Le vendredi 15 février 2002

Le vendredi 15 février 2002
1-
Invité, en deux jours, pour trois topos du polémiste à TVA-Tm.
Parler « magouilleurs » politiques chez Bruneau, mercredi soir.
En duplex. Avec l’ex-ministre déchu, M. Picotte, libéral. À la fin de notre petit huit minutes, quand je lui rétorque que le peuple, pas fou, lisant sur ces Gagliano. Bréard, Baril et Cie, va saisir : « Les politiciens, tous pourris ! » Le Picotte éclate en disant : « Oh ça, tous, des avocats de taverne ! »
Voilà son verdict de l’opinion populaire ! Je lui lance : « Mépris du peule pour un ex-home public ! Mépris ! » Bruneau passe à son prochain sujet. Le lendemain, hier, jeudi, à midi chez la Cazin. Débat sur la tolérance. Je fesse sur la mollesse des dirigeants (au fédéral surtout) qui font de nous, les Québécois, nous formons 83 % de la population, des « suspects » de l’intolérance. Que l’on subventionne les ghettos au lieu d’inviter nos nouveaux venus à s’intégrer aux Québécois et le plus vite possible pour l’épanouisement de leurs enfants.
La chicane pogne. Miss Cazin semble inquiète. Quoi, veut-elle du débat viril ou de la jasette douceâtre ?
Rapidement, c’est la bonne foire d’empoigne. Je jouis. Il y a un musulman en djellaba (!) et coiffe dorée, un Juif du Congrès Juif, section Québec, une complaisante apôtre du muticul (!) qui souhaite, ici, une société remplie de mille communautés. Une mosaïque quoi ! Va pour le centre-ville des mégapoles. Mais un pays reste un pays avec sa majorité qui a droit de défendre son histoire, ses us, coutumes, ses valeurs etc. Belle cohésion que de vouloir un pays émietté.. Le monde, lui, est varié et c’est merveilleux. Mais tous les autres pays luttent pour une cohésion normale. C’est fameux. Je ne veux pas, un jour, ne plus retrouver l’Italie en Italie, ni ne plus sentir l’Allemagne en Allemagne. La variété, oui, pour l’univers. Mais foin de cette folie de tuer les nationalités ! (Le « nationisme » dit Todd est sain et normal.) À bas l’américanisation du globe , non ? Car on sait où conduirait cette « chasse aux nationalismes » : à une sorte d’univers à une seule teinte ! Jamais ça !
Même jour, hier, petite engueulade amicale, chez Bruneau encore, à 17h et demi, avec Isabelle Maréchal qui déteste les fêtes dont la Saint-Valentin. « Du commerce affreux », dira-t-elle. Vérité ? Sans doute. Les marchands n’inventent pas ces fêtes mais, bien entendu, en profitent. C’était ainsi en Phynicie bien avant le Christ ! Mais aussi, toutes ces fêtes du calendrier, (Fête des mères, Halloween) font des occasions de marquer festivement les jours qui filent. J’aime. Bruneau soudain : « M. Jasmin avez-vous offert… » Oh ! Franchise : » Non ! Pas encore, mais ma compagne m’a offert des chocolats ce midi et je vais lui acheter des fleurs… »
En sortant du studio de Tva, achat de roses. Elles s’ouvrent en ce moment, roses très roses grasses. C’est joli sur la table du petit déjeuner ce matin ! La fête (obligée, commercialisée) a fait ça.
Avant l’empoignade chez Cazin, invitation au bureau de Serge Fortin, le « boss » aux nouvelles. Il a tant aimé mes brefs topos (pour la fessée nécessaire, contre le téléphone cellu en auto) qu’il m’offre une visite régulière, hebdomadaire, ici, au village. Il y aura bon petit cachet. J’ai accepté.
