Le jeudi 30 mai 2002

Le jeudi 30 mai 2002

Jours de pluie…
1-
Adieu mai ! Odeurs d’eau dehors. Nuit pluvieuse. Un matin annonciateur de pluies nouvelles. Je reviens de mon barbier, Lessard et frère, d’une coupe « rase-crâne ». Tondeuse utie anti-sueurs. Puis suis allé voir ma vieille tondeuse chez le brocanteur pas loin, rue Valiquette. À son chevet, le nouveau « Michel », des lieux, y travaille et me conseille de la garder ma vieille picouille. Bon.
Aile en beauté. Si heureuse. Neuf corbeilles sont suspendues autour des galeries, en avant et en arrière. Ses choix merveilleux. En plus :pots de géraniums et, à ma demande, un plant de tomates. Elle y allait avec truelle, pelle, terre noire, dans le parking, joie et bonheur pour elle ce rituel de fin mai. Ah 1 la voir remontant l’escalier d’en arrière avec ses chères fleurs ! Oui, le bonheur du printemps enfin, enfin, revenu.
De mon bord : plantation d’un joli sapin entre le bouleau et le haut chèvrefeuille pour nous cacher du voisin. Plantation de deux bosquets de chèvrefeuile pour camoufler la souche immense de cet érable pourri (à Giguère !) qu’on a fait abattre le printemps dernier. Maintenant on voit mieux le lac à gauche. Nouveau paysage. Hier soir, je sors ma lunette sur la galerie, téléscope pas cher ( l’aubaine de mon beauf, Albert), hélas, rien qu’une étoile au nord et pas bien luisante. J’espérais tant. Une vision…moi en mini Reeves épaté ! J’arrive à rien. Attendre un ciel vraiment étoilé !
Querelle : sculpture-fontaine de Riopelle que certains veulent sortir d’ Hochelaga pour la réinstaller au centre-ville. J’ai signé la pétition de Keable mais…cette patente bronzée ( déjà un peu sénile le Jean-Paul usé ?) un peu lourde, confuse, noironne ne m’ecite pas. Ne l’ai vu qu’en photo. Je voudrais la voir « en personne ». Si elle est si laide… je fesserai dessus. Les grands noms ne m’impressionnent pas. Avec une réputation bien établie, des artistes arrivent à faire passer tout. Du moins bon. Ce snobisme intimidant n’a aucune prise sur moi.
2-
Un navet. Ennuyant comme tout ce film (de Ruiz) loué : « Comédie de l’innocence ». Aile attirée par une Isabelle Huppert. Un conte à dormir …assis dans le salon. Erreur. Aile embarrassé. Je lui dis : « c’est ça ma peur quand tu veux me laisser choisir. » Comme lorsque tu m’expédies à l’École Bouffe. Crainte justement de me tromper. Navet, navet !
Ce film (d’après un roman italien) : que de « beauty shots », ouash ! Esthétisme décadent. Pas de travailleurs encore une fois dans ce conte endormant se déroulant en un milieu de professionnels riches. Tout tourne autour d’un enfant-roi capricieux, désolé, en manque d’amour (?), vivant dans un appartement luxueux avec un papa absent et une maman pas trop maternelle et un oncle, étrange psy.
Il va se sauver. À sa manière. Il va suivre une dame dans un jardin public, l’adopter comme… nouvelle maman. C’est une folle. Elle a perdu un garçon du même âge par noyade accidentelle. Camille devient donc ce Paul, l’enfant mort. La démente s’empare du gamin…
Bon, une histoire bonne en soi mais ce Ruiz en a fait une longue machine sans structure, sans ossature, sans épine dorsale. Suites de photos plates ! Tout le monde ne peut être un Bunuel ! Le récit tourne en un néo-boulevard insipide. À qui se fier ? Ainsi, des noms « de béton » disent « oui » à des histoires sinistres ? Ou bien…manque de talent (des réalisateurs) malgré le bon synopsis. Comme avec ce « Comédie… »
J’ai songé à l’asile des fous visionnant cette ineptie. À ce mystérieux cousin de papa, l’oncle inconnu surnommé « Bombarde » car il jouait de la guimbarde. J’en ai parlé dans « Enfant de Villeray ». La folie me fascinait. Devenir fou ? Le pus grand des malheurs, me disais-je à douze ans. Pus, il y eut une cousine (même famille) « qu’on a faite renfermée » comme disaient le peuple de ce temps. Cette expression m’était effarement : se faire renfermé ! Elle fut utilisée dans ce film de Ruiz. Tout s’éveillait alors, souvenirs de l’asile des fous :ma peur de voir surgir Bombarde chez moi. Ou l’autre, sa sœur, la fille de tante Evilna. Ce poète fameux, Nelligan, pourissant dans sa cellule. J’imaginais une conspiration. Autour de moi on moquait tant les poètes.
