Le mardi 30 juillet 2002

1-
Comme hier, au ciel, tumultueux voyagement—charriage impétueux— de nuages. En vrac ! Paquets d’ouates effilochés voguant, voiliers confus, aux formes floues. Beauté sempiternelle dont on ne se lasse pas, même enfant, surtout enfant, pas vrai ? Et du vent bien fort ce matin, mon cher vent. Mon fleurdelysé se retenant de fuir son mat !
À Historia, hier, « Le choix de Sophie » —tiré d’un roman de Byron— jamais vu encore, un fort film de Pakula (scénario et réalisation), avec une Merryl Streep extraordinaire, jouant cette rescapée d’un camp nazi et qui tombe amoureuse —émigrée à Brooklyn— avec un dément pathétique. Aile en a été profondément touchée. Moi itou.
Karen (et non Sophie comme j’ai mis) Molson continue de me raconter sa saga familial. On sursaute souvent. Exemple : « l’envoyé de Londres, Lord Durham, a commis une terrible bourde en libérant les Patriotes emprisonnés ». Oh la la, Karen ! L’historique révolte de 1837-38 n’est qu’un bref chapitre. Elle lui accorde le même espace que pour une épidémie ou de mauvaise récoltes (d’orge-bière-virtuele). Ce Montréal des débuts du siècle dernier n’est qu’un terrain pour « affaires ». Enrichissant sans cesse la tribu-Molson. Yatchs luxueux de l’un, riche manoir à Cacouna pour un autre, des étés idylliques quand, pas loin, tout autour des Molson, nos « habitants » en arrachent de plus en plus. Ils installent des hôpitaux, des temples (protestants), une université (McGill), se dévouent pour les « leurs » avant tout. Un racisme flagrant. La Karen ne s’en rend même pas compte. Amusante lecture de ce point de vue et qui confirme les faits : tous ce loyalistes ont les yeux sans cesse tournés vers la mère-patrie, l’Angleterre. Par exemple, un Molson fera des pieds ce de mains pour obtenir un titre de noblesse. Ah oui, une lecture instructive en diabe !
2-
Aile lit : « Deux sollicitudes » à son tour. Étrange voisinage —organisé par la radio publique de Rimouski avant publication— entre Beaulieu (l’autodidacte cultivé de Saint-Jean et de Dieu et de Montréal-Mort) et la fameuse Margaret Atwood. J’en ai parlé. Aile, comme moi, constate moins de générosité, d’ouverture aux confidences, chez Atwood. Deux tempéraments. Deux nations !
Monsieur le directeur d’une union de musiciens, « Subit-Rana », se fait débarquer par des membres en réunion. Cela malgré l’opposition à ce « putch » du « siège central » aux USA.
Souvenir : mon syndicat américain (Iatse) ne nous apporta aucune aide durant la grève des réalisateurs. Pas une cenne ! Après le conflit, nous avions décidé d’abandonner ce grand frère amerloque. À cette assemblée, J’avais, face à l’envoyé des USA, cogné très fort sur « Iatse ». Premier constat pour moi en 1959. Nous étions, Québécois, seuls. René Lévesque constatait la même situation de solitude voyant Ottawa tout aussi indifférent Deux ans plus tard, rencontrant D’Allemagne, je rompais à jamais avec ces alliés (!) « anglos » indignes. Le nationalisme nouveau naîtra de cette prise de conscience : « ne plus comptez que sur nous-mêmes ».
3-
Souvent harcelés —sexuellement— par deux prêtres de Saint-Sulpice au collège… non, je ne porterai pas plainte. Et pourquoi non ? Par reconnaissance pour le dévouement formidable de tous les autres « moines » du collège, les Legault, Amyot, Piquette, Aumont, Fillion, etc. Deux galeux quoi ! Mais si d’autres ex-élèves —de tous nos « petits séminaires—, moins capables de résister, furent d’innocentes victimes abusés, alors oui, ils doivent se lever et parler. Je suis d’accord qu’il faut dénoncer ces galeux même 30 ou 40 ans après les faits scabreux.
