Le vendredi 30 août 2002

1-
Marco et ma fille sont des chanceux : ils partent lundi pour (Je voudrais voir.., (Rivard) la mer !… « La mer, la mer toujours recommencée » (Paul Valéry). Il s’en vont vers : « L’éternité, c’est la mer en allée au soleil (Rimbaud). Moi, je regarde mon petit lac.
Pas « demain samedi » ? Le temps… Ah ! La ferme ! On le sait, tout le monde, que le tempus fugit effrayant ! Ciel archi, très archi, lumineux aujourd’hui. En somme un mois d’août parfait. Ce matin, devoir remonter en laurentie après avoir réussi le screnn test (le Marleau, oiseau-moqueur, m’écrit : « scinetesse »). Tantôt, lu le message du chef Stéphane T. de cette neuve série du matin à Radio-Canada, titrée : « Tous les matins », fort stimulant courriel : : « Toute l’équipe emballée, vous recevrez votre contrat sous peu pour jiusqu’au mois de mai ». Ça fait plaisir.
Hier après-midi donc premier contact au studio 45 de la SRC avec le couple-animateur : Paul Houde et Dominique Bertrand (« la belle et… la bête sarcastique que l’on connaît), pas de maquillage, rien. Je plonge Ad lib et ça colle. Je raconte « grand-père rajeunissant » (de 1985 à 1995) au contact des petits enfants. Fort sympas, deux types, le gardien du parking-Papineau et le surveillant du bureau d’accueil, les deux : « Ça va marcher cette audition. Ayez confiance. Vous avez tant d’expérience ». Chaud au cœur !
Ensuite, j’ai filé vers « Ville-Marie-Typo » , rue La Gauchetière (pas loin du bâtiment « Chiffon-J » vitré) l’éditeur de mon projet « Petite patrie illustrée ». Dans le hall :tas de portraits d’auteurs morts. Funèbre galerie ! Godin, Ferron, Miron, Pierre Perrault, etc. Suis pas encore affiché ! J’ai protesté, moi, un pilier de la maison, aucun portrait ?, injustice etc. Colère feinte bien entendu. On a ri.
J.-Y. Soucy, camarade-auteur, l’adjoint du patron Graveline, m’entraîne vite dans un sale cagibi car… il fume lui aussi. Se cacher comme des lépreux. Grrr… Soucy me dit de ne pas m’en faire avec mes formats variés d’aquarelles, que tout se « scanne ». Bien. Fin septembre :rendez-vous donc avec mon gros paquet de « torchons » illuminés ! Je dis : « Toi et ton équipe, ton graphiste surtout, déciderez d’un choix, je serais mauvais juge ». Il veut bien jouer le juré de mes pontes de barbouilleur frénétique de ces temps de jadis. Je questionne Soucy sur son manuscrit en cours : « Ah, parle m’en pas, je comptais sur des vacances et je n’ai pu prendre que quatre jours deux fois ». Je dis : « As tu hâte d’être vieux et libre comme moi » ? Il a encore ri. Et m’a offert un des livres Sogides sur…les cimetières en montérégie ! Eh b,en, il sent ma mort ? Il va frapper un nœud, je pète de vivacité..
2-
Hier, Aile revenue de chez sa coiffeuse « espagnole » et de courses diverses me suggère la bouffe à notre familière « Moulerie », rue Bernard. Moules à la sauce « india », épicée. Risque ? Non : le sommeil est venu facilement après avoir écouté, ravis, l’acteur Rochefort questionné par Rapp aux « Feux de la rampe » à Artv. Le bonhomme est bien bavard et fort captivant. On sait que bientôt il y aura même genre d’émissions avec les talents d’ici. C’est bien correct. La semaine dernière, avec Anouk Aimée, c’était pas trop fort. Évidemment, il y a des personnalités moins attrayantes, moins riches, moins habiles à baratiner sur leur carrière. Dehors, le trou est fait, on a installé le coffrage pour le solage du bloc à huit étages qui va venir. Bruits effrayants dans l’air du Chemin Bates.
