Le mercredi 18 septembre 2002

1-
Allant à drogues —journaux, magazines et cibiches— je sens plein d’eau dans l’air. J’aime ça. Rivage maritime. Océan en vue ! Plus tard, ça se déverse. Aile chaque fois : »Clo ! Monte vite fermer les fenêtres de la chambre » ! J’ « haguis » ça ! J’y vais docilement. Avant le bain avec mousse (!) —Aile fait couler ce bain trop souvent— coup de fil de Delphis qui le solide compagnon de cette Ladouceur, initiatrice du concert-expo à Saint-Arsène, le lundi 14 octobre. « J’ai déniché un nouvel encadreur, un Italien habile, mécène consentant, c’est à Montréal-Nord. Apportez-lui, au plus tôt, votre paquet d’images. C’est réglé : votre expo sera installée dans l’entrée de l’église à Saint-Arsène. L’arrondissement fournit les cimaises-panneaux et les réflecteurs ».
Mon Delphis m’inquiète, il devra acheter les vitres ailleurs ! Où mettre les titres, les prix, l’ annonce du généreux donateur ? Il ignore la manière d’un vernissage….et le reste. Je me dis, nerveux, jamais plus de bénévolat. D’œuvre caritative. Trop d’amateurs. Je finis par me calmer mais je devine que l’ « affaire concert-expo » du 14 sera improvisée pas mal. Bof, tant pis ! On n’en meurt pas et puis je serai dans ma chère « petite patrie ».
J’espère que chez Graveline (l’éditeur) on aura fait les photos des 25 élus et que, mardi midi (après TOUS LES MATINS), je pourrai transborder le « paquet » chez cet encadreur. Une légère angoisse m’habite : peur d’oublier un rendez-vous. Beaulieu qui n’expédie plus les épreuves du tome 1 du journal ! Mystère lourd ! Coup de fil de Monique Miller hier soir : « Claude, ces textes pour le 1er octobre au Centre culturel Frontenac (« Mardi-Fugère »), c’est trop long paraît. Selon l’Uneq. Je coupe ou tu coupes » ? Je dis : « Je te laisse libre. J’ai confiance en toi, Monique ». Paresseux va ! Ce matin, lettre à mon frère Raynald, retraité et peintre à ses heures. Je lui demande un tableau sur un thème de « notre enfance dans ruelle ». Si mon cher cadet fait à mon goût, j’organiserai une édition d’ « Enfant de Villeray » illustré par lui. Car…
Car, hier, j’ai reçu un appel chaleureux, enthousiaste, de René, un pharmacien beauceron étonnant, amateur de beaux livres, qui a édité entre autres, un joli livre sur les dessins et les textes de ma chère Clémence Desrochers. Il veut absolument un texte et des dessins de moi. J’ai promis de trouver une « géniale » (!) idée pour sa petite maison artisanale. Il était tout content.
2-
L’illustre peintre Claude Monet aurait dit avant de mourir : « Je n’ai jamais rien vu de laid dans ma vie » ! Oh ! Ah ! Je le répète, c’est le regard qui change tout. Je le répète : « Un tableau génial regardé par un crétin devient un tableau de crétin ». Inversement, Renoir qui était « un œil de génie » (dixit Cézanne), embellissait donc tout ce qu’il voyait.
J’ai achevé trois bouquins. 1- Tout frais sorti des presses : « Les silences d’octobre », par Manon Leroux. Un brillant florilège commenté des événements de la Crise d’octobre. Ce fut une plongée captivante dans cette époque haletante, il y a 30 ans ! C’est clair ? Non. Le livre avance que Trudeau hésitait à envoyer ses soldats. Bourassa et Drapeau (en campagne électorale avec manipulation de la peur tel un W. Busch) exigeaient de Trudeau cette…invasion loufoque. Est-ce si vrai ? On disait que Lalonde, le bras droit de PET, se promenait chez Boubou et Drapeau avec la formule à signer. Il fallait, selon la loi, une raison pour ces Mesures de guerre. On a trouvé : « insurrection (ou révolution) appréhendée ». La farce. La rumeur organisée : « Lévesque, Pépin, Ryan et cie, songeaient sérieusement à prendre (un putch !) le pouvoir chancelant. La farce. Un bon livre chez « L’homme ».