Il y a eu du froid de canard mais hier et ce matin, douceur dehors. C’est bon. Mon fils me courriellise : il a signé pour un achat, en avril, d’une Chevrolet-Tracker (!) et lui et Lynn en sont tout heureux. Il écrit : « On est comme des bébés. Ce petit bonheur d’un « char neu », nous aide à supporter le deuil de la maudite cigarette. » Le chanceux ! Comment lâcher, Aile et moi, le bonhomme Nicot ! Dur !
Allant, hier matin, rue Laurier, en couple, pour l’achat de lunettes neuves ( 20 ans avec mes vieilles barnicles !), je dis à l’examinatrice, qui me décèle un début de cataracte, « la fumée n’aide pas, je suppose ? » Elle m’a donné l’ adresse d’un guérisseuse (diplômée) qui fait des merveilles. J’ai dit : « Bien. J’irai la voir au tout début du printemps. » Je le veux. J’ai la volonté…mais pas pour le reste de l’hiver. Avec les beaux jours, j’irai dehors plus souvent et je vaincrai. L’oculiste m’a recommandé aussi d’avaler beaucoup de vitamine C. Moi qui n’avale aucune médicament, rien, sauf du Pepto-bismol quand je mange trop riche et que ça ne passe pas. J’ai dit « oui » à cela aussi. « De 500 à mille mg. Par jour », spécifia-t-elle. Bon.
2-
Le Beaulieu de Trois-Pistoles au téléphone, dans son deuxième rôle, éditeur : « Mon Claude, j’ai relu ton manuscrit. Je l’aime toujours. C’est très bon. J’ai mis toutes tes envolées poétiques en italique. J’ ai enlevé les chiffres de tes chapitres. Inutile. J’ai gardé tes sous-titres, ça suffit. Maintenant, tu dois m’envoyer ta bibliographie… Et vite ! » J’ai essayé. Impossible ! Oh ! Il y a trop de titres. Je m’y perds. Il y a tant de textes divers dans tant de bouquins divers. J’en oublierais. 40 ans de …scriptomanie ! Je lui ai faxé (chez mon dépanneur équipée pour cela) une sorte de « carte chronologique du polygraphe »… en guise de bibliograhie. L’imprimera-t-il ? J’ai très hâte de voir ce « Écrire : pour l’argent et la gloire ». Ça va grigner dans le Landerneau littéraire. Un vrai manifeste ! Une sorte de pamphlet.
Petits-ils : certains souhaitent un lunch avec papi. Hélas, le vieux est toujours à Sainte-Adèle. Le passages en ville sont bourrés de rencontres obligées .Nostalgie de nos repas d’antan ? Le Thomas et le Simon à Lynn et Daniel se promènent. L’un, Simon Jasmin, revient de skier à Saint-Anne, l’autre, Thomas Jasmin , part pour Tremblant. Eh b’en, les écoles changent ! Excursions lointaines ! Dans mon temps, pour deux piastres, c’était Saint-Sauveur (lunch fait par môman) avec les gars du « Ski-Grasset ». Pas plus loin !
Mardi soir, merci d’être venus en foules, pour voir mon « Tuez le veau gras », téléthéâtre de 1964, présenté à la cinémathèque. Votre fidélité m’a fait chaud au cœur ! Blague à part, nous étions une dizaine. Dont un, sympathique M. Garneau, qui me dit être un lecteur amusé des J.N. ici. On a jasé à la sortie avec Routhier, ex-réalisateur à la SRC comme Aile. J’étais fier de mon texte, et très heureux du traitement-Carrier, des solides décors de Hugo Wuetrich. Le son ? Bien mieux que pour mon « BLues.. », images pas toujours bien claires hélas !
Réjean Tremblay aux J.O. : « C’est pire qu’aux J.O. de Moscou. Les fouilles sans cesse. Une plaie ! Une paranoïa terrible. Gardiens, polices et soldats partout, partout. » Ce matin, Foglia se moque de notre surprise : « Quoi, il y a des magouilleurs aux J.o. ? Hon ! » Mais oui, dit le père-lucide. Comme ailleurs. Comme partout. Nous serions, les braillards, un gang de candides. Les Jeux comme la politique comme la finance, comme toute activité humaine sont menés par des humains. Donc, oui, magouilles ! Foglia —blasé, nihiliste, desperado ?— nous recommande de nous calmer le pompon. D’accepter « le sort » (son mot) face au « vol » de médaille d’or pour nos patineurs bafoués. Pour lui le « sort », donc le « hasard », ses erreurs, est la vraie donne. Il craint le chauvinisme. Je lui donne raison.
