Le dimanche 24 février 2002

Le dimanche 24 février 2002
1-
Un dimanche de grisaille. Bon. On va pouvoir terminer de défricher notre paquet de journaux qui traîne dont les Voir, Ici, Nouvel Obs, etc. C’est rare mais ce matin, à huit heures, debout déjà. Aile me croise —les pipis du matin— et fait : « Viens te recoucher, je t’en prie ! » Oh lala ! Qui résisterait à pareille invite ? Pas moi. Retour au lit et après la fête, ablutions de rigueur. Mes céréales, besoin de fibres, du café et, oui, cigarettes maudites, puis les journaux. Rituel. Conformisme. Eh oui ! Envie souvent de casser ce moule. Promesse vague : le printemps venu, foin des canards imprimés et vite dehors ! On verra ça ! Drogue infâme : lire vite les actualités. Chez Aile, constamment, un certain guet des…fatalités. Son besoin bizarre d’événements dramatiques ! Son côté « espagnole », via sa mère, l’Yvonne, un peu De Gartia ( côté maternelle) ! Je déteste la routine et pourtant…
Hier soir, cinéma en bas de la côte Morin. « Le collectionneur ». Excellent film de genre, basé sur un roman de Christine Brouillettte, titre éponyme, du bon boulot Beaudin. Moi qui accus souvent nos critiques de complaisance, cette fois, nous les jugeons trop froids. « Le collectionneur » peut rivaliser avec n’importe quel autre fils « policier », USA compris. Avec un zest d’horreur. L’acteur Luc Picard, une fois de plus, parfait en « tueur en série », en « serial killer » proclame Paris l’anglifiée. Redisions-le, la ville de Québec (le Vieux) est un bijou visuel. Oh les belles images ici et là ! J’oublie le nom du jeune qui exécute à la perfection un ado prostitué (un « commercial ») mêlé au drame de ce détective, inspecteur de police, « limière » (?), en robe, personnage incarné avec un parfait brio par (cette policière Maud Graham, enquêteuse brillante) Maud (ah !) Guérin.
Notre fierté, hier soir, en sortant du « Pine », d’avoir vu un autre produit cinématographique d’ici livré avec un talent formidable. Ce Jean Beaudin peut désormais s’affirmer, sans la moindre hésitation, comme un très solide cinéaste, capable de réaliser n’importe quoi. Avec puissance. Avec efficacité. Chapeau !
2-
En rentrant : visionnement à T.Q. des « Francs tireurs ». Diable ! Un contenu extrêmement fort. En deux temps. Un : Richard Martineau à la cour du « fou » Raël, celui qui a été enlevé vers une planète voisine (eh !) par des extraterrestres et a pu dîné, mais oui, avec Abraham, Moïse, Mahomet et Jésus en personne. Qui a eu une mission de ses « Éloïms » : préparer leur venue prochaine. Le but : améliorer nos existences. Quoi ? Rien que cela ! Martineau l’a cuisiné avec humour et intelligence. L’ex-courseur-automobile et reporter est un fin finaud. Il ne cesse de démolir les « folies » du catholiscisme et affirme que lui et ses « fans » sont du côté moderne, avec la science. Étonnant et divertissant dialogue, je vous jure. Il est habile, sort de bons arguments, mais reste de glace quand R.M. tente de le contredire.
Il y aurait —dit le Grand prêtre tout de blanc vêtu, tel un pape— plus de 50,000 membres du raélisme dans le monde. « Surtout en Asie, notre numéro 1, et en Afrique , qui sera notre territoire numéro 2 sous peu.
L’État québécois —à nos frais— signale officiellement (les écriteaux en bleu et blanc, vous savez comme pour hôtel ou zoo) autour de Valcour, le site de « UFOLAND » (en langue américaine bien entendu). De la télé excitante : on a pas tous les jours l’occasion de rigoler. La patente possède pour 8 millions de fonds. Le pape dira : « Quoi ? C’est tellement, tellement moins que le Vatican, non ? » Décidément il a une fixation anti-romaine ! « Nos livres (leurs « Bibles, leur Thora ») sont distribués par Québécor, dit-il, mais c’est moins cher de se les procurer directement chez nous ! » Un marchand ? Il s’en vante. « Oui, oui, nous aimons l’argent , nous voulons beaucoup d’argent, j’invite mes zélotes à me coucher sur leur testament. L’argent est bien et bon, ce n’est pas un péché l’argent chez nous ! » On aura compris.
