Le jeudi 24 janvier 2002

Le jeudi 24 janvier 2002
1-Ça continue, un hiver tout doux. Je devine que cette absence de neige n’arrange en rien, les industriels du ski. Ici, c’est dans l’air cette ambiance  » commerce et tourisme « . On le sent à des riens, par exemple, les mines maussades des restaurateurs, des hôteliers. Je n’y peux rien, n’étant pas du tout dans ce monde, un tel hiver fait très bien mon affaire à moi. Ce matin, une clarté diffuse tentait de combattre un ciel bourré de blancheur opaque. Qui triomphera ? On verra.
J’ai terminé hier soir, au lit, ce  » Évadé de la nuit  » de Langevin, publié en 1951 qui m’avait comme envoûté à l’époque. J’ai dit ma grande déception. Langevin lui-même serait d’accord. Incroyable monde de noirceur indicible. Au départ, le père meurt, le fils, le héros, Jean, en est comme soulagé L’enfant a été parqué dans un orphelinat….J’ai songé à un roman de Langevin :  » Une chaîne dans le parc « , où l’auteur raconte l’orphelin maudit. Or, nous savions qu’il l’avait été et la lecture de ce captivant livre s’en trouva comme augmenté d’intérêt. Non mais combien sommes-nous à vouloir traquer la vérité au travers les proses qualifiés de  » roman  » ? Normal ? Humain. Comme rien ne se fait de rien et qu’  » aucun écrit n’est innocent « , il est facile de conclure qu’un texte soi-disant inventé doit forcément beaucoup à ce qu’a pu vivre son auteur.  » Évadé de la nuit  » voltige de mort en mort, c’ est l’hécatombe, on y voit sans cesse les méfaits de l’alcool et là-dessus aussi, hélas, l’auteur sait de quoi il jase !
2-
 » Les vieux dehors « , voilà une réalité. Troublante, émouvante confession, là-dessus, d’un ex-ministre dans La Presse de ce matin. Hier soir, à TVA, c’est  » le petit  » bom  » favori d’Aile « , le ministre Chevrette, qui s’en choquait, s’en désolait, face au gros Nonours Paul Arcand. Soudain, étonnement de tous et du questionneur, le Chevrette, en verve de confidences, révèle qu’on lui a offert un demi million de dollars dans deux valises au bureau du parti, rue Saint-Hubert. Paul :  » Vous avez refusé mais n’avez pas alerté la police ?  »  » En effet, il y avait là une tentative de corruption flagrante. Réponse peu crédible de Chevrette et, plus tard, du chef Jean Royer.  » Bof, bah…  » Mon œil ! Là encore, il faut comprendre que ces pratiques sont fréquentes ne surprennent pas (pas du tout !) ces zigues à coulisses variées. Il y a refus. Bravo. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Hum…C’est un manège délicat. Si tu frappe là, il peut y avoir une chaîne…Chaque gang a ses secrets. A ses erreurs. Si l’un accuse, l’autre (qui peut être le corrupteur lui-même)sortira de sacrés squelettes, bien embarrassant, dans de vilains placards.
Alors ? On joue le jeu. Il y a la peur…Le  » Tout finit par se savoir « . Accepter le fric des pégrieux —craignant l’étatisation des vidéos poker qu’une loi de Bourassa défendue part le pieux Ryan— était un risque grave.
Mais…que j’aurais voulu être dans le bureau du petit père Royer à ce moment-là. Des secondes de stupeur ! D’hésitation ? Mais oui, mais oui ! Ce sera  » non, et sacrez-moi votre camp d’icitte « . Point final. Oh que ces vieux routiers des favoritismes divers connaissaient la musique ! Si j’étais riche et oisif je chercherais une loi et j’ attaquerais en justice les Royer et Chevrette pour  » refus de dénoncer malfaiteurs corrupteurs « . Il y a dans la loi :  » Refus d’aider personne en danger « , non ?
