Le mardi 26 février 2002

Le mardi 26 février 2002
1-
Suis pas un Esquimau, pardon, un Innuit, pour être capable de vois fournier les nuances entre le gris du lac et celui ciel ce midi. On sait que ces gens de l’Arctique peuvent distinguer pus d’une dizaine de blancs, Il en va de leur survie quand ils chassent l’ours ou le phoque sur les banquises. En té cas c’est blanc !
Ça téléphone au polémiste (de service ?) ce matin. Invitation demain mercredi midi, chez Liza Frulla de la SRC (qui va jouer le néo-gagliano dans Saint-Léonard ?). Le sujet de discussion, à quatre ou cinq débaters,  » pour l’homoparentalité, oui ou non.  »
Je dis au recherchiste : je suis contre. Il dit :  » oui, on le savait bien. » Hum, j’aime pas q’on devine trop vite mes options idéologiques. Demain je dirai que je suis  » pour, c’est un fait, mais que je suis  » contre  » (hélas) cela pour l’épanouissement de ces enfants qui ont tous un besoin de grégarité, de la nécessaire identification au groupe, aux autres, à leur communauté. Réalité encombrante mais inévitable. Ces enfants —de deux mères lesbiennes par exemple— souffriront parmi leurs petits compagnons. Indéniable fait ! Oui, hélas !
On m’invite aussi à discuter —en duplex avec la jolie animatrice Isabelle Maréchal—  » Jeux olympiques et récolte de médailles  » aux nouvelles chez Pierre Bruneau. Le camion va se pointer ici vers 17h. J’ai lu, j’ai réfléchi, j’ai pris des notes sur une page de calepin.  » Prêt  » dit le boy-scout des débats tant aimés.
Aile me dit :  » Avec Isabelle Maréchal ?  » N’ajoute plus rien. Quoi ? Mon Dieu, la jalousie ? Elle me fait marcher ?, moi le vieillard au lunettes neuves et cette enfant post-post baby-boomer ? Allons ! Elle-Aile me nargue.
Télé hier soir : deux téléromans… je lis — » Coffre de cèdre « — au fond de mon fauteuil mais ce  » La vie, la vie  » me captive vite. Je lâche mon bouquin. Image de jeunes  » ados attardés « , velléitaires, qui se déroulent avec une légèreté (très soutenable ?) formant un récit aérien. Bon texte de Bourguignon, bonne réalisation de Saucier. Chapeau ! Voyant le jeune scénariste, pris déjà avec deux soupirants qui s’amourache subitement de la locataire du dessus, je m’exclame :  » Aile ! Non mais…quel branleux !  » Et Aile de dire :  » Tais-toi donc, Cloclo, songe à toi à 28, 29 ans, pas moins balançant !  » Ouasch ! Touché mais c’était avant de la connaître et de me fixer enfin sur cette âme sœur parfaite, elle, Aile. J’ai fermé ma trappe en té cas.
Un correspondant :  » Aimez-vous lire Nat Pétro, oui ou bin non ?  » Sa  » moyenne au bâton  » (métaphore !) est fort bonne. Ce matin, oh oui ! Excellente chronique à propos du  » baveux  » Ardisson (à TV-5, le mardi soir) nous moquant chez l’Arcand de CKAC. Elle a du talent, incontestablement. Nathalie dit fort que lorsqu’on est solide, sûr de son identité, de ce qu’on vaut, on est pas susceptible et on ne grimpe pas aux rideaux face aux incisives moqueries d’un animateur Parisien effronté. Très juste !
2-
Nono, hier à l’École des chefs, j’achète ce qu’il y a —et il y a peu cette fois— du jambon et légumes divers. Aile fâchée :  » Tu sais bien que je viens de faire cuire un beau gros jambon, non ?  » Gros jambon je suis, en effet ! J’ai pris aussi des chocolats et du gâteau… un peu  » passé date « . Aile se moque :  » Tu vas l’avoir la bedaine, continue, continue !  » Non mais… privé de desserts depuis 25 ans, j’ai bin l’droit…. Aile est  » salée, vinaigrée  » mais vrai que c’est cette privation qui m’a gardé du gros bedon !
Le Gala des prix Gémeaux (télé) s’en va chez l’yable ! Il reste SRC, T.Q et des producteurs privés qui branlent dans le manche.
