En Inde, vandalisme québécois scandaleux

par Claude Jasmin
(écrivain, ex-critique d’art)

On lit et on n’en croit pas ses yeux! Un Québécois, devenu galériste à New-York et collectionneur d’art exotique, affirme  » qu’on revient toujours à ses racines « . C’est vrai. Justement, ce millionnaire de Manhattan fait annoncer qu’il organise ‹avec la permission de l’archevêque idiot des lieux‹ la démolition d’une partie du patrimoine religieux de Cochin, état de Kerala (en Inde).

Tenons-nous bien, Simard va expédier le tout dans son village natal! À Larouche au Saguenay-Lac Saint-Jean. L’antique église (St-Thomas Chuch) construite dans les années 1600, démolie en ce moment même, sera donc réinstallée et exhibée, dit Simard,  » pour les touristes haut de gamme « . L’enraciné de la place, le collectionneur de 50 tableaux du peintre-barbier Villeneuve ne donne pas le bon exemple à l’étranger!

Foin de l’enracinement ailleurs ? Des pauvres ? Claude Simard, new-yorkais d’adoption, profite donc de l’inconscience de cet idiot de prélat et aussi de l’ignorance des habitants de Cochin. Les prix déboursés ne sont pas encore connus. Cette entreprise, dérisoire (antiques monuments religieux de Cochin à Larouche! ) et honteuse à la fois, porte un nom : vandalisme.

L’UNESCO qui protège les sites patrimoniaux partout va réagir à temps ? Doutons-en. Claude Simard a avoué pourtant :  » Ça n’avait pas de bon sens ( ) la destruction d’un tel trésor architectural.  » Eh b’en quoi alors ? Au lieu d’alerter les autorités nationales en Inde, il sort son carnet de chèques, et est en train d’organiser l’exil de ces précieux trésors dans son village natal. Et tant pis pour les pauvres de Cochin, tant pis pour leur besoin ‹à eux aussi‹ de touristes visiteurs. Cette entreprise (avec, SVP, restaurateur d’art indien envoyé bientôt au Saguenay ) est d’une bêtise consommée. Elle illustre bien l’arrogance des millionnaires et si cela se tentait, pas loin d’ici, pour l’art maya ou aztèque, ce serait aussitôt dénonciation, scandale planétaire, et les polices.

On croyait ces pratiques désuètes, honteusement colonisatrices quand un jeune Malraux se faisait voleur de statuettes en ex-Indochine! Réjean Lévesque, le maire de Larouche, s’est dit tout content, candide fervent complice de ce vandalisme. Les commettants qui l’ont élu pourraient, un jour, avoir honte‹et devoir retourner les effets de ce vandalisme autorisé par ce misérable archevêque du Kerala. On pense à nos curés de jadis vendant aux Américains à prix vils des objets inestimables. À Cochin, le  » bargainer  » en soutane a déclaré, iconoclaste, vouloir  » construire du neuf  » avec l’argent du  » p’tit gars de Larouche « .

Imaginez les coûts si, un jour, un tribunal (d’un ordre international), décrétait que la petite ville de Larouche doit réinstaller  » en l’état  » cet héritage, là-bas à Cochin! Qui va défrayer l’énorme facture alors ? Il faut vite dénoncer le vandalisme éhonté du  » déménageur de temples  » ‹car d’autres sites en Inde sont la proie de Claude Simard‹ auprès du consul (à Montréal) et de l’ambassadeur (à Ottawa) de l’Inde. C’est très urgent.

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