Le jeudi 28 février 2002

Le jeudi 28 février 2002
1-
Hier en ville, allant puis revenant de Radio-Canada, beau ciel bleu fleuri de nuages en goguette. Beauté chérie ! Est-ce que tout le monde, comme moi, aime fort les nuages ? Ou bien trait des rêveurs ? Ne sais pas. Ce débat chez Liza :  » l’homoparentèle « .
Peur de passer pour homophobe car, en 1989, invitant les Juifs fondamentalistes d’Outremont à mieux s’intégrer, on tenta de me faire passer publiquement pour un antisémite —articles de la Ouimet de La Presse et du Cauchon du Devoir quand ils m’amalgamait avec les refuseurs ( au même moment )d’une nouvelle synagogue… alors que moi j’étais  » en faveur « .
Donc, oui, sujet délicat. J’ai pu défendre deux points auxquels je tenais : un, ne penser qu’au cauchemar à vivre (hélas !) de ces enfants de lesbiennes ou d’homosexuels.
Deux, avec le temps, les enfants de  » couples séparés  » étant plus nombreux, on leur fout la paix en classe, dans le quartier etc. Plus nombreux dans certaines école, on fout la paix aux Haïtiens ou autres nouveaux-venus. Mais, jamais, il n’y aura majorité —ou grand nombre— de ces enfants de couples homosexuel pour des raisons évidentes. Ils resteront donc pour toujours une minorité. De là les quolibets, les horions et autres cruautés enfantines, des enfants — » pervers polymorphes « , dit Freud. C’est injuste ? Oui. C’est la réalité (détestable si on veut) comme il fait noir la nuit et il fait clair le jour. Incontournable.
Demi-sourd, je parle de plus en plus fort. Aimant la polémique, je me bat farouchement pour exprimer mes opinions. Résultat ? Une Louise, psy, me dira hier :  » Ça vous amuse, hen, de jouer les  » boulés  » à ces tables de discussion mais c’est embêtant pour nous tous, vous laissez pas parler les autres !  » Avait-elle raison ? Ça se peut. Je suis toujours, au départ, mal à mon aise, entouré de gens qui ne font pas  » métier  » de pamphlétaire, qui ont pas l’habitude de ces débats ou joutes oratoires. Emporté, j’oublie cela et je gueule…
Je dis à cette psy agressive :  » Pas ma faute si j’ai un processus mental rapide !  » Pas fier de moi. La lippe basse et le regard en courroux, elle rétorque par des accusations basses, alors, j’ajoute :  » Pas ma faute s votre processus à vous est si lent !  » L’animatrice, Liza est tendue en titi veillant à l’harmonie !
Nicole , une mère lesbienne calme, elle aussi, s’enrage de ma fougue et, hélas, et me traite de  » démago « . Souvent, le public m’appuie dans ces débats, c’est un fait, et alors les  » perdants  » me sortent : démago. Si le public est d’accord avec moi, je suis un démago. Mépris du public ou quoi?
J’ai un tas de témoignages là-dessus. On me dit :  » Vous êtes sage, vois avez du gros bon sens !  » Ah, le gros bon sens, j’y tiens. Au cours de ma  » petite  » carrière de  » grande  » gueule , j’ai souvent opiné contre les goûts du grand public. Là, je ne suis plus démago ? Ainsi, aux nouvelles de TVA, je n’ai pas eu peur de déclarer que, à mon  » humble  » avis (du R. Lévesque), les patineurs russes ( À Salt Lake city) furent bien plus inventif, créatifs, imaginatifs que nos champions et j’ai parlé du chauvinisme régnant dans cette querelle de médailles. Je choquais la majorité sans doute. Ça ne me dérange jamais. Je dis ce que je pense et sans calculs.
Un certain Bill, homo sympathique, et un certain  » écossais  » convivial, McChateon —de  » SOS J’écoute  » pour jeunes homos—, deux participants du débat, me firent, eux, fort belle façon et me saluèrent avec beaucoup de chaleur à la sortie. Moi de même. M’invitant même à collaborer avec lui à ces appels pour jeunes homos, ce que mon  » Écossais  » accepta avec plaisir. Sont très capables donc d’entendre un opposant. Ah ! les femmes des fois hein….
Cela dit, oui, vite, la loi de Bégin (légitimant, légalisant, le conjoint homo) doit passer. Mais elle ne changera pas (hélas) la réalité. L’enfant dont les parents sont deux homos (femmes ou hommes) n’invitera pas son  » meilleur  » ami, chez lui. La jeune  » témoin « , Annick, invité chez Liza a été clair et net : elle a eu honte longtemps de ses deux mères lesbiennes, jeune.
Attention : cette honte lui fait honte à présent qu’elle a vieilli, alors elle ne dit pas tout de ce qu’elle a eu à endurer, à vivre parmi ses petites compagnes de vie, son normal instinct grégaire fut sans doute fort malmené, j’en mettrais ma main au feu.
C’est triste, c’est terrible. C’est injuste. Les homos qui refusent de faire vivre ce cauchemar à des enfants, eh bien, je les félicite de ce sacrifice. Ils ne pensent à eux en égotistes, ils pensent aux enfants et moi… b’en je suis fou des enfants (on le sait) et je ne veux pas qu’ils passent une enfance merdique.
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Pourquoi, tout à l’heure, devoir quitter cette si radieuse lumière tricotant ses ombres farfelues dans les feuillus déplumés autour du lac ? Eh oui, nous partons pour la ville :lunettes d’Aile, coiffeur…et devoir, à 17 h. et demi, à TVA, faire un topo avec la belle Isabelle M. Vais-je m’écrier comme en France en 1942, les Boches dans Paris :  » Maréchal (Pétain), nous voilà !  » Oui. Discussion :  » Le gala télévisé des les Grammys « , hier soir. Pas vu. Pourquoi tant des nôtres se garrochant, nombreux, très nombreux, là pour voir, encore, les Amerloques ? Gang de colonisés, va !
Oui,  » Maréchale « , me voilà !

Le mardi 26 février 2002

Le mardi 26 février 2002
1-
Suis pas un Esquimau, pardon, un Innuit, pour être capable de vois fournier les nuances entre le gris du lac et celui ciel ce midi. On sait que ces gens de l’Arctique peuvent distinguer pus d’une dizaine de blancs, Il en va de leur survie quand ils chassent l’ours ou le phoque sur les banquises. En té cas c’est blanc !
Ça téléphone au polémiste (de service ?) ce matin. Invitation demain mercredi midi, chez Liza Frulla de la SRC (qui va jouer le néo-gagliano dans Saint-Léonard ?). Le sujet de discussion, à quatre ou cinq débaters,  » pour l’homoparentalité, oui ou non.  »
Je dis au recherchiste : je suis contre. Il dit :  » oui, on le savait bien. » Hum, j’aime pas q’on devine trop vite mes options idéologiques. Demain je dirai que je suis  » pour, c’est un fait, mais que je suis  » contre  » (hélas) cela pour l’épanouissement de ces enfants qui ont tous un besoin de grégarité, de la nécessaire identification au groupe, aux autres, à leur communauté. Réalité encombrante mais inévitable. Ces enfants —de deux mères lesbiennes par exemple— souffriront parmi leurs petits compagnons. Indéniable fait ! Oui, hélas !
On m’invite aussi à discuter —en duplex avec la jolie animatrice Isabelle Maréchal—  » Jeux olympiques et récolte de médailles  » aux nouvelles chez Pierre Bruneau. Le camion va se pointer ici vers 17h. J’ai lu, j’ai réfléchi, j’ai pris des notes sur une page de calepin.  » Prêt  » dit le boy-scout des débats tant aimés.
Aile me dit :  » Avec Isabelle Maréchal ?  » N’ajoute plus rien. Quoi ? Mon Dieu, la jalousie ? Elle me fait marcher ?, moi le vieillard au lunettes neuves et cette enfant post-post baby-boomer ? Allons ! Elle-Aile me nargue.
Télé hier soir : deux téléromans… je lis — » Coffre de cèdre « — au fond de mon fauteuil mais ce  » La vie, la vie  » me captive vite. Je lâche mon bouquin. Image de jeunes  » ados attardés « , velléitaires, qui se déroulent avec une légèreté (très soutenable ?) formant un récit aérien. Bon texte de Bourguignon, bonne réalisation de Saucier. Chapeau ! Voyant le jeune scénariste, pris déjà avec deux soupirants qui s’amourache subitement de la locataire du dessus, je m’exclame :  » Aile ! Non mais…quel branleux !  » Et Aile de dire :  » Tais-toi donc, Cloclo, songe à toi à 28, 29 ans, pas moins balançant !  » Ouasch ! Touché mais c’était avant de la connaître et de me fixer enfin sur cette âme sœur parfaite, elle, Aile. J’ai fermé ma trappe en té cas.
Un correspondant :  » Aimez-vous lire Nat Pétro, oui ou bin non ?  » Sa  » moyenne au bâton  » (métaphore !) est fort bonne. Ce matin, oh oui ! Excellente chronique à propos du  » baveux  » Ardisson (à TV-5, le mardi soir) nous moquant chez l’Arcand de CKAC. Elle a du talent, incontestablement. Nathalie dit fort que lorsqu’on est solide, sûr de son identité, de ce qu’on vaut, on est pas susceptible et on ne grimpe pas aux rideaux face aux incisives moqueries d’un animateur Parisien effronté. Très juste !
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Nono, hier à l’École des chefs, j’achète ce qu’il y a —et il y a peu cette fois— du jambon et légumes divers. Aile fâchée :  » Tu sais bien que je viens de faire cuire un beau gros jambon, non ?  » Gros jambon je suis, en effet ! J’ai pris aussi des chocolats et du gâteau… un peu  » passé date « . Aile se moque :  » Tu vas l’avoir la bedaine, continue, continue !  » Non mais… privé de desserts depuis 25 ans, j’ai bin l’droit…. Aile est  » salée, vinaigrée  » mais vrai que c’est cette privation qui m’a gardé du gros bedon !
Le Gala des prix Gémeaux (télé) s’en va chez l’yable ! Il reste SRC, T.Q et des producteurs privés qui branlent dans le manche.
Reproche : des émissions fort estimées du grand public sont éliminés par les (tas de) jurés, des pairs. Ah ces juges ! Épineuse question, questionnez les Salié-Pelletier ! Mon Aile a déjà été conscrite : tout un week-end printanier enfermée dans le noir, à visionner des tas de…navets et quelques réussites. Elle s’est éloignée vite de cette vilaine corvée. Qui accepte alors ces visionnements en chaîne ! Hum…De ratés, des désœuvrés, des  » has been  » floués, des envieux, des élitistes, des  » nez levés « , des snobs ? Comment savoir ? Voilà le fond du problème. Les vrais pairs, les actifs, les doués, les solides, les…Aile, dédaignent de jouer les juges, ou sont trop pris par leurs ouvrages. Alors ?
On entend, à tous ces galas-là, (oh !) des lauréats lucides qui affirment (statuette en mains) que l’art (de quelqu’ordre qu’il soit) n’est pas une affaire de rivalité. Ils méprisent ces concours, disent, avec raison, qu’on ne doit, jamais, comparer les talents si divers. Pourquoi comparer —évaluer, jauger— un créateur à un autre ?
Chacun a sa  » petite musique « . Et c’est vrai. On peut aimer l’ » Amarcord  » de Fellini et  » Cœur perdus en Atlantide  » ( vidéo loué récemment). Si on me dit :  » Auquel des deux films accorderais-tu un trophée ?  » Là, non, je refuse. Foin des comparaisons et sus aux rivalités niaises en matière artistique ! Nous nous comprenons, n’est-ce pas ? Il y a la question  » fric  » Ave raison le producteur Gabriele dit :  » Comparer un  » Omerta  » à presqu’un million l’heure avec  » Caserne 24  » qui coûte, lui, 400,000 $, c’est insensée.  »
Adieu donc ce Gala aux Gémeaux ? Tel qu’il est ,oui. N’y aurait-il pas moyen de fêter, en un dynamique gala, les bonnes productions de l’année écoulée, les vanter, les louanger par des témoignages divers (des populaires et des élitistes), écouter les créateurs expliquer —brièvement— leur démarche (avec anecdotes), tenter de faire remettre en circulation ces louangés tout en se débarrassant des statuettes ? Je dis que oui, moi.
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Je songeais à un échange franc avec mon camarade Dany Lafrenière :  » Se sent-on coupable, traître, quand, émigrant, on abandonne sa patrie mal-prise, (Haïti pour Dany) quand on se sauve, soi, d’abord ?  » Je le sais assez lucide et franc pour accepter un tel dialogue. Des intelligents, au Québec, sous ce damné Duplessis, ont fui à Paris. Nombreux. Au lieu de combattre la noirceur en joignant les isolés qui luttaient, ici, contre le conservatisme. Non ?
Je lis un témoignage bizarre d’un Torontois venu du Nigéria.
Il se nomme Ken Wiwa. Son père, tué, assassiné apparemment, expédiait Ken, adolescent, à Londres. Ce papa vénérait les valeurs des britanniques. Bien. Or, Wiwa déclare qu’à cause de leur impérialisme récent, les Anglais veulent  » assimiler  » les étrangers et craignent terriblement la  » noyade  » culturelle. Tiens, tiens ! Il fuit vers la France, à Cannes. Plagiste, il ressent toujours son déracinement. Cela lui pèse. D’autre part, il refuse  » la politique  » de son papa, homme d’action au Nigéria. Vieux combat père-fils quoi.
Il ira vagabonder ( le papa connu l’aide en cela, avant qu’il soit tué) su divers continents pour finir au Canada, à Toronto. Ken Wiwa découvre qu’ici sera sa nouvelle patrie. Qu’ au Canada il va pouvoir défendre l’esprit de ce père trop longtemps renié, combattu ! Ah ! Conversion donc ! Il consulte sans cesse les livres de son père et les lettres, dont celle, qu’il relit, où papa lui dit de  » toujours promouvoir à l’étranger ses valeurs africaines « .
En somme, ici, pas comme en Angleterre, on ne tente pas
d’assimiler. Quoi ? Ici, on ne s’intègre pas ? Il déclare :  » C’est ma mission, promouvoir mes racines.  » Hum ! Constituer un ghetto nigérien ? Ne jamais vraiment devenir, se sentir un Canadien ? Le déracinement fait cela ? Je me pose de sérieuses questions car moi, il me semble, m’exilant ailleurs, disons en Espagne, je voudrais devenir Espagnol au plus vite, ce libre choix d’une patrie nouvelle m’inviterait à m’ intégrer rapidement, que mes enfants soient des Espagnols et au plus tôt. Non ? Ken Wiwa semble refuser cette intégration normale et il fait erreur à mon avis. Que penser de nos émigrants Français de l’après-guerre qui envoyaient —guettoïdes— leurs rejetons à Stanislas, ou à Marie-Rose, qui ne se mélangeait pas trop aux nôtres ? Nous refusant un enrichissement estimable !  » Vaste question « , aurait dit De Gaulle ?
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Je suis en train de lire un succès de librairie :  » Pars vite et reviens tard  » de Fred Vargas. Le  » Coffre de cèdre  » de madame MacDonald, c’est pour lecture de chevet, au lit. Ce  » Pars vite…  » m’agace déjà. Un : c’est très franchouillard, du San Antonio sans, et tant mieux, l’  » argomanie  » et les  » calembours lourds  » de Frédéric Dard, cette  » merde des sots  » qui m’exaspère même chez Réjean Ducharme. Deux : le pas très plausible héros qui s’est fait  » crieur de petites nouvelles et d’avis de recherche  » proche de la gare de Lyon, dans l’est. Trois : le dialogues nombreux pour briller, dialogues qui, dans un roman, sont une facilité, offrant une sorte de faux-scénario de film ou de télé.  » Pars vite..  » est construit avec le genre  » meanwhile back to the ranch « …vous savez, la conduite de deux complot (intrigues) en parallèle. Faiblesse. Ouen ! Suis pas sûr du tout de poursuivre cette lecture vargasienne.
La franchouillardise, c’est quoi ? Avec Annie Arnaux, ou même avec Angot ( » Inceste « ), on ne subit pas ce parisianisme affligeant. Le Shlink de  » Le liseur  » (oh, comme c’est un bon roman !) ne fait pas dans l’exotisme berlinois ou allemand. Ni ce  » Coffre de cèdre  » se déroulant au bout du Cap Breton.
L’amie Marie-Josée B., scripte experte, rentre de Salt Lake City. Détour de son avion vers le sud, avec escale donc et fouilles après fouilles. Puis un avion pour Montréal. Attentes un peu partout. Au téléphone Aile, qui a lu la mère Cousineau de La Presse, lui apprend qu’elle vient de perdre sa  » boss « . Cette dernière, directrice des dramatiques à la SRC, démissionne en disant :  » Trop de gestion, de papelards administratifs et pas assez de fervents contacts avec la création « . Dans cette boîte (j’y fus trois décennies) les employés apprennent souvent les nouvelles fraîches par les journaux ! Du Kafka ? Oui.
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J’y reviens, dans Westmount… pour le complot filmé (vidéotisé ?), le projet d’assassiner le  » vieux  » despote au pouvoir, Mugabe. Élections dans 15 jours au Zimbabwe. L’agence  » D. et M.  » serait douteuse selon  » Associated Press  » parle de Montréal.
Eille, Montréal est encore  » sur la carte !  »
La cassette montrant les  » assassins virtuels  » à l’agence (de consultants politiques) d’Ari Ben-Menashe, (le PDG de ce  » Dickens et Mason, à Westmount) serait trafiquée. Bon !  » Traître  » ce Morgan Tsvangirai, proclament les gens de Mugabe.
À suivre. J’en parle car me voilà tout étonné (candide ?) de voir l’Afrique lointaine rôdant dans nos murs ! De constater que des activistes Noirs ont, ici, des liens…des contacts. Non mais…quelles drôles de ficelles (économiques ?) se tissent jusque chez nous ? Ainsi, même surprise chez moi lorsqu’on arrêtait, à Québec, (étudiant en sciences politiques, à Laval !) un dangereux exciteur démago, officiel enragé en faveur du génocide atroce des Tutsis du Rwanda.
’Coute-donc, ça sera-t-y vrai que nos frontières sont des passoires (accusation de W. Bush) ? Serions-nous des ingénues plorines, des caves bien cons, des niaiseux ? Ou bien, au contraire, nos  » énarques  » se frottent volontiers à  » la lie de la terre  » que constituent tous ces réseaux d’agitateurs au Tiers-Monde… et d’ailleurs ?
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André Pratte, chef édito à  » La Presse « , commente ce matin :
 » Nos politiciens (sondages) aussi mal aimés que les vendeurs retors de chars usagés.  » Oh ! Pratte parle du John Charest virant de bord sur les défusions, du Gerry Tremblay, le maire tout neuf déjà embourbé dans le favoritisme crasse avec son plantureux contrat à son ex-institution, IPSE, des Bréard, Baril, Gagliano…. La méfiance grandit. Aussi le danger ! En démocratie quand la confiance s’en va…le pire peut advenir : le  » chacun-pour-soi « , l’individualisme à outrance.
Je l’aimais, enfant, sans le connaître, ce dessinateur de films d’animation, notre si grande joie enfant. Merci, merci M. Jones qui vient de partir à 89 ans.  » Sylvester le chat « ,  » Bugs Bunny  » …le vilain renard ne va plus courir après Road Runner…bip, bip ! Salut vieil amuseur de nos jeunesses pauvres, nous adorions voir les plus faibles gagner sur les plus gros ! Adieu Chuck Jones !
Des disciples de Mahomet —leur Jésus à eux monté armé et à cheval au paradis— lancent des roches à Satan…et aussi à Safiva Husaini (36 ans).  » Lapidation à mort « , le corps enterré préalablement (!),  » crime d’État  » (parole de Hugo) prévue pour le 18 mars, en public. Ça lui apprendra à accoucher d’un enfant hors des liens sacrés de la…polygamie! On rit pas avec les madames Bovary, Desqueyroux ou les Anna Karénine au Nigéria (encore !). Le ministre d’État Denis Paradis tente de s’opposer à cette exécution à coup de cailloux. Non mais… la religion des fois.
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Le chroniqueur Fugère, tant moqué par Lévesque (Robert), salivait d’aise à  » Cent titres  » pour du journal ! Bon présage si jamais  » Cent titres  » m’invite (ce sera une première) à la parution de mes Journées Nettes ? Pas sûr. Ce  » Mausolée des amants « , serait le journal intime de Guibert, mort du sida. L’amant de ce mausolée-journal en est mort aussi, Thierry qui avait une compagne, Christine. C’est Christine qui publie l’ouvrage posthume. On y lirait la haine viscérale de Guibert pour sa mère et son père. Bon. Cela manque ici, vous le savez bien ! Ça parle aussi, dit Fugère, sur son besoin de porno ! Merde, ça aussi, inexistant ici ! Son amant mort, un Thierry bi-machin, aurait mis au monde deux enfants élevés par sa zélote Christine ! Ce Guibert faisait de la photographie aussi, on en voit dans son journal.
J’avais lu son  » À l’ami…  » qui bavassait sur le cropophagie honteuse du fameux philo-socio-psycho, Foucault, en séjour californien ! Édifiante amitié ! Thierry donc mort du sida, le Guibert épousa son épousera la dévouée Christine ! Non mais…Fugère, épaté, ému,, apprécie grandement, lui !
Si j’ajoutais à ce journal de ces  » épices « , juste pour rire, juste pour voir ? Quoi donc ? Aile, la nuit, sort et va aux boisés voisins, mont Loup-Garou, pour copuler avec des ours noirs !
Non ? C’est pas assez ? Euh, attendez, à l’aube, je me déguise en putain et je vais chier sur le porche de l’église de Saint-Adèle. Non ? Plus fort ? Ah pis zut ! Je reste ce que je suis, un ennuyeux petit bourgeois !
8-
Un vrai méchant ? Un homme jeune, 28 ans, aux USA, proprio d’un crématorium, trichait ses clients endeuillés. Il donnait des urnes funéraires contenant des fausses cendres (de bois). On découvre des tas des dépouilles dans son champ vacant : 139 cadavres ! Il dit qu’il n’ avait plus d’argent pour opérer correctement. Stupéfaction des survivants, on peut l’imaginer. Douleurs effroyables. Drôle de  » cassé « , non ?
Oh ! On sonne ! V’là le truck de TVA pour me duplexer avec le Bruneau des nouvelles, je gage.

