Le mardi 27 août 2002

1-
Je n’en pouvais plus. Tant de jours sans journaliser. Il a fait si beau. Ce matin, même lumière avec un grand vent —froid— du nord. Mon « flag » me le montre. Ainsi diariser m’est agréable, c’est clair. Je sors des trois vieux volumes de journal, cadeau de Manon A. Je n’en reviens pas. Tant Mauriac que Julien Green, c’est le questionnement spirituel continu. C’est impressionnant certes. Du vrai journal ? Non. Mauriac ne date même pas ses entrées ! Il en résulte un tas de réflexions graves, avec des trouvailles riches, des moments « métaphysiques » bien trouvés. Mais on ne sais rien
De concret sur leurs existences disons « terre à terre ». Ils flottent dans une quête acharnée —un peu répétitive parfois— pour le salut de l’âme. Je ne m’en moque pas du tout. Les deux bons écrivains semblent vivre en dehors des réalités, des « contingences » pour prendre le mot de Sartre. Ils font réfléchir croyants et incroyants. Il y a comme en leitmotiv la mort et le chemin ardu pour la sanctification.
Je pourrais transcrire des lots de passages édifiants, mieux que cela, essentiels. Mais mon journal ne doit pas servir à citer longuement les autres.
Ces lectures me fortifiaient. Et m’agaçaient ici et là. Cette « hauteur de vue » n’a plus rien à voir ave un journal, il me semble. Pourquoi ne pas oublier des essais alors ? Mystère. Les trois livres sont très salis de centaines de mes notes. J’y reviendrai sans doute, ici-même.
2-
Hier matin, coup de fil de Stéphane Tremblay : on me veut comme chroniqueur à une nouvelle émission de télé. « Tous les matins ». J’y serais une fois par semaine. Comme quoi ? Comme « ancien » ? Comme sage sénateur ? Comme un papi ? Pas trop clair. Bon cachet et j’ai dit « oui ». Jeudi après-midi, devoir aller à un premier contact —« screen test » écrit T.— à Radio-Canada. Hâte.
Tantôt : message du Marleau ironique si amusant. Il m’a fait grand plaisir en me disant qu’il avait acheté une cassette de mon « Pleure pas Germaine », version belge. 5,95$ Il lit le journal :qu’il sache que j’irais boire volontiers un café fort avec lui s’il vient dans mes parages laurentiens comme il le souhaite. Au Van Houtte de Val David, avec nos vélos ? Il en est un adepte de la « petite reine ». Marleau s’amuse de sa trouvaille : moi en aquarelleur, mer titre-t-il, contraction avec « querelleur ». J’ai ri.
Il y a aussi mon G.Tod de Concord. Il revient, hélas, sur sa querelle avortée avec ce « Festival de la poésie universelle » à Trois-Rivières (ouf !). Ne sait-il pas que c’est un non-événement ? Perte de temps, sa colère ? Mais il a raison de mijoter un pamphlet sur le parasitisme-artistes-subventionnés —collier du chien de Lafontaine !— par l’État. Il tient à me re-redire qu’il n’est pas toujours à l’unisson avec mes déclarations. Pis ? Non mais… L’unanimité m’importe peu et depuis longtemps. Ce jeune homme, imprécateur imprévisible, « afficheur qui hurle » (Chamberland), aussi pondeur de b.d. prof aux USA, sa patrie, reste quoi ? Un dissident. De tout ? Sais pas. J’aime les dissidents, mes frères.
Actualités du jour : la télé-TVA veut avaler la radio-CKAC et affiliés. Pas une nouvelle. C’est la mode convergence un peu monopolisante et un peu beaucoup en vue de contrôle des annonceurs. Ces « clients » pourraient payer cher pour devoir s’enrégimenter avec un vaste réseau « journaux-télés-radios » avec un seul et même proprio qui dira : Jean-Coutu, Wall-mart, St-Hubert BBQ, branchez-vous, vous venez dans notre immense « parc à pubs » sinon…
3-
Ma fille et mon Marcogendre s’en vont, quatre jours, louer un gîte à Ogunquit. Mi-prix après la fête du Travail. Les chanceux. Je veux revoir la mer ? Quand ? Avec mon « oui » à Radio-Canada-matins…hum ! Pogné ? Contaminé par Aile —heureuse chômeuse volontaire— j’ai hésité avant de dire ce « oui ». S. Tremblay, le chef-recherchiste, en témoignerait. .