Reproche : des émissions fort estimées du grand public sont éliminés par les (tas de) jurés, des pairs. Ah ces juges ! Épineuse question, questionnez les Salié-Pelletier ! Mon Aile a déjà été conscrite : tout un week-end printanier enfermée dans le noir, à visionner des tas de…navets et quelques réussites. Elle s’est éloignée vite de cette vilaine corvée. Qui accepte alors ces visionnements en chaîne ! Hum…De ratés, des désœuvrés, des  » has been  » floués, des envieux, des élitistes, des  » nez levés « , des snobs ? Comment savoir ? Voilà le fond du problème. Les vrais pairs, les actifs, les doués, les solides, les…Aile, dédaignent de jouer les juges, ou sont trop pris par leurs ouvrages. Alors ?
On entend, à tous ces galas-là, (oh !) des lauréats lucides qui affirment (statuette en mains) que l’art (de quelqu’ordre qu’il soit) n’est pas une affaire de rivalité. Ils méprisent ces concours, disent, avec raison, qu’on ne doit, jamais, comparer les talents si divers. Pourquoi comparer —évaluer, jauger— un créateur à un autre ?
Chacun a sa  » petite musique « . Et c’est vrai. On peut aimer l’ » Amarcord  » de Fellini et  » Cœur perdus en Atlantide  » ( vidéo loué récemment). Si on me dit :  » Auquel des deux films accorderais-tu un trophée ?  » Là, non, je refuse. Foin des comparaisons et sus aux rivalités niaises en matière artistique ! Nous nous comprenons, n’est-ce pas ? Il y a la question  » fric  » Ave raison le producteur Gabriele dit :  » Comparer un  » Omerta  » à presqu’un million l’heure avec  » Caserne 24  » qui coûte, lui, 400,000 $, c’est insensée.  »
Adieu donc ce Gala aux Gémeaux ? Tel qu’il est ,oui. N’y aurait-il pas moyen de fêter, en un dynamique gala, les bonnes productions de l’année écoulée, les vanter, les louanger par des témoignages divers (des populaires et des élitistes), écouter les créateurs expliquer —brièvement— leur démarche (avec anecdotes), tenter de faire remettre en circulation ces louangés tout en se débarrassant des statuettes ? Je dis que oui, moi.
3-
Je songeais à un échange franc avec mon camarade Dany Lafrenière :  » Se sent-on coupable, traître, quand, émigrant, on abandonne sa patrie mal-prise, (Haïti pour Dany) quand on se sauve, soi, d’abord ?  » Je le sais assez lucide et franc pour accepter un tel dialogue. Des intelligents, au Québec, sous ce damné Duplessis, ont fui à Paris. Nombreux. Au lieu de combattre la noirceur en joignant les isolés qui luttaient, ici, contre le conservatisme. Non ?
Je lis un témoignage bizarre d’un Torontois venu du Nigéria.
Il se nomme Ken Wiwa. Son père, tué, assassiné apparemment, expédiait Ken, adolescent, à Londres. Ce papa vénérait les valeurs des britanniques. Bien. Or, Wiwa déclare qu’à cause de leur impérialisme récent, les Anglais veulent  » assimiler  » les étrangers et craignent terriblement la  » noyade  » culturelle. Tiens, tiens ! Il fuit vers la France, à Cannes. Plagiste, il ressent toujours son déracinement. Cela lui pèse. D’autre part, il refuse  » la politique  » de son papa, homme d’action au Nigéria. Vieux combat père-fils quoi.
Il ira vagabonder ( le papa connu l’aide en cela, avant qu’il soit tué) su divers continents pour finir au Canada, à Toronto. Ken Wiwa découvre qu’ici sera sa nouvelle patrie. Qu’ au Canada il va pouvoir défendre l’esprit de ce père trop longtemps renié, combattu ! Ah ! Conversion donc ! Il consulte sans cesse les livres de son père et les lettres, dont celle, qu’il relit, où papa lui dit de  » toujours promouvoir à l’étranger ses valeurs africaines « .