3-
Pourquoi donc ? D’où viennent certaines pensées, souvenirs, etc. J’ai pensé à Guy Dufresne, auteur mort depuis longtemps. Il avait signé une dramatique-télé formidable : « Les traitants ». Jean Dumas, le réalisateur de ces « Traitants » en fit un spectacle inoubliable. Ah ! Dumas, retraité, a signé, comme moi, un texte en hommage à Léo Jacques, ex-maire de L’Assomption.
Ensuite, j’ai songé au réalisateur Gilles Senécal, mort il y a peu, qui avait réalisé superbement « Les filles du Roy » (du même Dufresne ?). Je questionnerai l’ami Pierre-Jean là-dessus, il a été le compagnon d’une fille de ce Dufresne. C’est fini ces grands moments de la S.R.C. Comme c’est fini « La soirée du hockey », disent les gazettes d’aujourd’hui. « Tout s’en va… » Léo Ferré ?
Soudain, Aile sort en trombe. Des cris d’oiseau piquent sa curiosité. Elle ira jusqu’au rivage pour tenter de trouver la source de cette complainte bizarre. Revenue : « J’ai vu deux rats musqués, un gros et son petit, ils nageaient rapidement pas loin du rivage. Ces cris d’un oiseau ? J’ai pas pu le voir. Sur la grève, j’entendais clairement ce piaillage. Mais rien à voir. Mystère ! C’était là, dans la haie, je cherchais des yeux… et pas d’oiseau ! Curieux non ? L’oiseau invisible existe, c’est ce criard ! »
L’amie Françoise Faucher au téléphone. Elle accepte volontiers de parler avec moi dans un studio-Scully à Ville La Salle (jeudi ou vendredi prochain). Sujet : « Lectures de son enfance ». « J’ai encore ces « premiers » livres, Claude ! » La recherchiste Gagnon en sera heureuse pour son « Biblotheca Jeunesse ».
Je loge un appel sur le répondeur de J.-C. Germain qui veut un bref « polar » (une page de revue). Je lui dis que ça va venir, que je tiens une piste. Date-limite : le 15 de ce mois. Je dois trouver un bon sujet. Son magazine est de gauche. Comment relier « limier, bandit police et gauche » ?
Aile : « Menteur, tu n’as rien et tu lui dis que tu as … » Je m’explique : » Folie ? Vanité conne ? Un auteur ne va pas avouer à un camarade qu’il n’a pas une idée. » Elle rigole. Répète : « Menteur, saudit menteur ! » Elle…des fois. Aile… parfois …
4-
Le président du conseil (sous le maire Tremblay) est mon ex-camarade des parcs de la Ville, Marcel Parent. Je viens de demander à Faucher (de L’Actualté) de me donner des nouvelles de lui, via une entrevue. On sait jamais. Ce bonhomme était un moniteur de récréation dans Maisonneuve où j’allais faire peinturlurer ses petits. Il devint cadre plus tard. Il aimait les enfants, les enfants l’aimaient. Il aimait le théâtre. Il fut enrôlé par Buisonneau pour « La tour Eiffel qui tue » Marcel jouait, poudré de blanc, un vendeur itinérant, il répétait, son kiosque-cabaret en bandoulière : « Limonade, orangeade » en fixant la salle comme un dément perdu. Je l’ai perdu de vie… Il se fit élire député. Il devint ‘coach’, chef du caucus sous Bourassa. Le voilà donc en Président du Conseil, « boudeur exaspéré », dans toutes les gazettes du jour.