Le ministre Simard, un docteur en lettres, doit améliorer le système public mais il enverra ses enfants au « privé ». Ça gronde en médias. Contradiction ? J’aide —en subventionnant— ce système : Mont St-Louis, Regina Asumpta… etc. Là où étudient mes petits-fils. Décision —que je n’avais pas à discuter— de mes enfants. Sauf pour Simon Jasmin qui fut accepté en « douance » (!) à Sophie-Barat. Que rétorquera le Ministre ? À suivre !
Hier soir, télé : autre épisode des « Misérables » de Toto (Juliette, sa maîtresse, le nommait ainsi, comme Aile avec ses Cloclo !). Malcovitch y est fascinant en policier Javert qui, obsédé, « voit dans sa soupe » l’ex-bagnard Jean Valjean joué par Depardieu-la-bedaine. Du mélo étonnant du père Hugo. Paris est tout petit car les protagonistes se croisent sans cesse ! Invraisemblances qui dérangent pas trop quand les rebondissements pleuvent. La télé tasse le long roman ! Ça revole ! Une grosse machine visuelle ($) captivante.
Vu aussi une bio du canal D —c’était son tour— avec un Guy Fournier d’une candeur déconcertante qui se peint —involontairement— parfois en « sale con ». Nous apprenons, médusés, que sa mère était une sorte de déséquilibrée et, plus grave, qu’il se vengeait, vieux libidineux empêché, d’une toute jeune actrice qu’il…convoitait, en lui fabriquant un rôle de très méchante guidoune ! Aveu renversant. Franchise exagérée ? Fournier, fécond créateur, n’a donc pas de boussole ? Tient-il de cette mère si peu pédagogique ? Une longue séquence de télé montre Fournier au bain fruité avec sa compagne de l’époque (Deschatelets) et ça vire au burlesque d’un grotesque rare. Non, pas de boussole !
4-
Vu la deuxième partie —avant-dernière ce soir— de « Thomas Mann et les siens ». Ce triptyque fort bien filmé nous raconte, non pas le grand écrivain allemand exilé sous le nazisme et ses œuvres mais « sa vie privée ». Rien pour nous familiariser avec ses talents d’auteur. Un voyeurisme atroce. Épouse aveugle et muette, homosexualité larvée et non assumée du « grand homme » nobélisé en 1929, romancier « enfermé », froid, frustré —il aime les jeunes garçons comme dans son « Mort à Venise »— distant, hautain. Écrivain dur et trouble à la fois, bien joué par l’acteur fameux qui incarnait le héros de « La liste de… » de Spielberg). Un grand frère communisant, auteur lui aussi, accroché à une jeune danseuse « taxi-girl ». Klaus, son fils incestueux et inverti drogué, Érica, sa fille, lesbienne pas moins à la dérive. L’avant-guerre aux mœurs à la « Cabaret », le film culte. Un petit caporal fasciste, l’Autrichien Adolf Hitler va y mettre bon ordre, n’est-ce pas ? 1933 : le pouvoir aux nazis et l’exil des Mann.
Cette bizarre entreprise —« voyez, vastes publics du monde entier, Mann, le fameux Prix Nobel, fut indifférent à la noyade familiale »—donne le frisson. On y a mis, avec talent, des tas de vrais documents (d’époque) et l’ensemble en devient une sorte de fascinant documentaire. On reste rivé à son fauteuil. On a pourtant honte d’être transformé en voyeur dans les trous des serrures de ces riches. On ne voit jamais, pas une seconde, le peuple allemand. Le populo. Les gens ordinaires. La misère horrible dans cette Allemagne ruinée (après 1918) pour la majorité. Les caméras restent braqués sur ces bourgeois. Manoir, jardins, bagnoles de luxe, etc.