Coup de fil, c’est Perrette Souplex, —la fille d’un fameux comédien du cinéma français des années ’50 et ‘60— elle a beaucoup estimé ma sortie furibonde contre la niaise tolérance de tous les ghettos d’émigrants subventionnés du Québec. Je lui dis : « Aile m’a reproché d’y être allé un peu raide ! » P.S. répond : « Ah non, pas assez raide plutôt, continuez de frapper ce clou, c’est important ! »
Aile me dit toujours : « Claude, mon amour, tu avais raison, sur tout, en tout, tes arguments sont solides, mais il y a la manière. Tu obtiendrais davantage d’appuis si tu ne t’emportais pas tant. » Françoise Faucher disait cela aussi lors de ma « biographie » du Canal D en touche à tout : « Souvent Claude va trop loin, il frappe trop fort, mais…bon, s’il faisait autrement ça ne serait pas Claude ! » Ce matin, une lectrice de J.N. me courriellise aussi son encouragement, avance qu’il faudrait un « mouvement organisé » pour faire cesser ces ghettoïsations malsaines.
3-
Chemin Bates, ayant oublié mon « Coffre de cèdre », j’ai relu plusieurs entrées de mon premier tome de journal, juillet ’87-février ‘88 : « Pour tout vous dire », publié chez Guérin. Grand plaisir. Sans cesse, je rappelle à ma chère Ale des éphémérides oubliés. Elle en est chaque fois comme étonnée. Cela sert donc aussi le scripteur que du journal ? Absolument. J’ai revu tant de projets…abandonnés. Tant de notations importantes à mes yeux.
Cela vous fait du bien. Il y a les regrets, aussi les stimulations.
La confirmation de ce que je suis : un touche à tout, oh oui, un inventeur de synopsis compulsif, un observateur étonné des gens et des choses. Je m’aime bien en journalier. Quoi ? J’ai le droit de m’aimer de temps à autre. Je déteste tant d’aspects de ma personne écrivante .
Nat Pétro est à Berlin. Festival de films. « Ode à Cologne », film signé Wim Wenders (exilé en Californie) qui a fait renaître de vieux musiciens cubains abandonnés, raconte dans « Ode.. » un groupe musical de pop allemand aussi populaire là-bas que « Beau Dommage » ici, jadis. Ce « Bap », explique la chroniqueuse, reste empreint d’une sorte de tristesse. Il y plane l’hitlérisme embarrassant. Ici, vrai que Duplessis ne fut qu’un roitelet de pacotille, rien à voir avec la fureur naziste. Je songe que ‘ »Beau dommage », dès leur apparition autour d’Expo,67, aurait pu avec le soutien de notre État québécois, devenir une ambassade extraordinaire. J’ai tant aimé ce groupe animé par Michel Rivard. Hâte de voir le « Ode à Cologne ».
De voir aussi « Point aveugle ». L’héroïne de ce documentaire allemand vient tout juste de mourir ! Avant hier ! Cette Traude Junge fut la dévouée secrétaire d’Adolph-le-fou. Elle a tout raconté. La fin du monstre. Le chien, adoré de lui, qu’il empoisonne avant de se tuer. Sa « frau » Eva, qui préfère le poison au revolver, névrosée, désirant ne pas faire une morte… abimée ! Le bunker de Berlin comme une bulle hors-monde ! Traude Junge déclarait : « Certes, j’étais si jeune et si candide. » Mais quand elle a découvert l’horreur commise et cette une jeune résistante de 22 ans, assassinée…elle aurait compris que la jeunesse n’est pas une excuse. Peut-on dire : Paix à ses cendres ?