2- J’ai terminé aussi « Mon Afrique » de la reporter (radio publique) Lucie Pagé. On tombe sur le cul., Tout son livre veut réhabiliter les Noirs. Mais…à la fin, deux chapitres démolissent son livre. Maria, sa nounou dévouée, Maria, sa cuisinière bien-aimée, Maria une domestique choyée, une Noire, s’avère être une voleuse sordide (les économies du couple) , aussi ( téléphones de Pagé sur écoute mystérieuse !) une espionne engagée dans une lutte clandestine contre Nelson Mendela, et ses troupes novatrices —amis intimes de l’indo-africain, Jay l’époux-ministre de Lucie Pagé.
Morale bizarre de « Mon Afrique » : On peut pas se fier aux Noirs. À aucun ? Pagé s’en allait revivre au u.bec avec ses enfants. Jay, le beau ministre —toujours absent du foyer— reste en Afrique-du-Sud. Sa mission passe avant les amours !
Incroyable cette grasse « bonniche » Noire, bien dégueulasse, qui étudiait « les explosifs pour boites aux lettres ». Ce sera évidemment la stupeur, la police alertée, la prison pour cette « brave et si bonne » Maria la vénérée « gardienne » (armée d’un revolver caché !) des trois enfants de la reporter. Et on ne saura rien, hélas, des résultats de l’enquête sur cette satanée Maria ! Et, avec cette fin « moliéresque » on ne saura rien, hélas, des résultats de l’enquête sur cette satanée Maria ! L’écriture de Pagé sombre souvent dans une inflation verbale scripturaire plutôt insoutenable et dans crises de larmes à répétition et dans les dépressions nerveuses. J’ai été néanmoins très captivé par son récit de vie (10 ans là-bas). On y lit des anecdotes édifiantes sur ce monde politique, aussi sur ce métier de pigiste fragile, jamais encouragé, traité par Radio-Canada (radio) comme « un chien pas de médaille ».
3-
J’ai terminé hier soir un récit de vie (10 ans à l’étranger encore) étonnant. « Prisonnier à Bangkok » (« L’Homme », éditeur) de Alain Olivier est un excellent suspense. Normand lester a guidé son auteur. 245 pages renversantes.
Un petit con venu de Drummondville part travailler —à planter des arbres— en Colombie-Britannique. Il se drogue. Jeune playboy inconscient, hédoniste à gogo sans cervelle, il va se lier avec un bonhomme de son séneau, Glen Barry. Un guide pour touristes amateurs de pêche au saumon. Ma surprise : le livre débute comme finit celui de Pagé : une trahison grave. Plus de trompeuse Maria mais un sale petit « indicateur » de la GRC. Le « bon ami » Barry concocte une « passe » avec des agents fous de la police monte (on sait qu’ils sont nombreux depuis ce que l’on a appris au Québec). .
C’est un récit qui fait dresser les cheveux sur la tête —Foglia l’a rencontré là-bas— d’abord un faux assassinat —organisé par la GRC— pour intimider ce jeune polytoxicomane (mot de Lester son préfacier), ce fragile et inconscient Alain Olivier.
Pour résumer : Olivier se retrouve en Thaïlande —où il a déjà pris des vacances de jeune cochon. « Jeunes thaïlandaises pas chérantes et drogues bon marché ». Foire de « tourisme sexuel » bien connue. Cette fois, la GRC l’accompagne. Il le sait, il dit qu’il fut forcé (ouen !). C’est qu’il y a eu promesses indigestes (argent et part de drogue) pour qu’il se fasse le complice d’une arrestation de trafiquants d’héroïne indigènes. On a souhaité du gros gibier à la GRC mais la GRC s’est acoquiné avec un petit malfrat sans envergure ! Incroyable ? C’est que « l’ami » Barry, le délateur rémunéré se devait de s’activer pour ne pas perdre son statut de « balance » bien payée. Barry a menti à la GRC. Des naifs, oh oui !