Soyez sûrs d’un fait : le gang libéral de John Charette ne bougera pas d’une oreille sur cette affaire.
L’état s’enfoncera dans le style maffia, la loi sera votée. On disait avec une moralité bien dégueulasse  » La pègre y fait tant de sous « …des millions , alors, à nous tout cet argent d’un vice connu. Ce matin un correspondant étale les ravages de Loto-Québec qui offre des cadeaux (oui, oui) à ceux qui sont compulsifs de ses casinos ! À vomir, non ?
Ces permis d’exploiter ces machines maffieuses…que de bons moyens de récompenser les amis des partis politiques. Je me souviens du permis (de vente de billets de loterie) accordé prestement à la veuve de Johnson…Patronage toujours ! Et n’imaginez pas un type louche avec lunettes noires pour le demi million dans deux mallettes, rue Saint-Hubert ? Non, non, un digne membre du barreau, une distinguée avocate qui a fait  » son cours classique  » comme on dit.
Cette affaire du demi-million s’est retrouvée dans toutes les gazettes ce matin sans commentaires graves sur la non-dénonciation. Journalisme d’amateur. Prudence ? Copains comme cochons les gens des journaux et de la politique. Vous le savez bien. Mon Arcand doit jour de son succès en tous cas
3-
À Historia hier : les protestants s’installant en nombre à L’Acadie proche de Saint-Jean-Richelieu. Nos gens y adhérent. Mais dix ans plus tard, 1840, Mgr Bourget, grand zélateur en piété, monte au zénith. La religion va consoler la terrible défaite des Patriotes de 18437-38,  » mes bien chers frères, rien ne sert de se révolter, bonnes et pieuses ouailles laissons régner sans vraie démocratie nos bons maîtres les angla « . Papineau se trompait !  » Les catholicards triompheront et le calme moutonnier s’installera pour une centaine d’années ! Jusqu’en 1960 quoi. Les protestants sont mal vus dès lors. On les invite à  » se convertir  » ? Plusieurs, intimidés, le feront. C’était du joli la tolérance religieuse chez nos chefs catholiques ! J’aime beaucoup ces capsules d’histoire avec Claude Charron, fort instructives.
Vendredi matin, hâte d’aller voir une fresque du fameux Cosgrove, celui qui alla, tout jeune, étudier au Mexique où l’art des murales triomphait avec Diego Rivera, Orozco et Sequeiros). C’est au collège Saint-Laurent où étudiait mon fils, Daniel. On avait recouvert cette  » moderne affreuse bebelle  » dans le temps. Cosgrove, maintenant, est fort coté à la bourse de l’art ! Alors on va monter le trésor ! Le frère d’Aile, Pierre Aile (!) directeur des études à ce cégep, insiste pour que j’assiste au dévoilement nouveau (!) pour que j’aille visiter la chose rénovée ! Je suis curieux.
Avec Carole et son Pierre-Jean dit Spooner, théâtre samedi soir. Une pièce —en reprise— se déroulant au pôle sud, dans la zone glaciaire du sud ! Critique unanime, donc pas de mauvaise surprise ! Les Cuillierier (ouch ! ce nom !) et Aile sont des théâtreux terribles. Moi…prudent…Quand c’est plate au théâtre c’est atroce. Au cinéma vois pouvez vois rabattre sur les paysages, les décors extérieurs, le mouvement quoi…Cela s’endure mieux ! Mon opinion quoi !
4-
Un documentaire —merci zapettte— sur Medhi Ben Barka, assassinée à Paris très mystérieusement, un bon film de Costa Grava l’illustre las cochonnerie sous De Gaulle— cet indépendantiste marocain qui fit de la prison, jeune, deviendra Président d’un Maroc libéré de la France avant l’Algérie. De la bonne télé ! J’aime. Hélas : des pubs là-aussi, merde !