Le lundi 25 février 2002

Le lundi 25 février 2002
1-
Quelle douceur dehors ce matin. Un 25 février ! Rare cela ! Saison touristique bousillée à jamais, hélas, pour nos affairistes. Et les jobs tout autour. Hier, subitement, plus un chat sur les pistes autour du lac ! Ah, le hockey s’amenait aux J.O. Tout le monde aux écrans ! Me voilà redevenu le gamin surveillant le match au Forum, via la radio, quand j’avais 15 ans ! Surpris le premier de m’exciter tant à chaque but compté par ce club de jeunes millionnaires Canadians (et quelques frenchies ). Aile fort amusée de me cris, de mes avis, de mes bons conseils, de mes jurons, de ma verve de « gérant d’estrade ». Je m’amusais bien. Notre Étonnement à tous deux de ce soudain patriotisme singulier. C’est cela les J.O ? Dans les « canards » l’on s’insurge de ce patriotisme ou bien on l’approuve carrément. Oui : C’est donc aussi cela les J.O. ? Hon ! Les adversaires des nationalismes doivent en baver ! La vérité se trouve concentré derrière cette grande fête universaliste qui cache mal une sorte de chauvinisme inévitable.
J’ai apprécié, beaucoup, au spectacle d’ouverture, cette parade étonnante, faite de personnages gigantesques de chiffon, (nylon ?) ça volait au vent de Salt Lake City. Beauté fantastique ! On y jette des fortunes c’est certain. Hier soir, spectacle de fermeture, c’est lent, long… et vers la fin, de nouveau du spectaculaire inouï ! Ce couple de squelettes de « dinosaures » géant, articulé, fort impressionnant ! Ces figures géantes avec des tissus ultra-légers, encore une parade, un défilé renversant. Ces jets de peinture « garrochés » sur la glace, oh ! Ces silhouettes, immenses marionnettes « à tiges » (création antique des Javanais, disait-on), ces gros ballons blancs qui déboulent du fond des estrades… Oh ! Ces oiseaux blancs manipulés par des gens en noir et ces baguettes (boudins) phosphorescentes, ces spectres mouvants au fluor multicolore, la foule elle-même et ses innombrables lumignons… Oh !
Ah oui, vraiment, ces « chiards » visuels ruineux extravagants offrent un visuel unique chaque fois que les J.O. débutent ou se terminent. L’ex-scénographe en bave de joie, savez-vous. Ainsi de ces étonnantes projections d’images sur les immenses drapeaux rectangulaires… effets optiques merveilleux !
Souvenir : avec des moyens modestes, et en peu de jours, du temps d’ « Âge tendre », télé-jeunesse, je tentais de ces essais visuels avec projections. Nous étions en 1966, un an avant Expo,67, j’en cause abondamment dans un chapitre de mon « Je vous dis merci ». Nos modestes essais de scénographie nouvelle étaient les bons, désormais, ces effets visuels sont la crème des « designers » actuels. À un certain théâtre avant-gardiste (j’ai vu « Le ventriloque » et « La face cachée de la lune »), ils font florès. J’y reviendrai. Ce cinétisme vient des débuts du cinématographe. On tente d’abattre les décors d’antan, on veut un environnement visuel suggestif, moins réaliste (Lepage , Maheu etc.). Mais pour monter, par exemples : « Mort d’un commis voyageur », ou « Ménagerie de verre », ou « Les belles sœurs », peut-on éviter de signaler les lieux réalistes de ces drames prosaïques ? Ça se peut. Il y faut du génie en symbolisme ! On me dit que pour le « Au cœur de la rose », texte réaliste de Perrault, on a eu recours à des images projetées, prises des films de ce Perrault. Bonne idée sans doute.
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Nous sommes attachés, Aile et mi, à ce Guillaume Durand qui anime « Campus », le dimanche soir. Merci magnéto enregistreur. « C’est un très bel homme », me redit Aile. Hum, jalousie tue ! Et il est fort habile, brillant même, pour conduire sa bande de questionnés et leurs livres frais sortis des imprimeurs. Le successeur de B. Pivot a sa formule : un, invités (trois ou cinq) pour de neuves publications. Hier :Robert Hossein, l’ex-playboy, la « vedette » converti à Jésus, l’ex-kioute actrice Mylène Demonjeot (très vache dans son livre avec sa belle-mère Simone Signoret, oh !) et un psychanalyste, Serge Tisseron avec « L’intimité surexposé ». Il a jasé sur « presse populaire et presse « de caniveau », oh !.
Donc, à « Campus » il y a « thème » souvent. Hier : la célébrité « quossa donne ! » et le narissisme des « stars » serait un effrayant cul-de-sac, une impasse. Intelligent choix ce « thème limité » car il sort tant de livres, et chaque jour, en France. Deuxième segment du « Campus » ? Des archives visuelles aux images surprenantes parfois. Hier, feu Romy Schneider (hum, ortho ?) au bord des larmes relatant ce paparazzi déguisé en infirmier pour capter le fils mort dans un hôpital.
Trois : débat sur un sujet d’actualité (hier la judéophobie renaissante en France. Hier, le président, un « beur », de « SOS-racisme » qui s’est enragé contre un publiant : « Encore un fois, l’on tente de cibler de façon raciste tout le monde émigrant arabe de Paris ! » En effet, avec ce président israélien Sharon agressif, le chef Arafat interdit de circuler, l’ « intifada » nouveau…on soupçonne —solidarité pro-palestienne— les «araboïdes » français d’agressions, de vandalisme etc. Enfin, quatrième segment de « Campus » : des critiques prestigieux face à des auteurs aux nouvelles pontes. Moments de bonté !
On y trouve aussi des entrevues souvent : hier, c’était un romancier britannique déclarant : « C’est totalement fini le prestige de la France d’hier (du temps des Sartre, Malraux, Camus, spécifie-t-il) chez moi en Grande-Bretagne ! Désormais il se publie tellement de bons livres en anglais. Et il y a les anglos d’Australie, du Canada. »
L’hypocrite passait vite sur l’immense et puissante vague des livres publiés in USA. C’est sans aucun doute vrai. La littérature de Paris « a pris le bord » en Occident ! Hélas ! C’est « l’axe amériano-anglo-germano etc. », un impérialisme culturel. Je parle souvent de cet « axe » envahissant et cela fait sourire ma chère Aile ! Comme si je souffrais d’une fixation. Est-elle, ma foi, aveugle ? Mais oui, il y a un « axe mondialiste » des « anglophiles » avec, tête de proue, la langue américaine toute puissante. Cet axe (non pas du mal, oh non !) du « monde culturel » (avec « dumping » partout, en chansons, cinéma, télé, livres) règne sur tous les continents. Son moteur principal est les États-Unis. Inévitable conséquence de sa puissance économique actuel.
Tout cela, je reviens à « Campus », se déroule à un train d’enfer. « Campus » est fort stimulant mais il faut ouvrir les oreilles, « La fureur » c’est plus facile ! Bernard Pivot semble maintenant un « tit mon oncle » en fauteuil dans ses pantoufles. Reste qu’il y a eu, bien sûr, des rencontres fortes chez « Bouillon de culture ».
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Soudain, surgit le fécond auteur Juif-Français, ex-conseiller de Mitterrand, banquier en difficulté à Londres, Jacques Attali. Son « Les Juifs et le monde de l’argent » lui a valu des accusations de favoriser la judéophobie ! J’en au parlé déjà. Sa thèse ? Attali dit : « le monde chrétien comme le monde mahométan interdisait les profits, la spéculation, les rapports très commerciaux entre des mondes divers, la manipulation franche de l’argent. Cet aspect de son livre me fascine. Le reste, moins.
Alors on aurait chargé les Juifs —des nomades comme forcé, obligé ce « exilés » (empêchés de possession du sol )— d’organiser « le commerce de l’argent ». La Thora, dit Attali, n’aurait rien contre l’argent et les intérêts s’y rattachant, ah ? Le monde eut soudain besoin de crédits pour ses immenses projets (exemple : Colomb vers les découvertes, dit-il). Alors gigantesques montages financiers échafaudés par les Juifs ! Ce fut le départ (dès 1534) du Juif-puissant-homme-de-finance, indispensable. Sales besognes ? Pas pour l’israrélite, il,aceptait volontierrs d’être l’intermédiaire « indispensable », l’expert.
Son livre avec ce sujet, l’argent (Hitler en faisait son grief essentiel : l’Allemagne était contrôlé par les banquiers et financiers juif !) énerve évidemment. Attali dira à ce Campus d’hier : « Le juif veut partager la richesse, ce n’est qu’un instrument pour lui. Hum
Tous des altruistes, mon Jacques ? « L’argent ne lui est jamais pas une fin, s’exclamait-il, mais un « moyen » d’aider les autres. » Toujours ? Vision candide, intéressée ? Angélisme douteux ? Il a parlé de Hollywood, machine juive par excellence, (qu’un Marlon Brando a regretté de pointer du doigt ) comme d’un merveilleux « vouloir communiquer » avec le monde ! Succès inespéré, ça ! Il a dit, il y a eu différents Juifs selon le pays, site : Un « Marx » ou un « Rothschild ». En Russie, vu la situation, le Juif ordonnera, participera à la révolution, en Amérique, plein de banquiers juifs prospères, ce fut toute autre chose. Tu parles ! Bref, une entrevue néanmoins captivante.
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Ah mon Dieu, je pourrais jacasser (jasminer ? jaspiner ?) sur tant de pages ! Ce journal aurait mille pages aux six mois ! Embêtant pour l’éditeur. Je me retiens.
5-
Téléphone tantôt : Pierre Bruneau de TYVA, me veut ce soir pour « opinionner » sur les J.O. Le camions s’en vient. Joie de pouvoir dire tout le bien que je pense sur les spectacles de ces Jeux. Magoulles, juges vendus ?, oui, oui, il reste que ce grand « pow wow » est une occasion de rencontres entre nations variées pour tant de jeunes volontaristes aux physiques impeccables. Je vais casser ce soir mon image de « chialeux » de « critiqueux, de négatif Youpi ! Re-téléphone : » Ici Anabelle de TVA, merde, on a pas de camion à antenne. On se reprendra. Enfin, je cherche encore ! Je vous recontacterai. » Qu’elle trouve un camion et vite.
Voilà que des adultes faits, « garrochent » des cailloux sur Satan ! Rituel religieux coranique, à Mina, près du Mont Ararat ! J’en reviens pas. En 2002 ? Je pense à cet arbre « méchant », désigné par moi, (un pin qui étouffait de jeunes pousses tout autour) pour que mes petits-fils puissent se défouler au parc Sophie-Barat !Ils fouettaient ce pin avec une vigueur, si heureux ! Mais là-bas, des Arabes adultes ? Folie religieuse infantilisante !
Mon amie la merveilleuse Marguerite Lescop (deux ou trois livre publiés) obtiendra « l’Ordre du Canada » ! Et moi ? Sis-je un chien ? Avec mes livre en hautes piles ! Rien ? Jamais de médaille
Fédérale. Je crache mes impôts la-bas ! Injustice. Quoi ? On sait que je suis un indépendantiste ! Pis ? Répétez-le : Jasmin accepterait toutes les décorations (j’ai jamais eu de médaille à l’école !). Je dirais à Ottawa : « j’accepte volontiers cette reconnaissance d’un pays voisin et ami ! » Quoi ? Ah, c’est cela qu’ils veulent pas entendre. Bon.
Les gazettes du jour : la Royal Bank of Canada. Bénéfices en hausse, 734 m. de $, de profits nets ! L’action a monté de une piastre et quinze cents ! Actionnaires contents ! Qui la bouclent quand on congédie des caissières ! J’en ai parlé.
Foglia hier : « les athlètes sont des « sans le sous ». Seuls gagnent bien les permanents des organisations diverses, les fonctionnaires des fédérations et les reporters en sport. » Ça me fait penser aux écrivains : vivent bien les bureaucrates du « livre », les professeurs de littérature et les chroniqueurs de livres. Pas ceux qui les font ! Eh ! Partout même histoire quoi !
7-
Proche de Syracuse, les indiens de la variété Oneidas, vivent enfin dans un certain le confort. Avec le vice du jeu. Casinos indiens bien installés. Avec hôtels, golfs, etc. Pas d’impôts fonciers à payer. Oh ! Mais ils donnent aux écoles de la région (13 M. de $). 600 jobs ! Ils sont mille ! Quatre millions de visiteurs, 85% de Blancs. Les Mohicans du Wisconsin vont s’y mettre et aussi les Mohegans du Connecticut. Vive le vice !
Jadis, ici, le « jeu » était un grave péché, condamné par les bien-pensants et les curés. Enfant j’entendais dire les ravages de cette manie pour cons candides et « exploités », jouet utilisé, tous victimes, pauvres garés, jouets de leurs faiblesses d’homme. Ici, le vertueux catholicard Jean Drapeau menait campagne contre le jeu (et tant d’autres horreurs telles les stripteaseuses à la « Peache », à la « Lili St-Cyr »). Puis, il sera le premier à installer une loterie publique ! Ce sépulcre blanchi virait capot ! En 2002, c’est une industrie de l’État ! Et « pas à peu près » comme dit le bénéficiaire de la sécurité sociale… qui rêve, se rendant aux comptoirs de « l’État-Mafia », de gagner sans cesse. Une chance sur 13 millions !