J’ai repensé à ce merveilleux roman : « Le liseur » de Shlink avec cette gardienne de camp nazi qui finit par admettre qu’elle fut une coupable et qui accepte sa condamnation, qui se pendra au moment de a libération…Une pauvre analphabète qui, mieux que tant de planqués nazis en Amérique-du Sud, découvre sa culpabilité. À propos de livre, hier soir, au lit, j’ai commencé à lire « Inceste » de Christine Angot (en poche). J’avais vu cette fille agressive et fermée chez Pivot. C’est d’abord plus de cent vingt pages de mots enlignés et alignés en une diarrhée verbale sans grand intérêt. Faut le faire, un culot vain. Aile qui l’a lu avant moi et me dit : « Va à la page 140, ça s’éclaircit. » J’étais las, assommé de ce stupide empilement verbiageux. Je m’endormais trop. À demain Miss « Inceste ».
4-
Dans le film de Denis Chouinard « L’ange de goudron » il y aurait démonstration de notre méchant racisme. Au festival berlinois, des journalistes inquiets par son « Ange de goudron, lui pose des questions : « Votre Québec ? Un pays fasciste ? Peuplé d’intolérants , de xénophobes ? » Le Chouinard embarrassé répond : « Oui, il y a du racisme mais non, rien à voir avec le fascisme ! » Voilà ce qui arrive quand pour faire une bonne histoire » on tord un peu le cou aux réalités.
Sortie à Paris de « Amen » du célèbre cinéaste de « Z », Costa-Gravas ( qui aidait, soi dit en passant notre jeune Chouinard à scénariser). L’affiche fait choc. Signé par l’audacieux photographe-designer congédié par la compagnie Benetton, Toscani. Un crucifix emmêlé avec la croix gammée ! Vives protestations du clergé catholique de France. « Amen » raconterait un affreux SS inquiet, repenti, qui, via un prêtre, tente d’alerter le Vatican sur le massacre des millions de juifs. Silence du Vatican averti ! Mgr. Ricard, cheuf des évêques cathos se lamente. Il proteste. Veut faite interdire le « sacrilège » « poster » en question. Mgr. Lalanne, grand secrétaire avance :
« Oui, à Rome, il y a eu des erreurs (tu parles !) et des silences (et comment !) mais cette affiche… »
J’ai lu sur la question « complicité » implicite du
Vatican avec Berlin nazifié. Pas beau à révéler. Par exemple, Rome qui ordonne de démanteler un parti politique, très fort, très solide, en Allemagne…Les nazis craignaient ces critiques lucides. Rome pour acheter la paix, fit démanteler ce parti « confessionnel » vigoureux. Il donnait une meilleure chance aux nazis de poursuivre l’ordre…brun ! Hâte de voir ce « Amen ». Amen. Et pas amène avec un pape frileux, vraiment peureux et surtout germanophile aveuglé, y ayant été « ambassadeur » vaticanesque. Nonce !
5-
Chez « Arcand en direct » (TVA), effrayante démonstration par les reporters Houde et Duffaux sur les écoeuranteries passées chez ces gens des J.O. Un tableau noir terrible ! Révélateur. Dont une séquence où l’on voyait clairement une gestuelle (par les pieds) de signes complices entre deux jurés. Honte ! Honte !
Tantôt, attendant aux portes de l’École hôtelière, lecture de : « L’ART DU ROMAN » par Milan Kundera. Un vrai intello. Il soupèse chaque mot, examine le moindre terme employé par son questionneur. Il admire énormément Kafka. Ah ! Un de Prague comme lui ! Chauvinisme ? Cet « art du roman » me semble un de ces textes ambitieux où l’auteur navigue de sommet en sommet : Proust, Joyce, Flaubert…Kundera y utilise un jargon plutôt pénible. Il a été, et longtemps, la coqueluche du milieu intello d’ici. Je me souviens mal de « L’étrange légèreté de l’être » (un titre du genre). Pas un modèle de roman, il me semble. Dogmes, théories, sont à éviter en littérature, non ?
