Le mercredi 7 août 2002

1-
Comme hier, un beau ciel très chargé de…cumulus, de cyrrus ?
N’y connais rien en nuage sauf que j’ai toujours aimé les barbouillages célestes en blancs et gris variés. Nous y voyons, pas vrai?, des formes molles symbolisant nos rêves fous : architectures indédites, cavalerie floue, animaux absurdes et quoi encore ?
Mon amerloque « concordien » réagit ainsi à mon appel curieux : « T’es sympa de m’encourager à aller de l’avant. » Il enrage d’avoir perdu ses textes ( 3 semaines !) sur son ordi, nous prévient de faire de disquettes de sauvegarde. Oh, s’il fallait…il me fait peur. Je devrais vite aller acheter le bidule en conséquence, mon kioute I-Mac de plastique bleu n’as pas de fente pour…
G. Tod a vécu set ans en France mais préfère le Québec…avec la Bretagne et ses menhirs, etc. Il raconte que des biblios (à Los Angeles ) ont vendu leurs classiques pour installer des tas de « Harry Potter ». Ironique (?) il « m’encourage » —à son tour— à dépasser, par exemple, le furibond cinéaste Falardeau et publier du pamphlet sur les patriotes et nos « vendus ». Par exemple sur ce chef-Papineau qui, en 1837, se sauvait aux USA. Minute. Se sauvait ou se réfugiait ? Sa tête avait été mise à prix et lui, tué, quel progrès pour la cause ? Le génial tribun —qui se pousse aux USA par l’insistance des siens— se disait sans doute qu’il y aurait du travail à…continuer ? Indépendantiste farouche, comme tant d’autres, je ne croyais pas utile de prendre les armes et le maquis du temps des jeunes terroristes felquistes.
Je suis jaloux, gazette de ce matin : le 11 septembre qui approche, on va lire la Déclaration d’indépendance (1775) à Manhattan. Si en 1980 ou en 1995… Si…Entendre notre Déclaration d’indépendance à nous, Place d’Armes…ou Square Dorchester (!). Hélas, hélas… Mais ça viendra. Suis « un indécrottable optimiste » comme je le proclamais chez Nadeau à CBf-FM, il y a peu.
Le « concordien » a apprécié mon dessin d’un « guenillou » sur mon site, dit qu’il va se mettre à l’aquarelle lui aussi. J’ai en tête : les Italiennes cueillant les feuilles de pissenlit au Parc Jarry, deux gamins aux billes (smokes, marbres ?), un tramway bondé, le « p’tit char en or », etc. Que l’esprit de Marc-Aurèle Fortin veille sur moi !

François Jobin de Brownsbrg ( ref : L’ass. des écrivains laurentiens) me remercie d’avoir si vite répondu à l’appel d’un petit texte pour son petit magazine. Mon secret : ma paresse me fait agir promptement. Ne jamais remettre à demain…
2-
Dufort, amusant fumiste (volontaire) à la télé —« Infoman »— hier matin, à la radio publique : « Je n’ai pas lu deux livres dans ma vie ! » Aïe ! Combien sont-ils de ces générations à négliger la lecture ? Je n’en suis pas du tout scandalisé. Surpris ? Certes. Un monde « autre » s’installe, veux veux pas vieux bonhomme.
J’ai égaré, mystère, une grosse tablette à papier « désacidifié » Achat, hier, de deux petites tablettes à aquarelliser. C’est cher. Bizarre : jadis, mes meilleures pontes se firent pourtant sur du papier banal, « cheap ».Même sur du papier-journal parfois. Je m’intimide facilement (fou non ?) face à du papier de luxe ! Né pour un p’tit pain ?
3-
Aile tourmenté, nous allons fêter Mimi Dubois ce soir, dans son coquet jardin à piscine, à Mont-Royal. « Quoi donc lui acheter ? Aide-moi, Clo ! » Ne sais que dire. Le vieux dilemme. L’épouse de l’ami Dubois (L’ex-grand sec d’Orléans) retraite (du cégep Marie-Victorin et veut (une autre !) s’adonner à l’aquarelle. Chez le papetier du boilevard hier : »Vous auriez pas un ensenble de pinceaux à aquarelles ? La vendeuse : « Ah non »! Eh ! Vivre hors-la-métropole a ses inconvénients.