8-
Avant-hier, Isabelle Hachey (« La Presse » à Londres) a tenté de nous faire pleurer avec son long article. Imaginez-vous donc, les jeunes Britanniques se contentent de la langue américano-anglaise ! Hon ! Ils risquent de finir le cul sur la paille, écrit-elle ! Il faut craindre pur leur avenir à ces inconscients unilingues anglais !Est folle ! Juges et parties des profs de français à Londres se lamentent de cette insouciance scolaire ! De qui se moque-t-on ? La « lingua franca » triomphe sur tous les continents.
Et si jamais un étudiant londonien se fait offrir un job en Espagne, b’en il ira chez Berlitz, crachanty un peu d’argent, ça prend un petit mois, maximum. Pour l’allemand, pour l’italien…idem. Quelle connerie cet article !
Cela dit, j’aimerais bien apprendre l’italien, j’aime tant cette bella lingua ! L’espagnol me serait plus pratique ? Bon. Je m’y mettrai un bon jour.
9-
Ça vient de paraître : Claude Masson, rédacteur en chef et mon ami de « La Presse », a été tué par un kamikaze. Eh oui !C’est officiel. Washington va le déclarer bientôt. L’enquête est close et en Egypte ça gueule !
Gamil al-Battouti a été un autre « fou d’Allah » comme ceux des deux tours de Manhattan !Il a voulu ce fatal plongeon de son avion dans l’océan. Haïr ces intégristes déboussolés ? Oui, je les hais. J’aimais beaucoup Claude Masson, d’une gérance habile, ferme et à la fois diplomatique, croyant modeste, doux et humble de cœur, généreux, curieux. Masson m’avait permis de dialoguer publiquement dans son « canard », d’abord avec Daniel, mon fils, durant vingt-six semaines. Et puis, plu tard, avec David, mon petit-fils durant tout un été. Un jour, avec l’épouse aimée, il part en vacances pour visiter le patrimoine fantastique de l’Égypte. Ce pathétique islamiste, Gamil al- Battouti fait sa prière coranique et, Allah ou Akbar, fonce dans la mer. Mort de Claude. Masson ne sourira plus jamais, à personne. Je le hais tellement ce Gamil-du-diable ! Comme je hais tous les fondamentalistes accrochés à « la lettre » des écritures antiques des livres qu’ on dit « saints ».
10-
L’imagier Denis Marleau fait de « son » théâtre au musée d’art contemporain, Place des arts. Bien à sa place ! Je m’étais endormi à son « Les trois derniers jours de Pessoa » où Marleau projetait des effets mouvants sur le visage masqué du bon acteur Savoie, immobilisé hélas dans sa couchette d’agonie. Cette foi avec « Les aveugles », Marleau économise aussi, le Savoie et la Bonnier joue douze les rôles.
Nous apprenons que cet inventeur de « gamiques » visuelles a des sources, des inspirateurs. Par exemple, à Bordeaux, Tony Oursler, un vidéaste américain, démontrait ses projections lumineuses su des mannequins ! (J’ai joué de ces effets pour des variétés en 1966, j’en ai parlé. C’est excellent au music-hall). Luc Courchesne, utilisait la machine (1900) de Raoul Grimoin-Sanson.
Lentille de 360 degrés. Écran transparent. Effets de spectres. Cela amènera l’ONF, à Expo’67, à offrir son écran total. Genre : la police cheval dans les Rocheuses. Bon chic, bon genre « kioute », travelogue-pour-tourisme » sur notre grand Canada. Viendront les dix (10) projecteurs en un du IMAX.
Avec son « Les aveugles » inspiré de Maeterlinck, Marleau immobilise ses acteurs, « c’est statique », dit un chroniqueur. Ça doit. En France, Gaston Baty, un du fameux « cartel » de théâtre, dominateur ou lassé des initiatives (normales en équipe) des comédiens finira sa carrière avec… des marionnettes ! Le dictateur, ainsi, est sûr d’être obéi ! J’ai fait des marionnettes (à gaine) jeune, vrai, aucune rouspétance dans ma petite troupe de poupées dociles.
11-
Quatre Acadiens, aux Communes d’Ottawa, pour raison de parti, refusent d’appuyer la demande d’excuses à Londres pour la pire infamie jamais exécutée ici, la déportation des paysans en 1755. L’horreur pourtant ! Faut les pointer du doigt : Leblanc, Castonguay, Thibault et Claudette Bradshaw. Quatre cloches-députés ! Un fier avocat « Cadien », de la Louisiane, a mené ce combat essentiel, une bataille de 12 ans et le député bloquiste, Bergeron le félicite. En Acadie, le vétéran de ces combats, le patriote Chiasson, a repris courage. « Ça prendra 3 ans encore pour que Londres bouge et fasse amende honorable et normale pour cette écoeuranterie historique (commandée par le Lawrence et ses sbires). La « commande » d’excuses est en route ! En 2005, ce sera le 250 ième triste anniversaire du fait odieux. Une commémoration se prépare en grande. Bravo !
400 ans qu’ils se souviennent les spoliés de Port Royal. Vaincus depuis 1710 pourtant, il faudra aux monstres britanniques 45 ans pour mettre à exécution leur « nettoyage ethnique » dégueu. Les agriculteurs qui avaient défriché et tout, victimes de ce « petit » (sic :selon un anglo finfin) génocide ( il y en a des petits et des grands ?) enfin autorisés à revenir dans leur patrie, devenus des « sans terres » depuis ces vols crasseux, se feront pêcheurs par la force des choses.
En 1765, on en laissa rentrer ici au Québec, à l’Assomption ce sera « grande corvée », les Acadiens couchant dans les granges tout un printemps et un été, ainsi naîtra un Saint-Jacques de l’achigan, leur nouvelle « petite patrie ». Ceux que cela captivent peuvent lire mon « Outaragassi » —le nom indien de L’Assomption— publié en 1968 chez Sogides. En 1755, un Milosevic « bloke » commettait la pire affreuseté dans le pays maritime, notre finistère.
12-
Hier, cahier Lectures, mon prochain éditeur n’aurait pas dû « exécuter » le show « Notre-Dame de Paris » de Plamondon. Il y a là amalgame déplacée. L’énorme succès de sa comédie musicale ne voulait qu’évoquer le roman de Hugo. Cela se fait pour toute la littérature « classique » et les contes universels, depuis toujours. « Les gueux du show font ballet-madame Chiriaeff et sont costumés façon Christian Dior », écrit Beaulieu. Vrai mais c’est « la game » en ce domaine et personne ne s’attend à « relire » du Hugo sur cette sorte de scène à couplets, à musique pop, à caracolages gymnastiques.
Dimanche, son : « L’intégrisme inversé face à la tolérance » est de bien meilleur cru. Il fait voir mon influence sur ce cadet. Beaulieu venait de me lire (« Écrire ») sur ma définition du
« racisme inverti » : ce racisme étrange rend admirable tout ce qui vient d’ailleurs et minable tout ce qui est d’ici. J’ai dit ! Riez.
Jeune, j’ai aimé John Steinbeck (« Les raisins de la colère », « À l’est de l’Eden »), le reportage de dimanche (La Presse) illustrait le pèlerinage pour se admirateurs. Monterey. Vastes collines, plaines agricoles, la mer, ruines d’un village-de-compagnie pour ouvriers (en sardines), etc. J’étais jaloux de lui. Moi, un jour, quoi montrer à mes groupes de dévots, en 2080. Pauvre quartier Villeray ben peu exotique ! Riez.
Je marque « riez » car un courriel me montre que mon humour est pas visible parfois. Ma correspondante a cru que j’enviais Michel Tremblay pour son beau site sur Internet !Je blaguais, lui ais-je répondu. J’aime et j’admire Tremblay, il a été un auteur (lui ais-je écrit) essentiel ici !
Ce matin, Chapleau y va franc avec l’Arabe aux mains nus et l’Israélien monté sur son gros char blindé. On lit en légende : « Violence cessante on va se parler d’égal à égal ».
Oh, oh ! Va-t-on l’accuser de judéophobie ?
13-
J’ai toujours bossé (à CJMS, CKVL, à TQS, chez plusieurs éditeurs) sans contrat. Pas de collier pour le loup ! Ainsi, j’étais libre de partir n’importe quand. Et les patrons de me virer si insatisfaits de mon ouvrage. Normal, non ? Cela sans agent, sans gérant, sans avocat, sans manager quoi. Voilà qu’une animatrice, Isabelle Maréchal —qui a tout cela— poursuit CKAC qui l’a virée, pour 300,000 $ ! Diable ! Le monde change. Les jeunes sont durs.
14-
Rions : un célèbre grammairien (j’oublie son nom, merde) siégeait au DIP (ex-faux, ministère de l’éduc) et quand on présentait son manuel scolaire, soupçonné, il affirmait qu’il sortait dans le couloir (!) durant les délibérations de ses bons copains du DIP. Ce fut la risée générale dans nos médias, avec raison. Le ridicule tue, il est mort pas longtemps après ses pieuses protestations. Voici que Daniel Gourd de Radio-Canada nous sert cette farce. Quand son Vincent de fils présente un projet de télé :il sort. Mieux, il repousse le projet de fiston à l’étage au-dessus cher sa collègue Michèle Fortin, son boss.
Pas le premier a s’excuser dans ce sens. « Je me retire dans le corridor, quoi ! » On se souvient de Chrétien…de Béard…de Baril, du frère à John Charest…de qui encore ! Peuple « té toé ».
15-
Un honorable et responsable citoyenne de Hull découvrant certaines B.D. malsaines (il y en a pas mal, je les recevais un pour recension à La presse) veut que la bibliothèque municipale retire ce stock loin des enfants. Un (auteur inconnu au régiment) Charles Montpetit crie vite, vite à l’affreuse censure et réussit à enrôler mon Union (Uneq) dans sa protestation, hélas !
Dans Voir, un autre « fêlé du coco » (Céline) s’effarouche à son tour sur le même sujet. Ces énervés —alliés objectifs des dessinateurs dépravés— ignorent que les excès des petits fous attirent toujours censure et le reste. Au lieu de pointer ces déboussolés en grossièretés voyeuristes, pointent de valeureuses personnes qui veulent faire la différence entre audace de bonne venue et lubricité bien conne. Des coups de pied se perdent….
16-
Louis Cornellier, prof de Joliette et excellent critique d’essais, a osé recommander d’enseigner d’abord, avant les Français célèbres, la littérature d’ici, j’en ai parlé. Ce matin, encore une « fraîche » pincée qui le blâme et se réclame de l’universalisme…Toujours l’universalisme des autres, jamais le nôtre ! Un sens unique quoi. Aucun Thériault, ni Ferron, ni Gabrielle Roy dans les études en France, vous voulez gager ? Une dame de France (Mad. Guiserix, une cousine d’Astérix ?) y va de son grain de sel et dira : « Il y a votre beau Maria Chapedelaine, aux côtés de Balzac, Hugo, et Zola… », non mais… C’est un bon roman écrit par… un Français en voyage au Saguenay, Louis Hémon. Mais il est venu un brillant dans ce débat disant : le grand Proust commence par parler de son cher Combray natal pour, ensuite, amener Venise. Vrai.
Un nostalgique, lui, se range pour les livres de France et s’émeut encore de son dynamique prof au collège de l’Assomption, sorti de la Sorbonne, spécifie-t-il, et qui savait tant les remuer avec les manuels « made in Paris. » Je vous le dis, le colonialisme ne cessera pas demain !
17-
Ce matin une « lettre ouverte » admonestant Michèle Ouimet de « La presse « . Micheline Carrier dit « pas de religion (ni voile, ni couteau islamique, ni burga, ni crucifix ) d’aucune sorte à l’école. Que c’est l’affaire des familles et des églises d’enseigner la religion. La réponse ? « Peut-on aller plus vite que les mentalités » ?, et « Le Québec n’est pas prêt ». Eh b’en ! Voilà l’héroïsme des éditorialistes ? Oui, il faut oser militer pour des réformes. Ouimet se range, patiente, va attendre l’évolution des mentalités d’ici. Belle mentalité pour une « réfléchisseuse » payée pour justement discuter de l’état des mentalités, secouer des jougs. Provoquer des changements. Est-ce la soumission à la clientèle (du journal ) qu’il ne faut pas trop brasser…en cas de pertes d’annonces. Du marketing ?
Cette même journaliste fut, il y a peu, clair et net. Ouimet a fustigé ce machin « IPSE », coûteux, inventé avant son élection par le maire Tremblay, l’allié des anglos francophobes (il y en d’autres, Dieu merci) et des défusionneurs (tel John Charest). Elle a détesté le jargon de ces « aristos » copains de Tremblay. Ah si j’utilisais ce dédain terrible de Ouimet pour les « jargonneux » en littérature, est-ce que je m’en ferais des ennemis. Ce sera fait bientôt , vous lirez mon « Écrire » qui s’en vient. Le jargon péteux de broue y goûte !

