Le vendredi 28 juin 2002

Le vendredi 28 juin 2002
Jours de pluie…

1-
La belle journée. Avec du vent fort. Comme j’aime. Un peu honte de me munir d’un saucisson de mousse (de pastique) quand je vais au large me baigner. Peureux? Bin oui. À mon âge, s’il fallait…une attaque…et que deviendrait Aile sans moi ? L’eau ? Bonne. Mon Atwwod (Le tueur aveugle) pas loin, l’ai pas continué, trop belle nature, trop beau temps où je préfère ne rien faire comme jeter des perchaudes mortes au loin, découvrir des nénuphars nouveaux…Chaque début d’été, Aile et moi, un rituel, on part en pédalo faire le tour du lac. Une sorte de tournée d’inspection. Des enfants se tiraillent sur le quai des Ferron., Jean-Paul, bien zen, est couché sur le dure du bois de son quai, Pauline hésite à se tremper, un rameur solitaire, un pêcheur bien patient… chez Laniel, une fillette joue avec son chien noir, à Villa Machin, des installés sur un radeau énorme…Pas beaucoup de monde aux chalets cossus, c’est classique. Beaux sites qui dorment…. leurs proprios partis plus loin ?, richards en Italie, Crésus en Grèce ? La petite plage publique bien fréquentée. La paix. La beauté de cette saison, la plus stimulante. Dehors, sur le gazon, j’ai installé une table pour dessiner mais…J’ai honte. Paresseux va !
Le journal parfait pour se corriger : l’acteur se nomme Harvey Kettel, non Keitel comme j’ai marqué, et Marlowe s’écrit avec un e, je parle du détective de Chandler.
Hier soir, location de « Virée d’enfer ». Aile toute ébranlée. C’est « Duel » numéro 2 ! Le film de John Dalh devrait se dédier modestement à Stephen Spielberg. Un film a trois têtes : deux gars (jeunes frères) et une fille (étudiante). Et un camion ! Énorme, fascinant, dangereux. Son conducteur quasi invisible reste « LE » méchant. Aile, au milieu du film s’exclame : « Il y en a qui entendent vraiment pas à rire » J’ai ri. Cela définissait si bien ce récit haletant où l’on assiste à la vengeance d’un routier contre ces jeunes frères qui ont voulu lui jouer une mauvaise blague. C’est bon pendant…mais, c’est plein de trous, failles vraiment grosses parfois, avec une fin surprenante et bien facile. Un vrai film d’horreur. On aime frissonner à l’occasion. C’est efficace cette « Virée d’ enfer », on s’accroche à son fauteuil, je vous jure. Il n’en reste vraiment rien à la fin. C’est comme, goulûment, avaler un sac de croustilles. C’est vain.
2-
« Le dîner de cons » avec Villeret m’avait fait me tordre de rire. Il y en a d’autres. Ainsi « Un week-end à Gosford Park », c’est un dîner de cons, signé Altman. Il se rapproche d’un polar de feu Agatha Christie. Altmann illustre une société décadente, un monde en apparences riche et d’une pauvreté totale. Une jet set «very british », sa caricature est bonne. « Conspiration » est lui aussi un dîner de cons. Oh, le film efficace ! On y voit un réunion (un repas plantureux) avec les horribles dignitaires nazis dans un pavillon de luxe de la campagne berlinoise. Un film qui donne froid dans le dos…qui continue le « Amen » de Costa-Gavras.
Je voudrais pouvoir résumer le Hawking, lu et relu. Non… Plus tard. Je crains les moqueurs. Les forts en physique. Plus tard. L’École Bouffe fait dans la boulangerie jusqu’au 11 juillet. J’y retournerai donc plus. Pas avant le 13 août.
Le petit dico « Les mots sauvages » (Larousse) est une mine de…plaisir pour un amateur de mots audacieux. Merci M. Reims, de l’Académie. Les énervés à la Larose et Léger en tomberaient bien malades. Ces mots « sauvages », pourtant, font voir comment il ne faut jamais craindre de revirer les mots à l’envers. Brutaliser la bonne vieille maman-ma-langue ! Triste de voir un Jean-Marc Léger qui, vieilli, guette les fautes sur les ondes publiques, crayon à la main. Très triste !
Un fidèle du journal, fort aimable, m’a donné l’adresse (site de la librairie Pantoute à Québec) pour que je puisse lire l’article refusé à La Presse au sujet du récent livre, « Ouf ! », de Denise Bombardier. Je vais imprimer et lire et y revenir.
3-
Ce matin, j’ai transporté l’immense tas de branches coupées vers le foyer au milieu du terrain. Ouf et re-ouf ! C’est le temps du « ouf ». Je vois, au pied du grand escalier, les beaux gros boutons ronds partout, ça va péter au soleil bientôt, si jolies fleurs qui vont éclore. Tant hâte. Nos pivoines vont embaumer la maison.
Hier, Aile guettant la « chronique des morts » sursaute : « Suzanne Bédard est morte ! » Elle avait mon âge, 71 ans. Une morte inconnue du grand public. Une de plus. Pourtant…une femme hors du commun. Courageuse, toujours sereine, capable de garder le cap dans des tourmentes difficiles. Parler d’un disparu c’est le faire revivre un peu, non ? Suzanne Charbonneau venait d’Ottawa, comme son mari (décédé lui aussi, tout le monde meurt, merde !). Son « Louis » (Bédard) mit en orbite hertzien avec un débutant, Marc Labrèche, mes 78 textes de « Boogie-woogie », en 1980. Suzanne était fière d’être une parente de ce Mgr Charbonneau que Duplessis fit exiler aux rivages de l’océan Pacifique pour le punir d’avoir appuyé les travailleurs en grève d’un Québec socialement mûr enfin pour le réveil. Suzanne était une de ces épouses solides capables d’élever sept (7) enfants :rare fait dans les années 60 et 70. Paix à ses cendres !
4-
L’ami André Dubois au téléphone ce matin : « Le 21 juillet, gros pow-wow dans ma cour, tiens-toi libre. Je te reviens ! » Je donne ma parole. Aile, retour de courses : « Hen, quoi ? Le 21 ? T’as oublié on a Monique (Miller) ici, avec nous, c’est arrangé depuis un bon moment, tu devrais le savoir. Vite, sonne chez André ! » Eh b’en ! Je me déciderai à posséder un agenda comme les importants.
Appel de Sylvain, mon neveu : « Gardez-vous libre, fête anniversaire de mariage chez moi, à Saint-Eustache, pour mes parents…. » Je me garderai libre. Ma « petite » soeur Nicole (boulottant chez « Épic ») ne sait rien…Gardez le secret abonnés du journal sur Internet, promis ?
La belle falaise dans le roc dans le parking du vidéo-club du boulevard Saint-Adèle. Je le remarque mieux hier soir. Je voudrais y peindre un œil, des dents, pas grand chose…J’en parle à Aile. Elle dit : « T’aimes ça hen mettre ta griffe un petit peu partout ! » C’est vrai. À qui demander la permission ?
Je vais y voir : de si belles murailles, il n’ y manque qu’un bouddha géant…à ne pas dynamiter !

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