Le mardi 12 février2002

Le mardi 12 février2002
1-
Hier soir, je dis à Aile, Pierre Gauvreau a, lui, sa Janine C. », une « Aile » toute dévouée, vraie relationniste compétente. Pierre Perreault, lui aussi, avait sa Yolande S., consacrée à sa dévotion, se démenant pour son œuvre sans cesse, mais toi…hum ! Elle rigole. À Canal Historia on invitait le public à faire des suggestions. Deux auteurs de France (racisme inverti toujours ?) venaient d’y « plogguer » leurs écrits. Et moi ? « Aile, au secours, le Claude Charron , si tu me signalais (chez Pixcom), m’inviterait pour causer de mon cher Villeray, non ? » Oh la la ! Aile (je lui donne raison) refuse de se transformer en complaisante servante des ouvrages littéraires de son chum ! Son côté « low profil » fait d’aile une discrète. Et j’en souffre, savez-vous ?
Hier, le beau soleil et notre rituelle balade autour du lac. Ce midi, le gris bien connu de février. Nous repartons encore pour la ville, ce soir, vouloir re-visionner une dramatique de moi à la cinémathèque à 19h. : « Tuez le veau gras ! » réalisé par Carrier.
J’espère un meilleur ruban-vidéo que pour mon « Blues pour un homme averti », un son meilleur. On verra bien.
J’ai lu avec plaisir le court « conte » de Barrico (si louangé) « Soie », l’auteur du « Novecento » narre les voyages d’un bonhomme de Provence, marchand soumis, timide, délégué par son patron en soieries pour acheter… des vers à soie. Il va vers l’Égypte d’abord puis, à plusieurs reprises, au Japon où il rencontre un riche pacha et sa femme mystérieuse, voilée, silencieuse, dont il s’éprend fort placidement. L’ idée est excellente. Le suspense délicieux au début et au milieu du bref livre, mystérieux comme à outrance, on attend un choc renversant. Cela devient redondant et, à la fin, carrément décevant. Pas pour Aile qui a adoré ce « Soie ».
Ce « Novecento » du même Barrico fut mis en film (même titre), un pianiste né sur un paquebot, la mère tabou meurt, il est adopté, élevé par l’équipage et y restera toute sa vie, devenant « l’entertainer » du dancing mondain sur le pont principal. Une forte histoire si vous l’avez vu…aller louer vite la cassette sinon…C’est une merveille du cinéma actuel.
2-
Dimanche, avant d’aller « Aux filles du Roy, fêter Hughette Oligny, un peu de lèche-comptoir chez le Renaud-Bray de l’Avenue du Parc. Je ne vois pas « Je vous dis merci », mon petit dernier. Cache-t-on le livre d’ici ? Il y a, au fond du vaste magasin, « Enfant de Villeray » (nov.2000) et mon « Duplessis, patriarche bleu » (nov. 1999). Louise Colette, à l’anniversaire d’Oligny —producteure de ma « biographie » du Canal D— m’accoste et me répète (j’avais d’abord reçu son courriel loudateur— qu’elle avait éprouvé du grand plaisir, de la stimulation, à lire ce J.V.D.M. « Aux Fêtes, j’étais aux Caraïbes, je sortais du dernier Gilles Archambault si triste, si déprimant. Votre bouquin de gratitude m’a soulagé de son spleen fatidique. » Je tente d’expliquer le tempérament de mon camarde Archamnbault et elle : « Oui, oui, je sais bien, c’est tout lui, mais c’est une lecture accablante, attristante. »
J’ai tenté de lire le dernier tome de journal de Jean-Pierre Guay acheté Avenue du Parc, dimanche. « Le coeur tremblant » c’est un mois et des grenailles seulement dans sa vie. C’est janvier 1993. C’est ce Guay de Beauport, maintenant de Château-Richer, qui me donnait l’envie, le goût, bref qui me fit débuter dans ce genre de littérature : le journal. Je n’aimais pas du tout sa manière. Je voulais faire différent, plus clair, plus simple, plus franc. Le voilà encore râleur perpétuel comme en 1986, à ses débuts de diariste quand cinq tomes furent publiés, sans bon succès, chez Pierre Tisseyre. Sept ou huit ans plus tard c’est donc encore et toujours sa pénible quête d’argent. Ses délires vaseux. Ses obsessions vagues. Ses détestations irrationnelles. Nouveauté, voilà mon Guay converti ! Catholique et pas à gros grain. Il prie sans cesse. Il ne s’adresse plus qu’à Jésus, le tutoyant volontiers, à Dieu, au Saint-Esprit, voire à Sainte-Anne (de Beaurpré). Pourquoi pas ? Or, Guay. Comme au départ de son journal intime parsème ses chapitres de prénoms sans nous fournir jamais les liens pour que nous puissions, lecteurs, les situer par rapport à lui, à sa vie. C’est ennuyeux. Impression d’un piétinement pitoyable. Aucune évolution. Son existence de fainéant, de… quoi au juste? Il n’arrive pas à faire le deuil de son « pitou » un berger allemand, je crois, perdu il y a trois ans ! Il le prie lui aussi, l’imagine au ciel (!) qui l’attend. Il refuse de « gagner sa vie », méprise l’Institution littéraire, crache et bave sur tous les autres créateurs, en général, sans nommer personne. Toujours sa certitude d’être bien au dessus du commun des…littérateurs. Franchement, j’ai cessé vite de tourner les pages vinaigrées et répétitives, encombrantes de regrets insipides. Excédé, ennuyé, j’ai garroché son mince journal sur le divan d’en face. Achat futile !
3-
Hier soir, Aile y tenait : « Regardons un peu de ces J.O. en Utah ». Surf des neiges : spectacle vivifiant. Surprenant. Acrobaties renversantes. Trois jeunes amerloques gagnent !
Luge : pas un sport cela ! Niaiserie! Couloirs étroits et on glisse à toute vitesse. Fumisterie ! Ce matin, Pierre Desjardins, un prof, dans « Le Devoir » dit comme moi, qu’il faudrait débarrasser le sport de ces fausses joutes , telle la luge en corridors, et qui ne laissent rien en héritage aux taxés du site, les appareils seront démontés. Biathlon (!), pas fameux et ces ridicules carabines sur le dos des fondeurs : franchement !
Viennent les patineurs en couples. De la beauté parfois. Des figures répétitives aussi. Il y a un code sans doute. Scandale soudain et Aile grimpe dans les rideaux ! Les deux québécois perdent (la médaille dorée) malgré un « zéro faute » face au couple russe qui, lui, n’est pas sans faute. Je me tais, amusé de ses cris de protestations. En réalité les deux jeunes russes offraient une meilleure énergie, faisaient montre de plus de fantaisie (et leurs costumes de soie au vent !). Je me tais. La paix des ménages… et c’est si excitant de voir sa « douce » montée sur ses grands chevaux. Chauvinisme…Non, non, je me tais !
Ce matin : projet de mettre en téléfilm de 90 minutes ces vieilles « Enquêtes Jobidon » sur lesquelles Raymonde faisait ses débuts de scripte, à Québec. On a fait de même, téléfilm de 90- m., pour « Les Plouffes » de Lemelin, et aussi pour « Sous le signe du lion » de Loranger. Le fera-t-on un jour pour ma « Petite patrie » ? En 90 minutes, un téléfilm montrant mon cher Villeray tout de suite après la guerre. Je songe souvent à une sorte de comédie musicale avec tous ces crieurs, ces marchands ambulants, avec une musique de mon voisin de la rue Drolet, Claude Léveillée. Rêvons à un producteur qui… !
4-
De Berlin, Nat Pétro de La Presse, ce matin, raconte l’histoire effrayante d’une québécoise exilée là. Cette Lysiane Thibodeau : père mort jeune, mère assassinée par son frère, suicide de ce dernier…Elle quitte donc l’enfer. Fuite à Berlin. Choix curieux. Ville déchirée comme elle ? Meurtrie par ce passé nazi accablant ? Elle se fiche des anneaux. Partout. « Piercing » pour percées de toute part ? Par le mauvais sort ? Cheveux bleus et fréquentation de « l’underground » marginal. Flirt avec des paumés ! Cas classiques. Cachette allemande utile ? Voilà qu’elle avoue : elle demeure une non-intégrée, elle ne sera jamais acceptée des Allemands, même si elle parle couramment la langue. Elle songe à un retour…Le saumon revient à son lieu d’origine. À la télé, hier soir, Manet, écrivain cubain exilé, lui aussi, avoue ne pas savoir, ne plus trop saisir, à quel pays il appartient, Cuba ou la France où il publie depuis longtemps. Les déracinés ne s’enracinent pas ? Les enfants de ces émigrants, oui.
J’ai relu un album (édité en 1972) retrouvé dans la cave (aux essais graphiques abandonnés un moment). » L’histoire des Patriotes de Saint-Eustache. Les curés « collabos » des soldats envoyés pour tuer les démocrates anti-monarchistes dans tout Deux-Montagnes. Incendies criminelles. Le pénible Colborne qui laisse faire ses colonels nazis, qui se tait. Le curé aussi. Les Globensky —seigneurs à manoir— en charqe des répressions. Femmes et enfants assassinés. Infamie épouvantable. Des nôtres profiteurs, vandalismes, tueries, vols. Des délateurs bien catholiques, collabos, eux aussi. « Lécheculisme » dépravant tout autour. Pas loin, à Oka, les Iroquois « protestantisés », rangés du bon bord : « English only ». Dénonciations cléricalistes de nos républicanistes, infamie accablante de Saint-Eustache à Saint-Benoit ! Chénier mis en terre des apostats comme un gredin !
On lit tout cela dans cet album illustré et on constate la lâcheté ambiante. Le pire ? L’ignorance de cette partie de notre histoire. L’oubli. « Pardonnons, pardonnons ». Bin oui. Sans, jamais, oublier. Jamais ! Il faudrait des commémorations solides de ce massacre inouï de 1838, en décembre. Comme on en fait, en novembre, à Saint-Denis, ou à Saint-Ours, ou à Saint-Antoine au bord de la Richelieu. Au bord de la Mille-Iles, il y eut l’étouffement féroce des démocrates abandonnés. Par tous ! Cela mériterait une fameuse fête. Une grande. Une courageuse. Quand…
5-
On va fêter Gilles Groulx, cinéaste devenu impotent jeune à la suite d’un funeste accident de la circulation. J’ai connu Gilles à vingt ans. Beau grand blond très sage, aux yeux pâles. Timide. Il étudia la céramique. Un an. Il assistait, muet, impassible, à nos engueulades, il en était comme interdit. Surpris de nous voir tirailler, argumenter, chicaner, le prof Archambault, Patricia Ling, Gilles Derome, moi, et qui encore ? Il se sentait comme hors jeu. Il disparut. Il va nous réapparaître, plus tard, vieilli, cinéaste à l’ONF ! Il semblait si étranger à tout et à tous, à vingt ans, en 1950, si calme, si serein et si discret.
Il sera un cinéaste engagé, un « gueuleur autorisé » plus tard. L’ONF, qui a aidé tant de talents québécois, a été aussi un lieu de censure terrible, de répression subtile, comme au réseau français de Radio-Canada. On le dit ouvertement maintenant que l’on prépare ce documentaire sur Groulx. C’est la vérité. Elle sera embarrassante à mesure des ans pour tous ces « petits patrons » trouillards, fédéralistes zélés, terrorisés par Ottawa. Des noms vont se prononcer et à haute voix. Tremblez les « chieux » qui « contrôlaient la liberté » de ce temps. Il faut l’espérer, cette franchise. Les « empêchés » de jadis, aux cheveux blancs aujouird’hui, vont parler franchement désormais, dévoiler les turpitudes de cette époque, les films mis « sur tablette » par une prudence politicarde qui sent mauvais.