Le dimanche 24 février 2002

Le dimanche 24 février 2002
1-
Un dimanche de grisaille. Bon. On va pouvoir terminer de défricher notre paquet de journaux qui traîne dont les Voir, Ici, Nouvel Obs, etc. C’est rare mais ce matin, à huit heures, debout déjà. Aile me croise —les pipis du matin— et fait : « Viens te recoucher, je t’en prie ! » Oh lala ! Qui résisterait à pareille invite ? Pas moi. Retour au lit et après la fête, ablutions de rigueur. Mes céréales, besoin de fibres, du café et, oui, cigarettes maudites, puis les journaux. Rituel. Conformisme. Eh oui ! Envie souvent de casser ce moule. Promesse vague : le printemps venu, foin des canards imprimés et vite dehors ! On verra ça ! Drogue infâme : lire vite les actualités. Chez Aile, constamment, un certain guet des…fatalités. Son besoin bizarre d’événements dramatiques ! Son côté « espagnole », via sa mère, l’Yvonne, un peu De Gartia ( côté maternelle) ! Je déteste la routine et pourtant…
Hier soir, cinéma en bas de la côte Morin. « Le collectionneur ». Excellent film de genre, basé sur un roman de Christine Brouillettte, titre éponyme, du bon boulot Beaudin. Moi qui accus souvent nos critiques de complaisance, cette fois, nous les jugeons trop froids. « Le collectionneur » peut rivaliser avec n’importe quel autre fils « policier », USA compris. Avec un zest d’horreur. L’acteur Luc Picard, une fois de plus, parfait en « tueur en série », en « serial killer » proclame Paris l’anglifiée. Redisions-le, la ville de Québec (le Vieux) est un bijou visuel. Oh les belles images ici et là ! J’oublie le nom du jeune qui exécute à la perfection un ado prostitué (un « commercial ») mêlé au drame de ce détective, inspecteur de police, « limière » (?), en robe, personnage incarné avec un parfait brio par (cette policière Maud Graham, enquêteuse brillante) Maud (ah !) Guérin.
Notre fierté, hier soir, en sortant du « Pine », d’avoir vu un autre produit cinématographique d’ici livré avec un talent formidable. Ce Jean Beaudin peut désormais s’affirmer, sans la moindre hésitation, comme un très solide cinéaste, capable de réaliser n’importe quoi. Avec puissance. Avec efficacité. Chapeau !
2-
En rentrant : visionnement à T.Q. des « Francs tireurs ». Diable ! Un contenu extrêmement fort. En deux temps. Un : Richard Martineau à la cour du « fou » Raël, celui qui a été enlevé vers une planète voisine (eh !) par des extraterrestres et a pu dîné, mais oui, avec Abraham, Moïse, Mahomet et Jésus en personne. Qui a eu une mission de ses « Éloïms » : préparer leur venue prochaine. Le but : améliorer nos existences. Quoi ? Rien que cela ! Martineau l’a cuisiné avec humour et intelligence. L’ex-courseur-automobile et reporter est un fin finaud. Il ne cesse de démolir les « folies » du catholiscisme et affirme que lui et ses « fans » sont du côté moderne, avec la science. Étonnant et divertissant dialogue, je vous jure. Il est habile, sort de bons arguments, mais reste de glace quand R.M. tente de le contredire.
Il y aurait —dit le Grand prêtre tout de blanc vêtu, tel un pape— plus de 50,000 membres du raélisme dans le monde. « Surtout en Asie, notre numéro 1, et en Afrique , qui sera notre territoire numéro 2 sous peu.
L’État québécois —à nos frais— signale officiellement (les écriteaux en bleu et blanc, vous savez comme pour hôtel ou zoo) autour de Valcour, le site de « UFOLAND » (en langue américaine bien entendu). De la télé excitante : on a pas tous les jours l’occasion de rigoler. La patente possède pour 8 millions de fonds. Le pape dira : « Quoi ? C’est tellement, tellement moins que le Vatican, non ? » Décidément il a une fixation anti-romaine ! « Nos livres (leurs « Bibles, leur Thora ») sont distribués par Québécor, dit-il, mais c’est moins cher de se les procurer directement chez nous ! » Un marchand ? Il s’en vante. « Oui, oui, nous aimons l’argent , nous voulons beaucoup d’argent, j’invite mes zélotes à me coucher sur leur testament. L’argent est bien et bon, ce n’est pas un péché l’argent chez nous ! » On aura compris.
Quand Martineau lui dit : « ou vous croyez à tout cela, ou vous n’y croyez pas, si oui, vous êtes, à mes yeux, un fou ! », il dit : « Êtes-vous psychiatre ? Montrez-moi vos diplômes ? Qui êtes-vous pour déclarer « folie » ? Le questionneur ose : « Qui vous a paru le plus intéressant sur cette planète lors de votre voyage ? » Il rétorque et sans rire : « Moïse ! Il a le plus d’humour ! » j’adore la télé, moi, quand elle fait voir pareil hurluberlu. Pas vous ?
Deux : avec Dutrisac en juge, ce deuxième segment des « Francs Tireurs » aborde un : Les banques sont-elles coupables de malhonnêteté? » Ou : les banques sont-elles des services publics corrects comme elles le prétendent dans leurs publicités ? Défilé à la barre des témoins de connaisseurs (dont Michel Girard de « La presse ») en économie et le verdict tombe : « Oui, les banques (et les Caisses Desjardins), congédieurs furibonds, font des profits qui grimpent chaque année et sont des voleuses. »
Un petit 2% d’intérêt pour l’argent déposé et 13 % pour leurs cartes de crédit toujours vantées, 20% (aînés, analphabètes fonctionnels, etc.) des gens sont incapables d’aller aux guichets automatiques —qu’elles recommandent sans cesse pour mieux congédier et toujours diminuer le service offert aux guichets normaux. On a dit :il y a « le gratin » et « le crottin », nous tous ! On a dit : des gangs de bons copains, des salaires faramineux aux PDG (ces vulgaires « dégraisseurs », débaucheurs d’employés !), aux directeurs de C.A. fantastiques émoluments aux « bons amis » (Yves Michaud) Ça revolait !Et bang !
Avec entrain, la démonstration a mis en lumière des secrets mal gardés. Ainsi, on affirmera que toutes les banques (qui comptent) ont des succursales dans ces contrées où l’on peut échapper au fisc, des Îles Caïmans à Monaco. Ainsi le travailleur de la masse est inscrit à 100% aux impôts, le « cachotier » , lui, à 50 % car il a mis son fric à l’abri, lui ! C’est illégal ? Mais non.
Une vaste caste adopte le mode « argent au NOIR » pendant que l’État hypocrite supplie le gagne-petit de cesser ces pratiques à pleines pages des journaux. Une farce !
C’est « légitime », légal, dira un sous-comité du Sénat à des investigateurs curieux. Certes, du même souffle, au Sénat, on a avoué que c’est « immoral », un manque d’éthique social flagrant. Mais…. L’on questionnera : « Bon, j’ai de l’argent et je veux échapper à mes impôt, refusant donc de payer ma juste part de citoyen —pour éducation, santé, routes, recherches et développements— je fais quoi ? »
Réponse : « Simple et facile. Vous allez sur Internet à « abris fiscaux », tout y est, ça vous coûtera un petit 3,000$, vous obtiendrez le « modus » pour cacher vos revenus (achat de « porte », de compagnie bidon, fictive ?), pour ne plus verser votre part dans le trésor communautaire. » Édifiant hein ?
On laisse faire ça ? « Oui, dit un des témoins (le professeur de l’Uqàm, Lauzon), de Mulroney à Lucien Bouchard, de Chrétien (Martin en profite beaucoup ) à Landry, aucun homme public, élu par le peuple abusé, ne veut agir. Les politiciens ne font pas leur job qui serait de protéger les citoyens. »
Bedang ! Clair comme ça ?
J’écoutais tout cela, je voyais des citoyens questionnés, écœurés, indignés aussi et je me disais : « Un jour ça va sauter, ça ne peut pas durer encore bien longtemps, cette hypocrisie politique, il y aura révolte, émeutes. Ça ne se peut pas que le peuple, désormais bien mieux informé, laisse encore longtemps, ici ou ailleurs, se continuer cette perversion dégoûtante du pouvoir démocratique des électeurs. Mais quand ?
Une voix réaliste me chuchote (Aile ! Aile !) : tout le monde a des actions (dans un sens) avec leurs économies (nos Reers, mes Feers), caisses de retraités, etc. et tout le monde veut que son petit pécule rapporte vite le « plusse » d’intérêts possible ! Oh !
3-
Ainsi, faut moins grave, attendez que j’accroche l’ami Jean-Guy Sabourin, un brave gauchiste de ma sorte. Voilà que tous ceux (75 tricheurs !) qui possèdent un terrain et un chalet dans la petite île de Dorval ont ou acheter pour un prix (bidon ) ridicule les infrastructures (traversier, pontons, tuyauteries publiques, piscine et tennis municipaux etc. Pourquoi cette « privatisation » subite ? Pour ne pas être fusionné avec Dorval et éviter ainsi une probable hausse de txes, un partage normal quoi. Hon ! Mon prof de théâtre de l’Uqàm, Sabourin, en « possédant sans cœur », manquant au code d’éthique ordinaire et primordial. Hon ! ? Oui, attendez que je le pince, il va passer un mauvais quart d’heure.
Ce matin, mère Cousineau annonce un Arcand (à CKAC, lundi matin) revenu de Paris pour questionner le populaire animateur de show télé, Ardisson (qui crachait sur « votre accent du temps des Rois XIV, XV »). Rien d’un démocrate, lui, il se dira « monarchiste» à CKAC. Sexoliste (ou sexcoolic?) il serait échangiste, le mode copulatoire bestial. Aussi ex-drogué et ex-plagiaire. « Bof, dira-t-il, 15 pages dans mon livre, c’est pas beaucoup ! » Quel beau personnage public, hein ? Céline Dion serait moche, Julie Snyder, finie, brûlée en France ! Son collègue Drucker ? « Le responsable (coupable ?) de l’invasion des artistes québécois », etc. Hâte de l’entendre lundi matin ce croisé du bon accent !
4-
Seigneur ! On a pris un vote pour le plus attrayant « site » d’écrivain sur la Toile. Le mien n’a pas gagné ! C’est Michel Tremblay le favori des internautes.
On a voté via « www.auteurs.net ». Eh que je suis donc humilié !
Le « http://www.multimania.com/karmina/index.html » serait « génial » Allez tous au diable voteurs de mes deux… Bande d’ingrats ! Hon ! Du calme !
5-
Pierre Thibeault de « Voir » souligne ce que je savais : Ici, jadis, une personne sur vingt était…esclave ! Des Rouges et des Noirs. Vrai sujet de honte ? C’était de mise en ces temps affreux, ici comme ailleurs. Ce 5% de notre population de bons colons catholiques étaient considérés comme des sous-hommes. Jésuites Récollets se taisaient ? Certes les « proprios » étaient des gros commerçants et des professionnels mais aussi des évèques et curés. Ailleurs je lis que le brave et glorifié Georges Washington…b’en lui aussi et des tas de ces esclaves !
6-
Le nihiliste Lévesque (Bob) dans « Ici » : Harold Pinter, 72 ans maintenant, dramaturge britannique doué et vénéré, ivrogne comme son vieux chum l’Irlandais Samuel Beckett, si aveuglémernt anti-USA qu’il se range du côté du tyran épouvantable Milosevic ! Eh oui Lévesque en revient pas ! Moi ? Un brillant poète italien (Erza Pound ?) se fit fasciste avec entrain, plus à droite que Benito encore !Il y a eu mon admirable L.-F. Céline, génie-romancier vitalisant devenu nazi fou ! Non ? Ainsi des artistes parfois divaguent, dérapent, deviennent des monstres idéologiques même. Souvent mal équipé intellectuellement, l’artiste, tel l’odieux « collabo » le surdoué Brasillac, et un « qui » encore ?, il y en a eu plusieurs, glissant dans le déboussolage politique ! À une autre échelle : ici, un André Laurendeau, jeune, aveuglé, antisémite farouche un temps et qui s’en repentira, s’en mordra les doigts !
Oh le bonheur ! Pour une rare fois, page « une » du cahier « Lectures » dévouée à un écrivain d’ici, ce matin. « La Presse » offre ses colonnes à Victor-Lévis B. pour honorer Victor Hugo. Où est-ce qu’on va mettre la croix ? « Pourvou qué ça doure… »

Le jeudi 21 février 2002

Le jeudi 21 février 2002
1-
Ciel mauve. Revenons d’un tour du lac. À trois cette fois ! L’aîné de mes petits-fils, David, est avec nous. Repartons demain, vendredi midi…théâtre chez Duceppe (pièce traduiute d’un auteur espagnol ) le soir. David me renverse : ses manuels scolaires écrits en « chinois » à mes yeux. Lui, il navigue dans ces notions « économiques » de son université (Concordia). Hier soir, jasette des trois compères « Chez Grand’pa », à Val David. Bonnes pizza au four ! Ce matin, il y a un ogre à notre table. David bouffe comme Gargantua ! Il me dira : « Quoi, je n’ai pas beaucoup mangé ! » Il me fait me souvenir de cet âge (19 ans) où la faim nous habite 24 heures par jour. Il est costaud, n’engraisse pas. Il ne peut faire de ski ici car il s’est « démanché » un genou en jouant au rugby avec de trop grands gaillards, plus vieux que lui. Il en est puni !
J’aime bien jaser avec un jeune, je questionne mais aussi j’écoute. Nous apprenons sur us et coutumes de cette génération. David, bravo, est un type d’homme qui a confiance en l’avenir. Cela sans être innocent. Il sait qu’il devra lutter. Comme n’importe qui.
Mardi soir, vu le spectacle de Maheu à l’Usine C, par Carbone 14. Oh la platitude ! Et nos critique, ces complaisants, qui se fendaient de papiers élogieux à outrance. La salle avec beaucoup d’élève d’écoles, a fait presque une ovation à cette quinzaine de…mimes.
Ma déception vient d’une trop grande attente ? J’avais tant aimé « Le dortoir » du même auteur. Toutes ces couchettes qui valsaient ! Un symbolisme assez clair. Cette fois, c’est une suite d’amorces et qui sèchent. Une suite de « coïtus interruptus » visuels. Il y a cinq trous (fosses, puits ?) sur le plateau, deux au fond, deux en avant et un au milieu de la scène. Alors, ce sera des jeux d’apparitions et de disparitions…Chaque fois, je guettais un développement un peu musclé…et chaque fois…rien de consistant ne venait. Je peux admettre l’illustration du chaos, les images d’un monde désorganisé mais il y faut des thèmes avec un os. Ici, le mou, le flou.
Certes quelques brillants « moments », dans l’ensemble, un long show visuel (peu de mots, peu de pensée donc, peu de « théâtre » car le théâtre est lieu de parole, idées avec des sentiments, des émotions etc. Ici, c’est des danses, des acrobaties, la manière du bonhomme Maheu quoi, avec du non-sens. Or « faire sens », peu importe la sorte de théâtre, est ce qui compte. Il y a des milliers de textes depuis Diderot… depuis Goldoni, Molière, Dubé, Ionesco, Pirandello, Tremblay… Si Maheu n’a rien à dire qu’il recrute un auteur, n’importe où, il a du jus pour « la forme », il pourrait monter autrement des textes solides, non ?
J’en suis sorti, rue Visitation, un peu maussade. Qui, dans cette rue, dans ce quartier, apprécierait ce spectacle « fermé », ambigu, hermétique ? Pas grand monde, je vois jure ! Quelle blague sinistre tout cet argent public pour installer ce théâtre soi-disant avant-gardiste et qui, jamais, ne saura faire grossir les rangs des amateurs. Le Cénacle de ces formalistes, est clos, refermé.
Ainsi il en va d’un autre théâtre tout neuf en plein quartier Villeray et qui fait ses petites affaires sans aucun souci envers les gens de ses alentours ! Une misère ! Un refus net, complet, de séduire les publics populaires. Serpent qui se mord la queue ! On fait sa cuisine pour « happy fews » et puis, vanté par les esthètes, on part en tournée mondiale, félicités et encouragés par d’ autres « aficionados initiés » à Berlin ou à Milan ! Une farce plate.
Un arrêt pour le développement culturel des nôtres qui crachent, via les subventions, cet argent public. Des asociaux ? Inconscience ? Snobisme ? Repli égotiste sur ses goûts à soi ? Tout cela à la fois. Qui dénoncera publiquement ce snobisme stérile, encore moi ? Et, très plausible, on refusera encore de publier dans nos quotidiens mon petit pamphlet. Le « beau monde » (selon Raymond Cloutier) , le « beau milieu » fut très choqué jadis quand j’ai condamné les Lepage, Maheu, Marleau, Asselin et qui encore ?, ce cinquième larron de fabricants de shows formalistes. J’avais gueulé : »et le fond, diable, c’est pour quand ? »
Que d’engueulades, en privé, après cette sortie ! Oh ! Pas amusant de se mettre à dos ces épicuriens du « grand art » du théâtre pour marginaux sur-instruits mais…faut ce qui faut non de Dieu !
Cette fois, Aile en rigolait, c’est moi qui avait souhaité aller au théâtre. Je ferme donc ma trappe face à Aile qui est tout de même désolée de ma déception. Un article disait : « Des chansons de Brel.. » Moi qui l’aime tant. Or il n’y a eu que « La valse à « mille » temps » de Brel. Un bon moment.
En tous cas, avec ces formalistes plutôt muets de paroles, c’est un métier ingrat. Cette troupe énergique n’a plus qu’à gesticuler, se rouler par terre, se jeter dans un bassin d’eau, n’a qu’à suivre la chorégraphie dans une sorte d’anonymat. Vu la grosseur du groupe, on en arrive à se dire :c’est des cachets pour tant d’artistes si peu souvent invités à jouer. Pauvres eux !
2-
J’ai omis de causer un brin sur ce « Double Je », nouvelle mouture télévisée, mensuelle, du père Bernard Pivot à TV-5. Pas fort ! Un couple d’américains installés à Vaison-la-Romaine. Épicuriens contents ! Ouen ! Ennuyeux comme la pluie ! Une jeune élève, boursière « brillante », Chinoise exilée à Paris et qui a pu s’instruire à l’occidentale ! Hum ! Et qui garde une sorte de nostalgie, discrète, elle est polie, de sa Chine abandonnée. Et b’en ouen ! Pas fort ! Un vieil Allemand juif (un certain M. Goldsmith) converti au catholicisme. Bons propos mais…court sujet !
Bref, c’est la sauce « internationaliste » qui a atteint notre Pivot devenu « politiquement correct ». C’est triste.
Je n’aimerais pas tellement regarder une émission envoyée de Chine avec des Français exilés là-bas. L’inverse oui. Voir les nôtres là-bas, ça oui. De l’Italie je veux voir des Italiens, de l’Espagne, des Espagnols.
Pas certain d’être clair. Dire « je me comprends » ? Oh ! cela enrage tellement ma belle Aile, ce fion ! Je dirais : vouloir à tout prix applaudir « ses » bons émigrants, relève du « têtage », de la flatterie et aussi de la vanité. Orgueil du Pivot franchouillard. « Ah mais vous parlez très bien le français !, bravo ! bravo ! », à « ses » deux Américains, à « sa » chinoise…Pouah ! Quoi, quiconque s’exile se doit de bien et vite s’intégrer ? Ce qui serait étonnant c’est bien que ces exilés en France, (subventionnés en ghettos « multiculs » comme ici non !) ne sachent pas parler la langue de Molière ! Je croyais qu’il n’y avait qu’au Québec, complexé, accusé faussement de xénophobie, qu’on sautait en l’air de joie (idiote) dès qu’un émigrant (normal) parle notre langue !
3-
Comme j’aime glaner ces émissions diverses au souvent auCanal D, parfois à RDI, très souvent à Historia. Des exemples : le procès de J.O. Simpson, blanchi au criminel, 33 millions de dollars d’amende lors du procès au civil ! Cette sinistre farce pour empêcher que le ghetto Noir de Los Angeles s’enflamme. La Justice ridiculisée. La romancière Colette qui parle entourée de ses chats, Place Royale. L’Argentine, le « putch », la tourmente monétaire en cette contrée. Les débuts de ce carnaval pas drôle du tout. L’épouse de l’Iranien, Mme. Blin, défigurée, recousue, qui retrouve, en Nouvelle-Écosse, sa fillette après trois ans de recherches quand la « Justice de France » négligeait d’émettre vite un mandat d’arrestation. Retrouvailles émouvantes à Halifax. Ce chef de guerre Massoud (que j’ai lu), tué par un reporter-kamikaze afghan taleb. Son tirailement entre Russes omniprésents et Amércains lointains et prudents. Il y avait que la CIA de Washington avait armé tous ces Taliban (pas de s) « fous de Allah » afin de combattre les méchants « communisses ». Tout cela est tellement plus instructif que ces méli-mélos « feuilletonnesques ».
Les momons affirmaient qu’une tribu juive navigua et s’installa aux USA des années avant la naissance de ce Jésus de Nazareth ! Eh oui ! C’est dans « le » livre du fondateur :Smith !
Arrivant dans l’Utah, chassé (en 1844) de la Nouvelle-Angleterre (Vermont), le bon papa aux trente mamans et à la caravane d’enfants, était en pays biblique de cette façon… légendaire ! Le livre dit qu’il filera une éternité heureuse ave « l’éternelle épouse » ! Diable, laquelle ! Il y a eu terrible bousculade à ce portillon ! En 1978, des preachers mormons ( missionnaires partout dans le monde…partout il y a des poires !) virent un peu : les Noirs, oui, c’ est endurable, tolérable, mais les homosexuels, jamais ! Ils sont sur 12 millions de « convertis » dans le monde, mais que 6 millions aux USA. Du lierre, ma parole ! Il n’y a plus qu’à attendre le procès annoncé sur l’argent « impur » versé en fraude (achat de votes pour Salt Lake City d’un tas de délégués divers) pour obtenir ces J.O. Lasalle affaire « mormone » a été mise en parenthèses pour la paix momentanée du déroulement de ces « merveilleux » Jeux olympiques. Ça pue !
L’inévitable chauvinisme nationaliste (il triomphe en ce moment !) nous fera guetter ce soir si les Canadians vont gagner au hockey ! Eh !
Il y a eu feu l’humoriste Coluche qui se présentait pour le poste numéro 1, en France. Certains riaient jaune. Visibilité obligatoire et le Coluche s’en donnait à coeur joie en piques et horions de toutes sortes. Voici l’humoriste Dieudonné ! Un autre clown de Paris, lui aussi, veut prendre le job de Chirac ou de Jospin. Il aime bien la fraise de Ben Laden, lui trouve du…chartisme ! B’en !. Il la préfère, dit-il, à la bouille, de W. Bush Ouen ! Comme c’est subtil. Souvenir : militant jadis pour le Parti Rinocéros, passage obligé au téléjournal, en 1967 et question du reporter : « Et si vous êtes élu, qu’allez-vous faire ? » Réponse du candidat à la « Corne sacrée » : « Ce que je ferai ? $68,000 piastres ! » C’était le salaire du député en ce temps-là. On rigolait. On était jeune et sauvage. Ce bouffon iconoclaste Dieudonné, voyant sa photo ce matin, me semble, lui, un quinquagénaire ! Oh !

