le vendredi 18 janvier 2002

le vendredi 18 janvier 2002
1-
Ma foi, enfin, le voici, le vrai hiver. On pourrait revirer le paysage à l’envers, ça ne changerait rien. Il neige vraiment ! La vue de ce paysage rendu comme invisible. Sans dessus dessous ! Blanc partout. La beauté, on l’oublie, de l’ouate en fines lamelles déchiquetées qui se laisse choir dan s l’air. Oui c’est beau, je le dis sans aimer vraiment cette saison froide. Mes vieux os…
Avons loué « Pearl Harbor », deux bobines. On regrette de n’être pas allé voir cela sur grand écran. Du bon boulot visuel. Certes, il faut attendre une bonne heure avant que s’enclenche…la guerre contre les Japonais de l’Empire du Soleil levant. Les séquences du pilonnage de la flotte américaine : du cinéma étonnant. Technique moderne impeccable. L’horreur. La surprise totale, un Président Rosevelt sidéré. Insulté. Révolté. Ulcéré.
Des images bouleversantes, morts, noyades, avions de kamikazes fous, Nippons horribles de cruauté, le fanatisme de cette époque… et voilà que ma chère Aile ose : « On comprend mieux les bombes sur Hiroshima et Nagasaki, non ? » Elle me dira, plus tard, retirer ses paroles sachant bien que les volcans atomique sur des civils est un « crime de guerre » inexpiable et impardonnable…dont on ne parle pas assez. « Malheur aux vaincus », le « vae victis ! », de la Rome impériale antique ? C’est dire la conviction qui fait enrager… face à l’authenticité apparente, et documentaire à la fois, installée par des talentueux cinéastes de ce « Pearl Harbor ».. Il y a une jolie romance au sein de cette reconstitution, comme l’exige le commerce, récit très plausible, au cœur de ce récit cauchemardesque. La scène (un fait historique confirmé) quand le Président, infirme condamné comme on sait, réussit à se tenir debout est extraordinairement forte. Un chef militaire japonais étonne : un adjudant lui dit qu’il est intelligent et il rétorque : « si je l’étais j’aurais réussi à empêcher cette guerre. »
2-
Vu le deuxième tome sur Mailer. Insatisfaisant. Son époque y est illustrée. Les trois tués célèbres : les deux Kennedy que Mailer aimaient bien, le Pasteur noir célèbre…Les États-Unis (Mailer dit AMERICA, hélas !) s’en trouveront abattus collectivement, honteux, surtout avec cet enlisement au Vietnam. Il faudra la réussite d’Apollo 11, (la lune !) pour que la communauté redresse la tête enfin. À partir de là, le vieux militant de gauche avoue qu’il a compris : « Je savais enfin qu’un écrivain ne peut changer le monde. » Il avoue sa candeur. Mailer y est souvent con (sur les femmes, niais même, mais très franc, lucide.
3-
Hier après-midi, jeudi mon Buissonneau au téléphone. On jase ad lib. On rigole. On se jure d’aller luncher à quatre, lui et sa Monique, moi et mon Aile. Du poulet ? Je blague ! Mon Paul a des jugements raides. Il n’a rien, comme moi, d’un intellectuel. Il aime. Il déteste. Puis, voyant ses erreurs, il admettra rapidement se errements. Comme moi. Nous sommes de la même farine, lui et moi pourtant un monde sépare nos enfances, lui, gamin-ouvrier en usine, à Paris sous les bombes, moi dans Villeray sur mon vélo fleuretant les filles ! J’aime sa ferveur, ses enthousiasmes. J’aime le fervents. Il va préparer en février qui vient un spectacle au chic TNM, du Tardieu. Inoubliable son « Théâtre de chambre », du même Tardieu à son Théâtre de quat’sous, jadis, oh oui, inoubliable ! « J’arrive pas à cesser le boulot, Claude… », me dit Buissonneau. Moi donc ! « Les femmes, ma Monique, sont bien plus sages que nous quand vient le temps de retraiter, de décrocher, non ? » Oui. Je trouve qu’il a bien raison.
