Le jeudi 27 juin 200

Le jeudi 27 juin 2002
Jours de pluie…

1-
Matin brillant, sommes donc allés en vélo. Cafés, etc. au Van Houtte de Val David. Rituel. Le chemin plus beau maintenant : des fleurs sauvages partout. Je guette mes balises : la talle de pins, la talle de sapins, celle des mélèzes ( proche de Val David) , celle des bouleaux (proche de Val Morin), un chemin donc archiconnu du pédaleur. Je ne m’en lasse pas.
Au retour : achat de papier à aquarelles, puis achat de fleurs et de terre chez Dolard Théoret (qui me taquine encore)…car, hier, j’ai fabriqué une sorte de petit tertre pour délimiter joliment le parking d’ici. Au travail donc : planter des pétunias…facile ! Annonce dforages : je sors du plastique, deux piquets, de la corde et j’installe une sorte de tente pour pas que se déracinent mes jeunes fleurs. Ouf ! Racké !
J’hésitais tantôt : aller à mon journal ou descendre à l’atelier trouver des illustrations lapetitepatriesques. Légère nervosité. Le 31, fin de juin et envoi pour « saisie « (!) aux 3-Pistes chez V.-L. B. mon éditeur de ce journal. Du calme, Cloclo. Je me dis que juillet et août seront consacrés à ces aquarelles. Oui, du calme. Je viendrai au journal plus rarement donc ces deux mois prochains.
Hier, la visite des envoyés de ARTV. L’un (le recherchiste) vient du Saguenay, l’autre (le réalisateur) habite rue Des Carrières) dans… oui, La petite patrie. Il me dit goguenard : « Un jour, un jeune vous dira : « Bonne idée d’avoir pris le nom d’un quartier pour votre fameux récit d’enfance ». On a ri. Il a raison. Comme certains jeunes croient que Champlain n’est qu’un nom de pont. Ils sont venus en repérage comme on dit. Retour avec kodak et micro le 5 juillet. La Francine Ladouceur me re-contacte : » Ça marche, le naturiste Brunet accepte de nous aider, bon signe d’intérêt chez René Angélil, espoir pour les Jean Coutu, Jean Campeau, St.Hubert BBQ, etc. Je lui rappelle de contracter Curzi, le Président de l’UDA, Franco Nuovo, le caricaturiste Chapleau etc. Elle se démène, elle le veut son « centre culturel », me vante encore sa rue Liège. Une dynamo. Je lui dis : « Je me jette dans mes illustrations tout l’été. Prévoyez un encadreur-souteneur ». Elle a ça, me dit-elle. Bien.
2-
Film loué raté hier soir : « Nœuds et dénouements » avec notre admitable Kevin Spacey…pris, hélas, dans un bien mauvais travail (de Hallström). Terre-Neuve, lot des pêcheurs, quête d’identité, des racines. Trop de pistes, trop d’imbroglios, trop de veines mal examinées. Un flop. Pourtant, Spacey y est captivant. Les paysages impressionnants. La mise en marche de ce « retour chez soi » prometteuse. Cette maison ancestrale amarré au sol escarpé comme un vaisseau à l’ancre…hum, épatante idée…
Aile et moi montons au dodo un peu enragés. C’est plate de perdre son temps à regarder un film qui aboutit à rien. Au lit, je lui dit un passage de mon « Tueur aveugle » d’Atwood, comme chaque fois, ma belle voix (c’est elle qui dit ça)…l’endort aussitôt.
J’ai dit (pour du vrai journal) me retenir souvent de trop commenter les nouvelles du jour, or, j’en peux plus cette fois. Et j’y fonce. Vitement. A) On sait que la célèbre Oriana Fallaci a publié une terrible charge (« La rage et l’orgueil », traduit, un million d’exemplaires vendus)) très anti-musulmans, farouchement. Cela après le 11 septembre. Eh bien, la voilà poursuivi par des mouvements anti-racistes variés. « Semeuse de haine raciale », gueulent ces protestataires. On veut faire interdire la diffusion du livre de Fallaci. Ce qui serait bien mieux : un livre pour se porter à la défense des musulmans, contredire l’auteure contestée. Moi, les censures…
B) Mon Foglia bien fol ! Il cogne et frappe sur son collègue Nuovo.
Il admet que Franco N. a frappé le premier et qu’il se trompait sur le fond de sa chronique à lui. La rage et ce matin, le rital surdoué de La Presse le classe : « un nul » ! Je n’en reviens pas. Impossible, critique d’art à La Presse, de m’imaginer « classer » un autre critique (disons Laurent Lamy du Devoir en ce temps-là)
Comme un nul. Il faut du toupet. Folglia en W.Bush ! C’est moi le meilleur, le « plusse bon » et je vais vous dire, moi, ce que valent mes collègues ! »
C) Falardeau, pas du tout langueboisé, cogne sur le prochain défilé du premier juillet, appuie Bégin et le MNLQ où l’on se propose de manifeste durant « la parade des fédérats », très subventionnée (20,000$ sur les 30,000$ nécessaires) par les dilueurs patentés, Ottawa. Mon avis : tout le monde, même les fédérastes ont le droit de marcher dans nos rues. Or on parle de 40 chars symboliques (de la rue Peel au Dominion Square, tiens, jamais dans l’est ?), de 25 fanfares et aussi…oh oh!, de 20 groupes d’artistes « ethniques ».
