Le lundi 10 juin 2002

Le lundi 10 juin 2002
Jours de pluie…
L’ordinateur de Jasmin est en panne. Chez le réparateur. Les mac c’est compliqué… Devrait avoir des nouvelles sous peu. Dommage, car on peut dire qu’il aurait pu écrire quelques JN avec tous les jours de pluie qu’on a eu… Profitez-en pour lire ceux que vous avez sautés. -lundi 17 juin

1-
Comme hier, dimanche, beau soleil ce matin. « On va faire un tour voir la mer, à Ogunquit, oui ? » Aile réfléchit. « Bin, sais pas hen, oui ? Non, demain. Regarde le beau soleil, on va pédaler ». À demain la mer « toujours recommencée », à demain ! Départ pour petit déjeuner chez le Van Houtte de Val David. Au retour, le bonhomme galarneau va se cacher. À 16h c’est la blanchitude totale. Et du vent fort. Aile : » La météo annonce des jours de pluie à la file ». Au Maine, USA ? Je monte voir météo-internet.
Aile examine le manège. Boston ou Porthsmouth : pluie et pluie !
Aile : « Nenni la mer pour cette semaine, hen ? » Je m’ennuie des flots bleus, de la « bergère d’azur infinie »(Trenet). On n’y est pas allé à ce rituel estival l’an dernier et je l’ai regretté. Un besoin viscéral. Plus juin s’allonge plus c’est cher de coucher au vaste motel le « Norseman », directement sur la plage. Maudite météo du yabl’
Au souper d’hier, régalade très appréciée des deux couples pour le « poulet mariné » d’Aile acheté samedi chez Adonis. Oh oui, miam ! Il a fallu transporter le BBQ sur le petit bacon d’en avant tant le vent soufflait. Après-midi passé donc avec les Faucher à commenter les résultats d’élections en France. Kir versé, on s’installait. Le Pen et ses énervés tous mis K.O. Satisfaction de nous tous. Chirac triomphe et Jean F. en est tout content. Françoise, Aile et moi plaignions la gauche, les socialistes, pas bien fortiches. Les moqueries et les piques fusent. On tente de peindre le Jean en réac, en froussard, en petit vieux conservateur. Il rigole ferme. TV-5 fait parler tous les acteurs-politiciens et aussi ses commentateurs. Jean, le plus attentif, manette en main, hausse le son —le crapaud— dès que nous fonçons dans un sujet autre que ces législatives.
Françoise précise : « Vous savez moi ni gauchiste ni droitière, je juge au cas par cas, la valeur des candidats ». Sagesse. Amusant : à la fin du repas Jean joue à Aile le questionnaire-Pivot (adopté par le Lipton d’ARTV). Puis il lui reprochera d’avoir recommandé le film « Memento » qu’il a détesté à fond. Je dis : « Trop compliqué pur toi, Jean, trop difficile pour toi ? » Chaque fois que je balançais, le cher ami mort, Ubaldo, me sevrait sa scie, me faisait enrager : « Peut-être trop compliqué pour toi, Claude ? » Quand nous disons à Françoise avoir reconnu sa vox dans « Insomnia » (en coroner), elle dira : « Vous m’entendrez aussi dans « Iris », un bon film et c’est moi qui doublait la vieille dame au précieux bijou dans « Titanic ». Notre surprise. Jasette sur la vieillisses, silicone à la mode et chirurgie plastique. Aile dira : « Moi, être actrice, je voudrais de l’aide, c’est normal. » Françoise : « Ah non. Je veux devenir la vieille dame que j’étais destinée à devenir. » Je l’applaudis. Sagesse.
Jean, l’ex-réalisateur émérite, nous annonce qu’il compose un livre. Un peu sur le modèle de ses nombreux « Propos et confidences » de la télé d’antan. Ces temps-ci, il travaille avec le comédien Gérard Poirier. J’applaudis encore. Françoise : « Et vous Claude, à quoi travaillez-vous ? » Je lui parle du journal. Étonnement léger. Dangers. Risques. Je dis que je n’ai pas de pudeur. « Oui mais… » Regards vers Aile. Aile parle de son anxiété face à ce journal. J’explique : « Je dis tout. Je n’ai rien à cacher. Quoi, je mène une bonne vie, non ? Alors pourquoi pas un journal intime ? » Rigolades de trous ! Françoise : » Ah non., impossible. Le seul fait de savoir qu’on sera lu, non, rien d’intime alors. On fait attention. » Je dis : « Je fais attention de ne pas blesser inutilement . C’est tout. »
Quand je lui raconte l’œuvre de Sœur Gagnon ( La Maisonnette dans La petite partie), que je me suis engagé à produire une quarantaine d’aquarelles sur les temps de jadis… Françoise aussitôt : « Vous devriez vous arranger avec M. Jacob, un pharmacien beauceron étonnant, merveilleux, qui a édit les beaux dessins coloriés de Clémence Desrochers … » Elle ne tarit pas d’éloges sur l’homme. Je me dis que si les Graveline et Soucy —de Vile-Marie, éditions— continuent dans leur silence, oui, j’aurais recours à cette petite maison beauceronne.