Le mardi 19 février 2002

Le mardi 19 février 2002
1-
Je devine vite la lumière qu’il fait au travers d’un store (donnant sur l’est) de la chambre au réveil. Ce matin, soleil partout. Mais…menaces de nuages à l’ouest. Ca va se couvrir ! Tant pis, ce soir, nous allons chez Duceppe voir la pièce d’un Espagnol. Cela promet si on lit bien le « pré-papier » de La Presse. Toujours de bons articles promotionnels pour ceux qui achètent de l’espace. On voit rarement cela pour la littérature. Pas assez d’achats de placards par nos pauvres éditeurs ! La vie…Donc, départ tantôt pour le chemin Bates.
J’ai corrigé hier les épreuves (ce mot !) de mon « Écrire » qui s’en ira chez l’imprimeur. Donc relu de force (hum !) mon texte. « C’est génial, Aile ! » Elle rit. Me dira : « C’est incroyable ce genre de cri chez toi. Quelle confiance en toi ! C’est utile, non, pour continuer ? » Oui. C’est cela avoir de l’estime, une très grande confiance en ses talents… Sinon ? Sinon, on arrête tout, je suppose. N’ai jamais su d’où me vient cette confiance. Que je perds parfois, face aux coups durs des critiques. Chanceux, la critique fut « bonne » le plus souvent pour bibi et longtemps.
Je sors d’un rêve bizarre. Cette nuit, j’étais…à Londres ! J’étais une sorte de protégé, celui d’un vieux bonhomme, auguste vieillard, tout de noir vêtu, l’aspect de l’acteur Gielgud. Il est aimable, me loge dans son manoir. M’offre de collaborer à son « London times » de l’autre côté de la rue. Est-ce que ça existe ? Il me conduit à ses bureaux, me dit : « Vous connaissez bien les arts, vous nous ferez des papiers. On va vous donner les adresses des galeries de Londres. » Aile, dans ce rêve, n’existe plus !
Me voilà soudain dans ma chambre d’hôtel, là où nous avions loué en 1981 dans le « West zone » de London (Hôtel Georges ». Surgissent un patron de CJMS, Charles Benoit, et Paul Arcand ! Benoit insiste : « Tu dois vite téléphoner à ta blonde. Elle doit être morte d’anxiété. Elle attend ton coup de fil. » Je le fais. Je retourne à une autre chambre (celle du « Pas de Calais » à Paris. Je vois mon linge coutumier sur le lit, mon pantalon de velours ocre, précisément ! Aile y est, assise sur le lit, valises bouclées, et, triste comme désolée, me dit qu’il faut rentrer à Montréal.
Ah ces rêves ! D’où viennent-ils ? J’ai terminé hier soir « L’art du roman. De Milan Kundera. Il raconte souvent « Le procès » et « Le château » de Kafka. De là ce manoir du proprio de journal ? Ne sais pas.
Ce livre de Kundera : « L’art du toman », un cours magistral assez spécial. Subjectif à souhait ! Plein de théories, de dogmes même, lui et ses chers « principes » et, bizarrement, le bonhomme répète qu’il déteste les « théoriciens de l’art d’écrire. » Non mais… Une lecture avec des passages lumineux, des trouvailles fortes mais assommant aussi par certains chapitres. Kundera voue ses admirations pour, surtout, des auteurs de son « Europe-du-milieu » ( son pays natal et ses environs). Admiration tout de même pour le premier romancier : Rabelais ! Aussi, énorme, pour Cervantès et son « Don Quichotte , le modèle. Et Proust (le passé, dit-il) et Joyce (le présent, explique-t-il). Il vogue entre les sommets, de pic en pic ! Pas de risque d’être contesté hein ? On y trouve un certain chauvinisme acceptable, normal, non ? Mais comme je ne connais beaucoup pas ses écrivains chéris et qu’il raconte, détaille, leurs personnages, j’ai sauté de longs passages. En fin de compte, un esprit brillant mais qui devrait admettre qu’il est un intello et qu’il n’aime rien tant que « théologiser » sur « roman et comment faire un noman parfait » !
2-
Je ne suis pas un Kid Kodak ! La preuve : ce matin Éric de TVA (pour Bruneau-les-nouvelles) me téléphone : « On vous veut encore ce soir. Le sujet : l’amour actuel (aux J.O.) des Américains pour nous ! Leur appui pour nos patineurs (médaille d’or ex-aequo) et voilà, sache-le, qu’il il y a files de clients, là-bas, pour les vêtement Rooth (?), costumier de nos patineurs ! »
Je refuse net : « Ce sujet, cher Éric, ne captivera pas les nôtres. Vous faites fausse route. Jetez ça au panier ! » Il rigole de mon culot, de mon rejet. Il me demande alors de dénicher « un meilleur sujet ». Téléphone fermé, je cherche. Avec Aile je farfouille les « canards » de ce matin. Je retéléphone et propose quatre ou cinq sujets. Attente, il ira voir son cheuf ! Téléphone de nouveau : « Non, vos suggestions ne plaisent pas. Pas de débat ce soir. Merci et à la prochaine ! » Bien. La paix. Le boss des nouvelles (celui de ce Éric Malo,) boudait-il à cause de mon refus sur « Rooth-les-guenilles » ? Comment savoir ?
Je découvre que c’est feu Gilles Richer qui a composé « Mamy, mamy… » avec les si terribles, et poignantes, paroles de la chanson crée par le musicien de « Mamy… », feu Marc Gélinas (reprise souvent, Pauline Julien et Cie). Sur ce sujet —notre dilution— une dame Veilleux dans « Le Devoir » nous accuse, les Québécois, de rester de marbre sur nos « frères » francos d’ailleurs, d’être resté trop silencieux dans leur lutte pour cet hôpital français menacé en Ontario.
Je ne répéterai pas comme René Lévesque et le Matou-Beauchemin, qu’ils sont « des cadavres encore un peu chauds ». Oh non ? Mais vont-ils comprendre nos très chers frères qu’on voyait (1960) la menace d’un Québec réduit comme chez eux, qu’on a alors entrepris notre propre lutte et qu’il en allait d’une bataille d’autant plus urgente qu’ils étaient, eux, l’illustration du danger. La francophobie de nos anglos dominants, ici-même, devait être vite enrayée. Alors, aider les autres…bien, ça viendra avec un Québec vraiment libre. Il y aura ensuite la menace réelle pour eux : continuez à faire baver les nôtres chez vous et ,ici, on fera de même avec la minorité anglo. C’est triste, mais c’est cela, la « realpolitik ». Ce sujet vient d’être rejeté chez TVA ! Je proposait un « face à face » avec l’Antonine Maillet qui rêve, l’été, à « fédéral mes amours » dans son phare luxueux à Bouctouche près de Moncton !
Autre sujet refusé ce matin ? M’engueuler avec la collégienne Anne Poirier (de Lionel-Groulx) qui chicane Louis Cornellier. Ce dernier recommande que l’on étudie les auteurs québécois au collège, avant les « gloires » françaises. Cela pour mieux captiver les grands ados. Poirier publie ce matin : « Non. Au primaire et au secondaire, oui, les Guèvremont., Thériault, Gabrielle Roy, pas au collège, il est trop tard. » Curieux raisonnement ! La cégépienne reproche qu’aux écoles élémentaires, on n’initie pas à nos auteurs. Elle a raison ? Peut-être. J’aurais aimé l’interroger plus avant, en discuter avec elle.
Souvenir soudain (effet J.O. ?) : fin des années quarante, aimer tellement, le soir, éclairage romantique, patiner avec ces jolies filles de quinze ans, leurs jolis costumes. Les jupettes qui volent aux quatre coins de la glace, quand il faut les faire tournoyer…, les pompons roses…Niaiserie ? Sentimentalité ? Oui. On se cherchait des patineuses accortes à serrer par la taille ! Aile m’écoute et dit : « Ah oui, c’est si vrai. La patinoire du quartier et les occasions de patiner avec un beau blond, un beau brun… Ah ! Elle (aile, c’est le cas de le dire ) rêvasse, les yeux au plafond !
Vrai de dire, de dénoncer, le snobisme chez les jurés du Gala des Masques pour la « Compagnie Duceppe ». Ainsi on y a vu un fameux tandem, (Dumont et D’Amour) dans « Les rossignols… » et pas une seule mention de ce parfait, si solide, spectacle signé Denoncourt, à ce gala. Mépris bizarre ! Regrettable injustice Snobisme. Sera-t-il enfin corrigé l’an prochain ? Espérance !
Faut y aller maintenant … Chantons : « Partons le lac (la mer) est belle, el-le !

Le lundi 18 février 2002

Le lundi 18 février2002
1-
Comme hier, dimanche, du soleil partout. Un ciel d’un bleu poudre uni. Nous partons demain pour du théâtre. Je ne sais jamais trop où car c’est ma belle Aile (belle Aile !) qui y voit. Elle est folle de ce médium. Pas moi. Aussi quand, voyant l’unanimité des critiques pour une pièce, je dis « on devrait y aller » elle saute toute joyeuse sur le téléphone et réserve des billets ! Mercredi midi, nous remontons, avec David l’aîné des petits-fils en congé, je l’ai dit. David et moi c’est quelque chose. Il fut, né le premier, mon premier « chevalier » du groupe des 5 ! Cela a tissé des liens à part. J’y faisais mes premières tentatives en récréation enfantine du papi. Il m’a donc appris beaucoup. J’y allais pas le coup classique des « essais et erreurs ». Un jeu le lassait, j’en changeais. J’adaptais tel ou tel processus ludique.
Un jour, je découvrais qu’il adorait mon jeu des « jours qui passent ». C’était une sarabande folle : chant d’un coq, l’aube, réveil au fond d’un grand placard du sous-sol de la rue Chambord, soupirs, gesticulation, d’une gymastique folle, céréales englouties —par pantomime toujours— sortie du placard, départ en automobile, David avait une petite machine à volant opératoire, vroum, vroum, debout, marche, boulot à travail mécanique, clingne, clangne, bing bang, là aussi, que quelques secondes, puis retour « at home », vroum, vroum encore, et souper, flic-flac, gloup-gloup glouton, un peu de télé, à faux, rires mécaniques, tapes sur les cuisses, faux rires, et puis re-dodo au placard, fermons bien les portes-pliantes, bâillements sonores, ronflements très sonores, quelques secondes toujours, mon chant du coq (cela, il aimait !) de nouveau. Même manège, exactement. En quelques minutes, nous refaisions le parcours des douze heures d’un jour. Ça revolait, de plus en plus vite. David riait. Était aux anges. Un jeu fou. Enfiler sans cesse des jours et des jours.
Je cherchais un sens à sa grande satisfaction ! Je comprenais qu’il aimait cette accélération du temps. Il devait croire qu’il se jouait du temps réel.
2-
Henriette Major, romancière-jeunesse, m’écrit et m’envoie des photos. . Je voulais voir où elle se réfugiait l’hiver. C’est du côté de Saint-Raphaël, dans le Midi. Un appartement en plein milieu de cette petite ville. Pas très loin de la mer. Je n’irai pas. Je songe à « plus au sud », à un lieu où l’on pourrait faire de la plage avec lectures, soleil garanti… Or, on vient de m’expliquer (une Française amie) qu’en hiver, en France, il n’y a pas de ces endroits assez chaud pour le prélassement continu comme en Floride ou dans les Antilles. Surtout pas du côté de Nice ou Menton. Ma grande déception en apprenant cela. Quand je questionne: « À Carcassonne, à Perpignan ? » On me dit : « Non, en hiver, c’est frais, il faut souvent une petite laine ! »
Henriette, dans sa missive, me vante les lieux et me dit de garder ça pour moi. « Il faudrait pas voir grossir, ici, une colonie québécoise. » Pourquoi pas ? La grand’peur du « Hollywood floridien ? »
Comment suis-je fait ? Moi, j’avais bien aimé ce Hollywood maudit par certaines élites (!) lors de nos séjours en Floride dans les années ’80. J’y trouvais une sorte de…familiarité (?) « b’en de che nous », bonhomme, cavalière un peu mais si chaleureuse. Un « petit Québec » ? Mais oui. Pis quoi ? J’en ai fait le portrait pittoresque dans « Pâques à Miami » et Louis Cornellier du « Devoir » l’avait grandement apprécié, Martel de « La Presse » aussi. Il y a chez nos grands bourgeois instruits une sorte de dédain du petit peuple, des gens des classes laborieuses, populaires, qui, retraités, aiment ces retrouvailles « ethniques » « hollywoodiennes ». Il en alla longtemps de ce même mépris hautain pour Old Orchard, remplies des nôtres. Comme du Pointe-Calumet de mon enfance. Oui, comment suis-je fait, car je me sens de bien bonne humeur entouré de cette… « populace », terme méprisant utilisé par ceux qui fuient en vitesse ce « là où nous nous regroupons ».
3-
Hier, dimanche, un gala encore à la télé. Pour notre cinéma. Moi j’aime bien les galas. Certains les abhorrent ! Avec l’humoriste doué Patrick Huard, la Sylvie Moreau (que j’aime tant en fofolle « Catherine » le vendredi soir) présentait des sketches désopilants : en ado vaseuse dans un hall de multiplex, en intello à bicycles, trouvant des symboles freudiens aux Boys-3, etc. Un bon spectacle. Notre honte à Aile et moi d’avoir négligé de descendre en bas de la côte Morin, au ciné Pine, pour « Un crabe dans la tête » du jeune Turpin. Ce film a remporté la grande palme ! Le formidable film de Falardeau sur la mort de ce malheureux de Lorimier recevait une bonne part des Jutra. Quatre sur sept ! Bref, du drôle, de l’émouvant car c’est toujours stimulant et agréable de voir des talents récompensés. J’aime la jeunesse créative. J’aime constater qu’il y a relève sans cesse.
Un correspondant : « Quoi ça au juste votre « racisme inverti » ? C’est, face au raciste ordinaire, donc ceux qui craignent et détestent « les étrangers », c’est —inversé— l’auto- racisme, Celui de ceux qui ne nous lisent pas, qui ne vont jamais voir un film québécois, tiens, tiens ! Pour ces cons, les « étrangers » ou nos nouveaux venus, sont, tous, parfaits, surdoués, excellents. Et nous ? Nous ne valons rien. Nous sommes, collectivement, de la schnoutte, de la merde, des attardés mentaux, des insignifiants. Voilà le racisme inverti, exactement l’envers du raciste courant.
C’est une plaie grave dans une communauté peu nombreuse. Du colonialisme quoi. Une aliénation qui fait… chier tous ces « racistes invertis » sur ce que nous sommes, ce que nous inventons. Une maladie fort répandue, hélas, parmi l’élite (hum !) chez les minoritaires, ils sont éblouis par les majorités régnantes : Hollywood, Paris, New-York, un peu Rome, un petit peu Berlin, Londres. Le reste du monde ? Tous des minables ! Clair comme ça ?
4-
Avoir un caméscope ou pas ? J’en ai un. Caché dans un placard. Ennuyeux de devoir rassembler la visite et dire : « Bougez pas, parlez pas, j’ai une cassette à vous faire voir ! » Des photos, échangées de main à main, c’est mieux, c’est léger, ça n’empêche pas la convivialité. Et on peut vite déceler si cela ennuie. Circulation plus rapide alors, pas vrai ? Mais le ruban dans le téléviseur…, hum, c’est long ? c’ est plate ?…silence, la politesse, malgré l’ennuie impose un silence de convenance !
Pourtant, quelle joie si nous (les anciens) pouvions nous voir revivre, gigotants, vivants, à cinq ans, à dix ans ! Oh oui ! Mais non, on a que de vieilles photos en noir et blanc. J’en ai mis une cinquantaine dans mon récent « Je vous dis merci » J’avais eu l’idée, un jour, de publier tout un livre fait de photos avec de longues légendes en dessous de chaque vieux cliché. Longs « bas de vignette » détaillant les sentiments, les émotions, se rapportant à ce gros album. Projet abandonné vite, je n’ai pas de photos, aucune, de « nous » le gang de Villeray », au naturel, à nos jeux, dans nos ruelles. On a toujours que des photos quand, lavés, peignés, sur notre « 36 » quoi, sourire obligé, posant e artificiellement pour le beau Kodak de môman. Ou de pôpa ! Hélas !
Le caméscope donc ? Oui. Pour la mémoire visuelle, pour ceux (le jeunes enfants) qui s’en fichent bien aujourd’hui !
Le vieux MacLuhan affirmait : « Le message est le message ». Bien. Mais je dirais, moi : « Le message est …le messager. » La subjectivité inévitable fait que le messager importe avant tout. Ainsi —disait qui ?— un ouvrage de génie regardé par un crétin devient un ouvrage de crétin. Oh! Aïe ! Terrible vérité. Examinons donc mieux qui émet une opinion, qui critique, qui parle, qui est, en somme, le messager. Je blague souvent : « À l’inverse un ouvrage de crétin regardé par un génie …s’améliore-t-elle ? » Je blague et pourtant. Un Malraux discutait ad nauséam sur la richesse symbolique d’un simple tableau naïf. C’était lumineux à entendre. Un génie fait cela. Ce génie (des liens, des raccourcis, des ellipses) enrichissait un ouvrage…de bonhomme parfois assez pauvre créateur.
Je conseille souvent des jeunes: rencontrez des gens brillants. Supérieurs à vous. Cela va vous aider. Soyez vus, écoutés, visités, observés par de gens intelligents. Ils vont vous stimuler, vous grandir probablement. Vous enrichir. Fuyez, abandonnez, éviter les cons sympas, les crétins colleux, les imbéciles divertissants, les flagorneurs joyeux, ils ne vous apporteront rien. Rien. Certes, jeunes gens, c’est plus facile de fréquenter plus minables que soi, c’est reposant, mais c’est aller vers le rapetissement. Ayez la modestie de fréquenter les plus lucides, les puis forts. C’est, au début, un certain silence, une certaine domination, l’acceptation d’apprendre seulement, mais, à court terme, « à la longue » comme on dit, c’est une existence bien plus riche et plus d’épanouissement. Idem pour lectures, films, etc. C’est plus amusant, moins forçant pour nos méninges de visionner « Les Boy », ça donne rien, aller voir un film solide de propos, à l’Ex-Centris par exemple, enrichit profondément souvent.
Voilà un peu —vous saurez tout ici— de quoi je cause comme invité à rencontrer des jeunesses étudiantes dans écoles ou collèges. Beaucoup de jeunes grognent sourdement à mes appels… « On veut du fonne, juste du fonne ». Je vois chaque fois ceux qui vont stagner, qui vont régresser même peu à peu. Ces paresseux, ces « réfractaires à la culture importante », s’en iront tout doucement vers une vie anémié. Et ça me fait de la peine chaque fois. J’aime les jeunes.
Vu encore ce « Campus », à TV-5, dimanche soir, hier. À la fin de ce match à idées, à déclarations vives, à confessions calculées, Aile : « Mautadit que ça parle vite ces intellos et auteurs et critiques français. » Et c’est vrai. Pas reposant. Je monte me coucher chaque fois comme…étourdi. Enrichi aussi. Et stimulé surtout. Ici, rien de ces vigoureuses bagarres verbales, hélas ! Ni au ralenti ni à vitesse moyenne. Rien. À la fin de l’émission à TVA, chez la Cazin, une zélote du « multicul-à-ghetto », dame McCalister, me tance d’un : « Vous nous laissez pas parler Jasmin, vous êtes speedy ». Moi vantard, excédé de ses protestations : Excusez, j’ai un processus mental rapide. Désolé que vous ne puissiez pas suivre. » Hon !