Ann-Marie Dussault, à Télé-Québec comme, tous les matins d’été, à CBF-FM : « pu capab » ! Comme pour la Levasseur postée à Washington. Son fréquent « drop de son » —pour parler en technicien— avec ses fins de « longues » questions qui n’aboutissent pas : « pu’ capab »!
La franchise dure et raide de Foglia. Quatre exemples ce matin : 1- Si c’était les stéroïdes qui donnent le cancer (Armstrong) tous les cyclistes (du Tour de France) auraient le cancer. 2- Oui, lecteurs, on vous prend pour des cons (« un Tour propre, propre ») et souvent à juste raison. 3- Les filles vont moins vite et c’est un aussi bon spectacle, c’est la compétition qui est valable. On est en train de tuer le Tour. 4- Pas assez agressifs (la ONCE)…on peut pas donner de coups comme au hockey. Que j’aime ce Foglia-là !
4-
Chanceux Elie Wiesel : sa maison natale ((nord de la Roumanie) devient un musée public E la mienne ? Souvenir : comme une cloche, papa-le-céramiste mort, sous le choc, si peiné, j’avais fait des démarches pour « notre » maison du 7068 Saint-Denis à convertir vite, vite, en petit musée public. Réponse de Québec : « Installez la chose à vos frais et, plus tard, on vous subventionnera peut-être ». Bonne réponse et puis je n’ai pas du tout la pointure international du fabuleux et essentiel chasseur de nazis, Wiesel, Prix Nobel. De la paix.
J’ai un peu fréquenté Chapleau à TQS. Un cynique. Ce matin, une platitude (cela arrive aux plus doués). Gros plan sur une capote usagé pour résumer (!) ce fabuleux rassemblement de jeunes à Toronto, émules du vieux pape malade. Niaiserie graphique regrettable.
Même gazette : trois choses. 1- Le jeune Pratte, épaté par le vieux chanteur Salvador, enchaîne avec le vieux Wojila à Toronto (show-bizz ?) défend les anciens « qu’on pousse à la retraite, qu’on veut parquer ». Les nonagénaires étaient un demi-million en 1991, en 2010, ils seront presque un million et demi, souligne-t-il, il y aura alors plus de vieux que de poupons » ! Et Pratte d’inviter la sagesse (hum !Toujours ?) des vieux à mieux s’exprimer. B’en… je vais lui quémander une colonne quotidienne, tiens ! On va bien voir s’il met son argent où est sa bouche (traduction moche du « Put your money where is your mouth »). 2-La petite mère Ouimet contredit sa voisine Lysiane Gagnon : Dutoit, comme le juge Boilard, doivent payer pour leur impérialisme…verbal. Elle en a assez de ces tyrans à « sale caractère ». « Le talent n’excuse pas tout », dit-elle. Je m’écoutais palabrer avec Nadeau ce matin à la radio publique disant que je n’excusais pas les surdoués (Riopelle ou Picasso) d’avoir été des machos inhumains. Je persiste donc… et je signe. 3-Deux lecteurs s’expriment, l’un, Pierre Meurice, souhaite carment des médecins-fonctionnaires de l’État (salariés par eux avec la Castonguette, non ?). Pas loin, ce matin, la Gagnon semble dire :quoi, le populo est en désaccord avec moi (elle favorise l’entreprenariat libre chez ces docteurs-salariés avec nos impôts et taxes) ? Tous des cons, des envieux-de-riches ! L’ironiste qui disait : « Il faudrait lui changer le peuple » ! En seulement sept lignes, Yves Deslauriers, comme moi il y a peu, parle du lobby de marginaux puissants et omniprésents : les homos et lesbiennes aux créneaux. « Fierté gaie, tourisme gai,mariage gai, adoption gai, paternité gaie, maternité gaie »… «On dirait une toune de la Bolduc avec son « Le R-100 ».