Françoise suractive : le 24 juin, elle ira (avec d’autres) dans le neuf Musée Félix-Leclerc à l’Île d’Orléans. Spectacle de lectures leclerciennes. Elle nous raconte une « lecture » du « Misanthrope » de Molière —qu’elle va monter en septembre au Théâtre Denise-Pelletier. Toute l’équipe, (une surprise !) —dont sa grande fille, Cartherine, qui a abandonné le cinéma pour diriger les productions—a organisé une lecture hors de l’ordinaire avec des artefacts, une ambiance « Théâtre Royal versaillais », des accessoires, chandelles, une lettre de Jean-Baptiste Poquelin. Beaucoup d’émotion pour elle, la semaine dernière.
Sans cesse, à la télé, les perdants de ce premier tour blâmaient le terrible 36% d’abstentionnistes chez les électeurs de France. Jean rigolait ferme : « Mais oui, tout le monde aurait voté communiste ou socialiste, c’est très certain » ! Suite dimanche prochain. Le grand soulagement : la chute du Front National.
2-
Hier soir, tard, un film coté « 1 » Un navet. « A touche of evil » ne vaut pas tripette. Ampoulé. Orson Welles en caricature de son « Citizen Kane ». Ah l’intimidation des « coteurs » face aux gros noms ! Foutaise. Aile et moi lui aurions fiché un 5. Snobisme idiot. Après 30 minutes, lassés de ce jeu de cabotins, extinction des feux partout. Dodo !
Le calme désormais. Nous vivions aux aguets depuis quelques jours. Ça semble bien terminé. On a pris au piège un autre bébé écureuil. Le quatrième. Et oups ! Dehors ! Ouf ! Aile, davantage que moi, se souciait de cette vermine dans nos murs. Son soulagement ce matin en voyant la cage, pour une fois, vide.
Avant ce « Touch … », entendu Guy Lapointe, à la SRC, en un topo raide sur W.Buch. Chevron (ex-Texaco) très intéressé par l’Afghanistan. L’oléoduc à installer du nord (ex-républiques d’URSS) jusqu’au sud, à la mer). La famille du Président captivé par la « manne ». Le président actuel, Karzaï, du clan buschien, installé en fantoche de la nouvelle alliance américano-afghan.
Un commentaire instructif en diable. Guerre aux Soviétiques s’abord, et victoire, armement utile aux intérêts « texans », le Ben Laden en « collabo » des USA d’abord, et le réseau bien connu, ces Talibans —chefs de guerre— entraînés par la CIA et puis qui virent (oh ! oh !) en intégristes anti-occidentaux. Terrorisme inédit ! Malheur ! Guerre aux Talibans alors ! En fin de compte :pétrole, pétrole, pétrole …et gaz ! Merci Guy Lapointe.
3-
Deux petits malin voient, à Las Vegas, des vagabonds qui se battent. On sort vite le caméscope. Haute définition ? Fibres « inhumaines » ? Du vrai bon stock hyper-réaliste. Mode bien aimé. On va d’abord passer ça sur Internet. Succès monstre ! Puis sur des réseaux privés. Télé payante ? Oh oui ! Messieurs Beesmet et Leticia, 24 ans, foncent. On organise de nouvelles rixes cher les démunis, les drogués, les « paumés du petit matin ». On offre. Prix de forte présence, des voyage, des bouffes.
« Oui, oui, pas de salaire, rien, c’est pas truqué, c’est du « real-tivi », disent-ils. Pas de salaire. Il y aurait, hors les murs en des casinos illuminés, au royaume des Céline-Angélil et des « Cirque du Soleil », plus de 4,000 SDF. En avant les bagarres ! Silence, on tourne ! Les deux jeunes salauds disent : « On ramasse le fric pour nos projets de cinéma »! Ils annoncent : « Il va y avoir « Bagarres de clochards, tome 2 », bientôt ».