Hier, tonte radicale du terrain. Ouf ! Essuyant mes sueurs, écrasé dans un transat, j’admire ma bonne besogne. Grande satisfaction une fois de plus. Aile : « Oui, je te comprend, nous éprouvons cela, les femmes, après un bon ménage dans la maison ». Courriel de Manon A. : « J’ai lu votre journal, ces bébites inconnues… Brrr…Peur maintenant d’aller « pédaler » sur votre lac ! » Je ris. Aile a terminé le « Mistouk » saguenayien de Bouchard et me raconte qu’il installe les héros « des autres » dans sa saga de son héros, Noé : Le Survenant, Maria Chapedelaine, Jack Monoloy, etc. Pourquoi pas ? Aile : « À la fin, j’étais émue par ses pionniers valeureux qui ont traversé des temps de misère effroyable. Je vais l’essayer. Un correspondant outremontais souhaite m’enrégimenter —avec lui— dans une controverse. Ne sait-il pas qu’ici, j’ai désormais mon défouloir utile ?
Vu hier à TV-5 « C’est show » avec un gras animateur, très « gogoune », très chevelu et à voix de fausset, franchouilard à la parisien ! Zap ! Avions mis sur ruban —cher magnéto— un film-culte, 40 ans à souhaiter voir ce Stanley Kubrick ancien. Coté numéro : « un » au palmarès. Or c’est un stupide et vain navet que ce « Docteur Folamour » Culte de mes deux fesses ! L’antimilitarisme et le pacifisme méritaient mieux. Aile vraiment stupéfaite. Moi itou. Peter Sellers y a deux rôles bien mince (y est étonnant, si doué). Un scénario alambiqué, obscur, confus. Bref : un film pourri. À coter « 6 ».
4-
J’ai reçu (le 4) et renvoyé, hier, les 178 premières pages du journal à Trois-Pistoles. Dix piastres viande à chien… Le bus du terminus d’en bas ronflait, prêt à emporter ma prose révisée là-bas. La réviseure (fort bonne) y a fait quelques coupures… que j’ai refusé. Elle ne suggérait pas, elle coupait ! Non mais… Sortie du journal —« À coeur ouvert »— m’écrit V.-L. B. à la mi-octobre. Curieux de relire mes éphémérides de décembre, de janvier, tant de neige… Au prochain Festival de M. Losique, fims de 75 pays. Qu’on ne verra pas, personne à part quelques zélés cinéphiles montréalais, à nos écrans voisins ni au club-vidéo hélas ! Place aux produits « made in USA » seulement ! À quand un Canal-films-du-monde ? Sur 400 films, un seul québécois ! Eh !
5-
Lucide Daniel Pinard au sujet du défilé-homos : « Caricatures pour faire rire d’eux pas les hétéros attroupés… » Bravo, bravo ! Les militants du ghetto devrait vite abolir cette parade de tantouses et autres « folles » exhibitionnistes, il se tirent dans le pied.
Crainte ce matin d’un appel de TVA à propos du projet « musulman » (un Centre culturel-temple), à Brossard. Aile : « Fais très attention, si tu es « contre » tu te feras encore cataloguer « intolérant », Clo ». Elle a raison. Comment dire en deux ou trois minutes mon opposition : ces émigrants devraient toujours faire voir un besoin farouche de s’intégrer aux Québécois. Ainsi, ils devraient monter une vraie curiosité pour le pays adopté. Au lieu de faire cela, installer un gros machin musulman, rue de Rome, devient, hélas, une sorte de provocation : « voyez, nous ne somme pas du tout comme vous, nous allons vous le démontrer avec emphase, le prouver, installer ici notre Maison culturo-religieuse, etc. C’est maladroit. Simplement maladroit. Voyez-vous un fort groupe de Québécois, en Inde (ou ailleurs) installer un centre culturo-religieux (catho) ? Exilé, je serais contre. Adoptant une neuve patrie je voudrais que mon groupe d’exilés fasse voir une curiosité totale, fervente, sympathique, agissante, illustrant que cette nouvelle parie nous importe, que ,On souhaite nous intégrer —sans la globale assimilation déracinante — devenir des citoyens à part entière. Étudier la culture de « ma » novelle patrie, ses us et coutumes, sa religion « nationale » fondatrice, son histoire. Le souhait normal, sain, de l’intégration totale. Oui, comment bien dire tout cela en trois 3 minutes ? TVA n’a pas téléphoné, alors silence.
