Le dimanche 10 mars 2002

Le dimanche 10 mars 2002
1-
La peur. Après une nuit de bourrasques terribles, ce matin, vent fort et au début de cet après-midi, tempête brève mais énervante. L’électricité menacée ! Ça clignote ! Songe à éteindre l’ordi mais…ça passe. Hier, lu un courriel acidulé du fils Daniel qui se questionne quand j’ose refuser une promenade avec Aile pour continuer mes Journées Nettes, ici. Reproches forts ! Il a raison. Je regrette mon « assis sur chaise », ma défection. Promis de ne pas récidiver. Voici donc le fis qui joue au père du père ! Je me souviens d’avoir tenu ce rôle parfois auprès du mien. Sa surprise. Son sourire chaque fois. Je souris ! Mo n fils va jusqu’à me questionner : »pourquoi au fond ce journal. Une vanité u peu futile, non ? ? » Boum ! J’y réfléchis. J’aime le tenir, c’est certain, pourtant certains jours comme un… « devoir » (?) et de l’accablement.
Hier, stimulé par Buissonneau —vu, je l’ai mentionné, au lancement de « Debout les comiques » qui passait hier soir au Canal D, je l’ignorais— si enthousiaste pour les deux tomes de mon vieux journal (1987-88), j’ai lu (au lit) plus d’une centaine de pages sur 1988. J’y ai pris un plaisir fécond, revivant des éphémérides cocasses. Dont ce passage hilarant (fait cocasse oublié) quand mes petits-fils exigeaient que je passe la nuit chez eux,couchant avec leur gardienne, Lucille. On explique que c’est impossible, que nous ne sommes mari et épouse et ils s’écrient : « Qu’est ce que ça fait ça, c’est pas important ça, le lit de nos parents est grand ! » Je remémore l’incident à Aile et nous avons bien ri. Un des rôles du journal :faire rire ?
2-
Vendredi soir, belle brève visite de ma fille avec son Marco, ils revenaient du ski à Morin-Eights, pour mon cher Gabriel, le benjamin de la rue Chambord et son grand ami, Raphaël Drolet. Un jeune géant fort attachant, déluré, l’esprit en éveil, poli et curieux. J’amène ces deux ados à mon atelier-cave. Ils admirent un dessin gouaché du David À Marc À Bernard, venu séjourner ici à la mi-février. David et moi partions du même accident coloré, David me battait, faisant une meilleure réussite graphique. Ainsi le non-initié, libre de toute enseignement, peut battre un pro, par son audace. Je ferai encadrer sa ponte. Je veux les amener au four et à la glaise mais, vu un temps de verglacement (j’aime néologiser) les parents décident de vite, vite, renter à Ahuntsic. On a remis à Éliane deux plats préparés par l’École hôtelière. Pour son papa, qui m’a si bien donner à bien manger jadis, j’ai offert à Raphaël Drolet un petit graphique (vert, blanc, rouge) sur « Roma », « l’italianisant » compère en radio l’aimera-t-il ?
Achat du « Paris-Match » l’autre matin et bonne lecture de trois ou quatre articles bien torchés. Sur l’Amen, film de Costa-Gravas. Sur Israël et Palestiniens. Avec, comme toujours, des photos inédites. Après, feuilletant le dernier numéro de « L’Actualité », ça m’a paru bien pâle, peu excitant. Notre magazine « national » manque de…de quoi donc ? de nerfs ? C’est trop souvent mou, avec des sujets plats. Peu…québécois ? C’est cela. On sent qu’avec le boss de Toronto, la rédaction évite « l’enquébécoiserie » dynamique et solide ! Hélas ! Les contenus, trop souvent, offrent une sauce « pancanadienne » peu ragoûtante ! S’excuseront-ils en disant qu’ils ont des abonnés à Winnipeg et à Vancouver. Foutaise. Leur lectorat doit être du Québec à 90 %
3-
Martine Bédard (courriel) se cherche un …chantre pour sa famille, les Saint-Louis, fondeurs du Carré célèbre du même nom à Montréal. Elle veut mon aide. Quoi faire ? Pas le temps de rédiger des monographies de vieille famille ou…paroissiales. Ouvrages qui me plaisent bien pourtant, telle celle sur la famille-Jarry —et son parc dans Villeray— lu récemment.