En 1942, le débarquement américain aida aux secousses de la décolonisation, de l’exploitation des puissances d’avant 1939. Roosevelt, disait-on, jetai de l’huile sur ce feu. Quel désintérêt hein ! Ouen ! Il y eut ddes manifs d’abord, des émeutes aussi, des chicanes de clans, c’est inévitable, communistes contre progressistes prudents, royalistes (Paris ramena, de Madagascar, le roi en exil du Maroc) contre républicains, etc.
De la sacrée bonne télé, loin des niaiseries des  » Mamies « , où Lise Payette – qui n’est pas une créatrice, pas une artiste— montre ses idéologies militantes et empêche le naturel des intrigues etc des actrices de se faire valoir. J’en assez regardé pour percevoir une fois de plus que les idées ne font jamais, jamais, jamais, de la bonne dramaturgie, partout, au cinéma, au théâtre ou à la télé. Sauf exceptions géniales.
5-
Aux  » Francs –Tireurs « , T.Q., où, (hélas !) Richard Martineau joue à l’acteur comme un pied, parle mou et efféminé comme le gros comique Parent, offre d’un débat sur le  » bon frança  » entre un auteur, Jean Bienvenue, et mon Gilles Proust. Dialogue de sourds : tout le monde est pour la langue mieux parlée, Proulx qui n’est pas un artiste, ni un créateur,(telle Payette) est incapable de faire la différence en matière de niveaux de langue, il ne comprendra jamais ce que veut dire la musicalité d’un patois, d’un slang. Il est borné là-dessus. Le débat tourna donc à vide. Perte de temps.
Quelle impasse ce  » La famille « , série de télé, un produit raté par SOVIMAGE. Ambiguïtés, longueurs, policiers niais, potaches, coupures futiles d’un lieu l’autre, redites, enchevêtrement des faits, un fouillis d’amateur, une longue connerrie visuelle où une chatte retrouverait jamais ses petits. Ah oui, si j’avais encore colonne ou micro : bedang ! Je fesserais ! J’en ai assez parlé. C’est fini, Dieu merci !
C’est le juge italien Atoli, qui déclarait :  » Si on stoppait l’argent sale ce serait l’effondrement —assurément— mondiale des économies des États ! » Je m’en reviens toujours pas. Ceci explique cela : Les polices qu’on décourage. Les enquêtes avortées, et ce caïd pincé à Toronto dans sa luxueuse villa, enfin mis en prison :  » Il fera le sixième de sa peine. En 2003, il sera remis en liberté ! « , disait le commentateur de  » La famille  » avec sa voix imbuvable, celle des pubs de  » Canadian Tire « .
C’est rare mais le  » Bureau au si beau bureau « , hier, a raté son interview avec l’intellectuel parisien, Atali. Une platitude grave. Des phrases d’ un conformisme assommant ! Bureau a fait  » patate  » complètement avec sa navigation cucul entre nomades riches (ordi-portable, celllulaire et avons ) et nomades pauvres, enfin, nous, les  » nomades entre-deux « , comme moi sans cellulaire, ni portable, ni  » avions-à-air miles points « , nous les  » demi-pauvres  » avec Internet et jeux électroniques, comme disaient les deux larrons qui divaguaient. Ça arrive, le brillant Atali pas inspiré pantoute ! Rien ne cliquait. Perte de temps. Bon, je crois que je vais lire davantage désormais !
6-
J’y reviens : mon Chevrette qui déclare :  » Les compagnies, les entrepreneurs, ils gaspillent leur fric, ça sert à rien les démarcheurs payés, les projets de l’État sont  » normés  » (avec règles à suivre strictes, formulaires, devis visés, soumissions publiques…  » Ah ben ! Oh bin là ! Je ris. Allons, le contact personnel, le bon ami du ministre, le bon petit repas arrosé, la partie de golf, allons ! Mossieu Chevrette parle pour rien dire ! Mensonge : les petits copains, les petits amis, c’est évident, cela favorise les prises de  » contrats « , pas juste les prises de  » contact « . Mensonge vicieux mossieu Chevrette ! Est-il innocent et candide ? Oh non ! je l’ ai vu de près le  » bom chéri d’Aile  » du temps de CJMS : il y a pas plus malin, pas plus ratoureur, c’est un vieux singe et fort intelligent.