6-
Mes gazettes : des carrière-Miron s’installent en banlieues pas bien lointaines. Loin de notre rue Papineau quoi ! Payant commerce : 33$ le camion ! Pas de frais importants, que des champs vacants. Allez-y : « dompez les gars, dompez vos merdes » ! Des écolos s’inquiètent. L’affreux jus toxique —le lixivat— traverserait vite les toiles —géotextiles— ou la glaise. Nappes d’eau souterraines à jamais polluées alors. Misère : le recyclage coûte cher. Les sophistiquées machines à dépolluer aussi. Agitation utile, à Sainte-Sophie, poche de Saint-Jérôme, par exemple.
« Yves » Yves ! » réclame les animateurs de la radio publique. Il observe le trafic des heures de pointe. Sa voix nasillarde amplifiée par le téléphone grésille. Le surveillant a un tas d’appareils sur son tableau de bord, montre une photo du journal. Oh ! Un jour : « Yves, Yves ? » et pas de réponse. Il se sera fait tué, cellulaires aux mains !
Michelle T. me couriellise sa petite vie. J’aime. Veut retourner bosser. Son C.V. est chez TQS. Mais peur d’un « oui ». Dilemme. Enfants si jeunes. Son « homme » travaille avec Stanké à de nouvelles facéties à « caméra cachée ». Elle viendra « aux couleurs » par ici cet automne. Spectacle naturaliste en effet fascinant. Soudain : « faudrait que je termine mon maudit livre… » Ah ! Une autre écr…evisse (vice) ! Courage Michelle, oui, courage !
Au vu le « making of » de « La planète bleue » à Découvertes. Cinq années de guets terribles, caméras aux poings, des heures pour une minute rare ! Faut du fric. De l’équipement coûteux. Des équipes entières. Pluseurs « commandant Cousteau » quoi, En fin de compte des images qui serviront et cent fois. On les fera voir et revoir dans des décennies, non ? Investissement lucratif ? Aile et moi fascinés vraiment par toutes ces bêtes nageuses —et avaleuses des plus petits— dans les eaux du monde entier. Hélas, que de fréquentes pubs criardes. La grossièreté a un nom :la pub intempestive.
Ce même dimanche : revu « Le parrain », no. 3. Le tueur (Pacino) Michael Corleone (fils de Marlon Brando du numéro !) devenu vieux, voudrait se réhabiliter. Impossible comme on sait. La meute des assassins italiens —Dieu que les Ritals doivent être encombrés par cette réputation de leurs effrayants marginaux !— l’entoure, le rejoigne, lui recommande une suite de meurtres neufs. Puzo, cette fois, y mêle l’affaire sordide de la Loge P.2, de la Banque vaticanesque, de la mort subite (questionnée encore) du pape Jean-Paul premier ! Anti-catholique ou bien informé ? Il laisse entendre une collision effarante entre la papauté (via l’immobilier gigantesque) et la mafia sous Paul numéro 6, mort à 81 ans. C’est embrouillant. Voulu ? Oui. Comme avec « Omerta » de Dionne lu sa récente saga de motards-criminels. Le public captivé par le sang qui ruisselle sans cesse, se dit-on, ne sera pas trop exigeant sur l’embrouillamini, sur les tenants et aboutissants du scénario pas bien clair. Mépris ? Oui. Encore les fréquentes pubs abrutissantes —le CRTC ronfle— bafouant le public qui n’a pas de magnéto. Viendra-t-il le moment où, réunis, les créateurs de films s’opposeront à ce charcutage grotesque ? Il le faut. Fellini avait essayé et il n’y avait pas entente hélas.
7-
J’y reviens : Saint-Germain, excellente questionneuse, regrettait avec Dufort qu’on ne trouve jamais de commentateurs libres aux actualités, comme il y en a dans les imprimés. Ont bien raison. Dufort parle de Montgrain à TQS et de Claude Charron qui s’en va chez Bruneau à TVA… en, peut-être « columnist ».
