Le lundi 25 février 2002

Le lundi 25 février 2002
1-
Quelle douceur dehors ce matin. Un 25 février ! Rare cela ! Saison touristique bousillée à jamais, hélas, pour nos affairistes. Et les jobs tout autour. Hier, subitement, plus un chat sur les pistes autour du lac ! Ah, le hockey s’amenait aux J.O. Tout le monde aux écrans ! Me voilà redevenu le gamin surveillant le match au Forum, via la radio, quand j’avais 15 ans ! Surpris le premier de m’exciter tant à chaque but compté par ce club de jeunes millionnaires Canadians (et quelques frenchies ). Aile fort amusée de me cris, de mes avis, de mes bons conseils, de mes jurons, de ma verve de « gérant d’estrade ». Je m’amusais bien. Notre Étonnement à tous deux de ce soudain patriotisme singulier. C’est cela les J.O ? Dans les « canards » l’on s’insurge de ce patriotisme ou bien on l’approuve carrément. Oui : C’est donc aussi cela les J.O. ? Hon ! Les adversaires des nationalismes doivent en baver ! La vérité se trouve concentré derrière cette grande fête universaliste qui cache mal une sorte de chauvinisme inévitable.
J’ai apprécié, beaucoup, au spectacle d’ouverture, cette parade étonnante, faite de personnages gigantesques de chiffon, (nylon ?) ça volait au vent de Salt Lake City. Beauté fantastique ! On y jette des fortunes c’est certain. Hier soir, spectacle de fermeture, c’est lent, long… et vers la fin, de nouveau du spectaculaire inouï ! Ce couple de squelettes de « dinosaures » géant, articulé, fort impressionnant ! Ces figures géantes avec des tissus ultra-légers, encore une parade, un défilé renversant. Ces jets de peinture « garrochés » sur la glace, oh ! Ces silhouettes, immenses marionnettes « à tiges » (création antique des Javanais, disait-on), ces gros ballons blancs qui déboulent du fond des estrades… Oh ! Ces oiseaux blancs manipulés par des gens en noir et ces baguettes (boudins) phosphorescentes, ces spectres mouvants au fluor multicolore, la foule elle-même et ses innombrables lumignons… Oh !
Ah oui, vraiment, ces « chiards » visuels ruineux extravagants offrent un visuel unique chaque fois que les J.O. débutent ou se terminent. L’ex-scénographe en bave de joie, savez-vous. Ainsi de ces étonnantes projections d’images sur les immenses drapeaux rectangulaires… effets optiques merveilleux !
Souvenir : avec des moyens modestes, et en peu de jours, du temps d’ « Âge tendre », télé-jeunesse, je tentais de ces essais visuels avec projections. Nous étions en 1966, un an avant Expo,67, j’en cause abondamment dans un chapitre de mon « Je vous dis merci ». Nos modestes essais de scénographie nouvelle étaient les bons, désormais, ces effets visuels sont la crème des « designers » actuels. À un certain théâtre avant-gardiste (j’ai vu « Le ventriloque » et « La face cachée de la lune »), ils font florès. J’y reviendrai. Ce cinétisme vient des débuts du cinématographe. On tente d’abattre les décors d’antan, on veut un environnement visuel suggestif, moins réaliste (Lepage , Maheu etc.). Mais pour monter, par exemples : « Mort d’un commis voyageur », ou « Ménagerie de verre », ou « Les belles sœurs », peut-on éviter de signaler les lieux réalistes de ces drames prosaïques ? Ça se peut. Il y faut du génie en symbolisme ! On me dit que pour le « Au cœur de la rose », texte réaliste de Perrault, on a eu recours à des images projetées, prises des films de ce Perrault. Bonne idée sans doute.
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Nous sommes attachés, Aile et mi, à ce Guillaume Durand qui anime « Campus », le dimanche soir. Merci magnéto enregistreur. « C’est un très bel homme », me redit Aile. Hum, jalousie tue ! Et il est fort habile, brillant même, pour conduire sa bande de questionnés et leurs livres frais sortis des imprimeurs. Le successeur de B. Pivot a sa formule : un, invités (trois ou cinq) pour de neuves publications. Hier :Robert Hossein, l’ex-playboy, la « vedette » converti à Jésus, l’ex-kioute actrice Mylène Demonjeot (très vache dans son livre avec sa belle-mère Simone Signoret, oh !) et un psychanalyste, Serge Tisseron avec « L’intimité surexposé ». Il a jasé sur « presse populaire et presse « de caniveau », oh !.