Quand Martineau lui dit : « ou vous croyez à tout cela, ou vous n’y croyez pas, si oui, vous êtes, à mes yeux, un fou ! », il dit : « Êtes-vous psychiatre ? Montrez-moi vos diplômes ? Qui êtes-vous pour déclarer « folie » ? Le questionneur ose : « Qui vous a paru le plus intéressant sur cette planète lors de votre voyage ? » Il rétorque et sans rire : « Moïse ! Il a le plus d’humour ! » j’adore la télé, moi, quand elle fait voir pareil hurluberlu. Pas vous ?
Deux : avec Dutrisac en juge, ce deuxième segment des « Francs Tireurs » aborde un : Les banques sont-elles coupables de malhonnêteté? » Ou : les banques sont-elles des services publics corrects comme elles le prétendent dans leurs publicités ? Défilé à la barre des témoins de connaisseurs (dont Michel Girard de « La presse ») en économie et le verdict tombe : « Oui, les banques (et les Caisses Desjardins), congédieurs furibonds, font des profits qui grimpent chaque année et sont des voleuses. »
Un petit 2% d’intérêt pour l’argent déposé et 13 % pour leurs cartes de crédit toujours vantées, 20% (aînés, analphabètes fonctionnels, etc.) des gens sont incapables d’aller aux guichets automatiques —qu’elles recommandent sans cesse pour mieux congédier et toujours diminuer le service offert aux guichets normaux. On a dit :il y a « le gratin » et « le crottin », nous tous ! On a dit : des gangs de bons copains, des salaires faramineux aux PDG (ces vulgaires « dégraisseurs », débaucheurs d’employés !), aux directeurs de C.A. fantastiques émoluments aux « bons amis » (Yves Michaud) Ça revolait !Et bang !
Avec entrain, la démonstration a mis en lumière des secrets mal gardés. Ainsi, on affirmera que toutes les banques (qui comptent) ont des succursales dans ces contrées où l’on peut échapper au fisc, des Îles Caïmans à Monaco. Ainsi le travailleur de la masse est inscrit à 100% aux impôts, le « cachotier » , lui, à 50 % car il a mis son fric à l’abri, lui ! C’est illégal ? Mais non.
Une vaste caste adopte le mode « argent au NOIR » pendant que l’État hypocrite supplie le gagne-petit de cesser ces pratiques à pleines pages des journaux. Une farce !
C’est « légitime », légal, dira un sous-comité du Sénat à des investigateurs curieux. Certes, du même souffle, au Sénat, on a avoué que c’est « immoral », un manque d’éthique social flagrant. Mais…. L’on questionnera : « Bon, j’ai de l’argent et je veux échapper à mes impôt, refusant donc de payer ma juste part de citoyen —pour éducation, santé, routes, recherches et développements— je fais quoi ? »
Réponse : « Simple et facile. Vous allez sur Internet à « abris fiscaux », tout y est, ça vous coûtera un petit 3,000$, vous obtiendrez le « modus » pour cacher vos revenus (achat de « porte », de compagnie bidon, fictive ?), pour ne plus verser votre part dans le trésor communautaire. » Édifiant hein ?
On laisse faire ça ? « Oui, dit un des témoins (le professeur de l’Uqàm, Lauzon), de Mulroney à Lucien Bouchard, de Chrétien (Martin en profite beaucoup ) à Landry, aucun homme public, élu par le peuple abusé, ne veut agir. Les politiciens ne font pas leur job qui serait de protéger les citoyens. »
Bedang ! Clair comme ça ?
J’écoutais tout cela, je voyais des citoyens questionnés, écœurés, indignés aussi et je me disais : « Un jour ça va sauter, ça ne peut pas durer encore bien longtemps, cette hypocrisie politique, il y aura révolte, émeutes. Ça ne se peut pas que le peuple, désormais bien mieux informé, laisse encore longtemps, ici ou ailleurs, se continuer cette perversion dégoûtante du pouvoir démocratique des électeurs. Mais quand ?