Manifestation hier dans nos rues. Le monde de la couture industrielle proteste. Mes sœurs furent exploitées en midinettes mal payées. Maintenant, l’on craint et l’exploitation, au sud, des travailleurs… et….qui nuisent aux emplois du « monde de la guenille » à Montréal. Situation complexe. On trouve donc toujours « pire que soi ». Les industriels désormais (merci mondialisation !) voyagent et dénichent (« cheap labor ») plus misérables que nos misérables relatifs ! Comme on dit : je pensais pas voir ça de mon vivant !
5-
Un magazine (L’Express) consacre un tas de pages à : « Le Québec veut des Français ! » Suis curieux de lire cela. Ceux qui ont lu « Je vous dis merci » savent tout ce que je dois à nos Français de France. Ils émigrent peu. On peut comprendre cela. La France est un pays étonnant, si varié, si fécond dans maints domaines. Vouloir devenir apatride, quand on vit dans ce fantastique pays, nécessite de graves raisons. Une certaine xénophobie (chez les fragiles comme toujours), mélangée à un certain complexe d’infériorité (pour des raisons connues) font que l’émigré de France devra faire face à certains problèmes. Il n’en reste pas moins que (la France) c’est une source parfaite, idéale, pour la lutte contre la dénatalité et contre les tentatives séculaires des francophobes pour nous diluer.
Quelle francophobie ? Bon. Lisez « The Gazette » of Montrial. L’affaire du « kirpan à l’école » fait de nous des fascistes dangereux, des intolérants enragés, des brutes nazies. Lisez « The Gazette » et vous verrez si la francophobie existe encore dans nos murs. Des éditos (La Presse et Le Devoir) se scandalisent avec raison de ces condamnations folles !
À L’École Bouffe hier : « pain de viande ! » Ma surprise ! Le bon vieux temps du « meat loaf » de nos enfances pauvres de retour ? J’ai pris aussi du chocolat —« cher »— cadeau pour cette Aile qui fait de si beaux bouquets de fleurs ! Moi le « malade » me contente du chocolat à 80 % chez l’épicier. Pas bien sucré mais…
Nuits chaudes enfin, donc dormir fenêtres ouvertes et le store aussi. Brise parfaite. Je regarde la nuit et je vois les lumières des maisons (condos) sur l’autre rive. Conte de Noël. Cartes de souhaits de l’enfance. Sous-Krieghoff. Paysages bien-aimés de jadis. Ces maisonnettes illuminés sur la colline d’en face comme celles posées au pied de l’arbre de Noël. Elles sont là, lucioles vives, veilleuses charmantes dans les collines, si vraies dans ma nuit. Et je m’endors comme un enfant la veille d’un Noël.
6-
J’ai vite abandonné un roman nouveau de Marie Auger, un pseudo pour Mario « ché-pas-qui ». Page vingt, je décrétais » Non mais… Quelle détestable fable aux péripéties inexistantes. Page 40 : Piétinement, redondances, bégayeur, haïssables jeu de mots. « Le ventre en tête » est une lourde et pénible logorrhée. Une salade de calembours pesants. Page :60, indigeste intrigue. Nulle. C’est répétitif. Aucune progression dramatique.
N’est pas Soucy qui veut (fantastique « La petite fille aux allumettes »). Aile débute dans ce « Ventre… » et me dit qu’elle aime bien. Quoi ? Ma peur ? Que nous soyons trop différents. Fou non ? Elle a droit à ses goûts, à ses auteurs favoris, à ses opinions. Oui fou : je voudrais l’unanimité toujours, que nous formions un couple parfait —niaiserie— avec les mêmes valeurs, critères, et les mêmes plaisirs et déplaisirs. Je rêve moi !
Journal : « On va geler, à Ottawa, 50 millions d’argent (public, le nôtre). Enquête sur pub et propagande avec retour (backshish ?) aux caisses du parti libéral. Cryogénie passagère !
Voici enfin un nouveau lien avec mon éditeur basdufleuvien . Je dois ré-expédier —par « envoyer vers…— les mois du journal à un nouveau (nouvelle) adjoint (e). Gros tas de mots à réviser. Ai prévenu : laissez-moi mes néologismes, aussi mes erreurs (dates, noms etc.) car, à d’autres entrées, je corrige moi-même ! Eh ! Labeur dur !
