Le vendredi 21 juin2002

Le vendredi 21 juin2002
Jours de pluie…

Après dix jours, le imac est réparé…
1-
Ciel mat. Bon vent du sud-ouest. L’été débute. Les heures s’en iront sans lumière peu à peu. Aile suractive : dimanche réunion du Groupe des 7, devenu « des 6 », mort d’Ubaldo Fasano, hélas.
Hier, cinéma du bas de la côte, non, avant-hier ? Suis un peu perdu depuis l’accident « imacien », tant de jours sans ma machine à pépier ! Vu « Amen » de Costa. Sorties comme accablés. Humiliés. Nous tous, Blancs chrétiens si muets pendant que les fours à gaz s’activaient en Allemagne et en Pologne. Et l’Odile Tremblay du Devoir qui faisait la moue devant ce film formidable. Quelle mondaine étripable ! Devant pareil sujet, oser chipoter, criticailler des détails…Franchement… Non mais…

Nous avions regardé, la veille, à T.Q. :« Sursis pour l’orchestre », même sujet. Autres visions épouvantables sur l’antisémitisme effroyable. Ces deux films, un après l’autre, font qu’on s’endort mal le soir venu. La mesure (d’endurance) est comble. Nous ne pourrions plus en visionner un autre. Pas avant un certain temps. Ce serait un poison mortel. Je maudis ce racisme écoeurant. Je ne voudrais pas être Allemand. Tache indélébile pour mille générations à venir. Le pire ? Bien savoir que si Québec avait été une grande puissance, un pion qui compte dans le vaste concert des grandes nations…oui, cela, cette maladie horrible, aurait pu s’installer. Bien savoir que personne ne peut proclamer : « Nous, on aurait pas été comme ça ». C’est cela qui fait mal. Je ne regrette pas d’avoir dit à Denise Bombardier avant de quitter mon siège (pour « Conversation ») : « Il faudrait mettre l’homme sur un bloc opératoire et le changer. »
Honte d’être des humains quand on découvre ce fatal racisme …pourtant au pays qui a donné tant d’écrivains, de musiciens et de philosophes merveilleux.
2-
Mes deux enfants sont venus fêter « le vieux papa ». Rien à faire pour Aile. Une sorte de pique-nique. Heureux moments. Cadeaux, jolies cartes, le rituel. Deux absents, David et Simon : les deux aînés. Études, travaux urgents, etc. Je détestais ces fêtes des « grandes personnes », jeune. Les comprendre. Gabriel, le cadet de mon gendre Marco, doué, musicien, créatif, s’installe à la cave-atelier et modelait un poisson d’argile. Soudain :cris, appels ! C’était le septième (7) bébé-écureuil qui…gigotait encore , tête ensanglantée dans une trappe à souris ! Frayeurs des dames :Éliane, Lynn et Aile. Marco, brave, est allé donné la « chose » au rat-musqué du rivage du lac. Depuis fin des apparitions écureuillois ! Aile respire d’aise. Elle n’en pouvait plus.
Hier soir, jeudi, à ARTV, la comédienne Sabina Azena (eh oui !). « Les feux de la rampe », copie conforme des entretiens liptonniens de New-York nous font voir des gens brillants. Cette Sabina y fut captivante. Hélas, le questionneur, Bernard Rapp, pas fort. Il rate d’entrer dans certains aveux spontanés et riches de promesses. Il écoute mal ou quoi ? Il suit trop « son » plan ? Danger cela. J’ai bien connu, en 1986, à TQS. La Azema, soudain, fond en larmes : on vient de lui faire voir des extraits anciens. « C’est toute ma jeunesse que je vois défiler ». Moments précieux. Avant, bon petit gueuleton sur la terrasse en face du lac, aux « Délices de Provence ». Le chef Claude sait préparer la perchaude (pour Aile) et la bavette (pour bibi). Un voisin de 88 ans, jeune d’allure :Monsieur Lupien. Arrivé ici en 1948. Je le questionne. Il m’aide à préparer mon petit discours de lundi à la Saint-Jean où je voudrai raconter le village quand j’y vins une première fois en prof de céramique dans l’ex-écurie du Chantecler.