6-
Robert Lévesque, critique chez Homier-Roy, publie une mise à mort d’une saveur assez âcre. Gabriel Arcand (un comédien à part et qui a le droit de se situer à part des autres ) serait une inutilité. Lévesque, dans sa page du « ICI », résume sa carrière et pour l’ensemble de sa pratique, de son art, lui accorde un gros zéro. C’est un sauvage nuisible, un isolé nocif, un égotiste vicieux, une nuisance publique pour tous ses camarades.
Et bang !
On lit cela, cette charge totale, on reste incrédule. Une folie ? Michel Temblay, rétorquant À une de ses foucades, craignait qu’il se donne la mort. En attendant ce précieux analyste de théâtre (jadis), ce cultivé observateur de nos scènes, du théâtre qui se fait, signe un ravage si total sur l’acteur Arcand qu’on serait en droit de craindre pour la santé mentale de ce comédien au talent si singulier. Dépression, fuite en exil ? Mais, calmons-nous, Arcand doit, lui aussi, savoir que le Lévesque de « ICI » est pris dans une impasse. Qu’il traverse une horrible crise…d’identité (?). À lire ce brumeux chapitre anti-acteur-Arcand, on devient jongleur. Se peut-il qu’un esprit vif , qu’un homme si renseigné trouve du plaisir à démolir, à tuer ? Ma foi, cela se peut. Tuer pour ne pas être tué ou se tuer ? Freud ou un des siens devrait venir examiner le cas et publiquement. Signalons 911 pour ce Lévesque matraqueur. C’est urgent docteur !

Le lundi 11 février2002

Le lundi 11 février2002
1-
Ouf ! Trois soirées « en ville ». Absent donc des J.N. Le bonhomme énervé, tout pris. Ce matin, soleil reluisant ! Vrai que nous avons une lumière, alors, unique. Jamais vu cette si vive luminosité ailleurs, ni à Paris, ni à Rome , ni à Londres.
Hier soir, tard, nous sortons dans la rue Bonsecours, du Vieux, et, surprise, neige, glace, tout le bataclan hivernal subitement. Vers 18 h., arrivés au coin de Saint-Paul, c’était la pluie, une douceur dans l’air. Changement radival en quelques heures. Et à notre insu. Dans l’entrée du restau des « Filles du Roy »,un cri, un appel de détresse ! C’est l’amie, Françoise Faucher, en souliers (!) , qui appelle au secours « son grand chien fou », moi. J’y cours. Elle s’accroche à mon bras, mon Aile, elle, installée déjà dans notre voiture. Françoise veut que je la reconduise à son « pas galant du tout, mari un peu plus à l’ouest. Jean Faucher se démène dans la nuit, illuminée par les antiques réverbères, à dégivrer les vitres de son auto. Oh le gros macho ! Il a honte, s’excuse. Se fait engueuler par sa Françoise.
Nous sortions d’un anniversaire, d’une fête enjouée, celle fort bien organisée par Hélène Pedneaut (« Le signe du lion » rénové) et Lucille Cousineau pour marquer les 80 ans de la vaillante comédienne Huguette Oligny.
La foule (plus de 60 personnes !), parents, amis dans ce restaurant (Les filles du Roy) qui a les allures d’un bordel luxueux du « far-west » pour cow-boys enrichis et danseuses de « french cancan émigrées, quand il souhaite avoir les allures d’une auberge « canayenne » en début de colonie au bord du fleuve. C’est une sorte de « palace » et on s’y sent bien. Décors chaleureux, salon, canapés, fauteuils, cheminée, piano, large couloir pour les apéros, au fond, verrière, plantes vertes et cages avec oiseaux exotiques vivants !
Ma chère Aile toute épanouie —coupe de cheveux nouvelle, frisée si joliment, tailleur parfait— en voyant arriver des tas de membre de l’Union des artistes, elle lève sa coupe aux vieilles
Connaissances du temps de ses réalisations à la SRC. Nommez-les : Abert Millaire, Élisabeth Chouvalidzé, Aubert Pallascio, Gabriel Gascon, Gérard Poirier, France Castel, Clémence Desrochers, Louise Latraverse, la grande Picard… que je salue ainsi « bonjour ceux de Pointe-Calumet » car son père y tenait un ciné de plein air. Le premier du territoire. Que Duplessis fit fermer, pour calmer les évèques timorés…Gilles Pelletier et sa Françoise (Gratton) —nous nous sommes souvenus des répétitions chez elle, à Ville Mont-Royal Ma chère, des figurants pour les pageants catholicards du Père Clos sur le mont Royal— le cinéaste Melancon, accompagnateur de la toujours si belle Andrée Lachapelle, Amulette Garneau … je n’en finirais pas.
Je remarque qu’il y a des affinités —une amicalité totale—entre acteurs et metteurs en scène…Et moi, un auteur, dans ce maelström de bises et d’effusions, bien, il y a un certain mur. Un muret disons. Nous sommes de deux mondes. Eux, ils sont là « après coup » je dirais. Nous, les écrivains de l’ avant coup. Difficile à dire clairement. Une certaine gêne, en tous cas une distance. Je la sens toujours. Deux mondes amicaux, liés certes, mais différents. La solitude (pour pondre) chez nous, chez eux, les comédiens, la solidarité. Le clan. Que de cris fusent où j’entends : « nous sommes du même bateau, ensemble. » Je ne sens pas cette esprit de famille aux réunions d’écrivants.
Durant le repas, Hughette à sa table d’honneur devant les épais anciens murs de pierres et l’immense cheminée, avec des parents dont Jean-Louis Roux (sosie de Claude Ryan à présent !), son beau-frère, quelques bonnes surprises. Par exemple, Poirier et Faucher (avant le dessert) livrant un impromptu (à faux). Enguirlandage étonnant (signé Guitry). Ou madame Souplex, si énergique dans ses rondeurs, inspirée et tumultueuse, parodiant la tirade du nez (de Cyrano) en se servant, comme cible, du « grand âge » de la célébrée. C’est la franche rigolade dans toute la salle.
Avec gâteau et café, au vaste salon, concert de poésie, de chants, chacun y va de son refrain favori. Encore la rigolade.
2-
Comme c’est drôle ! La veille, samedi soir, nous étions encore dans le « Vieux », dans un étonnant et merveilleux site, le « Caveau », chez Georgio, rue Saint-Laurent au bord du vieux port. 25 ième anniversaire du mariage de ma fille, Éliane, avec son Marco. Un lieu envoûtant…sous voûtes, ex-cave de fourreurs ou de marchands de vin (?). Une immense cave hors du commun. Sorte de « catacombes » des premiers chrétiens ! Ambiance merveilleuse.
Clan des Barrière —dont la Mado, grand-mère de Marco, mon modèle de longévité, 93 ans !— au grand complet, clan jasminien réduit. Des amis très fidèles du couple fêté. Là aussi, petits « speechs » de circonstance, souvenirs, anecdotes fusaient, de l’un ou de l’autre. À la fin du repas, petit concert du « Harry James » de la famille, le benjamin Gabriel, trompettiste amateur. Après les excellents desserts, installation des trente invités dans une jolie salle attenante. Cela toujours sous des combles formidables faits de « pierres sèches » antiques, amusante et ironique séance visuelle faite d’images choisies d’albums de photos. Un montage et une projection sur grand écran, par « ordinateur », du même Gabriel. Vive émotion chez le bonhomme : ma fille, comme Marc, aura bientôt cinquante ans ! Oh la la ! Rien pour me rajeunir.
La vie file, file…
Nous étions une dizaine de curieux, vendredi soir à la cinémathèque-vidéothèque du boulevard de Maisonneuve, pour le visionnement de mon « Blues pour un homme averti » (1964). La bande-son affreusement mutilé, hélas. Les images en noir et blanc …parfois chevrotantes ! Un bon coup sur la tête pour moi. Je m’étais imaginé une dramatique sensationnelle, extraordinaire. Souvenir trompeur ! Mai non, ce « Blues.. » n’est pas sans grave défaut. J’avais trente trois ans et je maîtrisais mal les niveaux de langage. Aussi, pendant la projection, je me disais : faudrait que je ré-écrive ce texte un jour. Mais pour qui ? Trop tard. Je suis assez lucide pour constater le vieillissement de ce « Blue.. » qui fut publié chez « Parti-Pris », le gang enthousiaste à l’époque.
C’est instructif en diable ce déterrage de vieille pontes. Ça m’a rabaissé le caquet, je vous jure. Le jazz de Slide Hampton, lui, était toujours extra. Jacques Godin, malgré le son pourri, m’a montré encore son savoir-faire pour incarner un vieux « bomme » en quête d’un père mythique. Quelle présence !, comme on dit, il perce l’écran. Le « robineux » , Paul Hébert, émouvant dans sa nudité matérielle. Et toujours si juste ! Je me suis souvenu : un matin, très tôt, j’avais conduit mes petits-fils, rue de la Commune, pour qu’ils puissent observer les clochards. Ces derniers se débarbouillaient dans une fontaine publique sous la lumière matinale fauve. Leurs yeux incrédules, la découverte d’un monde de misère. J’avais cru bon qu’ils sachent le dénuement effrayant des laissés pour compte de notre société. Ils en étaient muets.
3-
Je repense à cette « Fin du monde », de Lagarce, au Théâtre Go. Ce malentendu funeste entre deux frères. L’un, que l’on devine artiste (joué par Denoncourt), malade gravement, qui revient chez lui après son bourlinguage et l’autre, modeste, serviable, resté dans la famille, ouvrier sans aucune vision autre que la « petite vie ». À la fin, le choc, le dialogue embarrassant, strident dans son non-dit, entre les deux frères.
Et Luc Picard qui me fait pleurer dans le noir.
J’ai pensé à mon frère, Raynald. Que je ne vois à peu près plus. Qui fut mon petit compagnon de jeux tant aimé, durant tant d’années. Qui mène une existence hors de ce monde du spectacle, des lettres. Nous sommes devenus peu à peu, nous aussi, deux blocs erratiques. Étrangers, hélas ! Nous dérivons chacun sur notre rive, séparés, « incommunicado ». Et cela me pèse. M’ennuie. Et je ne sais pas par quel bout…nous pourrions à nouveau être, redevenir, deux petits frères ou deux vieux frères.
La vie… merdre !
Pour combien d’entre nous, y a–t-il de ces gouffres niais, inévitables ?
Procès publics, enfin, au bord de l’Atlantique, un peu au sud. Ce cardinal bien con, à Boston. Law. Qui a tout fait pour cacher, déménager, taire la pédophilie de ces (« ses ») affreux malades ensoutanés. 130 enfants qu’on a massacré, qu’on a bousillé. Dans cette écœurante horde de vicieux, 70 curés, une vingtaine seulement font face à la justice maintenant. Les catholiques de Boston sont indignés par « les secrets » de leur Cardinal Law avec raison. Ils veulent qu’il démissionne de sa charge… vaticane. Tant de mensonges, de camouflage, d’échappatoire au lieu de faire face à la vérité. Ce complice, en robe rouge romaine, de l’horreur a suspendu huit de ses prêtres pour calmer la grogne. J’ai connu ces disciples de Jésus, jeune. Dans Villeray comme au collège des Sulpiciens. Qui n’a pas des cas à citer ? Plein d’anciens enfants pollués par ces prédateurs déboussolés, ces pédés tordus en soutanes, à Boston comme à Montréal, salis jadis, qui se taisent. On sait que la culpabilité retombe souvent sur eux, petites victimes. Ils se pensent les responsables de ces dérives infernales. Mystère psychologique bien connu.