4-
Critique molle du Perrault monté au Rideau-Vert, ce matin. « Au cœur de la rose » contiendrait trop de texte ampoulé, baroque.
La critique dit : « Il y a ce couple qui ne s’entend plus et qui craint, le dernier enfant parti vivre sa vie, de devoir se voir en face en face. » Oh…cela…! Oh la la…! Oui, grave question pour tant de couples qui ne vivent plus (ensemble) que pour les enfants. Le temps fatidique des départs de la progéniture arrive, la maison « familiale » qui se vide…L’heure de vérité sonne fort. Un drame souvent. J’en sais un bout là-dessus ! Ma vie vers 1975, 1976… je quitterai mon ex-couple, « dysfonctionel », en juin 1978, rien à faire.
5-
La fameuse Monica aux cigares dans un film pour s’expliquer : « Non, je ne voulait pas la notoriété et non je ne suis pas une candide stupide. » Bon, bon. Reste qu’une groupie est une groupie et on voit ces « achalantes » collantes toujours dans le sillage d’une vedette. Clinton était une star. Parfois, souvent même , c’est un héros de music pop. Même dégât chez ces suiveuses énamourées et niaises. Exploitées comme torchons. On sait tous de ces histoires. Me taire sur certains parages… c’est trop triste.
J’ai oublié, vu le deuxième épisode du célèbre cinéaste Spielberg chez le Lipton de l’Actor’s studio, canal ARTV. Bon. Dans le premier, un grand moment. Ce questionneur plutôt fat, Lipton, (oui, comme la soupe) lui sort une analyse de son cru qui va qui jeter Stephen S. à l’envers. À la fin de « Close encounter… », lui dit-il, cette musique merveilleuse, c’est votre maman, une bonne musicienne, et la machine extraterrestre inouïe, complexe, c’est votre papa, un mathématicien reconnu, non ? Vous avez voulu les réconcilier, les réunir, ayant tant été meurtri, vous l’avez dit, par leur séparation, enfant ? C’est cela ? »
Oh oh ! Le Stephen, les bras à terre, il va murmurer, ému :
« Merci de me le faire découvrir, vous avez sans aucun doute raison. » Oui, un très grands moment de télé. Un lourd silence en studio. Me voilà tout admiratif pour le Lipton en question, sous ses dehors de despote dominateur, il y a donc ce bonhomme brillant.
Spielberg, jeune ado, avait une caméra 8mm, cancre aux études, et il ne cessait de filmer partout, de monter des « séances » d’un amateurisme qui le fait bien rire maintenant. Refusé à une école sérieuse en cinéma, il deviendra « go for », commis, « traîneux » de coulisses quoi, dans les grands studios d’Hollywood, finira par se faire un bon contact. Il fera de la tété d’abord, du dépannage, et puis viendra son fameux « Duel », ce film étonnant que j’ai aimé, admiré, énormément, cette mystérieuse chasse à l’homme par un fardier de 22 roues, puissant et anonyme. Premier signe d’un talent hors du commun. On sait la suite. Avec des erreur de parcours comme il se doit.
6-
À Cuba : pardon au Padron ! Un reporter, ce Pradon, qui avait traité de « menteur » en ondes, le très démocratique Fidel Castro. La prison ! Tombé malade gravement dans sa geôle infect, les autorités de Cuba vont le libérer. C’est le Pen CLub qui a collaboré à sa libération. Ce club, où des écrivains s’associent avec des détenus politiques, ainsi, finit, à l’occasion, par des réussites merveilleuses.