3-
On a réparé mon Imac mais impossible de recevoir ou d’envoyer du courrier. Mystère. Panique. Je téléphone à Carole, la sœur de ma bru, du Sommet Bleu, qui est experte en ordinateurs. Elle sort d’ici et en deux gestes m’a reconnecté toute la patente. Du chinois pour moi.
Jadis aucune femme (pas une !) ne savait réparer « une machine ». Les temps changent hein ! J’y pense : amusant d’entendre la Sabina Azema dire : « Pour moi, tout compte, surtout au départ d’un rôle, le linge, oui un costume, un chapeau, des souliers, même un parfum… C’est l’extérieur qui me commande comment rentrer dans un personnage ». Si vrai ? On l’ignore trop… l’oublie, une pièce de linge — forme, couleurs— peut changer nos attitudes. Aile qui s’amuse à me sortir du linge quand je pars pour une interview et moi…soudain, « non, pas ça…Je serais pas bien ». Sans trop savoir pourquoi. Je change son choix, elle dit rien, elle sait bien, elle a été réalisateur si longtemps et a connu de ces caprices mystérieux.
4-
Il y a six jours, samedi, revu à la télé « La haine », un film étonnant. Trois désœuvrés dans une « cité » de Paris. Effets de l’émigration mal intégrée. Une police nerveuse. Une terrible bavure. De la révolte. Suite d’images (en noir et blanc) sur un rythme d’enfer. Le bon film. Meilleure connaissance de ces jeunes paumés, chômeurs, mal instruits, ouverts à la violence. Exutoire classique.
À « Campus » ce même soir :la régente Régine des cabarets parisiens. Vantarde et revenue de toit à la fois. « Jet set » d’un monde gâté-pourri raconté dans son livre. Durant tentera de lui tirer les vers du nez, elle ne nommera pas les célébrités croisés dans ses boîtes de nuit. Allure d’une vieille tenancière de bordel (moderne).À Montréal, elle fit « patate ». Pas assez de mondains riches ? Un livre,« Hell » (amércanophilie conne de Paris) est un livre d’une Lolita. Allure d’une collégienne qui raconte des dérives juvéniles. Secrets des « beaux quartiers », du côté du Parc Monseau, du 16 e arrondissement, de la chic Avenue Kléber. Mode des souvenirs, elle a 19 ans, parle en adulte, vieillie précocement. De la graine de collégienne délurée. Bon pour vendre du papier ! Mode. Ça jase drogues, exstasy et compagnie ! On raconte les drogués célèbres : le poète Michaux (mescaline), Cocteau et Malraux (opium), Sartre (médicaments-drogues). L’un des invités dira : « Kérouac s’inquiétait beaucoup de son copain toujours bourré, le poète Burrough mais…il est mort bien plus vieux que lui, à 80 ans ! »
On navigue de Prozac (drogue douce répandue) en métadone. L’on fait allusion à Styron le célèbre, alcoolisé à 100 %. Durant remue, frétille, le sujet le titille. La littérature sous un portique dangereux quoi !
5-
Mercredi dernier, soleil enfin. Fin des pluies. La laitue respire dans les champs spongieux. Ici, nos fleurs aussi. Je raccroche les corbeilles autour de la galerie. Au couchant, le lac en feu. Chants d’oiseaux vont croissantr. Le calme. La cloche de l’église à trois rues sonne le six heures. La volupté d’un certain silence. On rêve, Aile et moi, allongés dans les transats, livres aux mains. Ombres :je repense aux déclarations —voir un film brillant : « Jeu d’enfants », signé Prégent— pénibles des Frigon, des Crête (nouveau « big boss »). Un vice s’installe confortablement au pays, un succès énorme. Des enfants rêvent (ils le proclament en riant dans le film) de gagner gros sans effort aucun. Ils grattent. Plus tard, ils iront au casino, ils disent leur grande hâte ! Lieu magique, qui sera agrandi et mieux installé entre le port et le pont Champlain. L’État-mafieux ronfle. Installera une clinique pour soigner ses victimes. La farce ! La honte aussi.