Ce « raid » de la RCMP tourne donc au fiasco derriè;re un cinéma de Bangkok. Bavure gigantesque : un agent « canayen », père de trois enfants, se fait tuer d’une balle dans le cou !
Embarras HÉNAURME pour la GRC. Bavure qu’il faudra camoufler et vite. Et notre Olivier de se retrouver en tôle « exotique ». Puantes pisses et merdes partout ! On est pas au chic motel de Port-Cartier ! Il va y rester dix ans (tiens, dix ans aussi, pour Lucie Pagé, madame-la-femme-d’un-ministre, dans sa geôle dorée africaine !).
Procès burlesque et condamnation à mort ! « Prisonnier à Bangkok », est une lecture instructive, elle narre le débat d’Olivier pour se faire rapatrier. On en apprend « des belles » sur l’aide —bien molle— de nos ambassadeur (guidés par la GRC) et aussi « des dégueulasses » sur les connivences partout en hauts-lieux à Ottawa. Aussi sur la CPP (Commission des plaintes du public), dirigée longtemps par un ex-commissaire …oui, de la GRC. C’est-y assez fort ?
Très inquiétant, citoyens !
Olivier, pas tuable, organise avec des satrapes-compagnons —qui encouragent l’achat des gardiens, la corruption totale— en sa prison malodorante des tripots, des loteries, des danses payantes à travestis. Ce jeune rastaquouère ne s’ennuie pas, son lecteur non plus, il faut le dire.
Morale de cette funeste aventure où la GRC l’a piégé, l’a carrément « incité à crime » : poursuite judiciaire de tout ce beau monde de « croches honorables » pour 27 millions de $ Can. L’omertà pégrieux de nos autorités —politiques, judiciaires et policières— sera-t-elle dénoncé au grand jour ? Je parie qu’il y aura encore réglement hors-cour. Un bon petit $ 5 millions et on efface l’ardoise, non ? Et ces merdes « nationales » —GRC, juges, enquêteurs pourris— vont continuer leur « beau travail ». On n’a guère de sympathie pour ce jeune gnochon mais il nous fait découvrir un « complot » injustifiable, « hors la loi » carrément, intolérable dans un pays (le Canada) moderne. Ce qui est révélé par ce jeune excité est un scandale profond.
Je suis fort inquiet de vivre ici.
Une malchance, un faux-pas, une erreur d’orientation, un manque d’instinct et le cabochon fera fasse aux magouilles infernales de la GRC, et si on veut se défendre, de cette CPP infâme, tous de mèche avec les puissants appuis politiques. Face à la mort même ! Dans le temps, quand on a découvert, après enquête publique (enfin), les dérapages très graves (bombes, vols, incendies) de la section « intelligence » de la RCMP-GRC, on a fait quoi ? Nous le savons :on a inventé tout simplement une nouvelle police (le SRSC) au-dessus de la corrompue. Ça venait de finir.
4-
J’ai commencé un petit livre (150 pages) « Une lueur d’espoir », signé M.-É. Nabe (Edit.du Rocher). Un texte lyrique sur le 11 septembre à Manhattan. L’auteur y est brillant, images fortes, symboles puissants, métaphores déroutantes, amalgames audacieuses solides, on dirait un poème échevelé. J’y reviendrai.
Vu hier soir à TV-5, « L’abolition ». Une longue dramatique pas très bien menée, mal montée, avec acteurs faibles parfois, mais au sujet absolument fascinant. Le héros de cette « longue nuit de délibérations intenses » est Victor Schoelcher —fils de potier devenu un industriel bourgeois. Schoelcher, autodidacte cultivé qui déclarera « « je fais encore des fautes d’orthographe !) s’est mué en farouche et lumineux militant anti-esclavagisme.