Donc, à « Campus » il y a « thème » souvent. Hier : la célébrité « quossa donne ! » et le narissisme des « stars » serait un effrayant cul-de-sac, une impasse. Intelligent choix ce « thème limité » car il sort tant de livres, et chaque jour, en France. Deuxième segment du « Campus » ? Des archives visuelles aux images surprenantes parfois. Hier, feu Romy Schneider (hum, ortho ?) au bord des larmes relatant ce paparazzi déguisé en infirmier pour capter le fils mort dans un hôpital.
Trois : débat sur un sujet d’actualité (hier la judéophobie renaissante en France. Hier, le président, un « beur », de « SOS-racisme » qui s’est enragé contre un publiant : « Encore un fois, l’on tente de cibler de façon raciste tout le monde émigrant arabe de Paris ! » En effet, avec ce président israélien Sharon agressif, le chef Arafat interdit de circuler, l’ « intifada » nouveau…on soupçonne —solidarité pro-palestienne— les «araboïdes » français d’agressions, de vandalisme etc. Enfin, quatrième segment de « Campus » : des critiques prestigieux face à des auteurs aux nouvelles pontes. Moments de bonté !
On y trouve aussi des entrevues souvent : hier, c’était un romancier britannique déclarant : « C’est totalement fini le prestige de la France d’hier (du temps des Sartre, Malraux, Camus, spécifie-t-il) chez moi en Grande-Bretagne ! Désormais il se publie tellement de bons livres en anglais. Et il y a les anglos d’Australie, du Canada. »
L’hypocrite passait vite sur l’immense et puissante vague des livres publiés in USA. C’est sans aucun doute vrai. La littérature de Paris « a pris le bord » en Occident ! Hélas ! C’est « l’axe amériano-anglo-germano etc. », un impérialisme culturel. Je parle souvent de cet « axe » envahissant et cela fait sourire ma chère Aile ! Comme si je souffrais d’une fixation. Est-elle, ma foi, aveugle ? Mais oui, il y a un « axe mondialiste » des « anglophiles » avec, tête de proue, la langue américaine toute puissante. Cet axe (non pas du mal, oh non !) du « monde culturel » (avec « dumping » partout, en chansons, cinéma, télé, livres) règne sur tous les continents. Son moteur principal est les États-Unis. Inévitable conséquence de sa puissance économique actuel.
Tout cela, je reviens à « Campus », se déroule à un train d’enfer. « Campus » est fort stimulant mais il faut ouvrir les oreilles, « La fureur » c’est plus facile ! Bernard Pivot semble maintenant un « tit mon oncle » en fauteuil dans ses pantoufles. Reste qu’il y a eu, bien sûr, des rencontres fortes chez « Bouillon de culture ».
3-
Soudain, surgit le fécond auteur Juif-Français, ex-conseiller de Mitterrand, banquier en difficulté à Londres, Jacques Attali. Son « Les Juifs et le monde de l’argent » lui a valu des accusations de favoriser la judéophobie ! J’en au parlé déjà. Sa thèse ? Attali dit : « le monde chrétien comme le monde mahométan interdisait les profits, la spéculation, les rapports très commerciaux entre des mondes divers, la manipulation franche de l’argent. Cet aspect de son livre me fascine. Le reste, moins.
Alors on aurait chargé les Juifs —des nomades comme forcé, obligé ce « exilés » (empêchés de possession du sol )— d’organiser « le commerce de l’argent ». La Thora, dit Attali, n’aurait rien contre l’argent et les intérêts s’y rattachant, ah ? Le monde eut soudain besoin de crédits pour ses immenses projets (exemple : Colomb vers les découvertes, dit-il). Alors gigantesques montages financiers échafaudés par les Juifs ! Ce fut le départ (dès 1534) du Juif-puissant-homme-de-finance, indispensable. Sales besognes ? Pas pour l’israrélite, il,aceptait volontierrs d’être l’intermédiaire « indispensable », l’expert.