Autre message d’appel à l’aide : de Jocelyn Bruneau qui installera un site qu’il veut baptiser non pas « Heart Attak » mais « Artattak ». Il veut m’installer, weebant (j’aime néologiser, vous disais-je), comme son tout premier « portrait d’artiste ». Il a adoré, dans le temps, mon feuilleton télévisé, « La petite patrie ». Il veut « piquer » (hon!) des photos de mon site. J’ai dis :oui.
Le jeune Cardin, lui, me remercie de nouveau pour mon soutien (pas bien fort pourtant vu mes ouvrages pressants) pour son projet d’écriture : son Ahuntsic natal en « petite patrie » bien à lui. J’ai tant souhaité, en 1975, un tas de récits publiés sur tous les quartiers de Montréal. Ça vient ?
Ma chère Aile toute fière hier soir quand je lui dis que l’agneau des « élèves en cuisine » ne peut être comparé au sien, si rose, si tendre, si juteux… La vérité. Elle en est comme emmiellée !
4-
Lu tantôt le cahier « Livres » dans « La (grosse) Presse », si maigre le jour du Seigneur ! Encore la « une » sans couverture des livres qui se font ici. Salmigondis, sauce cosmopolitaine à la mode. Platitudes « convenues ». Paraître « universaliste», n’est-ce pas ? Martel, vénérable fidèle des écrivains livres québécois, mis dans un petit coin, louange Gravel et sa modestie scripturaire avec raison. Il se faisant aussi l’écho de Suzanne Jacob dans son « Écrire » à elle, vantant en chorus les talents de véritable écrivain de Foglia. Comme il a raison. Martel dit que ce Foglia affirmant « aimer chroniquer sur rien surtout », chronique alors avec art. Vérité.
Si le jeune nouveau critique, Stanley Péan, continue de s’insérer « corps et âme » dans ses articles il deviendra le seul passionnant chroniqueur de livres. C’est le tort des Martel et Chartrand (Le Devoir) de rester en dehors d’eux-mêmes, de rédiger froidement, un « devoir » scolaire strict, parfois sur un ton professoral, glacial à l’occasion, en brave pion attentif, correcteur zélé, liseur comme anonyme. Le public d’un journal n’est pas celui d’une revue littéraire, il aime que ses « montreurs de talents » s’impliquent, se racontent un peu, laisse voir de leur …quoi donc ?, naturel. Feu Jean-Éthier Blais le faisait fréquemment et nous l’appréciions fort, peu importe ses louanges ou ses descentes.
5-
Éliane, ma fille, dans le portique l’autre soir, ici : « Mon amie t’a vu chez Lisa à Radio-Canada discutant « homoparentalité ». Elle m’a dit que tu étais bouche bée, muet, désarmé quand, soudain, un psy t’a sorti des études prouvant la non-dangerosité des parents homosexuels ! » J’en reste…bouche bée. J’avais rétorqué que peu importe les sondages —où les sondés peuvent mentir par rectitude attendue— il y avait ce témoignage livré tout frais, là, à deux pas de notre table ronde, de cette jeune Annick, fait en studio où elle a parlé courageusement de « sa honte » d’avoir une mère lesbienne, de ses mensonges obligés, de ses malaise à l’école, dans le quartier, de ses cachettes, de son silence. Il me semblait que le psy en question n’avait pas écouté (et compris) le désarroi terrible de ce témoin de chair et d’os à nos cotés !
Ce matin, Paul-Maurice Asselin exprime (mes chères « lettres ouvertes ») publiquement que « dans notre société si « distincte » il est essentiel de rester à l’avant-garde du changement pour le changement… » Ce Asselin jasait sur « mariage officiel de deux hommes ou de deux femmes ». En effet, tant de braves citoyens stupéfaits devant les caricatures, par besoin de mimétisme, mais bien silencieux de peur de sembler « ancien ». Crainte farouche de se faire cataloguer « rétro », « nostalgique », faut avoir l’air dans le vent, absolument moderne, en piétinant ses convictions s’il le faut. Le vent…
Et le vent les emportera, cher Rabelais !
Ainsi j’étais donc décontenancé, bouche bée ? Chacun peut interpréter subjectivement une attitude, une portion d’émission, le cours d’un débat. Rien à faire et je le sais depuis très longtemps. : « T’as été parfait ! T’as été en dessous de tout !