Au lit, je dis à Aile : « Dans « Les jardins des Finzi-Conti » je fus très bouleversé. Pourquoi suis-je resté froid face à ces « malheurs de riches » ? Aile : « Les Mann s’échappent (en Suisse puis aux USA). Les juifs italiens, les Finzi-Conti, s’en allèrent, eux, aux camps de la mort ». Vrai. Très hâte de voir la fin de « Mann et les siens » ce soir à ARTV.
5-
Ma joie ce matin :voir deux hommes « de couleur » en « grey flannel suit » à la une ! Impensable jadis. L’un vient de l’Inde, l’autre est d’Afrique du sud. Ils président le « Sommet de la terre » qui s’ouvre à Johannesburg. Thabo Mbeki et Niti Ndisan, c’est la revanche des « esclaves », des « colonisés ». Ils représentent plus d’un milliard d’humains. De deux continents bafoués si longtemps. Joie, oui !
Guy Bouthillier, président de la SSJB, me contacte pour mon appui : donner le nom de Camille Laurin à la future « Grande biblio » de Montréal. Je le lui donne volontiers et l’aide à dénicher d’autre appuis d’écrivains car l’Union des écrivains serait « contre », voudrait un nom d’écrivain : Anne Hébert (inconnue hélas du grand public), Gabrielle Roy (l’exilée du Manitoba détestant la cause indépendantiste, Gaston Miron, le poète animateur d’un seul receuil. Sans sa courageuse « Chartre de la langue française », sans Laurin, nous serions moins écrivain en fin de compte. Son coup de barre audacieux —René Lévesque hésitait, craignait— historique, nous rendait la « fierté d’être québécois français ». Mais… une lettre ouverte de ce matin recommandait de dire : « La grande bibliothèque », tout simplement et je crois qu’il a raison.
« Je me regarde jamais la télé » ! Encore ça ? De ce Richard Chartier (La presse) qui déclarait « nul » un comédien de la tempe de Robert de Niro ! Qu’il est donc coco. La télé offre des heures (rares certes) inoubliables. Il s’agit de lire les télé horaires, Trop fatiguant, pauvre nono ?
Mon fils Daniel, ex-prof démissionnaire, avait donc raison ? Je l’avais jugé bien impatient dans le temps. Ce matin encore (Marie Allard de La Presse) un témoignage fortement accablant de profs vite écœurés de l’enseignement comme il le fut. « Grosse vache »…fillette enceintes effrontées, jeunes dealers de dope, Marie-Êve, 25 ans, a vite quitté l’école Père-Marquette. On ne sait plus trop quoi faire. On parle d’un prime ($) pour garder ces profs éprouvés. Misère humaine !
6-
Mon fascisme ordinaire : quand je lis tant de drames dans des familles en décomposition aux jeunes enfants innocents écrabouillés : « interdiction de se reproduire » si on n’a pas un certain « quotient intellectuel ». Hon ! Oui, j’ai honte. Mais… Tant de filles et garçons ignares, perdus, incapables en tout, qui pondent des rejetons —« cé not’ seul’ richesse hein »— pour les élever comme (pire) chiens et cochons… Oui, stérilisation. Interdiction d’enfanter ! Oui, mon fascisme ordinaire. Quand il m’apparaît, je tente de lui clouer la gueule mais… Julien Green, inquiet de trop en dire parfois dans son journal : « Tenter, malgré ma réticence, de dire la vérité, la mienne, sans cesse. » C’est ça qu’il faut faire mon Julien. Bravo !
Vu aussi à la chaîne Historia, hier, début de la série sur nos ascendants. Hier, un Marsolet. Un « truchement », voulant dire un voyageur en forêt, apprenant la langue huronne, organisant le troc pour les prudents marchands restés au village naissant. Il y eut la « morue pour tous » —avant même Cartier. Il y aura désormais les fourrures. Échanges pour du fer et du cuivre (haches, chaudrons, couteaux etc.), du verre ( pauvres bijoux recherchés, miroirs), de la lingerie (aux couleurs si vives). Ces « coureurs des bois » fornicateurs libres avec les sauvagesses, seront condamnés par les Jésuites qui s’en viennent —avec une autre sorte de troc. Ils vont fustiger ces jeunes « intégrés » trop libertins !