Souvenir : tante Lucienne nous expédiant à Pointe-Calumet son vieux gramophone « Victrola » et un tas de « records », des « plates » lourdes dont les disques de la Bolduc. Cadeau formidable. On crinquait sans cesse la manivelle. Séduisante découverte alors de cette amusante turluteuse. N’ai jamais oublié certaines ritournelles dont : « Les maringouins… » que j’entonne quand…j’ai pris un ballon de rouge de trop !
5-
Qui m’expliquera pourquoi « l’union civile », la loi 84 de Bégin, ne satisfait pas vraiment les « convoleurs » homos ? Mystère pour moi et pour Aile ?
Dimanche soir, vu « The glasshouse », un « trois étoiles » de Sarfati. Est pas exigeante. Un suspense plutôt convenu. Récit filmique vite oublié. À qui se fier ?
Lu : les 600 invités du Maire Drapeau sur sa terrasse nobilaire eurent la « baboune », grosse moue, venant d’entendre le Président de la France crier : « Vive le Québec libre ! » On voit mieux de quelle pâte molle est faite la gente VIP ? Une honte. 600 fédérats dans leur fromage infâme. Tous contre la nation. Tous pour la dilution. Une belle bande de traîtres, le mot « chien » devrait mordre parfois.
Dans le Village Gay, venant de Newark (New-Jersey) deux prêtres organisaient la prostitution de jeunes ados…pour servir des concitoyens amerloques ! « La honte » en effet vieux pape ! Ils sont repartis chez eux avec un petit mille piastres de dépôts devant la cour. Ces Giblin (70 ans !) et Heyndrieks (50 ans), proxénètes en soutane —ou en collet romain— démissionnaient de leur ministère, eh ! l’un des deux souteneurs catholiques dirigeait un collège catholique là-bas. Franchement… et voilà qu’un jésuite, prof de religion à Atlanta et un « logue » d’Arizona, Publie, à partir de 400 entrevues. « Passionate Uncertainty », le livre, fait tout un tabac. Il dénonce « la culture homosexuelle » des séminaires…qui attirent tant les jeunes homos. Enragé, un jésuite rétorque : « Livre-foutaise. Ils ont questionné une majorité de défroqués du jésuitisme ». Le livre dit : « un jésuite sur trois ». Il répond : « On fait d’enquête sur l’orientation sexuelle… » On devrait.
6-
Le ciel se bleute davantage … aller me baigner ! En finir. Cher courrier électrique, le Marleau ironique me revient toujours pétillant et « ravi » de me lire. Il fait de la révision et s’en chagrine un peu, avec raison. J’ai souvent songé à mes brillants réviseurs —engagés par mes éditeurs— de textes :métier terrible, généreux. Bien payé j’espère. « Les mots des autres » —un très bon livre de V.-L. B.— c’est voir aux mots des autres et négliger les siens. Daniel Marleau pourrait me surprendre un jour, il peaufine un premier roman qu’il remet (trop) souvent sur son métier. Georges G., lui, vient de lire mon « Pour l’argent et la gloire » et y a trouvé davantage de questions que de réponses. Cela me plaît bien. Il aime du journal, celui du grand Julien Green l’a sauvé. Il a, ensuite, remplit des cahiers et des cahiers de ses mots intimes à lui. Souvenir : découverte de Green un jour et je m’enflamme pour ses « Moïra » ou « Léviathan », je retrouvais une sorte de Mauriac à l’américaine, ce qui me convenait. Y revenir ? Oui. Je vais tenter de dénicher de son journal.
Je vois par ma fenêtre —mon « flag » Tit-Jean Chréchien— que le vent vient maintenant du nord et ça ne m’empêchera pas de descendre au rivage pour en finir avec ces Molson « tribaux à mort », épousant des cousines d’Angleterre, qu’ils font venir dans leurs beaux « batteaux » (ah, ils peuvent bien, consanguinuité, être si laids !) pour que le fric reste dans le clan.

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