Au collège, le « tot sensus, tot capita », illustrait une règle de latin, cela illustre aussi que, oui, tant il y a de têtes (capita) , tant il y a d’opinons (sensus). Eh oui !
Je répète : »Un tableau de génie regardé par un crétin devient un tableau de crétin », et je répète pour m’amuser : Un tableau de crétin vu par un génie… Hum! Aux élèves des écoles où je suis invité parfois, je vais répétant aux jeunesses : « Tenez-vous avec plus brillants que vous, plus intelligents, mieux cultivé. C’est souvent un peu humiliant, fatigant aussi, mais vous en sortirez améliorés, grandis, stimulés par eux. Pas en vous collant aux gnochons, aux voyous « populaires » !
Silence dans la salle quand je fais ce sermon. On sait la « mise à part » du « bolé », la discrimination active face aux « brillants » dans un groupe, une classe, hélas !
6-
Aile, hier soir, avait loué « Legally blonde » en version française. Nous avions lu des louanges de cette comédie toute amerloque. Et nous avons bien rigolé. Récit pétaradant, fable comique. Un conte de fée « arrangé par le gars des vues ». L’héroïne, étudiante dans un collège californien pour futurs mannequins, avec « concentration » sur cosmétiques et modes, follement amoureuse d’un bel ambitieux qui la laisse tomber espérant une « blonde » à famille prestigieuse. Le beau « salaud’ file vers l’Est, vers Boston, vers l’école prestigieuse de l’université d’Harvard pour devenir avocat.
« Legally blonde » fonce alors dans une suite de séquences drolatiques. La belle poupée languissante abandonne son école de modes, fonce vers Harvard, réussit à y entrer, bûche comme diable, se retrouvera assistante d’un très célèbre plaideur…
Je ne vous en dis pas davantage. C’est comique et facile. Un de ce films à l’intrigue guère plausible — que d’amusants imbroglios— dans son intrigue mais un récit cocasse mené. Tambour battant. Un « happy end » savoureux, proclamant : « Une poupée Barbie a le droit d’être brillante, intuitive, humaine. » Et aussi : « Quand on est mue par l’amour, tout peut arriver. » La leçon finale :Une blondinette peut en cacher une autre. » Vraiment désopilant.
Le penseur grec Aristote aurait dit : « Le droit c’est la raison pure de passion. » Une prof de Harvard commente l’assertion millénaire et la minette de « Legally blonde » saura le contredire montrant qu’avec intuition, passion même, le droit…retrouve tous ses droits. J’ai songé un instant au bonhomme Trudeau pour qui c’était la règle de vie que cette « raison sans passion » et qui échoua complètement à vouloir détruire le patriotisme passionné des nôtres ! Samedi soir, un film de divertissement, si comique, me conduisait par accident à mon ennemi viscéral, le « raisonnable » pourfendeur du souhait normal d’une patrie normale , feu-Trudeau. Quel détour !
7-
À Londres, chez « The observer », Peter Beaumont, chef des nouvelles internationales en a plein son casque : « Plus moyen de critiquer Ariel Sharon, le va-t-en-guerre, et son gouvernement, sans nous faire accuser d’antisémite. » Il affirme que les attaques, plus nombreuses, contre des synagogues ou des cimetières juifs, partout en Europe, n’ont rien à voir avec la haine raciale mais sont le fait de jeunes émigrants arabes, mal intégrés, —et aussi mal acceptés par un racisme hypocrite en Europe, tient-il à souligner— qui s’ont une sorte d’écho de solidarité de l’Intifada palestinien. Heureusement, en Israël, de 80% de popularité, la cote du Sharon —prometteur de paix à son arrivée— est tombé à un peu moins de 50% maintenant !
Stéphane Laporte signe, très souvent, un très bon « portrait de société québécoise » dans « La presse. Quel don ! Ce matin, sa cabane à sucre immangeable, ses « oreilles de christ » qui le scandalise, enfant, et ses « pets de sœur » dont il ne veut rien savoir, tout le reste de son « Le bonheur est dans la tire… » illustre bien ses talents d’humoriste. Fort. Il est bon. Plaisir de le lire le plus souvent et je le lui ai déjà dit à la terrasse de « La Moulerie », rue Bernard, sa voisine. Difficile l’humour réussi —pas le lourd lot farcesque de pipi-caca-cul— essayez-vous, vous verrez bien.