Bon récit avec utiles commentaires (historiens et alliés) sauf ces damnées « reconstitutions ». Du bidon d’amateur ! Des séances d’école. Et ces putains de pubs incessantes. Et un peu de « tétage » (lècheculisme) sur « les tous bons et tous braves » amérindiens. Même lècheculisme dans les pubs télévisées du 25 e anniversaire de la « Chartre-Loi- 101 » avec gros quota gonflé—artificiel— d’ethniques. Nous sommes 83 % de la population. Huit sur dix quoi. Or, on montre, bien téteux, 50-50 en ethnies colorés dans ces images. Mensonge vain. Fausser les faits par une complaisance niaise et futile.
7-
J’oubliais : les fils de G. Fournier parlaient du « cliquetis » perpétuel du père à sa machine à écrire. Ma fille Éliane, Daniel aussi, me parlaient de ce « cliquetis » typographique —typewriteriste (!), de leur jeunesse. Même tard le soir ! Eh oui !
Le docteur Guay de Trois-Rivières m’écrit chaudement, venant de Villeray. Il aime ses souvenirs. Ce n’est pas si fréquent qu’on pense. Il admire aussi mes insolences. Se dit parent en la matière. Je lui ai rédigé de gros mercis.
Ça cause « uniforme » pour tous… dans écoles (et cégeps?). Souvenir : au Grasset, éléments latins et port obligatoire d’un pantalon gris et d’un « blazer » bleu. Maman court chez Greenberg. Je compare pour ma veste, je vois bien de belles étoffes pour plusieurs, ety de ces pantalons d’une flanelle de qualité, bien supérieure. Pas de ce linge qui se froisse si vite ! Payés de meilleurs prix. Ma honte niaise. Et l’écusson à devise du collège qu’il faut payer, broderie dorée. Non, pas pour moi. Trop cher. L’uniforme ne réglerait rien dit un letttreouvertiste de ce matin : « non pas d’uniforme, plutôt un code des vêtements. Pas trop de fantaisies libertaires « chic and souel », c’est tout ». Il a raison.
Amusant de lire cela hier matin : Normand Brathwait (venu de La petite patrie, rue Bellechasse) se souvient de son « dédain très hargneux à l’École de théâtre pour le monde commercial ». Il en rit maintenant, lui, qui prête son nom et son allure à tant de publicités (pas juste Réno-Dépôt). La jeunesse et la pureté. À méditer !
Faut que je me grouille : organiser une protestation unanime, publicisée, de tous les créateurs du monde (cinéma, télé etc.) —commencer par Québec— en vue d’un slogan rassembleur : « TERMINÉ LE CHARCUTAGE »! Rallier les « gros noms ». Comuniquer (ô Internet !) avec ceux des autres pays de la terre. Pourquoi un tel mouvement ne viendrait pas du Québec ? Y aller avec patience (oh mon Dieu !) , même si le résultat devra attendre cinq ans, dix ans s’il le faut. Assez c’est assez. Les réclames (dont les auto-publicités hein), tant qu’ on voudra, on serait pas « contre », mais au début et à la fin de l’œuvre. Oui, un jour, fini le charcutage.
J’oubliais : Thomas Mann, voix hors-champ : « On ne devrait pas faire d’enfant, les gens comme moi ». Oh la la ! Je sais bien ce qu’il voulait dire. Hier, un Fournier ose dire parlant de ce père absent : « Mon père, sa passion c’était de rédiger, pas nous, ses enfants » » Oh, oh ! Constat effrayant ? Eh ! Moi qui ne me suis jamais consacré totalement aux démons de la création, moi qui ai obtenu tant de joies, tant de bonheurs, tant de plaisirs (petits, moyens et grands) à voir vivre, grandir, s’épanouir, vivre mes deux enfants, je sais le prix à payer. Jamais d’œuvre impérissable. Jamais de prix. Jamais de Nobel. J’accepte ce prix à payer. J’en suis fier, heureux, content.
