Le jeudi 21 février 2002

Le jeudi 21 février 2002
1-
Ciel mauve. Revenons d’un tour du lac. À trois cette fois ! L’aîné de mes petits-fils, David, est avec nous. Repartons demain, vendredi midi…théâtre chez Duceppe (pièce traduiute d’un auteur espagnol ) le soir. David me renverse : ses manuels scolaires écrits en « chinois » à mes yeux. Lui, il navigue dans ces notions « économiques » de son université (Concordia). Hier soir, jasette des trois compères « Chez Grand’pa », à Val David. Bonnes pizza au four ! Ce matin, il y a un ogre à notre table. David bouffe comme Gargantua ! Il me dira : « Quoi, je n’ai pas beaucoup mangé ! » Il me fait me souvenir de cet âge (19 ans) où la faim nous habite 24 heures par jour. Il est costaud, n’engraisse pas. Il ne peut faire de ski ici car il s’est « démanché » un genou en jouant au rugby avec de trop grands gaillards, plus vieux que lui. Il en est puni !
J’aime bien jaser avec un jeune, je questionne mais aussi j’écoute. Nous apprenons sur us et coutumes de cette génération. David, bravo, est un type d’homme qui a confiance en l’avenir. Cela sans être innocent. Il sait qu’il devra lutter. Comme n’importe qui.
Mardi soir, vu le spectacle de Maheu à l’Usine C, par Carbone 14. Oh la platitude ! Et nos critique, ces complaisants, qui se fendaient de papiers élogieux à outrance. La salle avec beaucoup d’élève d’écoles, a fait presque une ovation à cette quinzaine de…mimes.
Ma déception vient d’une trop grande attente ? J’avais tant aimé « Le dortoir » du même auteur. Toutes ces couchettes qui valsaient ! Un symbolisme assez clair. Cette fois, c’est une suite d’amorces et qui sèchent. Une suite de « coïtus interruptus » visuels. Il y a cinq trous (fosses, puits ?) sur le plateau, deux au fond, deux en avant et un au milieu de la scène. Alors, ce sera des jeux d’apparitions et de disparitions…Chaque fois, je guettais un développement un peu musclé…et chaque fois…rien de consistant ne venait. Je peux admettre l’illustration du chaos, les images d’un monde désorganisé mais il y faut des thèmes avec un os. Ici, le mou, le flou.
Certes quelques brillants « moments », dans l’ensemble, un long show visuel (peu de mots, peu de pensée donc, peu de « théâtre » car le théâtre est lieu de parole, idées avec des sentiments, des émotions etc. Ici, c’est des danses, des acrobaties, la manière du bonhomme Maheu quoi, avec du non-sens. Or « faire sens », peu importe la sorte de théâtre, est ce qui compte. Il y a des milliers de textes depuis Diderot… depuis Goldoni, Molière, Dubé, Ionesco, Pirandello, Tremblay… Si Maheu n’a rien à dire qu’il recrute un auteur, n’importe où, il a du jus pour « la forme », il pourrait monter autrement des textes solides, non ?
J’en suis sorti, rue Visitation, un peu maussade. Qui, dans cette rue, dans ce quartier, apprécierait ce spectacle « fermé », ambigu, hermétique ? Pas grand monde, je vois jure ! Quelle blague sinistre tout cet argent public pour installer ce théâtre soi-disant avant-gardiste et qui, jamais, ne saura faire grossir les rangs des amateurs. Le Cénacle de ces formalistes, est clos, refermé.
Ainsi il en va d’un autre théâtre tout neuf en plein quartier Villeray et qui fait ses petites affaires sans aucun souci envers les gens de ses alentours ! Une misère ! Un refus net, complet, de séduire les publics populaires. Serpent qui se mord la queue ! On fait sa cuisine pour « happy fews » et puis, vanté par les esthètes, on part en tournée mondiale, félicités et encouragés par d’ autres « aficionados initiés » à Berlin ou à Milan ! Une farce plate.
Un arrêt pour le développement culturel des nôtres qui crachent, via les subventions, cet argent public. Des asociaux ? Inconscience ? Snobisme ? Repli égotiste sur ses goûts à soi ? Tout cela à la fois. Qui dénoncera publiquement ce snobisme stérile, encore moi ? Et, très plausible, on refusera encore de publier dans nos quotidiens mon petit pamphlet. Le « beau monde » (selon Raymond Cloutier) , le « beau milieu » fut très choqué jadis quand j’ai condamné les Lepage, Maheu, Marleau, Asselin et qui encore ?, ce cinquième larron de fabricants de shows formalistes. J’avais gueulé : »et le fond, diable, c’est pour quand ? »
Que d’engueulades, en privé, après cette sortie ! Oh ! Pas amusant de se mettre à dos ces épicuriens du « grand art » du théâtre pour marginaux sur-instruits mais…faut ce qui faut non de Dieu !
Cette fois, Aile en rigolait, c’est moi qui avait souhaité aller au théâtre. Je ferme donc ma trappe face à Aile qui est tout de même désolée de ma déception. Un article disait : « Des chansons de Brel.. » Moi qui l’aime tant. Or il n’y a eu que « La valse à « mille » temps » de Brel. Un bon moment.
En tous cas, avec ces formalistes plutôt muets de paroles, c’est un métier ingrat. Cette troupe énergique n’a plus qu’à gesticuler, se rouler par terre, se jeter dans un bassin d’eau, n’a qu’à suivre la chorégraphie dans une sorte d’anonymat. Vu la grosseur du groupe, on en arrive à se dire :c’est des cachets pour tant d’artistes si peu souvent invités à jouer. Pauvres eux !