8-
Si, comme moi, vous aimez les enfants, combien êtes-vous, depuis quelques années, à être étonnés, renversés, éberlués, vraiment choqués, consternés, du gros lot de pédés chez les curés et autres pasteurs ?
Le loustic : « Vite, le mariage permis pour eux à l’avenir. » Comme si cette tare, ce vice, cette effroyable maladie pouvait se guérir en prenant une épouse ! Cette homosexualité d’un ordre particulier, pervers, n’a rien à voir avec le mariage.
Voilà que ce matin —cerise pourrie de plus sur ce sundae exécrable— nous lisons dans les gazettes que l’évêque de Palm Beach, en Floride, a fait son ravage écœurant et, enfin, se fait dégommé. Trop tard ! Le mal est fait et il se faisait sous les apparence d’un doux, aimé et révéré bon pasteur des jeunes âmes ! L’exemplaire et pieux « monseigneur » O’Connell faisait donc partie intégrante du troupeau de brebis bien noires.
Sous couvert de charité, de belles paroles évangéliques, il est un autre haut gradé, drapé dans l’incarnat et la pourpre, crosse en l’air, mitre à rubans dorés au vent, soyeux gants violets aux mains —avec bague cabochonne luisant à embrasser à genoux— vicaire zélé de Rome qui se livrait à la corruption des jeunes. Gestes qui engendrent un déséquilibre pour la vie chez la plupart des jeunes victimes.
J’espère que des malheureux du Québec —tel, à 40 ans, ce Christopher Dixon (spolié à 13 ans)— même devenus adultes à cheveux gris, trouveront toujours le courage (en retard ou non) de dénoncer ces abuseurs —crapules en soutanes rouges ou en « clergyman » gris ou bleu poudre, en chandail mauve ou en jeans usagés, avec le crucifix au cou. Juste avant la nomination du rat O’Connell, il y eut le cochon Keith Symons, autre évêque pédéraste. Une lignée ! Vraiment ! Grossier acheteur de silence, complice dégeulasse, l’archevêché avait payé Dixon, à l’époque, 125,000 $
Le front de cette église catholique…qui installe ses pédés en satin moiré un après l’autre. Un autre abbé-à-petits-garçons, —nous en avons eu des paquets de cette vermine au Québec cléricaliste triomphant — John Geoghan, œuvrait à ses œuvres, pas bonnes, « basses ». A Boston, Il vient de prendre 10 ans de prison, lui. Bagatelle ! Il fera quoi, trois ans ? Moins ?
Il y a aussi d’autres coups de pied au cul à donner. Aux « rongeurs de balustre » aveuglés, aux « grenouilles de bénitier » complaisants, bedeaux candides, marguilliers écervelés, imaginez cela, ces braves paroissiens supplient l’O’Connell misérable de rester. Oui, oui ! Ils baissent les yeux : « Quoi ? Il faut-y pas pardonner les offenses ? C’est dans nos prières ! » Le « Palmbeachéen », Seamus Murtagh : « Quoi ? À tout péché miséricorde, non ? » C’est-y pas beau hein la charité chrétienne ? Aux portes de l’éternité, un Créateur décidera, lui, s’il y a lieu d’être miséricordieux, nom de dieux !
9-
Dies ira… poltergeist… neige incohérente, le lac soulevé de bourrasques, les murs vibrent, l’aluminium aussi, les vitres des fenêtres grondent, les chaises bougent, mon fleurdelisé tremble, le vent beugle et meugle…Apolcalypse now ! À la quasi-mi-mars ? Me mettre dans le ciboulot que l’ hiver n’est pas fini !
