Langevin lui-même serait d’accord. Incroyable monde de noirceur indicible. Au départ, le père meurt, le fils, le héros, Jean, en est comme soulagé L’enfant a été parqué dans un orphelinat….J’ai songé à un roman de Langevin :  » Une chaîne dans le parc « , où l’auteur raconte l’orphelin maudit. Or, nous savions qu’il l’avait été et la lecture de ce captivant livre s’en trouva comme augmenté d’intérêt. Non mais combien sommes-nous à vouloir traquer la vérité au travers les proses qualifiés de  » roman  » ? Normal ? Humain. Comme rien ne se fait de rien et qu’  » aucun écrit n’est innocent « , il est facile de conclure qu’un texte soi-disant inventé doit forcément beaucoup à ce qu’a pu vivre son auteur.  » Évadé de la nuit  » voltige de mort en mort, c’ est l’hécatombe, on y voit sans cesse les méfaits de l’alcool et là-dessus aussi, hélas, l’auteur sait de quoi il jase !
2-
 » Les vieux dehors « , voilà une réalité. Troublante, émouvante confession, là-dessus, d’un ex-ministre dans La Presse de ce matin. Hier soir, à TVA, c’est  » le petit  » bom  » favori d’Aile « , le ministre Chevrette, qui s’en choquait, s’en désolait, face au gros Nonours Paul Arcand. Soudain, étonnement de tous et du questionneur, le Chevrette, en verve de confidences, révèle qu’on lui a offert un demi million de dollars dans deux valises au bureau du parti, rue Saint-Hubert. Paul :  » Vous avez refusé mais n’avez pas alerté la police ?  »  » En effet, il y avait là une tentative de corruption flagrante. Réponse peu crédible de Chevrette et, plus tard, du chef Jean Royer.  » Bof, bah…  » Mon œil ! Là encore, il faut comprendre que ces pratiques sont fréquentes ne surprennent pas (pas du tout !) ces zigues à coulisses variées. Il y a refus. Bravo. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Hum…C’est un manège délicat. Si tu frappe là, il peut y avoir une chaîne…Chaque gang a ses secrets. A ses erreurs. Si l’un accuse, l’autre (qui peut être le corrupteur lui-même)sortira de sacrés squelettes, bien embarrassant, dans de vilains placards.
Alors ? On joue le jeu. Il y a la peur…Le  » Tout finit par se savoir « . Accepter le fric des pégrieux —craignant l’étatisation des vidéos poker qu’une loi de Bourassa défendue part le pieux Ryan— était un risque grave.
Mais…que j’aurais voulu être dans le bureau du petit père Royer à ce moment-là. Des secondes de stupeur ! D’hésitation ? Mais oui, mais oui ! Ce sera  » non, et sacrez-moi votre camp d’icitte « . Point final. Oh que ces vieux routiers des favoritismes divers connaissaient la musique ! Si j’étais riche et oisif je chercherais une loi et j’ attaquerais en justice les Royer et Chevrette pour  » refus de dénoncer malfaiteurs corrupteurs « . Il y a dans la loi :  » Refus d’aider personne en danger « , non ?
Soyez sûrs d’un fait : le gang libéral de John Charette ne bougera pas d’une oreille sur cette affaire.
L’état s’enfoncera dans le style maffia, la loi sera votée. On disait avec une moralité bien dégueulasse  » La pègre y fait tant de sous « …des millions , alors, à nous tout cet argent d’un vice connu. Ce matin un correspondant étale les ravages de Loto-Québec qui offre des cadeaux (oui, oui) à ceux qui sont compulsifs de ses casinos ! À vomir, non ?
Ces permis d’exploiter ces machines maffieuses…que de bons moyens de récompenser les amis des partis politiques. Je me souviens du permis (de vente de billets de loterie) accordé prestement à la veuve de Johnson…Patronage toujours ! Et n’imaginez pas un type louche avec lunettes noires pour le demi million dans deux mallettes, rue Saint-Hubert ? Non, non, un digne membre du barreau, une distinguée avocate qui a fait  » son cours classique  » comme on dit.
Cette affaire du demi-million s’est retrouvée dans toutes les gazettes ce matin sans commentaires graves sur la non-dénonciation. Journalisme d’amateur. Prudence ? Copains comme cochons les gens des journaux et de la politique. Vous le savez bien. Mon Arcand doit jour de son succès en tous cas
3-
À Historia hier : les protestants s’installant en nombre à L’Acadie proche de Saint-Jean-Richelieu. Nos gens y adhérent. Mais dix ans plus tard, 1840, Mgr Bourget, grand zélateur en piété, monte au zénith. La religion va consoler la terrible défaite des Patriotes de 18437-38,  » mes bien chers frères, rien ne sert de se révolter, bonnes et pieuses ouailles laissons régner sans vraie démocratie nos bons maîtres les angla « . Papineau se trompait !  » Les catholicards triompheront et le calme moutonnier s’installera pour une centaine d’années ! Jusqu’en 1960 quoi. Les protestants sont mal vus dès lors. On les invite à  » se convertir  » ? Plusieurs, intimidés, le feront. C’était du joli la tolérance religieuse chez nos chefs catholiques ! J’aime beaucoup ces capsules d’histoire avec Claude Charron, fort instructives.
Vendredi matin, hâte d’aller voir une fresque du fameux Cosgrove, celui qui alla, tout jeune, étudier au Mexique où l’art des murales triomphait avec Diego Rivera, Orozco et Sequeiros). C’est au collège Saint-Laurent où étudiait mon fils, Daniel. On avait recouvert cette  » moderne affreuse bebelle  » dans le temps. Cosgrove, maintenant, est fort coté à la bourse de l’art ! Alors on va monter le trésor ! Le frère d’Aile, Pierre Aile (!) directeur des études à ce cégep, insiste pour que j’assiste au dévoilement nouveau (!) pour que j’aille visiter la chose rénovée ! Je suis curieux.
Avec Carole et son Pierre-Jean dit Spooner, théâtre samedi soir. Une pièce —en reprise— se déroulant au pôle sud, dans la zone glaciaire du sud ! Critique unanime, donc pas de mauvaise surprise ! Les Cuillierier (ouch ! ce nom !) et Aile sont des théâtreux terribles. Moi…prudent…Quand c’est plate au théâtre c’est atroce. Au cinéma vois pouvez vois rabattre sur les paysages, les décors extérieurs, le mouvement quoi…Cela s’endure mieux ! Mon opinion quoi !
4-
Un documentaire —merci zapettte— sur Medhi Ben Barka, assassinée à Paris très mystérieusement, un bon film de Costa Grava l’illustre las cochonnerie sous De Gaulle— cet indépendantiste marocain qui fit de la prison, jeune, deviendra Président d’un Maroc libéré de la France avant l’Algérie. De la bonne télé ! J’aime. Hélas : des pubs là-aussi, merde !
En 1942, le débarquement américain aida aux secousses de la décolonisation, de l’exploitation des puissances d’avant 1939. Roosevelt, disait-on, jetai de l’huile sur ce feu. Quel désintérêt hein ! Ouen ! Il y eut ddes manifs d’abord, des émeutes aussi, des chicanes de clans, c’est inévitable, communistes contre progressistes prudents, royalistes (Paris ramena, de Madagascar, le roi en exil du Maroc) contre républicains, etc.
De la sacrée bonne télé, loin des niaiseries des  » Mamies « , où Lise Payette – qui n’est pas une créatrice, pas une artiste— montre ses idéologies militantes et empêche le naturel des intrigues etc des actrices de se faire valoir. J’en assez regardé pour percevoir une fois de plus que les idées ne font jamais, jamais, jamais, de la bonne dramaturgie, partout, au cinéma, au théâtre ou à la télé. Sauf exceptions géniales.
5-
Aux  » Francs –Tireurs « , T.Q., où, (hélas !) Richard Martineau joue à l’acteur comme un pied, parle mou et efféminé comme le gros comique Parent, offre d’un débat sur le  » bon frança  » entre un auteur, Jean Bienvenue, et mon Gilles Proust. Dialogue de sourds : tout le monde est pour la langue mieux parlée, Proulx qui n’est pas un artiste, ni un créateur,(telle Payette) est incapable de faire la différence en matière de niveaux de langue, il ne comprendra jamais ce que veut dire la musicalité d’un patois, d’un slang. Il est borné là-dessus. Le débat tourna donc à vide. Perte de temps.