En somme, ici, pas comme en Angleterre, on ne tente pas
d’assimiler. Quoi ? Ici, on ne s’intègre pas ? Il déclare :  » C’est ma mission, promouvoir mes racines.  » Hum ! Constituer un ghetto nigérien ? Ne jamais vraiment devenir, se sentir un Canadien ? Le déracinement fait cela ? Je me pose de sérieuses questions car moi, il me semble, m’exilant ailleurs, disons en Espagne, je voudrais devenir Espagnol au plus vite, ce libre choix d’une patrie nouvelle m’inviterait à m’ intégrer rapidement, que mes enfants soient des Espagnols et au plus tôt. Non ? Ken Wiwa semble refuser cette intégration normale et il fait erreur à mon avis. Que penser de nos émigrants Français de l’après-guerre qui envoyaient —guettoïdes— leurs rejetons à Stanislas, ou à Marie-Rose, qui ne se mélangeait pas trop aux nôtres ? Nous refusant un enrichissement estimable !  » Vaste question « , aurait dit De Gaulle ?
4-
Je suis en train de lire un succès de librairie :  » Pars vite et reviens tard  » de Fred Vargas. Le  » Coffre de cèdre  » de madame MacDonald, c’est pour lecture de chevet, au lit. Ce  » Pars vite…  » m’agace déjà. Un : c’est très franchouillard, du San Antonio sans, et tant mieux, l’  » argomanie  » et les  » calembours lourds  » de Frédéric Dard, cette  » merde des sots  » qui m’exaspère même chez Réjean Ducharme. Deux : le pas très plausible héros qui s’est fait  » crieur de petites nouvelles et d’avis de recherche  » proche de la gare de Lyon, dans l’est. Trois : le dialogues nombreux pour briller, dialogues qui, dans un roman, sont une facilité, offrant une sorte de faux-scénario de film ou de télé.  » Pars vite..  » est construit avec le genre  » meanwhile back to the ranch « …vous savez, la conduite de deux complot (intrigues) en parallèle. Faiblesse. Ouen ! Suis pas sûr du tout de poursuivre cette lecture vargasienne.
La franchouillardise, c’est quoi ? Avec Annie Arnaux, ou même avec Angot ( » Inceste « ), on ne subit pas ce parisianisme affligeant. Le Shlink de  » Le liseur  » (oh, comme c’est un bon roman !) ne fait pas dans l’exotisme berlinois ou allemand. Ni ce  » Coffre de cèdre  » se déroulant au bout du Cap Breton.
L’amie Marie-Josée B., scripte experte, rentre de Salt Lake City. Détour de son avion vers le sud, avec escale donc et fouilles après fouilles. Puis un avion pour Montréal. Attentes un peu partout. Au téléphone Aile, qui a lu la mère Cousineau de La Presse, lui apprend qu’elle vient de perdre sa  » boss « . Cette dernière, directrice des dramatiques à la SRC, démissionne en disant :  » Trop de gestion, de papelards administratifs et pas assez de fervents contacts avec la création « . Dans cette boîte (j’y fus trois décennies) les employés apprennent souvent les nouvelles fraîches par les journaux ! Du Kafka ? Oui.
5-
J’y reviens, dans Westmount… pour le complot filmé (vidéotisé ?), le projet d’assassiner le  » vieux  » despote au pouvoir, Mugabe. Élections dans 15 jours au Zimbabwe. L’agence  » D. et M.  » serait douteuse selon  » Associated Press  » parle de Montréal.
Eille, Montréal est encore  » sur la carte !  »
La cassette montrant les  » assassins virtuels  » à l’agence (de consultants politiques) d’Ari Ben-Menashe, (le PDG de ce  » Dickens et Mason, à Westmount) serait trafiquée. Bon !  » Traître  » ce Morgan Tsvangirai, proclament les gens de Mugabe.
À suivre. J’en parle car me voilà tout étonné (candide ?) de voir l’Afrique lointaine rôdant dans nos murs ! De constater que des activistes Noirs ont, ici, des liens…des contacts. Non mais…quelles drôles de ficelles (économiques ?) se tissent jusque chez nous ? Ainsi, même surprise chez moi lorsqu’on arrêtait, à Québec, (étudiant en sciences politiques, à Laval !) un dangereux exciteur démago, officiel enragé en faveur du génocide atroce des Tutsis du Rwanda.