Gilles Derome, ex-réalisateur redevenu excellent potier à Laval, fait publier souvent, en lettres ouvertes, des…invectives ? Non. Des réflexions quasi philosophiques. C’est lui qui —jeune compagnon de l’atelier de céramique du 42 Avenue des Pins— m’excitait à une sorte de concours de « rapportage de livres » des bibliothèques publiques, de Montréal ou de Saint-Sulpice. Derome vu en boulimique liseur, cela m’encouragea à l’imiter. Bien m’en pris. Début février, mon Gilles y va d’un « Fanatismes », sorte de billet, à sa façon habituelle, ambigu. Son tableau dépeint W. Bush comme un nouvel Hitler. Rien de moins. Il s’aide dans sa démonstration des écrits de Béguin, Corti et Claude David. Pas vraiment cuistre mais volontiers étalagiste de ses lectures, mon Derome estime beaucoup les citations. Bush, valet servile du FMI, veut exterminer les vendeurs de pavot de l’Afghanistan avant tout, et, vite, y installer son pipe-line pour se défaire du joug des Arabes (?). Ce serait un politique qui va nous coûter cher mais qui nous rapportera gros à tous « nations chrétiennes ». Un fanatique selon Derome, que dire des kamikazes intégristes, fous d’Allah, cher Gilles ? « Ce Bush ressemble de plus en plus à Staline, le plus grand criminel de l’histoire », termine-t-il.
Mais Staline, si je me souviens bien, n’avait pas à rendre de compte à des électeurs. À personne. Le dictateur, « petit père des peuples soviétisés », n’avait pas à aller en élections libres, lui.
Ce Bush démonisé à l’excès me laisse perplexe un peu, Gilles.
Avant Bush, il y eut jadis Nixon. Élu, lui aussi. Les archives nationale des USA viennent de publier 500 heures de ses conversations de bureau. Oval, comme on sait. 1972. Tenez-vous. Nixon attaque des Juifs notoires, fait répandre des rumeurs sur Ted Kennedy, via sa zélée secrétaire car il l’attelle à la rédaction de lettre anonymes pour salir ce Ted encombrant. Ou à un journaliste désobéissant : des insultes grossières. Sous un faux nom. Devant un Henry Kissinger —énervé—, Nixon songe à la bombe atomique pour en finir avec les nationalistes du Vietnam. « Ce serait trop, lui dit Henry, il y aurait des victimes civiles ». Nixon répondit : « Je m’en fous. » Sur le fameux « agent orange » (utilisé e 1973) pour défolier les cachettes feuillus des « résistants » vietnamiens, Nixon ne veut rien savoir des « effets secondaires ». 30 ans plus tard, on vient de le révéler : le taux de dioxine (TCDD, ou tétrachlorodibenzo, un poison) est deux cent fois (200 !) supérieur au taux normal.
Qu’est-ce que mon ex-petit compagnon, Derome, écrira s’il tombe sur ce paquet-là ?
10-
Je juge la boxe une barbarie et , soudain, je m’intéresse à ce garçon de Sainte-Lucie, Éric Lucas. Il a battu Vinny Paz. Un gros morceau !C’est un champion. Me voilà oubliant que la boxe devrait être un sport banni, interdit complètement. Fou hein ? Chauvinisme maudit ? Oui. Le voilà donc co-proprio d’une « Cage aux sports » à Granby. C’est un début ? Le jeune Éric vient d’empocher 300,000$ juste pour ce combat contre Paz. Lucas, meilleur des super moyens (chez les mi-lourds ?), dit qu’il ne battra plus passé 40 ans. Plein de gérants, autour, l’encourage à continuer.
On veut le confronter à des Mitchell (association WBA), à Calzaghe (du WBO), à Ottke (du IBF). Il s’agit de diverses associations de combattants à gants de cuir, je suppose. Ses patrons chez « InterBox » ont intérêt à le voir grimper au pavois des pavois…
Et moi, je regarde aller le bonhomme de Sainte-Lucie, village laurentien voisin au nord-est de Sainte-Adèle, où je fus invité un jour pour une jolie et modeste fête littéraire. Me voilà donc tout fier, avec, comme à regret, au bout du compte, cette horreur de la boxe, une folie sadomaso. Je voudrais l’encourager, comme nos autres boxeurs, s’ils ne risquaient pas, tous, de se faire écrabouiller, et pour la vie, comme le pauvre infirme, Cassius Clay, alias Mohamed Ali… Au fait…dont je veux voir le film que l’on vante partout. Maudit voyeurisme, instinct de mort excité, qui nous rameute autour de ces arènes horribles. Spectacle inhumain. Ah je vous dis les contradictions des hommes, moi comme les autres. Ouais !