Quelle impasse ce  » La famille « , série de télé, un produit raté par SOVIMAGE. Ambiguïtés, longueurs, policiers niais, potaches, coupures futiles d’un lieu l’autre, redites, enchevêtrement des faits, un fouillis d’amateur, une longue connerrie visuelle où une chatte retrouverait jamais ses petits. Ah oui, si j’avais encore colonne ou micro : bedang ! Je fesserais ! J’en ai assez parlé. C’est fini, Dieu merci !
C’est le juge italien Atoli, qui déclarait :  » Si on stoppait l’argent sale ce serait l’effondrement —assurément— mondiale des économies des États ! » Je m’en reviens toujours pas. Ceci explique cela : Les polices qu’on décourage. Les enquêtes avortées, et ce caïd pincé à Toronto dans sa luxueuse villa, enfin mis en prison :  » Il fera le sixième de sa peine. En 2003, il sera remis en liberté ! « , disait le commentateur de  » La famille  » avec sa voix imbuvable, celle des pubs de  » Canadian Tire « .
C’est rare mais le  » Bureau au si beau bureau « , hier, a raté son interview avec l’intellectuel parisien, Atali. Une platitude grave. Des phrases d’ un conformisme assommant ! Bureau a fait  » patate  » complètement avec sa navigation cucul entre nomades riches (ordi-portable, celllulaire et avons ) et nomades pauvres, enfin, nous, les  » nomades entre-deux « , comme moi sans cellulaire, ni portable, ni  » avions-à-air miles points « , nous les  » demi-pauvres  » avec Internet et jeux électroniques, comme disaient les deux larrons qui divaguaient. Ça arrive, le brillant Atali pas inspiré pantoute ! Rien ne cliquait. Perte de temps. Bon, je crois que je vais lire davantage désormais !
6-
J’y reviens : mon Chevrette qui déclare :  » Les compagnies, les entrepreneurs, ils gaspillent leur fric, ça sert à rien les démarcheurs payés, les projets de l’État sont  » normés  » (avec règles à suivre strictes, formulaires, devis visés, soumissions publiques…  » Ah ben ! Oh bin là ! Je ris. Allons, le contact personnel, le bon ami du ministre, le bon petit repas arrosé, la partie de golf, allons ! Mossieu Chevrette parle pour rien dire ! Mensonge : les petits copains, les petits amis, c’est évident, cela favorise les prises de  » contrats « , pas juste les prises de  » contact « . Mensonge vicieux mossieu Chevrette ! Est-il innocent et candide ? Oh non ! je l’ ai vu de près le  » bom chéri d’Aile  » du temps de CJMS : il y a pas plus malin, pas plus ratoureur, c’est un vieux singe et fort intelligent.
Vrai que le Canada est mal connu des grands boursificateurs du monde industriel. Des fameux  » six « . Il est le numéro 7 et on dit que c’est les USA qui forcèrent le gang à l’admettre pour équilibrer les continents. Bon. Cela peut faire, en effet, que les bourses méprisent le dollar de ce petit Canada et fait que le huard soit tombé. Si bas ! J’y crois. C’est une vieille histoire. Malheur aux petits !
Miss Thibault à TVA aux actualités prend souvent une vox traînante, comme lasse, souvent, elle devient…quoi ?… lymphatique. Donnez-lui du Prozac ou autre chose. C’est plate à écouter une présentatrice amorphe…qui somnole…
7-
Je lis ce matin (l’article de l’ex-ministre qu’on a mis à la porte et qui voyait aux sciences) :  » pour le monde du sport (des regardeurs des autres qui, eux, se démènent) il y a 15 journalistes dans un quotidien. Pour le monde des sciences ? Un. Un seul !  » Est-ce assez clair, cochons de pauvres payeurs de nos canards ? On nous méprise.
Fort amusé de découvrir un rapport du Conseiln des arts du Québec : des mots mon vieux, des ternes ma chère…Il y a les  » artistes-boursiers « , aïe ! Il y a les artistes-professionnels « , dites-moi pas ? Quelle belle profession hein ! Il v a eu pour l’année qui s’enfuit :3000 demandeurs de  » B.S, culturel  » et 955 gagnent la bourse, la cagnotte, le gros lot ! Deux sur trois vont se ré-essayer l’an prochain ?
Un tas de chiffres idiots. Et des moyennes. Rien de plus trompeur que cela. Exemple : un groupe de 10 personnes est réuni : 9 vagabonds et un millionnaire. La moyenne dira :  » 100,000 dollars chacun comme revenu !  » C’est cela la stupidité des moyennes !
Enfin, ce Conseil parle de deux groupes : les chercheurs et les créateurs ! Eh b’en… le créateur ne cherche plus ? Le chercheur ne crée rien ? Vraiment, cette soupe de chiffres est un fameux leurre, On parle pas de  » vie des arts  » véritable avec cette sorte de poutine niaise ! Bureaucratie inepte !
Ah la satisfaction de lire mon Foglia ce matin, comme moi, avant lui avec J,N, il fustige éloquemment  » l’État Mafia « , Québec, et ses  » pousse au vice du jeu « . Fameux de faire groupe mais lui il a des centaines de milliers de lecteurs à informer à tenter d’influencer, le chanceux ! Aussi, ainsi, comme je l’ai fait dans mes  » J.N « , il se moque de la PUTAIN de Nelly Arcand et de la TOUTOUNE,…qui, toutes les deux, braillent qu’on ne voit que  » pute et toutoune  » avec leurs écrits, et pas leur grand talent de scripteures !
Léandre Bergeron le frère de feu le  » chic and souel  » Henri-Rédio-Kénadah, n’a rien du chic industriel en petits gâteaux et en pain blanc mou. À Rouyn il fabrique 50 pains (de blé entier) par jour dans sa cuisine ! Oh !. L’État dit :  » ça suffit l’amateur, te faut un vrai local, une organisation technique, des machines  » seurieuse « …etc. L’artisan est un empoisonneur ? C’est ça ? Combien de morts en Abitibi depuis qu’il fonctionne en boulanger naïf ? Danger pour la santé, on va le farmer ! Nos ancêtres en ont pris des risques, non ? Hon ! Des caves ? Avec ces vieux fours à pain  » dououor « , dans le champ ! Frissonnez mortels d’icitte !
Ô bureaucratie maudite… Je connais des fonctionnaires brillants, intelligents, peuvent-ils secouer les confrères cocos un peu, oui ?

Le samedi 23 février2002

Le samedi 23 février2002
1-
« Pourvou qué ça doure… » disait la mère corse et corsée à son petit garçon, devenant célèbre, Napoléon…Ce soleil, quelle belle lumière hivernal ! Marche autour du Rond. Le samedi est toujours plein de visiteurs sur les pistes. Coloris jolis ! Des enfants hauts comme trois pommes dévalent les cotes. Monde nouveau. Jamais de petits enfants jadis à ski. Jamais.
Hier soir, rangée « A » — ainsi tu peux tenter d’enfarger les comédiens…chez Duceppe. Depuis que Aile a divulgué ma demi-surdité à ce théâtre, on nous installe « bien en face » des acteurs. Obligation de tourner sans cesse la tête quand ça se promène de Cour à Jardin. Pas de vision globale ! Eh ! Ce « Après la pluie » de l’Espagnol Sergi Belbel offre de très fameuses répliques. Les moments de colère sont transformés en « joual » avec sacres, jurons, grossièretés d’icitte…et un peu de Paris. Un mélange ! Traduction de Préau (France), retouchée sans doute par Michel Nadeau le metteur en scène (aussi dramaturge à ses heures) , fort efficace en fin de compte.
La trame : une poignée d’employés d une puissante compagnie (affaires sociales, assurances, valeurs mobilières?) grimpent sur le toit de leur immeuble pour…fumer. C’est interdit partout. En une série de tableaux, l’on raconte les ambitions, les querelles, les déceptions et aussi les affaires intimes de ces fumeurs ! Un récit prend forme peu à peu. Hélas cela force à faire des « Noirs » (trop longs souvent) entre chaque bref tableau. Cela tue le rythme. Nadeau aurait mieux fait de créer deux zones de jeu. Au moins. En somme, un spectacle avec des pics. Une sorte de passacaille et à la fin, la réunion des sept ou huit protagonistes formant des unions romantiques. Fin heureuse un peu cavalière ! Certains troupiers, inconnus ici, font voir de l’amateurisme (ils travailent rarement à Québec )mais aussi une sorte d’énergie merveilleuse : Marie-Josée Bastien, Charbonneau, Loraine Côté, Danielle Lépine, Makdissi-Warren.