On s’incline bas devant ces cinéastes, ces promoteurs malsains … pas par respect, mais par envie de vomir !
4-
Vendredi soir, T.Q., deux films avec D’Auteuil. Pas bien forts. « La séparation », le deuxième, un peu meilleur. Avec Isabelle Huppert (Claude Berri). Pas de vrai fin. La patte en l’air. Scénario boiteux. Lui, D’Auteuil, toujours solide, un gueule, il fait vrai, malgré les failles du récit filmique. C’est là que le troisième mini-écureuil fit son apparition. Presqu’au-dessus de sa tête, cri de mort, il tombait du plafond, d’une poutre (fausse). Aile criait fort ! Silence : ira-t-il vers la cage dans la cuisine ? Pauvre Berri, son film est perturbé. Paf ! Je le sors !
Trente minutes plus tard : un quatrième ! Aile dans tous ses états ! Il se cache. Je le chasse. Tente de l’orienter vers la cuisine. Il se sauve dans la salle à manger. Zut ! Je veux voir la fin du Berri, moi. Vaine chasse. Dérisoire safari. Aile montera au lit bien mal à son aise. Regarde partout sans cesse. Ferme la porte de la chambre. Imagine que la bestiole sera au fond de nos draps, sous notre oreiller…Brrr…
Le lendemain matin, il sera dans la trappe ! Ouf !
5-
En face, au Chantecler, troupes péquistes en caucus. Un party moins couru que ceux des courses en F.1 Deux centaines. Devrais-je, par pédalo ou canot, aller inviter Bernard Landry —croisés souvent à notre Caisse Desjardins, rue… Bernard— à se cacher chez nous, à l’abri des critiques mais pas à l’abri des mini-écureuils ? Non, je ne bouge pas. Si j’y allais ? Je lui dirais (à lui et à ses sbires) : « Vous annoncez : si vous refuez une patrie québécoise, votez conte nous ! C’est bien clair ? »
Clair. Net. Vous perdez les prochaines . Pis ? Liberté totale dans l’opposition, non ? J’imaginais les têtes de tous ces « grouilleurs » qui ne sont là que pour « garder le pouvoir à n’importe quel prix ». Le pouvoir et ses agréments.
Mais non, aux prochaines, ce sera encore ni net ni clair. Chantecler… clair ? Niet !
6-
Ces bolides autour du Casino —à déménager pour la faim et les fins du sieur Frigon le rapace d’État. Ces conducteurs sonnés. Comme je hais la boxe, je hais ces furieux des vitesses à dépasser sans cesse. Des ingénieurs démoniaques font de savants calculs. Du 300 à l’heure, ce serait encore pas assez ? J’avais lu des documents accablants sur ces dangereux inconscients dans une recherche quand j’avais pondu ma dramatique-télé : « Nous sommes tous des orphelins », avec mon courseur de Formule 1, bien joué par Denis Bernard.
Des vétérans (parfois devenus des infirmes) confessaient des choses troublantes sur ce « sport » suicidaire. La loi est claire, pour « refus de secourir personne en danger », c’est la prison, le procès. Le code pénal le dit. En noir sur blanc. Qui, un jour, osera porter plainte. Faire arrêter, avec mandat de juge, ces organisateurs de tuerie plausibles.
Ces « héros » du jour —à vroum-vroum bien cons et polluants— mais ce sont des kamikazes. Je pèse le mot. Kamikaze. Absolument. Il est interdit pourtant de risquer sa vie. Le faire sous les yeux de tous ces « assoiffés de sang », morbides voyeurs que nous sommes, est un acte hors-la-loi au fond des choses.
Allons, allons, va au cirque, fais comme les Romains antiques dans cette Rome éternelle qui se continue de mille façons. La boxe. La course de vitesse. Vieux Tyson (38 ans) , ensanglanté, à terre, hier. Vieux lutteur fini. À qui le tour ? Bonhomme Lewis attend, frétille et sautille …en attendant d’être le prochain Tyson. Tristesse. Le réalisateur-producteur, un des VIP en visite aux courses, dit : « On dirait une voiture d’enfant mas c’est une bombe avec un gars assis dessus » Il pouvait pas mieux dire !