Encore une bombe hier, À Tel-Aviv. Oh Dieu, Yaveh, Allah ! Bousillage de vies innocentes versus mission sacrée chez des enfants palestiniens fanatisés. Rien à faire. Mille chars de la Tsahal n’y pourront jamais rien. Hélas ! Le pacifistes des deux camps mis à mal ! L’horreur sans nom !
J’ai lu des novelles de Marquez hier,. Grand plaisir pour moi qui n’avait guère apprécié son célèbre « Cent ans de solitude ».
Gabriel-Garcia Marquez, avec ces nouvelles (« L’incroyable…) brosse des personnages, des lieux, des fables qui sortent d’un pays pauvre de la mer Caraïbe où la misère court les rues de villages désertiques perdus.
Un monde « ancien » ? Ses souvenirs « arrangés » de son jeune âge ? Je sais pas. Je ne sais trop. Un panorama insolite. Fillettes prostituées, généraux bouffons —j’avais beaucoup aimé son « Patriarche… »— sorciers, guérisseurs infâmes, homme-oiseau, ou ange tombé, maquerelle redoutable, milices effrayantes.
Et puis, sur toute cette plèbe, autour de ces gueuses et gueux, des descriptions étonnantes avec des phrases audacieuses, percutantes, d’une imagerie troublante. Fort écrivain. Et qui m’a donné l’envie —c’est cela aussi lire pour un auteur— de me garrocher illico dans cette sorte de récits fous où je pourrais sublimer, moi aussi, mes souvenirs en fable folles, délirantes.
Est-ce que je pourrais. Hum ! Silence là-dessus. Je dis « oui » mais…
7-
Je palpe un Trevor Ferguson qu’Aile m’a rapporté —bon chien, oh, si elle lisait cela !— de la biblio du coin. Je veux le connaître. Un anglo de Montréal, ex-chauffeur de taxi, j’aime les autodidactes. Doué dit-on partout, et qui a connu, enfin, un succès tardif. J’ai lu dix pages. Histoire au fin fond du grand nord. Je crois que ça me conviendra. Un jeune orphelin candide s’amène dans un camp de grossiers travailleurs du rail. Un job de « time keeper ». Un couque (cook) bizarre. Un chef de chantier curieux. Un chien-loup mauvais. Oui, je vais m’y plonger. On verra bien.
J’ai donc achevé le Hervé G. Son misérable « Mausolée.. » Une fin affreuse. Voyez comme on …dansait ! Difficile à supporter toute cette chasse à fellations…ces « traces de merde sur le drap »…(sic), la coprophagie implicite, la pédophilie tacite, la porno infantile admise (page 341), cette petite Louise qu’il doit garder (!), l’amant, T. qui le trompe, qui est l’époux de C., la mère de Louise, et ce mari bi-sexuel volage.
« Il me lèche l’anus », précise et insiste le Guibert et on voit les voyeurs compulsifs qui vont accourir. Misère humaine ! On a mal au cœur ? Oui. On continue dans cette merde (à la lettre), car, soudain, de brefs portraits —d’inconnus qui passent— brossés avec art. Soudain, en quatre lignes une vision bien définie : un talent évident. Ses parents —contentieux amer et flou sur eux— lui avouent « tout ramasser sur lui, pour revendre tout cela un de ces jour ! » Oh ! Soudain, l’Hervé —qui vomit, qui chie partout, à bout de souffle, qui supporte mal la médicamentation anti-sida— assiste à une messe en plein air ! Et il en est troublé. Soudain, il a un chapelet aux doigts … C’est Verlaine, sorti de prison, avec son chapelet, s’agenouillant devant son Rimbaud en route pour l’exil.
Du journal sans aucune entrée claire. Quinze années d’une vie de patachon obsédé de sexualité inverti, jeune bourgeois (venu de La Rochelle) parisianisé, englué dans son vice. Deux tantes riches qu’il visite, de vraies tantes, une à l’agonie. Séjour à Villa Médicis —pour ses dessins, ses photos ?— chicane chez Lindon-Minuit (trois ans), querelle chez Gallimard, (cinq ans). Guibert passant chez Pivot, Guibert heureux d’être reconnu dans la rue. À la fin, Guibert crevant, chauve, titubant vers sa mort. Lecture bien triste. Content d’en être sorti.