Hélas, durant la crise d’Oka, été 1989, ceux du Pen Club avec Amnisty et Greenpeace, se rangeaient comme des girouettes connes contre le « méchant Québec raciste », décrié par les gazettes anglos, heureuses, dans cette tourmente, de jeter de l’huile sur ce feu sauvage (oh !) propice à leur francophobie maladive. Ils se portaient à la défense des pauvres petits anges amérindiens, les « warriors », une pègre de Saint-Régis qui voulait seulement davantage de passe-droit pour leurs trafics louches de contrebandiers « hors-taxes ». La mode… ces trois organismes tombaient dans la rectitude aveuglée, –et Mgr. Tutu y alla de sa bouffonnerie— j’avais déchiré mes cartes de membre et engueulé ses représentants. Lisons, relisons, de Robin Philpot,, son « Oka, dernier alibi… » (VLB, éditeur) , il donne l’heure juste, montre des documents, de articles sur le racisme indiscutable des anglos nous désignant collectivement comme « racistes obtus. »
7-
À Télé-Québec, (aux « Franc-Tireurs »)avec les frondeurs incorrects, Martineau et Cie, avoir vu un Chapleau tout étonné. Comme moi, il découvrait soudain un Kaboul avec des édifices importants, une ambassade des USA, un théâtre alors qu’avant la fuite des Talibans, il n’y avait, apparemment, à Kaboul, comme dans le reste de l’Afghanistan, que deux pierres et trois roches, un tas de sable et une clôture arrachée.
Bravo ! En effet, ce fut une révélation soudainement. On a en studio de « manipulation », parlé de cette reporter, « la Galipeau avec son foulard, carré de soie Chanel » disait Chapleau, plaquée devant une ruine déserte… Non mais… Ces mensonges de nos grands réseaux, de nos « envoyés au front ». Quel mépris envers nous tous et que la honte les recouvre ces manipulateurs stipendiés.
Même émission, souvent captivante, une Dominique Michel, franche, frondeuse et qui répondra clairement aux questions piégées du questionneur. Découverte une fois encore que face à une interview bien menée, c’est une autre affaire…Une star, à la réputation moche sur le plan de idées, semblera soudain bien mieux équipée intellectuellement qu’on le croyait. Délivrez les artistes des mignardises des entrevues connes où il n’y a que pub, plogue.
8-
Cette série sur la pègre, sur « La famille » Caruana et Cuntrera se révèle obscur. Les noms volent. Impossible de s’y retrouver. Aile, si brillante en matière trouble, en scénarii complexes (qu’elle s’amuse à m’expliciter après visionnement, la saudite !) eh bien, elle aussi, médusée, toute embrouillée dans ces maillages siciliens, états-uniens et…montréalais. Elle me dit : « Je crois que ces auteurs veulent ces ambiguïtés. Que cela les arrange. Ils savent que le mystère épais donne l’apparence d’intrigues savantes, emberlificotées, lourdes. » On y est perdu comme dans la série (bien filmée, bien actée) avec intrigues « poudre aux yeux, de Dionne, « Omerta ».Même opacité avec « Le parrain, 1 2 et 3. Grand public à cause du sujet, succès fort à cause des vedettes surdoués… et le public se tait qui se dit : « je pourrais passer pour gnochon » ! Un enquêteur de la GRC admet qu’on a stoppé son enquête sur les « blanchisseurs » à Ottawa. Faute de fond, dit-il. Oh yea ? Au beau milieu de « La famille », un important chef déclare : « Faut comprendre. Empêcher le blanchiment des milliards de l’argent sale de drogues, ce serait la catastrophe, l’effondrement totale des économies du mondiales ». Bang ! On se regarde Aile et moi. Effondrés, nous le sommes, en effet ! Dit-il vrai ce haut gradé italien ?
9-
Ainsi, pas si éloigné de mon sujet, nous regardons fidèlement la série télé : « À la maison blanche. Des émissions dynamiques, jouées parfaitement, mais…des intrigues le plus souvent obscures. Pourtant, fin de la dernière —montrée, trop tard le samedi soir— étonnant revirement. Le Président en colère avec son chef de cabinet, qui en assez de toujours devoir calculer ses moindre déclarations, pour protéger les partisans frileux, les fournisseurs de fric, les amis des amis, ô la forte scène, le lobby de ceci ou de cela, et craindre la perte du pouvoir qui déclare subitement —il s’en va en campagne présidentielle—, qu’il va être lui-même et tant pis, justement, pour la perte du pouvoir.
Oh ! Merveilleuse colère.