Bon portrait d’époque —1848, durant la « deuxième » révolution. (La trosième éclatera conte Napoléon-le-Neveu). 1848 : « la débarque » du loufoque roi « Philippe-Égalité ». Ce sera une « nuit » historique : on finit par s’entendre dans le cabinet —où il y a Musset en ministre, Lamartine en conjuré alcoo. La loi-décret est voté aux aurores ! Première mondiale : fin des servitudes « africaines » dans les colonies de la France. Un Dumas (« Les trois mousquetaires ») y viendra plaider, Hugo s’active, lui, sur les barricades. Et Balzac est introuvable. Fasciné, j’étais.
À RDI, hier, encore la pègre italienne de Neew-York. Redondances. « Pu’ capab » ! Clichés se débattent avec stéréotypes. Bonjour la zapette chérie ! Plus tôt à RDI : documentaire sur ce Unabomber fou et l’explosion meurtrière à Oklahoma. Sinistre rappel s’il en est. Ailleurs : « La paix avec les tribus à Montréal », « pu’capab » d’avaler ses saudites reconstitutions toujours bidon quand on a pas de gros moyens. Zapettage !
5-
« Les incontournables » , à TVA, première hier. « Pu’ cabab »…avec ces défilés vains, série de « plogues » à la chaîne « de tout et de rien » où on ne fait ni critiques (surtout pas hein !) ni commentaires un peu étoffés. Comme à « Ce soir » quoi ! Service public futile en diable ! Minets et minettes, tous à « parlure nasale » forte. Cette vaste tribu des « nez bouchés », est-ce une infection ? C’est contagieux en médias ? Insupportable !
Hier matin, le dentiste : « Non, non, pas d’arrachage, gardez vos rares dernières dents. Tant que vous pourrez ! » Bon. Compris. Comment les bien garder ? Maudite vieillesse ! Revenu, lettre-réponse à ma quasi-jumelle, Marielle. Petites nouvelles. Téléjournal de clan ! Je lui ai envoyé trois paires de « passes » pour ce concert et expo à Saint-Arsène, lundi le 14 à 20 h.
Horreur de nouveau : un bus bombardé à Tel Aviv ! Le sang des innocents. Hezbollah (non Ezbola comme j’ai mis) et Hamas versent dans la terreur. Aussitôt tanks de la Tsahal vers Ramallah, vers Arafat. « Nous allons le capturer et puis l’exporter », dit Israël. Faites ça et tout va empirer en Cisjordanie. Horrible cercle vicieux.
Le Tod me contacte. Regrette notre chamaille. Pas moi ! Ne m’en veut pas de l’avoir chicané raidement. Mon Daniel Marleau revient à la surface. Il a des misères de « pigiste » abusé, c’est classique non ? Hélas. Il cherche… « sa forme ».
Mon fils, pigiste, lance son quatrième jeu de société. Il touche du bois. Son « Bagou-2 » fonctionnera-t-il aussi bien que le premier ? Aile, alertée par ma fille Éliane, a vu Daniel à TVA mardi matin —pendant que je jaspinais, ou jasminait, à « Tous les matins ». Aile : « Ton Daniel est sérieux hein ? Grave même. C’était bien. Ils ont joué avec son « Bagou-2 ». Très bien. Mais comme il est sérieux ! »
Ah ! quoi dire ? Je le vois pas lucidement, moi. Aucune distance. C’est la loi-des-parents. Les enfants —même de 50 ans— sont les enfants.
6-
À T.Q. un faux défilé pour la « Fierté hétéro ». Un flop visuel lamentable. Si long. Pour rien. Mais l’entrevue avec Denise Bombardier, oh, excellente ! Elle n’a pas cessé, avec raison, de corriger —avec raison— le tir de ses questions au « baveux de service » le brillant —d’habitude— Martineau. Cette bombardeuse est d’une intelligence rare. Ses propos sur l’amour, parfaits ! En effet, la sexualité séparée des sentiments (elle a dit des émotions, mais bon), c’est de la grosse merde. Le chemin pour la névrose, parfois la psychose et la clinique d’enfermement. Je l’aime pour son bon sens. Aussi pour ses lumineux verdicts, souvent compétents, à propos de notre société québécoise. Et ses mutations à l’aveugle.