Le dimanche 17 février 2002

Le dimanche 17 février 2002
1-
Un dimanche midi lumineux. Pas de soleil franc mais « galarneau » n’est pas loin et doit guetter un trou pour s’y faufiler et faire mieux qu’illuminer notre terre laurentienne. J’attendrai…Je guette !
Terminée hier, au lit, « Inceste » de cette dame Angot au petit visage dur, cheveux à la garçonne, tel que vu chez Pivot, jadis et sur la couverture de ce bref récit en « livre de poche ».
Avant de sombrer chez Morphée, à Aile : « Voilà le genre de littérature —du domine du vécu interdit— qui repousse encore plus loin le monde de l’imaginaire. Une auteure parle de son père qui la sodomisera durant cinq ans, de 12 à 16 ans. Après ce genre de…confession…quoi écrire pour capter l’attention des lecteurs ? Eh ! Et quelle hypocrite, quelle manipulatrice que cette pitoyable névrosée ( entre deux psychanalystes !) quand elle écrit, page 149 : » » Ça m’arrache d’en parler ( à savoir de ce papa affreusement dégueulasse). Vous ne voudrez plus me lire. » Hen, quoi ? Comment ? Vilaine menteuse cette pitoyable victime d’un père totalement dénaturé, miss Angot. Elle sait fort bien qu’avec un tel sujet, si scabreux, le lectorat est accroché, vissé à son misérable récit de vie. Personne n’aura envie de décrocher de ses aveux scandaleux, allons ! Elle connaît ses hameçons, allons ! Ah oui, quelle hypocrite !
Cette ténébreuse « affaire très privée » relève de la police. Il n’y en aura pas de…police ! Tous se taisent. L’honneur de la famille ! Coup classique. Or, lisant « Inceste » la police devrait dresser un acte d’accusation « après les faits ». Traîner ce misérable père en coir. Ce dernier est un homme cultivé et instruit, il parle quatre ou cinq langues. Sa vaste culture ne l’empêchera pas de traîner s petite fille dans le confessionnal d’une vieille église provinciale (classée « monument historique » sans doute !) qu’il admire pour une fellation impromptue avec son jeune enfant, elle, Christine Angot. Vous voyez le genre d’écrit ?
Sans aucune fibre morale, vraiment pervers, sans doute hédoniste et sans aucun doute égotiste fini, le lecteur d’ « Inceste » voit donc, une fois de plus, que le monstre pédophile n’est pas toujours un abruti, un analphabète, un monstre mal dégrossi. On a affaire avec ce père déboussolé, Pierre Angot, à un gentleman, à un aristocrate qui sait tout des bonnes et belles manières et les enseigne volontiers à sa fillette dont il abuse en la sodomisant sans vergogne. Prendre conscience une fois de plus que l’intelligence, la culture, n’empêche pas le manque de jugement flagrant. Quelle leçon !
Angot, au départ de son récit joue dans l’incohérence verbale, (allô Freud !) les mots en syncopes, télescopages d’images à soubresauts voulus, (un zest de Lacan, ma chère )un style illisible volontairement, des balbutiements, la crise —sans cesse— de nerfs, homosexualité féminine sans aucune harmonie, griefs voilés envers cette Marie-Christine, femme médecin, détestée et aimée chaotiquement . Angot, écrivain notoire, donneuse de « lectures » sérieuses, se dit-elle, joue donc la folie avec complaisance, la déséquilibrée avec brève aventure lesbienne à déchirement continu. Querelles provoquées, menaces, « auto-gifflage », beaucoup de masochisme et un peu de sadisme (allô psychosé marquis de Sade !). Sa petite fille de six ans (Léonore) se fait trimbale —pauvre petit paquet de linge— entre papa enfui (on peut le comprendre) et cette mère psychosée.
Enfin, enfin, au milieu du livre, le coupable de sa misère psychologique s’installe : ce monstre enculeur, papa !
On comprendra l’énorme succès de librairie d’un tel témoignage, son passage très attendu à Pivot.
Et l’autre qui affirmait : « Les bons sentiments ne font pas la bonne littérature ! » Et comment pépère Gide ! L’écrivain qui n’a pas dans sa besace une enfance aussi éprouvante, ravagée, polluée dramatiquement, racontera ses petits bonheurs —dans Villeray à Montréal par exemple— et le voyeurisme misérabiliste (nous tous ?) l’abandonnera, non pas à son triste sort, mais à son merveilleux sort. Ainsi va la vie des livres en ce début de siècle. Eh !
2-
J’achève de dévorer les chocolats valentiniens de Laura S. offerts par ma chère Aile. (Chère Aile, ouen !) Mes roses s’ouvrent totalement dans le vase de verre. Je pige sans cesse dans la boîte de gâteaux de L’école-des-chefs. Je vais grossir cet hiver, oh oui !
Au printemps, bientôt !, je m’activerai. Je maigrirai. On dit toujours ça. Mon David-à-Éliane s’en vient passer quelques jours ici, un long congé à Concordia University !). Je voudrais l’initier au tachisme surréel dans l’atelier de la cave. Lui faire apprécier les accidents graphiques, parfois inouïs, quand on presse ensemble des papiers coloriés de gouaches fraîches, et qu’on marque de liens à l’encre de Chine. Il y a des siècles, l’art surréaliste n’existait pas, Léonardo da Vinci disait à ses élèves italiens : « Observez bien les vieux murs, vous y verrez des paysages étonnants ! »
Paul Arcand de CKAC ne m’a pas invité, le 14, pour un conte saint-valentinien ! Mon dépit et puis je découvre qu’il s’est envolé à Paris pour enregistrer cinq émissions d’« Arcand en direct » pour TVA, là-bas. Je me console donc.
Tas de photos pris à la pharmacie d’en bas : photos de fêtes, avec Marielle à « La piccola », avec Marco et Éliane et les miens chez « Giorgio-du Vieux », chez l’ami Jean-Guy Sabourin, chez ma fille Éliane à Noël, chez nous, ici, au Jour de l’an. Gros paquet réjouissant des visages souriants. Distribuer les copies et grossir les albums précieux. Dans vingt ans ou trente ans, on regardera ces « jeunes vieillis ». Et nous… « Mais nous, nous serons morts mes frères ! » chantait Lévesque (Raymond).
3-
Citadins pris, nous avions encore enregistré deux émissions. Aile est forte là-dedans, « clac, clic », elle vous pitonne l’engin, oh ! Pas moi ! Un : chez le « prétentieux sympa » Lipton du « Actors studio » à ARTV, interview avec Laureen Bacall. Une célèbre actrice aux allures volontaristes. Voix grave. Intonations basses, une certaine vulgarité. À la fin, elle réclame qu’on la fasse encore jouer. Terrible besoin. Deux : « Violette Nozière », un vieux film de Chabrol, effrayant. Terrifiant. Isabelle Huppert toujours efficace dans ses rôles. Ici, en jeune fille perturbée qui empoisonnera maman et papa. Un fait divers infernal historique vécu. Violette sera condamnée à la guillotine et puis graciée par De Gaulle.
Hier soir, vue la biographie de l’amie Françoise Fauche au Canal D. C’était son tour avec justice. Et encore, en chorus avec Bacall, ce : « Je veux continuer. Encore ! Encore! » Les mêmes mots que la « vielle » Laureen d’Hollywood ! Troublante notre crainte à nous, artistes de toutes disciplines, quand grimpent aux pavois tant de jeunes gens doués… cette frayeur et nos appels pathétiques : « Ne nous oubliez pas ! De grâce, ne nous abandonnez pas ! » Triste sentiment, en vieillissant qu’on va nous jeter, encore bien vivants, aux rebuts ! Pour faire de la place.
4-
Parlons magouilles ! Ce matin, le drôle Stephan Laporte, dans « La presse » comme tous les dimanches, en jase tout au long de sa chronique si souvent savoureuse. Je voulais, depuis toutes ces « affaires » de démarchage-favoritisme, expliquer des faits, des réalités. Il est évident que des affairistes vont se fier à des parents, à des amis. À diverses échelles. Ça n’est pas toujours scandaleux. Le favoritisme existe et dans tous les milieux, c’est connu. À la bio de F. Faucher, on a parlé de son mari, mon ami le réalisateur Jean, « qui engageait trop souvent l’épouse ». C’était tout de même une fameuse de bonne actrice. Pas une inconnue sans talent que l’on emploie injustement, qui enlève un rôle à une « meilleure » comédienne. Alors ? C’est du népotisme ? Eh oui !
J’ai aidé mon frère à se faire employer au canal 10 au début des années ’60. On cherchait du monde, ça débutait rue Alexandre-de-Sève. Normal de recommander à mon ami Ladouceur d’ « essayer » mon jeune frère. Non ? Raynald, aujourd’hui retraité comme moi, y resta 35 ans et, ses talents démontrés, deviendra chef de services scéniques.
Laporte, l’ironiste, parle de « contacts ». Je lis à propos de nos auteurs joués hors du Québec qu’il s’agit souvent de bons « contacts ». Eh oui ! C’est donc le « dis-moi qui tu connais et… » Inévitable ? Je ne sais pas. Si un ami, un parent, est incapable de remplir la tache qu’il a obtenu par népotisme, il ne restera pas à son poste bien longtemps. Si on le garde par favoritisme, on verra éclater les problèmes.
« C’est injuste », dira telle jeune personne sans aucun contact. Oui. La vie est injuste. Par contre le « sauvage », enfermé chez lui, qui refuse tout lien social n’aura qu’à s’en prendre à lui-même, à son a-sociabilité. Pas vrai ? Bon, cela dit, les magouilles politiciennes sont et restent vicieuses, c’est certain.
Laporte, pour conclure publie : « Faux, c’est pas le cul (sic) qui mène le monde, c’est les magouilles ». Vite dit !
En profiter ici pour maudire ceux qui comme Laporte (et Foglia et tant d’autres), utiliser le mot « cul » pour vouloir dire « sexe ». Ce n’est pas synonyme. Je ne le fais jamais. Jamais ! Le cul n’est pas le sexe, féminin ou masculin. Pourquoi cette manie. D’où vient-elle ? Le « cul » c’est pour les sodomites qui, eux, confondent sexe et anus. Sont-ce les disciples de « la courte jaquette » qui répandent cette mode inepte ? Marre !
5-
Victor-Lévy B. au téléphone tantôt : « Tu vas recevoir les épreuves de ton « Écrire » par bus. Si tu corriges encore, fait attention, il y a notre mise en page à préserver. Sinon les coûts grimpent… » Je connais la question et je ferais attention. Il n’accepte pas mes notes biographiques en guise de bibliographie. « Écoute, on a réussi à débroussailler la foule de tes écrits. Il y aura 82 entrées et ça va former une dizaine de pages. » Fiouf ! Ouash…J’aime donc pas étaler ces listes de mes titres. Il me semble que ça décourage le nouveau lecteur qui aurait envie de lire des jasminades. Bon, tant pis, va pur les 82 entrées. « Tu vérifieras cela hein, ton stock ? » Mmm… ! S’il savait le cher Éditeur de Trois-Pistoles. Faite avec exactitude, cette recherche aurait amener plus de cent entrées. Je ne dirai rien.
Nous revenons de la promenade rituelle. Il a fait si doux que le lac fait voir des flaques d’eau. On a rebroussé chemin, Aile toute nerveuse, craintive à l’excès, si inquiète et n’ayant pas envie de voir craquer la glace en l’engloutissant…glou, glou,glou ! J’ai ri.
J’ai marché, rue Lesage, vers l’église et ce « Manoir Sainte-Adèle », réduction du vaste « Manoir Outremont » proche de notre petit condo. Pas de vieux retraités dehors ! Un gros chat blond traverse la rue, hésite, s’asseoit au milieu de la chaussée, me regarde passer comme un pacha royal. Un couple m’apparaît. Ils marchent, très emmitouflés, prudent, en un lent petitpatapon sur le trottoir les yeux plein de soleil. On fait ça en ,mar d’jqabitude pas avant : installation de deux chaises à coussins sur la galerie. Une heure et demi à sentir l’air doux et la chaleur (relative) du bonhomme « galarneau ». Formidable pour une mi-février.
6-
Ai tenté de reprendre « La part de l’autre » de Schmidt. Refermé le roman. Impossible avec ce Adolf Hitler en rupin, bohémien, rendu à New-York et à Paris, à Montmarte, peintre angoissé…Non, je déteste vraiment, je le redis, cette sorte de concoction littéraire (plutôt putain) où on se sert comme appât d’un nom archi-connu (Hitler) pour broder de la fantaisie incongrue. Trop facile.
De temps à autre Aile veut absolument voir ce qui se passe à Salt Lake machin. Conneries que ces tunnels de plastique avec des luges qui filent…Ou est le sport là-dedans ? Et ce Salo suédois, excellent gardien de buts au hockey, a bien servi à mettre K.O. le club des canadiens ! On en jase partout dans nos gazettes : « pas de solidarité, pas de cohésion, nos joueurs évoluant sans « esprit d’équipe », blablabla… Le baratin habituel des chroniqueurs « sportifs », bien assis, ces « gérants d’estrade ». Lassitude chez moi.
Ce matin deux nouvelles terribles : le Vatican recule. On laissera pas fouiller les papiers du pape Pie numéro 12. On imagine la passe. Des curés tripotent les archives, éloignent les archives papales de l’ex-ambassadeur allemand, ce Pie No. 12. Histoires par trop compromettantes. Quelle saloperie !
Deux : ça y est, on s grouille, la police d’ici va enquêter sur le complot « filmé » à Westmount, dans un bureau de démarcheurs- relationnistes (ces gouapes parfois !) pour faire assassiner Mugabe le président zimbabwéen. Les « Affaires étrangères » d’Ottawa fonceraient vers ce Morgan Tsvangirai, le commanditaire du meurtre. On se souvient : une demi-million de belles piastres !
Le con ignorait que la firme de Montréal, avait le « vieux » Mugabe comme client. De là la caméra cachée. Coucou, souriez Morgan, vous êtres aux insolences !
Qui a dit : « Le christianisme, lui, envoie son fils se faire tuer pour nous. L’islamiste, lui, envoie son fils se faire tuer pour lui. » Inch Allah ! Choc terrible chez les araboïdes des Etats-Unis car ces propos viennent de nul autre que le sérieux Procureur général de Washington, John Aschcroft. Va-t-il ravaler sa diatribe ce ministre de la justice ? À suivre !
Pétrole : L’Iran et le Vénézuela en ont en masse. Ils sont associés. Demain, réunion au sommet à Caracas. L’Iran en « grande belle visite » au sud des USA, l’Iran qui est dans « l’axe du mal », selon W. Celui qui ne répond par à l’Arabie « saudite » qui veut ravoir ses 100 citoyens détenus au sud de Cuba comme méchants Taliban. (Pas de « s », comme on sait maintenant.)Lui, W. il partait pour la « Corée-du-bien », celle du sud. L’autre, au nord, c’est celle du « mal », un des trois « états-voyous » dans la mire du belliqueux W. (le no. 3 c’est l’Irak). En tous cas, la CIA va se démener à Caracas, c’est entendu !
Ratoureur le père Renaud de « notre » vaste chaîne de librairies ( organisée et payée avec notre argent public). Le chroniqueur Stanley Péan publiait sa liste des meilleurs livres de l’année passée. Le « boss » l’invite plus tard à examiner ses livres de chiffres. Péan humilié, pas une de ses recommandations (à la radio comme dans son journal) ne gagne des points. En somme, le bonhomme Renaud semble lui dire : « Péan, pauvre cloche, tu écris, tu valorises, pour rien; personne, le lectorat québécois tout entier, ne t’écoute. Perds pas ton temps. » Pas trop démonté le Péan en arrive à conclure : « la viabilité commerciale de nos livres…pas fort ! » Péan rapporte, ce matin, les propos de ses correspondants : « Assez du nationalisme littéraire ! Trop de navets québécois ! Nos « polars » valent pas ceux des USA ! Il y a trop de subventions gouvernementales ici. »
Édifiant, non ! Colonisés, oui ?
Péan dit que nos liseurs veulent des « stars » étrangères. Anciennes ou actuelles et il achève son papier —repentant, battu, soumis— par d’énormes éloges pour un auteur chilien, Jorge Edwards (« L’origine du monde ») qui publie…au Québec ! Pas loin, à ses côtés, David Homel, auteur et « ex-draft dodger » réfugié ici, fuyant la guerre au Vietnam, est chargé d’illustrer les livres de nos « voisins ».Il publicise ce matin sur Jean-Yves Loude, un auteur de France —qui cite Homel dans sa ponte !— venu « en résidence », un échangisme a-sexuel— venu séjourner tout un automne à l’hôtel Rigaud, en face du Carré Saint-Louis. Il aime bien le quartier chinois, le quartier italien, etc. Autres colonnes : Ève Dumas publie que « l’exportation de nos ouvrage dramatiques est une question de survie pour nos jeunes dramaturges ! » Ça va bien hein ? En somme, voilà où nous conduit le colonialisme que je nomme le « racisme inverti », ou, si vous préférez, « le racisme à l’envers », ou si vous aimez mieux, « le racisme retourné ».
Comme vous voudrez, servez-vous.