Ma tondeuse ne me revient pas. On chercherait un morceau. Patience le tondeur-de-verdure. Ce matin-là, j’ai vu une balle. Une balle perdue ! Par quel enfant peiné ? Salie. Ordinaire. Au bord du trottoir. Grand effet ! Fou ! Je me suis souvenu de mes balles, enfant. Aile dit : « Ah oui, « sa » balle, si précieuse, « son » ballon, les chers trésors ». À huit ou neuf ans, sa belle balle aux couleurs vives…oui, un trésor. J’y songe encore : regardant « Jeu d’enfants », les maudites pubs pleuvent et cela me semble logique, la suite des illusions que le film condamne. Jumeaux exécrables :pub et gratteux ! La compagnie exacte, méritée, la fidèle dévote accrochée (la publicité télévisée) aux annonces de Loto-Québec. Quand j’ y pense : des enfants déjà « accros », c’est l’État-racketteur ! L’État-bandit !
6-
Téléphone la semaine dernière : c’est TVA, pour le 17 h. et c’est Anabelle la recherchiste : « Vous êtes sans doute très contre la Reine du Canada, c’est sûr » ? Je ris et je dis : « Sûr et certain ». « Bien, on va tenter de trouver un —ou une— « pro-monarchie et on vous enverra notre camion micro-ondes pour un débat ». N’y a pas eu de rappel. Personne ne veut venir face aux caméras proclamer les bienfaits de ce colonialisme chéri des anglos d’ici. J’étais content, cette fois, de perde le plantureux cachet !
Pauvre Anabelle !
Téléphone encore pour un projet de ARTV. On veut une série sur des artistes divers qui font de la peinture. Je suis sur la liste. Ils veulent venir faire une pré-entrevue dans ma cave-atelier où je m’échine justement à pondre des aquarelles sur « La petite patrie » Ils viendront mercredi prochain. Je dis q u’il y a notre Clémence bien-aimée, ils savaient. Qu’il y a Diane Dufresne…ils savent tout. Bien.
7-
On fait entrer une cassette vidéo dans la fente du magéto, on veut voir un film et bang !, ça bave, cris et mourmounages commerciaux, on nous sert des publicités pour des films à venir. Non mais…Ça ne finit plus parfois ! Dégueulasse ! Il faut protester. On a payé pour un film pas pour endurer cet arrosage de marchands infâmes. Il y a assez de pub partout. On veut voir un film, point final. Vraiment dégueulasse cette pratique !
Ce « Le bal du monstre », fort bon récit. Je le reverrais un jour volontiers. C’est rare qu’on a envie de dire cela. Billy Bob Thornton et Helle Berry (oscarisée cette année). CE B.B.T. jouait dans « The man who was not there »… où il brillait. Enfin pas de ce monde mondain, médiatique, non, enfin, enfin, enfin, du monde ordinaire. Lui, un agressif gardien de prison. Un bonhomme ordinaire. Elle, une petite serveuse de restau ultra-modeste. Monoparentale. Ça fait du bien. Ça nous change du petit monde nombriliste où les héros sont riches architectes, romanciers populaires, photographe génial (le dernier roman de Guillaume Vignault ) ingénieurs, experts en infographie ou en théâtre ou en scénarisation (songer à ce « Crabe dans la tête », à « La vie, la vie », et Cie).
« Le bal du monstre » :une histoire bien conduite où ce père raciste va muer quand son fils se suicidera. C’est ce soir-là qu’apparaissait au salon le sixième bébé-écureuil et je ne savais pas que le lendemain soir, mon ordinateur rendrait l’âme mystérieusement. Il faisait si beau soleil, abandon de l’écran, sieste dans la lumière, souper et ensuite, tu vas remuer ta souris et… pas de petite lumière sur l’écran ! De la schnoutte ! Merde !