« Rumeurs ». Une première encore et encore « pu cabab… ». Ce remuement intempestif pour obtenir un ersatz de vitalité, du rythme artificiel. La caméra trépigne, s’agite en vain. Ce frétillage ne comble pas du tout des textes vides, la banalité des propos. Une mode. « Touche la poire, prend l’ananas et mouds le café… », non, non, non, cela n’est pas du mouvement, c’est de l’agitation facile. Assez Seigneur ! Démagogie ! Assez du mépris, le public est très capable d’écouter parler deux personne durant deux minutes. Calmez-vous le pompon les suiveurs de modes.
Chantal Renaud, la « meilleure » de Bernard Landry, chez « Arcand en direct » ose dire : « La politique est un univers de brutes ». Candidement. Oups ! « Bunker, c’est vrai ? « Je veille sur lui », dira-t-elle. On croit rêver. Anti-héros landry ? « On me paye des fortunes pour écrire sur des héros, je sais ce que c’est ». Qui connaît cette auteure sur-numérée ? Personne ! Encore ? « Je suis une vraie « Monica-la-mittraille »… sur la question nationale. Franchement ! Aile : « Hum, elle fait fabriquée ». Ouen. Je le crois aussi. En tous cas elle est bien mal équipée intellectuellement pour répondre à un questionneur acharné comme mon Paul. Elle vasouille parfois, a une articulation vaseuse et on la comprend mal. Un accent curieux, celui d’une exilée longtemps en France qui vous sort un « chriss » ou un « hostie » pour sembler être restée bien enracinée. « Pas clair de nœud », Chantal R.
7-
Mon « petit camarade » new-yorkais (!), le romancier Norman Mailer s’inquiète beaucoup pour l’avenir de la démocratie, chez lui, aux USA. Ce 11 septembre aura enclenché des restrictions partout. À Londres, Mailer a accordé une longue entrevue pour confesser ses appréhensions. « Nous frisons la barbarie culturelle », dit Mailer en parlant de la puissance étatsunienne dans le monde entier. « Deux credos se font face, dit-il, le rapport à Dieu (OU Allah), et le credo des succès technologiques ». Il avance que les Américains (ordinaires, pas ceux du Pentagone) aussi font face à ce dilemme actuellement. Vrai ? Moins inquiet que Mailer (qui vit là, lui), le révérend père Jean-François Revel, à Paris, publie — « L’obsession anti-américaine », Plon éditeur— qu’il faut nous méfier en détestant les Amerloques. C’est sa bonne vieille scie habituelle. Il dit que « France comme Angleterre » peuvent bien jouer les purs et les lucides critiques des USA, qu’ils ne sont que « des jaloux , des envieux », eux qui ont perdu —après la guerre de 1939-1945— leurs empires au profit de celui des USA ! Eh ben ! Du vrai là-dedans ?
Souvent fort amusant ce Laporte du dimanche dans La Presse. Son papier du 15 où il recommandait que Bush ou tout autre Président, Premier ministre, etc., qui souhaitent une guerre enfourche leur cuirasse, leur casque et leurs bottes et… aillent sur le champ de bataille. J’ai souri longtemps. J’imaginais W. , tout sali, rampant, grenade dans la gueule, dans un désert afghan ou dans un ravin proche de Bagdad. Chapeau Laporte !