Le samedi 16 février2002

Le samedi 16 février2002
1-
La noirceur roule vers l’ouest. De ma fenêtre du bleu mauve qui s’éteint. On revient de notre marche autour du lac. Redoux qui dure. On aime bien. On aura eu un hiver d’une clémence rare en fin de compte. Pst devant l’ex-demeure de Grigon tantôt, on s’est souvenu, à la fête d’Hughette Oligny, une apparition renversante. Un mystère; Mia Riddez en chair et en os, devant nous ! Pas morte du tout ! Stupéfaction. Elle se présente. C’était sa fille. Un clone ! Rieuse, mignonne, portrait vivant de sa défunte maman.
Son parrain ? Lui, Claude-Henri « Grognon » que Louis Morricet, son père, et donc le mari de Mia, admirait tant comme pamphlétaire. Les jeunes ignorent le fait : le scripteur des populaires (radio puis télé) « Belles histoires des pays d’en haut » Grignon fit des écrits polémiques un temps et signait « Le lion du Nord ». « J’ai reçu un dix piastres (viande à chien !) un jour d’anniversaire de ce parrain distant ! », nous dit le sosie de Mia en riant. « Un homme et son péché », je l’ai relu, est un très solide bref roman. Rien à voir avec les « rallonges » à n’en plus finir des feuilletons. On va en faire un film nouveau qui sortira bientôt.
Un jeune viéaste-cinéate, Hogue, veut mon aide pour réaliser un document visuel sur un peintre d’ici, moderne, feu-Serge Lemoyne. J’ai signé une lettre de recommandation. Lemoyne fut le premier à présenter du « happening » à Montréal. C’était désopilant, singulier, fou braque.
À la radio, un ex-réalisateur, Bouchard, prépare de longues heures sur Lévesque. Chez Le Bigot ( ah ! le « piqueur » de vin à la SAQ. Le déchu Picotte me perdait avec son allusion à ce « fait divers » chez Bruneau de TVA, l’autre soir. Je me souvenais pas. Entre une fiole et un Gagliano, il y a un monde !) ce Bouchard rappelait l’apostrophe de René L. face à un Pierre Bourgault venu le questionner en mai 1970. Il lui aurait déclaré : « Rentrez chez vous et n’en sortez plus si vous voulez aider à l’indépendance du Québec ! » Ouow ! D’où pouvait bien venir cette détestation viscérale du tribun populaire chez Lévesque ? Mystère.
2-
On devrait, oui, faire un jour férié du calendrier ave ce 15 février. La SSJB le propose. D’autres aussi. Jour des »pendus » patriotes rue Delorimier, au « Pied du courant ». Ou fêter le 14, « la veille » des exécutions ignobles. Ce serait la Saint-Valentin des Québécois. Nous fêterions l’amour…l’amour de la liberté. C’est cela que défendaient les vaillants pionniers anti-monarchistes que l’on exécutait comme des malfrats.
« Baader » un film allemand. Une forfanterie-cinéma. Oui. Nat Pétro, à Berlin, n’en revient pas. Imaginez : on verrait René Lévesque, dans un film en son nom, poignardé par des felquistes enragés. Ou bien nous verrions Trudeau mitraillé par des « red necks » furieux dans une venelle de Westmount ? Ou encore, Monica-la-Mitraille noyée vive dans un poste de police !
N’importe quoi ! Andreas Baader, chef des terroristes allemands bien connus… dans le film à son nom, se fait mitrailler par la police. Or, c’est faux. Baader est mort, cinq ans après son arrestation par la police, dans sa prison. Le cinéaste Cristopher Rotrh, à Berlin, se fait huer violemment par la presse présente au Festival de Berlin. On le hue copieusement. Il ment effrontément. Il rétorquera : « Je suis cinéaste pas un historien! » Quel con ! Non mais.. Ces falsificateurs sont des escrocs. Fumisterie grave. Imposteur. Ils font les malins, s’approprient un sujet archi-connu, un personnage célèbre et…hop !, on fait n’importe quoi. « La foule va venir puisque l’ on jase sur un fait historique, un héros, ou un mec archi-connu. D’un commercial puant non ?
Je déteste « l’Histoire romancée » pour cela aussi. Voilà qu’on fait « causer », mille répliques, une Madame Papineau… ou qui vous voudrez, comme si l’auteur y était. Je trouve cela insupportable.
Moi, « Grand héros » n’est-ce pas ?, je sortirai de ma tombe et cognerai à mort sur celle ou celui qui me fera dire, dans un livre ou un film posthume, des paroles que je n’aurais jamais prononcées. Bien compris les fabulateurs, les imposteurs, les fumistes ?
3-
Ce matin, tant Lysiane Gagnon que Gilles Courtemanche donnent leurs avis sur « les affaires » de magouilleurrs soi-disant démarcheurs officiels. Aucun des deux, comme moi, ne condamnent vraiment ce faux métier des « copains comme cochons ». Un projet (de quoi que ce soit) devrait être jugé, si on veut des subventions —de « notre » argent de cochons de payeurs de taxes et d’impôts— à ses mérites, selon son utilité. Point final. Horreur que ces banquets, cocktails organisés pour que l’entrepreneur puisse rencontrer tel ou tel ministre. Horreur que ces ex-ministres —défroqués en démarcheurs vénaux— qui font d’amicale pressions mondaines pour « favoriser » ! Odieux « patronage ». C’est une honte ! Voilà que les Landry et Cie tentent de civiliser, de réglementer, cette merdique façon de faire. Je n’en reviens pas. Un bon gras machiniste de studio, à la SRC, allait et venait en grognant sans cesse « Jasmin ! La vie c’est qui tu connais. C’est toute. » Je me fâchais, je lui disais avoir été sans piston, sans copinage aucun , m’être fait seul, sans l’aide de personne. Mais maintenant, vieilli, je me pose des questions. Tant de réussites (celle des Rozon et al) viennent sans doute de ce « qui tu connais ». Immoral !
Louis Cornellier du Devoir, qu me fit tant d’éloges pour mon dernier bouquin (Je vous dis merci) se fait…ironiser (?) par le zélote de Gabrielle Roy, le prof de McGill, François Ricard. Cornellier, lui-même, prof de Cégep à Joliette, y allait d’un « enseignons aux jeunes d’abord notre littérature au lieu des classiques français d’antan comme on le fait, ce qui les ennuie prodigieusement. Après, oui, ce jeune cégepien pourra mieux embarquer et apprécier les grands auteurs célèbres, ayant pu s’identifier mieux en découvrant nos livres qui lui parlent de nous. »
Je trouvais ça plein de bon sens. Mais, ce matin, le Ricard monte aux créneaux et achève sa rodomontade par un clair : C’est ça, pourquoi pas la littérature d’une région selon le Cégep, les livres des auteurs de Joliette pour les cégépiens de Joliette ? Enseignons la lttérature de chaque village selon l’origine de l’élève.
Bien moqueur le Ricard non ? N’empêche : j’aime tant la polémique que je guette la réponse du Louis dans le prochain Devoir. Je le devine, Cornellier ne laissera pas passer cette ironique protestation, oh non !