Qu’ils se lèvent, qu’ils accusent, c’est le temps ou jamais avant que crèvent ces crapules à bénitiers, à scapulaires, qui osaient confesser les « fautes des autres » dans leurs armoires capitonnées et donner des absolutions et des pénitences, et jouer les bons pasteurs, les pieux conseillers en moralité. Ah les sépulcres blanchies ! Richard Hétu, de « La Presse » raconte que ce cardinal Law, au fond, obéissait à la consigne du Vatican, renouvelé il y a peu : « Que ces cas se règlent, loin de la justice normale, confidentiellement, entre membres du clergé ». Que la honte s’abatte au pus tôt sur ce cardinal de mes deux… !
4-
Marc Cassivi, samedi, écrit encore « les deux solitudes » Il parle du tragique d’avoir ignoré complètement le succès filmique de Falardeau avec son beau film : « 17 février, 1839 », portant sur nos formidables patriotes émérites, nos vrais et seuls démocrates, républicanistes, anti-monarchistes valeureux de cette époque. À ce torontois « Gala des Génies » ? « Ce film de Falardeau, on connaît pas ! » Ignorance crasse ? Je sais pas. Il n’y a pas deux solitudes, il y a deux nations. Deux peuples qui jouent à la bonne entente. En surface. Un seul prix pour « La femme qui boit », avec, en effet, l’excellente Lise Guilbault. C’est tout. Ce film sur les condamnés à mort d’ici :on en savait rien chez nos jurés « blokes » ! Bravo. Cela illustre le mur infranchissable qui s’est construit entre deux peuples, rayer à jamais de notre vocabulaire ce « deux solitudes » niais. Comme il faut rayer : la « conquête » quand on parle de 1760. C’est « la défaite » qu’il faut dire historiens niais !

Le jeudi 7 février2002

Le jeudi 7 février2002
1-
Soleil revenu par ici. Sorte de joie chaque fois évidemment. Reviens de voir mardi soir, à l’Espace Go, un fort bon spectacle.
« Juste la fin du monde » par Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Bernard (Pierre) et de Serge Denoncourt…qui joue aussi le héros de ce texte. Un jeune homme, la trentaine, revient chez lui après une absence de 10 ans. Malaise terrible. Pour la mère, la jeune sœur et surtout son frère cadet. Joué, ce dernier, de façon fantastique par Luc Picard. Quand c’est bon au théâtre il n’y a rien, aucun autre médium, pour égaler la joie, le plaisir éprouvé !
Après le spectacle longue et fertile jasette dans le boudoir du Go avec Monique Miller (amie d’Aile depuis sa « Madame Félix », à balafre, de « Montréal P.Q. » (de V.-L. B.), qu’a tant aimé réaliser ma chère Aile.
Monique joue (excellement) la maman du héros, déçue de cette longue absence mais toute polie, incapable de reproches, défaite, ravagée d’angoisse…Elle sent la mort…Car le héros est atteint d’une maladie mortelle (on imagine ce maudit Sida dont l’auteur allait être frappé. Il mourut peu après la rédaction de ce « Juste la fin… ». Il est venu l’annoncer. Il ne le fera pas, englué, enterré par le bavardage des siens ! Anne Dorval joue bien la belle-soeur empêtrée et embarassée et Julie McClemens brille en petite sœur ravagée d’inquiétude sur son sort à elle. Personne , ai fond, ne veut savoir pourquoi ce retour de l’ « Enfant prodigue ».
Au bar, un certain Philippe, m’offre le café et refuse que je le paie me disant : « Je suis si content de vous savoir ici, je vous admire beaucoup. » On en reste bouche bée. Je ne le questionne pas. Lit-il mes J.N » ? Me suivait-il à la radio pop ?
Ce Denoncourt que j’avais trop vite jugé un peu…frais (rencontré dans le hall du Quat-Sous pour « Je suis une mouette.. ») est très affable et, surprise, admet comme moi, avoir détesté le Pessoa-show. Il me dit : « C’était interdit de ne pas avoir aimé ! » Nous rigolons. Mais il est d’un abord très chaleureux ce Denoncourt ! Monique me dira : « Toi aussi tu l’as cru snob ? c’est à cause de sa timidité. Je lui dis : « Souvent les timides intimident ! »
2-
Je sors (ce matin) d’un drôle de rêve. Je suis dans une chambre miteuse d’un petit hôtel de Manhattan. Je dois me trouver un boulot. Je marche dans des rues étroites, sombres, encombrées de détritus. Tas de gravats le long de vieux murs de briques sales. Ruelles sinistres ici et là. Je débouche enfin sur Broadway ! Je vois l’écriteau. Magasins vétustes. Une enseigne : « Euron Works Display. » J’y entre. Il le faut, C’est comme prévu. Pour un job. Un petit bonhomme ridé, courbé, au gros nez en poire rouge, m’explique l’ouvrage. Une mezzanine de son magasin à déblayer de brocanteries inutiles. Il y en a jusqu’au plafond. Devoir vite faire place nette ! Afin que je puisse m’y installer dit-il. « Dépêchez-vous, le temps c’est de l’argent ». Mon rêve soudain change de phase. Me voici au même lieu, avec ma fille Éliane et mon gendre Marco. Je tente de les guider, mêmes rues et ruelles de New-York. Cependant, plus d’ombres louches, pas de ciel noir, soleil aveuglant cette fois. Le magasin de « vieilleries » est toujours là. Je raconte à mes jeunes mon job d’étalagiste bousculé. Ils sont inquiets. Je me réveille.
Oh grand Shakespeare…de quoi donc est fait un rêve ? Un cauchemar? Au réveil, je tente de dénouer les symboles. Un : hier, début de lecture de ce livre de Schmidt (?) sur un Adolph Hitler jeune aspirant-peintre à Vienne. J’ai abandonné vite, voyant une sorte de fausse histoire, je déteste « l’Histoire romancée ». Ces fabrications de dialogues faux surtout. Ça débute : si Hitler n’avait pas été refusé, jeune, à l’école des beaux-arts…Et voilà l’auteur inventant des scènes, des propos, les « dires » d’ un personnage… faux. Ah non ! Pas ma tasse de thé. Dans mon rêve…il y avait cette ambiance du jeune homme qui cherche un moyen de survivre tout comme ce Adolf de Schmidt jeune étudiant viennois, orphelin, mal pris, faisant un placard peint pour un boucher afin de survire… J’étais un homme démuni, perdu, en phase 1, dans ce « Works Display » de Manhattan.
Deux : il y a aussi du texte de mon livre à sortir bientôt : « Écrire ». J’y parle de ce métier d’étalagiste pratiqué, jeune sans avenir clair, cherchant à…survivre. Et quoi encore ? Évidemment, le fait d’avoir revu Manhattan saccagé par les kamikazes récemment à un reportage de RDI. Ainsi, un rêve se construit de matériaux divers, emmêlement bizarre, non. C’est un domaine, rêver, qui me captive. J’ai un peu lu là-dessus. Et je voudrais lire davantage.
2-
Hier, à l’heure de l’avant-soupe, une fois encore (comme « pour la fessée permise » ) chez moi, ici, les camions de TVA ! Antenne et satellite encore. Une fois de plus en « duplex » avec Bruneau du canal 10. Cette fois, on veut m’entendre polémiquer à propos du téléphone portable, le « cellulaire ». Aile qui a en horreur ceux qui parlotent à ces appareils pendant qu’ils conduisent leur véhicule, est ravie et souhaite —pour une fois— que je…fesse !
Ils montent de Montréal, viennent brancher micro, caméra, pour quoi…un cinq minutes à peine. Mystère ! Claude, le caméraman, dit : « Sont « séraphins » à TVA mais pour le monde des infos, ils veulent battre le dangereux Mongrain de TQS et dépensent sans compter! » Bon, bon. J’ai fessé disant : « Ceux qui conduisent téléphone au cou, donc distraits, sont des dangereux, ils fonctionnent avec « facultés affaiblies » comme pour l’alcool. Mon vis à vis, le « workalolic » reporter, Richard Desmarais, rétorque : « Claude ne roule plus en calèche, j’espère. Le « cellulaire », c’est le progrès. » Je réplique : « Le progrès j’en suis, bravo, mais faut le civiliser, le réglementer. » On roule en auto (progrès net) mais, en ville, à 50 km. Pas à 70 ou 100 km. Accord du Desmarais pour une réglementation là-dessus. Mon Dieu, moi, pour le « law and order », moi ? Tout récemment, quatre touristes québécois s’en allaient au soleil floridien et une automobiliste, téléphone au menton, frappe… Mort des retraités !
2-
Ce matin, sonnerie du téléphone —« On vous sonne et, comme laquais, nous accourons », Guitry. À 8h. Aile, réveillée, va décrocher. Offre de recherchiste pour, en studio à midi,
débattre la question « vieillards au volant », une plaie ! Quel piège ! Je ne suis plus jeune du tout. Je refuse. Crainte de passer pour le polémiqueur-de-service, disponible en tout temps. Un Spring-Jack surgissant ! Si on veut m’accorder une tribune régulière, ça oui. Mais sporadiquement, jouer le grogneur, non !Je refuse de descendre à Télémétropole. Oh ! À 9 h., l’animatrice Jocelyne Cazin, en personne au bout du fil ! Elle revient à la charge : « Vous êtes bon, je vous admire tant, venez… » Non, le vieux corbeau flatté n’ouvrira pas le bec !
3-
Fléau. La récupération ? 1972 : des rockers d’ici, « Offenbach », passent pour des crottés nocifs. Pas d’ouverture en salles respectables. Frustrations. Idée amusante : « si on allait faire nos bruitages musicaux à l’auguste Oratoire Saint-Joseph ? » Les pieux clercs de Sainte-Croix, pas fous, se disent : « Ouen, ça ferait parler de nous chez les jeunes bougalous ! Nos temples de piété sont si déserts. On accepte la provocation réfléchie.
Saint-Joseph du Mont-Royal, charpentier emblématique, va recevoir les jeunes drilles chevelus, barbus et bruyants ! Des « réacs » ces chers Offenback (?) ou bien prétention sauce « Bach », on exigea des curés complaisants une messe ancienne, en latin ! Il y a un mot pour ces manèges : Récupération ! Jerry Boulet est mort depuis. Le reste du groupe, ô nostalgie, retourne à « Saint-Joseph- priez-pour-nous » dimanche prochain !
Récupération d’adversaires. « Joins them if you can’t beat them ». Je me souviens, nous les « jeunes-gens en colère », les enragés de Parti-Pris, soudain aimable et faste invitation à aller cracher notre venin anti-élitiste, où ?… à la chic Université Laval. Récupération encore ! Me souvenir du grand savant Dansereau tout admiratif à un lancement.
Parenthèse pour Mémoire : Dansereau fut directeur du Jardin Botanique de New-York (!) et, au même moment, Wilfrid Pelletier était le directeur de leur orchestre symphonique au Metropolitan Opera de New-York également ! Mais oui, m’sieur le rapporteur Durham, nos gens sans histoire, sans esprit, ignares —les Québécois— sont très capables.