8-
Avec la belle et moderne tondeuse du voisin Maurice, jeudi, tonte du terrain. Elle fait du compost en roulant ! Sueurs du vieillard attelé à sa machine grondeuse. Ça coule ! Aile, fée divine, vient m’offrir de …la bière d’épinette. Régalante. Somptueux goût de gomme de sapin ! Souvenir lointain de ce jus. J’aime toujours. Le matin, une photo du Devoir me ravit. « Les colonnes du cosmos ». Je la découpe. Je la punaise sur mon babillard du bureau. La beauté ! Photo qui me console de mes efforts quand je relis « Brève histoire du temps » de Hawking, attendant l’ouverture des portes de l’École Bouffe.
J’ai déniché chez « Tout outils », le brocanteur de la rue Valiquette, une cloche—pour dix piastres. Genre marine à gogo. Je l’ai vissé sur le 4 par 4 de la galerie, là ou fourmillent les fourmis (!). Aile cherche un machin tueur pour ces tites bébites. Je proteste. C’est tellement moins encombrant que les bébés-écureuils ! Désormais, avec cette vieille cloche à bateau, Aile pourra me sonner quand le souper sera servi et que je flânerai sur la berge. Bon pour un demi-sourd ces sons sonnants ! Dong, dong ! Oh un autre bon film : « Le tunnel ». Loué. Entreprise captivante de creuseurs de corridors sous le mur de Berlin avant 1989. Signature : Roland Suso Richler. Formidable courage. Basé sur des faits véridiques dit le générique de la fin.
Un des conjurés en tunnel interdit. Éric, serait devenu prof à Montréal ! Ah ! Ce film nous hantera longtemps. Comme pour tous les films forts. C’est le foot qui envahit tous les média. Je n’y connais rien. Ça va passer. Le 30 juin : « e finita la comedia » ! On y voit du patriotisme échevelé —Italie, Angleterre, etc— proche du fanatisme. Ma froideur semble me couper du monde. Habitué. Jeune, pas fou du hockey, j’avais ce sentiment un peu accablant de ne pas appartenir au monde normal. On s’y fait.
Samedi matin dernier : tomate rongée sur le comptoir de cuisine. Aile enrage. « Cloclo, va vite chercher la cage à Maurice. Il y en a encore. Eh merde ! » Pauvre Aile.
9-
Dimanche matin, à la radio de Radio-Canada, propos étonnants. On est pas en 1838. On est en 1967. On révèle les nervosités face à de Gaulle au Québec. La censure. Les inquiétudes ravageuses. S’il fallait… Jean Drapeau en petit et minable despote chiant dans sa culotte : « Vite ! Cacher le microphone du balcon. Il ne faut pas que le Président de la France s’adresse à la foule… » Etc. On n’en croit pas ses oreilles ! Un familier du Général raconte ce qu’il sait, il était là, dans le hall à Drapeau le chieux, le pisseux, il a vu les méfiances, les entourloupettes, les cachettes, l’autocensure. On est en 1967 et les dirigeants municipaux se conduisent comme des valets timides face aux anglos qu’il faut pas faire fâcher. Une honte !C’est ce genre d’émissions du réseau français de la SRC, que détestait tant le PET Trudeau et ses sbires (Lalonde, Goyer et Cie). Édifiante émission. Déterrons sans cesse de telles précieuses et instructives archives sonores, c’est salutaire.
Nous prenons ainsi les vraies mesures des petits potentats fédérastes du temps récent. Des pleutres. Des mauviettes. Des colonisés cons, Drapeau et sa ligue.
Et le Jean Dupire, son chef de cabinet, qui me disait un jour : « Tu verras, Drapeau finira par tout nous gagner, regarde, mon Claude, il n’y a que deux affiches de bronze devant l’entrée, rue Notre-Dame et c’est en français seulement. Tu vois, tu vois ? » Quand ça se voyait pas trop, oui, l’ex-nationaliste de 1942, du Bloc populaire, Drapeau, osait…des vétilles !
10-
On a un peu revu, à la tlé, ce « 12 singes » où Brad Pitt, jeune, incarnait un aliéné grave de manière convaincante au possible. Bruce Willis y tient le rôle d’un héros intrépide de B.D., envoyé spécial, sorti d’un puits gigantesque, mystérieux, pour découvrir l’origine d’une fatale guerre bactériologique. De la SF bien menée.