Pour une fois, pas d’ovation debout (ridicule si souvent) à la fin. Je fus le seul à lancer des « bravos » tant j’avais appércié cette preuve collective de talents (en friche) qui avait fait voir tant d’excellente énergie scénique.
2-
Jeudi soir à RDI, avec Maisonneuve, entretien avec le cinéaste Labrecque qui offre son film sur le RIN et mon Bourgault tribun surdoué et efficace de premières années de lutte pour l’indépendance. Soudain il affirme que René Lévesque était vaniteux, refusant son aide (ce qui est vrai) se voulant seul militant-chef, ne parlant pas une seule fois des autres, pas un mot sur nos Patriotes de 1837, souhaitant même « sans doute » disait Bourgault, que son parti meurt avec lui. Oh !
Le merveilleux « preacher » patriotique de cette époque semble ne pas avoir pardonné le rejet « viscéral » de Lévesque. « Un mystère », dit-il. En effet ! C’est là qu’il a tout de même sorti son explication : « un leader incapable d’en supporter aucun autre dans ses parages ! » Hâte de voir ce « RIN » à la télé, tel que promis. Je fus le premier écrivain à monter sur les hustings de ce RIN en 1961. Aquin y viendra ensuite. Tous les autres ? Trop « chieux » ! Il en allait de risquer « bourses, subventions, voyages payés », n’est-ce pas ? Tant d’autres écrivains : des « fédérats », sauve Roch Carrier; aujourd’hui sauce René-Daniel Dubois. Mon jeune David (né en 1982) sans cesse : « C’est qui ça le gars aux lunettes ? Et le barbu, c’est qui celui-là ? » Il prouvait l’utilité du film documentaire de Labrecque « RIN ».
Vendredi après-midi, réception pour mes lunettes neuves. Sans monture. Que des vitre. Ça pèse un gramme, une aile (!) d’oiseau, une plume ! Je les aime. Fini mon « truck » à monture !
3-
Vu aussi le film document sur nos allophones et autres sortes d’émigrants. L’auteur, Parenteau, un ex-concurrent de « La course autour du monde », chroniqueur (où il lit bien mal, hélas, des textes souvent solides) des samedis matins chez Le Bigot (cet ex-piqueur de « fiole » comparé à Gagliano par l’ex –ministre Libéral déchu Picotte !), aussi « débater » humoristique à « L’aparté », un café d’iconoclastes, a raté son film.
C’est encore du saucisson. L’odieuse mode du « zapping ». La pensée zappée sans cesse ! L’horreur. Jamais d’élaboration. On coupe pour faire vivant, faire faux « souingne », le rythme ce n’est pas du tout cela,
Mais on méprise le public avec cette mode niaise de couper sans arrêt, de mettre en miettes chaque intervention. C’est frustrant. Au bout du compte tout devient charabia, galimatias, embrouillamini. Il n’en reste rien au bout du documentaire. On se dit, avec mépris insensé : « plus de trente secondes et les gens vont partir ailleurs. »
Démagogique écoeuranterie. Il y avait encore bien plus grave, une imposture, une fumisterie. Le mensonge habituel. Tous les invités de son film se débrouillaient fort bien en français. Le beau mensonge. Ainsi, les innoccents disent : pourquoi la méfiance face aux « ethniques », façon Parizeau ? Vous avez bnien vu ? Tous, ils s’intègrent à nous, c’est fantastique non ? »
La réalité est tout autre : la plupart des nouveaux-venus et la masse des anglos d’ ici se foutent du français. Leurs chefs (subventionnés par le fédéral) militent pour rogner, ronger à l’os, abattre un jour la Loi 101. Font appel aux juges de la chère « Supreme Court » . Dans Darcy McGee on a voté à 95 % contre une patrie pour la nation. Pire, dans Côte Saint-Luc, ce sera 100% de vote négatif. Un vote, non pas « ethnique »monsieur Parizeau, mais « raciste ». N’ayons pas peur des mots. Des masses d’ anglos, nés ici, ne parlent pas français ! Racisme !
Le bon-ententisme fallacieux et trompeur des Parenteau (un jeune pourtant et déjà si imposteur !) fait l’affaire (les affaires comme dans good business) ) des bénis-oui-oui en poste qui financent cette sorte de projet-fumiste, les distribuent volontiers, les diffusent avec plaisir.
Quelle honte d’oser tromper le public de cette manière hypocrite. Moi,. Tout le monde, connaît une douzaine d’intelligents nouveaux venus (d’anglos aussi) qui ont su s’intégrer, vous, moi, tout le monde pourrait donc monter un film de cette menteuse façon. Ces tripoteurs zélés des réalités sont des manipulateurs. Monique Simard (en quête de subventions ?) est l’une des deux producteurs de cette farce, elle, une péquiste officiel ! Mon jeune David, jeudi soir, écoutait mes cris de révolte et riait. « Papi, t’es fâché noir là ! » Oui, je l’étais. Il étudie à Concordia et me révèle que j’ai tout à fait raison. Il le sait. Il le voit. Il le constate. Il fréquente chaque jour des tas de jeunes émigrants de diverses nationalités à son université.
Mon épée me démangeait ! Croyez-vous que, disons, La Presse aurait publier ma diatribe ? Non. J’ai mon journal désormais, Dieu merci.
4-
Le bon film. Modeste. Avec l’extraordinaire Anthony Hopkins. Le titre : « Cœurs perdus en Atlantide » ( titre con). Aile ramenait au foyer cette cassette vidéo. Je le reverrais. Un gamin mal aimé, mère frivole, volage, un peu putain, qui diffame le père de son fils, et ce vieux pensionnaire mystérieux, méfiant —joué avec un talent merveilleux par Hopkins. C’est un sage mais au passé obscur, télépathe à ses heures, qui initie le gamin aux choses de la vie, de sa vie…menacée. Qui aime ce garçon comme un père (le père du gamin a été tué). Notre jeune hôte, Dabid, tout satisfait lui aussi par ce film. Ce qui ne l’empêche pas d’aller au frigo sans cesse. Diable, vraiment un ogre à cet âge, un ado !
Ce matin, montant ici, petit déjeuner dit « de l’ogre » au « Petit poucet » de Val David, route 117. Yum ! Yum ! Deux oeufs, bacon (que je donne à Aile ), patates , jambon, délicieuses fèves au lard et leur bon « pain de ménage », de l’excellente confiture aux fraises. Yum ! Je fais cela une fois par mois seulement !
Après la promenade de santé, nos deux chaises à coussins sur la galerie. Lecture des « canards » épais du samedi. Le bonheur ! On se croirait en fin de mars, ma foi du bon yeu !
David a bien rigolé : il devait étudier Pol Morin, ce poète d’antan.
Ayant connu le personnage (décédé en 1964), ne me privant pas de le moquer, lui l’académique poète du « Paon d’émail » et sa canne de luxe, ses guêtres de gentleman (fils de grande famille, il allait au Collège Sainte-Marie à cheval), mon petit-fils se tenait les cotes en m’entendant ridiculiser ce conservateur nostalgique, ce grand épris de la Grèce antique, ce doux fou de mythologie gréco-romaine, cet aristo pondeur de poèmes à l’ancienne jisqu’à la fin des année 1950.
Or, je me secoue et je finis par lui avoier une certaine admoirayion. Cetrs le bonhomme mOrtin était retardé dans son lyrisme classiwue mais il n,En restaitbpas ,oins un valeureux personnage. Alors je vante sa culture à mon David et je lui dis qu’il avait ses mérites. Bref, j’ai craint de faire un portrait injuste et facile de ces bizarres « résistants » de cette époque, de ces malheureux passéistes qui se désolaient tant de nos temps modernes. Après tout, nos jeunes agressifs avant-gardistes n’ont pas tous mis au monde des œuvres si solides !
Comme ils aiment rire, ricaner, se moquer, ces jeunes gens. Nous étions ainsi à cet âge ? Je crois que oui.