N’empêche ces antipodes soudain réunies, toujours le coup des dames-patronesses qui invitent à leur luxueux garden-party des saltimbanques —en 1950, les jeunes du TNM chez les Papachristidis millionnaires. C’est si inusité, si exotique, my dear, oser côtoyer des bohémiens-voyous ! Frissons dans les visons !
4-
Vu hier « Il parle avec les loups » Asile et moi comme envoûtés. Toujours le vieux rêve de l’éden perdu. Quel charmant documentaire de l’ONF sur ce gaillard, Réjean Pageau, en haut de Amos, qui a installé une « ferme » de loups, de cerfs, d’orignaux etc. Le naturalisme comme source de vraie vie. Illusions ? Sans doute. Aile et moi ravis, comme bienheureux de ce visionnement de gens qui vivent comme aux temps premiers de la colonisation…
Le grand bonheur de voir ça ! Ce film sur l’homme barbu, ventru, Pageau avec ses loups « désauvagisés » partiellement, c’est quoi ? Du Walt Dysney ? Oui, oui. Images bien romantiques si on veut, nous soupirons : ah allez vivre loin des villes, au bord d’un bois, loin de la cité, à l’abri des …hommes! Hon ! Ah ! Oh ! Voilà la vérité lâchée peut-être : nous fuir ? « Détestons-nous les uns les autres ». L’évangile des anarchos- ermites.
Beaucoup de ces sauvages (j’en ai rencontrés) sont des
a-sociaux. Ils sont des individualistes, égotistes même. Et c’es facile. Être social est moins pas facile ! J’en ai connu de ces sauvageonnes et de ces sauvageons —haineux, superbes prétentieux souvent, parfois réfugiés dans l’alcool à flot— qui n’avaient qu’une idée : « l’homme n’est qu’un loup pour l’homme. » Des jeunes se font démoraliser par ces sentences niaises.
C’est faux !
La plupart du temps, il y a dans le cœur de l’humain un sain et normal besoin d’aimer l’autre, d’apprivoiser l’autre, d’échanger avec l’autre. Le différent. Ainsi s’est écrit l’histoire de la femme et de l’homme : « autre » si différent. Hors des murailles de la misanthropie, on voit bien l’amour. Malmené ? Ça arrive. C’est une autre histoire.
« Un », rester « un », est plate. « Un » est solitaire. Ne s’épanouit guère. « Un » n’est que « semblable », narcisse lassé, miroir ennuyeux. Ce « même » est triste. De là peut-être l’adoption (étatsunienne ?) du terme « gay »pour nommer les « mêmes », les « semblables » réunis. Malgré eux si on croit comme je le crois qu’ il s’agit non pas de libre orientation mais de commande génétique. Pas plus qu’on choisit ses yeux bruns ou ses cheveux blonds.
Tendance sexualisée non choisie. Inscrite au fond des gênes. Une gaieté factice —avec défilé ostentatoire par réaction— des « mêmes », de ceux qui se tiennent ensemble —ghetto, village— vu l’antique et cruel rejet des « autres ».
L’animateur de télé, Daniel Pinard, avait-il raison d’opiner publiquement; « S’il y avait eu une pilule contre cette orientation (vers le même, le pareil, le semblable) je l’aurais prise ». On a reproché, beaucoup, cette franchise chez Pinard.
L’autre soir, aux « Franc-Tireurs » de T.Q., un membre d’un couple de deux homos approuvait Pinard. Répétait la même chose. On pense avec raison :trop difficile, la condition homosexuelle ? Sans doute.
Il y a autre chose, en creux. Une sorte de répulsion malgré l’attraction d’ordre génitale) oui, une répulsion à être deux « mêmes », deux « pareils », deux « semblables ».
La diversité semble une loi incrusté dans l’esprit des humains.
Fin de ma philo-du-dimanche comme mon père était potier- du-dimanche à partir d’un bonhomme qui apprivoise des loups.
Terminons : c’est magnifique ce petit paradis dans l’arrière-pays d’ Amos… mais personne ne veut quitter une once de ses conforts.
5-
On entend dire, les reportages commencent sur les J.,O. : « des perches chaudes ». En deux mots ! On parlait de celles du lac au pays des J.O. d’hiver. Nous disions « perchaudes ». Mystère ! Les truites meurent dans l’eau trop salée mais pas ces « perches chaudes » de l’Utah. Eaux mille fois (!) plus salées que l’océan. Notre surprise.
Émigration : en Angleterre, gazette d’à matin, inquiétude normale, on se questionne sur le mur entre nouveaux arrivants et indigènes. Désormais, obligation de passer un test auprès de émigrants après un certain temps de séjour. Hon ! Quoi ? Oui, vérifier si l’émigrant est déjà un peu, un tout petit peu…anglais. Test aux questions banales, faciles.
Faire cela au Québec et ce serait le tollé : « Sales racistes de Québécois va ! »
Ainsi, je lis qu’on payer mieux que certains nouveaux venus puissent mieux conserver langue d’origine, us, coutume, traditions…racines. L’entretien des ghettos ? Nuisance à l’intégration qui est pourtant indispensable à l’épanouissement des enfants des émigrants. Mais si nous parlons de nos racines à nous —à mieux arroser, de nos traditions —à mieux protéger, de nos us et coutumes, ce sera encore le tollé, le même : « Sales racistes de Québécois va ! »
Ce monde, hum, c’est cela le racisme inverti. Se mépriser. Tous les autres sont fascinants, nous autres, on vaut pas grand chose ! Oui, racisme inverti. À la mode dans les médias actuels. Exemple précis ? Dimanche, le « cahier livres » de La Presse :place à un Juif, à une Espagnole, à un Grec…(traduits chez des éditeurs parisiens). Espace à nos créateurs ? Le reste, des miettes. Racisme inverti.
6-
À Paris, Jospin (gauche) , muet, voit le retour d’exil doré (Shuller, père) d’un témoin important dans les affaires de favoritisme du temps de Chirac. Son silence ? Les mêmes sales horreurs, dégradantes en favoritisme « pot-de-vines » du temps de son cher Mittérand. Juppé (droite), inquiet du Shuller (trahi, c’est dramatique en diable, par son fils gâté-pourri), l’ouvre et gueule à Jospin (gauche) : « Vous remuez de la merde ! »
Oh, l’aveu candide ! Peut importe qui la brasse, il y a donc de la merde à remuer ? Elle est donc vraie. Venant d’où, mise là par qui ? La France, pays politique fascinant. La presse déchaînée. Des deux bords. Ici presse d’un seul bord. À droite toute !
7-
Nos théâtreux à l’Odéon de Paris en ce moment. Avec, un vieux truc efficace de Paul Berval en 1949, le mélange du joual avec le français pointu, l’accent de Paris. On riait au « Beu qui rit ».
Étudiants. Avec le Ducharme (« L’hiver de force ») même bonne vieille recette. La directrice du TNM, Pintal,, avoue, candide :
« À Montréal, on riait quand ça parlait parisien (est donc ridicule), là-bas, ils vont rire quand ça va parler en joual (est donc ridicule).
En tournée aussi (Pretit Odéon), cette Marie Brassard jouant un coiffeur homo qui fantasme en s’imaginant général d’armée. J’en ai parlé un renversant morceau de bravoure. Avec, en prime , masturbation sur scène. À Paris, ils vont apprécier l’audace. Performance , performance…ais-je un gueule de performer ? Qui, osera, la première, s’arracher de l’entrecuisse, sur scène, sa serviette sanitare et… la manger ! Craignez-rien, ca va venir ! C’est la bataille de l’insignifiant c’est à dire de l’exagéré, de l’outrancier. « Vous allez venir au théâtre ou bin on va dire pourquoi ! » Parfois je m’ennuie d’un bon Claudel comme celui vu à la si belle chapelle du vieux Séminaire : « L’annonce faite à Marie. Moi colonisée ? Non, il y a « Au cœur de la rose » de Pierre Perrault, au Rideau-Vert, le Lévesque à René-Homier Roy en fut sur le cul tant il a apprécié. Ira-t-on en tournée payée par notre argent public ?
8-
Rendez-vous d’importance pour moi : j’ai hâte à demain à 20 h., à la petite Salle Fernand-Séguin de la Cinémathéque québécoise. Aile me dit : « Je te préviens, un soir, nous étions trois à la cinémathèque pour voir un beau vieux documentaire sur Gabrielle Roy. » Eh ! Combien viendront voir, vendredi soir, demain, boulevard de Maisonneuve, mon « Blues pour un homme averti»? Une efficace réalisation de Paul Blouin, un ensemble de jazz, celui Slide Hampton (en 1964, on pouvait avoir du jazz de New-York pas cher !), mon héros si bien joué par Jacques Godin ?
J’y serai seul peut-être? Tant pis. J’ai aimé « mes » acteurs, je veux les revoir. J’espère que nous serons au moins cinq, Aile et moi et trois lecteurs de mes J.N. À demain soir donc ?

Le lundi 4 février2002

Le lundi 4 février2002
1-
Aile et moi allons à deux désormais à petit comptoir de cette école hôtelière au pied du Sommet Bleu. Ainsi, avec deux paniers, on peut plus rapidement y jeter les mets que l’on veut. Car , il y a comme une course aux deux tables de la petite salle. Certains gourmets sont endiablés et rapides! On rigole ! Le caissier m’a dit tantôt avoir remis mon « parchemin » aux feutres de couleurs pour profs et élèves. M’a dit que le prof visé avait apprécié … mon appréciation manuscrite. Ça ne tient pas à grand chose la reconnaissance et ça doit faire plaisir. Hélas pas de petits gâteaux tantôt. Mais bon, « tant mieux » me dit Aile. Danger de grossir !
Fameuse belle journée encore. Cher soleil de notre cœur ! Longue promenade dans l’anneau de neige tapée autour du lac. Seuls ! C’est lundi ! Un patineur, un skieur de fond dans les autres anneaux. La paix. J’écoute du « vieux » Michel Rivard. Nous avions beaucoup aimé ses chansons d’une prose… prosaïque amusante, d’un réalisme étonnant. Loin des effluves, des envolées poétiques des Vigneault, Léveillée et Cie. Un changement de ton dès 1980, qui vint à son heure.
Aile —je la laisse faire, -pas fou— a pris l’habitude, à chaque neige tombée, de sortir avec la pelle, de déblayer le petit sentier qui conduit à la terrasse ouest, de la débarrasser de sa neige, puis d’ouvrir le chemin qui descend vers la galerie d’en arrière, et puis l’escalier qui y conduit. Elle me revient les jours roses ! Je me dis que c’est excellent pour sa santé. Non ? Quoi ? Elle aime faire ça, c’est visible. Je me contente des petits trottoirs de bois qui conduisent au parking près de la rue. Allez à tous les balais les féministes enragées, c’est moi le plus féministe des mâles , je ne dis pas : » Voyons ma chérie, laisse-moi ça, c’est un ouvrage d’homme ». Pas vrai ?
« Méfiez-vous du grand amour/ qui se promène aux alentours/ dans des habits trop grands pour lui/ on sait pas son nom…/ laissez votre cœur à la maison… », c’est une bonne toune. Plus théâtreuse que moi, grand plaisir pour Aile que ce « Gala des masques » télédiffusé hier soir. Aille a travaillé longtemps comme réalisatrice avec actrices et acteurs et s’est vite prise de grande affection pour cette gente actante. Aussi, demain on ira voir Monique Miller dans une salle, je ne sais trop où. Quand c’est bon au théâtre, il n’y a rien pour battre cela. Si c’est ennuyeux…oh la la ! Rien de pire alors !