À la Moulerie, voisine de table, une fillette de trois ans, rigolote, enjouée, se fait séduire… par moi. À la fin elle me chante une chanson, me fait des pirouettes et des grimaces, ricane, mime. Adorable petit boit de chou bien dans sa peau. J’aime les enfants. Voilà sa maman qui me dit :
« Comme j’ai aimé votre « petite patrie » à la télé. C’était si serein, si doux. J’avais dix ans ». Le « ouaiter » s’en mêle : « Moi, j’ai enregistré toutes les émissions qui passaient en rafale tous les jours, il y a quelques étés. J’ai tous les rubans ». Un autre garçon de table nous parle intelligemment de télé et de cinéma, il est fou de David Lynch. Grr…Alors Aile en jase avec lui. Décidément, les ouaiters d’aujourd’hui ne ressemblent pas du tout à ceux de ma jeunesse. Souvent, on y croise des types cultivés, intéressants en diable. C’est formidable. Andrée Lachapelle « et les siens » passent devant La Moulerie, ils reviennent du « Bilboquet », le célèbre glacier pas loin. J’ai dit adieu à sa belle grasse crème, hélas. Maudit mauvais cholesto !
3-
Pu’ capab’… Vraiment pu’ capab’ …d’ entendre ces « Ici Michel Morin pour Radio-Canada », il me donne l’urticaire. Voix de faux fausset, ignorant la loi naturelle des accents toniques, appuyant donc lourdement sur la première syllabe des mots, comme pour l’anglais (et l’allemand me dit-on). Il n’y a eu personne donc pour le faire se corriger ? Ce déplacement des accents toniques (premier cours de diction partout jadis) est fréquent chez des jeunes. Influence américaine ? À part exceptions, on doit appuyer sur la deuxième syllabe des mots en français, cela fait la douceur (reconnu par un Julien Green entre autres) de notre langue. Horreur d’écouter cet oiseau criard, Michel Morin.
Reçu « L’Actualité ». Deux articles étonnants. Le premier : l’ex-révolté, ami du Che, Régis Debray a mis dans son rapport officiel sur les nouvelles orientations des écoles en France qu’il faut de toute urgence un retour du religieux. Ah ! Bravo ! Pas « l’enseignement-enrégimentation » bien connu jadis au Québec. Non. Il affirme que pour une « meilleur civilisation », les écoliers français devraient apprendre Dieu. Yaveh et Mahomet aussi. Debray explique : « Le monothéisme, c’est notre patrimoine culturel commun ». Des jeunes, dit-il, visitent la splendide cathédrale de Chartre et ne comprennent absolument rien aux sculptures et aux vitraux du site. C’est grave. Il a mille fois raison. Héritage non assumé, bafoué par un anticléricalisme niais, né de 1789. Il a bien raison.
Le deuxième article, pas moins étonnant, avance que la prière (comme la réflexion, la méditation) servent fort utilement aux guérisons des malades. Je l’ai toujours cru. Des études se firent et continuent de se faire, partout en Occident —même à Harvard !— et plusieurs enquêtes prouvent le fait. Les petits Barils –à-droits-de-l’homme (et tonneaux creux) vont chialer, hein ?
4-
Miche Vastel, même numéro de « L’Actualité », cogne, frappe, dénonce le « Bunker » télévisé à venir de Luc Dionne. Écho à une Pauline Marois scandalisée elle aussi de voir que l’auteur salit tout les politiciens de façon manichéiste. Pas de noir et blanc. Toit noir. Mais je me méfie un peu des Vastel. Ce dernier admettait un jour fréquenter les hommes politiques. Manger avec eux, trinquer volontiers et souvent. Les De Virieux et Pierre Pascault, un temps, osèrent fustiger ces journalistes qui fréquentent en gentils « copain-copain », les cafés des parlements.
Tout le temps que je fus critique d’art, jamais je ne suis allé boire ou manger avec les artistes du monde des beaux-arts. Jamais. Pas une verre, pas même un hamburger ! Il y a eu des tentatives de fréquentation. Je m’y opposais aussitôt. Je repoussais ces invites incestueuses.. Je représentais le public, mes lecteurs. Point. Je refusais toute complicité, toute intimité. Je refusais farouchement ce dangereux copinage. À se faire « ami-ami » avec eux, j’aurais pu perdre de mon impartialité. Je ne dis pas « objectivité » puisque cela n’existe pas. Les Vastel, les bons « chums » des politiciens, —c’est humain— se font influencer et durablement. Ces « attachés » des bars parlementaires ne sont pas à mes yeux des témoins crédibles.