6-
Eh maudit verrat qu’il s’en passe des affaires louches et dans notre cour. Imaginez : à Westmount, chez « Dickens and Madson », une agence de démarcheurs
—(ouash, le lobbying n’est pas un métier et on le définit sans cesse, on veut réglementer une mafia à bons petits copains, à bons contacts, d’ex-ministres, sous-ministres etc. Ça pue ! !) —
où travaillent des grosses têtes en relationnisme. Voilà qu’un mec s’y amène et veut (tenez-vous bien) verser une demi-million de piastres pour l’assassinat (oui, oui !) de Mugabe, celui qui règne au Zimbabwe depuis deux décennies ! À Westmunt, on avait caché des caméras. Oh oh !
L’affaire fait de remous partout ! Les comploteurs tombaient mal : l’agence avait comme ami et client le bonhomme Mugabe ! Aïe ! On révèle tout au bon client et ami Mugabe. Le feu est pris !
On accuse Tsvangirai (chef de l’opposition là-bas). Ça barde ! Parmi les gens de l’agence d’ici, un certain Alexander Legault, venu de la Louisiane (il y a longtemps) et réfugié au Canada qui guette sa nationalisation par Ottawa. Décision le 18 mars, dit La Presse. Car Washington le veut et vite. Legault aurait fraudé pour 13 millions de $, plus de 300 « aînés » (senior citizens) floridiens ! Il a peur le Legault. Il se défend, il dit : « Des mensonges, c’est la vengeance de la CIA, si on me déporte ils vont me tourmenter. » Pourquoi donc ? Ah ! Ce Legault dit qu’il fut le tout premier à alerter Ottawa sur la CIA qui payait notre « bon docteur Cameron » pour jouer avec les cerveaux des patients à « Royal Victoria Hospital », Avenue des Pins. Eh b’en !
C’est à suivre, non ? Je vous dis, tout un monde de fripouilles vit dans notre territoire. J’ai souvenir d’une voisine du Vieux-Bordeaux, Madame H., qui fut une des victimes de ce Cameron-de-la-Cia. Une histoire effroyable. On a fini —ce fut très long— par payer…un peu, les victimes des expérimentations CIA-USA. Chez nous, tout ça ! Colonialisme puant ! Un monde !
Ainsi, vient de mourir Lucien Rivard. Un mafieux important de cette « French Connexion », proprio de « La plage idéale ». Chalet à Pointe-Calumet. Il était « travailleur » d’élections pour les Libéraux d’Ottawa. Le père Pearson en fut secoué quand éclatèrent des scandales avec ce Rivard au beau milieu. Le grand choc. C’est ce pégrieux qui s’évadait de la prison voisine de chez moi, à Bordeaux. Une aventure incroyable. Un voisin, à quatre portes de chez moi, un comptable, avait ses bureaux, Pace Crémazie, juste à côté de ceux du bandit Rivard. Et c’est lui, ce comptable, qui lui offrait un « pouce », oh hasard hein ?, quand Rivard s’échappait. Le voisin bordelais du comptable était le ministre Claude Wagner, à trois portes de chez moi, Libéral à Québec ! Eh oui ! Vous voyez ma surprise ?
Journaliste chez Bernard Turcot, j’avais alerté la rédaction. On passa par Daniel Jonhson tant on trouvait l’affaire juteuse mais délicate. La peur des poursuites judiciaires rend prudents les médias. En « assemblée nationale » on peut tout dire. Mais….
Le Daniel Jonhson tente de raconter ce que je vous dis ici. Jean Lesage se drapait dans sa dignité. Et, secoué de ces « Wagner-voisin-comptable-voisin-Lucien Rivard-orgnisaeur-travailleur rouge- … Tit-Jean-le-Noble commanda l’ « heure du lunch ». Pause !