5-
Mon grand plaisir. Michel Biron matraque —in « Le Devoir » de ce samedi matin— un livre de Marc Fisher. Biron parle d’un « faiseur de recettes » pour exciter les apprentis auteurs, les aspirants écrivains candides en mal de « formules magiques » pour pondre un best seller. Fisher en a pondu un jadis : « Le millionnaire ». Il n’en est pas revenu et se répand depuis en « cuisinier » expert. Je le matraque aussi dans ce « Écrire » qui va sortir des presses de l’éditeur de Trois-Pistoles bientôt.
Ce même Biron qui me rend si content m’a enragé il y a quelques mois en publiant que Ferron, Thériault et moi, étions des écrivains mineurs. Le quotidien de la rue de Bleury n’avait pas publié ma réplique. L’habitude maintenant…
Hélas, Denise Bombardier comme M.-F. Bazzo gaspillent de l’espace aujourd’hui. Deux chroniques… plates ! Ah si j’avais la chance d’avoir mon petit espace, il me semble que je prendrais un plus grand soin de ne pas ennuyer le lectorat…On dit ça, hein ?
À force de chroniquer…je me souviens du temps de mon bloc-notes quotidien au « Journal de Montréal », je me relisais parfois et je me disais : « ouaille, pas fort ce matin, le bonhomme, faut te fouetter ! »
Bill Clinton est venu jaser Place des Arts :on dit 200,00$ ou 100,000$ pour la causerie. Bigre ! 45 minutes de causette et le fric en gros ! Plus d’un demi-million pour la machine caritative concernée (hôpital je crois). Eh ! Un ancien président des UA, c’est pas Jos Bleau ! Bien chanceux. Entre 100,000$ et 200$ —…le cachet de l’UNEQ pour une jasette d’écrivain québécois dans écoles ou collèges— il y a une sacrée marge, pensez-pas ? Bon, à la prochaine invitation, je demanderai 1000$… non, c’est trop, disons 500$. On verra bien la réaction ! Pauvres de nous
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J’y pense : ce Bouchard qui racontait René Lévesque l’autre matin, pas un mot sur un fait prouvé. C’est le conflit de travail à Radio-Canada qui a mis Lévesque sur la politique. Voyant Ottawa de glace, incapable, pire complètement indifférent face à cette grève du réseau français de la SRC, des francophones « du pays lointain », le Québec, Lévesque éclatait un jour. Il fit un fameux discours anti-Ottawa. Fit un « édito » célèbre à la radio, aux journaux. Il parla « du soleil qui ne brillepas également selon les communautés en cause. « Il déclara que « la grève, au réseau anglais, à Toronto, se serait réglée en deux semaines au maximum ». C’est à ce moment (janvier 1958) que le fameux reporter apolotique et plutôt anti-nationaliste (à cause de Duplessis) se muait en homme politicien, en tribun farouche. Deux mois plus tard, trois ?, il était en campagne avec Lesage pour battre le duplessisme ! Est-ce que ce fait gêne les Bouchard venus de Radio-Canada ?
J’y songe : Aile et David. Elle me dit : »je vois que c’est un garçon sérieux, foncièrement bon, bien élévé, mais quelle candeur et quelle naïveté ! « Je ne sais que dire. Certes, à cet âge…Bon, David plus innocent que d’autres ? Est-ce bon ? Plus entier, plus naïf même ? Ça se peut. Il y a qu’il a un tempérament de « victorieux « . N’est-ce pas le lot commun des ados ? Comment savoir. Ne peux pas comparer vraiment. Cette sorte de sûreté de soi….. Qui engendre des sentences parfois définitives. Je ne cesse pas de le corriger avec chaleur. De lui faire admettre que tout n’est ni tout noir, ni tout blanc. Lourde tâche pour ses parents, pour moi, pour tous…Comment amener ces jeunesses à bien discerner les nuances ? Pas facile. J’ai confiance en lui. Je suis comme lui, trop confiant ? Ça se peut.

Le mardi 22 janvier 2002

Le mardi 22 janvier 2002
1-Marchant vers j et c, le merveilleux temps doux ! Je chantonnais la toune de Léo Ferré — » C’est le printemps « — le long de mon chemin vers mon dépanneur. Le ciel plein de trous bleus. Du Marc-Aurèle Fortin ! Le cher homme, c’est ici, à Sainte-Adèle, hélas, qu’une voiture le frappa sur son vélo (sur la 117, près du site du Petit Chaudron, dit-on. Il refusa de se faire hospitaliser  » le sauvage, le bougon, le génial peintre. Encore hélas! M.-A. F. en gardera des séquelles énormes et il allait payer bientôt pour ce refus de soins.
J’ai montré à ma chère Aile les six ou sept premiers essais de peinture sur…vieille pages de journal. Je tente de conserver des photos, des titres, des pubs même. Je tricote tout autour. Feutres de couleur, gouaches, marqueurs noirs, aquarelle, taches avec éponges etc. Cela me fait du papier comme froissé. J’aime bien. Aile pas trop certaine d’aimer le papier  » ridé « , mais pour mes gribouillis, ça va, il apprécie ma folie graphique. En tous cas que tout cela aile à la poubelle ou non, je m’amuse comme…un enfant à la maternelle.
Katleen (Hélie) est l’adjointe efficace de Victor-le-matamore de Trois-Pistoles. Elle m’expédie, merci ordinateur !, une photo de ce Ludovic belge venu me mitrailler de mille  » clics  » chez moi samedi, en ville. Le choix est fait, je crois. Assis sur le divan de cuir, au salon, je suis en train de lire le cahier  » spectacles  » de La Presse, j’ai mes bésicles sur le nez, et je semble inquisiteur et grave ! Je me laisse faire en cette matière éditoriale. Je suis pas le  » boss « .
Pour le Stanké, ce  » Je vous dis merci « , Cornellier qui m’a fait des éloges dans  » Le devoir « ,a dit que  » la couverture est très vulgaire , laide, une honte  » et que moi, artiste, j’aurais dû protester…  » Or, c’est moi, pour une fois, qui avait proposé cette couverture…avec une photo d’Aile, moi en  » overall  » avec une  » canne  » de peinture et un gros pinceau…Vulgaire ? Non mais… Mon Stanké a bien rigolé, tordu !
2-La Chine devrait acheter ses avions en France. Ou ailleurs, chez nous, tiens !Quelle idée d’acheter USA. Elle a été  » pognée « . Les micros cachés…et le Busch mal pris…La CIA travaille fort ! Elle vient de gaffer gravement ! Encore !
 » Life savers « , ces bonbons que nous aimions tant déjà dans les années 1930, les enfants suceurs vont se fabriquer à Ville Mont-Royal chez Kraft Co. Icitte ! Okay ! Voilà que malgré les millions (62 M. Can, ou 38 M. US.)offerts pour rénover sa vieille usine de Holland (Michigan),  » Life Savers  » préfère produire où l’argent coûte moins cher. Avantages d’être pauvres ! C’est 750 emplois pour stimuler les caries des enfants du monde!
J’enrage encore : Plamondon titre son nouveau spectacle musical :  » Cindy « . Pas  » Cendrillon « . En France, à Nice. Une jeune beauté a été primée et engagée aussitôt par Plamondon dans sa nouvelle  » patente à tableaux « , cette chanteuse participait à une sorte de concours de beauté, et cela se nommait :  » Star Academy  » ! Non mais, ces gnochons de fascinés par les USA, ces colonisés de Français toujours à genoux face à la langue des amerloques… Assez non ?…Que de coups de pied au cul qui se perdent ! Nous, collés sur eux, nous tentons de résister et eux, au lieu de collaborer à nos efforts, à notre résistance, à la défense du français, glissent dans la mode  » mondialiste « , qui est, au fond, une mode étatsunienne ! Traîtres !
3-
J’ai connu ce ministre Baril à CJMS, 1993-1994. Une queue de veau. Collant. Fouineur. Il se sortait de la drogue et se démenait pour collaborer à une maison de désintox qu’il patronnait. Je le trouvais un peu baveux, il avait des allures de…rastaquouère…Je me retiens tant que je peux de juger les gens sur la mine, le masque, la binette quoi. Pas facile. Comme tout le monde, une tête me revient…ou pas. Bon, le Baril en question a réussi à se faufiler dans un parti politique, il est devenu  » indispensable  » et je le crois suractif et dévoué et tout. Le voilà qui embarrasse son ami Bernard Landry avec son copain André Desroches, un démarcheur qui n’a pas froid aux yeux. Ce  » Desroches à Baril  » organisent des  » fêtes  » avec ministres invités et gens de compagnies de marketing, de pub, pour favoriser…le favoritisme. Hum ! Patate chaude !