David, Laurent , Gabriel, les trois fils de mon installateur de « site », et des « J.N. », Marco, m’expédient des courriels affectueux. Me disant qu’ils s’ennuient de moi. Et moi donc. Depuis quelques années déjà, nous ne quittons guère Sainte-Adèle et je n’ai donc plus l’occasion d’aller luncher avec eux comme jadis. Chaud au cœur de savoir qu’ils ne m’oublient pas.
Gabriel, au Jour de l’An, m’a fait cadeau d’une gouache qui me mystifie encore : u n pic enneigé bizarre, en bas, trois têtes de garçons stylisées. Une image que j’aime, que je zieute souvent.
Georges-Hébert Germain m’assure par courriel qu’il a laissé ses restes de ma « Biographie » chez « Orbi productions », que je n’ai qu’ à y aller le prendre. Ce que je ferai demain « sur le chemin de la Miller » étant si curieux de visionner ce qu’ils ont rejetés.
Victor Hugo, un vieux cochon ? Ma lecture du Figaro consacré à Hugo. Il ne cesse de sauter les servantes à Guernesey et Jersey… malgré l’épouse, Adèle, qui veille d’un œil complaisant et sa maîtresse aussi, la Juliette installée en « copiste zélée » pas loin du domicile familial. Puis ce sera les prostituées tant dans son exil consenti qu’à Paris après son retour —dû au départ obligé après la Commune sanglante de 1871, de ce « Napoléon-le-Petit » qu’il avait férocement pamphlété. Le neveu de Napoléon déménageait en vitesse à Londres. Même vieux, un vrai bouc suractif ce sacré Hugo ! Trop plein de testostérone ? « Une nature exigeante », murmurait une tante inquiète en parlant d’un mari très « entreprenant » avec sa bonne !
2-
Ce matin, un goût de crêpes ! Nous descendons au « Petit chaudron ». Un régal, avec sirop d’érable… à flots ! Dans le « Nouvel Obs », éloges de ce « Ocean Eleven » (vu en français sur vidéo loué). Vrai que c’est un divertissement mené à un train d’enfer avec un Brad Pitt rigolo organisateur de vols dans trois casinos de Las Vegas. Scénario astucieux et vraiment amusant. En France, on y va souvent avec dithyrambes face aux américaineries. Cela date du temps de l’après-guerre quand, les nazis chassés enfin, il y eut, en France, pléthore de films « made in UA » et du soulagement mêlé de fascination. Jerry Lewis fut un héros là-bas. Woody Allen maintenant. Les « cocos » rouges sang traçaient des « US GO HOME » sur tous les murs mais, au fond des choses, « USA-movie » était bien-aimé !
Lu le chroniqueur Bourgault (J. de Mtl.) au « Petit Chaudron », le voilà tiraillé, assis au milieu des chaises maintenant ! Face au Palestiniens « colonisés » chez eux et aux Israéliens agressifs, il hésite, bafouille, renvoie les deux camps dos à dos. Il se dit inquiet sans plus ! Il a changé. Il vieillit ?
J’avance dans ce récit « Massoud l’Afghan »… et voilà que je lis dans ce « Nouvel Observateur » les détails effrayants du massacre d’une citadelle tenu par les Taliban (Taleb au singulier, je répète, Taliban au pluriel) , un ex-palais d’un grand « khan ». L’horreur totale. L’adversaire de ce fameux Massoud y est et au premier plan ! Saut dans le temps donc. Nostom, lui, n’a pas sauté devant un faux cameraman, un « kamikaze » venu soi-disant pour le questionner. Massoud aurait été très friand d’interview. Il a été puni « à mort » par son penchant.
Eh bien, oui j’ai pas mal tout su les article du « Nouvel Obs » sur ce célèbre sociologue décédé il y a peu, Pierre Bourdieu. Captivant parcours. Un article est révélateur. Cette rage, cette haine, ce farouche anti-tout avait été pensionnaire pauvre toute sa jeunesse. Le petit Pierre, venu du Béarn, interné dans un pensionnat, coupé de ses amis, de son monde pauvre en aurait attrapé cette méfiance, cette « jalousie », des riches, des intellos parisiens, des dominants. L’auteur dit « pas besoin d’être une Dolto pour comprendre les racines de la révolte du « sectaire » Bourdieu. En effet ! Maudit :l’enfance détermine donc un destin. Je le savais. Je le sais. Cela m’est donc encore une fois confirmé.
Des articles l’examinent sans pitié. Un cardinal, un gourou, un dominateur condamnant toutes les dominations : « en dehors de son église il n’y avait pas de salut », signe l’ un des journalistes. Oh ! D’autres « papiers » sont de ses zélotes, c’est évident. J’en arrive à écrire dans mon calepin de notes : « En somme, c’est : L’homme qui se prenait BOUR DIEU ! » Oh calembour, fiente des sots. J’ai honte mais enverrais-je à « Libération » de Paris (imité par « Voir ») mon mot ? Là, on aime ces jeux de mots pour placarder les titres.
3-
Revenir aux Mormons de l’Utah. C’est pas plus que 30,000 sectaires qui poursuivent la polygamie. Surtout dans les campagnes de l’Utah. À Salt Lake City, ses adeptes sont « un sur deux », 50% de la population. Mais les élus le sont, mormons, à 80 % Les bénévoles des Jeux qui s’amènent seraient gentils, aimables, polis et tout. Tourisme oblige ? Chantait, Desjardins : « Pas d’alcool, pas de tabac »… pas de café »… La caf.éine est un produit tabou ! Leur fondateur ( ce Smith aux 30 épouses) fut assassiné en Nouvelle-Angleterre et ce sera la fuite, la longue marche vers l’ouest avec le bonhomme Young, successeur du père-fondateur de cette église de J.-C. des saints des derniers jours ». L’Utah sera reconnu comme état officiel par Washington quand, justement, gourou Young annonçait la fin de la « poly-gaga-mie »… officiellement ! L’article continue et on lit : Comme partout, (Montréal en 1976 ?) il y a contracteurs maffieux, budget déjà crevé… et pots-de-vin terrible. Procès promis après les Jeux. Une commission Malouf à Salt Lake ?
N’en reste pas moins que « pas de café » vous me verrez pas là de sitôt !

Le samedi 2 février2002

Le samedi 2 février2002
Le voilà de retour, bien revenu, fendant, crispant, cet hiver que je n’aime pas. Installé ce matin avec JCCC (journaux, cafés, croissants, cigarettes), je dis à Aile : «On gèle maudit ! C’est le frette en règle ! » Jusqu’ici c’était bien. Je songe au sud…à cette plage de la Costa norte en République dominicaine. Il y a un an, exactement, nous volions vers ces plages, ce soleil en plein hiver, non, pas ce soleil (nous l’avons ici et bien radieux aujourd’hui) , cette chaleur. Mais… l’avion… Aile craint ce genre de véhicule, depuis toujours… depuis le 11 septembre, davantage encore.
Avec ce soleil resplendissant partout dans le ciel laurentien, impossible à midi et demi de ne pas aller marcher. Sur le lac, ici, la municipalité offre une longue ronde patinoire et un cercle de neige tapée autour du lac, pour les promeneurs. Aussi, une piste pour les …fondeurs (!). Le vent nous giffle. Il faut rabaisser sa capuche (Aile), sa tuque (moi). C’est cinglant. Des chiens fois, heureux courent devant la laisse tombée. De enfants ajustent leurs patins, assis sur des bancs. Atmosphère classique, tableaux de Cornélius Krieghoff.
Hier soir, cinéma-maison. Déjà on peut louer le récent Woody Allen. C’est fort amusant, rempli de répliques d’un drôle fantastique. « Le scorpion de jade » fait voir « l’acteur-Allen » vraiment, et non plus cette sorte « d’alter égo » devenu un peu lassant. Avec ce « Scorpion de jade » Woody Allen tient une bonne histoire, un scénario bien construit, et s’y jette avec un plaisir évident. Le voilà donc en enquêteur (sur les vols) d’une grosse compagnie d’assurances. Il serait un as, le meilleur. Mais… soudain —jouet innocent d’un hypnotiseur-bandit— ce sera lui le voleur…Oh que de rigolades ! Aile et moi très ravis de ce film se déroulant dans les années 1950 à New-York.
C’est fou, une ombre sur mon plaisir. Incapable d’oublier que ce talentueux cinéaste est, a été, un pornocrate quasi-pédophile. On sait cette histoire sinistre : les photos salaces prises avec sa grande fille adoptive et le scandale qui en résultait. C’est fou, je n’arriverai jamais à séparer l’ouvrage (de talent dans ce cas) d’un créateur d’avec sa vie. Ces faits accablants, m’empêche désormais d’admirer inconditionnellement l’auteur de tant de bons films.
Hier soir, après ce désopilant « Scorpion… », au lit, je veux poursuivre ma lecture de « Parfum de cèdre » de MacDonald et Aile me dit : « Finis d’abord ton « Massoud l’Afghan » et « Soie » aussi. On doit rendre ce deux livres bientôt à la biblio. Le « Parfum » , lui, est à nous. » Alors je quitte la campagne du Cap Breton et je retourne dans ce pays de déserts, de montagnes, de grottes, ce pays de malheur, décrit par le cinéaste-journaliste Chrisophe de Ponfilly. Il part, sac au dos, caméscope en bandoulière, rencontrer ce « chef de guerre » avant qu’il soit tué.
Ponfilly fait bien voir la pauvreté partout mais aussi une sorte de « comique involontaire » avec ces tirailleurs en réseaux qui luttent maintenant contre certains des leurs, les « fous de Dieu ».
Le taleb (talibans au singulier) n’est plus l’allié d’hier qui collaborait à chasser les intrus communistes. Il est devenu, aux yeux de Massoud et de ses troupes nordiques l’ennemi. Guerre civile ? Oui.
Cela se déroule en 1997, donc quatre ans avant le 11 septembre à Manhattan et cette « guerre aux terroristes » de W. Bush. Massoud n’y gagnera rien puisqu’il fut assassiné. Au moment où j’écris ceci, c’est la rencontre et l’auteur admire encore davantage ce démocrate afghan menacé, qui se terre comme va se terrer Ben Laden, l’exilé arabe venu joindre les fanatiques et devenir la figure emblématique de la pureté islamique, coranique. Je m’instruit. Un livre va mille fois plus loin qu’un reportage de télé bien entendu. Je suis là-bas, je vois tout, les détails d’une existence en une contrée dévastée où l’on rit encore, où l’ on se débat pour rire un peu, où l’on vit malgré la misère environnante, avec des restes avares. L’Afghan, dit Ponfilly, ressemble aux latins. Il aime bien rigoler, ricaner, se moquer des gens en place à Kaboul, capitale envahie par les forces obscurantistes, caricaturer ces fascistes anti-femmes, il est un individualiste, un amoureux de la vie qui voit grandir cette obscurité talibane répandue par des extrémistes farouches qui coupent des mains, qui fouettent, qui pendent qui interdisent radio, télé, musique…
J’ai fini par m’endormir le livre au fond des mains…La fatigue seulement… Salut Morphée !
2-
Il faut bien écouter, lire, les critiques. Faire confiance à qui ? Il y a tant de spectacles, de films, de livres ! Aile et moi s’il y a unanimité « pour » ou « contre » on décide d’y aller …ou non. Parfois, il y a mystère. Exemple : ce « Blast » au « Quat’Sous ». Paul Toutant à la SRC: « Une cochonnerie imbuvable, une violence gratuite, un spectacle assommant et vide. » Cela dans se mots à lui mas c’est clair, un navet à fuir. Et bang ! Sonia Sarfati, le lendemain, dans « La presse » juge que c’est un fameux de bon spectacle.