Ça se jase durant les repas au « Café des pourris »! Après…plus rien ! La question dérangeante était comme oubliée ! Johnson devait avoir, lui aussi, d’encombrants squelettes dans son placard. C’est « tu fermes ta gueule et je ferme ma gueule ! » C’est cela aussi la politique.
Penchez-vous un moment sur cette collision pègre-politique…pas par respect, par envie de vomir !
L’OTAN finissait par se secouer et bombarda durant deux mois, entre autres cibles, la Serbie, Belgrade. Avec des bavures, des erreurs de tir, et des morts ici et là ! On s’en souvient. À la grande cour internationale, voilà le monstre démago-populiste, S. Milosevic qui se dresse et s’indigne. L’OTAN c’est Hitler, c’est les Nazis ! L’OTAN c’est le mal. C’est la cible nouvelle ! Stupeur à La Haye !Effet de judo. Tirer son adversaire vers soi. Revirer l’accusation violente. Tactique. À suivre mais ça va durer un an, peut-être deux…Ouais !
Hâte de voir ce documentaire sur le RIN. Lancement samedi mais…j’aime trop ma petite campagne. J’irai pas. Un jeune homme me veut comme témoin parlant pour son projet de film sur le peintre Serge Lemoyne, connu quand j’étais critique d’art dans les années ’60. J’ai accepté de l’aider. Lemoyne avait des idées, du front, inaugurait ici des « happenings » amusants. Il est mort il y a peu.
Gilles Groulx, j’y reviens, « braillait sans cesse contre l’ONF mais il a jamais pu quitter l’institution ». Je lis cela et je sais que c’est vrai. Pierre Perrault, Arcand (Denis), Godbout, d’autres aussi, gueulaient sans cesse contre l’ONF, sa censure, ses patrons « chieux ». Ainsi au réseau français, moi comme tant d’autres, on en bavait…. lourds de griefs divers, on critiquait mais on restait là. Où aller ? Dans ma « biographie », du Canal D, on me fait dire : « 30 ans décorateur et 30 ans de bonheur comme il le dit lui-même. » Et c’est vrai, mais il faut entendre « 30 ans de bonheur avec les camarades »…pas avec les patrons « chieux », à genoux devant les nerveux fédéralistes d’Ottawa où la SRC a son siège. Comme si on payait pas nos impôts à Ottawa les Québécois.
Quoi ? Des diamants à la Baie-James ? Eh b’en ! Sait-on jamais ! Une richesse de plus ? Au fond des blocs erratiques de ce plaines arctiques ? Je me souviendrai toujours de ce territoire tout blanc, visité du temps de la radio pop, CJMS. L’avion survolant le blanmc, le vide. Immenses paysages de petits sapins, d’épinettes noires si maigres, neige et glace à perte de vue. Le barrage gigantesque. Du béton sur des rochers ! Ce village installé pour faire taire les déplacés, Chisassibi. Visages d’enfants inquiets. D’hommes perdus face aux grues géantes pas loin. Monde perdu. Terre ingrate. Poignées de Cris. Subventions à gogo pour faire taire. Une nuit passée dans un camion-motel. La cafétéria des ouvriers montés de Montréal. Impression de solitude terrible. Chanson de Georges Dor réactualisée depuis la Manic. Bar bruyant. Si peu de femmes ! Un pays hors du pays. Ah oui, un souvenir impérissable. Des routes sans horizons francs dans ces savanes glacées. Si peu de monde hors le barrage. Le canot automobile sur La Grande. Les truites en masse. Délicieuses. Les cris des travailleurs dans les chantiers. Un rire soudain. Soliloque imposant. Un grand rire de fou. Des clameurs. Sifflets. Dynamite. Bizarre contrée hors civilisation. Qui m’a laissé un souvenir étrange. Celui d’avoir séjourné au fond de la Sibérie. Goulag confortable.
Voilà, il y aurait du diamant. Déjà des compagnies se forment. On y va bien voir. Allons voir. Ah seigneur, pauvres Cris sauvages qui chassaient, qui pêchaient…Ils auront des bagues à offrir à leurs squaws ? Doutons-en.

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