Au fond, plein de Gagliano partout dans ces réseaux de contacts politiques, un monde que je fuis comme la peste depuis toujours.
On m’a fait des approches dans le temps que j’avais journal et micro. Tant de journalistes glissent vers ce que je nommerais  » l’attachisme-de-presse  » ! Plein des personnages maniganceurs qui tentent d’arracher des faveurs, des contrats. Un mascarade qui dure depuis toujours. C’ est pour cela que j’ai tant ri en voyant les gens des médias jouer les scandalisé Eux-mêmes mangent avec ces politiciens et leurs bons copains dans les  » cafés  » des parlements. Un Pierre Pasco, à CKAC, jadis, les avait vertement dénoncés. Ils savent bien ce qui se passe. L’un de ces zélés en fait trop,se fait prendre, et voilà nos reporters jouant les surpris ! Non mais…
Déclaration de ce dégueulasse de Dutrou (x) belge en prison : La Justice (en Belgique) ne veut pas s’intéresser aux réseaux de pédophilie…  » Aïe! S’i disait vrai? Il sait de quoi il parle le chien ! En fouillant dans son dossier ( à Dutrou (x) , les chefs politiques pourraient avoir découvert des noms de dignitaires parmi ces pédés dégoûtants. À suivre…ou bien à ne pas pouvoir suivre, les gens bien installés sauront peut-être enterrer et Dutrou (x) et les réseaux affreux où martinent des gens respectables, très respectables !
4-
La Lysiane ce matin : quatre motifs pour ces gens instruits, riches, bien établis, qui vont en politique malgré une baisse de revenus. a) pour leur  » égo  » vaniteux, b) par besoin de changer d’existence, lassitude quoi, c) pour des idées, d) pour  » servir « .
Par deux fois —aspirant-échevin dans Ahuntsic avec le FRAP en octobre 1970, et aspirant-député dans Outremont avec le P.Q. en novembre 1994— j’ai voulu  » servir « . Je me disais que, chanceux dans la vie, je devais remettre cela aux gens. À ma modeste façon. Deux échecs dont je jase dans ce  » Écrire  » que je viens de confier aux éditions Trois-Pistoles.
Après le lunch, —un reste de pâtes réchauffées, j’aime— promenade de santé autour du lac sous un soleil radieux. Aucune rencontre une fois de plus. Plus personne ne marche ? Nous sommes allés dans le sous-sol de l’église pour vérifier le travail récent des  » cadastreurs  » du  » gov’ern’ment « . Aile tenait à voir, de visu, si son terrain avait été arpenté et mesuré de la bonne manière. Eh oui ! Rien n’est changé. Une farce ce gros ouvrage de vérification ? Allons ! On fait cela pour ramener les constructeurs autodidactes (!) aux chalets ou maisons construites sans permis vers les bureaux des taxes…municipales ! Je le crois fermement. Un voisin dans la queue à qui je fais mes confidences de néo-anarchiste opine du bonnet et rigole fort. On est du même clan ?
Je lis  » Le coffre de cèdre « , de madame Mac Donald, un fort succès de librairie. C’est amateur. Ouvrage d’écrivain du dimanche. Dialogues faux. Intrigues mal tricotées, pas d’économie scripturaire habile, punch soudain, accident imprévu, changement étonnant…peu importe…on tourne les pages. Ce long récit, une sorte de saga, se lit avec le sentiment que l’auteure raconte la vraie histoire de sa famille au bout du Cap Breton. Ça sonne vrai ! Aussi je poursuis ma lecture et je comprends bien son succès. Mal fait , mal écrit , peu importe, les événements narrés semblent tout droit sortis de l’album de famille de MacDonald. C’est ce qui comte maintenant : l’autofiction. Comme J.N. ? Comme la vérité.

Le mardi 22 janvier 2002

Le mardi 22 janvier 2002
1-Marchant vers j et c, le merveilleux temps doux ! Je chantonnais la toune de Léo Ferré — » C’est le printemps « — le long de mon chemin vers mon dépanneur. Le ciel plein de trous bleus. Du Marc-Aurèle Fortin! Le cher homme, c’est ici, à Sainte-Adèle, hélas, qu’une voiture le frappa sur son vélo (sur la 117, près du site du Petit Chaudron, dit-on. Il refusa de se faire hospitaliser  » le sauvage, le bougon, le génial peintre. Encore hélas! M.-A. F. en gardera des séquelles énormes et il allait payer bientôt pour ce refus de soins.
J’ai montré à ma chère Aile les six ou sept premiers essais de peinture sur…vieille pages de journal. Je tente de conserver des photos, des titres, des pubs même. Je tricote tout autour. Feutres de couleur, gouaches, marqueurs noirs, aquarelle, taches avec éponges etc. Cela me fait du papier comme froissé. J’aime bien. Aile pas trop certaine d’aimer le papier  » ridé « , mais pour mes gribouillis, ça va, il apprécie ma folie graphique. En tous cas que tout cela aile à la poubelle ou non, je m’amuse comme…un enfant à la maternelle.
Katleen (Hélie) est l’adjointe efficace de Victor-le-matamore de Trois-Pistoles. Elle m’expédie, merci ordinateur !, une photo de ce Ludovic belge venu me mitrailler de mille  » clics  » chez moi samedi, en ville. Le choix est fait, je crois. Assis sur le divan de cuir, au salon, je suis en train de lire le cahier  » spectacles  » de La Presse, j’ai mes bésicles sur le nez, et je semble inquisiteur et grave ! Je me laisse faire en cette matière éditoriale. Je suis pas le  » boss « .
Pour le Stanké, ce  » Je vous dis merci « , Cornellier qui m’a fait des éloges dans  » Le devoir « ,a dit que  » la couverture est très vulgaire , laide, une honte  » et que moi, artiste, j’aurais dû protester…  » Or, c’est moi, pour une fois, qui avait proposé cette couverture…avec une photo d’Aile, moi en  » overall  » avec une  » canne  » de peinture et un gros pinceau…Vulgaire ? Non mais… Mon Stanké a bien rigolé, tordu !
2-La Chine devrait acheter ses avions en France. Ou ailleurs, chez nous, tiens !Quelle idée d’acheter USA. Elle a été  » pognée « . Les micros cachés…et le Busch mal pris…La CIA travaille fort ! Elle vient de gaffer gravement ! Encore !
 » Life savers « , ces bonbons que nous aimions tant déjà dans les années 1930, les enfants suceurs vont se fabriquer à Ville Mont-Royal chez Kraft Co. Icitte ! Okay ! Voilà que malgré les millions (62 M. Can, ou 38 M. US.)offerts pour rénover sa vieille usine de Holland (Michigan),  » Life Savers  » préfère produire où l’argent coûte moins cher. Avantages d’être pauvres ! C’est 750 emplois pour stimuler les caries des enfants du monde!
J’enrage encore : Plamondon titre son nouveau spectacle musical :  » Cindy « . Pas  » Cendrillon « . En France, à Nice. Une jeune beauté a été primée et engagée aussitôt par Plamondon dans sa nouvelle  » patente à tableaux « , cette chanteuse participait à une sorte de concours de beauté, et cela se nommait :  » Star Academy  » ! Non mais, ces gnochons de fascinés par les USA, ces colonisés de Français toujours à genoux face à la langue des amerloques… Assez non ?…Que de coups de pied au cul qui se perdent ! Nous, collés sur eux, nous tentons de résister et eux, au lieu de collaborer à nos efforts, à notre résistance, à la défense du français, glissent dans la mode  » mondialiste « , qui est, au fond, une mode étatsunienne ! Traîtres !
3-
J’ai connu ce ministre Baril à CJMS, 1993-1994. Une queue de veau. Collant. Fouineur. Il se sortait de la drogue et se démenait pour collaborer à une maison de désintox qu’il patronnait. Je le trouvais un peu baveux, il avait des allures de…rastaquouère…Je me retiens tant que je peux de juger les gens sur la mine, le masque, la binette quoi. Pas facile. Comme tout le monde, une tête me revient…ou pas. Bon, le Baril en question a réussi à se faufiler dans un parti politique, il est devenu  » indispensable  » et je le crois suractif et dévoué et tout. Le voilà qui embarrasse son ami Bernard Landry avec son copain André Desroches, un démarcheur qui n’a pas froid aux yeux. Ce  » Desroches à Baril  » organisent des  » fêtes  » avec ministres invités et gens de compagnies de marketing, de pub, pour favoriser…le favoritisme. Hum ! Patate chaude !
