Le dimanche 20 janvier 2002

Le dimanche 20 janvier 2002
1-
Retour de notre marche de santé autour du lac. Temps doux par rapport à hier. Un soleil bataillant ferme avec du brouillard pour garder son apport de belle lumière. Une lumière spéciale si souvent l’hiver qui nous fait nous arrêter en chemin, Aile et moi tant cela est… c’est ça, spécial. Hier, samedi, du froid raide. Fenêtres givrées, obligation du grattoir et, après le lunch, on descend Chemin Bates.. Dans l’après-midi s’amène l’ envoyé « véelbéquiste » pour me prendre en photo en vue de la confection de la couverture de « Écrire ». Ludovic (!) est au Québec depuis cinq ans . Il me dit qu’en arrivant il a voulu au plus tôt savoir sur la littérature québécoise. Bonhomme classique, « clic clic » sans arrêt, le petit parasol de soie et on y va. Je ne comprendrai jamais pourquoi en faite tant ! La pellicule doit être bon marché. Une certaine gêne, toujours. Des contempteurs me croient « kid kodak », je déteste cette longue séance et comme pour y échapper, en pensée, narcisse obligé arrose le gaillard à lentilles de propos décousus sur… tout et sur rien. Il écoute et puis, à son tour, pas moins bavard, ne raconte des bribes de son passé.
Il finit par finir, part vers son bus, rue Rockland, et nous nous préparons pour le repas d’ anniversaire, à la Picolla :Marielle a eu 70 ans samedi. Mon cadeau, la carte, mon petit « speech » (ma manie chérie !)le gâteau, savoureux cadeau d’Aile. Table de 14 convives. Le demi-sourd que je suis devenu a bien du mal à suivre les méandres des jasettes, malgré les voix de stentors de la plupart des miens. Je suis rentré satisfait, bien content que mon initiative se soit bien déroulée.
2-
Ce matin, gros petit-déjeuner au « Petit chaudron » en bas de la côte Morin, là où je mangeais il y a plus de cinquante ans, skieur du lieu avec le club du collège Grasset. Revenu au chalet, c’est parti, j’installe mes vieux pinceaux, des feutres, la gouache et je commence cette série de tableaux graphiques que j’avais en tête depuis pas mal de temps. Influence de ces « journées nettes » ? Sans doute : je me servirai s des pages de journaux lus, gardant la date imprimée, m’inspirant librement des photos et des titres pour griffonner de tout. Un « journal » visuelle folichon. J’ai concocté deux « tableaux ». En suis pas trop satisfait. Je devrai trouver une manière, un style, peu à peu. J’ai mis , à l’encre de Chine, des oiseaux, des poissons, des fleurs sur les textes des journalistes. Casse-têtes insolites. J’espère arriver bientôt à allier ainsi le quotidien du « quotidien », en sortir des iconographies fortes. Ça prendra du temps, sans doute. Je garderai les meilleures pages, les ferai encadrer, les exposerai.
« La maisonnette » un œuvre caritative utile, dans « La petite patrie » m’a demandé de mes tableaux pour une sort d’encan. J’en aurai et des inédits. Mercredi matin dernier, une dame Tremblay au téléphone : « Bizarre , j’avais acheté une de vos aquarelles en 1980, voilà que tout le turquoise de votre tableau s’est tout effacé ! Quoi faire ? » Diable ! Je n’au pas su quoi dire ! J’ai fait de piètres excuses. De quoi j’ai l’air…mes vieilles aquarelles tombent en… néant !On dirait une séquence surréaliste d’un film de Cocteau, non ?
3-
Oh le merveilleux Stephen Spielberg (tome 2) chez l’animateur Lipton à ARTV, vendredi soir ! Étonnant de constater la timidité, la réserve, l’humilité aussi, non feinte, de ce cinéaste fort coté dans le monde entier. Ses propos de coulisses pour « Le soldat Ryan », ou « La liste de Shindler », « La couleur pourpre », « E.T., « Jaws », nommes-les, étaient fascinants. À cet amphithéâtre —bourré d’élèves de l’ « Actors studio »— il a répondu à Lipton le questionnant sur la présence du soleil sans cesse : « C’est que la la lumière c’est la vie. Le soleil fait tout, fait croître tout, humains, faunes et flores » Les sous-titres en français sont très bien faits, ce n’est pas toujours le cas en cette matière.
Je m’amuse toujours énormément de voir cette « Catherine » (le vendredi à la SRC) ave la jeune comédienne Moreau. Sa tête de linotte, son imbécile enjouée fait florès, fait feu des quatre fers, un feu roulant. On regarde ce vaudeville télévisé comme on mange des croustilles. C’est agréable, c’est pas nourissant du tout, c’est une récréation de bon aloi. Les acteurs y sont solides et Dominique Michel est courageuse de se mesurer avec tous ces jeunes talents vifs. Bravo ! Elle fait bien son boulot de proprio aux fantasmes insensés. Les scripteurs, efficaces, ne cherchent qu’à produire des répliques (one-liners) plus tarabiscotées les unes que les autres comme le veut le genre burlesque. Chapeau !