Je me disais si Bernard Landry pouvait subir une telle tentation de vérité politique, le goût d’être un homme d’État, pas seulement un gestionnaire. S’ il pouvait avoir une semblable attaque de franchise totale. Le peuple québécois le verrait clairement. On a tort, toujours, de mépriser le peuple. S’il pouvait s’exprimer sans ne plus craindre de faire perdre le pouvoir au parti. Ce serait si merveilleux. Emballant. Fabuleux. Oui, il perdrait —peut-être, peut-être— le pouvoir. Et puis après ? On ne meurt pas de séjourner dans l’opposition un certain temps, bien au contraire parfois…
Ce qui serait enthousiasmant et fantastique ce serait justement de voir enfin un chef, un homme au pouvoir, qui dirait ce qu’il pense, ce qu’il veut, ce qu’il va faire, sans tous ce calculs des petits chefs de ses entourages. Ces mouches de coche qui ne protègent que leur job assuré au fond. Un Bernard Landry qui s’exclamerait une bonne fois : « Il nous faut maintenant, absolument, un pays, l’indépendance, les leviers complets. »
Qui dirait, courageux et disposé à partir : « Je ne suis pas intéressé à « gestionner » seulement, j’en ai assez de gouverner une simple province comme les neuf autre. Donnez-moi un pays ou bien voter contre moi, assez de ces « bons gouvernements », de la prudence électoraliste, je m’en irai autrement. Nous attendrons dans l’opposition.
10-
Je rêve de ce leader franc, capable de parler clairement, franchement, offrant de s’en aller sereinement, démontrant sa totale liberté, disant : :« Si vous ne votez pas avec moi pour un État du Québec, complet, normal, en vue d’une nation normale, battez-nous dans les urnes, pas de Landry à la tête d’un sous-pays, plus de Parti québécois déguisé en fédéraliste bougon. Je refuse de jouer l’éternel tirailleur avec Ottawa. Suffit ! On s’en ira. On attendra, un meilleur temps, un temps favorable pour obtenir notre unique et seul rêve. » Ô je rêve ? Ça ne viendra jamais un tel homme libre ?
Après tout, l’ indépendance, la patrie à faire naître, c’est bien et toujours l’article numéro un du programme. Non ?
L’autre soir, il était beau à voir le comédien (Martin Sheen, qui est excellent dans ce rôle) illustrait un homme au pouvoir et qui décide qu’il n’en veut plus du pouvoir s’il doit rester une marionnette utile à tout le monde. Landry a-t-il vu cet épisode dans son fief de Varennes ? Si oui, il a dû réfléchir et fortement. Aile et moi…ébranlés, secoués ! Vraiment !
11-
Fou, je me suis dis :j’écris un mot à mon ex-ami, Roy, (il m’a déjà fait cadeau d’une plume spéciale pour mes gribouillis) qui est le chef-de-cabinet de Landry, je lui raconte…ce que je viens d’écrire…Et on verra bien. Le droit de m’envoyer paître certes et je resterai ce mou patriote, comme tant des nôtres, dépités, désarmés. Dans ce triste décor aux empoignes usées à la corde, il n’y a rien pour nous stimuler.
Bref, comme je me battrais alors pour cet homme libre. Mais lutter avec un simple gestionnaire ordinaire…pouah ! Aucun intérêt. Nous serions surpris, très étonnés de voir comment un tel chef serait capable d’entraîner un peuple à qui, une fois on dirait sa seule et profonde motivation de lutter politiquement.. Bon, me calmer et envoyer cet extrait de J.N., au bureau du député de Varennes. Je le ferai.
Un mot sur « Phylactère Cola », prurit d’un genre folichon qui nous exaspère. Comme l’Infoman quand, trop souvent, il est en panne d’inspiration et offre le vide et le nul. Comme avec ce bonhomme au séchoir automatique… vu à T.Q. je crois.
Amateurisme apprécié par qui ? Par des ados en mal de sketchettes bâclés ? Une « séance » de fond de sous-sol d’église, dans le temps, était plus soignée que ça ! Ah si j’avais encore ma chronique au Journal de Péladeau (1971-1976), ou un micro comme à CJMS (1989-1994). Je fesserais et fort ! J’entends rien, que de complaisance partout ! Avons-nous tort ? Sommes-nous dépassés ? On ne sait pas.

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