Au fond, plein de Gagliano partout dans ces réseaux de contacts politiques, un monde que je fuis comme la peste depuis toujours.
On m’a fait des approches dans le temps que j’avais journal et micro. Tant de journalistes glissent vers ce que je nommerais  » l’attachisme-de-presse  » ! Plein des personnages maniganceurs qui tentent d’arracher des faveurs, des contrats. Un mascarade qui dure depuis toujours. C’ est pour cela que j’ai tant ri en voyant les gens des médias jouer les scandalisé Eux-mêmes mangent avec ces politiciens et leurs bons copains dans les  » cafés  » des parlements. Un Pierre Pasco, à CKAC, jadis, les avait vertement dénoncés. Ils savent bien ce qui se passe. L’un de ces zélés en fait trop,se fait prendre, et voilà nos reporters jouant les surpris ! Non mais…
Déclaration de ce dégueulasse de Dutrou (x) belge en prison : La Justice (en Belgique) ne veut pas s’intéresser aux réseaux de pédophilie…  » Aïe! S’i disait vrai? Il sait de quoi il parle le chien ! En fouillant dans son dossier ( à Dutrou (x) , les chefs politiques pourraient avoir découvert des noms de dignitaires parmi ces pédés dégoûtants. À suivre…ou bien à ne pas pouvoir suivre, les gens bien installés sauront peut-être enterrer et Dutrou (x) et les réseaux affreux où martinent des gens respectables, très respectables !
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La Lysiane ce matin : quatre motifs pour ces gens instruits, riches, bien établis, qui vont en politique malgré une baisse de revenus. a) pour leur  » égo  » vaniteux, b) par besoin de changer d’existence, lassitude quoi, c) pour des idées, d) pour  » servir « .
Par deux fois —aspirant-échevin dans Ahuntsic avec le FRAP en octobre 1970, et aspirant-député dans Outremont avec le P.Q. en novembre 1994— j’ai voulu  » servir « . Je me disais que, chanceux dans la vie, je devais remettre cela aux gens. À ma modeste façon. Deux échecs dont je jase dans ce  » Écrire  » que je viens de confier aux éditions Trois-Pistoles.
Après le lunch, —un reste de pâtes réchauffées, j’aime— promenade de santé autour du lac sous un soleil radieux. Aucune rencontre une fois de plus. Plus personne ne marche ? Nous sommes allés dans le sous-sol de l’église pour vérifier le travail récent des  » cadastreurs  » du  » gov’ern’ment « . Aile tenait à voir, de visu, si son terrain avait été arpenté et mesuré de la bonne manière. Eh oui ! Rien n’est changé. Une farce ce gros ouvrage de vérification ? Allons ! On fait cela pour ramener les constructeurs autodidactes (!) aux chalets ou maisons construites sans permis vers les bureaux des taxes…municipales ! Je le crois fermement. Un voisin dans la queue à qui je fais mes confidences de néo-anarchiste opine du bonnet et rigole fort. On est du même clan ?
Je lis  » Le coffre de cèdre « , de madame Mac Donald, un fort succès de librairie. C’est amateur. Ouvrage d’écrivain du dimanche. Dialogues faux. Intrigues mal tricotées, pas d’économie scripturaire habile, punch soudain, accident imprévu, changement étonnant…peu importe…on tourne les pages. Ce long récit, une sorte de saga, se lit avec le sentiment que l’auteure raconte la vraie histoire de sa famille au bout du Cap Breton. Ça sonne vrai ! Aussi je poursuis ma lecture et je comprends bien son succès. Mal fait , mal écrit , peu importe, les événements narrés semblent tout droit sortis de l’album de famille de MacDonald. C’est ce qui comte maintenant : l’autofiction. Comme J.N. ? Comme la vérité.

Le lundi 21 janvier 2002

Le lundi 21 janvier 2002
1-Encore de la neige aujourd’hui. Ma foi, petite bordée après petite bordée, nous retrouverons l’hiver qu’on dit normal, Il fait doux encore. Ce que je déteste de cette saison, c’est bien ses froids polaires Or, cette année, ça va bien. Hier, dimanche, même hiver en douceur. Youpi ! Ce matin chez Bazzo, un gars qui  » fait du nord  » (comme il dit), un peu sociologue, ethnologue, linguiste aussi, ce Hamelin semble aimer à mort le  » nord moyen  » et surtout le  » grand nord.  » Il expliquait que le nord supérieur, arctique quoi, le Québec n’en a pas le diable. Il disait aussi que pour les Cris, Montagnais, Innuits aussi, Montréal et même Québec, c’est vraiment  » le sud « , le grand sud ! Voilà ce Hamelin qui raconte  » que le soleil, au Québec enneigé, est un soleil autrement plus revigorant, vivifiant que…dans les Antilles  » ! Pourquoi ?  » À cause, disait-il de la réflexion, et aussi de notre neige en cristaux par ici, qui nous rend une lumière multipliée.  » On devrait dire  » aller à la chaleur  » quand on va aux Antilles et non pas  » aller au soleil, c’est nous qui avons le meilleur soleil.  » Eh b’en !
2J’aime bien regarder  » Découvertes  » à la télé du dimanche. On s’y instruit parfois même s’il s’agit de  » dumping  » Hier, dumping de la BBC, Londres. Un instructif reportage sur la maladie de Parkinson. Avec une étude pour savoir si l’ECTASY, (ou extasy) drogue illégale, ne serait pas un remède efficace pour ces malades graves. En tous cas une partie contenue dans cet élixir pour bougalous frénétiques ! Diable, découvrira-t-on du bon dans l’héroïne, dans la cocane un jour ! On verra bien.
Au téléphone hier Gabriel, le benjamin de Marc et de ma fille :  » Papi,on va donner deux concerts à la Pace des arts, je te réserve des billets ?  » Je dis toujours  » oui « . Gabriel, étudie à Maria Assumpta (!) et, activité parascolaire, joue (bien) de la trompette et j’aime cet instrument, il sonne clair, il…vivifie, il est modeste, n’a pas la subtilité du violon par exemple. C’est du souffle…humain, transformé en sons mélodieux. Jeune, j’écoutais le fameux Harry James sur un  » record  » Victoria, étiquette rouge, et je mimais le trompettiste. Déjà cette clarté sonore m’excitait. L’an dernier à un semblable concert de petits orchestres d’écoliers, c’était Edgar Fruitier, surprenant, qui jouait le M.C. et habilement, humoristique et connaisseur, avec un grain de condescendance. Un brin de…. générosité. Ce sont des amateurs qui, parfois, réussissent fort bien à rendre une pièce.
À la télé, hier, zapette active, je pige des bribes de la série sur les Croisades. Ces expéditions punitives dégeulasses au fond. Le pape Urbain no. 2 partait ce bal étrange, de Clermont, en France. Et puis ce sera la quatrième… la plus absurde, la plus sotte de toutes, animé par le pape Léon X, et surtout commanditée par ce Doge de Venise (Dandolo) qui voulait régler de comtes personnels avec les Turcs. Affreuse tuerie ! Épisode désolant dans l’histoire catholique. Une honte terrible ! Ce pape, un peu plus tard, condamnait le moine Martin Luther pour son  » manifeste  » anti-indulgences, pur oser qualifier le pape d’Antichrist ! Excommunié à Worms, procès historique, Luther ira se cacher un an mais débutera la Réforme qui amènera la contre-réforme (aveu de culpabilité du Vatican au fond), et les guerres entre les deux factions —sorte de guerres civiles quand des chrétiens s’entretuent— odieux carnages au nom de Jésus qui va durer 100 ans ! Étonnant d’apprendre qu’au début de la Renaissance, les bases du savoir, gréco-romain, ayant été protégées, conservées, par…oui, les  » méchants  » musulmans. En Espagne . Ainsi, quand le monde chrétien s’éveillera enfin aux sciences antiques, les Maures purent fournir ce qui avait été détruit en Grèce. J’ignorais cela !