Parution des « Listes de La Presse » :le lectorat devait faire une liste ees auteurs importants. Pas là zut ! Rimbaud non plus ! S’en consolera-t-il le Arthur ? Bof, jouons les forts. N’empêche…mes lecteurs ne se sont pas grouillés le diable ! C’est pas juste, bon ! Justice pour Stanley Pan ? Il vient de démissionner de sa chronique —bien faite— des parutions fraîches. Il aurait osé critique le tout récent « Ouf ! » de Denise Bombardier, et sa « boss », Miss Lepage, serait mécontente. Le soupçonne même de misogynie ! Oh, oh ! plus grave, il aurait laissé entendre qu’avec la chaîne —très subventionnée par nous tous— Renaud-Bray, on peut acheter les annonces de leur catalogue. Etc. On a pas pu lire l’article. Ce fut :ou vous changez votre papier ou vous prenez congé d’espace. Le Péan, pas plus paon qu’un autre, a tiré. sa révérence. Dommage, il avait du jus comme chroniqueur. Pas facile à trouver le bon successeur. Moi ? J’ai pas le temps.
Qui est le populaire Beauchemin ? « Un écrivain de divertissement », dit un libraire. Aïe ! Comme Pagnol, comme Félix Leclerc, ajoute le cuistre.
Le libraire Moffat, lui, vante un de ses poulains, il bosse chez Flammarion., Coups de pied au derrière perdus !
J’ai finis par prendre du plaisir avec ce roman « Le tueur aveugle », une grosse brique de la Margaret Atwod. Hâte de m’y replonger dans ce récit à charnières. Grand plaisir aussi à farfouiller dans « Les mots sauvages » (Larousse) Un dictionnaire étonnant, par Maurice Rheims (pourtant académicien; mais pas frileux du tout) qui nous fait lire des mots rares, des inventions langagières, des néologismes d’une saveur stimulante. Du cru. Ainsi c’est les Quenau, les Céline, les Audiberti qui font montre d’ imagination. On sait, ici, comment j’aime inventrer et jouer avec les mots. Un livre tout à fait pour moi ce « Les mots sauvages ».
11-
Papa serait si heureux : son très cher Padre Pio est devenu un saint officiel. Il me parlait de ce modeste curé qui avait des dons, de bilocation par exemple, des stigmates et qui faisait sans cesse de miracles. L’église de Rome se méfiait, comme toujours, de ce thaumaturge admiré et aimé part les populations pauvres. Du temps passe et le voilà santifié. Je revois mon père tout content. Il n’Aimait que la religion des phénomènes. Que le Jésus bravant la mort de Lazare.
Mais pas de miracle salvateur pour ces gamins exilés d’Albanie qui se vendent. Marchandise en marché. Comment survivre en Italie ? Ailleurs aussi. Prostitution. Pire encore : organes neufs, rares, bons, pas trop chers ! Infamie des infamies. La pédophilie s’active, venant « en aide » à ces orphelins abandonnés du sort. On les achète, on les débarbouille un peu, on les installe sur des trains et… en route pour les marchés intéressés en Europe. De l’Est comme de l’Ouest ! Tchou, tchou, le train de l’Est…Tchou, tchou !
All-aboard, Albanie ! On parle alors de « Train de la honte » en voyant ces hordes de jeunes gamins qui voyagent vers des exils prometteurs. Oui ! Promesses d’exploitations garanties.
12-
« La Presse », en cette mi-juin, s’allie volontiers au raciste —francophobe— journal « The Gazette » . Mathieu Perrault joue le bon canayen innocent chez l’adversaire. Échanges de sornettes ? Ce matin encore, des tas de balivernes déboulent en colonnes fournies. Mon épée me démange, Cyrano ! On publie des sottises éhontées. On avance des mensonges graves. Maquillage d’une idéologie fédéraste grave. Foire de niais. Comptoir de nigauds ! Entreprise bizarre pour une réconciliation bidon. « Vive le multicul trudeauien ! » Foin de l’intégration harmonieuse, nécessaire, vitale, normale, souhaitable pour tous ces futurs petits québécois —à part entière— les enfants des émigrants. Trahison.