Son livre avec ce sujet, l’argent (Hitler en faisait son grief essentiel : l’Allemagne était contrôlé par les banquiers et financiers juif !) énerve évidemment. Attali dira à ce Campus d’hier : « Le juif veut partager la richesse, ce n’est qu’un instrument pour lui. Hum
Tous des altruistes, mon Jacques ? « L’argent ne lui est jamais pas une fin, s’exclamait-il, mais un « moyen » d’aider les autres. » Toujours ? Vision candide, intéressée ? Angélisme douteux ? Il a parlé de Hollywood, machine juive par excellence, (qu’un Marlon Brando a regretté de pointer du doigt ) comme d’un merveilleux « vouloir communiquer » avec le monde ! Succès inespéré, ça ! Il a dit, il y a eu différents Juifs selon le pays, site : Un « Marx » ou un « Rothschild ». En Russie, vu la situation, le Juif ordonnera, participera à la révolution, en Amérique, plein de banquiers juifs prospères, ce fut toute autre chose. Tu parles ! Bref, une entrevue néanmoins captivante.
4-
Ah mon Dieu, je pourrais jacasser (jasminer ? jaspiner ?) sur tant de pages ! Ce journal aurait mille pages aux six mois ! Embêtant pour l’éditeur. Je me retiens.
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Téléphone tantôt : Pierre Bruneau de TYVA, me veut ce soir pour « opinionner » sur les J.O. Le camions s’en vient. Joie de pouvoir dire tout le bien que je pense sur les spectacles de ces Jeux. Magoulles, juges vendus ?, oui, oui, il reste que ce grand « pow wow » est une occasion de rencontres entre nations variées pour tant de jeunes volontaristes aux physiques impeccables. Je vais casser ce soir mon image de « chialeux » de « critiqueux, de négatif Youpi ! Re-téléphone : » Ici Anabelle de TVA, merde, on a pas de camion à antenne. On se reprendra. Enfin, je cherche encore ! Je vous recontacterai. » Qu’elle trouve un camion et vite.
Voilà que des adultes faits, « garrochent » des cailloux sur Satan ! Rituel religieux coranique, à Mina, près du Mont Ararat ! J’en reviens pas. En 2002 ? Je pense à cet arbre « méchant », désigné par moi, (un pin qui étouffait de jeunes pousses tout autour) pour que mes petits-fils puissent se défouler au parc Sophie-Barat !Ils fouettaient ce pin avec une vigueur, si heureux ! Mais là-bas, des Arabes adultes ? Folie religieuse infantilisante !
Mon amie la merveilleuse Marguerite Lescop (deux ou trois livre publiés) obtiendra « l’Ordre du Canada » ! Et moi ? Sis-je un chien ? Avec mes livre en hautes piles ! Rien ? Jamais de médaille
Fédérale. Je crache mes impôts la-bas ! Injustice. Quoi ? On sait que je suis un indépendantiste ! Pis ? Répétez-le : Jasmin accepterait toutes les décorations (j’ai jamais eu de médaille à l’école !). Je dirais à Ottawa : « j’accepte volontiers cette reconnaissance d’un pays voisin et ami ! » Quoi ? Ah, c’est cela qu’ils veulent pas entendre. Bon.
Les gazettes du jour : la Royal Bank of Canada. Bénéfices en hausse, 734 m. de $, de profits nets ! L’action a monté de une piastre et quinze cents ! Actionnaires contents ! Qui la bouclent quand on congédie des caissières ! J’en ai parlé.
Foglia hier : « les athlètes sont des « sans le sous ». Seuls gagnent bien les permanents des organisations diverses, les fonctionnaires des fédérations et les reporters en sport. » Ça me fait penser aux écrivains : vivent bien les bureaucrates du « livre », les professeurs de littérature et les chroniqueurs de livres. Pas ceux qui les font ! Eh ! Partout même histoire quoi !
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Proche de Syracuse, les indiens de la variété Oneidas, vivent enfin dans un certain le confort. Avec le vice du jeu. Casinos indiens bien installés. Avec hôtels, golfs, etc. Pas d’impôts fonciers à payer. Oh ! Mais ils donnent aux écoles de la région (13 M. de $). 600 jobs ! Ils sont mille ! Quatre millions de visiteurs, 85% de Blancs. Les Mohicans du Wisconsin vont s’y mettre et aussi les Mohegans du Connecticut. Vive le vice !
Jadis, ici, le « jeu » était un grave péché, condamné par les bien-pensants et les curés. Enfant j’entendais dire les ravages de cette manie pour cons candides et « exploités », jouet utilisé, tous victimes, pauvres garés, jouets de leurs faiblesses d’homme. Ici, le vertueux catholicard Jean Drapeau menait campagne contre le jeu (et tant d’autres horreurs telles les stripteaseuses à la « Peache », à la « Lili St-Cyr »). Puis, il sera le premier à installer une loterie publique ! Ce sépulcre blanchi virait capot ! En 2002, c’est une industrie de l’État ! Et « pas à peu près » comme dit le bénéficiaire de la sécurité sociale… qui rêve, se rendant aux comptoirs de « l’État-Mafia », de gagner sans cesse. Une chance sur 13 millions !