Fait frappant : aux USA, on construit une prison neuve chaque mois ! Effarante réalité, non ? Une industrie (!) prospère quand on sait que l’on confie souvent au « privé » l’administration de ces pénitenciers. C’est, tenons-nous bien, 30 milliards de dollars y passent chaque année ! Tout le budget annuel du Québec, ou presque ! Le reportage (« Zone libre » peut-être ?) spécifait :
« la délation y est fortement encouragée, sans cesse, les drogués voient leur sentence fondre de 50% s’ils jouent les mouchards. Imaginez le climat entre détenus ! En cas ce saisie d’un peu de « coke » c’est 15 ans de tôle, minimum !
Un certain Paul Larue, surnommé « Le poudrier » par son étonnant complice. Arrêté à Burlington, Larue acceptait un rôle d’indicateur et sa confession, aux USA via la terrible DEA, a entraîné dans sa chute ce blanchisseur de millions de piastres sales ! Qui ? Un avocat devenu juge ! Oh la la ! L’enquête sera longue —cinq ans— et tortueuse, évidemment ! Un juge ! Ce monsieur « respectable » extérieurement, ce Flahiff ! Un scandale effroyable, on s’en souvient. La digne « madame Justice » en perdait sa balance face à cette « balance Larue » !
Le journaliste Roch Côté a parlé d’une industrie clandestine de …mille milliards de dollars ! Il faut toujours se souvenir de cet Italien, fonctionnaire haut installé, qui osait dire : « L’économie mondiale s’écroulerait si on empêchait soudainement le convoyage d’argent sale. » Une crise économique sans ces banquiers —Suisses le plus souvent— sous-mafia, indispensables pégrieux, dont l’ex-ministre Garneau fut l’un de représentants. Évidement, ça joue les innocents : « Quoi, quoi, on et là pour prendre l’argent offert , on et pas des enquêteurs de police ! » La salade hypocrite ! Le juge Flahiff obtenait trois ans ! Il voulut —c’est stupéfiant— conserver son job de juge ! On lui dira : « non, merci » !Souriez ! Et tous ces banquiers, complices si discrets, ils ont eu quoi comme sentence ? Rien !
4-
Le film « Ali » semble bien fait. Hésitation à y aller voir. Ce sport (cette sauvagerie innommable )devrait être interdit. Que l‘on se casse les jambes, les bras , les reins (Alouette !) soit… mais que l’ on autorise des hommes à se frapper la tête est une ignominie. La tête c’est sacrée, c’est une machine prodigieuse, inouïe, et il faut être con, bête, idiot, aliéné, fou raide (ou misérablement pauvre et mal pris ?) ) pour avoir l’ inconscience de se faire cogner dessus. Oui, l’on pourrait inventer des batailles où les gens se feraient estropier, démantibuler, sortiraient de l’arène
ensanglantée manchots, unijambistes…mais la tête ! Mais… s’assommer à coups de poings sur la tête c’est d’une bêtise qui ne doit plus être tolérer, nulle part, par aucune organisation humaine (surtout pas aux Olympiques !) en ce vint et unième siècle.
Parlant de « garder sa tête, samedi matin, Aile cherche la margarine (le beurre a été banni ici ), ouvre et referme le frigo, se lamente, et puis , elle est là, sous ses yeux. Enragement ! Et moi…je cherche ceci et cela…qui se trouve toujours pas loin. Maudite vieillesse, nous écrions-nous chaque fois. À ces petits signes affligeants, nous prenons conscience que l’acuité de nos sens diminuent et c’est d’une terrible tristesse. Que les jeunes gens qui me lisent le sachent : la vieillesse c’est une sale hypocrite qui nous cache un couteau, un stylo…Sale bête va !
5-
Ce matin , la Cousineau (La Presse) déplore les attitudes intolérables des juifs (venus de New-York où il s’appellent des « Lubavitchs »), les « hassidiques » de son quarter ! Va-t-on la taxer d’antisémite comme on le fit quand je questionnais de la même façon en 1988 ? Elle parle d’un documentaire : « Gardiens de la foi… », demain, au Canal D, donc lundi soir. Elle dénonce ce film de Ian McLaren : « On ne sait rien, on ne nous parle pas du fait que ces orthodoxes ne nous parlent, ne nous retardent pas, jamais… » Ce serait un film banal, plein de banalités niaises ! Qui, quoi fait que jamais personne dans cette communauté d’intégristes « sauvages » n’arrive à dire la vérité ? D’où vient ce refus total de la moindre intégration ? Un mépris embarrassant pour tous les voisins, nous, de ces « fous de Yaveh ». Tous ces McLaren, à mes yeux, sont une sorte de scandale et avec l’argent public en plus. Écœurante langue de bois niaise. Une rectitude politique dangereuse à long terme. Cette tenue religieuse fera naître un racisme, c’est déjà en cours et je le déplore. Ces juifs hassidiques sèment l’antisémitisme comme personne d’autre. Voilà l’horrible vérité que les juifs ashkénazes et séfarades, les yeux bouchés, refusent d’admettre. Ils se doivent de secouer ce racisme éhonté de leurs co-religionnaires d’ Outremont !
Confidence : me voilà stimulé, tout excité par mes travaux de recherches graphiques. J’aime « Écrire », mais c’est moins facile…non, disons…moins libre, non, quoi dire, dessiner, peindre, est plus sauvage, plus vrai, non, maudit, comment dire, barbouiller est pus amusant. Ah, puis au diable, peu importe ce que c’est, le pinceau m’est naturel, la plume (le clavier), moins.

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