Ce Luc Dionne, un temps —avant ses récits sur la maffia (« Omerta ») et puis les motards criminels— fut un simple relationniste (publiciste) d’un député québécois. On dit de lui : « Déception, il se venge, c’est un ambitieux amer qui est rancunier ». Dionne se défendait hier : « C’est de la caricature, du divertissement, faut un peu d’humour madame Marois, monsieur Vastel ». On verra cela bientôt. Radio-Canada tremble, c’est évident : s’il fallait que le public en bloc se dresse contre cette…caricature ?
Je dis : s’il fallait que la caricature —tous des pourris, des manipulés, des fats bien sots ou des innocents bien cons— soit plausible, pire, soit véritable et vérifiable ? Oui, on verra bien.
Un commentateur populaire, ex-député libéral, virant-capot Bloc, se nomme Lapierre. On vient d’ apprendre que ce Lapierre (CKAC, TQS) organise des fins soupers aux homards avec ceux qu’il doit critiquer, commenter en ondes diverses. Écœurant procédé. Il n’a plus de crédibilité. Ses patrons (CKAC et TQS) sont-ils fiers et contents de lui? Voilà une misérable manière de faire son métier. Ces Lapierre-là font grossir l’idée de tous les Dionne; « Politiciens et journalistes ? Tous « copains comme cochons ». Avec pour la galerie des candides — la table desservie, cognac bu— des airs de se critiquer ».
Bref, un journalisme de pacotille. La Fédération des journalistes devrait hausser considérablement le ton. Un Lapierre est la honte du métier, et, devrait déclarer bien publiquement que les propos en ondes de ce Lapierre (à CKAC, à TQS) c’est du bidon. Qu’il est un bouffon. Un clown.
5-
Si j’écrivais : « Le critique Robert Lévesque fait peur quand je le vois boitillant rue Bernard, il est répugnant avec sa face de gorille bien pileux, son rond dos de Quasimodo, sa démarche oblique de « monsieur Jeckill », ses jambes courtes et croches, ses rictus de satrape, sa voix caverneuse d’obsédé… » On me dirait :ouow ! Pas d’attaque ad hominen SVP. Eh bien , lisez sa chronique hebdomadaire —bien écrite, il a du talent— dans le dernier « Ici ». Ryan, en short, rue Bernard, y est assommé net, l’ex-chanteuse Chantal Renaud s’y est éventrée, son compagnon, le Premier ministre Bernard Landry est décrit comme un « petit gros boy-scout » poussif ridicule.
Le physique seulement ! Dans quel étonnant désarroi le « vandaliseur » congédié du « Devoir » plonge-t-il ? Il a une écriture si forte, pourquoi ne pas l’utiliser à meilleur escient ? Mystère !
Tiens, à propos : café-terrasse du coin Hutcheson et Bernard —table du coin sud-ouest— il trône toujours, je l’ai vu encore hier. Il lit. Il note. C’est un Sartre posé en observateur, offert à tous les regards. Qui ça ? C’est le Courtemanche (Gilles) qui semble y tenir bureau ouvert mais seul avec lui-même. Et je ne dirai rien de son visage légèrement crispé daignant jeter des regards flous sur la piscine des anonymes piétons tout autour.
6-
J’oubliais : c’est Philippe Azoulay—aussi président d’un festival du film au Maroc ?— qui est le réalisateur des « Feux de la rampe ». Aile a bien raison : on doit nommer les réalisateurs. Je le fais tant que je peux. L’invité est installé trop loin du public en salle. Erreur. Chez Lipton, à New-York, il y a un jeu chaleureux entre la salle et la scène. Regrettable scénographie à Paris. Ici, on fera mieux j’espère.
Aile a achevé une biographie de Jacqueline Bouvier-Kennedy. C’est bon ? « Non, me dit-elle, c’est de l’hagiographie. Perds pas ton temps ». Elle y a glané ceci : l’expression « paparazzi » viendrait d’un photographe fouineur excessif, italien, un certain monsieur Paparozzo, de là, ce pluriel paparazzi. Lisant son gros bouquin, Aile me disait son étonnement face aux multiples drames dans la famille de l’armateur grec, deuxième époux de Jackie. J’avais lu une bio de ce Onassis et en effet c’est vraiment un drame antique à la sauce grecque. C’est inimaginable en nos temps modernes cette terrible guigne. J’avais même songé à en faire un scénario d’une tragique tonus avec chœurs, silhouettes d’épouvante. Autre projet abandonné.