Le vendredi 15 février 2002

Le vendredi 15 février 2002
1-
Invité, en deux jours, pour trois topos du polémiste à TVA-Tm.
Parler « magouilleurs » politiques chez Bruneau, mercredi soir.
En duplex. Avec l’ex-ministre déchu, M. Picotte, libéral. À la fin de notre petit huit minutes, quand je lui rétorque que le peuple, pas fou, lisant sur ces Gagliano. Bréard, Baril et Cie, va saisir : « Les politiciens, tous pourris ! » Le Picotte éclate en disant : « Oh ça, tous, des avocats de taverne ! »
Voilà son verdict de l’opinion populaire ! Je lui lance : « Mépris du peule pour un ex-home public ! Mépris ! » Bruneau passe à son prochain sujet. Le lendemain, hier, jeudi, à midi chez la Cazin. Débat sur la tolérance. Je fesse sur la mollesse des dirigeants (au fédéral surtout) qui font de nous, les Québécois, nous formons 83 % de la population, des « suspects » de l’intolérance. Que l’on subventionne les ghettos au lieu d’inviter nos nouveaux venus à s’intégrer aux Québécois et le plus vite possible pour l’épanouisement de leurs enfants.
La chicane pogne. Miss Cazin semble inquiète. Quoi, veut-elle du débat viril ou de la jasette douceâtre ?
Rapidement, c’est la bonne foire d’empoigne. Je jouis. Il y a un musulman en djellaba (!) et coiffe dorée, un Juif du Congrès Juif, section Québec, une complaisante apôtre du muticul (!) qui souhaite, ici, une société remplie de mille communautés. Une mosaïque quoi ! Va pour le centre-ville des mégapoles. Mais un pays reste un pays avec sa majorité qui a droit de défendre son histoire, ses us, coutumes, ses valeurs etc. Belle cohésion que de vouloir un pays émietté.. Le monde, lui, est varié et c’est merveilleux. Mais tous les autres pays luttent pour une cohésion normale. C’est fameux. Je ne veux pas, un jour, ne plus retrouver l’Italie en Italie, ni ne plus sentir l’Allemagne en Allemagne. La variété, oui, pour l’univers. Mais foin de cette folie de tuer les nationalités ! (Le « nationisme » dit Todd est sain et normal.) À bas l’américanisation du globe , non ? Car on sait où conduirait cette « chasse aux nationalismes » : à une sorte d’univers à une seule teinte ! Jamais ça !
Même jour, hier, petite engueulade amicale, chez Bruneau encore, à 17h et demi, avec Isabelle Maréchal qui déteste les fêtes dont la Saint-Valentin. « Du commerce affreux », dira-t-elle. Vérité ? Sans doute. Les marchands n’inventent pas ces fêtes mais, bien entendu, en profitent. C’était ainsi en Phynicie bien avant le Christ ! Mais aussi, toutes ces fêtes du calendrier, (Fête des mères, Halloween) font des occasions de marquer festivement les jours qui filent. J’aime. Bruneau soudain : « M. Jasmin avez-vous offert… » Oh ! Franchise : » Non ! Pas encore, mais ma compagne m’a offert des chocolats ce midi et je vais lui acheter des fleurs… »
En sortant du studio de Tva, achat de roses. Elles s’ouvrent en ce moment, roses très roses grasses. C’est joli sur la table du petit déjeuner ce matin ! La fête (obligée, commercialisée) a fait ça.
Avant l’empoignade chez Cazin, invitation au bureau de Serge Fortin, le « boss » aux nouvelles. Il a tant aimé mes brefs topos (pour la fessée nécessaire, contre le téléphone cellu en auto) qu’il m’offre une visite régulière, hebdomadaire, ici, au village. Il y aura bon petit cachet. J’ai accepté.
Il y a eu du froid de canard mais hier et ce matin, douceur dehors. C’est bon. Mon fils me courriellise : il a signé pour un achat, en avril, d’une Chevrolet-Tracker (!) et lui et Lynn en sont tout heureux. Il écrit : « On est comme des bébés. Ce petit bonheur d’un « char neu », nous aide à supporter le deuil de la maudite cigarette. » Le chanceux ! Comment lâcher, Aile et moi, le bonhomme Nicot ! Dur !
Allant, hier matin, rue Laurier, en couple, pour l’achat de lunettes neuves ( 20 ans avec mes vieilles barnicles !), je dis à l’examinatrice, qui me décèle un début de cataracte, « la fumée n’aide pas, je suppose ? » Elle m’a donné l’ adresse d’un guérisseuse (diplômée) qui fait des merveilles. J’ai dit : « Bien. J’irai la voir au tout début du printemps. » Je le veux. J’ai la volonté…mais pas pour le reste de l’hiver. Avec les beaux jours, j’irai dehors plus souvent et je vaincrai. L’oculiste m’a recommandé aussi d’avaler beaucoup de vitamine C. Moi qui n’avale aucune médicament, rien, sauf du Pepto-bismol quand je mange trop riche et que ça ne passe pas. J’ai dit « oui » à cela aussi. « De 500 à mille mg. Par jour », spécifia-t-elle. Bon.
2-
Le Beaulieu de Trois-Pistoles au téléphone, dans son deuxième rôle, éditeur : « Mon Claude, j’ai relu ton manuscrit. Je l’aime toujours. C’est très bon. J’ai mis toutes tes envolées poétiques en italique. J’ ai enlevé les chiffres de tes chapitres. Inutile. J’ai gardé tes sous-titres, ça suffit. Maintenant, tu dois m’envoyer ta bibliographie… Et vite ! » J’ai essayé. Impossible ! Oh ! Il y a trop de titres. Je m’y perds. Il y a tant de textes divers dans tant de bouquins divers. J’en oublierais. 40 ans de …scriptomanie ! Je lui ai faxé (chez mon dépanneur équipée pour cela) une sorte de « carte chronologique du polygraphe »… en guise de bibliograhie. L’imprimera-t-il ? J’ai très hâte de voir ce « Écrire : pour l’argent et la gloire ». Ça va grigner dans le Landerneau littéraire. Un vrai manifeste ! Une sorte de pamphlet.
Petits-ils : certains souhaitent un lunch avec papi. Hélas, le vieux est toujours à Sainte-Adèle. Le passages en ville sont bourrés de rencontres obligées .Nostalgie de nos repas d’antan ? Le Thomas et le Simon à Lynn et Daniel se promènent. L’un, Simon Jasmin, revient de skier à Saint-Anne, l’autre, Thomas Jasmin , part pour Tremblant. Eh b’en, les écoles changent ! Excursions lointaines ! Dans mon temps, pour deux piastres, c’était Saint-Sauveur (lunch fait par môman) avec les gars du « Ski-Grasset ». Pas plus loin !
Mardi soir, merci d’être venus en foules, pour voir mon « Tuez le veau gras », téléthéâtre de 1964, présenté à la cinémathèque. Votre fidélité m’a fait chaud au cœur ! Blague à part, nous étions une dizaine. Dont un, sympathique M. Garneau, qui me dit être un lecteur amusé des J.N. ici. On a jasé à la sortie avec Routhier, ex-réalisateur à la SRC comme Aile. J’étais fier de mon texte, et très heureux du traitement-Carrier, des solides décors de Hugo Wuetrich. Le son ? Bien mieux que pour mon « BLues.. », images pas toujours bien claires hélas !
Réjean Tremblay aux J.O. : « C’est pire qu’aux J.O. de Moscou. Les fouilles sans cesse. Une plaie ! Une paranoïa terrible. Gardiens, polices et soldats partout, partout. » Ce matin, Foglia se moque de notre surprise : « Quoi, il y a des magouilleurs aux J.o. ? Hon ! » Mais oui, dit le père-lucide. Comme ailleurs. Comme partout. Nous serions, les braillards, un gang de candides. Les Jeux comme la politique comme la finance, comme toute activité humaine sont menés par des humains. Donc, oui, magouilles ! Foglia —blasé, nihiliste, desperado ?— nous recommande de nous calmer le pompon. D’accepter « le sort » (son mot) face au « vol » de médaille d’or pour nos patineurs bafoués. Pour lui le « sort », donc le « hasard », ses erreurs, est la vraie donne. Il craint le chauvinisme. Je lui donne raison.
Coup de fil, c’est Perrette Souplex, —la fille d’un fameux comédien du cinéma français des années ’50 et ‘60— elle a beaucoup estimé ma sortie furibonde contre la niaise tolérance de tous les ghettos d’émigrants subventionnés du Québec. Je lui dis : « Aile m’a reproché d’y être allé un peu raide ! » P.S. répond : « Ah non, pas assez raide plutôt, continuez de frapper ce clou, c’est important ! »
Aile me dit toujours : « Claude, mon amour, tu avais raison, sur tout, en tout, tes arguments sont solides, mais il y a la manière. Tu obtiendrais davantage d’appuis si tu ne t’emportais pas tant. » Françoise Faucher disait cela aussi lors de ma « biographie » du Canal D en touche à tout : « Souvent Claude va trop loin, il frappe trop fort, mais…bon, s’il faisait autrement ça ne serait pas Claude ! » Ce matin, une lectrice de J.N. me courriellise aussi son encouragement, avance qu’il faudrait un « mouvement organisé » pour faire cesser ces ghettoïsations malsaines.
3-
Chemin Bates, ayant oublié mon « Coffre de cèdre », j’ai relu plusieurs entrées de mon premier tome de journal, juillet ’87-février ‘88 : « Pour tout vous dire », publié chez Guérin. Grand plaisir. Sans cesse, je rappelle à ma chère Ale des éphémérides oubliés. Elle en est chaque fois comme étonnée. Cela sert donc aussi le scripteur que du journal ? Absolument. J’ai revu tant de projets…abandonnés. Tant de notations importantes à mes yeux.
Cela vous fait du bien. Il y a les regrets, aussi les stimulations.
La confirmation de ce que je suis : un touche à tout, oh oui, un inventeur de synopsis compulsif, un observateur étonné des gens et des choses. Je m’aime bien en journalier. Quoi ? J’ai le droit de m’aimer de temps à autre. Je déteste tant d’aspects de ma personne écrivante .
Nat Pétro est à Berlin. Festival de films. « Ode à Cologne », film signé Wim Wenders (exilé en Californie) qui a fait renaître de vieux musiciens cubains abandonnés, raconte dans « Ode.. » un groupe musical de pop allemand aussi populaire là-bas que « Beau Dommage » ici, jadis. Ce « Bap », explique la chroniqueuse, reste empreint d’une sorte de tristesse. Il y plane l’hitlérisme embarrassant. Ici, vrai que Duplessis ne fut qu’un roitelet de pacotille, rien à voir avec la fureur naziste. Je songe que ‘ »Beau dommage », dès leur apparition autour d’Expo,67, aurait pu avec le soutien de notre État québécois, devenir une ambassade extraordinaire. J’ai tant aimé ce groupe animé par Michel Rivard. Hâte de voir le « Ode à Cologne ».
De voir aussi « Point aveugle ». L’héroïne de ce documentaire allemand vient tout juste de mourir ! Avant hier ! Cette Traude Junge fut la dévouée secrétaire d’Adolph-le-fou. Elle a tout raconté. La fin du monstre. Le chien, adoré de lui, qu’il empoisonne avant de se tuer. Sa « frau » Eva, qui préfère le poison au revolver, névrosée, désirant ne pas faire une morte… abimée ! Le bunker de Berlin comme une bulle hors-monde ! Traude Junge déclarait : « Certes, j’étais si jeune et si candide. » Mais quand elle a découvert l’horreur commise et cette une jeune résistante de 22 ans, assassinée…elle aurait compris que la jeunesse n’est pas une excuse. Peut-on dire : Paix à ses cendres ?
J’ai repensé à ce merveilleux roman : « Le liseur » de Shlink avec cette gardienne de camp nazi qui finit par admettre qu’elle fut une coupable et qui accepte sa condamnation, qui se pendra au moment de a libération…Une pauvre analphabète qui, mieux que tant de planqués nazis en Amérique-du Sud, découvre sa culpabilité. À propos de livre, hier soir, au lit, j’ai commencé à lire « Inceste » de Christine Angot (en poche). J’avais vu cette fille agressive et fermée chez Pivot. C’est d’abord plus de cent vingt pages de mots enlignés et alignés en une diarrhée verbale sans grand intérêt. Faut le faire, un culot vain. Aile qui l’a lu avant moi et me dit : « Va à la page 140, ça s’éclaircit. » J’étais las, assommé de ce stupide empilement verbiageux. Je m’endormais trop. À demain Miss « Inceste ».
4-
Dans le film de Denis Chouinard « L’ange de goudron » il y aurait démonstration de notre méchant racisme. Au festival berlinois, des journalistes inquiets par son « Ange de goudron, lui pose des questions : « Votre Québec ? Un pays fasciste ? Peuplé d’intolérants , de xénophobes ? » Le Chouinard embarrassé répond : « Oui, il y a du racisme mais non, rien à voir avec le fascisme ! » Voilà ce qui arrive quand pour faire une bonne histoire » on tord un peu le cou aux réalités.
Sortie à Paris de « Amen » du célèbre cinéaste de « Z », Costa-Gravas ( qui aidait, soi dit en passant notre jeune Chouinard à scénariser). L’affiche fait choc. Signé par l’audacieux photographe-designer congédié par la compagnie Benetton, Toscani. Un crucifix emmêlé avec la croix gammée ! Vives protestations du clergé catholique de France. « Amen » raconterait un affreux SS inquiet, repenti, qui, via un prêtre, tente d’alerter le Vatican sur le massacre des millions de juifs. Silence du Vatican averti ! Mgr. Ricard, cheuf des évêques cathos se lamente. Il proteste. Veut faite interdire le « sacrilège » « poster » en question. Mgr. Lalanne, grand secrétaire avance :
« Oui, à Rome, il y a eu des erreurs (tu parles !) et des silences (et comment !) mais cette affiche… »
J’ai lu sur la question « complicité » implicite du
Vatican avec Berlin nazifié. Pas beau à révéler. Par exemple, Rome qui ordonne de démanteler un parti politique, très fort, très solide, en Allemagne…Les nazis craignaient ces critiques lucides. Rome pour acheter la paix, fit démanteler ce parti « confessionnel » vigoureux. Il donnait une meilleure chance aux nazis de poursuivre l’ordre…brun ! Hâte de voir ce « Amen ». Amen. Et pas amène avec un pape frileux, vraiment peureux et surtout germanophile aveuglé, y ayant été « ambassadeur » vaticanesque. Nonce !
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Chez « Arcand en direct » (TVA), effrayante démonstration par les reporters Houde et Duffaux sur les écoeuranteries passées chez ces gens des J.O. Un tableau noir terrible ! Révélateur. Dont une séquence où l’on voyait clairement une gestuelle (par les pieds) de signes complices entre deux jurés. Honte ! Honte !
Tantôt, attendant aux portes de l’École hôtelière, lecture de : « L’ART DU ROMAN » par Milan Kundera. Un vrai intello. Il soupèse chaque mot, examine le moindre terme employé par son questionneur. Il admire énormément Kafka. Ah ! Un de Prague comme lui ! Chauvinisme ? Cet « art du roman » me semble un de ces textes ambitieux où l’auteur navigue de sommet en sommet : Proust, Joyce, Flaubert…Kundera y utilise un jargon plutôt pénible. Il a été, et longtemps, la coqueluche du milieu intello d’ici. Je me souviens mal de « L’étrange légèreté de l’être » (un titre du genre). Pas un modèle de roman, il me semble. Dogmes, théories, sont à éviter en littérature, non ?
6-
Eh maudit verrat qu’il s’en passe des affaires louches et dans notre cour. Imaginez : à Westmount, chez « Dickens and Madson », une agence de démarcheurs
—(ouash, le lobbying n’est pas un métier et on le définit sans cesse, on veut réglementer une mafia à bons petits copains, à bons contacts, d’ex-ministres, sous-ministres etc. Ça pue ! !) —
où travaillent des grosses têtes en relationnisme. Voilà qu’un mec s’y amène et veut (tenez-vous bien) verser une demi-million de piastres pour l’assassinat (oui, oui !) de Mugabe, celui qui règne au Zimbabwe depuis deux décennies ! À Westmunt, on avait caché des caméras. Oh oh !
L’affaire fait de remous partout ! Les comploteurs tombaient mal : l’agence avait comme ami et client le bonhomme Mugabe ! Aïe ! On révèle tout au bon client et ami Mugabe. Le feu est pris !
On accuse Tsvangirai (chef de l’opposition là-bas). Ça barde ! Parmi les gens de l’agence d’ici, un certain Alexander Legault, venu de la Louisiane (il y a longtemps) et réfugié au Canada qui guette sa nationalisation par Ottawa. Décision le 18 mars, dit La Presse. Car Washington le veut et vite. Legault aurait fraudé pour 13 millions de $, plus de 300 « aînés » (senior citizens) floridiens ! Il a peur le Legault. Il se défend, il dit : « Des mensonges, c’est la vengeance de la CIA, si on me déporte ils vont me tourmenter. » Pourquoi donc ? Ah ! Ce Legault dit qu’il fut le tout premier à alerter Ottawa sur la CIA qui payait notre « bon docteur Cameron » pour jouer avec les cerveaux des patients à « Royal Victoria Hospital », Avenue des Pins. Eh b’en !
C’est à suivre, non ? Je vous dis, tout un monde de fripouilles vit dans notre territoire. J’ai souvenir d’une voisine du Vieux-Bordeaux, Madame H., qui fut une des victimes de ce Cameron-de-la-Cia. Une histoire effroyable. On a fini —ce fut très long— par payer…un peu, les victimes des expérimentations CIA-USA. Chez nous, tout ça ! Colonialisme puant ! Un monde !
Ainsi, vient de mourir Lucien Rivard. Un mafieux important de cette « French Connexion », proprio de « La plage idéale ». Chalet à Pointe-Calumet. Il était « travailleur » d’élections pour les Libéraux d’Ottawa. Le père Pearson en fut secoué quand éclatèrent des scandales avec ce Rivard au beau milieu. Le grand choc. C’est ce pégrieux qui s’évadait de la prison voisine de chez moi, à Bordeaux. Une aventure incroyable. Un voisin, à quatre portes de chez moi, un comptable, avait ses bureaux, Pace Crémazie, juste à côté de ceux du bandit Rivard. Et c’est lui, ce comptable, qui lui offrait un « pouce », oh hasard hein ?, quand Rivard s’échappait. Le voisin bordelais du comptable était le ministre Claude Wagner, à trois portes de chez moi, Libéral à Québec ! Eh oui ! Vous voyez ma surprise ?
Journaliste chez Bernard Turcot, j’avais alerté la rédaction. On passa par Daniel Jonhson tant on trouvait l’affaire juteuse mais délicate. La peur des poursuites judiciaires rend prudents les médias. En « assemblée nationale » on peut tout dire. Mais….
Le Daniel Jonhson tente de raconter ce que je vous dis ici. Jean Lesage se drapait dans sa dignité. Et, secoué de ces « Wagner-voisin-comptable-voisin-Lucien Rivard-orgnisaeur-travailleur rouge- … Tit-Jean-le-Noble commanda l’ « heure du lunch ». Pause !
Ça se jase durant les repas au « Café des pourris »! Après…plus rien ! La question dérangeante était comme oubliée ! Johnson devait avoir, lui aussi, d’encombrants squelettes dans son placard. C’est « tu fermes ta gueule et je ferme ma gueule ! » C’est cela aussi la politique.
Penchez-vous un moment sur cette collision pègre-politique…pas par respect, par envie de vomir !
L’OTAN finissait par se secouer et bombarda durant deux mois, entre autres cibles, la Serbie, Belgrade. Avec des bavures, des erreurs de tir, et des morts ici et là ! On s’en souvient. À la grande cour internationale, voilà le monstre démago-populiste, S. Milosevic qui se dresse et s’indigne. L’OTAN c’est Hitler, c’est les Nazis ! L’OTAN c’est le mal. C’est la cible nouvelle ! Stupeur à La Haye !Effet de judo. Tirer son adversaire vers soi. Revirer l’accusation violente. Tactique. À suivre mais ça va durer un an, peut-être deux…Ouais !
Hâte de voir ce documentaire sur le RIN. Lancement samedi mais…j’aime trop ma petite campagne. J’irai pas. Un jeune homme me veut comme témoin parlant pour son projet de film sur le peintre Serge Lemoyne, connu quand j’étais critique d’art dans les années ’60. J’ai accepté de l’aider. Lemoyne avait des idées, du front, inaugurait ici des « happenings » amusants. Il est mort il y a peu.
Gilles Groulx, j’y reviens, « braillait sans cesse contre l’ONF mais il a jamais pu quitter l’institution ». Je lis cela et je sais que c’est vrai. Pierre Perrault, Arcand (Denis), Godbout, d’autres aussi, gueulaient sans cesse contre l’ONF, sa censure, ses patrons « chieux ». Ainsi au réseau français, moi comme tant d’autres, on en bavait…. lourds de griefs divers, on critiquait mais on restait là. Où aller ? Dans ma « biographie », du Canal D, on me fait dire : « 30 ans décorateur et 30 ans de bonheur comme il le dit lui-même. » Et c’est vrai, mais il faut entendre « 30 ans de bonheur avec les camarades »…pas avec les patrons « chieux », à genoux devant les nerveux fédéralistes d’Ottawa où la SRC a son siège. Comme si on payait pas nos impôts à Ottawa les Québécois.
Quoi ? Des diamants à la Baie-James ? Eh b’en ! Sait-on jamais ! Une richesse de plus ? Au fond des blocs erratiques de ce plaines arctiques ? Je me souviendrai toujours de ce territoire tout blanc, visité du temps de la radio pop, CJMS. L’avion survolant le blanmc, le vide. Immenses paysages de petits sapins, d’épinettes noires si maigres, neige et glace à perte de vue. Le barrage gigantesque. Du béton sur des rochers ! Ce village installé pour faire taire les déplacés, Chisassibi. Visages d’enfants inquiets. D’hommes perdus face aux grues géantes pas loin. Monde perdu. Terre ingrate. Poignées de Cris. Subventions à gogo pour faire taire. Une nuit passée dans un camion-motel. La cafétéria des ouvriers montés de Montréal. Impression de solitude terrible. Chanson de Georges Dor réactualisée depuis la Manic. Bar bruyant. Si peu de femmes ! Un pays hors du pays. Ah oui, un souvenir impérissable. Des routes sans horizons francs dans ces savanes glacées. Si peu de monde hors le barrage. Le canot automobile sur La Grande. Les truites en masse. Délicieuses. Les cris des travailleurs dans les chantiers. Un rire soudain. Soliloque imposant. Un grand rire de fou. Des clameurs. Sifflets. Dynamite. Bizarre contrée hors civilisation. Qui m’a laissé un souvenir étrange. Celui d’avoir séjourné au fond de la Sibérie. Goulag confortable.
Voilà, il y aurait du diamant. Déjà des compagnies se forment. On y va bien voir. Allons voir. Ah seigneur, pauvres Cris sauvages qui chassaient, qui pêchaient…Ils auront des bagues à offrir à leurs squaws ? Doutons-en.