Cela m’attriste. On va donc encore se servir des émigrants pour illustrer le clivage des deux nations ? Ces communautés (ghettos ?) ethniques devraient refuser absolument de servir de « caution morale » aux négateurs de notre nation. C’est un piège sordide et qui nuira aux émigrants québécois tôt ou tard. En passant, le cinéaste Falardeau dit (à Lamia Gritli, de La Presse) : « Je manifesterais avec Jean Charest s’il devenait indépendantiste ». Mais oui. J’ai dit longtemps la même chose. C’est « après » l’indépendance que l’on pourra se diviser normalement, gauche, droite, centre. Pas avant ! Aussi je condamne les énervés, manière Paul Cliche dans Mercier, qui fesse sur un gouvernement indépendantiste. Le con. Les cons. La chapelle des énervés ¿incapable de stratégie intelligente— a fait cadeau à nos adversaires d’une députée fédérate de plus à Québec. Point final.
D) Bonheur, grand plaisir, ce matin : Pierre Delage et Gaétan Tremblay mettent le nez de Pratte (Pinocchio menteur de La Presse) dans son pipi. Pratte vient de publier (pour illuter et défendre sa liberté éditoriale !) : Principe à La Presse : « voir à la prospérité du Québec au sein d’un confédération canadienne moderne et souple ». Pauvre coco, tu vas l’attendre jusqu’à la St-Glin-glin, quand les poules auront des dents. Mais bon, bref, il a montré sa patte blanche à celui qui le nourrit. Mais Delage lui dit qu’il n’est plus crédible puisque les souverainistes ne comptent pas rue Saint-Jacques. Bang ! Bien. Tremblay lui : « 58 % des francophones (ils lisent le journal de Pratte, Roy et Cie) sont discrédités ! Il n’y a pas d’éthique chez les proprios des grands conglomérats (voir « Canwest » où critiquer Chréchien est interdit)». Que j’aime « les tribunes libres ».
E) Ce matin, un sociologue de Laval, Lux, se porte à la défense de Pie numéro 12. Le film « Amen » est mal fait. Costa-Gavras reste tendancieusement —selon Lux— malhonnêtement silencieux sur les efforts de Pie (hélas pas assez « pie » bavarde face à l’horreur hitlérienne. Ce mondain Pie, de très noble extraction, ex-ambassadeur du Vatican en Allemagne —où, hélas, il fit s’abolir le grand parti politique catholique (de centre-gauche) en Allemagne par prudence— aurait dû crier, fuir à New-York, à Londres ou à Montréal—s’offrir sur l’autel de la vérité, révéler clairement l’indicible massacre des israélites de l’Europe.
Ce pieux Lux de Laval juge un film de 90 minutes. Qui n’est pas parfait, c’est certain. Sera-t-il fait Chevalier de Malte ou du Saint-Sépulcre ? Sa charge anti-Costa-Gavras, anti-« Amen », pour redorer un misérable piètre successeur —vicaire— du Christ ne contribue en rien à la polémique en cours depuis des décennies. Des archives restent bloqués aux chercheurs divers, aujourd’hui même, dans les caves du Vatican. Rien à cacher ?
F) La Lysiane de « Gesca-Power et Cie » menace le Mario Dumont de l’associer au duplessisme. Hon ! Elle le veut plus franc fédéraste. Sinon gare… Elle lui sort le duo d’antan : « nationaleux » et « nationalistes ». Les premiers, sous sa loupe, sont de tristes des charognes refroidies. Les autres de vaillants protecteurs de nos droits. Sacrée file va ! Elle laisse entendre pour l’effaroucher qu’i l est la fille (!) de Duplessis ! Hon, hon ! Maître Paul Desmarais et son fils, le gendre de Chréchien, lisent et posent une belle étoile en or dans le cahier de la petite conne.
G) Aile ma belle théâtreuse souhaitait me traîner à « Zulu Time » du « visualisateur » Lepage. Or, on lui sonne les cloches. Ce matin encore, Dumas et le Guay du Devoir n’ont pas apprécié le show —in progress— qui n’en finit plus.
Pas de cohésion, dit la critique, ensemble hétéroclite, observations fugaces, sans intrigue forte, connexions floues. De gros moyens (la machinerie) pour des fins légères, explique Guay. Dumas, elle, parle carrément d’une absence de texte. D’une trame éclectique —tique taque— plus grave, elle dit : « On aurait aimé entendre parler (les personnages)…ils auraient gagné en profondeur… » Aïe ! Je tiens ce Robert-là pour un génie des images. Il a le droit de refuser les mots, la pensée. Il devrait s’installer à fond dans le monde de la vidéo, du cinéma, là, où justement c’est le lieu par excellence pour les machinations visuelles technologiques de pointe. J’ai dit !