7-
Important. Qui saurait comment contacter une ou deux personnes-clés ? Chez Bureau-au-beau-bureau —après le Hétu de La Presse— on a fait écho cette semaine à ce galériste (il est-co-proprio) new-Yorkais collectionneur d’art (il a 50 Villeneuve le barbier), Claude Simard. Ce jeune millionnaire de 45 ans né à Larouche au Saguenay a pu acheter des antiquités variées en Inde. L’évêque du lieu (Cochin) voulait démolir son antique église (16 ième siècle !) dans l’état du Kerala. Un fou en soutane ? Simard est en train (un cargo s’approcherait du Saguenay ) d’installer de ce patrimoine —des monuments divers— dans son petit village. Le maire de Larouche, Réjean Lévesque, est tout fier du fait (un innocent ?).
Au Ministère du Tourisme —que j’ai contacté— on m’a répondu tout ignorer. Les fieffés paresseux ! Je m’inquiétais : si, une fois, l’étrange foire installée, l’Inde ordonne au gouvernement du Québec de retourner tout ça en Inde et vite ? Qui va payer, nous tous, les contribuables ?
Sorte de dysneyland à la sauce indoue ? Je n’en reviens pas. Le 10 mai, mystérieusement, André Pratte (à La Presse ) avait refusé de publier ma lettre ouverte d’étonnement. Radio-Canada, et son Bureau, envoyé en tête à tête avec Claude Simard n’a pas posé la question préalable. « Est-ce vraiment permis ? Autorisé ?»
Est-ce que monsieur l’Ambassadeur de l’Inde —à Ottawa— est au courant de ce sinistre …vandalisme ? Est-ce que le consul de l’Inde —à Montréal— est au courant ? Est-ce qu’il y a d’autres trésors du 16 ième siècle à déménager librement en ce pays, l’Inde ? Leur patrimoine est-il à vendre ? Que dirait-on à Ottawa ou à Québec si un richard de Bombay achetait, démolissait, une de nos vieilles églises de village —du 17 ième siècle— pour la transporter et l’exposer à jamais en Inde ? N’y aurait-il pas tollé et un grave scandale ?
Un lecteur ici, journaliste ou non —moins stupide que tous ces Bureau— sait-il comment contacter l’ambassadeur ou le consul ? Qu’il le fasse, je l’en prie. Il y aura là une fameuse nouvelle si la réaction était négative, non ?
8-
Ne pas oublier de dire la force terrifiante de ce « Appelez-moi Stéphane » de Meunier et Saïa à Artv. Tous les comédiens étaient fameux de vérité pesante. Quelle illustration affligeante de nos petites gens désirant se hausser un peu, apprendre et qui se retrouvent les mains vides, exploités par un rastaquouère, acteur de dixième ordre. Je m’ennuie des télé-théâtres de cette sorte. Une rareté à la télé désormais.
Ah, mes chers faits divers révélateurs ! Si instructifs. Meunier et Saïa en ferait un fameux drame. Madame Louise Landry, ayant un mari dominicain, San Domingo, installe un hôtel (le « Windsor ») en République. Deux millions ! Pas des pinottes hein ? La maladie frappe l’époux. La frappe aussi. Hospitalisation là-bas. Elle n’aurait pas payer (150,000$ !) les frais médicaux. Riche pas riche, ruinée pas ruinée…ce sera la prison ! Une misère sordide. La panique. L’argent à verser aux gardiens. La pourriture connue. La belle-famille la retiendrait…en otage, dit la gazette. Ah ? Divorcée ? Elle finit par se sauver. Avion et retour ici. Avocats se débattant.
Morale :je sais pas. Ne pas épouser le « bel étranger » trop vite ? Ne pas bâtir un hôtel n’importe où ? À suivre…Aile et moi avons pu voir la misère noire, extrême, à Porto-Plata et …ce quartier de riches bonshommes, enclave, clôtures et jolies grilles ! Oh la la ! Pauvre République dominicaine qui se fait raconter sa longue dictature par Llosa ces temps-ci, lire « La fête du bouc »… « Les intouchables » sur le coteaux de Porto Plata dont se moquait le conducteur de notre bus, il y a deux ans, vivent-ils sur un futur volcan ?