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Avant-hier, Isabelle Hachey (« La Presse » à Londres) a tenté de nous faire pleurer avec son long article. Imaginez-vous donc, les jeunes Britanniques se contentent de la langue américano-anglaise ! Hon ! Ils risquent de finir le cul sur la paille, écrit-elle ! Il faut craindre pur leur avenir à ces inconscients unilingues anglais !Est folle ! Juges et parties des profs de français à Londres se lamentent de cette insouciance scolaire ! De qui se moque-t-on ? La « lingua franca » triomphe sur tous les continents.
Et si jamais un étudiant londonien se fait offrir un job en Espagne, b’en il ira chez Berlitz, crachanty un peu d’argent, ça prend un petit mois, maximum. Pour l’allemand, pour l’italien…idem. Quelle connerie cet article !
Cela dit, j’aimerais bien apprendre l’italien, j’aime tant cette bella lingua ! L’espagnol me serait plus pratique ? Bon. Je m’y mettrai un bon jour.
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Ça vient de paraître : Claude Masson, rédacteur en chef et mon ami de « La Presse », a été tué par un kamikaze. Eh oui !C’est officiel. Washington va le déclarer bientôt. L’enquête est close et en Egypte ça gueule !
Gamil al-Battouti a été un autre « fou d’Allah » comme ceux des deux tours de Manhattan !Il a voulu ce fatal plongeon de son avion dans l’océan. Haïr ces intégristes déboussolés ? Oui, je les hais. J’aimais beaucoup Claude Masson, d’une gérance habile, ferme et à la fois diplomatique, croyant modeste, doux et humble de cœur, généreux, curieux. Masson m’avait permis de dialoguer publiquement dans son « canard », d’abord avec Daniel, mon fils, durant vingt-six semaines. Et puis, plu tard, avec David, mon petit-fils durant tout un été. Un jour, avec l’épouse aimée, il part en vacances pour visiter le patrimoine fantastique de l’Égypte. Ce pathétique islamiste, Gamil al- Battouti fait sa prière coranique et, Allah ou Akbar, fonce dans la mer. Mort de Claude. Masson ne sourira plus jamais, à personne. Je le hais tellement ce Gamil-du-diable ! Comme je hais tous les fondamentalistes accrochés à « la lettre » des écritures antiques des livres qu’ on dit « saints ».
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L’imagier Denis Marleau fait de « son » théâtre au musée d’art contemporain, Place des arts. Bien à sa place ! Je m’étais endormi à son « Les trois derniers jours de Pessoa » où Marleau projetait des effets mouvants sur le visage masqué du bon acteur Savoie, immobilisé hélas dans sa couchette d’agonie. Cette foi avec « Les aveugles », Marleau économise aussi, le Savoie et la Bonnier joue douze les rôles.
Nous apprenons que cet inventeur de « gamiques » visuelles a des sources, des inspirateurs. Par exemple, à Bordeaux, Tony Oursler, un vidéaste américain, démontrait ses projections lumineuses su des mannequins ! (J’ai joué de ces effets pour des variétés en 1966, j’en ai parlé. C’est excellent au music-hall). Luc Courchesne, utilisait la machine (1900) de Raoul Grimoin-Sanson.
Lentille de 360 degrés. Écran transparent. Effets de spectres. Cela amènera l’ONF, à Expo’67, à offrir son écran total. Genre : la police cheval dans les Rocheuses. Bon chic, bon genre « kioute », travelogue-pour-tourisme » sur notre grand Canada. Viendront les dix (10) projecteurs en un du IMAX.
Avec son « Les aveugles » inspiré de Maeterlinck, Marleau immobilise ses acteurs, « c’est statique », dit un chroniqueur. Ça doit. En France, Gaston Baty, un du fameux « cartel » de théâtre, dominateur ou lassé des initiatives (normales en équipe) des comédiens finira sa carrière avec… des marionnettes ! Le dictateur, ainsi, est sûr d’être obéi ! J’ai fait des marionnettes (à gaine) jeune, vrai, aucune rouspétance dans ma petite troupe de poupées dociles.