Dans « Voir », à des émissions culturelles (Fugère et Cie) « La presse » et où encore ?, pas u mot sur sa folie obsessionnelle, mais non. Voyons restons « littéraires » n’est-ce pas. Hypocrisie niaise. Guilaine Massoutre, par seul exemple, publiait (le 16 mars) : « Si les « Essais » de Montaigne étaient récrits aujourd’hui, ils diraient la sagesse antique et retrouvée d’un Guibert »
Incroyable mais vrai. Dans « Le Devoir » , plus tordue que Ma Sourde », tu meurs. !
8-
Je tiendrai journal en juin. Moins souvent, forcément, à moins que le temps… Météo, je te guette. Grand mystère : à deux reprises, —articles différents— je veux alerter le public sur ce projet fou d’églises vandalisées en Inde, par un M. Langevin, venu de Larouche et devenu un riche marchand d’art, galériste dans Manhattan. Un reportage du jeudi 9 mai signé Richard Hétu. Ce bizarre projet d’un site touristique à Larouche, village du Saguenay pourrait être dénoncé par l’Unesco. André Pratte (La Presse) que je secoue : « Pas de place. Plus tard !» Et je lis des lettres futiles depuis. Chaque jour.
Oui, mystère épais ! Qui cache quoi au juste ? Alors j’avertis le ministère du Tourisme à Québec, avant hier, et pas d’écho encore ! Non mais…que cache cette affaire ? Je fouillerai encore. On verra bien.
Bête intelligente le racoon ? Ah, ce chat sauvage du yable ! Il a fait tomber l’œillet de mon crochet à notre boite à vidanges. J’en ai reposé un plus gros. Aile n’en revient pas. Comme elle n’en revient pas de ce pape si mal en point qui continue de voyager. Elle dit : « Il est comme certains acteurs, il souhaite mourir en scène, au travail, c’est beau ! » L’Hervé du « Mausolée… » : « Un écrivain dot mourir en train d’écrire ». Ouengne ! Romantisme qui m’énerve.
9-
Il y a 13,000 postes de loto dans nos murs ! Ce serait unique en Amérique du nord ! Une société distincte hein ! Je dis :on est les meilleurs ! Sérieusement ? Nous sommes le pire trou au monde!
J’écoute le bonhomme Royer aux nouvelles, un des grands manitous (venu du bureau de l’ex-chef Pariseau) de la patente à sucer le fric des fragiles. Il semble content : 13 mille tentations sur le territoire ! Eille chose ! Et, hypocrite comme sept yables, il parlera aussi du bureau de surveillance pour les compulsifs ! Non mais…
À PBS, avant-hier, une version d’ « Anna Karénine ». La « Madame Bovary » russe ! Aile qui aima tant leur moderne « Othello » avec un vrai Noir, pas un maquillé d’opéra, écoute avec attention. À la fin, elle va louer encore le bon travail de réalisation. Je regardais d’un seul œil. Soudain, je zieute un sosie d’André « grand-père » Cailloux et, soudain, me voilà encore rêvant.
Faire un film. De la vidéo, c’est moins cher. Engager Cailloux. Me souvenir de sa bouille rare, de son timbre de voix si spécial. Je rêvasse :enrôler un tas de ces « vieux » comédiens (hommes et femmes). Composer des histoires où il faudrait des gens âgés. Je dis à Aile : « Tu reprendrais le métier, oui ? » « Non », fait-elle. J’ai donné. C’est bien fini ». Bon, je ferai son job. On voit tant d’amateurs complets dans ce métier.
Je voudrais tant revoir des figures fameuses d’il n’y a pas si longtemps, merde ! Comme on a jeté vite les vieux artistes par ici.
J’entendais les noms des premiers invités d’une série d’ ici, pour ARTV, qui va imiter (bravo !) et Lipton et Rap : encore que des jeunes gens. J’admire, moi aussi, Luc Picard ou Marina Orsini mais il y a les aînés, non ? Gilles Pelletier, par exemple, n’est pas nommé. Je n’aime pas du tout cette ingratitude des producteurs d’ici. Chez Lipton aussi, on voit des artistes pas bien vieux mais on invite parfois des figures fameuses qui ont donné de grands moments —d’impérieuses lettres de noblesse, d’honneur— à l’art dramatique des USA.