Des compliments mérités pleuvent soudainement sur le Chrétien qui a osé parler (en Alberta ou à l’ONU) : « Richesse versus pauvreté, mal distribuées sur notre planète, engendre misères et conflits ». En effet, un Chrétien nouveau nous est né. « Ainsi, je serais pas surpris, dis-je à Aile admirative, que Chirac, sur la voie-de-sortie lui aussi, mue radicalement. Aile : En tous cas, tu sais que, inimaginable il y a peu de temps, j’aime et j’admire le premier ministre du Canada maintenant. » Moi itou, Aile, moi itou ! « Pourvou qué ça doure » !
8-
Le vieux Ozias Leduc bien mort voilà que des zélés « patrimoineux » souhaitent sanctifier l’art édifiant et franco-italianiste du bonhomme de Saint-Hilaire. Or, ces machins à religiosité sont de l’art minable de Saint-Sulpice bien souvent. Des chromos. Hon ! Cloclo, t’as pas honte ? Ça se dit pas. Quoi, quoi, le long temps qui passe ne me fera jamais prendre des vessies pour des lanternes, des chromos-à-dévotionnettes pour des chefs d’œuvre. Non, non. Les fresques d’église du contractuel Leduc…pouah ! Parler d’ « art sacré » pour ces barbouillages à sfumato calculé, bons pour flatter un clergé ignare, colonisé (en 1930) et soumis aux modes cléricalo-française héritées des années 1800, c’est trahir le sens des mots. J’aime beaucoup plusieurs tableaux du Leduc —peints chez lui, loin des églises— créateur merveilleux d’un art pré-impressionniste étonnant souvent.
À Montréal, 50 Chiliens exilés au Québec ont fêté un 11 septembre très oublié. Celui de 1973. Anniversaire sinistre du suicide de l’élu socialiste Allende quand les chars blindés du dictateur Pinochet l’encerclaient. Renversement largement commandité par Washington —via la CIA, qui serait mieux nommé la SPI-USA : »société protectrice des industriels étatsuniens ». Il y aura 40,000 disparus et morts sous le bon général protégé par les USA.
Mince événement, un 12 septembre, dans la Vieille Capitale : un demi-million de belles piastres (viande-à-chien !) pourrait être versées à la journaliste du « Soleil », Claudette Samson. La radio de Choi-fm et son animateur « fêlé » Jeff (!) Fillion devraient être jugés coupables cependant.
De quoi. ? De ces : « maudite folle », « pauvre conne », « tabarnak de chienne », « bitch imbécile », « mange-marde ». C’est le vocabulaire d’un craqué du cerveau. La journaliste Samson, après sondage (en mode vox-pop) concluait, imprimait et signait : « Les Québécois jugent que les USA se sont attirés leur propre malheur ». Quand ce dérangé de Jeff a lu l’article de Samson, il a pété les plombs. Ensuite, des courriels méchants envahissent son clavier. Le « crack-pote » attire les « crack-potes » ! Résultat : « grave détresse ». Allons ! Quel citoyen normal a pris au sérieux …le furieux ? Personne. Il ne s’agit pas d’une attaque. C’est du vent. C’est niais. Des propos de cette nature ne salissent que le déboussolé qui les utilisent, non ? « Bêtise, haine et injures », dit le papier de l’avocat de Samson. Le public est pris pour des demeurés ? Les gens normaux, « ordinaires », écoutent ces « sur-menés de la caboche » et rigolent. « Un fou », se disent-ils.
9-
Denis Vaugois, éditeur, réclame davantage de fric public pour achats de livres dans les biblios publiques. Lanctôt, un de mes éditeurs, le félicite mais insiste : « achat de livres d’ici seulement ». Oh, oh ! Je vois bien qu’on se procure beaucoup, beaucoup, de « best-sellers USA » ici à la biblio du village. Il y a demande. Les payeures de taxes ont droit à leurs choix. Hélas si on veut. C’est une dure loi démocratique.