Une voix réaliste me chuchote (Aile ! Aile !) : tout le monde a des actions (dans un sens) avec leurs économies (nos Reers, mes Feers), caisses de retraités, etc. et tout le monde veut que son petit pécule rapporte vite le « plusse » d’intérêts possible ! Oh !
3-
Ainsi, faut moins grave, attendez que j’accroche l’ami Jean-Guy Sabourin, un brave gauchiste de ma sorte. Voilà que tous ceux (75 tricheurs !) qui possèdent un terrain et un chalet dans la petite île de Dorval ont ou acheter pour un prix (bidon ) ridicule les infrastructures (traversier, pontons, tuyauteries publiques, piscine et tennis municipaux etc. Pourquoi cette « privatisation » subite ? Pour ne pas être fusionné avec Dorval et éviter ainsi une probable hausse de txes, un partage normal quoi. Hon ! Mon prof de théâtre de l’Uqàm, Sabourin, en « possédant sans cœur », manquant au code d’éthique ordinaire et primordial. Hon ! ? Oui, attendez que je le pince, il va passer un mauvais quart d’heure.
Ce matin, mère Cousineau annonce un Arcand (à CKAC, lundi matin) revenu de Paris pour questionner le populaire animateur de show télé, Ardisson (qui crachait sur « votre accent du temps des Rois XIV, XV »). Rien d’un démocrate, lui, il se dira « monarchiste» à CKAC. Sexoliste (ou sexcoolic?) il serait échangiste, le mode copulatoire bestial. Aussi ex-drogué et ex-plagiaire. « Bof, dira-t-il, 15 pages dans mon livre, c’est pas beaucoup ! » Quel beau personnage public, hein ? Céline Dion serait moche, Julie Snyder, finie, brûlée en France ! Son collègue Drucker ? « Le responsable (coupable ?) de l’invasion des artistes québécois », etc. Hâte de l’entendre lundi matin ce croisé du bon accent !
4-
Seigneur ! On a pris un vote pour le plus attrayant « site » d’écrivain sur la Toile. Le mien n’a pas gagné ! C’est Michel Tremblay le favori des internautes.
On a voté via « www.auteurs.net ». Eh que je suis donc humilié !
Le « http://www.multimania.com/karmina/index.html » serait « génial » Allez tous au diable voteurs de mes deux… Bande d’ingrats ! Hon ! Du calme !
5-
Pierre Thibeault de « Voir » souligne ce que je savais : Ici, jadis, une personne sur vingt était…esclave ! Des Rouges et des Noirs. Vrai sujet de honte ? C’était de mise en ces temps affreux, ici comme ailleurs. Ce 5% de notre population de bons colons catholiques étaient considérés comme des sous-hommes. Jésuites Récollets se taisaient ? Certes les « proprios » étaient des gros commerçants et des professionnels mais aussi des évèques et curés. Ailleurs je lis que le brave et glorifié Georges Washington…b’en lui aussi et des tas de ces esclaves !
6-
Le nihiliste Lévesque (Bob) dans « Ici » : Harold Pinter, 72 ans maintenant, dramaturge britannique doué et vénéré, ivrogne comme son vieux chum l’Irlandais Samuel Beckett, si aveuglémernt anti-USA qu’il se range du côté du tyran épouvantable Milosevic ! Eh oui Lévesque en revient pas ! Moi ? Un brillant poète italien (Erza Pound ?) se fit fasciste avec entrain, plus à droite que Benito encore !Il y a eu mon admirable L.-F. Céline, génie-romancier vitalisant devenu nazi fou ! Non ? Ainsi des artistes parfois divaguent, dérapent, deviennent des monstres idéologiques même. Souvent mal équipé intellectuellement, l’artiste, tel l’odieux « collabo » le surdoué Brasillac, et un « qui » encore ?, il y en a eu plusieurs, glissant dans le déboussolage politique ! À une autre échelle : ici, un André Laurendeau, jeune, aveuglé, antisémite farouche un temps et qui s’en repentira, s’en mordra les doigts !
Oh le bonheur ! Pour une rare fois, page « une » du cahier « Lectures » dévouée à un écrivain d’ici, ce matin. « La Presse » offre ses colonnes à Victor-Lévis B. pour honorer Victor Hugo. Où est-ce qu’on va mettre la croix ? « Pourvou qué ça doure… »

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