Eh ! Antipodes d’appréciation. Si on sait lire, on découvrir par le résumé de Sarfati qu’il s’agit d’une jeune femme assaillie dans une chambre de motel par deux « chiens ». Un bandit et puis un militaire. La femme : une proie, une victime innocente. Les deux hommes : deux bêtes immondes. Deux enragés, deux fous furieux. Ouen ! L’auteure, une britannique, se suicidera et n’écrira plus jamais donc. L’impression (preé-papiers, photos, extraits montrés) qui s’incruste : un autre crachat verbal, une violente dénonciation de la violence par…la violence !Sauce démago. Exhibitionnisme profitable. Cuisine aux hémoglobines alléchante. C’est fréquent. Crainte du sempiternel sensationnalisme. Suffit ! On ira pas.
Le journaliste Yves Boisvert a repris avec un fort bon talent la barre pour ces reportages sur des procès connus, au Canal D. Hier soir, avant « Le scorpion » si rigolo d’Allen, c’était l’évocation en images du fameux procès fait à Rozon. Le caïd de l’humour, gérant, manager de Trenet, fondateur d’un Musée de l’humour et d’une école, accusé d’agression sexuelle. Une toute jeune croupière, à l’hôtel resto d’Yvon Deschamps lors d’une fête des humoristes, s’avise d’aller rendre visite à la chambre de Rozon en fin de partie ! Déjà cela…Voilà que Rozon, fêtard normal, forcément éméché —on sort d’une fête arrosée— va peloter sa jeune visiteuse et l’inviter au lit. Il se débat et s’enfuit et…portera plainte à la police. L’émission a fait voir un sordide dérapage dans les médias. Une connivence ave le zèle loufoque de la loi police. Bon, en appel, Rozon obtiendra l’absolution de sa…gaillardise mâle. Il fallait bien illustrer que « connu pas connu » la police est la même pour tous. C’est faux. En effet, le plus souvent, une « notoriété » y goûte. C’est idiot, c’est ainsi. Je me souviens, voulant m’expliquer —petits-fils en retard pour l’école après un lunch à l’horaire mal calculé— à propos d’un « virage à gauche » interdit : « Monsieur Jasmin, je regrette, connu pas connu, j’ai pas à écouter vos explications ! » Une certaine agressivité. Le flic qui doit se dire : « Ces cons « connus », y pensent-y qui peuvent tout se permettre ? » Les enfants arrivèrent en retard à leur école, le policier prenant tout son temps pour rédiger sa contravention après être allé, lentement, vérifier sur son ordinateur…voir si ce « con connu » serait pas recherché par Interpol.
C’est la vie. J’avoue qu’il pourrait y avoir aussi des avantages. Un soir, à l’hôtel de Tadoussac, longue file et une hôtesse qui dit : « Venez monsieur Jasmin, suivez-moi je vais vous dénicher une table. » J’avais protesté et refusé l’inégalité, lui expliquant que je tenais à garder ma place dans la file…comme tout le monde. C’est juste pour dire… « juste pour rire »… les menottes passées à Rozon…une imbécillité judiciaire !
3-
Je jette un regard morne et glacial en ce samedi matin à un joyeux et bel encart publicitaire pour les « Jeux » à Salt Lake city. Ceux qui, comme Aile et moi, ont vu le reportage télévisé jeudi dernier sur les Mormons (80 % de la population de l’Utah) de « L’Église de Jésus-Christ des derniers saints des derniers jours » en garde un goût aigre. Cet appel festif général en une contrée contrôlée par de tels arriérés au masculinisme éhonté sonne faux en diable ! Comment allons-nous faire pour oublier qu’il y a là des enfants blessés gravement, endoctrinés lamentablement, des femmes transformées en « pondeuses effrénées », des cas de viols, d’abus sexuel, d’inceste, de naissances de malformés, le tout toléré, installé béatement au nom d’une religion d’aliénés mentaux religieux ? Comment ?
Une amie commune, célibataire pas endurcie, Marie-Josée, part lundi matin comme scripte officiel. Ce midi, au téléphone, petite cérémonie du « bon voyage à Salt Lake ». Aile lui dit : « Que je te vois pas te laisser ensorceler par un de ces loufoques machos ? » On rit pour pas pleurer des fois !
Ce film « Opération Cobra » (titre correct, adéquat) que je voulais aller voir ? Hum ! Critiques néfastes maintenant. On joue tout croche : mi-vérité, mi- fiction. Mensonges déguisés en vérités, saloperie ! Il y aurait « emberlificotage » du public. Personne ne saurait plus ce qui est improvisé et ce qui est arrangé en cours de tournage. Ce genre me pue au nez. Ainsi pour ce « Blair Project ». L’on vous dit : « on invente rien, tout est vrai ». Et, en vérité, tout est arrangé avec les gars des vues (ils sont trois à la réalisation, subventionné avec notre argent public encore). C’est tromper les spectateurs. C’est de la fausse représentation, Démagogique ! Comme c’est triste et malheureux de si jeunes cinéastes, déjà, en manipulateurs. J’avais bien entendu à la radio leurs bafouillages et leurs malaise vendredi en revenant du canal Vox de Vidéotron. Et quel exemple vicieux pour ces jeunes garçons entraînés dans cette fourberie !
Eh misère humaine !
4-
« Moulin rouge » est un film idiot. Quelques plans séduisent sur le plan scénographique, danses entraînantes sur musique pop et rock, chansons légères. Mais c’est une sinistre caricature du Paris de 1890. Une romance convenue d’un cucul fini avec Nicole Kidman et Ewan MacGregor. Voilà que ce film s’attire des éloges. Qu’aux USA il risque de devenir un fim-culte. C’est à s’arracher les cheveux…qui me restent. On se questionne Aile et moi. Sommes-nous des idiots ? Peut-être pas… C’est qu’à partir de l’imagerie célèbre de Toulouse-Lautrec, s’amenaient les gros clichés, les stéréotypes connus Moulin Rouge c’est un Paris tout faux, imaginaire. Un Moulin rouge bassement caricaturé. Faux comme de la…marde, je l’ai dis !
Dans « Time », des éloges. S’en foutre. Certains amerloques le visionnent 15 fois, 26 fois ! » « Fim de l’année » proclame « National Board Review » ! Mais, Dieu merci, « USA today » lui fiche : une « tite » étoile et demi ! Enfin, un peu de jugement !
Son cinéaste australien, Baz Luhrmann, en est fier et… dérouté. Il dit, mystère, s’être « laissé influencé par les comédies musicales de l’Inde ». Eh b’en ! Il prépare maintenant « sa » version de « La Bohème » sur Broadway. Seigneur ! Est-ce qu’il sait ce qu’il a fait ?
Le cabaret « historique » de Pigalle en est tout dévisagé et à jamais Lautrec se vire dans son tombeau… face à cette version filmique aux « folies bergères » américanisées.

Le vendredi 1er février2002

Le vendredi 1er février2002
1-
Grande excitation partout, les médias cherchent sans cesse de l’excitation ! Imaginez-vous donc il va tomber 7 pouces de neige ! Il en est tombé hier, jeudi, quelques centimètres seulement ! Une certaine déception…L’humain veut de l’action ou j’sais pas quoi…! D’où vient mon indifférence totale face à cette fausse agitation.? Déçus, hier soir, les animateurs radios et télés : « Demain, c’est demain (aujourd’hui quoi) que ça va tomber ! Sortez pelles et balais, citoyens ! Vous allez voir ça !… » Non mais… Il sera midi et…rien ne tombe ! Ah je ris…Ici en tous cas, pas un flocon ! Que cette faible lueur au ciel, cette pâleur hivernale au firmament ! Suspense niais ? C’est cela vivre en un pays confortable, faire partie du Groupe des 7, être riches ? Ailleurs, c’est une autre sorte de suspense : « Mangerons-nous un peu aujourd’hui ? » « Notre enfant va-t-il mourir aujourd’hui ? »
Hier soir, j’ai feuilleté un drôle de livre (reçu par la poste) écrit par Jocelyne Delage : « La vie de son papa ». Touchant mais trop long, trop méticuleux, l’ouvrage d’une recherchiste, Pointilleuse. Vain labeur hélas !
La pauvre fille fait imprimer tout, les potins les plus niais sortis de vieux « Radiomonde » des années 30, 40 etc. Un livre épais. Un livre inutile. Elle aurait dû éliminer les futilités (de toute carrière) résumer la vie de ce vaillant gastronome (un pionnier), dévoué aux intérêts de l’hôtellerie d’ici. Gérard Delage fut une sorte d’érudit sympa… Bien que je déteste les jeux de mot, les calembours (« la fiente des sots »).
Tout de même le personnage Gérard Delage —inventeur et animateur de « jeux questionnaires » longtemps aux débuts de la télé— sorte d’amusant et parfois fort brillant causeur à la faconde joviale, gourmet, amateur de bons vins, n’était pas banal. Né à Nominingue, collégien à Saint-Hyacinthe, étudiant en droit plus tard, il touchera à la radio, acteur en « radio savon roman », chez Robert Choquette et Cie, puis, animant, présidant même longtemps, la naissante « Union des artistes », il va se spécialiser dans les arts de la table !
Il est mort en 1991. Les photos de ce livre racontent mieux sa vie. Le texte trop touffu, trop rempli d’éphémérides sans signifiance importante, ne se lit pas bien. Pas du tout. Ce « florilège à Delage » est raté, il fera les délices des intimes, c’est tout. Une monographie familiale quoi. Hélas, je dirais, car il y a eu de ces trop rares hommes dans un Québec encore bien « habitant » qui aimaient la culture, aimait les arts, aimait (Delage) la bonne bouffe, les bons vins. Ils étaient un tout petit groupe, venaient « des gens du peuple » et, étonnamment, firent des mains et des pieds pour améliorer, ici, la qualité de vivre. Ce n’est pas rien dans un pays dominé au temps de Delage par le clergé qui craignait tant « les délices, les plaisirs »…. Delage aurait mérité une histoire, une vraie, captivante, pas ce lourd fatras, ce pavé de notices insignifiantes (à la lettre).
J’ai terminé le court roman « Le liseur » de Flinch. Un texte fort. Grand plaisir de lecture. Satisfaction totale. C’est rare. L’auteur raconte avec sensibilité l’existence du très jeune homme (15 ans) séduit par une « vieille » de 30 ans, j’en ai parlé. Il a honte de sa vieille maîtresse, une simple billettiste dans les trams de sa ville. Il l’évite, se cache d’elle, à la piscine publique. Ailleurs aussi. Cette « honte d’Hanna » l’habite comme une traîtrise lui fait mal. Or, elle va soudainement se sauver de son très jeune amant. Mystère. Des années plus tard, l’initié toujours comme envoûté par son amante, la revoit, dans une cour (il étudie le droit) en accusée lors d’un procès de gardiennes d’un camp nazi ! Il en sera perturbé. Je ne raconterai pas la suite. C’est excellent.