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Quatre Acadiens, aux Communes d’Ottawa, pour raison de parti, refusent d’appuyer la demande d’excuses à Londres pour la pire infamie jamais exécutée ici, la déportation des paysans en 1755. L’horreur pourtant ! Faut les pointer du doigt : Leblanc, Castonguay, Thibault et Claudette Bradshaw. Quatre cloches-députés ! Un fier avocat « Cadien », de la Louisiane, a mené ce combat essentiel, une bataille de 12 ans et le député bloquiste, Bergeron le félicite. En Acadie, le vétéran de ces combats, le patriote Chiasson, a repris courage. « Ça prendra 3 ans encore pour que Londres bouge et fasse amende honorable et normale pour cette écoeuranterie historique (commandée par le Lawrence et ses sbires). La « commande » d’excuses est en route ! En 2005, ce sera le 250 ième triste anniversaire du fait odieux. Une commémoration se prépare en grande. Bravo !
400 ans qu’ils se souviennent les spoliés de Port Royal. Vaincus depuis 1710 pourtant, il faudra aux monstres britanniques 45 ans pour mettre à exécution leur « nettoyage ethnique » dégueu. Les agriculteurs qui avaient défriché et tout, victimes de ce « petit » (sic :selon un anglo finfin) génocide ( il y en a des petits et des grands ?) enfin autorisés à revenir dans leur patrie, devenus des « sans terres » depuis ces vols crasseux, se feront pêcheurs par la force des choses.
En 1765, on en laissa rentrer ici au Québec, à l’Assomption ce sera « grande corvée », les Acadiens couchant dans les granges tout un printemps et un été, ainsi naîtra un Saint-Jacques de l’achigan, leur nouvelle « petite patrie ». Ceux que cela captivent peuvent lire mon « Outaragassi » —le nom indien de L’Assomption— publié en 1968 chez Sogides. En 1755, un Milosevic « bloke » commettait la pire affreuseté dans le pays maritime, notre finistère.
12-
Hier, cahier Lectures, mon prochain éditeur n’aurait pas dû « exécuter » le show « Notre-Dame de Paris » de Plamondon. Il y a là amalgame déplacée. L’énorme succès de sa comédie musicale ne voulait qu’évoquer le roman de Hugo. Cela se fait pour toute la littérature « classique » et les contes universels, depuis toujours. « Les gueux du show font ballet-madame Chiriaeff et sont costumés façon Christian Dior », écrit Beaulieu. Vrai mais c’est « la game » en ce domaine et personne ne s’attend à « relire » du Hugo sur cette sorte de scène à couplets, à musique pop, à caracolages gymnastiques.
Dimanche, son : « L’intégrisme inversé face à la tolérance » est de bien meilleur cru. Il fait voir mon influence sur ce cadet. Beaulieu venait de me lire (« Écrire ») sur ma définition du
« racisme inverti » : ce racisme étrange rend admirable tout ce qui vient d’ailleurs et minable tout ce qui est d’ici. J’ai dit ! Riez.
Jeune, j’ai aimé John Steinbeck (« Les raisins de la colère », « À l’est de l’Eden »), le reportage de dimanche (La Presse) illustrait le pèlerinage pour se admirateurs. Monterey. Vastes collines, plaines agricoles, la mer, ruines d’un village-de-compagnie pour ouvriers (en sardines), etc. J’étais jaloux de lui. Moi, un jour, quoi montrer à mes groupes de dévots, en 2080. Pauvre quartier Villeray ben peu exotique ! Riez.
Je marque « riez » car un courriel me montre que mon humour est pas visible parfois. Ma correspondante a cru que j’enviais Michel Tremblay pour son beau site sur Internet !Je blaguais, lui ais-je répondu. J’aime et j’admire Tremblay, il a été un auteur (lui ais-je écrit) essentiel ici !
Ce matin, Chapleau y va franc avec l’Arabe aux mains nus et l’Israélien monté sur son gros char blindé. On lit en légende : « Violence cessante on va se parler d’égal à égal ».
Oh, oh ! Va-t-on l’accuser de judéophobie ?
13-
J’ai toujours bossé (à CJMS, CKVL, à TQS, chez plusieurs éditeurs) sans contrat. Pas de collier pour le loup ! Ainsi, j’étais libre de partir n’importe quand. Et les patrons de me virer si insatisfaits de mon ouvrage. Normal, non ? Cela sans agent, sans gérant, sans avocat, sans manager quoi. Voilà qu’une animatrice, Isabelle Maréchal —qui a tout cela— poursuit CKAC qui l’a virée, pour 300,000 $ ! Diable ! Le monde change. Les jeunes sont durs.