J’ai trop vite blâmé Llosa pour son : « Pas de dictature sans la complicité du populo ». Je ne sais plus. Dans ce « Thomas Mann et les siens », sa fille gueule soudain voyant papa Thomas (Mann) prêt à revenir en Allemagne et y recevoir (en 1950) prix, médailles, rubans, honneurs. « Faut pas y retourner. Tout ce peuple, ton cher peuple, les gens de toute ta chère Bavière, de ton cher Munich, appuyaient le nazisme, le louaient, papa, le permettaient. T’ont fait t’exiler 15 ans, papa. Refuse de rentrer ! »
Oui. J’y pense. Complicité d’un peuple ? En effet, si en Allemagne, à Berlin, en 1933 et avant, tous les intellectuels, les professeurs, les journalistes, etc, s’étaient dressés, étaient descendus dans les rues pour dire « non » à ce Hitler et ce parti fasciste ? Responsabilité collective. Sujet de ma méditation chaque fois que je lis un livre, que je vois un film sur les horreurs du pouvoir nazi.
9-
Vu l’acteur Andrea Garcia chez le père Lipton. Entretien fameux. Sosie de Pacino jeune. Il joua brillamment le fils bâtard du « Parrain 3 ». On ne manquera jamais cette série télé maintenant. « Accrocs » tous les deux !
Vu récemment, Dick Bogart en pédé non assumé dans « Mort à Venise » (de Mann); ainsi avoir pu revoir un film étonnant, le grand plaisir. Thomas Mann, montré dans sa biographie, à Venise, sur la plage, zieutant un jeune éphèbe : amalgame qui s imposait puisque le triptyque télévisé insinuait, et plutôt clairement, que Mann était, en fait, ce personnage de pédé inventé pas si inconsciemment que ça. On voyait Mann brûler ses pages de journal intime … Je me disais, Aile aussi, pourquoi diable tenir un journal secret, parallèlement à l’autre ? Écrits qu’on voudra, honteux, faire disparaître plus tard ? Julien Green lui aussi révèle dans son journal (donc expurgé) qu’il incendie des tas de pages de son journal très intime. Mystère à nos yeux.
Aile observe le fastueux et prétentieux décor du « Téléjournal » de la SRC dit sobrement : « un fouillis ». C’est cela.
Aile ayant vu un film loué insignifiant dit sobrement, montant se coucher : « Perte de temps ». C’est cela, exactement. J’aime ses sentences brèves.
Les deux tiers des appuis à John Charest (sondage récent), donc 66 %, sont des anglophones. Aïe ! Deux tiers de son vote québécois ! J’en serais assommé. Lui ? Pas un mot de pipé là-dessus. Même sondage, l’ADQ du jeune Dumont a le vent dans les voiles. Là-dessus, n’étant pas candidat politique, je peux me permettre de parler franc et vrai : « Nation nigaude » va ! Les mots du poète Baudelaire qui, lui aussi, ne se présentait à nulle élection.
10-
Revu « Le limier » avec Olivier et Michael Caine. Bon suspense. Tordu à souhait. Un polar qui fit florès longtemps, partout, ici aussi, chez Duceppe et brillamment. Un vieux raciste snob et infantile dans son salon face à un coiffeur italien ambitieux (amant de sa jeune femme) complotent un faux vol…l’intrigue reste invraisemblable ( les déguisements) mais c’est si bien arrangé qu’on veut s’embarquer ….comme des enfants montent dans la Grande roue.
Terminant le journal de Mauriac (une année), je relis comme chez Green :Dieu, Dieu, Dieu… Surtout Jésus chez Green. Peu à apprendre sur sa vie réelle et ses contingences (chez Mauriac). Beaucoup à réfléchir. Car Dieu, l’amour du prochain, le sens à donner à sa vie, sont des thèmes qui importent. Je regrette seulement de ne pas avoir pu regarder vivre, humainement, oserais-je dire, ces auteurs que j’ai tant aimé jeune.
Le film de madame Manon Briand avec son titre à la mode (prétentieuse ) « La turbulence des fluides » s’est attiré beaucoup de bémols chez les critiques. Scénario confus. Des chroniqueurs en profitent pour fesser sur les instances clandestines des subventionneurs (chez Téléfilm) où l’on fait ré-écrire 10 fois le scénario. Résultat : confusion ! Trop de cuisiniers dans ces cuisines bizarres. Certains trouvent ainsi des excuses à la cinéaste pour la confusion des genres dans les …Turbulences. Là comme ailleurs, ces experts anonymes sont souvent de faux « pairs » , des lecteurs plus ou moins ratés. Les bons, les vrais, n’ont pas de temps à perdre à tenter d’intimider de jeunes (ou moins jeunes) scénaristes. Misère !