En cours de lecture, vu le sujet, me revient en mémoire…une traîtrise à moi. Anita G. Je l’aimais. Elle aussi. Nous nous plaisions. Elle étudiait la céramique elle aussi. C’était une enfant de la guerre. Émigrante si mignonne :beaux cheveux blonds, yeux… de cobalt ! Un soir de ciné-club, assis à ses côtés, je découvre, stupéfait, qu’Anita a un numéro tatoué sur son avant-bras ! Ma peur niaise. Je tournais le dos à…peut-être, une belle histoire d’amour. Bêtise adolescente ? Cette Anita avait-elle été la proie sexuelle des terribles SS ? J’avais dix huit ans ? Elle aussi. Je la fuyais. Trop de distance entre « le petit chanceux de Villeray » et cette jolie fille sortie miraculeusement de l’enfer nazi, de l’horreur…
Comme dans « Le liseur », une honte imbécile ! Je ne suis pas fier de moi sur cette histoire de 1949, pas du tout. Si honte que c’est la première fois que je la raconte par écrit. Mort, au « paradis promis », elle sera là, Anita G., elle me tournera le dos, avec raison, et moi, élu (?), j’aurai encore honte de ma peur et de mon mépris idiot. De ma fuite de tit-cul « canayen-frança ».
2-
Autre sujet de honte mais où, cette fois, je n’y suis pour rien. Hier soir, sur RDI. « Grand reportage » raconte les « mormons », ces arriérés mentaux d’une secte imbécile (60% de la population de l’Utah, 80% à Salt Lake City). Ces odieux polygames de l’Utah, au large de Salt Lake City, c’était à vomir. Ce Tom, par exemple, ses cinq jeunes femmes (épousées à 13 ou 14 ans !), pauvres victimes niaises d’un gros con fini. La trâlée d’enfants, innocents sacrifiés à ce genre de macho décadent.
Ah oui, à vomir. On regarde cela et les cheveux se dressent. En 2002 ? Au cœur des États-Unis ? On croit rêver ! Que fait l’autorité constituée. Rien. Réponse du documentaire : « Que voulez-vous, aucun juge n’est libre, presque tout le monde là-bas a des parents, des grands-parents, polygames, peut-on condamner sa propre famille? » Eh b’en oui ! Il faudrait mettre un cran d’arrêt définitif à ces « camps de lesbianisme sublimé » (mon verdict !), à cette secte dangereuse avec mariages consanguins, des rejetons infirmes, des mongols en quantité…Destin écœurant et involontaire pour ces enfants innocents. Pour une fois, on souhaiterait la police, le FBI, les troupes fédérales en Utah ! Il y aurait de la casse, c’est certain, de lourds dégâts au sein de ces clans de folie pure, mais ce serait la fin, le point final, à c es pratiques odieusement misogynes de ces dégénérés fabuleux.
Incroyable que les dirigeants des Jeux Olympiques acceptèrent de célébrer en une contrée de mâles malades sexuels ! Inacceptable. Cette riche, très riche, « église des derniers saints des derniers jours « (ouf !), fondée par un bonhomme Smith aux trente épouses (30 !) va profiter d’une visibilité grandiose et tenter ainsi de faire croire que « tout va bien » à Salt Lake City malgré l’eschatologique vision des mormons démoniaques (ils attendent pour bientôt la fin du monde et font des loufoques compilations généalogiques à cette fin !), malgré ces illuminés qui prêchent, répandent, pas trop féministes, qu’il faut revenir à Abraham, à Moïse, à Jésus, tous polygames bien entendu, ‘it’s in The Book’. Oui, Jésus en polygame à trâlée d’enfants (!) et Dieu? Lui aussi ! Yahvé, comme les autres mâles bestiaux de Salt Lake City, Dieu en pacha servi par des jeunes filles subjuguées, dominateur de misérables subornées.
L’émission a parlé de pédophilie, de viols, d’incestes, d’enfants battus et/ou abusés, et le reste de la racaille puritaine invertie !Un reportage accablant. Cela ne se passe pas en Afghanistan (où des suicidaires fanatisés espèrent le harem de vierges !) ou dans un pays aux confins du monde civilisé. C’est tout proche d’ici et en 2002 et, tous, bientôt, on va y aller voir avec les milliers de kodaks nous montrant les jeunes, chics et beaux athlètes de l’univers dans des arénas proprets, en cachant soigneusement cette misère totale, cette plaie ignoble de Salt Lake City !
Oh les tromperies irresponsables de la télé et des J.O. !
Oh mon Dieu !
À la toute fin, ce gros baveux de Tom, on nous le dit, il n’a pas su tricoter adroitement car il doit divorcer (en loi ) de chacune de ses fillettes abusées pour contracter (sauver la face) chaque une énième nouvelle union…eh b’en, il a reçu une peine de cinq ans de prison. Quoi ? Il a fraudé le B.S. ? Il devra payer 78,000 $ mais sa troupe des cinq « séparées » —à la caméra, elles se disaient comblées, épanouies, heureuses et… pas trop jalouses— reste unie et sous ses ordres.
3-
Vu chez Arcand les quatre femmes, emblématiques victimes du Crime organisé. Elles se scandalisent que (nous) l’État crache du notre argent public pour défendre ces commerçants de drogues, ces scélérats les motards (en Mercedes ?) criminalisés alors qu’elles reçoivent des pitances pour les séquelles des actes endurés lors d’attaque diverses. Le public, nombreux chez Arcand, apprenait la folie furieuse des lois : aveugles, sourdes et muettes. « Dura lex, sed lex » ?, oui « ça fait dur » Madame drapée aux yeux bandés à la balance égalitariste !
Ce soir-là, face à Martineau (qui a su mener son questionnaire solidement, il faut le souligner)un certain Claude Robinson. Dessinateur et scénariste d’un conte (« Robinson Curiosité ») pour animation.
Le barbu affirme —revenant avec promesses d’Hollywood euphorique— s’être fait voler toutes ses idées. Cela par ses ex-associés, promoteurs zélés, chez CINAR, la compagnie énorme qui nous suçait des fonds publics avec des « faux noms ». Robinson mène une lutte judiciaire seul sur son île de déception cruelle, démuni. Il espère un jour … quoi ? Recevoir le magot mérité ? Mais ce Cinar (coté à la Bourse) a fait une sorte de faillite, ses deux patrons, un couple, oui oui, furent congédiés (!) de leur propre firme vu qu’ils cachaient des profits dans des asiles bermudiens.
Les nouveaux doivent se dire, eux, innocents ! Eh ! Il y a aussi des jobs à garder, alors l’avocasserie gouvernementale (Procureurs de la Couronne !) se traîne les pieds. Le barbu est épuisé ! À suivre ? Hum…Les jobs, les jobs…
Je l’ai dit, je suis abonné à cette vieille revue nationaliste : « L’Action nationale » Cela se nommait jadis « L’Action française », en hommage à celle de France. De ce côté-là, catholicarde et conservatrice, on versa dans la xénophobie et le racisme virulent, le pape à Rome finit par l’interdire aux catholiques. Coup funeste, coup fatal. Changement de nom. En 2002, la revue est moderne désormais. On y lit des articles solides et, oui, modernes. Mon père, décrocheur du collège Sainte-Thérèse, y travailla comme petit commis, en face du théâtre cinéma Saint-Denis, vers 1920. L’abbé Groulx était « le » patron.
Vadeboncoeur —un nationaliste progressiste de gauche, il y en a plein et j’en suis— y signe un papier terrible illustrant comment les gouvernements désormais ne gouvernent plus. Les machines transnationales, avec ses complices le FMI et l’OMC, sont aux commandes partout en Occident, dit-il. La vérité, hélas ! Aucun élu, et tout le pouvoir ! En ce moment à New-York caucus des politiciens désarmés avec ces magnats financiers, à Porto Allegre, au même moment, grand caucus des sociaux-démocrates. Pas trop de police au Brésil. La police partout dans Manhattan, ah ! Comment ça se fait donc ? Le peule menacerait cette élite des non-élus réunie à New-York et aussi nos « valets élus » ?
4-
Je vais me mettre à la rédaction d’une lettre ouverte. Oui. Ma monomanie qui me reprend malgré le défouloir journal ? Bon. Contre qui Jasmin cette fois ? Je vais m’adresser au monde entier. Eh b’en, on vise haut, on voit grand ? Oui. Je vais écrire au nom de…Mahomet. D’Allah lui-même, ce « Allah ou Akbar» écœuré de ses fidèles fous furieux ! Une idée quoi. J’imaginerai un Mahomet absolument furieux contre… ses propres zélateurs ! Il va vraiment tempêter, fulminer, fustiger …ces « fous de lui ». Ce texte m’est venu en tête en visionnant ce terrible bon docudrame fait par des Français, à propos du « Vol 93 », l’avion détournée et « re-détournée » par quelques courageux passagers américains, le 11 septembre. Une histoire fatale, un récit horrible.
Reconnaissant, j’ai fabriqué un diplôme d’honneur aux feutres de couleurs pour les profs et élèves de l’école hôtelière d’ici. Un parchemin pour rire. C’est que ce « Paris Brest » était si bon…et les fruits de mer à la sauce je-sais-pas-quoi, et le foie de veau, et l’agneau, et le chocolat maison, et le reste, alouette ! Nous nous régalons et à prix modéré. Quelle veine d’avoir cette école à deux coins de rue !
Dans « Voir » Grenier nous apprend ceci : le comprimé d’ecstasy son coûte : 50 cents, prix de vente ? 40$ Ça c’est du profit chers « dealers » !
Je reviens —hier midi— de Vidéotron, rue Viger, canal VOX. Rencontre avec Serge Laprade qui, vétéran, revient au talk-show. Un autre. Moins que 15 minutes pour jaser sur mon dernier bouquin —illustré de photos que l’on fait voir à la caméra,. Ce « Je vous dis merci », Laprade semble l’avoir beaucoup aimé. Tribune téléphonique à la fin. Une dame me questionne « comment je fais pour avoir une si bonne philosophie de la vie. » Je reste embarrassé et ai répondu « Ma mère a su… ». Oui mais j’aurais dû répondre plutôt ceci : « Il faut s’estimer avant tout ». Un (ou une) jeune qui a une bonne estime de lui se conduira toujours « comme du monde ». Il ne va pas se droguer, ni rien. Il faut s’aimer pour pouvoir se tenir debout et ne pas se laisser enliser dans les conneries qui font « placebo » à l’insupportable mépris de soi-même. Tant d’enfants, élevés sans affection, —milieu riche ou pauvres— sont incapables, ne trouvent pas de raison, sont sans motivation, perdus, gâtés et abandonnés à eux-mêmes, bref, ne peuvent s’aimer. Socrate a parlé !
5-
Hier soir, vu « Un gars, une fille ». Encore l’ouvrage d’un obsédé sexuel, Guy Lepage et ses scripteurs nombreux ! À une heure où les enfants ne sont pas au dodo ! La SRC s’en contrefout ! Il n’y a plus de responsable nulle part. Dommage ! La « fille », bonne actrice, obligée de jouer l’obsédée sexuelle vendeuse de gadgets cochons, pénis de plastique, godemichés, vibrateurs, films de cul…Etc. C’est très triste. Débilitant. On en a, Asile et moi, une sorte de…haut le cœur. Rien de plus triste, de plus sinistre même que les pornographes. Connaissant un peu Lepage, un jeune homme cynique mais sain (en apparence), j’en arrive à croire qu’il se fait obsédé sexuel pour attirer la foule. Un salaud, démagogique auteur méprisant les téléspectateurs ? Ce serait pire encore, tiens, j’aime mieux croire qu’il est vraiment un pathologique obsédé.
À la fin d’Un gars… vol, vandalisme à la maison et bon, efficace et, hélas, bref sketch.