’Coute-donc, ça sera-t-y vrai que nos frontières sont des passoires (accusation de W. Bush) ? Serions-nous des ingénues plorines, des caves bien cons, des niaiseux ? Ou bien, au contraire, nos  » énarques  » se frottent volontiers à  » la lie de la terre  » que constituent tous ces réseaux d’agitateurs au Tiers-Monde… et d’ailleurs ?
6-
André Pratte, chef édito à  » La Presse « , commente ce matin :
 » Nos politiciens (sondages) aussi mal aimés que les vendeurs retors de chars usagés.  » Oh ! Pratte parle du John Charest virant de bord sur les défusions, du Gerry Tremblay, le maire tout neuf déjà embourbé dans le favoritisme crasse avec son plantureux contrat à son ex-institution, IPSE, des Bréard, Baril, Gagliano…. La méfiance grandit. Aussi le danger ! En démocratie quand la confiance s’en va…le pire peut advenir : le  » chacun-pour-soi « , l’individualisme à outrance.
Je l’aimais, enfant, sans le connaître, ce dessinateur de films d’animation, notre si grande joie enfant. Merci, merci M. Jones qui vient de partir à 89 ans.  » Sylvester le chat « ,  » Bugs Bunny  » …le vilain renard ne va plus courir après Road Runner…bip, bip ! Salut vieil amuseur de nos jeunesses pauvres, nous adorions voir les plus faibles gagner sur les plus gros ! Adieu Chuck Jones !
Des disciples de Mahomet —leur Jésus à eux monté armé et à cheval au paradis— lancent des roches à Satan…et aussi à Safiva Husaini (36 ans).  » Lapidation à mort « , le corps enterré préalablement (!),  » crime d’État  » (parole de Hugo) prévue pour le 18 mars, en public. Ça lui apprendra à accoucher d’un enfant hors des liens sacrés de la…polygamie! On rit pas avec les madames Bovary, Desqueyroux ou les Anna Karénine au Nigéria (encore !). Le ministre d’État Denis Paradis tente de s’opposer à cette exécution à coup de cailloux. Non mais… la religion des fois.
7-
Le chroniqueur Fugère, tant moqué par Lévesque (Robert), salivait d’aise à  » Cent titres  » pour du journal ! Bon présage si jamais  » Cent titres  » m’invite (ce sera une première) à la parution de mes Journées Nettes ? Pas sûr. Ce  » Mausolée des amants « , serait le journal intime de Guibert, mort du sida. L’amant de ce mausolée-journal en est mort aussi, Thierry qui avait une compagne, Christine. C’est Christine qui publie l’ouvrage posthume. On y lirait la haine viscérale de Guibert pour sa mère et son père. Bon. Cela manque ici, vous le savez bien ! Ça parle aussi, dit Fugère, sur son besoin de porno ! Merde, ça aussi, inexistant ici ! Son amant mort, un Thierry bi-machin, aurait mis au monde deux enfants élevés par sa zélote Christine ! Ce Guibert faisait de la photographie aussi, on en voit dans son journal.
J’avais lu son  » À l’ami…  » qui bavassait sur le cropophagie honteuse du fameux philo-socio-psycho, Foucault, en séjour californien ! Édifiante amitié ! Thierry donc mort du sida, le Guibert épousa son épousera la dévouée Christine ! Non mais…Fugère, épaté, ému,, apprécie grandement, lui !
Si j’ajoutais à ce journal de ces  » épices « , juste pour rire, juste pour voir ? Quoi donc ? Aile, la nuit, sort et va aux boisés voisins, mont Loup-Garou, pour copuler avec des ours noirs !
Non ? C’est pas assez ? Euh, attendez, à l’aube, je me déguise en putain et je vais chier sur le porche de l’église de Saint-Adèle. Non ? Plus fort ? Ah pis zut ! Je reste ce que je suis, un ennuyeux petit bourgeois !
8-
Un vrai méchant ? Un homme jeune, 28 ans, aux USA, proprio d’un crématorium, trichait ses clients endeuillés. Il donnait des urnes funéraires contenant des fausses cendres (de bois). On découvre des tas des dépouilles dans son champ vacant : 139 cadavres ! Il dit qu’il n’ avait plus d’argent pour opérer correctement. Stupéfaction des survivants, on peut l’imaginer. Douleurs effroyables. Drôle de  » cassé « , non ?
Oh ! On sonne ! V’là le truck de TVA pour me duplexer avec le Bruneau des nouvelles, je gage.

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