Vrai que le Canada est mal connu des grands boursificateurs du monde industriel. Des fameux  » six « . Il est le numéro 7 et on dit que c’est les USA qui forcèrent le gang à l’admettre pour équilibrer les continents. Bon. Cela peut faire, en effet, que les bourses méprisent le dollar de ce petit Canada et fait que le huard soit tombé. Si bas ! J’y crois. C’est une vieille histoire. Malheur aux petits !
Miss Thibault à TVA aux actualités prend souvent une vox traînante, comme lasse, souvent, elle devient…quoi ?… lymphatique. Donnez-lui du Prozac ou autre chose. C’est plate à écouter une présentatrice amorphe…qui somnole…
7-
Je lis ce matin (l’article de l’ex-ministre qu’on a mis à la porte et qui voyait aux sciences) :  » pour le monde du sport (des regardeurs des autres qui, eux, se démènent) il y a 15 journalistes dans un quotidien. Pour le monde des sciences ? Un. Un seul !  » Est-ce assez clair, cochons de pauvres payeurs de nos canards ? On nous méprise.
Fort amusé de découvrir un rapport du Conseiln des arts du Québec : des mots mon vieux, des ternes ma chère…Il y a les  » artistes-boursiers « , aïe ! Il y a les artistes-professionnels « , dites-moi pas ? Quelle belle profession hein ! Il v a eu pour l’année qui s’enfuit :3000 demandeurs de  » B.S, culturel  » et 955 gagnent la bourse, la cagnotte, le gros lot ! Deux sur trois vont se ré-essayer l’an prochain ?
Un tas de chiffres idiots. Et des moyennes. Rien de plus trompeur que cela. Exemple : un groupe de 10 personnes est réuni : 9 vagabonds et un millionnaire. La moyenne dira :  » 100,000 dollars chacun comme revenu !  » C’est cela la stupidité des moyennes !
Enfin, ce Conseil parle de deux groupes : les chercheurs et les créateurs ! Eh b’en… le créateur ne cherche plus ? Le chercheur ne crée rien ? Vraiment, cette soupe de chiffres est un fameux leurre, On parle pas de  » vie des arts  » véritable avec cette sorte de poutine niaise ! Bureaucratie inepte !
Ah la satisfaction de lire mon Foglia ce matin, comme moi, avant lui avec J,N, il fustige éloquemment  » l’État Mafia « , Québec, et ses  » pousse au vice du jeu « . Fameux de faire groupe mais lui il a des centaines de milliers de lecteurs à informer à tenter d’influencer, le chanceux ! Aussi, ainsi, comme je l’ai fait dans mes  » J.N « , il se moque de la PUTAIN de Nelly Arcand et de la TOUTOUNE,…qui, toutes les deux, braillent qu’on ne voit que  » pute et toutoune  » avec leurs écrits, et pas leur grand talent de scripteures !
Léandre Bergeron le frère de feu le  » chic and souel  » Henri-Rédio-Kénadah, n’a rien du chic industriel en petits gâteaux et en pain blanc mou. À Rouyn il fabrique 50 pains (de blé entier) par jour dans sa cuisine ! Oh !. L’État dit :  » ça suffit l’amateur, te faut un vrai local, une organisation technique, des machines  » seurieuse « …etc. L’artisan est un empoisonneur ? C’est ça ? Combien de morts en Abitibi depuis qu’il fonctionne en boulanger naïf ? Danger pour la santé, on va le farmer ! Nos ancêtres en ont pris des risques, non ? Hon ! Des caves ? Avec ces vieux fours à pain  » dououor « , dans le champ ! Frissonnez mortels d’icitte !
Ô bureaucratie maudite… Je connais des fonctionnaires brillants, intelligents, peuvent-ils secouer les confrères cocos un peu, oui ?

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