10-
Avec Denise Bombardier, mercredi qui vient, pour une « Conversation ». Où ça ? Aux ex-shops Angus au bout de la rue Rachel, dans l’est. Des studios naissent donc partout ? La recherchiste au téléphone : « Apportez donc des photos de vous, enfant ! » Non mais…Se moque-t-elle de moi ? Je dis : « Ne m’embarquez pas là-dedans, vous me connaissez là-dessus, la nostalgia ! » Elle est sérieuse et y tient.
Jeudi et vendredi, studio de nouveau, pour ces « Bibliotheca Jeunesse ». Faire jaser Bilodeau et F. Faucher sur leurs lectures premières. Je jongle : est-ce qu’un jour, cela ne pourra plus se faire ? Dans 50 ans, ce sera : « Parlez-nous de vos premières images de ciné ? De télé ? » J’imagine un (e) gaillard (e) s’amenant en studio, non plus s avec un vieux roman de Jules Verne mais avec des bobines. Des cassettes de chefs d’œuvre divers, signés de grands « imagiers » aux noms connus, prestigieux. Pourquoi pas ?
Et cela ne me fait pas mal. Je me dis : mais oui, le monde change, Ils auront, à la maison, une filmothèque, une vaste vidéothèque et plus de bibliothèque. Eh ! Le mot sera biffé des dictionnaires. Quoi ? Chaque année grossit des stocks effarants d’excellents ouvrages visuels, pas vrai ? Alors….
Grande hâte de revoir mes pivoines au pied de la galerie, sous les lilas. Belles grasses fleurs. Roses et blanches. Parfum fort, consistant. Fleurs volées ! J’avoue. La maison voisine, celle de la vieille demoiselle Françoise Saint-Jean, resta longtemps en vente. Les pivoines poussaient… pour personne chaque année. Un jour, nuitamment, la pelle… et hop, déménagement chez nous d’une bonne part de ces pivoines-pour-personne. Un peu de honte, rien de plus. Peur d’être vu surtout. Aile bien humiliée d’abord. Bof !
Les acheteurs, nouveaux venus, refirent complètement l’aménagement paysagiste du terrain et ainsi ne furent privés de rien. J’ai raconté ailleurs (in « Pour tout vous dire » ou « Pour ne rien vous cacher ») mes déboires avec ma chère vieille fille Saint-Jean. Je me retiens d’y revenir. Ce fut « le chat (moi en matou) et la souris (Françoise énervée du raminagrobis effronté).
Qu’entends-je à la radio ? Le Bouchard « ethnologiste » à Brazzo qui raconte : Dans les vieux pays, tous ces Européens fuyaient pour plus de liberté, venaient en ce continent nouveau dans l’eldorado du tout est permis ? » Vrai et faux ? Je vos plutôt deux types : l’un, minoritaire, est une sorte de saint, de mystique et il fait partie d’une élite, d’une caste de nantis à la moralité noble, il est accompagné d’un autre minoritaire, le marchand audacieux qui rêve de marchés nouveaux.
L’autre type, c’est le monde ordinaire, majoritaire. Tel mon ancêtre en 1700, vos ancêtres. Comme Aubin Jasmin (du Poitou), ce sont des très jeunes gens pauvres. Ils s’engagent comme soldats. Régiment de Repentigny (Aubin) , de Callière, etc. Ils n’ont plus rien à perdre. Tout à gagner. De la terre. À perte de vue une fois l’engagement terminé. À Poitiers Aubin n’ a rien. N’est rien. Ici, il aura, au village Saint- Laurent, des milliers d’arpents ! Cela va de la rivière des Prairies jusqu’au Dorval actuel. Une hache, un cheval, un vache… plus tard, cabane dresse, une « file du Roy », pis vas-y, défriche jeune homme !
Foin de ces « rêveurs de liberté » bonhomme Bouchard !
11-
L‘animateur Daniel Pinard, volontairement abandonneur d’émissions-cuisine et qui rêvait publiquement de son « Sel de la semaine » télévisé bien à lui, doit être très triste. Bien déçu. C’est René Homier-Roy qui a été élu pour animer ces entretiens d’une heure à ARTV. Pinard a fait des remous gigantesques « en sortant du placard » comme on dit. Des producteurs sec sont-ils dit :non, pas un homosexuel strident, évident ! J’espère que non.
Quelle connerie de percevoir un homosexuel comme, uniquement, un être d’une certaine sexualité. Aberrante attitude.
Pinard —que j’ai un peu fréquenté— est « aussi » un homme cultivé, érudit sur bien des sujets, passionné par tous les aspects humains de la vie et des êtres, il est bien articulé quand il questionne, il est capable de structurer solidement une interview, capable de jacasser avec beaucoup d’esprit (radio, télé, aussi journaux). Il a de l’humour à revendre. Bef, j’espère qu’il aura une autre occasion de faire valoir ses talents multiples.
12-
Le grand homme des anglos, PET, disait de nous : « un peuple de maîtres-chanteurs ». Bang ! Mais qui offre sans cesse ce chantage ? Ottawa. Preuve en est faite ces temps-ci. On demandait pas tous ces millions en publicité, en propagande, via les compagnies comme Group’Action et alliés. Non ! Énervé par le 60 % de francos souhaitant l’indépendance, les fédérats gaspillent tout cet argent public (celui de tous les Canadiens) pour nous faire la cour. Avec ristourne aux caisses du parti.
Un prof des HEC vient de fournir les preuves que c’est au Québec que l’on crache le plus du trésor commun public. C’est grotesque. Injuste pour les payeurs de taxes et d’impôts du Canada… qui devrait s’en révolter. Le maïtre-chateur nb’est pa celui qu’on pense ! Une réalité.
Mais, ce matin, un éditorialiste de La Presse compare volontiers les fanatiques francophobes (type Brent Tyler) aux gens de la SSJB ! Diffamation dégueulasse au moment où cette vieille société nationale change, évolue, mue et, depuis des décennies, fait tout (avec beaucoup trop de zèle parfois !) pour inclure, pour attirer, pour intégrer tous les émigrants québécois.
13-
sa only ! USA always ! Ce matin, « La presse », un certain F. Perron couvre l’activité d’un certain H. Knowles, fleuron amerloque ! Encore un. Un autre. Un de plus. Ça ne cesse pas. Partout. Maudite marde si, ensemble —chroniqueurs, reporters, etc. — on décidait de cesser de jouer la courroie de tansmission docile des Américains, pour arts, culture, spectacles, etc. Quoi ? On veut fermer nos frointi;res ? Mais non. Les ouvrir justement et vraiment. Pouvoir lire davantage sur Espagne, France, Belgique, Italie, Suisse, Scandinavie, etc. Faire l’essai. Juste un an pour voir. Des novelles sur le monde. Sur les pays de l’univers. Assez de « USA only », non ? Paresse maudite ! La culture pop américaine n’a pas besoin de nous. Serait-ce injuste de ne pas mousser leurs bébelles Kulturelles ? Pas du tout. Ils sont assez nombreux (275 millions) pour s’épanouir sans l’aide du con zélé, stipendié, du petit « plus grand journal français d’Amérique ».
14-
Comme c’est fréquent ici, vers 18 h ou 19 h, le soleil se montre en force. Luisant, brillant. Surprenant. Chaque fois, c’est la galerie inondée. « Va-y-t-on manger dehors ? » Aile : « Euh …Pourquoi pas ? » Et manger quoi ? C’est Aile qui est allé à l’École Bouffe tantôt. Réponse : « Aile de requin ! » Hen quoi ? Incroyable. Elle s’est apprêtée à quelle sauce mon Aile ? J’exagère, Aile oui, mais requin, non. Ça, jamais ! Plutôt un médusante méduse. Je m’approche donc de ce « jaw » cuisiné, en confiance.
Demain, dernier jour de mai. Je chante : « Le temps, le temps et rien d’autre… » Je ne le vois pas passer. Hier, dans la file de l’École bouffe, j’ai repris (une troisième tentative) la lecture de « Brève histoire du temps », de Hawkins. Je veux comprendre notre univers. Début avec Aristote, Ptolémée, plus tard, Galilée, puis Copernic et Newton . Ça va jusque là… mais j’ai peur de la suite.

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