Aile voit mieux que moi ? Sur la piste cyclable, elle me parle de jolis canards, en aval de Val Morin, au delà des cascades formidables, sur la Nord. Moi, je les vois pas !J’enrage chaque fois au café du coin, à Val David.
Ayant vu une partie du film sur le dérangé mental dit Moïse Thériault, j’ai songé à « Aurore l’enfant martyr » des sous-sols d’église. Même sordide et facile mélo. Mais c’était vrai. Et les victimes ne sont pas des enfants….quoique…Besoin de se taire parfois…par pitié. Ces filles si connes, si niaises…Bon, oui, silence. À quand un documentaire sur ces pauvresses : d’où sortaient-elles ? Qui les a si mal élevé ? Complicité tacite encor ? Bouclons la boucle. Comme pour le peuple allemand qui applaudissait majoritairement le fascisme naissant, les bafoués volontaires du dictateur Trujillo (et Balaguer son âme damnée, son suiveur) )en « domicanie » ? Eh ! eh ! eh !
Reste qu’avec ce « Moïse », l’Ontario semble s’être empressé de faire un film sur ce maudit québécois dépravé, pourri, qui alla salir la belle campagne ontarienne. Empressement de bien montrer de quelle sorte de bois fou se chauffe parfois ces misérables « séparatisses », les Québécois. Voyez de quoi ils sont capables ! Ces « maîtres-du-chantage », disait l’Elliott-Trudeau. Non mais…Minute, minute ! Je m’emballe, là, le patriote. Allons, allons, du calme. Parano des fois, oui ? Reste que le français du doublage de tout ce monde donnait une impression de fausseté inégalée depuis longtemps.
Pu’ capab’…la jolie Michaëlle Jean. Plus parisienne d’accent que jamais encore cette semaine. En 2002, même Marie-Chantal, avenue Kléber ou parc Manseau, ne s’exprime plus comme ça ! Jeune, a-t-elle fréquenté Villa Maria, ou ce chic couvent-à-ghetto , « Marie-France », de biais avec l’Oratoire ?
Étonnant tout de même : même laps de temps. On voyait dans Vertigo la mort, le clocher, les religieux en cagoule et, en même tempos, pas télévisée, la mort par ici aussi, non-fiction totale, la pauvre jeune Émilie dDurand, suicide, la mort, le clocher (à Baie Saint-Paul), religieuses en cagoules dans Charlevoix ce jour-là de « vertige ». « Vertigo » en faux et en vrai et en 48 heures. ? On m’a dit qu’il a fallu aller rassurer (consoler aussi) ces religieuses qui avait déverrouillé leur église pour la jeune comédienne désespérée. Miserere !
« C’est show », à Paris, via Canal TV-5. Défilé d’un monde fou. Décoverte que cet animateur (Pastrick Sébastien) que je détestais est très capable d’imiter…tout le monde; Lama, Bécaud, Brassens, Gainsbourg, etc. Qu’il l’a fait fort bien pour son spectacle (show ?) de fin de juin. Il m’a épaté pas mal. Ne pas juger trop vite le père Jasminovitch !
Vu un bon suspense. Aile a loué « Crime et pouvoir » de Carl Franklin, d’après un roman de Joseph Filder. Histoire terrifiante, anti-militarisme qui vire de bord. Une histoire bien tournée. Un récit filmique bien fait, à l’intrigue tarabiscoté, mais du divertissement de bon aloi. Et le comédien Freeman reste toujours le Noir le plus sympathique aux USA ! Non ?
J’oubliais, c’est le frère de Thomas Man, Heinrich, auteur lui aussi, qui rédigea le fameux « L’ange bleu» qui tourna en film-USA, qui fut jouée par la célèbre Marlene Dietrich. Ce « grand frère » était communiste avant Hitler et finira sa vie (comme le dramaturge Berthold Brecht) dans Berlin est, salué par ses amis « rouges ».
Aile toute contente a déniché St-Sauveur, ce midi, un barbaqueue neuf, exactement comme l’ancien Sterling. Il fonctionne. Déjà. Je vais bouffer de mes chers calmars grillés avec pâtes, Yam, yam. Je descend avaler cela. J’ai mis le vieux au trottoir avec une pancarte « « À prendre » Il s’est, vite fait, prendre.

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