Zapette donc et, comme en même temps, vues imprenables sur la propagande loufoque des nazis en 1943-1944 alors que le hitlériens savaient qu’ils perdraient tôt ou tard. Un chapitre terrifiant là aussi. Le Canal Historia a pu louer des archives fascinantes. Ainsi, tous ces canaux  » hors-grand-commerce « , m’apportent ainsi des images estimables.
3
Je suis abonné à  » Le couac « , un mensuel qui se veut de la même farine que  » Le canard  » de Paris. Certes, parfois, il est lassant de constater une sorte de négativisme militant qui s’attaque sans cesse à tout ce qu bouge chez les politiciens actuels. Ici et là quelque articles bien étoffés. Un ton évidemment qu’on ne trouve pas dans les quotidiens ordinaires. J’aime bien cette sorte de culot, d’effronterie. Mon fond…néo-anarchiste?
Aile aime bien les galas, les cérémonies de remises de prix. Hier, les Golden Globes. On y a vu, bien entendu, les vedettes états-uniennes. Par grappes même ! Et l’acteur Crowe, ( » A beautiful mind « ) qui incarne si bien le Prix Nobel Nash, malade mental, a triomphé dans sa catégorie. Bien jugé. Enregistrement du reste du gala et nous allons à ce  » Campus  » de TV-5. Encore le fourre-tout, le ton empressé, les chroniques qui volent , les entrevues rapides. Essoufflant à suivre. C’est plus difficile à suivre que  » Le retour  » ou  » La vie, la vie « …rien à voir avec  » Cré Basile  » ! Chaque fois, j’en sors énervé et épuisé.
Nous constatons une fois encore comment les Français aiment ergoter, supputer, jouer le devins, les  » gérants d’estrade  » face aux actualité politiques là-bas. Oh la la! Un livre est publié et un autre, même sujet, surgit aussitôt chez les libraires. Un des invités de Durand est Pas cal Sevran,  » cette face à claques  » que je pouvais pas piffer à sa série  » La chance aux chansons « . Sa complaisance était imbuvable. Avec  » On dirait qu’il va neiger « , nous apprenons qu’il tient son journal (le vilain copieur !) et qu’il vient d’en publier de larges tranches. Sevran me devient aussitôt plus sympathique , j’ aime tant les diaristes, le journal intime. Il dit qu’il tente de faire aimer son compagnon de vie, Thierry :  » Oui, c’est vrai, je l’aime tant ce jeune homme, je veux que tous les lecteurs l’aiment aussi !  » Bien. Bon. Beau programme pour moi. Je vais mieux tenter de vous faire aimer mon Aile. Je le lui dis et  » Aille!, SVP, oublie ça. Tache d’éviter de m’y mettre, je t’en prie. Les gens se fichent bien du conjoint, de la conjointe.  » Eh misère ! Chez  » Campus  » il y a un ex-ministre de l’éducation, destitué par son ami Jospin, ce Claude Allègre, laid comme un pou, publie que Jospin est  » broyé  » par las politique. Éclats en studio Allègre soudain :  » Quoi, vous, cher animateur, quand vous étiez À Canal-Plus, vous avez été broyé aussi, et avez publié un livre sur vos déboires  » Silence éloquent de l’animateur !
Combat de gueules alertes que ce genre de…  » show « . Cela me fascine toujours. Ici, c’est , le plus souvent, révérences, déférence, mensonge, politesses, retenue et savoir-vivre et…
l’ennuie !
4-
Ce matin, je vais à J et C comme chaque matin et aussi m’acheter de la gouache pour mes essais graphiques nouveaux. Il y a pas de  » rouge « , bon,  » on en fera venir « . À la pharmacie, achat d’une potion pour les oreilles car cette sorte de prothèse fait naître des …bobos ! Trouve pas ! Me faut des timbres à un cent…car le prix vient de grimper ! Il y en a pas ! Ça va pas bien ce matin ! Au café, je renverse de mon cher bon jus ! Non mais… La journée s’annonçait mal ! Je descend à la cave-atelier du nouveau  » beurreur « …et , maladroit, je taches sur mon chandail ! Dos-je revêtir une salopette comme celle de ma photo sur la couverture de mon  » Je vous dis merci  » ? J’aime pas trop.
5-
J’ai vu l’intéressant film de Wong Kar-Wai, en cassette-vidéo :  » Les silences du désir « . Un homme cocu et une femme trompée finissent, tout doucement, par se comprendre et par se consoler des infidèles. L’amour unit les deux rejetés C’est bien fait et j’aime toujours voir un petit bout de la Chine actuelle. De là à y accoler 4 étoiles et demi… Madame Sarfati est ou bien fort généreuse ou bien  » folle des chinoiseries « . C’est un film modeste qui se regarde bien chez soi, à la télé. Rien de plus.
Radio à l’ atelier du  » beurreur « , CKAC. Le psy Mailloux, toujours truculent et assez toto plus souent qu’à son tour, se démène. La question du jour : la pédophilie, les pédérastes sur les sites Internet. Le Web en serait rempli !Plein de bonnes gens qui veulent savoir. On les instruit pas mal. On tourne les coins ronds. Un policier vient au micro. Pénible et délicat. Pas le droit de jouer le jeu du pédé…ce serait hors la loi. Il y aurait 500 sites ! Diable ! Il s’agirait de  » fichiers cachés  » (?), d’un site-mère
(père !) à Moscou ! La police cherche les mots de passe de ces pervers. Il est dit, répété, que ces pathétiques amateurs
d’imberbes s’installent dans les écoles ou autour, les centres récréatifs, les arénas. Ils cherchent à se faire employer comme coach, instructeur de toutes sortes, conducteurs d’autobus scolaires, gardiens d’enfants, de maternelles etc. Bref là où il y a des enfants à initier sexuellement. L’horreur ! Des enfants en cliquant  » barbie  » ou  » pokémon  » ou  » chats, chiens « … risquent de tomber sur l’imagerie décadente de ces grands malades. Quelle tristesse ! Pauvre progrès, pauvre Web, pauvre toile si utile cette invention pour répandre du savoir partout… Il s’agit, non, d’un  » détournement  » d’invention. De progrès quoi !

Le dimanche 20 janvier 2002

Le dimanche 20 janvier 2002
1-
Retour de notre marche de santé autour du lac. Temps doux par rapport à hier. Un soleil bataillant ferme avec du brouillard pour garder son apport de belle lumière. Une lumière spéciale si souvent l’hiver qui nous fait nous arrêter en chemin, Aile et moi tant cela est… c’est ça, spécial. Hier, samedi, du froid raide. Fenêtres givrées, obligation du grattoir et, après le lunch, on descend Chemin Bates.. Dans l’après-midi s’amène l’ envoyé « véelbéquiste » pour me prendre en photo en vue de la confection de la couverture de « Écrire ». Ludovic (!) est au Québec depuis cinq ans . Il me dit qu’en arrivant il a voulu au plus tôt savoir sur la littérature québécoise. Bonhomme classique, « clic clic » sans arrêt, le petit parasol de soie et on y va. Je ne comprendrai jamais pourquoi en faite tant ! La pellicule doit être bon marché. Une certaine gêne, toujours. Des contempteurs me croient « kid kodak », je déteste cette longue séance et comme pour y échapper, en pensée, narcisse obligé arrose le gaillard à lentilles de propos décousus sur… tout et sur rien. Il écoute et puis, à son tour, pas moins bavard, ne raconte des bribes de son passé.
Il finit par finir, part vers son bus, rue Rockland, et nous nous préparons pour le repas d’ anniversaire, à la Picolla :Marielle a eu 70 ans samedi. Mon cadeau, la carte, mon petit « speech » (ma manie chérie !)le gâteau, savoureux cadeau d’Aile. Table de 14 convives. Le demi-sourd que je suis devenu a bien du mal à suivre les méandres des jasettes, malgré les voix de stentors de la plupart des miens. Je suis rentré satisfait, bien content que mon initiative se soit bien déroulée.