2-
J’ai omis de causer un brin sur ce « Double Je », nouvelle mouture télévisée, mensuelle, du père Bernard Pivot à TV-5. Pas fort ! Un couple d’américains installés à Vaison-la-Romaine. Épicuriens contents ! Ouen ! Ennuyeux comme la pluie ! Une jeune élève, boursière « brillante », Chinoise exilée à Paris et qui a pu s’instruire à l’occidentale ! Hum ! Et qui garde une sorte de nostalgie, discrète, elle est polie, de sa Chine abandonnée. Et b’en ouen ! Pas fort ! Un vieil Allemand juif (un certain M. Goldsmith) converti au catholicisme. Bons propos mais…court sujet !
Bref, c’est la sauce « internationaliste » qui a atteint notre Pivot devenu « politiquement correct ». C’est triste.
Je n’aimerais pas tellement regarder une émission envoyée de Chine avec des Français exilés là-bas. L’inverse oui. Voir les nôtres là-bas, ça oui. De l’Italie je veux voir des Italiens, de l’Espagne, des Espagnols.
Pas certain d’être clair. Dire « je me comprends » ? Oh ! cela enrage tellement ma belle Aile, ce fion ! Je dirais : vouloir à tout prix applaudir « ses » bons émigrants, relève du « têtage », de la flatterie et aussi de la vanité. Orgueil du Pivot franchouillard. « Ah mais vous parlez très bien le français !, bravo ! bravo ! », à « ses » deux Américains, à « sa » chinoise…Pouah ! Quoi, quiconque s’exile se doit de bien et vite s’intégrer ? Ce qui serait étonnant c’est bien que ces exilés en France, (subventionnés en ghettos « multiculs » comme ici non !) ne sachent pas parler la langue de Molière ! Je croyais qu’il n’y avait qu’au Québec, complexé, accusé faussement de xénophobie, qu’on sautait en l’air de joie (idiote) dès qu’un émigrant (normal) parle notre langue !
3-
Comme j’aime glaner ces émissions diverses au souvent auCanal D, parfois à RDI, très souvent à Historia. Des exemples : le procès de J.O. Simpson, blanchi au criminel, 33 millions de dollars d’amende lors du procès au civil ! Cette sinistre farce pour empêcher que le ghetto Noir de Los Angeles s’enflamme. La Justice ridiculisée. La romancière Colette qui parle entourée de ses chats, Place Royale. L’Argentine, le « putch », la tourmente monétaire en cette contrée. Les débuts de ce carnaval pas drôle du tout. L’épouse de l’Iranien, Mme. Blin, défigurée, recousue, qui retrouve, en Nouvelle-Écosse, sa fillette après trois ans de recherches quand la « Justice de France » négligeait d’émettre vite un mandat d’arrestation. Retrouvailles émouvantes à Halifax. Ce chef de guerre Massoud (que j’ai lu), tué par un reporter-kamikaze afghan taleb. Son tirailement entre Russes omniprésents et Amércains lointains et prudents. Il y avait que la CIA de Washington avait armé tous ces Taliban (pas de s) « fous de Allah » afin de combattre les méchants « communisses ». Tout cela est tellement plus instructif que ces méli-mélos « feuilletonnesques ».
Les momons affirmaient qu’une tribu juive navigua et s’installa aux USA des années avant la naissance de ce Jésus de Nazareth ! Eh oui ! C’est dans « le » livre du fondateur :Smith !
Arrivant dans l’Utah, chassé (en 1844) de la Nouvelle-Angleterre (Vermont), le bon papa aux trente mamans et à la caravane d’enfants, était en pays biblique de cette façon… légendaire ! Le livre dit qu’il filera une éternité heureuse ave « l’éternelle épouse » ! Diable, laquelle ! Il y a eu terrible bousculade à ce portillon ! En 1978, des preachers mormons ( missionnaires partout dans le monde…partout il y a des poires !) virent un peu : les Noirs, oui, c’ est endurable, tolérable, mais les homosexuels, jamais ! Ils sont sur 12 millions de « convertis » dans le monde, mais que 6 millions aux USA. Du lierre, ma parole ! Il n’y a plus qu’à attendre le procès annoncé sur l’argent « impur » versé en fraude (achat de votes pour Salt Lake City d’un tas de délégués divers) pour obtenir ces J.O. Lasalle affaire « mormone » a été mise en parenthèses pour la paix momentanée du déroulement de ces « merveilleux » Jeux olympiques. Ça pue !
L’inévitable chauvinisme nationaliste (il triomphe en ce moment !) nous fera guetter ce soir si les Canadians vont gagner au hockey ! Eh !
Il y a eu feu l’humoriste Coluche qui se présentait pour le poste numéro 1, en France. Certains riaient jaune. Visibilité obligatoire et le Coluche s’en donnait à coeur joie en piques et horions de toutes sortes. Voici l’humoriste Dieudonné ! Un autre clown de Paris, lui aussi, veut prendre le job de Chirac ou de Jospin. Il aime bien la fraise de Ben Laden, lui trouve du…chartisme ! B’en !. Il la préfère, dit-il, à la bouille, de W. Bush Ouen ! Comme c’est subtil. Souvenir : militant jadis pour le Parti Rinocéros, passage obligé au téléjournal, en 1967 et question du reporter : « Et si vous êtes élu, qu’allez-vous faire ? » Réponse du candidat à la « Corne sacrée » : « Ce que je ferai ? $68,000 piastres ! » C’était le salaire du député en ce temps-là. On rigolait. On était jeune et sauvage. Ce bouffon iconoclaste Dieudonné, voyant sa photo ce matin, me semble, lui, un quinquagénaire ! Oh !

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