H) Pour en finir avec les actualités : au grand caucus des 8, dans les belles « Canadian-Rockies-Mountains » regardons seulement les photos de ce matin dans les quotidiens. C’est clair et net. Il y a là, non pas un groupe de —chefs d’États— compagnons unis pour tenter de résoudre les problèmes du monde, non, non, il y a là le chef (élu vraiment ?) de la plus grande puissance matérielle de la planète. Il sourit,. Il est de bonne humeur. Il règne. Il le sait. Il est seul de sa catégorie à lui. Il y a le Britannique (l’axe des alliés anglos) le Français, l’Allemand, l’Espagnol et l’Italien, pis ça ? Et une souris verte…et une police montée…Quenau dirait ! Ces autres ? Ne parlons pas de Chréchien, il fait trop pitié il l’a dit : « Quoi ? Arafat ? Moi ? Je n’ai pas de point de vue spécifique… » La honte. Le Canada ridiculisé. « Mais la montagne est belle, chantait Ferrat ! lls ne comptent pas, les sept visiteurs. . Édifiant faux manège. Les petits chevaux de bois ne sont pas farouches. Ils tournent docilement autour de lui, lui qui vient de Washington, la capitale de l’univers uniformisé.Un dernier fion ? Kulture avec un grand K. Comme dans « cas ». Ou : Qulture, avec un gros Q ? Le Devoir offre de l’espace à Lafrance de la SRC qui publie que le Jean Larose a été congédié des ondes, soit, mais qu’’il n’a pas le droit (le samedi 22 juin) d’annoncer qu’après lui ce sera le déluge à la radio culturelle. Le Lafrance, vice-prési-dent a une dent raide. Il lui dit carrément : « Menteur, professeur Larose ! Énerveur intéressé ! Déçu diffameur ».
Culture toujours :Nat Pétro à matin. Patowe! Bing-bang ! Elle varge fort sur le frais démissionnaire de son propre journal. Elle termine sa vendetta par : « Foglia, Claude Gingras, Louise Cousineau, s’il y avait censure à la Presse (comme a dit Péan à Homier-Roy et à CKAC) est-ce que La Presse nous garderait sur le « payroll ». Cela, en d’autres mots. En d’autres mots : pour ma chère Nathalie (qui est talentueuse, très), la musique, la télé et les cancans —vélo, fromage et chattes en chaleur— sont les mamelles de la liberté de La Presse ! Les éditorialistes —et même les jeunes nouveaux columnists pigistes (à moins d’être protégés syndicalement et jusqu’aux yeux dans le cas des Gingras, Cousineau et Folgia)— peuvent-ils ( fermons la boucle du jour) publier un, un seul article en faveur de l’indépendance ?
Dans un canard, Stanley Péan attaque Renaud-Bray et Foglia, hérissé, dit que « non., jamaois, ça, au grand jamais ! Dans un autre canard (celle de N.P. ce matin) c’est d’avoir osé pisser sur le dernier roman de Bombardier qui a fait déborder le vase de La Presse, section culture et loisirs ! Bizarre d’ histoire, non ? Où lire ce papier interdit de Péan, où ?
Pétro-ow-ski conclue qu’il est banal de démolir Denise B. Que c’est facile, à la mode, un sport national, etc. Franchement, j’ai toujours trouvé cette manie d’une niaiserie totale. Je l’ai déjà dit à la principale intéressé il y a longtemps et je la questionnais sur « d’où pouvait venir tant d’animosité chez certains intellos d’ici ». M’ »avait-elle répondu : « envie, mesquinerie, je dis des vérités gênantes, rancunes… » Elle n’a pas une langue de bois mort, ça ! Péan aurait publié (Nat a-t-elle lu l’article censuré ?) : « une moraliste à l’égo aussi fragile que démesurée, auteur de médiocres arlequinades ».
Nous partons pour le restau de Claude-le-provençal, beau, bon…et pas cher…viande à chien ! Un barbier, lui aussi, s’en va. Jean-Guy Groulx, à l’aide d’un haut rasoir étonnant, échasse au bec pointu, il a fait une tonte énorme dans la cédraie de la terrasse du sud. Pour davantage de soleil aux petits-déjeuners extérieurs. Aile plutôt inquiète. Un rase-bol quoi ! Je dis : « Bof, ça repousse, tout repousse, pas vrai ? »
Partons… le lac est beau, une brise bien forte fait remuer mon fleurdelysé sur le rivage …il lève sa jupe, soulève sa robe, j’entendrais : « ah si mon moine voulait danser ! » Nationaleux ou nationaliste cela Lysiane Gagnon ?

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