2-
Ce matin, gros petit-déjeuner au « Petit chaudron » en bas de la côte Morin, là où je mangeais il y a plus de cinquante ans, skieur du lieu avec le club du collège Grasset. Revenu au chalet, c’est parti, j’installe mes vieux pinceaux, des feutres, la gouache et je commence cette série de tableaux graphiques que j’avais en tête depuis pas mal de temps. Influence de ces « journées nettes » ? Sans doute : je me servirai s des pages de journaux lus, gardant la date imprimée, m’inspirant librement des photos et des titres pour griffonner de tout. Un « journal » visuelle folichon. J’ai concocté deux « tableaux ». En suis pas trop satisfait. Je devrai trouver une manière, un style, peu à peu. J’ai mis , à l’encre de Chine, des oiseaux, des poissons, des fleurs sur les textes des journalistes. Casse-têtes insolites. J’espère arriver bientôt à allier ainsi le quotidien du « quotidien », en sortir des iconographies fortes. Ça prendra du temps, sans doute. Je garderai les meilleures pages, les ferai encadrer, les exposerai.
« La maisonnette » un œuvre caritative utile, dans « La petite patrie » m’a demandé de mes tableaux pour une sort d’encan. J’en aurai et des inédits. Mercredi matin dernier, une dame Tremblay au téléphone : « Bizarre , j’avais acheté une de vos aquarelles en 1980, voilà que tout le turquoise de votre tableau s’est tout effacé ! Quoi faire ? » Diable ! Je n’au pas su quoi dire ! J’ai fait de piètres excuses. De quoi j’ai l’air…mes vieilles aquarelles tombent en… néant !On dirait une séquence surréaliste d’un film de Cocteau, non ?
3-
Oh le merveilleux Stephen Spielberg (tome 2) chez l’animateur Lipton à ARTV, vendredi soir ! Étonnant de constater la timidité, la réserve, l’humilité aussi, non feinte, de ce cinéaste fort coté dans le monde entier. Ses propos de coulisses pour « Le soldat Ryan », ou « La liste de Shindler », « La couleur pourpre », « E.T., « Jaws », nommes-les, étaient fascinants. À cet amphithéâtre —bourré d’élèves de l’ « Actors studio »— il a répondu à Lipton le questionnant sur la présence du soleil sans cesse : « C’est que la la lumière c’est la vie. Le soleil fait tout, fait croître tout, humains, faunes et flores » Les sous-titres en français sont très bien faits, ce n’est pas toujours le cas en cette matière.
Je m’amuse toujours énormément de voir cette « Catherine » (le vendredi à la SRC) ave la jeune comédienne Moreau. Sa tête de linotte, son imbécile enjouée fait florès, fait feu des quatre fers, un feu roulant. On regarde ce vaudeville télévisé comme on mange des croustilles. C’est agréable, c’est pas nourissant du tout, c’est une récréation de bon aloi. Les acteurs y sont solides et Dominique Michel est courageuse de se mesurer avec tous ces jeunes talents vifs. Bravo ! Elle fait bien son boulot de proprio aux fantasmes insensés. Les scripteurs, efficaces, ne cherchent qu’à produire des répliques (one-liners) plus tarabiscotées les unes que les autres comme le veut le genre burlesque. Chapeau !
Fait frappant : aux USA, on construit une prison neuve chaque mois ! Effarante réalité, non ? Une industrie (!) prospère quand on sait que l’on confie souvent au « privé » l’administration de ces pénitenciers. C’est, tenons-nous bien, 30 milliards de dollars y passent chaque année ! Tout le budget annuel du Québec, ou presque ! Le reportage (« Zone libre » peut-être ?) spécifait :
« la délation y est fortement encouragée, sans cesse, les drogués voient leur sentence fondre de 50% s’ils jouent les mouchards. Imaginez le climat entre détenus ! En cas ce saisie d’un peu de « coke » c’est 15 ans de tôle, minimum !
Un certain Paul Larue, surnommé « Le poudrier » par son étonnant complice. Arrêté à Burlington, Larue acceptait un rôle d’indicateur et sa confession, aux USA via la terrible DEA, a entraîné dans sa chute ce blanchisseur de millions de piastres sales ! Qui ? Un avocat devenu juge ! Oh la la ! L’enquête sera longue —cinq ans— et tortueuse, évidemment ! Un juge ! Ce monsieur « respectable » extérieurement, ce Flahiff ! Un scandale effroyable, on s’en souvient. La digne « madame Justice » en perdait sa balance face à cette « balance Larue » !
Le journaliste Roch Côté a parlé d’une industrie clandestine de …mille milliards de dollars ! Il faut toujours se souvenir de cet Italien, fonctionnaire haut installé, qui osait dire : « L’économie mondiale s’écroulerait si on empêchait soudainement le convoyage d’argent sale. » Une crise économique sans ces banquiers —Suisses le plus souvent— sous-mafia, indispensables pégrieux, dont l’ex-ministre Garneau fut l’un de représentants. Évidement, ça joue les innocents : « Quoi, quoi, on et là pour prendre l’argent offert , on et pas des enquêteurs de police ! » La salade hypocrite ! Le juge Flahiff obtenait trois ans ! Il voulut —c’est stupéfiant— conserver son job de juge ! On lui dira : « non, merci » !Souriez ! Et tous ces banquiers, complices si discrets, ils ont eu quoi comme sentence ? Rien !
4-
Le film « Ali » semble bien fait. Hésitation à y aller voir. Ce sport (cette sauvagerie innommable )devrait être interdit. Que l‘on se casse les jambes, les bras , les reins (Alouette !) soit… mais que l’ on autorise des hommes à se frapper la tête est une ignominie. La tête c’est sacrée, c’est une machine prodigieuse, inouïe, et il faut être con, bête, idiot, aliéné, fou raide (ou misérablement pauvre et mal pris ?) ) pour avoir l’ inconscience de se faire cogner dessus. Oui, l’on pourrait inventer des batailles où les gens se feraient estropier, démantibuler, sortiraient de l’arène
ensanglantée manchots, unijambistes…mais la tête ! Mais… s’assommer à coups de poings sur la tête c’est d’une bêtise qui ne doit plus être tolérer, nulle part, par aucune organisation humaine (surtout pas aux Olympiques !) en ce vint et unième siècle.
Parlant de « garder sa tête, samedi matin, Aile cherche la margarine (le beurre a été banni ici ), ouvre et referme le frigo, se lamente, et puis , elle est là, sous ses yeux. Enragement ! Et moi…je cherche ceci et cela…qui se trouve toujours pas loin. Maudite vieillesse, nous écrions-nous chaque fois. À ces petits signes affligeants, nous prenons conscience que l’acuité de nos sens diminuent et c’est d’une terrible tristesse. Que les jeunes gens qui me lisent le sachent : la vieillesse c’est une sale hypocrite qui nous cache un couteau, un stylo…Sale bête va !
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Ce matin , la Cousineau (La Presse) déplore les attitudes intolérables des juifs (venus de New-York où il s’appellent des « Lubavitchs »), les « hassidiques » de son quarter ! Va-t-on la taxer d’antisémite comme on le fit quand je questionnais de la même façon en 1988 ? Elle parle d’un documentaire : « Gardiens de la foi… », demain, au Canal D, donc lundi soir. Elle dénonce ce film de Ian McLaren : « On ne sait rien, on ne nous parle pas du fait que ces orthodoxes ne nous parlent, ne nous retardent pas, jamais… » Ce serait un film banal, plein de banalités niaises ! Qui, quoi fait que jamais personne dans cette communauté d’intégristes « sauvages » n’arrive à dire la vérité ? D’où vient ce refus total de la moindre intégration ? Un mépris embarrassant pour tous les voisins, nous, de ces « fous de Yaveh ». Tous ces McLaren, à mes yeux, sont une sorte de scandale et avec l’argent public en plus. Écœurante langue de bois niaise. Une rectitude politique dangereuse à long terme. Cette tenue religieuse fera naître un racisme, c’est déjà en cours et je le déplore. Ces juifs hassidiques sèment l’antisémitisme comme personne d’autre. Voilà l’horrible vérité que les juifs ashkénazes et séfarades, les yeux bouchés, refusent d’admettre. Ils se doivent de secouer ce racisme éhonté de leurs co-religionnaires d’ Outremont !
Confidence : me voilà stimulé, tout excité par mes travaux de recherches graphiques. J’aime « Écrire », mais c’est moins facile…non, disons…moins libre, non, quoi dire, dessiner, peindre, est plus sauvage, plus vrai, non, maudit, comment dire, barbouiller est pus amusant. Ah, puis au diable, peu importe ce que c’est, le pinceau m’est naturel, la plume (le clavier), moins.