Le kamikaze affligeant d’ici (et de Suisse ou de Monaco) Villeneuve (alias New Town), célébré sur le cadavre du « père tué », dimanche, sortait de piste au neuvième tour, blasé, vivant encore. La foule s’en allait :il n’y a pas eu de mort cette fois. Dommage hein ? Dans tous les hôpitaux de la planète, hier, des hommes (des vrais) en sarrau blanc luttaient pour garder la vie à des malchanceux qui, eux, s’accrochent à la vie. Des fous ?
« Dans quel trou m’avez-vous mis, mon Dieu ? » C’est de Réjean Ducharme.
7-
Soudain le vieux romancier (ou scénariste) est assailli par une idée. C’es fréquent. Tous mes collègues vous le diraient. Je venais de lire : « À la CIA, désormais, 17,000 agents sont affectés à la surveillance du territoire aux USA. » L’idée ? Un jeune Américain araboïde (originaire du Maroc ou du Yémen) est engagé dans le lot de flics. Espion donc, il devra fréquenter une mosquée (À New-York ou à Los Angeles). Il « infiltre » quoi. Il joue le nouveau converti farouche, le pieux. Se fait des amis. Finit par être vraiment très pieux et estime vraiment, franchement le code de l’islam. Ses nouveaux amis sont des kamikazes et un complot effroyable se trame. Il tombe d’accord. Il se taira face à ses chefs de la CIA. C’est l’attentat effrayant. Il fuit, s’exile. Disparaît à jamais.
Le grand manitou du FBI, Hoover, remue d’aise dans sa tombe. La « chasse », c’est reparti depuis le 11 septembre 2001. Avec Edgar Hoover il n’y avait pas de pègre aux États-Unis, il n’y avait que des socialistes vicieux et des communistes dangereux. Il était lié au sénateur obsédé McCarthy, chasseur de dissidents gauchistes partout. Le communisme a disparu, voici l’arabophobie. Tous suspects et flicaille partout. Vous voulez manifester contre le capitalisme mondialiste : dangereux dissident. Arrestation et « la question ». Torquemada toujours vivant. Inquisiteurs en tous genres, à vos rangs ! À vos matraques.
8-
Un felquiste devenu journaliste, P. Schneider, publie sa vieille vie. Révolte d’ado, bombes, arrestation, caution, vite fuir aux iles françaises —Saint-Pierre et Miquelon— demande d’asile refusé, cachette au Maine pour voler vers Cuba mais… police US qui le ramène ici, procès et prison. Deviendra « le serin » d’un caïd au pénitencier. Sortie. Puis journalisme à sensation (sauce Allô Police), un « deuxième père » : le douteux criminaliste Daoust, puis l’alcool, la chute fatale, mariage raté, faillite personnelle, dérive funeste, cliniques de désintox et re-journalisme, il est enfin sauvé. Ouf !
En entrevue, dimanche, il a dit : « Mon père était anglophone ». Ah ! Quelle sorte de père ? Anglo ce n’est rien. Agir (FLQ) pour faire mourir le père ? Le célèbre mot de Malraux : « Il faut tuer son père ». Tous comprenaient qu’il fallait se défaire de l’héritage ancien pour avancer. Mais lui, le jeune felquiste et d’autres jeunes révoltés, les pères ? Je lirai cette bio. Son nom, avec ceux de ses camarades, je les avais mis (1967) en dédicace à « Pleure pas Germaine », secoué que j’étais à cette époque par les premières bombes. J’avais mis en haut de la liste : « à ceux qui ont manqué de patience ». Oui, je lirai.
Le vent ne faiblit pas depuis des jours. La chaleur ne s’installe pas. Juin va s’en aller sans … l’été promis, normal. C’est, au juste, pour quand ? Coup de fil, ma fille, Éliane : « P’pa ? Dimanche, on apporte la bouffe, moi et Daniel on veut célébrer un brin la fête le des pères, à Sainte-Adèle, ça irait ? » Bien sûr !
Raccrochant, fou, je me disais : « Oui, faut fêter Daniel et Marco, les pères formidables de mes cinq petits-fils ». Et puis je me réveille :c’est pour moi, non ? Il n’y a pas de fête des grands-pères ? Voyons ! Que fait le commerce si friand en jours fériés pour consommateurs à piéger ? Et une fête des grands-mères ? Ça va venir, regardez bien ça !

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