Entretenons les folklores tous azimuts. Ce n’est pas à la « nouvelle venue » d’Afrique d’apprendre notre folklore, nos rigodons, nos reels et ritournelles populaires (« À la claire fontaine »,…etc.) nos gigues, non, non, allons, c’est à nous de bien apprendre les danses et les musiques Noires.
Moi, m’exilant —m’installant— en Afrique, je m’appliquerais à étudier ces danses africaines, leurs folklores si variés, mais ici…on fait le contraire.
C’est l’entretien —si nocif, si peu rassembleur— des ghettos subventionnés —comme Ottawa entretient les francophobes des « All-Liance Kouébec ». Ghettos néfastes pour l’avenir des enfants d’émigrants. J’enrage.
La reporter de « La Presse » (à un Centre culturel Noir de la rue Jean-Talon) ne commente rien de cette lessive malodorante, ne dit rien, avale les couleuvres, ou veut nous les faire avaler. Une « tite » niaiseuse quoi ! Ou une surveillée, ou encore une autocensurée ? Les deux solitudes… cette fadaise. C’est une farce mais tragique. Il n’y a que ce refus obstiné (Meech et Cie) de reconnaître un état central qui serait fondamentalement constitué de deux nations. Le mot les fait trembler.
La tromperie est manifeste. Gloire aux ghettos et échangerons nos reporters !
Quoi faire ? Le bon lectorat candide —peu politisé— avalera ces bobards d’un bon-ententisme édulcoré. Je —d’autres aussi— pourrais rétorquer à ces articles de propagande…mais à quoi bon et où, surtout où ? J’évite de prêcher à des convertis, par exemple, dans « L’Action nationale. La puissante machine « Power-Gesca-Desmarais » : des hommes d’affaires bornés. Car 51 %, 55 %, peut-être même 60 % (ref. référendum de 1995) du lectorat de « La Presse » est indépendantiste. Pas un seul rédacteur, un seul édito (de toute la grosse équipe en place ), pas un seul chroniqueur ne défend l’option patriotique de l’indépendance nationale. Être des nigauds en « Business » c’est exactement cela.
13-
Rêve bref, en début de cette semaine : Nicole Leblanc, l‘actrice, me gronde, il y a des élections dans l’air, (actualités d’ici ! ) on me presse de m’engager, chicane byzantine autour, ma défunte première femme accompagne un cortège. Cris et injures volent. Cordon de police. J’ai peur et je ne sais de qui, de quoi ! Réveil subit.
Je ris aux reprises de « Catherine », réalisation efficace Philippe-Louis Martin, je rigole comme un gamin. Aile aime me voir rire, rit avec moi comme une maman avec son bébé qui rit pour rien. Esprit enfantin ? Je riais volontiers aux facéties primaires de « Cré Basile » de Gamache. On ne change guère ? Je pense encore à Vanessa Redgrave —on ne rit plus de ce côté— osant jouer la chanteuse défigurée dans un camp nazi. L’horreur. Dents jaunes, cheveux rasés, boutons rouges, etc. Courageuse comédienne et excellente actrice. Ce film : « Sursis pour l’orchestre » (« Playing for time » de Mann) me hante. Je me serais suicidé de honte et de désespoir au lendemain des révélations de tous ces Allemands bien silencieux de 1939 à 1945. Ou je serais exilé à jamais. Pauvre, pauvre Allemagne…Je repense à « Le liseur » cet excellent roman ou une ex- gardienne nazi se suicide n’en pouvant plus de se souvenir.
Oh, Monique Miller, amie de Raymonde (depuis « Montréal P.Q. ») viendrait séjourner ici. Merde ! Elle si bavarde. Elle me bat. Je vais perdre ma place, mon rang ? Merde, merde !
Demain :un samedi pas pire, dimanche pluvieux, Aile bien énervée, la « Bande des 6 » et de la pluie ! « Ouash », dit-elle. Eh qu’elle parle mal des fois, une fille qui alla chez Sita Riddez !

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