Avons regardé à ARTV « Le pélican » de Strindberg, traduction d’Adamov et adaptation (!) de René Dionne, musique de Léveillée, réalisation de Carrier. Une pièce aux bons ressorts dramatiques, à l’intrigue excitante mais…qui se cantonne dans un… surpace (?) énervant et vain. Serge Turgeon en vicieux exploiteur des femmes, fille ou mère, Gadouas Junior et Dorothée Berryman en enfants accablés par une mère avare et dénaturée, fort bien rendue par Marjolaine Hébert. Il manquait un…un je-ne-sais-quoi… Aile et moi, au générique de la fin, déçus.
J‘avais lu du Hervé Guibert. « À l’ami qui… » où le bavard pédé osait révéler que le célèbre Foucault (son ami) pratiquait des perversités sexuelles d’un masochisme scatologique défrisant ! Un tel cerveau si détraqué faisait réfléchir entre « jugement sain et intelligence froide ». Cela ne va pas du tout « de pair ». Hélas !
L’on publie « Le mausolée des amants’ un journal intime (Ah !) si j’ai bien compris. Pierre Thibeault, comme il croit nécessaire, recense son livre sans communiquer le moindrement de jugement…moral. C’est la mode actuelle et c’est la grand’ peur de passer pour moraliste. Une pitié. Il se laisse épouser par une Christine assez maso merci, lui flanquer son Sida, à ses deux gamins aussi…Thibault apprécie, semble-t-il, la sexualité crue, omniprésente. Une dimension de vie à sens unique quoi ! Il dit « morbide » mais « pas de complaisance ». Eh oui ! Dix ans après sa mort (du Sida) la Cristine toute dévouée (Mormonne, je dirais) s’autorise comme prévu à publier le…torchon : « Journal sur le mausolée ». Guibert : Zola le dégoûte (« L’œuvre ») et il se sent déshonoré de sa propre écriture. C’est fin, non ? Qui a envie de se plonger dans ce sinistre désarroi ? Pas moi. Tous les Thibault de cette terre littéraire déboussolée, oui.
Le même Thibault pose des questions utiles cette fois sur ce gala qui se prépare pour le mobde du livre. Quatre éditeurs reconnus a viennent de déclarer : non, gala vain et idiot ! Donnez, Ministre Diane Lemieux, cet argent du gala pour faire éditer davantage de nos manuscrits. Oh !
Le 23 avril, il y aurait 28 prix. Il y a plus de mille (1,000) livres à faire lire ! P. T. demande : « comment ? Lire 3 livres et demi par jour d’ici avril !» Donc, pas de crédibilité aucune pour ce gala des auteurs ? Eh ! Hélas, il termine par une basse allusion à Marie Laberge…Pourquoi donc ? Le succès enrage certains ! Curieux cette manie au Québec !
Éric Grenier (dans « Voir » toujours) jase sur le 12 millions de Coutu- pharmacien —et « magasinier général » de tous les coins de rue— offert généreusement pour faire avancer « la science des médicaments ». Un « juge et partie », demande Grenier ? Gros applaudissements du mécène…hum… désinteressé, en médias ! Avec justesse Grenier écrit que, face au 60 millions d’argent public, celui des contribuables, offert par la ministre Marois pour ce même bâtiment universitaire, c’est le silence compact. On fête pas la générosité des travailleurs taxés, du peuple. Belle connerie en effet !
Je vais lire sur « un chef de guerre », cette dénomination étrange. Sur le fameux Massouf, Afghanistan du nord, anti-soviétique envahisseur tué. Hâte de savoir s’il mérite tant l‘admiration de Bernard-Henri Lévy.
Marielle, ma quasi-jumelle, m’expédie une jolie carte pour me remercier de l’organisation de son anniversaire à la Piccola le 19 dernier. Aussi une lettre. Je lui ai rédigé aussitôt une réplique. Ma lettre mensuelle. Elle craint beaucoup avec ces « J.N » ici. Elle me dit : « Claude, fais bien attention, la vie privée … c’est privé. ». Wengne ! B’en oui…je le sais !
Entendu chez Bazzo sans Bazzo (est b’en souvent malade la brillante grande slaque, non ?) une entrevue avec trois cinéastes à propos d’un docudrame : « Le cobra magique » ou un titre du genre. C’est à « L’ex-centris », rue Saint-Laurent. Ils ont embrigadé une bande d’ados pour se faire la guerre. Du « paint-ball ». Mon petit-fils, Simon, en fut friand un temps. Il y alla deux ou trois fois. C’est cher ce camping sauvage et encadré à la fois . Et cela m’inquiétait. Or, l’un des trois gars affirme au micro de CBF-FM : « On a vite vu, constaté, comment l’obéissance, l’armée, l’encadrement organisé, (« notre scénario en somme » ) peut mener vite des jeunes au fascisme ! Ils perdent volontiers toute identité. Notre film illustre cela aussi même si nous savons bien que l’instinct, le besoin viscéral, de combattre, de batailler, est au coeur même du jeune mâle ! »
Oh oh ! Aïe ! Ma crainte est entière de nouveau. Je vais en jaser avec mon fils, le père de ce Simon. Vu, justement, hier soir, bout de film sur l’entraînement de jeunes cadets —qui iront en Afghanistan bientôt— de notre armée. Tous disaient candidement : « On a lâché nos études trop tôt. On avait pas d’avenir. Ça nous a fait un job quoi… » Les cris cons, les marches au pas, le masochisme accepté, les plus vieux en dominateurs gueulards, sadiques contentés, des jeunes automates, machines humaines décervelées, oui, hélas…Ce milieu en est donc resté à une sorte d’ esclavagisme bien puant. L’attirail vicieux de l’ obéissance aveugle…
Frissons chez Aile et moi devant le petit écran ! Gauche , droite, gauche…Une deux…Trois quatre…Quelles idioties navrantes, que de « caporal Lortie » aliénés, cinglés se font mâchouiller la cervelle… J’irai vite voir ce « Cobra… ». Et avec mon fils si je peux. Avant de partir civiliser les méchants Arabes intégristes ! Ce mot… intégriste…tiens ! J’ai peur.
Au coin de Bélanger et Saint-Denis, en face du Rivoli, il y avait un petit garçon de mon âge qui brillait dans ses études. Il fut admis comme moi, au Grasset des sévères Sulpiciens. Il est devenu un savant en matière de criminalité, je lis, mercredi matin, un savant « papier’» de ce Jean-Paul Brodeur. Il cause d’aide juridique…et de motards criminalisés. Il a grandi en science et en sagesse, c’est une sommité désormais. Hélas, il ne sait pas encore bien vulgariser ses études sérieuses. J’ai eu du mal à le suivre. C’était plus une simple flânerie aux vitrines du « Rivoli Sweet ».
Ça viendra tit-pit Brodeur, (tit-cul Jasmin, hon !) un jour, oui ?
À Brossard blâme sur des policiers qui ont laissé travailler des cameramen pendant qu’ils faisaient une besogne…descente dans…un bordel brossardien. On reproche aux agents d’avoir risqué que l’on voit bien les clients débauchés du lupanar !
Pis après ? Maudite justice tatillonne. Tu vas chez les putains…on peut les filmer prises à leurs pièges mercantiles…mais pas les clients ? Allons-donc…cette « légalité » à formulaires, à codes gonflés, à règlements variés, fait froid dans le dos.
Pas de machos bien mâles, caméra, stop ! Femmes bien mal prises car ceux qui n’aiment que les femmes-damnées, les pauvres salopes, caméra, oui, filmez ces prostituées, pas de gêne.
Certains ne respectent que la « femme-vierge ou la femme-maman », « la mère de mes petits », dit Kid Macho le con !
La femme-putain, ça c’est pour le plaisir, payée comptant, content ! On voit le jeu de ces braves clients. Kodak, arrière !
Si la femme est une truie, une cochonne, c’est la femme des joies physiques. La veille chanson chez les mâles tordus : t’as vu la danseuse à poil, ça c’est de la peau hein Farnand ? »
Reste qu’ à brutaliser un peu peut-être ? Qui, c’est pas Putain chic Nelly Arcand, call-girl snob pour enrager papa parti….pour messieurs délicats et fortunés !
Pas de kodak de ce côté huppé du monde ! Les exploitées volontaires… qui n’ont jamais mis les pieds en fac de lettres, elles, bienvenue les caméras…Épargnez les clients SVP. Policiers Linda DeLaplante et Pierre Bergeron, SVP, du monde respectable ces clients de motel louche ! 100 tomates la chienne, c’est pas des pinottes en partouze brossardienne , la paix à ces petits crésus en pantalonnade collective ! « Échange » de bons procédés, messieurs les avocats de ces vils maquereaux !Saviez pas ça ? Même le bozo lubrique ont droit à la discrétion. Société de droits, SVP. Ignominie !
Vive les caméras partout ? Si vous avez rien à cacher. Moi ? Rien. Honnêtement . Alors ? Quoi ? Quoi ? Je devrais avoir honte, gauchiste-à-la-Monique-Simard, caviar-et-fourrures, genre madame la féministe Cocue-Sartre-de-Bavoir. Car il faut te crier des « gros noms » si tu oses admettre dans nos rues (et nos motels) les caméras —cachées ou pas cachées. Le crack d’Attak, l’autre Jasmin, fulminerait…celui qui est à Porto Allegre en ce moment. Je l’entend gauchir à la radio, j’ai baissé mon Mozart opératique un peu… Ce Jasmin aurait honte de me lire ici, il dirait : mauvais gauchiste cousin de la fesse gauche !
M. Mignault du « Comité de déontologie policière », vous venez donc, en somme, de décréter : Partouzes à 100 dollars ou non, on verra plus rien à l’avenir dans nos quotidiens, braves citoyens encourageurs du vice ! Revenez à Bordel-Brossard-Motel-Ville ! On verra juste, c’est juste, seulement les belles guidounes, employées payées par des hommes invisibles . Amateurs de mamans-putains !
Eh bien moi, je dis :des caméras partout messieurs les hypocrites. La démocratie partout. Le génial ethnologue, anthropologue, le jésuite (si détesté par le Vatican qu’il l’expédiera en exil), Teillard de Chardin, lui, oui, lui, l’avait prédit : « Nous vivrons tous un jour dans des maisons de verre ».
Mettez-en même dans les bureaux des députés et des ministres qui se font offrir (hier, aujourd’hui demain, dans tous les partis) des valises avec des demi millions de piastres. Et qui n’appellent pas la police. Pas fous. On sait jamais si le fric venait à manquer, hein mon bon monsieur Royer, pas vrai sire Chevrotine joliettin ?
Déjà que plein de quidams qui s’en installent volontiers au-dessus de leur ordinateur. Petit œil crasse va ? La vie sera donc un reality-show, à Brossard, au petit motel-bordel, comme au Château Frontenac ? Eh oui ! Encore plus de kodaks à la cour-toute-neuve des bandits à Mom Boucher. Oui. Le peuple veut voir. Tout. Société fourbe qui dit « non à la caméra » pour pouvoir jouer en paix ses jeux de grands frustrés, de magouilleurs, de profiteurs.
Bon, voyons, du calme mon vieux, du calme. Bon. Je me tais.
Je m’emporte comme ça des fois, ne craignez rien…je sens de bonnes odeurs qui m’attendrissent et puis le ciel est tout noir à présent, et la neige se devine à peine sur le lac Rond…et j’ai faim…
On vit pas de caméras partout Monsieur Teillard de Chardin, pas vrai, vieux génie mort ?