Green parle —dans son journal— de cette vaine « poursuite du chef d’œuvre contre la vie elle-même », se pose de graves questions. Fournier, moment rare hier, dit qu’au chevet de Judith Jasmin, il l’a entendu lui confier qu’elle ne regrettait surtout pas « le temps perdu ». Cela l’a tant marqué en retard et il se surprend à consacrer une heure de promenade en boisé (temps perdu) chaque matin. Le diable devenu vieux…
8-
Aile dimanche soir revoit son émission avec Donald Lautrec dit : « Et que j’étais bonne là-dedans ! » En effet, c’était souignant en yabl’ ! Frisson ici quand on voit son nom au générique. Le temps passe vite ! Aile s’en alla, à jamais, vers les dramatiques pourtant. Et ne le regretta pas.
Que de jeunes chanteuses et chanteurs, vedettes d’une saison ou deux, ensevelis profondément dans des limbes bizarres ! On en a jasé revoyant ce vieux « variété-jeunesse ». Le temps file…Que de romanciers disparus…Durer, durer, le bel idéal.
Je repense souvent à la magistrale interprétation d’Hélène Loiselle dans « En pièces détachées ». Elle concentrait toutes les pénibles mères miséreuses, les écrasées du destin, les démunies de la terre, mères désarmées face à la vie qui bat fermement. Inoubliable Loiselle !
À « Découvertes » dimanche, étranges machins virtuels du temps des bêtes anciennes et des hommes des cavernes, Aile et moi très étonnés. L’infograohie et ses trucs montrés comme des lapins magiques sortis de chapeaux technologiques ahurissants. Oh la la !
La romancière (brillante) Monique Proulx revenue de Chine (à nos frais ) rédige son rapport dans La Presse. Soudain, elle parle de la langue anglaise (américaine au fond) que les jeunes apprennent là-bas à toute vitesse et dit : « on devrait faire comme eux, il y aurait moins de paranoïaques par ici ». Pas verbatim. Une saloperie! Comment comparer la Chine —plus d’un milliard d’habitants— son immense histoire, sa culture écrasante et nous, nous, chétif 2% de « parlant français, » héroïques résistants —peinturés par la jeune Proulx en malades paranos. Un tout petit 2% sur ce vaste continent à vouloir « être », menacés par tout ce tout- puissant bloc anglophone à nos portes —285 millions de « speaking english ».
Coups de pied au derrière de madame Proulx —schizophrène, elle ? — qui se perdent. Une « Monique-couche-toi-là » ? Vrai : parfois les voyages (payés par Ottawa) ne forment pas du tout la jeunesse ! Le reste de son article était bien fait, souvent étonnant de constatations originales.
L’écrivain péruvien Llosa : aristo, il désigne comme complices les pauvres gens qui voient s’installer une dictature chez eux ! Eh b’en ! C’est vite aller en… jugement. sommaire. Il publie, sur ce sujet, « La fête du bouc » narrant la montée de la dictature en République Dominicaine, jadis. Culpabilisons les pauvres manipulés quoi !
Green m’influence ? Envie de remercier en me levant chaque matin… Mais qui ? Mon refus de voir Dieu comme un papa, un pater, un humanoïde. Le percevoir comme une « lumière ». Je remercie donc…la Providence. Ah les mots ! J’ai bien vu que c’est Jésus et les évangiles qui fascinent Green dans son journal. Dieu ? B’en, c’est trop abstrait pour ce sensuel puritain qui n’assume pas bien ses attractions pour la beauté… toujours masculine (Ah Thomas Mann encore ?). Qui ne reçoit jamais les femmes dans son antre !
Converti aux cathos, il reste un protestant dans l’âme. La Bible sans cesse à son chevet. Il estime beaucoup le célèbre « que le premier sans péché lance la première pierre… » du Galiléen Jésus. Il se disculpe ? Il joue au chat et à la souris avec le péché de la chair et c’est fascinant de le voir…écrire.
Le soleil brille sur le lac. Y descendre jusqu’à la venue du crépuscule. Oui. J’y vais. Tenter de lire du Eco un peu plus…

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