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Rions : un célèbre grammairien (j’oublie son nom, merde) siégeait au DIP (ex-faux, ministère de l’éduc) et quand on présentait son manuel scolaire, soupçonné, il affirmait qu’il sortait dans le couloir (!) durant les délibérations de ses bons copains du DIP. Ce fut la risée générale dans nos médias, avec raison. Le ridicule tue, il est mort pas longtemps après ses pieuses protestations. Voici que Daniel Gourd de Radio-Canada nous sert cette farce. Quand son Vincent de fils présente un projet de télé :il sort. Mieux, il repousse le projet de fiston à l’étage au-dessus cher sa collègue Michèle Fortin, son boss.
Pas le premier a s’excuser dans ce sens. « Je me retire dans le corridor, quoi ! » On se souvient de Chrétien…de Béard…de Baril, du frère à John Charest…de qui encore ! Peuple « té toé ».
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Un honorable et responsable citoyenne de Hull découvrant certaines B.D. malsaines (il y en a pas mal, je les recevais un pour recension à La presse) veut que la bibliothèque municipale retire ce stock loin des enfants. Un (auteur inconnu au régiment) Charles Montpetit crie vite, vite à l’affreuse censure et réussit à enrôler mon Union (Uneq) dans sa protestation, hélas !
Dans Voir, un autre « fêlé du coco » (Céline) s’effarouche à son tour sur le même sujet. Ces énervés —alliés objectifs des dessinateurs dépravés— ignorent que les excès des petits fous attirent toujours censure et le reste. Au lieu de pointer ces déboussolés en grossièretés voyeuristes, pointent de valeureuses personnes qui veulent faire la différence entre audace de bonne venue et lubricité bien conne. Des coups de pied se perdent….
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Louis Cornellier, prof de Joliette et excellent critique d’essais, a osé recommander d’enseigner d’abord, avant les Français célèbres, la littérature d’ici, j’en ai parlé. Ce matin, encore une « fraîche » pincée qui le blâme et se réclame de l’universalisme…Toujours l’universalisme des autres, jamais le nôtre ! Un sens unique quoi. Aucun Thériault, ni Ferron, ni Gabrielle Roy dans les études en France, vous voulez gager ? Une dame de France (Mad. Guiserix, une cousine d’Astérix ?) y va de son grain de sel et dira : « Il y a votre beau Maria Chapedelaine, aux côtés de Balzac, Hugo, et Zola… », non mais… C’est un bon roman écrit par… un Français en voyage au Saguenay, Louis Hémon. Mais il est venu un brillant dans ce débat disant : le grand Proust commence par parler de son cher Combray natal pour, ensuite, amener Venise. Vrai.
Un nostalgique, lui, se range pour les livres de France et s’émeut encore de son dynamique prof au collège de l’Assomption, sorti de la Sorbonne, spécifie-t-il, et qui savait tant les remuer avec les manuels « made in Paris. » Je vous le dis, le colonialisme ne cessera pas demain !
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Ce matin une « lettre ouverte » admonestant Michèle Ouimet de « La presse « . Micheline Carrier dit « pas de religion (ni voile, ni couteau islamique, ni burga, ni crucifix ) d’aucune sorte à l’école. Que c’est l’affaire des familles et des églises d’enseigner la religion. La réponse ? « Peut-on aller plus vite que les mentalités » ?, et « Le Québec n’est pas prêt ». Eh b’en ! Voilà l’héroïsme des éditorialistes ? Oui, il faut oser militer pour des réformes. Ouimet se range, patiente, va attendre l’évolution des mentalités d’ici. Belle mentalité pour une « réfléchisseuse » payée pour justement discuter de l’état des mentalités, secouer des jougs. Provoquer des changements. Est-ce la soumission à la clientèle (du journal ) qu’il ne faut pas trop brasser…en cas de pertes d’annonces. Du marketing ?
Cette même journaliste fut, il y a peu, clair et net. Ouimet a fustigé ce machin « IPSE », coûteux, inventé avant son élection par le maire Tremblay, l’allié des anglos francophobes (il y en d’autres, Dieu merci) et des défusionneurs (tel John Charest). Elle a détesté le jargon de ces « aristos » copains de Tremblay. Ah si j’utilisais ce dédain terrible de Ouimet pour les « jargonneux » en littérature, est-ce que je m’en ferais des ennemis. Ce sera fait bientôt , vous lirez mon « Écrire » qui s’en vient. Le jargon péteux de broue y goûte !

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