Marie-Claude Malboeuf (La Presse) fait souvent de bons reportages. La voilà inspectant enfants, profs et gardiens dans l’est de la ville. Son seul et final verdict : « les enfants se cherchent de l’affection…à l’école. Ils s’accrochent littéralement aux maîtresses. Une pitié. On lit les détails de son séjour et on comprend rapidement qu’il n’y a, au fond des choses, que cela :un besoin effarant de tendresse, d’affection. Un sentiment de petit être délaissé envahit corridors, classes et salles de récréation comme cantines. C’est terrible, non ?
Maman n’est plus à la maison. Me taire là-dessus. Les filles admises avec bon sens aux études supérieures, ne veulent pas rester à la maison pour faire cuire des beignets, laver des murs et tout le reste…et donner de l’affection au petit ou aux deux petits. Là, c’est la douleur ! Culpabilisées, elles ne savent plus comment réparer ce trou béant, ce ma, ce désespoir muet, qu’elle voient aussi bien que ces maîtresses d’école débordées.
Justice ! Si elles ont un diplôme, même modeste, elles veulent en profiter. L’État en est bien content de ces « deux au boulot », tu parles ! Plus de mazoune au fisc. Alors, on offre des dollars aux garderies et on promet d’en ouvrir d’autres. Beaucoup. Mais l’affection bordel ? Maman l’instruite reste bien mal en point, n’en doutons pas. Elle sait. Elle devine. Elle constate. Et lâchez-moi « la qualité » du temps de présence, cette farce ! Un enfant a besoin soudainement de tendresse, d’attention, de réconfort et cela ne se révèle pas « de telle heure à telle heure » .Elle a mal, cette mère partie de 8 h. à 18 h. Que les maîtresses n’en reviennent pas de ces abandons est une phrase creuse, elles aussi, souvent, ont des enfants ailleurs. C’est clair chez Malboeuf qui a tout vu :les petits sont en manque. Maman c’est de 18 h. et demi à 21 heures. Après, dodo, l’école demain.
Je voudrais juger sévèrement…. Moi qui a eu la chance, dans mon enfance, comme tant de ma génération d’avoir, chez moi, sans cesse, la présence… mais… Non ! Ep ! Me taire. Comment dire « rester donc avec vos petits ? » Si l’État voulait donner des sous, un vrai bon salaire, à ces filles qui veulent bien élever une famille…Ça changerait les choses ? Ne sais plus.
En tous cas, il y a dénatalité grave par dessus le marché, il y danger de vider le pays. On a les émigrants, sinon, ce serait une catastrophe nationale disent les démographes patentés. Alors ? C’est, les enfants, ben plus important qu’eau, électricité, forêts et tout le reste. C’est la ressource naturelle prioritaire. Essentielle. Vitale. Et on fait quoi ? 5$ par jour la place en garderie ? Oui, un salaire, un vrai, un bon et des femmes qui diraient : « Bien, c’est un métier à plein temps, je vais rester à la maison. Mon choix. Pas pour un ou deux, pour 4 ou 5 enfants, une famille qui compte vraiment, avec 4 ou 5 enfants ! Un salaire décent pour un métier délicat et vital, harassant et peu gratifiant souvent..
Ma fille, Éliane, diplômée d’université, capable d’avoir signé une série de télé pour enfants (« Les antipodes ») numéro deux après « Bobino » et ses stocks faciles de dessins animés, faisait ce choix. Ses trois garçons ne se sont jamais accrochés pathétiquement aux jupes des maîtresses. Elle était là pour l’affection normale. Je lui ai levé souvent mon chapeau !
Problème insoluble ? Reste une seule affligeante constatation : aux écoles, les enfants s’accrochent aux gardiennes, au gardiens, aux institutrices et quêtent ostensiblement un peu de tendresse. Pas du tout seulement apprendre le calcul ou la grammaire et cela n’est pas normal. C’est long, très long 10 heures (parfois un peu plus) dans l’école. Nous autres, au temps des mères « trop occupées pour travailler » selon Deschamps, tous les midis, il y avait sa soupe chaude, le repas chaud et surtout, surtout, sa présence. Maman écoutait nos chagrins, nos chicanes de cour, nos ambitions minimes, nos rêves et nos ambitions, nos projets dérisoires, notre simple papotage d’enfant. Ma mère était présente tous les midis ! Je lisais l’enquête de Malboeuf et j’avais mal. Très mal. C’est sordide. Quoi faire ?

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