Foglia, le 14, signe : « Moi, le sale con ». Bon. C’est noté. Foglia ajoute qu’étant anti-américain —ce qui ne plaira pas à ses patrons, Pratte et Roy, mais il est syndiqué jusqu’ »aux oreilles—, il accepte donc d’avance d’être taxé d’antisémite car, dit-il, on amalgame les deux. Il envoie paître les Revel, Lévy (B.-H.), Bruckner, Finkielkraut, Sorman et… toute l’ « archibagne » qui prend « pour » W.Bush et « contre » Al Quaïda. Surprenant manichéisme ? Foglia refuse de voir les USA poser des conditions à Sadam Hussein. Il parle deux fois des 4,500 enfants irakiens qui crèvent chaque mois à cause de l’embargo. « Des fois je suis anti-intellectuel », achève-t-il ? Non mais…Ça lui prend pas trop souvent. Une chance !
Un homme chanceux ? Morris Mayers, un israélite d’ici, a blanchi 44 millions $. Profit net : 2,3 millions de dollars Us ! Aussi :importation de 750 kilos de drogue. Pas grave ? Le juge Jean Falardeau cogne de son marteau : « Ce sera, svp, 775,000$ d’amende, mossieu Mayers ». Eh bin… On a vu sortir le Morris de la cour tout souriant, léger, chic, bienheureux sinon sanctifié, soulagé. Il a dit qu’il allait se recycler dans les bonnes œuvre à l’avenir. Personne n’a ri ? Relisons la fable du 18 ième siècle : « Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendrons blancs ou noirs ». Merci Jean de La Fontaine.
Un copain de M.M., Pierrot Amzallag, lui, avait choisi la prison au lieu de cracher un demi-million d’amende. Il a eu… six mois ! Voyons :faut détester vraiment la prison M. Mayers.
Jérémie en jérémiade (Dunn). Il veut comprendre. Une morue. 63 cents la livre. Au pêcheur ! Au magasin, à Monrial, c’est une piastre et trente neuf ! Donc 17 $ la morue ordinaire ! Grosse marge, dit Jérémie. Il en est scandalisé. Il y a l’usine (nettoyage ?), le grossiste (camion ?), l’épicier du marché IGA. Dunn finit : « Qu’on m’explique cet écart ! »
Mais oui le jérémieux. Et nous, pauvre romanciers ? C’est souvent, un roman, 20 tomates chez le libraire. Pas pour nos goussets. Minute ! Il y a l’imprimeur, le distributeur (camion), le libraire…Et l’éditeur, faut pas l’oublier. Le créateur (le sueur) a un 20 cennes par piastre, donc un petit « deux » par exemplaire à 20 tomates. Jérémie Dunn, c’est-y juste ?
10-
L’Allemagne a eu honte. Et pour cause. Les temps changent. 50 ans plus tard, on a besoin de sortir « toute la merde » de ces années noires. Là-bas, ça parle…ça parle des violés et des massacrés (par les soldats Russes) lors de la débâcle nazie. Ça parle de 125 millions d’Allemands chassés des pays de l’Est où ils vivaient. 300,000 Allemands se font tuer pour défendre la capitale, Berlin. Ont-ils le droit maintenant d’en parler ? De commémorer ces faits pénibes ? Les vieux, dit-on, se taisent. Des jeunes veulent de la lumière sur tout. Pas seulement sur les camps nazis. Le tabous doivent être secoués, disent-ils. Deux millions sont morts sur les routes en fuyant Berlin en flammes, mise à sac. Le romancier Gunter Grass, avec « La marche du crabe » a réveillé bien des misères mal enterrées. À suivre…
Le ciel se colore en mauve, du rose filandreux se glisse dans des écharpes de nuées grises, c’est beau le crépuscule, partout. Téléphone : la Francine me tint au courant pour son concert-expo du lundi 14, nerveuse, zélée. Ring, encore : ma fille me potine les derniers potins ! Ring…encore, c’est pour mon topo de mardi prochain…Ouf ! Aile : »Dans dix minutes, on soupe ! » Et il n’y aura pas de soupe ! Temps que je retourne à l’École des jeunes chefs ! Bon. On ferme ! On ferme ! Je ferme.…

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