Raymond Lévesque dans le Dev dit, avec bon sens, que la cigarette est bien moins mortel que voitures et camions. Pourtant pas de capgne avec images horribles…Voyez-vous cela ? Collage obligatoire de « cadavres » sur la bagnole ? Sur les camions ? Aux postes d’essence ? Horribles, dégoûtantes vignettes colorées au sang partout : « Danger : la gazoline tue » ! L’État-maquereau a trop besoin de taxes…
Pierrot Péladeau, lui, déclare que l’on est en route pour se faire gouverner (dans pas bien longtemps) par des puces ! E oui, c’est parti, avec, très bientôt, des puces savantes accrochés à notre carte de ceci et de cela, permis de conduire, santé, etc. Le génial Teilhard de Chardin prophétisait bien avant l’électronique sophistiquée : « Nous vivrons tous dans des cages de verre ». Hier matin, même page de journal, François Beaulé a pondu un excellent article sur conscience versus science, sur rationalité versus spiritualité. Je l’ai lu et relu. Avec contentement, aussi grande inquiétude. Un autre « lettreouvertiste » : si Jésus avait eu deux ou trois femmes parmi ses apôtres ? Il y aurait des tas de prêtres féminins alors ? Car, dit-il, le grand argument vaticanesque (bien sot) est : « Jésus n’a choisi que des hommes comme zélateurs ».
9-
Mardi, « docu-menteur » à la télé de RDI : la vie de Marilyn Monroe. Platitudes et redites. L’orpheline et sa gourmandise de se faire photographier. Prudentes images muettes pour son complexe d’infériorité ? Le mépris de Lawrence Olivier. L’abus de médicaments. Les suicides ratés. Les 13 avortements et… rien sur les Kennedy ? Déception. Curieux, jeune homme, cette actrice de cinéma, si populaire déjà, me laissait de glace. Attitude de jeune intello ? Je me sentais comme à part des autres, du monde ordinaire et normalement grégaire cela m’embêtait un peu. Quand le dramaturge Arthur Miler que nous admirions tant l’épousait, nous nous disions, aspirants-artistes et écrivains, que le gars voulait une popoune, une « star » pour briller niaisement. Notre déception alors. Voyant des flics (à New-York) diriger le trafic des villes, je me suis souvenu des nôtres à Montréal aux importants carrefours, petite pointe de nostalgie. Un être vivant, gesticulant, au lieu des feux synchronisés. Une perte d’humanité ?
Grand plaisir de revoir « The rear window » de Hitchcock (son meilleur, ma foi !). Ce vaste décor d’appartements où les commérages font florès me fascinait encore. J’y retrouvais la cour arrière de ma jeunesse quand les voisines jasaient sur toutes les galeries. Que nous savions tout sur tout le monde. Une chaleur qui me plaisait tant. Que j’ai voulu illustrer (souvent) dans mes livres autobiographiques. Un temps fini. Hélas ? Je ne sais plus.
10-
De Guise dans Le Dev du 6 août dit : foin de ce 11 septembre 2001 ! Qu’il faut plutôt commémorer « le 6 août 1945 », jour du plus grand massacre terroriste de tous les temps, spécifie-t-il. La bombe aux 200,000 morts, pas 3,000 à Manhattan, 200,000 ! Sur la population civile d’Hiroshima. Oh ! Nullement culpabilisé, trois jours pus tard, le 9 août, on remettait ça : Nagasaki. Grand moment de silence chez Aile quand je lui lis ce rappel funeste de De Guise. Perplexe, j’y songe.
Au pays de Dracula, chasse aux sorcières. Des gitanes. La Roumanie veut exterminer ce payant (et hors impôts) commerce de romanichels, une coutume répandue et estimée dans la populace. Mes sœurs midinettes allaient chez une mystérieuse Italienne du voisinage pour se faire « tirer l’avenir » ! Mes parents les grondaient : gaspillage d’argent. Et moi, « fin finaud » du cours classique —payé par leurs pauvres gages d’ouvrières— je les ridiculisais. Honte à moi ! Dans un des mes 78 sketches du feuilleton (La petite patrie) j’avais illustré une telle sorcière : ma petite sœur disparue, le pendule de l’Italienne dans la cuisine, mon père enragé contre elle…
Moins de nuages, ciel plus clair. Soleil brillant. Aller nager. Les aquarelles… ? Qu’elles attendent !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *