Le vendredi 27 septembre 2002

1-
Ciel bouché ce midi. « One passe pas » dit le firmament à l’astre. L’héliotrope enragé en profite pour aller au journal. Randonnée infernale en métropole hier. Aile-de-Aile encore en chauffeur privé. « Tu aimes tant conduire » ? Sa réponse : « C’est que j’aime pas tes façons de conduire. Tes risques ». J’ai fini par m’habituer à ses façons à elle. Prudence extrême. Grands espaces entre elle et le véhicule précédent. Abandon de sa voie aux voitures qui sortent des bretelles. Vitesse commandée très respectée. Bon. C’est bien. Je vais mourir dans mon lit pas sur l’autoroute laurentienne.
Départ d’abord pour le Musée des beaux-arts où il y aura, à 11 h., lancement de la série d’Artv, « Tablo » —où j’ai une participation. Arrêt Chemin Bates. Aile grimpe au condo avec des sacs. Elle prendra sa vieille minoune —une Jetta 1990— dans la cave pour ses courses. Je file aussitôt vers le centre-ville. Remettre au « garage » du Musée mon tableau : « Vert regard », aquarelle et encre de Chine. Il y aura mini-expo tantôt pour « la presse » des participants invités de « Tablo ».
Trouver du parking. Tournage en rond dans le chic quartier.
Je finis par dénicher une place Avenue du Musée et crache neuf « tente sous » dans la fente ! J’allai si souvent à ce bon vieux Musée, du temps du « monsieur le critiqueur d’art de La Presse » (expression de madame-barbier-Villeneuve). J’en profite pour monter visiter l’expo-Riopelle. Le grand canot barbouillé dans l’entrée : pas fort. Salles de ses vastes tableaux barbouillés à Paris dans les années 50 et 60. Ses mosaïques spatulées fameuses. Plusieurs ouvrages d’un dynamisme gesticulatoire unique au monde. Trois ou quatre ouvrages géants (dont « Avalanche ») mériteraient d’être bien cachés dans une cave sombre. Ratages évidents. Sa sculpture, bien lourde, inexpressive, hélas. Quand je dis cela à une jeune femme (de l’équipe Tablo), elle me regardera comme si je disais que Ben Laden est un saint ! Je dis : « Évidemment, il y a son nom, sa grande réputation, on ne doit rien critiquer désormais, tout ce que Riopelle a peint (ou gravé, ou sculpté) est extraordinaire, oui, n’est-ce pas ? » Elle allume et me sourit.
J’en profite pour parcourir les salles d’art « canadien » —les prudents « néo-classiques », Plamondon, Hamel etc.—, sale sur le fameux Laliberté où il y a de misérables objets du culte de « la ruralité » tant vantée à son époque, et puis salle d’esquimauderies —certaines pièces en os de baleine sont extraordinaires— une salle de « quincaillerie sacrée » —calices, ostensoirs, ciboires, etc.— et, enfin, un « magasin » pour le « commerce-Riopelle » : posters, gravures, cartes, médaillons, bébelles diverses quoi.
Redescendu, j’assiste au lancement. Comme pour l’inauguration de « La Maisonnette… » lundi, nombreux laïus, d’ordre inflationniste, par les promoteurs, vidéos, inévitablement, et le reste pour s’attirer de la pub. Et ce matin :rien dans les quotidiens ! Dur, très dur, de capter l’attention des médias tant il y a de produits culturels à vendre, de lancements variés.
Je me sauve (avant le goûter gratuit) pour filer chez « Graveline-Typo-Ville-Marie inc. » , rue La Gauchetière. Pas un chat. Tout le monde est au lunch. Je reprend don, triste et penaud, mon cartable de mes quarante illustrations de « La petite patrie ». J’ai quarante minutes, au mini-condo du Phénix, pour luncher avec Aile.
Je roule sur la 40 vers l’encadreur de Montréal-Nord. Ce monsieur Bambino, supporter-mécène est charmant. Rigolo. La Francine vigoureuse s’amène. On signe une entente-contrat pour mon don des 40 ouvrages. Au crayon de plomb, je signe mes ouvrages et trouve vite, les titres. « Pas certain d’avoir le temps, pour lundi le 14, d’encadrer tout le lot », nous prévient le proprio de la boutique. Francine s’assombrit un brin.
De retour, je fais un arrêt, rue Chambord, pour donner des « sous » —rituelle remise d’argent de poche— à mes petits-fils. Il n’y a que le beau géant Laurent. Brève causette et je me rends chez Publicor pour une enveloppe à ma belle bru, Lynn, —avec des billets pour le 14— destinée à ses deux ados. Ouf ! Il est 15.40
Un fardier à 25 roues colle au train d’Aile sur la 15 en réparations perpétuelles. Elle jure. S’énerve. Un autre fonce, la doublera, manège dangereux. Hier soir, aux nouvelles, on raconte à propos du carambolage du matin à Richelieu, sur la 10, la trop grande vitesse des camionneurs « colleurs ». Aile : « Ah, tu me moques mais tu vois, j’ai raison. Ils sont dangereux ces animaux-là ».
Retour donc et beau soleil bien chaud. Aller au rivage. S’allonger. J’en avais besoin. Coussins. Lecture du « Point » et du « Nouvel Ob » par Aile qui décrètera avec raison : « Le Point », c’est plutôt plate, non » ? Oui. « L’express », c’est mieux. J’hésite à aller nager un 26 septembre. Bang ! Arrivée des nuées et lumière tamisée, chaleur diminuée. Je prend un grattoir et, à quatre pattes sur la pelouse, je cherche cette oreillette électronique —à deux-mille piastres— perdue dimanche. Rien, maudit !
2-
Au fait, Aile —myope et œil de lynx à la fois ! —m’a trouvé ce chapitre 25 de Mathieu dans ma mini-Bible. Ce Dole ne sait pas lire ? Il n’y a qu’une édifiante parabole. Une belle, le « j’étais nu, j’avais soif, j’avais faim… et vous m’avez donné à manger, vous m’avez vêtu… Ce que ferez au plus petit d’entre vous…etc. ». L’américano-québécois Dole, publiant « Mon Allemagne », se trompait-il de « numéro mathieusant » en fabricant son « Jésus parano et schizoïde » ?
Aux nouvelles : anniversaire de l’imposante « Place Ville-Marie » hier. Du Pei —un talentueux chino-amerloque qui fit aussi la pyramide du Louvres— fort audacieux. Souvenir : les dirigeants de Radio-Canada, à cette époque, se… réfugièrent vite là. Envie de prestige ? Se sauver des « horribles travailleurs » (Rimbaud) de la base ? Péter plus haut que le trou ? Le directeur Dugas me fait « parader » pour me reprocher un virulent article dans « Le travail », un journal syndical. Il me dit tout cerné par les grandes vitres du lieu chic : « Nous habitons une maison de verre (!). Ton maudit article-critique contre ton propre employeur…écoute un peu, faut pas garrocher de roche ici, va-tu comprendre ça un jour ? » Menacé de « virage », je lui avais promis d’être « sage comme une image ».
3-
Bouffe au Chrysanthème « ching-ching » de Saint-Sauveur hier soir. Aile, qui n’aime guère ces chinoiseries alimentaires me faisait une fleur ! Aïe : sauce fameuse pour le bœuf à l’orange et… « Pepto bismol », deux fois, cette nuit ! Gargouillis ventraux ultra-sonores à l’aube, peur de réveiller la compagne. Une fois encore, on voit bien que Saint-Sauveur est plus…comment dire?, plus vivant (?) que Sainte-Adèle. Un jour je dis à l’ex-maire Grignon, le filleul de l’auteur célèbre : « Quoi donc au juste qui fait qu’on est moins populaire que Saint-Sauveur, hein ? » Lui : « Tais-toi, faut absolument pas devenir comme ce Saint-Sauveur commercial ! »
Coup de fil de l’apothicaire-éditeur-artisan, le beauceron René Jacob ce matin. Je le remercie de son envoi de ses petits modestes et jolis livres. Je critique raidement les piètres dessins de son Roch Carrier cependant. Il ne dit mot. Il aime « tous » ses enfants ? Puis, par courriel, je lui répète vouloir trouver une bonne idée de petit livre inédit avec sa maison modeste « Les éditions du Lilas ».
Ma file, Éliane, au téléphone : « Papa ? Tout va bien, examens médicaux positifs ». Ouf, je respire. Pleurnichard, je lui raconte mon échec pour l’album chez « Ville-Marie,Typo ». Consolateur, son Marco, mon gendre, s’offrira : « On pourrait, peu à peu, publier vos images sur votre site ? » Je lui parle de ce pharmacien-éditeur René Jacob de Saint-Georges de Beauce……Peut-être…
Hier, Foglia jase cruellement, ave raison, sur un curé qui « bénit des sacs d’école ». Une môman : « Quoi ? Ça pourrait lui apporter des bonnes notes en classe ! » Paganisme toujours vivant ! C’est l’Afrique primitive à Saint-Hilaire ? Bientôt vaudou en sacristie ? Hors de la métropole, pas morts regrettables « dévotionnettes et piéticailleries » infantilisantes de mon enfance ?
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Vieux stock redondant que cette « très louangée » (Cousineau et al) « Boîte noire » à RDI hier. La fillette brûlée du Vietnam —napalm « made by CIL-Canada »— vue et revue. J.O. Simpson que les flics n’osent pas intercepter —un footballeur coté se sauvant de Dame Justice en Bronco blanche— sur une autoroute de L.A. Quoi ? « L’innocent » fuyait la police ? Séquences vues et revues dans le temps. Enfin, cet arrogant Trudeau s’entourant de militaires à Ottawa —PET qui disait n’obéir qu’a Boubou et à Drapeau pour protéger le Québec au bord d‘un putch n’est-ce pas ? Vu et revu son « Just watch me ». Oui, une émission-bidon. Et, si souvent, du stock traduit de l’anglais. Dumping fatal !
L’enragé obligatoire, mon correspondant USA, G.Tod Slone, m’attaque raidement avant de m’inviter à « tout effacer »et à m’enfoirer dans « mon confort ». Il n’y a qu’une chose :depuis longtemps j’ai tenté de fuir les échanges « notoriété (méritée ou non ) versus méconnu (mérité ou non). Car je sais qu’il y aura injustice au départ. À moins de soumission conne, exemple connu: ce jeune Yann, inconnu, devenu le fana adorateur de la Duras. Aveuglement et tristesse énorme.
S’il y a des divergences en cours de route, le notoire (méritant ou non) a beau jeu. C’est exactement cela qui me rend réticent quand un (ou une) jeune tente de bâtir un pont avec moi. Il y a forcément injustice du sort. Vaut mieux s’attaquer « entre pairs ».
4-
Mon « boudeur sociologique », G.-T. Slone, n’y va de main morte, ni par quatre chemins pour me répiquer; ce qui n’est pas pour m’effaroucher. J’ai vu neiger. Je suis devenu à ses yeux « un mercantile » en sortant de la marginalité. Seigneur ! On écrit plus « vrai et dur quand on vit à l’aise ». Mon Dieu ! En lisant mes J.N. (journal), il voit bien que je vis sans plus aucun conflit (!). S’il savait… « Je m’enrage, dit-il, si on me critique ». Mais non ! Sa conclusion : « Un vieux schnock », moi. Et lui un « ado ». Oui, attardé. « Ah oui ça c’est vrai », chantait une pub de bière.
Bref, je serais « un salonard » et « un vendu ». En 2002, des salons littéraires ? Où ça ? Vendu ? Membre de l’U des A., —aussi de la Sardec, de la Sacem, de l’Uneq— oui, j’exige que l’on me verse un cachet si on m’invite quelque part en médias. Un mal ? On m’invite pas pour mes beaux yeux, je le suppose.
« Les pouvoirs te laissent gueuler : tu es un divertissement ».
Pardieu, tudieu, bonyeu, par-le-sang-bleu : encore en 2001, les pouvoirs me censureraient tant que j’ai adopté le journal justement pour pouvoir m’exprimer librement. Et, tenez-vous : « C’est tout ça qui tue l’indépendance du Québec ». « Bin là », comme on dit.
Il ajoute : « Ça (qui ce ça ? les salauds de notoires ?) tient trop à leurs sous, leurs contrats, leur invitations payées ». Il termine par : « les journaux (Le Soleil, La Presse, Le Nouvelliste) ne publieraient pas ma charge, censure oblige au Québec ». Ah bon, aux States y a pas de censure ? Là, il se goure complètement, ce rédacteur-en-chef du « The American dissident » (?), on se ferait une joie féroce de publier une vicieuse attaque-à-Jasmin-le-damné-gauchisse-séparatisse dans tous ces canards bien fédéralistes. Et comment ?
À vrai dire, à parler franc, « le vieux schnock » est débarrassé d’un vieil ado romantique. Que ce « sans le sous, sans contrat, sans invitation payée » aille au diable et qu’il sache que je refuse son mot : « hypocrite ». Con, idéaliste, bouché, idiot, rêveur, oui. Mais moi en « hypocrite » ? Va chier G.Tod Slone !
5-
Hier, Michel Tremblay (La Presse) dit que, comme pour Jasmin dont on a adapté son « Pleure pas Germaine » et qui « ne causa aucune controverse », il espère qu’on va accepter que Téléfilm-Canada subventionne sa fascinante comédie dramatique, « Les belles-sœurs ». Tournage dès janvier au Nouveau-Brunswick et en langue anglais (aïe !). Ce sera «très librement adapté » (oh, oh, oh !) par Tim Burns et John Smith, spécifie d’avance Tremblay. C’est « Loft Story »— du « real-tivi »— qui animera sa Germaine (Lauzon) à lui. Fini les timbres Gold-Star.
Ah non ! Pas du tout la même aventure Tremblay et moi. Pas du tout. D’abord pas de subvention d’Ottawa pour le film du jeune Bruxellois, Alain De Halleux avec « Pleure pas Germaine », le film.. Le producteur Eric Van Beuren avait assez aimé « P.P.G. » pour respecter mon histoire totalement. « Alligator Film » a suivi scrupuleusement l’intrigue et les héros de mon roman. Pas question « d’adapter très librement ». Et pas de « six millions » —de notre argent du trésor public— là-bas, à peine un petit million.
6-
Pour une fois —serais-je redevenu « persona grata » depuis que j’ai cotisé à l’uneq ?— je reçois une invitation pour un séjour payé en Flandre. Trente jours ! « Aïe Marik, aïe Marik » ! J’entendais souvent parlé de ces mystérieux « cadeaux » pour initiés. J’ai tout compris.
Ce système de séminaires, colloques, « résidences » à l’étranger, séjours à gogo, c’est pour des auteurs célibataires, sans job, sans contrat, sans enfants et sans avenir, des bohémiens bien libres qui peuvent se taper ces « voyages-de-la- princesse » fricotés, concoctés par les Uneq et affiliés. Québec (toé pis moé) paye le transport (de l’écrivain méconnu) en Flandre. Logé dans « La maison des traducteurs » —en banlieue de Louvain ! Reste à faire le marché du samedi matin :50 piastres. Pour ce « six-mois », ca va dans le mille deux cent tomates (Euros). Oh boy ! Y aura trois jurés anonymes (?) pour élire le tit-joyeux-copain-bohème-bien-libre… qui a publié au moins deux ouvrages. Envoyer demande à l’Uneq avant le 2 octobre, vite !
Regard à ma fenêtre, il pleut et le noir s’avance. Va tomber quoi ? Drapeau du Québec flasque qui attend quoi ? Nos arbres immobiles, qui guettent quoi ? Marie-Sissi (oh !) Labrèche publie de l’autofiction ? C’est jamais clair. Comme pour la pute d’Arcand. Mère folle…elle, folle aussi ? Ça se pourrait. Un journal c’est clair et net. Fou peut-être mais « clair de nœud », pas vrai ? Le titre : « La brèche ». Ah bon ! Tel quel ! Une « tite niaiseuse », étudiante en « lettres » ma chère (c’est plein de niaises en ce milieu ?) s’amourache de son prof marié, 56 ans, père de famille. Attentes vaines et humiliations. « Père absent », il lui en faut un. Et qui vous subjugue. Vieille histoire depuis Sagan et Cie ? Oui. Pour « Voir », Julie Sergent (mon caporal !) l’a rencontrée et il y a moquerie et respect. Sissi pleure quand son texte part pour l’imprimerie. 1 Eh bin ! Comme c’est touchant, non ? Partout, à New-York comme à Paris, à Montréal comme à Londres, la sauce autofiction , « c’tu vrai, c’tu pas vrai », envahit les librairie. Non mais…Mon journal (c’est tout vrai) et la paix. Heureux d’avoir quitté ce cirque. Adieu, adieu litté-rat-turr !
7-
Je veux lire le dernier roman de Serge Kokis, auteur québécois venu du Brésil, psy et peintre expressionniste aussi. Il a lu « L’automne du patriarche » de Marquès, dit-il à Bazzo, et a pondu le récit de vie d’un réel dictateur sud-américain, véritable fou, soutenu par Washington comme il se doit. Il y a de bons « dégeus » et de mauvais, tel Saddam Hussein !
Moi, ayant lu aussi « L’automne… » j’avais publié, en 2000, chez Lanctôt, un Duplessis comico-dramatique : « Le patriarche bleu ». Oui, les livres naissent des livres. Vérité.
Comme jaloux des auteurs, on voit, de plus en plus, des directeurs de scène bousculer le texte. Ainsi René-Daniel Dubois, exemple tout frais. Son « Kean » au TNM, ne fait pas l’unanimité, loin de là. Dumas-Sartre se font bardasser à sa moulinette. Lorent Wanson (chez Denise-Pelletier), venu de Belgique, lui aussi, tripote dans Beckett et arrange « Godot » à
sa sauce ! Il nomme cela : « ne pas craindre de désacraliser les textes ». Qu’ils écrivent leurs propres textes ces déviargeurs ! Dubois le peux. Et la paix !
Libération de Paris. De Gaulle arrive enfin au pouvoir. Son énervement. Les communistes furent farouches et très efficaces dans les maquis. Faut calmer le jeu. Il va donc demander des absolutions. Que l’on passe l’éponge. Assez de « l’épuration » revancharde. Ainsi l’affreux Maurice Papon, nazi notoire, va s’en tirer. Et « se tirer ». À 92 ans, le « très » vieux emprisonné sur le tard, bien tard, vient d’être remis en liberté. Il est un grand et grave malade. Scandale en France ! Faut-il libérer les vieillards grabataires des cellules ? « That is the question » ces temps-ci, là-bas !
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Énorme, très énorme succès, à la télé USA des « Sopranos ». Jamais vu encore. Un feuilleton de bandits ! Une clan de mafioso, en famille très très élargie. Ça se questionne au sud. Un sociologue étatsunien (David Simon) : « Les Américains sont pourris jusqu’à la moelle ». Eh bin ! Il poursuit : « Cette série bien-aimée est le symbole de notre violence meurtrière, de nos pathologies nationales, de la corruption économique, de la criminalité transnationale. Le pays tout entier est déliquescent ». Bon. Compris ? Exagération ? Un psy coté (Glen Gabbard) raconte qu’il y a davantage de clients dans les cabinets d’analyse depuis la venue de ce Tony Soprano.
Martineau, dans Voir, condamne les uniformes aux écoples et pisse sur les « anciens ». Son tour viendra vite pourtant. Déjà….……Cassivi (La Presse) fesse aussi sur les vieux à son tour. Tant de hargne ! Il n’y a des vireux cons, des vieux corrects, non ? Comme il y a des jeunes sympas et des jeunes cons, non ? Son billet du 21 dernier fait les éloges du « Bunker » de Dionne, et puis cogne sur les Parizeau ou Paul Martin. Aux yeux de ce jeune, souvent « brillant », c’est le « place aux générations nouvelles »! Seulement ? Ce « tasse-toi mon oncle » est une idiotie.
9-
Depardieu, lui aussi, avance en âge. Il va s’incarner dans Augustin, mon cher saint algérien qui disait : « Aime et fais ce que tu veux ». L’acteur va réciter du Augustin-le-saint dans des églises (e des mosquées !) du monde entier. Il y a deux ans, le gras Gérard rencontrait le pape polonais et ils ont jasé… d’Augustin ! Le chemin de Damas de riche acteur ? Le 23 novembre, en Algérie, début de son pieux périple ! Il dit qu’il n’aura que de bougies pour éclairage. Belle lubie ou conversion d’occasion ? On verra bien.
Sylvie St-Jacques rédige (La Presse) : « Aux lendemains du tourbillon médiatique qui accompagne généralement la parution d’un livre… » Est folle ou quoi ? Le livre ne cause aucun tourbillon en médias. Elle rêve debout ! Réveille Sylvie ! Il y a de tentatives (le dimanche après-midi ?) pour publiciser les bouquins mais c’est peine perdue. La littérature n’a rien de visuel et donc n’est pas bonne matière à faire de l’audience. Vérité incontournable, hélas !
10-
Il fallait écrire Morissette l’autre jour…quand j’ai parlé de cette rédactrice qui vantait le bilinguisme dès la première année à l’école. Qu’ Yves Michaud qui, lui, possède bien sa langue, aille au diable quoi !Je répète qu’il faudrait savoir manier d’abord un peu plus correctement notre langue. Or, c’est un cauchemar.
En 1960, moi, ou Gérald Godin, même Yvon Deschamps, tous, nous avons voulu illustrer la parlure fautive chez nous. Tous, en artistes, on croyait que nous faisions un portrait cruel et en voie d’être dépassé bientôt.
Mais non, hélas, en 2002, ça ne va pas mieux. Nous espérions candidement que ce joual —pouvant donner de beaux effets phonétiques certes— allait disparaître avec les progrès de l’éducation moderne et gratuite, répandue. Qu’est-ce ce qui nous avons de vrillé dans nos chromosomes ? Depuis la Défaite de 1760…depuis la domination anglaise… malgré nos succès collectifs rassurants, nous parlons mal collectivement. Ça ne va pas mieux vraiment.
C’est grave. Dramatique. Lâchez-moi l’anglais en première année ! Écoutez parler un enfant francophone du Maroc ou de Tunisie, un jeune Noir de la Côte d’Ivoire, ou du Sénégal….ça coule de source, c’est beau à entendre, c’est comme un enchantement. Une musique. Ici, c’est graveleux, c’est des borborygmes, inarticulation innée, infâmes grommelages, élocutions d’arriérés mentaux, c’est des « euh..euh… »
C’est la syntaxe à l’envers. La grammaire ravagée. Le vocabulaire minimal. Une plaie, n’est-ce pas. Lâchez-moi l’anglais en première année !Un chauffeur de taxi s’exprime mieux en France que nos docteurs en économie ! Un éboueur, mieux qu’un directeur de banque d’ici ! C’est anormal, non ? Il n’y a qu’à écouter la radio ou la télé avec les entrevues dans la rue. Non mais…Allons-nous un jour nous en sortir de ce handicap extrêmement grave ? Enseigner comment, de quelle manière, en première année, le français ? Comment casser, pulvériser, ce moule honteux ? Ça ne peut plus continuer.
Bien connaître une langue (une seule d’abord) c’est posséder tout, le monde, son avenir, c’est contrôler sa pensée, pouvoir concevoir, articuler son esprit, structurer son jugement. Il m’arrive d’être découragé. Le premier pas pour nous corriger ? Bien le savoir cela : on s’exprime tout croche trop souvent. Cette lucidité est le pas essentiel. Ceux qui disent : « quoi? On se comprend bin comme faut entr’e nous autres », sont des assassins de la nation !
L’anglais (lire le basic american) fait se parler —bien sommairement— un Hongrois qui rencontre un Finlandais en Pologne ! Cet instrument « universel certes » —à cause de l’hyper-puissance USA— n’a rien à voir avec le bilinguisme réel. C’est juste un outil —superficiel— et bien entendu fort commode. Ce sabir pratico-pratique n’a pas besoin d’un long enseignement . On l’attrapera et vite si on en a besoin un jour. Pas besoin d’être un « bolé » pour cela.
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Éliane au téléphone. Frais de cours pour Gabriel en collège privé de la rue Sauriol. Je veux, de mon vivant, les faire hériter —tous les cinq petits-fils— de cela :l’instruction. C’est ma part et j’en suis fier ! Ma fille, alerte, de belle humeur, semble bien se remettre de ses maux de cet été quand il a fallu interrompre leurs vacances à la mer du New-Jersey. Tant mieux. Elle me parle du clan LaPan (à Daniel) s’en allant de nouveau à mon cher Ogunquit pour ce week-end-à-congé-national. Brr… L’eau frette ? Il y a l’été de la Saint-Martin. Qu’ils touchent tous du bois…du « drift wood »?
Marco tente d’arranger la prise de photos de mes « graphitis » exposés lundi soir le 14 —Éliane et lui y seront— dans le portique de Saint-Arsène. Il y a les lumières « flash » et les vitres des encadrements. Ouengne ! Rien à faire, je le crains. En parler à mon Daniel? Un bon photographe lui aussi ? Inutile, je pense.
Aile rentre de courses, j’ai vu une boite du vidéo-club du bas de la côte. J’aime ça. C’est comme un paquet-surprise chaque fois. Si je la questionne elle dira justement : « Ah, surprise ! » Ainsi , rôdeur en cuisine, elle me chasse : « Va-t-en. Surprise ! » Je suis un homme… surpris…et heureux de l’être.

Le mercredi 25 septembre 2002

Concert concept 7 arts-scènes Petite Patrie
Président d’honneur: Claude Jasmin
Musique: Luc de Larochelière + Le Grand Choeur Montréal
Expositions des aquarelles de Claude Jasmin
au profit de la Paroisse St-Arsène et la Maisonnette des parents
Le 14 octobre 2002 20h

1-
La météo se fait docile au calendrier. Dès le 22, temps frisquet. Sortie des blousons. Remisage des maillots de bain. L’automne officiel débute. Ce matin, comme hier, beau ciel bleu tout ennuagé et cette froidure dans l’air.
Coup raide sur la tête hier après-midi. Pierre Graveline (un de mes éditeurs) me dit : » non ». On ne fera pas, Claude, cet album espéré avec vos illustrations et la ré-édition de « La petite patrie ». Je ne lui en veux pas tellement. J’ai rêvé de trop ? Graveline m’explique, très aimablement, que leur maison (Sogides, Ville-Marie, Typo, etc.) n’a pas d’expérience en ce type de livre un peu luxueux. Ne croit pas à un bon succès de vente. Ce qui est probable. Qu’en « poche », pas cher donc, le livre fonctionne fort bien et que ça suffit. L’exposition et concert de Francine Ladouceur, lundi le 14, à l’église Saint-Arsène, rue Bélanger va se faire sans que l’on puisse promettre aux acquéreurs que leurs images seront dans un bel album édité ! Eh ! Je téléphone vite ce maudit « pépin » à Francine. Elle garde sa bonne humeur.

Il me reste quoi ? Cet artisan-éditeur, René Jacob, pharmacien et auteur, de Saint-Georges-de-Beauce. Il veut travailler avec moi. Il a édité des livres illlustrés de Clémence Desrochers. Il m’a fait parvenir hier des exemplaires ici. C’est joli. Bien modeste. Il n’a visiblement pas les moyens d’un Sogides, géant des livres ici. Je vais lui écrire.
Folie ? J’avais cru à une sorte d’hommage, de généreux « salut » à bibi, de la part de Sogides en me disant « oui » à mon album rêvé; après tout, « La petite patrie » comme « Pleure pas Germaine », rapportent bien des sous au… géant et depuis des années ! Tant pis ! Je me consolerai. Pas mon genre, de passer par dessus le directeur Graveline et d’aller brailler, protester, insister chez le PDG, Pierre Lespérance : « Sans coeur, vous me devez bien ça, etc. » Non. Je me consolerai.
2-
Demain matin, être au Musée des Beaux-arts avec un de mes tableaux et assister au lancement de la série télévisée : « Tablo » pour ARTV. Après filer avec Francine chez l’encadreur « un macaroni merveilleux », M. Bambino, à Montréal-Nord, avec mon portefeuille géant des 40 illustrations —à reprendre penaud, piteux, chez Graveline— de « La petite patrie » pour cette expo-concert du 14.
En fin d’après-midi, ne peux me rendre à l’UNEQ, rue Laval, pour le lancement des « Mardis-Fugère ». Hâte de passer sous cses fourches (caudines?) au Centre culutrel Frontenac, rue Ontario, est bientôt. Hâte aussi d’entendre la « divine Miller », notre Sarah à nous, lire mes textes.
Coup de fil au poète-graphiste Robert DesRoches, travailleur pour de « Les éditions Trois-Pistoles », à Montréal. « Ah, Caude, sais-tu qu’on va faire deux tomes avec ton journal. 800, pages en un seul volume, ça tient mal en reliure ». Bon, bon. Deux tmes…Hum, le lecteur va-t-il marcher là-dedans ? Ça ira dans le 40 piastres (20 tomates chaque brique !), je suppose pour mon « À cœur de jour ». Brrr….Peur !
Le mag « Âge d’or » me revient. Encore d’autres photos. Celle de la couverture du journal. Un « donquichotte » comique ! Des photos de mes tableaux…Ça m’énerve. Fixer des dates. Une heure. Prise de sang urgente pour voir si mon méchant cholestérol diminue. Denturologue bientôt. Ouf !
3-
Mon Marlou-Marleau me couriellise :il m’a vu faire le comique ave Paul Houde chez « Tous les matins », vendredi. Il s’est bidonné. Il joue l’épaté. Veut me rédiger des textes de « stand up comic », dit que j’ai (encore) de l’avenir. Il me nomme : « polémicomique » ! Ô le tannant amusant !
Hier, rentrés de Montréal, Aile et moi, au soleil intermittent, sur la galerie, défrichons des journaux en retard ! Une tonne. Dans « Voir » Martineau cogne et s’enrage sur ceux qui, comme moi, souhaitent l’uniforme dans les écoles. Il est dans les patates avec ses « l’injustice est là pour rester, l’uniforme ne cachera pas l’injustice (enfants riches et enfants pauvres) des classes sociales »; à la fin, en jeuniste odieux, il tonne… « que les vieux voient à leurs dentiers et fichent la paix aux riches parents de jeunes écoliers ! » Puant ! Tout le monde vieillit et il lui faudra, à lui aussi, des prothèses …comme les miennes ! Cependant, plus haut, il dit que les parents ne savent pas dire « non » aux caprices des petits gâtés-pourris. Là-dessus, je le suis à plein ! La peur idiote de ne pas se faire aimer de ses mômes est néfaste. L’enfant a besoin de cette sévérité pour se construire, savoir au pus tôt qu’il devra se débattre sans cesse dans la vie réelle pour assouvir ses…caprices. C’est formateur.
Hier midi, visite chez mon audioprothésiste (ô prothèse maudites, nauvrage du temps, vieillir !), rue Fleury. Prise de moule de mon creux d’oreille. Quoi ? Ce sera 2,000 piastres, viande à chien ! Hier après-midi, Aile : « T’as pas envie de fouiller de nouveau le rivage pour retrouver ton bidule, non ? » Non ! Téléphone le matin de la « Great-West », assurances de la CBC-SRC : « On vous donnera 250 tomates pour cette perte ». Merci bin ! « Maudite marde », disait Angèle Coutu devant son ostin-de-beu d’époux.
4-
Lundi, un « 5 à 7 » bien lourd rue Saint-Laurent dans ma chère Petite Italie. Inauguration du presbytère (ex-Saint-Jean della croce) pour « La maisonnette… » de Sœur Gagnon. Plein d’officiels. Échevins, députés etc. 15 discours en ligne ! Ouash ! Magnifique local pour les démunis (mères et enfants) de « La petite patrie ». Dire que quelques célibataires en robe noire disposaient d’un tel vaste chic manoir ! Honteux ! Le lendemain de ce pesant cérémonial, studio avec Houde et Bertrand. Je raconte le faux trésor de pirates imaginaires enfoui au parc de la Visitation. David, l’aîné de mnes cinq petits mousquetaires, me dira en riant, il a maintenant 20 ans : « Ô papi, tous les mensonges que tu nous a raconté, ô ! » Toute l’équipe vient me féliciter par la suite. Un jeune chroniqueur (spots) se colle, se penche sa tête sur mon épaule :il me veut en papi menteur ! Il attend un enfant et me dit : « vous venez de mettre de la grosse pression sur mon père, futur papi ! » On a ri. Croisé : Jacques Boulanger, vieilli et rsté jeune, France Cael, toujot de belle humeur, Louise Forestier. Elle fera « les livres ». Ayant donné dans ce domaine, je lui donne un conseil : « Ne jase pas trop du contenu d’un livre que personne n’a lu encore. Parle de l’auteur, pique la curiosité et ensuite, tu « plogues » son livre récent ». Le public de la télé n’est pas librairomane forcément. Contente de mon avis, semble-t-il.
Mardi prochain je veux raconter le grands bonheur des « farces et attrapes » sur les enfants.
La bonne petite bavette saignante, aux échalottes, à La Moulerie hier soir. Ils ont installé de gros becs à gaz dehors ! Réchauffement garanti de leur terrasse.
5-
Quand je promène nos visiteurs, je montre l’ex-demeure du papa de Claude-Henri Grignon, mon ex-voisin. Aussi, en arrière, la maison pour les garçons qui ne s’entendaient pas du tout avec la belle-mère. Le tunnel pour communiquer avec le père du « père des Belles-Histoires », un puissant agent des terres (comme Séraphin !), gros marchand dans l’immobilier. C’est devenu « Hudon-fleuriste ». Boutique utile fameuse que je ne fréquente pas assez. Pauvre Aile ! Mon voisin Maurice a transformé, lui, l’ex-maison du notaire du Docteur Grignon (Le potiron), conservant les pièces montées sur mortier.
Chez Lattès éditeur, lu un livre vivant sur la mort vue de près. « Pompier de Manhattan » de Richard Piocchiotto, est le récit candide (et bien patriotard) d’un rescapé miraculeux de l’effondrement que l’on sait. Lecture étonnante. Instructive sur un « simple » new-yorkais ordinaire. Hier soir, chez Thierry Ardisson, un autre rescapé —businessman venu de France— du 11 septembre, parlait du même sauvetage. Effrayant voyage au bout de la nuit ! Il a cru devenir fou ce matin-là. Il en a fait un livre : « 47 ième étage ». On a revu Marc Labrèche faire sa fausse « fausse-entrée » en studio Et on a pu constater la censure du bonhomme Ardisson. Plus de « j’ai de trop grosse fesses », plus de « ah, vous baisez moins qu’avant monsieur Ardisson ? », etc. Tripotage du ruban !
Des choses vues nous hantent. Ainsi, je repense à Claude Jutra. Brillant « fils à maman ». Père médecin. Mère aimée mais veut s’accaparer entièrement du son fils prodige. Homosexuel non assumé. Le film de Baillargeon, télévisé, y faisait des allusions claires. Un jour, accident grave, « en vespa », dommage collatéral à venir ? On ne sait trop.
Cette mère « dérangée », Rachel, rencontrée jadis. J’avais vingt ans. Elle m’achetait un joli « service de terre cuite » —carafe et des gobelets en grès bellement émaillé—, un premier achat pour l’élève qui achève son cours de céramique. C’était à la galerie —prestigieuse— d’Agnès Lefort, rue Sherbrooke près de Guy. J’étais pas peu fier. Les Jutras étaient reconnus comme « collectionneurs d’art » réputés. Pourtant, je regrettais cette vente car j’ aimais mon service à liqueur fine. On ne parle jamais de l’attachement du créateur à ses produits. Cela existe bel et bien, vous savez. Fou non ? J’aurais bien voulu le garder pour moi.
À cette même (1950) époque, les designers (exilés de France) de la rue McKay, Guenters et Villon, m’encouragèrent aussi en m’achetant quelques pièces de céramique. Je me disais : « ça va marcher mon affaire. J’aurai des tas de gros clients un jour. » J’ai déchanté et vite. L’échec de l’écurie-atelier de Sainte-Adèle (1951). Sans « La Roulottte » de Buissonneau (1952), serai-je devenu un de ces nombreux artisans-quêteux ! Longtemps ? Ne sais pas.
Jutra, lui, est un « gosse de riche » donc. Mais faire un film c’est autre chose que faire une poterie. Il y faut des fortunes. Ce sera donc les demandes de subventions et les attentes, les refus, à la fin, les échecs. Ce sera un homme encore jeune, atteint d’une maladie épouvantable : ne plus même se souvenir comment tracer un 8 ! Un jour, désespéré, le bourgeois-bohémien du Carré Saint-Louis s’achète une fiole de cognac et s’en va voir l’eau couler sous le pont Jacques-Cartier. L’appel du… large. Du vide. De l’oubli total. De l’éternité. Le cinéaste « décoté » va sauter. Fin. Triste, très triste histoire !
6-
Vu, à TQS, « Tension ». Pacino et De Niro :un flic et un bandit. Deux hénaurmes vedettes réunies. Bonne histoire. Bien ficelée. En 1995, Michael Mann réussit ce « face à face » qui fera florès évidemment. Héla, paquets de pubs criardes. À un rythme grandissant une fois le public bien appâté n’est-ce pas. Une honte !Grossier modus vivendi. Intolérable. Ouvrage charcuté donc. Les cinéastes du monde entier devraient agir. S’unir. Changer la donne. La réclame au début et à la fin d’un ouvrage cohérent. Refuser la charcuterie immonde. Faire stopper ce carnage.
Foglia, cette semaine, clame sa haine des (si jeunes) hommes-bombes de la Palestine et aussi l’empiètement des « colonies » juives. Bourgault, avant-hier, même détestation. L’ONU bafouée ! Que faire ? En ce moment, hyper-suspense : Arafat isolé dans son bunker démoli. Étonnant, en septembre 2002, tout le monde désormais ne sait plus vers quel bord pencher. Deux nations :l’une bien armée, riche, défendue, soutenue par USA et alliés, l’autre, perdue, découragée, vouée aux assassinats de civils innocents, aux portes de l’auto-suicide ! Misère humaine ! D’heure en heure, télé guettée, nous surveillons cette affaire affligeante : exil ou mort d’Arafat !
Dire une chose embarrassante : v rai que l’ on et nombreux (intellos, écrivains, etc.) à nous taire. À nous retenir. Il y a la « cause sacrée ». Ne pas nuire à la naissance d’une patrie. Oh oui, s’empêcher de critiquer parfois. C’est très difficile. Nous avons hâte d’ être libérés. C’est une position intenable à l’occasion. Quand on se veut un esprit libre. Une fois le pays installé, hâte de redevenir ces critiques de tous les pouvoirs abusifs. Est-ce que je retrouverai cette liberté entière avant de mourir ? J’en doute certains matins. Mais bon, la Grèce, par exemple, colonisée, dominée sans cesse, a dû attendre six fois cent ans pour obtenir sa liberté. Patientia ! Ce qui est surprenant ? Nos Grecs d’ici —comme nos Israélites— ne soutiennent pas le diable notre combat depuis 1960.
Vrai que le public a été très mal informé —affaire Concordia dans tous les médias— sur le personnage Nethanyaou, contre les accodrs de paix sans cesse. Un adversaire farouche, agressif—pire encore qu’Ariel Sharon (!)— des Palestiniens. Alors, tous de s’écrier : « honte à ces manifestants, empêcheurs de démocratie » ! Les Juifs d’ici le visage voilé hypocritement ! À 18 h. propos éclairants d’un jeune politisé à « Ce soir ». À 22 h. le Téléjournal et…disparu ce témoignage gênant ! Censure organisée ! Peur du lobby bien puissant des Juifs ? Clair. Oui, très clair. Ma honte parfois de mon « alma mater ».
7-
Une Moricette, bien nonoune, samedi, dans La Presse se vante, sur quatre longues colonnes, d’être bilingue (pourtant pas de quoi se péter les bretelles !) — ou même quadrilingue— et approuve à 100% pour 100% le plan —libéral— d’enseigner l’anglais —entendez l’américain— dès la première année. Bouthillier de la SSJB l’a remis à sa place hier matin, avec raison. Quand ces zélateurs de l’ « amerloque linguage » vont-ils saisir les nuances ? Ici, aux portes de l’hyper-puissance, ce n’est pas comme apprendre l’english à Paris, à Rome ou à Berlin, ici, le français est fragile, (7 millions d’habitants) en voie de rétrécissement. Les jeunes ont du mal à bien savoir leur propre langue, pollués qu’ils sont sans cesse par la culture populaire gigantesque du voisin géant (280 millions d’habitants).
Plein d’experts linguistes qui affirment qu’une « langue autre » ne peut pas bien s’enseigner (et s’apprendre) si on ne possède pas bien d’abord sa langue à soi. Cela fera des baragouineurs mous de deux langues différentes. Cette infirmité fera que sans pouvoir penser, inventer, calculer, clairement dans une langue, le handicapé va foirer dans tous les domaines ! Clair, non ?
Après ce pathétique portrait de Jutra, on jasait cinéma, Aile : « Jamais, jamais je ne pourrai oublier cette scène muette dans « Faut sauver le soldat Ryan », une mère campagnarde voit arriver des voitures du gouvernement sur le chemin de terre. Elle devine, sait tout, son fils s’est fait tuer au front. Elle s’écroule en silence sur sa galerie. Pas un seul mot. C’était fantastique. » Elle a raison, je trouve. La force de cette séquence : extraordinaire. Pas une seule parole.
8-
Robert Dole, né à Washington, 25 ans au Québec, signe : « Mon Allemagne », (il y a eu « Mon Afrique » de Miss Paré ) où il a vécu. Il dit : « Lisez Mathieu 25 :Jésus y est délirant et parano ! » Eh bin ! Je monte chercher ma mini-Bible (dite de Jérusalem). Je trouve le 24…et pas de 25 !!! Bizarre ! Censure ? Je chercherai ailleurs ! Dole jase schizophrénie, « Jésus en aurait souffert » ! Il parle aussi de bi-sexualité. Cout’ donc, naître à Washington trouble le cerveau ou quoi ?
Aile : « Ce Le Bigot des samedis et dimanches matins, la radio à son meilleure ! » Vrai qu’il y a un rythme d’enfer. Vrai que l’aimateur y est disons… directif en diable. Faut absolument ?
Aile vendredi soir. « Cloclo, faut la trouver même s’il fait noir ». Quoi donc ? Une de nos tomates. Je la vois. Vas-y. Va me la chercher. Je descend l’escalier de la galerie. Toute petite tomate chétive. Rongée. Racoon errant ? Écureuil grandi… venu peut-être de la troupe printanière du plafond ? Bon chien, je ramène le fruit gringalet. Est contente. Je l’aime. Elle voit le trou dedans. « Ouash, jette ça ! » Non. Je coupe le bout ravagé et je me suis fait un sandwich. Avec arrière-goût d’écureuil, je veux dire de pinotte ! J’aime arroser :une fois dehors, à la noirceur, j’ai arrosé un peu partout. On dit qu’il faut de l’eau avant les gels de l’hiver. Il y en aura. Ça me calme, ce jet de boyau…Non, faut dire de tuyau, paraît.
L’excellent acteur, Luc Picard, pas bien fort chez Homier-Roy, première de « Viens voir les comédiens ». Table montrée vainement en contre-plongée pour faire posat-moderne, éclairage affreux sur l’animateur le transformant en Méphisto-Dracula. Le son déficient. Pas de chronologie captivante. Picard verbalise pas trop bien sur son métier. Aile : « C’est le gros pépère Lipton à « Inside Actors Studio », mon meilleur ! » Elle a raison jusqu’ici. On verra avec le temps.
Téléphone de Francine : « me faut une page de votre plume pour le « programme » du lundi 14 au soir. Et votre photo. Demain, cher l’encadreur Bambino, apportez-moi ça. Pis, pas trop magané par ce refus de votre album ? Il fait beau soleil, non »? Je grogne faiblement. Et ce soleil, je sors le dévisager un peu avant le souper.

Le lundi 23 septembre 2002

1-
Comme hier, un bien matin de beau ciel bleu avec « charroyage » de nuages bien gras. Mais, ce matin, un froid automnal revenu. Pluies et vents forts cette nuit ? Aile, toujours moins enfoncée —sort inné de toutes les femmes ? Par nécessité de « veilleuse », de gardiennes de la vie ?— dans son sommeil que moi, m’a dit s’être levée en pleine nuit pour refermer le deux grandes fenêtres de la chambre. Honte alors du mâle protecteur si absent Quand je dors…je dors ! Pas à l’abri des voleurs, le bonhomme !
Je me fais réveiller soudain : bruits suspects. Par ma fenêtre ouverte (Aile devait fermer tout !), je vois et entend des ouvriers. Ils lunchent en rigolant. Qui sont-ils donc ? J’enfile une robe de chambre et je vais voir. On a jeté à terre les clôtures de bois de deux parterres (mystère, ça fait longtemps que c’est fait pourtant et que j’ai planté des haies ). Je marche, j’examine ce chantier étrange. À l’envers mes trottoirs de planches, le parking, tranchée boueuse, est tout « démanché », en l’air aussi, un quai de bois, pourri lui aussi, tout démantibulé! Tout semble pourri, à jeter au feu ! Je crains les dépenses de ces travaux bizarres. Qui a ordonné ces réparations? Ma compagne ? Elle déteste tant mes installations d’amateur-menuisier. Puis, rentré, plein de monde au chalet ! Petite foule. Les camarades d’Aile à la SRC. Remuement total dans la place. On prépare une excursion au mont Loup-Garou ! Rires et potins divers. Ça fume (on a promis de stopper la cigarette hier soir Aile et moi !). Ensuite, découverte d’une haute palissade toute neuve chez le voisin ! Une patinoire pour l’hiver qui vient ? Les bandes de bois brillent comme vernissées. Je vois Maurice L. et je le questionne. C’est l’ouvrage des Jodoin, plus loin. Il n’y est pour rien ! Maurice est installé avec son fils dans mon cabanon — lui ai emprunté dimanche de outils pour déterrer des érables jeunes. Il fait du feu dans ma vieille « truie » ! Comme s’ils étaient chez eux. Intrigué par cette patinoire imposante —Je me suis promis de m’acheter des patins pour cet hiver, hier— la foule sort de notre chalet et va au rivage. Rires fous. Enthousiasme. Je reste coi ! Il y a partout sur notre terrain des détritus, roches, tas de feuilles mortes (Aile et moi avons fouillé le terrain hier pour retrouver mon oreillette de demi-sourd), des gravats divers —je viens de lire sur le 11 septembre, aussi sur un drame de Toulouse (21 sept. 2001) dans le Paris-Match. Tous enjambent ces cochonneries sans s’en inquiéter. La bonne humeur sotte ! Je deviens très nerveux.
Réveil ! Encore un rêve curieux !
2-
Oui, dimanche, je perds une prothèse auditive. C’est cher ces machins. Aile m’aide à le retrouver. Impossible. On a fouillé partout. Heureusement pour le studio de « Tous les matins », demain, j’en avais une autre, plus ancienne, moins sophistiquée. Ouf ! J’avais fourré l’oreillette dans ma poche de maillot, aussi un couteau pour couper de la haie autour des érables à déterrer. J’enrage.
J’ai quitté vite un livre bien con. « Je vous donne signe de vie » écrit (mal) par une M. Caron. De l’auto-édition. J’avais cru (à la biblio Claude-Henri Grignon) à un bouquin mystérieux. Le dos de couverture parlait « médium », « voyante ». C’est d’une platitude intense ! Déçu de mon sort (longue histoire) au d.but de années 1970, j’avais fait une plongée dans les lectures d’affaires paranormales, Mathieu Mannig, écriture et dessins (de Picasso !) automatiques, les OVNIs, Bertrand Russell intercepté … et Cie. Cela a duré six ou sept ans. La curiosité. J’ai vite vu que l’on répétait toujours les mêmes bizarreries de livre en livre. J’ai décroché de la parapsychologie et n’y suis plus revenu. La mince plaquette vide de M. Caron est une gnochonnerie sans aucun intérêt.
3-
J’ai terminé « Une lueur d’espoir » de Nabe. Je pense bien que ce Nabe parisien est l’hurlurberlu qui fit son show chez un « Campus » de Dutrand, en septembre 2001. Il tenait un caméscope et s’énervait au bord de l’épilepsie : « L’Europe, de la merde; la France ? Même chose. Il n’y avait de salutaire que les USA ! Il allait s’exiler. Etc. Or, virage total, ce « Une lueur.. » maudit les USA. Maudit tout le monde. Mais…cette lueur… cet espoir, c’est les kamikazes du 11 septembre ! C’est leur foi. C’est un retour du religieux. Admettre cependant que ce Nabe a du style. Un don solide pour les mots connectés de manière étonnante. Le reste, sa pensée profonde —les suicidaires islamistes vont nous réveiller tous du « cauchemar climatisé » capitaliste, vont nous monter le vrai nouveau « chemin de la vie » honorable — c’est du domaine des contes de fée, de la fiction la plus ébouriffante ! Il est fou, il est talentueux. Il écrit avec fougue. C’est beaucoup. Mon cher Céline (« Voyage au bout de la nuit » ) avec du « jus » et puis il sombra dans le nazisme le pus désolant !
4-
Lunch et je lis B.H. Lévy dans « Le Point ». Il a organisé un journal « français » à Kaboul. Pour rivalisr avec le « Kaboul weekly », bien colonisé avec son titre USA. « Les nouvelles de Kaboul », ça pue le paternalisme et le colonialisme. Le truc truc « dominateur soft », la vieille recette « diplomatik », tic-tac, de Paris. « Union française » partout. Façade de cul-culturel et puisant arrière à commerces intéressés. Comme depuis si longtemps. Les USA font pire : façade security-CIA, industriels vénaux pour le fond bien entendu ! Paris-malin lui : « On va vous envoyer de l’art pestigieux, La Jocode tiens, et puis achetez nos avions Dassault, et nos vins et toutes nos belles bébelles MADE IN France. Tous font ça bien entendu chez les Blancs riches. J’y reviendrai. Lévy là-bas, tout dévoué aux Afghanistans (en 4 tribus rivales !) ça sent « l’envoyé » de Chirac et Jospin, du Quai-aux-complots (Conti) quoi ! Ambassade aux allures de pureté. Ce Lévy en fieffé valet des intérêts de la capitale-sur- 5-
J’admire tant mon Aile. Pascal Bruckner (en visite pour son dernier bouquin MADE IN PARIS, promotion !) ce matin dans Le Dev avec Robitaille : « Votre Chrétien, et rares autres, sont bien cons de relier pauvreté et terrorisme. Les Africains bien plus pauvres que les Arabes — eux, dit le Bruckner, petits-bourgeois, avec ordis portables, cellulaires, instruction à Hambourg ou à Londres, cours de pilotage, non, ils ne font pas de ce terrorisme ces « très » misérables d’Afrique. ».
Ah oui ?
Aile : « Allons, ils peuvent pas, voudraient, mais n’ont pas les moyens tout simplement, alors, ils s’entretueront (par dépit), voir le Rwanda ». Bravo chère Aile ! Allons petit Pascal moderne : la pauvreté est reliée avec le terrorisme et Chrétien parle vrai (pour une fois) : il faut, et vite, mieux partager avec les Suds !
Lévy disait dans ce « Point » : « Saddam Hussein, un fou, dangereux terroriste ! » Quoi ? Pro-W.Bush le Lévy ? Non mais…Coups de pied au cul qui se perdent chez cet « envoyé culturel » de Chirac !
6-
Je note pour le journal dans un vieil agenda (aux pages vierges souvent, toujours ma « récupération » en papier) de 2000, propriété d’Aile. Je lis : « 25 février 2000 : rencontre avec Lomer Gouin (!) et aussi Jacques Fauteux. Je la questionne, jaloux. « Ah oui, je préparais le « Gala des réalisateurs » à la Cinémathèque ».
Nat Pétro ce matin regrette le contenu « canadien » du temps de « Bobino » Foutaise. Là-aussi c’était beaucoup du stock USA, du dumping en tous genres. Les enfants devaient s’enrager des niais propos entre deux cartoons ¿textes de Michel Cailllou plutôt gnangnan, sauce « Tante Lucile »— de Guy Sanche (Bobino) et de Paule Bayard (Bobinette). Ils guettaient les dessins animés. La vérité fait mal ? Et Pétrovsky est bien naïve !
Dimanche soir, hier, Michel Douglas chez le père Lipton (le meilleur des trois séries du genre, avouons-le). G. (Gérald, Gérard ?) Tod dira : un autre con fini, un vendu, un prostitué d’Hollywood ! Ce fut encore une fois très captivant. À 25 ans, il se fait (sous l’égide de papa) le producteur du « Vol au dessus d’un nid de coucou ». Il se bat 7 ans durant. Un triomphe mérité. Il a « un nom » désormais. Ensuite, le fils de Dirk a participé à toute une série de films fameux. Parents divorcés encore ? Lipton : « cela a perturbé gravement beaucoup de mes invités célèbres. Vous ? » ». M. Douglas dira : « Oui mais ce fut un divorce à l’amiable, les miens, avec bon sens, une séparation sans déflagration pour nous, leurs enfants ». Il a donné de précieux conseils aux jeunes aspirants de l’ « Actors studio ». Brillant acteur. Hélas, avec ce « parler nasal » si fréquent aux USA !
7-
Ouow Douglas ! Ça sonne ! André Dubois à l’appareil : « Non, la mer, j’ai pas pu trouver, pas le temps. Trop pris. Regrette ». « producteur actif » quoi. Je ne lui dis pas que maintenant je suis pris moi aussi. Toutes ces rencontres (télé, Tva, expo, Mardi-Fugère, Salon de Rimouski) pour octobre ! Adieu la mer ?
Aux actualité, Arafat piégé. Aile : « A-t-il l’eau chaude ? Le bain ? Une douche » ? Je pouffe de rire. Aile insultée : « C’est important non ? » Oh, Clémence, la feumme !
Douglas junior à une étudiante actrice , j’oubliais : « Non, n’allez pas vous exiler à L.A. non. Il n’y a pas de centre, pas de cœur. Restez à New-York où il y a un cœur. Des événements culturels sans cesse, enrichissants. ». Pas la première fois que j’entends cela. À l’Ouest : rien ! Que des bretelles d’autoroutes pour une ville pleine de quartiers mal reliés.
8-
Vu hier, un docu sur Stephen King à ARTV. Un laideron à barnicles (en cul de bouteille) mal aimé. Père disparu. Mère malade de sur-médicamentation. Élève moqué. D’où son premier « hit », « Carrie ». Rédigé dans une roulotte déglingué avec femme (ouaitresse dans un snack) et un premier enfant. Triomphe à Hollywood. Il ramasse 40 millions de $Us, par année, ces années-là. Puis ce sera «Shinnig », autre hénaurme succès, puis le captivant « Misery », il en est devenu plus que millionnaire. Deux livres par année désormais. Un million de lecteurs aux UA et dans le monde. Une industrie. Boudé par les intellos évidemment. Devient alors un drogué, puis un alcoo total, vicieux (buvant même son « parfum après barbe » !). Il se corrigera. Avec « Dolorès Clairborne » (lu), qui raconte un un alcco batteur de femme :c’est la fin de son vice. Il reste fidèle au Maine natal (Durham puis Bangor). Il dira : « Dans une vie, on n’a pas deux endroits que l’on connaît bien, vraiment ». Vrai ! Après le mille pages —obligation de le lire pour « Première » à TQS— de « Ça », j’avais cessé, et Aile aussi, de le lire. Il y avait redite, recette, redondance évidente.
Zapping sans cesse hier à la télé : « Jeanne d’Arc » de Besson…ouais. Le Guy Fournier en « mémo » de télé :ouais !
9-
Vu le portrait (SRC) de l’actrice Paule Baillargeon sur son voisin déchu du Carré Saint-Louis, le cinéaste Claude Jutra. Insatisfaisant mais avec des éclairs brillants ici et là. Souvenir : ce quartier, 8 ans, dès 1978, au 551 rue Cherrier. Proprios étonnants, deux jeunes homos débrouillards, capables, rénovateurs habiles de vieilles maisons. Notre logis formidable. Briques et vieux bois, un jardinet, un solarium…Du bon temps et autour de nous: Langevin, Germain, Miron, Bourgault, Gauvreau, etc. Notre faune ! Pas moyen de stationner. On déménagera en 1986, rue Querbes. Autre village au fond et faune semblable.
Oh ! Louise Cousineau ayant vu notre bref sketch folichon (à Paul Houde et moi) écrit samedi matin : « J’ai hurlé de rire. Une pièce d’anthologie de télévision qu’il faudra nous remontrer ! » Eh bin ! Hâte de revoir l’équipe de « Tous les matins », demain.
On descend en ville donc. Trop de courses urgentes. Adieu beaux nuages partout. On ferme !

Le mercredi 18 septembre 2002

1-
Ce matin, comme hier, beau firmament, beau bleu poudre ! Les froids automnales sont là. En allant à me gazettes et à nos « cibiches » maudites, je remarque la brume sur le lac, l’humidité sur notre petit trottoir de bois, les vitres de la Jetta noire toutes embuées de vapeur et cet air froid dans le narines. Au retour, faisant le café, je jette un regard sur mes maillots de bain dans la cuisine : ça achève les saucées hélas ! Avec cet été si chaud, si beau, ce fut mille baignades et c’est, mais oui, la fin bientôt !
Déjà nostalgique des chaleurs. J’aime tant l’été. Seul prix de consolation avec octobre bientôt : les si belles couleurs ! Sang et or. Après… ce sera l’hiver. Bizarre, on dirait que j’ai fini par accepter cette saison blanche. Mais oui, moi, l’héliotrope ! Depuis 1975, fini le ski alpin, fini d’aimer l’hiver. Maintenant, je veux bien revoir —admirer même— les blancs manteaux à venir. L’enfance revenue ? Les petits aiment bien l’hiver, pas vrai ? J’ai donc changé. Je ne souhaite plus autant m’exiler —pour au moins deux mois— au soleil…de la Floride ou de la Côte d’Azur. Je ne fais plus de calculs ou de recherches, j’en étais à Carcassonne ou Perpignan…Fini. Non, content de me ré-enquébécoiser à fond, au fond.
Réveil tôt ce matin. Vainement. Devoir aller chez le denturologue (?) pour en finir avec ce qui me reste de vrais dents ! Coup de fil pour confirmation et, erreur, c’est demain le rendez-vous pris. Céréales, cafés, journaux et puis monter au clavier-à-mots.
2-
Où étais-je donc cette nuit-là ? Immense mégaplexe ? Vaste restau. « La Sirène », où l’on a mangé encore de la pieuvre grillée récemment ? Multiplié par dix, luminaires flamboyants, aussi une vaste salle de spectacles. Je suis à la fébrile recherche d’Aile un peu partout. Invisible ma sœur d’amour. Invisible. Je croise des camarades, des connaissances comme lorsqu’on va à « L’Express » ou au « Continental », sites connus pour artistes entre deux spectacles. Non, personne ne l’a vue ! Puis, tout se vide. Plus personne quand je retourne à la grande salle. Que quelques nettoyeurs affairés entre les rangées de fauteuils. Dans une salle des coulisses, un maître de danse, de ballet ?, me voit et me choisit. Oui, oui, je dois embarquer dans son… aventure. Danser ? Il est fou ? Il se fiche de mes protestations et m’indique des positions à prendre sur la scène fantôme où des marques au ruban gommé font des zigzags. Je me laisse un peu faire. C’est un tyran. Aveuglé. Qui crie sans cesse. Buissonneau jeune ? Voici des amis, tous en collants ! Gaétan Labrèche, à qui j’avais dédié un texte à vingt ans, Claude Desorcy, avec qui je faisais du théâtre amateur dans Villeray. Qui est ridicule avec son collant tricoté, en grosse laine verte. Le dictateir gueule, vite, on doit débuter la répétition. Je ne sais trop quoi faire, où aller. On va vers le théâtre vide. La troupe est en effervescence. Je vois, tout autour de moi, des danseuses dénudées, d’un érotisme vulgaire, avec des gestes obscènes, ça reptilise au sol, ça se garroche les uns sur les autres. (« La la La, human step » vu à Artv récemment ?) Des duos d’un burlesque total. Ballet de vulves à l’air, de pénis exposés ! Dois-je vraiment participer à cette danse cochonne ? Réveil. Comment bien décoder ce drôle de rêves ?
3-
Très bon film (quatre étoiles) loué hier soir. Très, mais vraiment très librement inspiré par « l’affaire-Jean-Pierre Romand », le fameux menteur escroc assassin —dont j’avais lu le bon livre tiré de cette affaire :
« L’adversaire »— le cinéaste Laurent Contet a signé : « L’emploi du temps ». Aile et moi envoûtés totalement par l’athmosphère de ce récit filmique prenant. Une auguste lenteur, un climat fascinant, on est renversé par cet homme, bon père de famille, chômeur qui se déguise, qui se camoufle, renfermé dans son mensonge, inquiet, ravagé. L’épouse terrassée d’inquiétude sourde, elle devine l’imposture, les trois enfants comme devinant ce bon papa menteur, avec un « emploi du temps » fabriqué. La cinéaste Nicole Garcia présentera aussi « sa » version de l’histoire sordide de Romand —qui est aujourd’hui un bizarre « Jésus freak » en prison à perpétuité.
« L’emploi du temps » bifurque tout autrement, à la fin —heureux et soulageant « happy end— le malheureux imposteur s’en sort très bien. Aile et moi, ahuris –excellent, l’illustration de sa folle dérive— par le cheminement pitoyable du héros (!), avons poussé un « ouf » tout content du « salut » enfin trouvé. Il faut un sacré talent de cinéaste pour avoir su rendre aussi parfaitement la solitude du trompeur, il triche partout, dort dans s voiture, extorque ses ex-camarades de travail, rôde dans l’entreprise suisse (relevant de l’ONU) où il dit qu’il est un décideur important en coopération franco-africaine (!). Ah oui, voilà du cinéma loin du Hollywood commun, riche de fond. Ce Laurent Contet n’a certes pas fini de nous surprendre.
J’ai dit franchement à Aile que ce gaillard perdu, angoissé, culpabilisé, m’a fait me souvenir d’un temps (1967-1977) où elle était ma secrète maîtresse, que je devais calculer sans cesse des mensonges plausibles tout autour de moi. Aile m’a regardé longuement en silence. La défunte épouse convaincue —ce qui m’arrangeait au fond— que j’étais une sorte de play-boy, de don juan, alors que je n’avais qu’elle, Aile, en tête et au cœur. Dans « L’emploi du temps » le trompeur, qui est fidèle à sa femme, s’enlise horriblement par vanité folle. Viré de son emploi, taisant ce fait aux siens, il va se forger toute une existence mensongère. Dans la vraie vie, ce Romand ira jusqu’au vol de son entourage et puis aux meurtres de tous ces complices involontaires. Il faut lire « L’adversaire » car on dit que le film de Garcia n’est pas bien bon.
4-
Vendredi matin, à « Tous les matins », on pourra voir Tit-Claude en acteur (un rêve de jeunesse!). Avec Paul Houde j’ai osé accepter de faire un bref sketch comique. Que j’ai aimé ça ! Houde, marchant au démaquillage (on porte même des perruques !) rigole : « Nous voilà revenus aux « Tannants » du Canal 10 ». En effet ! Et je me suis souvenu aimer beaucoup regarder les folleries des « Tannants », ils me reposaient de mes travaux sérieux. Le burlesque est une fameuse détente pour les esprits occupés.
Hier matin, en studio, je complimente Tremblay, mon illustre camarade : « Tu deviens beau, tu vieillis bien, Michel ! » Lui : « Je sors d’une maudite maladie, Claude, et je dis maintenant : rien comme ça pour vous redonner la santé »! Il a sans doute raison. Il semble péter le feu. Mais je n’ai pas grande confiance à ce projet du « feuilleton-radio » avec sa Nana de mère, à coup de dix minutes tous les matins.
Souvenir : Raynald Brière, le « boss » à CJMS, dit « oui » à un projet de « radioroman ». À New-York, ce « retour du genre » connaissait du succès solide. Je suis engagé pour un texte-pilote. Trente minutes de polar. On le fera au micro. Et on le fera entendre à un « groupe-test ». Fiasco : tous disent : « Non, on veut pas juste les entendre, on veut les voir ». Abandon aussitôt du projet.
Hier soir, encore une autre entrevue ratée par « Le grand blond…» de TVA. La drôle Sylvie Moreau —je l’aime tant à son « Catherine »— se montre au naturel. Fiasco là aussi. Candidement elle déclame : « Je suis une vedette », « je suis une experte dans mon domaine », « nous avons un très grand pouvoir sur le public », etc. Ça sombre dans le marasme interviewellique ! Quand on installe Labrèche (acteur avant tout) dans un contexte dramatisée, il est bon. Hier soir, avec le « vrai « grand blond », Pierre Richard, dans sa cave fictive, avec une fausse épouse momifiée, du « blé dingue » à éplucher, un faux cousin en « siffleur » étonnant, nous avons beaucoup rigolé, Aile et moi. Il arrive que cet étonnant Labrèche me fasse peur. Il y a du névrosé chez lui et je m’inquiète, à l’occasion, pour sa bonne santé. On le sent alors tout fébrile, au bord de péter lres plombs parfois. Sa recherche compulsive d’originalité à tout prix fait plaisir à voir souvent, plonge, à l’occasion, dans un surréalisme douteux. Son culot (un front de beu !) à Paris avec Thierry Ardisson, lundi soir, fut fameux. Une prouesse rare. On constate que ce jeune Labrèche n’a peur de rien, est prêt à tout. Qu’il n’a aucune peur du ridicule… qui guette ses performances « flaillées ». Chapeau pour cela !
5-
Vu trente secondes, hier, Serge Bélair. Une réclame (assommante) de « Brault et Martineau. Mécanique. Ce vieil animateur est bafoué par « le beau milieu ». Moi aussi je le croyais vide. Or, CJMS fermé, on m’invite à CKVL, rue Gordon, à Verdun comme critique de spectacles et de télé. Je découvre un bonhomme fort sympa, plus cultivé qu’il ne le laisse paraître, généreux et d’une amabilité totale envers ses co-équipiers. Certains « portraits emblématiques » noirs ont la vie dure. Bien sûr, il y va de trop de concessions au « monde des marchands » et, un jour, un animateur populaire doit payer pour ces abus-là.
Mardi matin, brève « table de débat » à « Tous les matins ». Ma chère Clémence en belle forme. L’humour et les femmes. Thème dangereux. J’ai parlé de la vanité féminine (un pléonasme ?) qui empêcherait la « feumme » de s’essayer trop souvent en humour corrosif. Lundi matin: « Notre camion micro-ondes, M. Jasmin, ne peut aller à Sein-Ad’Aile. Pourriez-vous descendre, à 17 h., le retrouver au Palais de Justice de Sein-Gérôme ? C’est pas bien loin ? » J’accepte. C’est payant. Mais oui. Mini-débat : doit-on punir sévèrement ou non cet ado tordu et niais qui se déguisait en tueur à son école (à la Lépine aux HEC) ?
À la caméra du « 17 h. » de Bruneau et Charon, je réclame le retour de la sévérité ambiante de mon jeune temps, une punition exemplaire et dissuasive pour d’autres petits cons déboussolés. Mon vis à visa, à Québec, est un prof de cégep et joue la carte du laxisme, de la compréhension. À 18 h.30, TVA annonce que la plupart de leurs correspondants (ô internet !) me donnent raison :c’est oui, à une punition sévère ! Ouf !
6-
Mardi soir à RDI, un bon documentaire (fait ailleurs encore !) sur…la Palestine encore. Des mouvements clandestins et bien organisés comme le Hamas ou Ezbola ont salopé, torpillé —attentas terroristes— les accords d’Oslo, entre Shimon Pérez —travailliste débarqué par le Licoud droitier et Nethanayou— et Arafat— pour une paix négociée là-bas. Ces purs et durs clandestins à Gaza comme au Liban, proclament : « Les Israéliens ? Tous à la mer »! Point final. Les populations civiles en bavent. Des deux côtés. Du sang sur la rue, dans un café, dans un bus, dans une disco ou…répliques funestes de Tsahal, dans des taudis palestiniens. L’horreur sans fin.
Au début de ma lecture de « Mon Afrique », découvrant une belle jeune fille de soldat d’Ottawa, d’une mère prof chez les Innuits, recherchiste à l’ex-série « Nord-sud » de Télé-Québec, devenue reporter-pigiste (radio de la SRC) en Afrique du Sud, mère séparée d’un garçon, qui s’amourache vitement de son bel interviewé, Indo-africain, bin…je résistais à ses complaintes larmoyantes. Elle verse de torrents, frise la dépression. Or, ce « Mon Afrique » de Lucie Pagé contient aussi une formidable source d’informations sur l’histoire de cet Afrique pas comme le reste du vaste continent si pauvre.
Je ne regrette nullement d’avoir continué ma lecture. On y trouve, d’une part, une Blanche qui va épouser son bel « interviewé », un chef de syndicat devenu ministre du Président (libéré de prison) Nelson Mendela, avec jolie maison, piscine, tennis et cours d’équitation pour les enfants. Mais on y trouve aussi une brève histoire de ces surprenants sudistes, venus de Hollande d’abord, et puis d’Angleterre avec demi-domestiques importés de l’Inde (tel Ghandi), tampons utiles, pas trop Noirs quoi.
On songe à nos Irlandais d’ici longtemps tampons utiles pour jouer auprès de « nos bons maîtres » les demi-boss. Vraiment une lecture captivante.
7-
Oh, fierté québécoise nouvelle ! Acclamations partout lundi matin ! Un certain Charles Dionne —à San Francisco, USA— a battu toit le monde et, incroyable, le grand champion Armstrong dans une importante course de vélos. Ces succès (Cirque du Soleil ou Céline Dionne) sont d’excellents remèdes à nos colonisés, aux victimes du racisme inverti, qui répandent que nous ne valons rien.
Vu « Bunker », deuxième émission. Même sentiment d’une caricature forcée. Manichéisme puéril. Symbolisme —les cabinets de toilette où l’on est tout nu, à la in des moutons sur estrade de congrès… d’une candeur molle, vaine. Les fourbes sont très noirs. Aucune nuance. Donc aucune investigation intelligente de l’être humain. Tout en surface. L’excellent acteur, Savoie, en financier retors, —il va tomber carrément au sol en apprenant une sentence de son candidat-poulain— devient ridicule à force d’une peinture grossière par Dionne et Houle.
Pas du tout envie de suivre « Bunker ». Suis pas un mouton (!) pour manipulateur démago. J’ai compris le propos : « Mes dames, messieurs, le monde de la politique n’est que marionnettes et manipulateurs sans conscience. Fin.
Dénoncés, les créateurs disaient : « allons, un peu d’humour ». Or il n’y a aucun humour là-dedans. Il y a mépris total. Seule scène solide en une heure, la rencontre de Rémy Girard avec Micheline Lanctôt (mauvaise actrice cependant). On cessait enfin les coupures sans raison et les mouvements futiles. Il y a aussi Louise Marleau, fascinante, mais avec un rôle pas moins carré que les autres.
8-
À RDI, au début de la semaine, à « Grand reportage » —par la France : que de dumping !— : « Où est Ben Laden » ? Comme les albums (qu’aimaient tant mes petits-fils) « Où est Charlie » ? Stupéfaits, nous découvrons, là aussi, une fois de plis, la vénalité des « colonisés », les marchandages abjects : crachez du fric les amerloques et on va collaborer à dénicher notre merveilleux chef spirituel, le richard saoudien, Ben !
L’émission illustrait clairement que les USA ne pouvaient se fier à ces…mercenaines-girouettes. On dirait le Vietnam encore. Bref, après tant de bombardements de cavernes, de bavures (un mariage saute : 40 morts ! On tue des Canadiens !) : bin, pas de Ben ! Un échec quoi ! Instructif en diable. Même riches, armés jusqu’aux dents, ne débarquez jamais sur un sol inconnu, étranger. Ce sera la noyade. Le gaspillage effrayant. Oui, comme au Vietnam.
Je disais, au départ, le 11 septembre : folie de déclarer « la guerre » au terrorisme. On peut les pourchasser, tenter les déjouer, certes. Et il le faut. Mais la guerre suppose un ennemi visible. Le terrorisme est affaire de cachettes, de maques, de clandestinité. Al Quaïda est partout et nulle part. G.W. Bush jouait sur un mot pour obtenir des adhésions. Il n’y a pas de croisade possible quand il n’y a pas de terrain délimité. Ils sont à Chigago ou à Syracuse. À Plattsburgh ou à Boston. À Beyrouth ou à Paris. À Londres ou à …Montréal. Cette folie —la guerre— saigne le budget USA. Et ce n’est pas fini. Le W —ses sbires-faucons galonnés —songe à envahir le pays de Hussein ! Et puis où encore ? La Corée du Nord, la Lybie, ça ne finira jamais. Et les brillants espions de la CIA qui ne parlent qu’amerloque, pas un mot d’arabe…. pas un mot de Coréen, gageons-le. Un espion encombré de traducteurs, bin, ça se voit et vite, non ?
Un sergent des « marine » déclare aux envoyés de cette télé de France : « D’abord, de chez nous, on avait cru à des misérables et là on découvre qu’ils sont brillants, très intelligents et bien mieux organisés et équipés qu’on pensait ». Il avait tout dit.
9-
Vélo lundi matin. Du rouge aux crêtes de toutes les collines (il n’y a pas de montagnes dans les Laurentides). De l’or ici et là, aux bouleaux timides. Déjà ? Des fleurs de fin d’été dans les ravins. Moins d’eau furieuse aux si belles cascades de Val Morin. Terrasse ensoleillée encore (pour les œufs et les rôties avec confiture aux framboises ) tout de même à Val David. Chaque fois, Le Journal de Montréal offert. Bourgault y a un bon papier. Il cognait sur les Israélites d’ici devenus paranos face à l’émeute à Concordia. Oh ! Il va encore se faire désigner (j’ai connu ce manège pitoyable en 1988 à Outremont ) comme antisémite néfaste car on sait qu’il est interdit de parler librement sur les Juifs depuis l’horrible carnage des nazis. Ils sont tous beaux, bons, fins, parfaits !
Un article bien troussé. Sa belle « moyenne au bâton » et, je l’ai déjà dit, la chance de parler avec un très vaste public. Chanceux le Pierre ! Mais trop plein d’annonces, à pleines grandes pages ! Le succès commercial complet attire les marchands rue Papineau !
Très bon film —« Mon ennemi intime »— revu à la télé sur le cinéaste allemand Herzog (bien maso) et l’acteur fou Kinski (qui fut dirigé par David Lean et Berthold Bretch), Kinski (il s’est pris pour « Jésus revenu » un temps !) bien sado: un couple d’artistes vraiment étonnant. Aimerais visionner « Aguire, la colère de Dieu », dont on montrait des extraits et le « making off » tortueux, ou bien ce récit d’un bateau transporté au delà d’une montagne en vue d’un opéra à fonder dans les Andes, j’ai oublié le titre. Des films curieux, pas banals du tout !
10-
J’oubliais : les techniciens de TVA me parlaient de mon retraité de frère, Raynald, chef —aimé je crois— longtemps à TVA. « Tu l’as vu récemment, notre ancien petit boss » ? Ma gêne ! La réalité : on ne se voit plus guère. Il a son monde (sport, voyages, découverte des plaisirs de la pêche, etc.) et j’ai le mien : Aile et Aile… avec Aile, mon journal et mes projets ? Je regrette, il était mon cadet de cinq ans et je fus, si longtemps, son moniteur de jeux. La vie ! Je veux, je vais, lui passer un coup de fil.
Colère populaire. À Asbestos, referendum : « On veut la fermeture de la ville » ! Je comprenais mal. Comme partout, on veut du fric. Notre fric. Aile scandalisée. Je tente : « Écoute, une société solidaire, humaine, c’est cela. Il est arrivé un funeste coup du sort à Asbestos —fermeture de l’unique grosse usine— bon, on doit les aider, payer pour les déménagements de nos concitoyens malchanceux là-bas, pas vrai ? ». Aile se tait, médite ça.
L’étrange mépris du français au Festival de Toronto par une célèbre actrice de Paris : Catherine DeNeuve toute surprise que notre reporter Chilio-québécoise, Alexandra Diaz (au parler fort nasal)—envoyée dans ce pays étranger, oui, oui— la questionne en français et veut ses réponses en français ! Mystère ? Pas vraiment. Elle est en « amérique », comme aux USA. Parfaitement. Toronto, elle l’a bien vu, est une ville américanisée jusqu’à l’os —excepté à son université d’intellectuels qui se font accroire qu’il y a une « culture canadian ». Elle cause american quoi ! Pour elle, Québec, c’est un autre pays. Et elle a bien raison. Elle sera pas moins surprise si, au Brésil par exemple, un reporter la questionnait disons en allemand ! Eh !
11-
Hier matin— à « Tous les matins »— entre la table à débat, l’entretien du « papi » où je raconte que mes petits fessaient le Gros Giguère (un érable commun et méchant qui étouffait un petit sapin), avant de jouer le sketch —pour vendredi matin— je vole —à pied—vers un de mes éditeurs, Pierre Graveline à Sogides, rue de la Gauchetière. Notre projet d’album illustré ira bien. Il voit mes 40 illustrations. J’en avais maintenant 60. Il dit : « c’est beaucoup ». Je lui dit de ramener cela à 25 aquarelles. Il a besoin d’un semaine pour les photogravures (par ordinateur). Bon. Tout baigne.
Dans une semaine, j ‘irai porter ces 25 élus chez l’encadreur de Francine Ladouceur. Le 14 octobre :expo —et concert avec Luc de la Rochelière— au sous-sol de Saint-Arsène, rue Bélanger. Dimanche, ici, à Sein- Tad’Aile, Francine —avec son Delphis fidèle— a vu mon stock de graphignages en couleurs ! A paru satisfaite mais un peu étonnée. Je crois qu’elle a une autre conception de l’art pictural. Elle m’a donné un paquet de billets de courtoisie pour son événement du 14 octobre.
La fougueuse Francine (d’habitude) n’est pas en bien bonne santé, se démène tout de même, me vante encore Sœur Madeleine Gagnon, avec raison. En partant : « J’espère que vous, « Président d’honneur » de cette soirée, vous allez m’aider pour la promotion du concert-expo ! »
Oh oh ! Quoi faire ? Je déteste mousser mes propres affaires. Je lui dit : « Vous devez faire les démarches aux médias, recommandez-vous de moi tant que vous voudrez ». Me demande si mon nom est vraiment un « sézame », doutes graves !
J’ai envoyé à l’Union des extraits de mes trois livres récents pour ma lectrice prestigieuse du Mardi-Fugère, Monique Miller. Chez Duceppe (où « La preuve » m’endormait) Monique : « Eille, Claude, pas trop longs hein tes textes pour le Centre culturel Frontenac ! » Je dirai à Aile : « Ouengne, pas trop enthousiaste à me lire, ta Monique ! » Aile :
« Tu la connais pas, c’est qu’elle va travailler à fond sa lecture, c’est pas une liseuse banale, Monique ». Ah bon ! Je dois aussi trouver de photos pour ce Mardi-Fugère. Diapositives en vue. Trouver aussi des photos pour le mag « Bel Âge », dont je ferai la couverture de novembre. « Urgent », dit une recherchiste !
12-
Il y a pire : demain matin, devoir souffrir chez le dentiste de Sein Tad Aile. Peur. Amenez-moi de la grosse douleur morale…nous autres les hommes… mais la douleur physique, on déteste !
Ce beau ciel bleu qui me nargue par la fenêtre. Bon. Assez. Descendre faire le lunch et ouis ouvrir une chaise et lire sur Octobre 1970, livre tout nouveau offert donné par Graveline chez « L’actuelle, VLB, Typo, Ville-Marie », etc.
Souvenir : le grand patron de ces cabanes à livres, Pierre Lespérance avait une bien jolie sœur, Suzanne. Elle allait au collège de M. Hudon, voisin de la gargote de papa —où je fabriquais mes marionnettes. Flirt. Coup de foudre réciproque. Elle a dix-huit ans, j’ai vingt et un ans. On s’embrassait au dessus des caisses vides d’eaux gazeuses (Ô gaz déléthère des amours juvéniles !) dans la cave derrière le caboulot. Amour, amour ! Puis, ma blonde de ce temps, m’annonce : « je suis enceinte. De toi ! » Aussitôt rupture avec cette belle Lespérance et prise de mes responsabilités, on « levait pas les feutres » lâchement à cette époque ! Me voit-on en beauf’ du PDG de Sogides aujourd’hui ? Serais-je « adjoint du PDG » avec droit de vie et de mort sur les manuscrits de la Maison ? J’en ris.

Le dimanche 15 septembre 2002

1-
Pluies abondantes cette nuit, c’est certain, j’ai vu la bouche d’égout, ce matin, recouverte de détritus (descendus du Sommet Bleu ! Ciel fait de miscellanées ce dimanche : nuages, du bleu, du gris translucide et des blancheurs opaques !
Jeudi matin, on file vers cet examen des intestins du bonhomme. J’avais avalé la veille une fiole de laxatif spécial. Trois visites, mercredi soir, chez Oncle Charlie ! Le matin, à l’aube, réveil et autre fiole à avaler. Trois autres visites jeudi tôt chez Charlie ! Rendu là à Sainte-Agathe…ma peur. Mon trop faible seuil de tolérance pour la douleur physique. La douleur morale, nous autres, les mâles, amenez-en…mais la physique, oh brr ! Une infirmière à qui je dis cela rétorque : « Oh oui, ça, les braillards en pantalon, nous le savons bien » !
Alors, comme toujours, je multiplie les blagues dès le bureau d’accueil de l’hôpital. Trois préposés rient bien fort de mes facéties. À la fin du protocole à paperasses : « Et je veux être incinéré, notez cela ! »
Aile rigole derrière moi. Me dira : « Tu as été d’un drôle rare ! » Oui, la frayeur m’inspire. Pour compenser je fais le clown. On me rassure : « Vous aurez du valium et aussi de la morphine ». Quoi ? Mais c’est une piquerie Sainte-Agathe ? Tout se passa bien malgré l’heure de retard, mon toubib appelé à l’urgence. Aile qui veille sur son grand homme (!), ira lire son journal —fumer dehors— avaler un café à la cantine. Retour et elle lit un rapport médical : « Chanceux, pas un seul polype ! »
Mais c’est écrit aussi : « Coeur anormal » ! Ah ! C’était —ces palpitations— la peur de souffrir, j’en suis certain. Mon doc-Singer, quand il lira ce rapport, va vouloir m’envoyer à un vaste examen du cœur, je le suppose. On en sort jamais quand on accepte de mettre un doigt dans l’engrenage à médecine. Je déteste ces examens.
2-
Hier soir, « cinéma du samedi », comme jadis plus jeune, en bas de la côte. « 8 femmes » de François Rozon. Sorte de parodie des mélos et des polars. Avec des morceaux chants. Entendre la « vieille » Danielle Darieux, entonner le Brassens de « Il n’y a pas d’amour heureux » est une chose à voir absolument. Ozon a organisé avec ses « vedettes » —Fanny Ardant, Isabelle Huppert (fort amusante, on venait de la quitter, à Artv, jouant « Médée » à Avignon), la jeune Ledoyen (vue en Cosette dans « Les Misérables », d’autres « stars »— une sorte de music-hall avec des moments d’un humour total. Bon divertissement.
Ce matin, sortie encore (des cartables) de mes pontes pour la Francine de Villeray qui doit venir faire son tour en fin d’après-midi. « Avec une surprise pour vous », me dit-elle au téléphone ce matin. Eh ! J’ai mis des cordes à linge ici et là, comme une sorte de lien visuel. J’ai arrangé ma « tête de Christ saignante » en une bannière géante et ai ajouté, en bas, deux porteurs, fiers ligueurs t du Sacré-Cœur ». Content, content. Qu’elle vienne !
Étonnant « Forest Gump » (Hanks) chez Lipton à Actors Studio. visionné (retour des « 8 femmes »), hier soir. Un comédien tonnant qui fit florès dans « Sauvons le soldat Ryan ». Fascinant entretien. La Cousineau (La Presse) juge René-Homier Roy à son zénith avec notre série du même genre…qui s’en vient (avec Luc Picard le surdoué). Hâte !
Avons vu aussi Lindon-le-tiqueur chez Rapp, Artv, à « Feux de la rampe. » Fascinant aussi. Découverte que nous estimons grandement, Aile et moi, ces conversations libres avec des comédiens fameux. G. Tod dirait : « Tous des vendus ! » Qu’il aille au diable cet amer-loque ! Le plus souvent, c’est très bon, très instructif aussi.
3-
Vendredi soir immense déception à la première de « La preuve » chez Duceppe. Pénible. Un gros succès à Broadway. Les chercheurs y vont (à New-York ou à Londres n’est-ce pas ?) , constatent le succès là-bas et s’imaginent, les paresseux, qu’il n’y a qu’à reprendre cela à Montréal. Oui, paresse insigne ! Ça ne marche pas toujours. Quatre bons acteurs mais… cette histoire plate m’a assommé. Le public debout à la fin, l’ovation comme pour se faire valoir, un rituel niais, automatique chez nous. Une générosité mécanique insignifiante. Dire qu’au CEAD (pour auteurs non montés), grand lot de textes québécois qui attendent. Du tas, il doit bien y avoir plusieurs bons textes, non ? Colonialisme courant. Avec la paresse, la prudence conne. Racisme inverti toujours.
Chez Duceppe, le brillant caméraman de télé, Claude Bérard, tout content d’avoir appris, sur une plage de Pointe-Calumet, que je l’avais cité (avec un Robert Low) chez le Derome des fêtes de la SRC. Honneur au mérite. Tous ces gens —des coulisses— inventaient sans jamais obtenir la lumière méritée, hélas !
Samedi matin, redécouverte du trou derrière notre condo. Vaste « ground zéro », ça fait peur. Machines à l’ouvrage. Monstres avides ! Le roc que l’on case sans cesse. Le vacarme. Vite fuir au chalet !
J’ai envoyé deux « donquichotte » —farfelus, avec la plume au poing— à Trois-Pistoles pour la couverture du journal. Victor choisira. Suis un peu inquiet de ne plus recevoir les épreuves du texte… J’avais courriellisé à Beaulieu : « Votre réviseure : pas couper sans me prévenir, gardez les météos —mon trade mark quand j’ouvre une entrée. Et puis laissez les mots anglais « au son ». À part ça, pas besoin de me faire relire ma copie. Pris au mot ou quoi ? Sortira-t-il à la mi-octobre tel que promis ? Doutes !
4-
Francine Ladouceur —concert et expo à Saint-Arsène pour son projet de « La petite patrie »— sort d’ici avec son cher Delphis. Elle a vu mes ouvrages graphiques. En silence. Pas son genre de « belle peinture » peut-être ? Tout baigne cependant mais elle est pas en bonne santé. A semblé apprécier assez mes « barbeaux »… Je choisirai une quarantaine d’élus, il y en 75 dans mon grand cartable noir. Ça devrait aller. Confiance obligée bien que… Francine semble se buter sur de tas de pépins. Eh ! J’en organise-t-y moi de tombolas, des soirées artistiques, tic, tic ? Non. Je sais trop ce que cela représente d’ennuis divers. Je la trouve bien vaillante. Ma crainte de voir, au bout de tous ce bénévolats, une sorte de fiasco. Tant pis. J’aurai ramasser des images pour l’album accepté chez Sogides.
Vu « Justice » de Durivage à la SRC. Sa première. Très bon travail. Horribles découvertes sur… Dame justice ! C’est noir.
J’ai commencé à lire un bouquin un peu bizarre. Un récit vécu par une reporter, Lucie Pagé. « Mon Afrique » raconte sa vie en Afrique-du-Sud, séparée de son jeune fils, Léandre qu’elle adore, car l’amour l’a frappé. Un subit coup de foudre à Johannesburg. Avec un beau chef syndical d’origine indienne. Un tribun connu là-bas. Un militant farouche, pas très disponible, ami de Nelson Mendela, le grand chef libérateur respecté. Tiraillement. Elle se juge « mauvaise mère », sombre dans la dépression, Ne sais plus si elle doit abandonner cette aventure romantique si loin de son petit Léandre. Je crois bien que je vais y découvrir des tas de faits sur « la vie quotidienne à l’étranger » quand on veut et garder un amour et travailler en reporter pour une télé ou une radio d’ici. Intéressant.
5-
Aile débute le « Music Hall ! » de Soucy. Je ne dis rien. On va jaser après lecture, ça…
Le cheuf de « Tous les matins » à la SRC, Stéphane Tremblay : « Soyez en studio Claude, mardi à 9 h. Vous continuez votre récit sur les garçons démasculinisés… Comme un feuilleton ». J’ai pris des notes. Vendredi soir, pizza au four chez « Grand Pa » à Val David avec des voisins, les J. Rires nombreux autour de la table et Pauline J. en avait bien besoin elle qui a la santé bin maganée ces temps-ci. J’ai encore remis à Jean –Paul J. ma copie du « Couac ». Il aime la satire.
J’oubliais : Vincent Lindon avec Rapp : « Des gens me rencontrent et me disent : « Quoi, vous vous souvenez pas de moi ? Je fus figurant à vos côtés dans tel film, il y a dix ans ! » Il dira : « On ne semble pas comprendre que, depuis, j’ai croisé plus de mille personnes ! » À mon échelle (réduite, je ne suis pas un acteur connu), cela m’arrive. Comme disait Lindon : « On dit , ah oui, je vous reconnais maintenant », par politesse ! »
6-
Fameux deux heures chez «Zone libre » encore. Un documentaire sur les « fous d’Allah » signé Hynes, par la BBC. Genre d’émission rare, hélas. Qu’on ne voit pas ailleurs sur les autres chaînes francophones. Pourquoi donc ? L’achat de forts documents, faits en des pays étrangers riches (de monde ), ne coûte pourtant pas si cher !
L’émission montrait clairement que l’on achète la paix. ET la guerre aussi ! Des alliés douteux. Promesses dangereuses. Calculs mesquins aussi. Offres d’armes bien souvent ! (Oman, Pakistan, etc. ) Le monde de l’orient en pauvres gueux qui quémandent des subventions sans cesse si on veut les voir se ranger de votre bord (USA).
Morale tragique ? Le populo qui trépigne… dans les rues mulsulmanes, qui est scandalisé par ce alignements subits ! Des chefs qui font des marchés assez sordides. Tractations immenses, louches, d’une vénalité horrible. Montage politique branlant alors. La Maison Blanche tient les guides. L’hyper-puissance (Washington) force la main… Manèges honteux mais c’est de la « realpolitik » je suppose. Le contrôle des fougueux Chefs de guerre de l’Alliance du Nord, en Afghanistan, est un casse-tête délicat. Kaboul avec la majorité (Patchoum) était l’enjeu.
Je voyais clairement la fragilité de toutes ces tribus en rivalités perpétuelles et qu’il faut absolument tenir à l’œil. Une farce ? Ou bien une comédie ? Non, une tragédie terrible.
7-
Je repense souvent à « La sagesse de l’amour », l’essai de Finkielkraut. Je le relirai. Il fait mal. Il me fait repenser à des notions trop vitement ignorées. Sur l’amour. Que c’est « fatiquant »…repenser ce que l’on croyait classé, acquis, hein ?
Dans un grand ciel blanc, soudain le soleil se trouve un passage. Tout s’illumine. Envie d’aller calculer ce manège dehors. À plus tard donc, ces commentaires sur d’étonnants courriels reçus.

Le mercredi 11 septembre 2002

1-
Jour de pluie ? Oh oui ça tombe. Ainsi, revenir au journal. Dire tout de suite avoir reçu un long courriel de fulmination du concordien Tod, exilé dans le Sud comme prof. Contradictoire ? Il m’écrit : la vérité blesse. Un vieil adage. Et il se montre…blessé !!! La vérité choque donc. Il est comme enragé contre moi. Mes petites vérités à son sujet —dans ce journal— l’ont blessé. Mes allusions et conclusions sur « sa rage contre tous les notoires ». Je lui ai expédié dare dare une réponse adéquate. Il se peut qu’il cesse la correspondance avec « le vieux » Pis ?
Depuis longtemps je suis habitué à voir me fuir les perpétuels « révoltés » jeunistes. Je m’arrangeais pour les éloigner au fond craignant comme peste ces floués, ces ratés, ces malchanceux du sort certes parfois, qui bavent sur les « illustres », tous des cons, des vendus, des chiens, des traîtres (les vedettes chez Lipton par exemple). Ils se lamentent dans les tavernes ou bien s’entourent de petits jeunes…adorateurs candides. J’ai vu ça (des profs en rogne vague) avec mon fils au collège Saint-laurent, j’ai connu cela, adolescent (révolté sans motif vrai).Ces quinquagénaires aigris leur inoculent le virus effrayant d’une jalousie maladive envers ceux qui ont pu (talents, efforts, travaux, chance aussi certes) se faire un nom.
Mon seul regret c’est de constater que cet amer-loque de Tod s’imagine qu’avec ma renommée (relative) tout m’est facile. S’il savait. J’ai mille adversaires qui enragent de ma langue claire. Connu, ils ne me pardonnent pas ma franchise. Ma liberté. L’esprit libre, ici comme ailleurs, est à leurs yeux, un saloperie. Mes polémiques m’ont amené des tas d’adversaires et rancuniers. Et qui ont les moyens de se venger, croyez-moi. Adieu mister Tod ? On verra bien.
L’avocat de l’ami Dubois (le patron de « Vendôme productions »), François, m’invite à souper au début d’octobre, pas loin, Chemin du Sommet Bleu. J’irai cum pedibus ! Un avocat comme connaissance intime, bin, ça pourrait être utile un jour…si je continue de gueuler. Le magazine « Le bel âge » veut des photos, je ferai leur couverture en novembre. L’Uneq veut des extraits de mes livre (trois ou quatre) pour Monique Miller qui a accepté de les lire à une Rencontre- mardi-Fugère, au Centre culturel Frontenac. Quoi choisir ?
2-
Sondage à Londres, qui sont les pires hommes contre la paix. Choix des sondés :1-Ben Laden, 2- Sadam Hussein et 3 : W. Bush !!! Eh bin !C’est dans les gazettes de ce matin avec des tas de textes sur le sinistre anniversaire du bombardement des deux tours dans Manhattan. Un an plus tard, le fanatisme islamique reste ce mystère insondable et « l’hyper-puissance » n’est pas arrivé à pincer ni Ben Laden ni ses sbires reconnus. Le dernier « Nouvel Ob » en désigne neuf. C’est le « noyau dur » du fameux réseau de terroristes —venus d’Égypte, du Koweït, du Soudan, de l’Arabie saoudite— jusqu’ici indémontable, hélas. Échec donc ! Répéter ici que ce Jacques Nadeau (du Devoir) est un photographe émérite, il est —comme tout le monde des médias— à New-York ces jours-ci. Quel talent !
3-
Oui, je vante RDI et son excellent reportage sur —en Floride surtout— les étudiants-pilotes et aspirants kamikazes. Quand RDI « slaque sa poulie » fédéraste-de-commande, on y voit donc du bon produit. Et la preuve de la « saloperie » (le mot même d’un Ministre) étatsunienne : « notre pays. Montréal en particulier, n’était qu’un commode abri de terroristes. Erreur : tous ces fous d’Allah s’entraînaient là-bas et leurs polices (CIA, FBI et cie) montrèrent leur impuissance, leur disfontionnement. Une calomnie purement émotive au lendemain de la catastrophe, dit le ministre de « notre » défense. « Fallait bin, disait un Chrétien goguenard à Lépine (à « Zone libre », hier), trouver un coupable, c’est humain ça » ! Chrétien crétin va !
Foglia ce matin, de New-York, pond un lucide papier qui dit clairement —à l’encontre de ce méli-mélo de pathos répandu : le lendemain du 11, un businessman, se sauvant de sa tour bombardée, ramassait, rapaillait, ses disquettes de P.C. et cherchait aussitôt un nouvel immeuble où continuer son boulot (de marketting). La triste vraie vérité sans doute. Quelle leçon de réalisme ! On s’époussette et on recommence quoi.
Je lis mes notes (de journal) dans un vieil agenda d’Aile pour 2000 —je récupère tout. Amusant d’y lire ses divers dont ce mémo : « Demain, Claude, au Patronage Le Prévost, pour un conte à lire ».
De très beaux enfants miséreux au TJ de Bureau au-si-beau-bureau. Centaines de milliers de réfugiés (au Pakistan) rentrent chez eux en Afghanistan démoli. Quitter la misère pour retrouver la misère. Des enfants magnifiques, ave de beaux grands yeux, qui constatent le dénuement le plus complet. Des jeunes jolis visages bouleversants. Une pauvreté indescriptible. Que faire, mon Dieu ? Mon cœur très, très serré. J’adore les enfants. Trop. Un souhait ? Que mon gouvernement expédie là-bas une bonne part de nos impôts et taxes, au point de nous priver s’il le faut.
4-
Gaétan Soucy dans son roman récent « Musi Hall ! » semble ne pas en revenir d’avoir déniché le mot « épigastre » qui serait un point névralgique entre le nombril et le foie. Il y revient sans cesse. Tic. Le prof chercheur d’exotisme ? Le prof Soucy ignore que le mot « cadran » est fautif si on veut dire « horloge ». Le cadran n’est que la partie d’une horloge —d’un réveil, d’une pendule, d’une montre-bracelet— indiquant les chiffres. À part sa grenouille chantante, il y a son autruche qui avale sans cesse des « cadrans », la psy nommée Écharlotte, mode de Réjean Ducharme encore ? On y trouvera de bons passages. Des trouvailles fréquentes. La Statue de la liberté : « une dame avec le bottin téléphonique d’un bras et son pinceau pour le plafond… » Ou, même Statue : « avec son cornet de crème glacée levée haut… » Ou : « l’impassible soleil tel un jaune d’œuf ». À la réflexion, l’entreprise de Soucy a le mérite d’avoir voulu inventer —fait rare chez nous— un récit à la dangereuse et difficile sauce Lewis Caroll, celui d’ « Alice au pays des merveilles ». Aussi la sauce « Dracula », la sauce « Frankenstein » …Oui, un grand mérite. Quand je repense souvent à un livre, comme c’est le cas avec ce bizaroïde « Music Hall ! », je me dis qu’il y a donc eu une tentative riche de sens.
Aile vient de terminer « Caprice » d’Atwood. « À lire ? » Sa réponse : « Bien… c’est intéressant « pendant » mais… Écoute, lis son premier chapitre et si tu aimes… tout le reste est de la même eau ». Ouengne !
J’y reviens à « Zone libre » : à Gander, Terre Neuve, trafic fou, 260 avions devaient s’y poser et en vitesse le 11 septembre quand les USA fermaient le ciel de leur immense territoire par prudence, par crainte d’autres détournements —avions qu’il aurait fallu « abattre » en plein vol à coup de F-18 ou 19 à missiles. On se disait, en voilà quatre, pourquoi pas cinq, dix ?
Un temps, quand nous allions fin décembre, début janvier, à Fort Lauderdale —ou à Surfside ou à Bal Harbor— nous aimions, Aile et moi, aller fouiner dans ce grouillant Hollywood floridien, là où se retrouvaient tant des nôtres car ça jasait en français partout, avec « poutine » aux kiosques de la plage et le reste ! J’en ferai le site de mon roman « Pâques à Miami » d’ailleurs. C’est à ce Hollywood familier donc que s’excercaient (école de pilotage, banques, motels, etc.) la plupart de ces effrayants suicidaires d’Allah et cela nous faisait drôle à entendre quand nous percevions ce lieu de vacances pour « bedaines québécoises » comme aire de retraite hivernale des gentils « snow birds ». C’est bin pour dire hen ?
5-
Je rêvais cette nuit : je pilotais des engins pauvres, sorte de motoneiges déglinguées, je filais dans des ruelles (du Plateau ?), je cherchais où stationner mon pitoyable engin, à chenilles couvettes de neige sale. Il y en avait des pires encore. Un trafic de miséreux ? Dans ces pauvres bolides bien bas. Bizarre ! Des paysages urbains de taudis tout autour de moi. Des hangars. Où, où ? Je croisais des durs, vagues menaces. Injures qui pleuvent sur moi.
Puis, j’offrais à un comptoir de fripes un blouson de mon invention, mi-cuir, mi-argile ! Une sorte de sculpture « habitable » ? Folie en céramique ? Un morceau rare. Dont j’étais tout fier. Un gamin-voyou y tenait. Voulait me l’arracher sans payer. Puis il m’offrait, troc vicieux ?, de la drogue. Coke, hach ? J’en suais de malaise.
Puis, autre phase : je participe volontiers à des combats furieux. Je frappe des cibles à coups de masses lourdes. Ça tombe. Sont-ce des marionnettes? Est-ce du décor ? Pas trop certain. Furieux combats, je suis déchaîné. D’autres cogneurs s’amènent. Rivalités curieuses. Je démolis vaillamment des figurines offertes. Des rivaux se pontaient et c’est à qui masserait le plus fort, le plus vite. Étrange rêve non ?
Dernière phase, à l’aube sans doute, voici mon Aile est toute satisfaite, il y a trois jeunes femmes de ménage qui l’aident. Trois ! La fenêtre luit, c’est panoramique. Aile est très contente. Les linges volent. Ça sent le détergent. J’étouffe. Ça frotter partout dans cette cuisine inconnue de moi , je suis dans une maison jamais habitée ! À la fin une des « frotteuses », accorte, me prend par le bras et veut m’entraîner dans mon atelier malgré moi. Elle insiste en riant. Nous y descendons et elle dit : « Ah, on va y faire un fameux ménage ». Réveil ! Ouf !
6-
Hier, mardi, soleil, nous descendons au rivage. Soudain de la pluie. Rangement des matelas et vite sur la galerie. Vent furieux. Pluie brève. Soleil de nouveau. Brume si jolie sur l’autre rive ! Si jolie ! Nous redescendons, Aile avec sa « Captive », moi avec la fin de « La sagesse de l’amour » à lire. Bedang ! la pluie encore, cette fois, très forte. Remontée en vitesse. Un vent à nous réfugier en dedans et à fermer le fenêtres. Cette « sagesse… » est faite de réflexions philosophiques. Le refus de l’amour…de l’autre. Du « différent ». Finkelkraut sait définir nos peurs. Raconter les guerres. Il va du désastre nazi aux batailles religieuses des temps de jadis.
Il cite de nombreux auteurs dont le cher Lévinas de Henri-Bernard Lévy, « qui est redevenu populaire car il parle spiritualité ». Une fois la guerre froide terminée, dès 1991, F. avance qu’il y a découverte d’un trou, d’un vide. Dieu ? Pas exactement. L’amour plutôt. Cet « élan irrationnelle », si risqué, si trouble, si contradictoire aussi. Et le voilà qui expédie dos à dos, les « sauveurs » de l’humanité, du terrible Robespierre à l’effroyable Lénine.
Cet amour fou des hommes serait dangereux. S’y glisse le goût d’une morale aveugle. Il faut tuer les dissidents. Les incroyants. Les mous. Tuer les incroyants ? Ah, 11 septembre encore ! La terreur toujours. Le dernier encyclopédiste vivant, Condorcet, voulant redonner « le droit » au sein de la Révolution doit fuir, se cacher. Les « Lumières » s’assombrissent quand on a décidé (Saint-Just) de sauver le peuple malgré lui. Condorcet, l’instruit, va se suicider au fond d’une auberge où on le traite d’aristocrate, donc de vendu. Un assassinat ? L’histoire n’est pas claire. Un racisme effrayant. Ce qui est clair : il fallait abattre tout ce qui dépassait « du grand projet d’aimer les hommes malgré eux ». Ah l’amour politicien du prochain ! C’est le dessein des totalitaires. De Hitler à Staline. Je cessais souvent de lire cette « Sagesse de l’amour », je réfléchissais. Ce petit essai est bien plein. Ici, un « nouveau » philosophe ne jargonne pas.
7-
Bagarre à Concordia où l’on a invité le guerroyeur de droite Benjamin Nathanayou, ex-chef en Israël. Militant pour la guerre en Irak. Amalgamant vite Adolf et Sadam. Ce matin, décrets des penseurs patentés aux gazettes: « On a empêché de s’exprimer librement quelqu’un. Dans une université ! Scandale ». Vrai. La lecture du Finkelkraut remonte aussitôt à la surface. On souhaite toujours « Hyde Park ». Chacun son tour à grimper sur la caisse de bois. Venez tous. De tous les bords. Le droit de dire « noir » et puis écouter l’autre qui dit « blanc ». Démocratie. Des militants pro-Palestine proclament : « Non, non, aucun droit de s’exprimer pour les fascistes ». Le sens des mots n’a plus aucune importance de nos jours.
Faudra que je téléphone à mon cher David-à-Marc qui étudie à cette université multi-ethnique. Ce terrible grabuge, avec flics à bastonnades partout, l’a-t-il distrait de ses sérieuses études ? C’est là, à l’auditorium de Concordia, que nous fûmes invité (Duceppe et moi) à monter un spectacle anti-guerre (au Vietnam). Il y eut quelques brassements. Mon texte, petit spectacle audio-visuel, s’intitulait « La tortue », allusion aux lentes progressions pacifistes du temps. Ayant obtenu une petite subvention d’un gros bonhomme bien « pacifiste » un peu mystérieux, nous apprendrons plus tard qu’il était un agent communiste camouflé. Eh !
Une autre fois, conférencier invité à ce même lieu, Concordia, avec Jacques Ferron, ce dernier —hélas, me précédant au micro— se mit à mystère, …chuchotter ses réflexions. La salle se vidait lentement. Je lui glissai une réflexion appropriée à l’oreille : « Parle plus fort, Jacques, personne ne t’entend »! Il se cabra et acheva de vider la salle ! Il me resta trois ânes et quatre pignoufs ! Oh ! Soudain l’impression d’avoir déjà raconter cela ici. C’est cela un journal. Souffrez !
8-
Le jeune vétéran en télé, Jacques Boulanger —longtemps « victime » de mes décors— est chez Maisonneuve :« Il y a trop de canaux de télé désormais. On sait pus où donner de la zapette ! ». Complainte entendue souvent. Les uns disent : « chacun aura son créneau favori, c’est bien ». « Tu aimes les animaux, tu auras ta chaîne spécialisée ». Et le reste. Radio-Canada, Télé-métropole, TQS à l’agonie ? La fin bientôt des télés généralistes ? Sais pas. Il est vrai que je navigue maintenant —le plus souvent— entre Canal D, TV-5, ARTV, RDI. Je cherche au fond où il y a le moins de réclames commerciales. La pub…oui, « pu’ capab » ! vraiment ! Mais, hélas, il y en a partout. Pas d’acheteurs de temps ? bof, on passe de l’auto-réclame jusqu’à l’abrutissement. À ARTV par exemple.
À « Origines », bons récits des pionniers. Marie Rollet, première fermière en bas du Cap Diamant, et son « homme », Louis Hébert, herboriste, apothicaire et cultivateur. Il y a des reconstitutions hélas. Faux comme de la marde ! Je deviens enragé quand je vois cet amateurisme, ce « faire croire » niais ! Quoi ? Faut que ça vive, faut que ça bouge, figurants, vite, en ligne, pour les déguisements et trouvez-vous une parlure qui sonne « historik ». Le mépris du public n’en finit plus.
À Québec ils seront vingt puis quarante… raconte « Origines », à Boston, un peu pus tard, ils seront tout de suite 2,000 ! Nombreux Hollandais à Manhattan. Nombreux exilés en Virginie, toute première colonie britannique. Cela explique cela…la défaite ! Quoi donc ? Quitter la douce, la belle France, c’était t plus difficile ? Fallait être très pauvre, mal pris ? Misérable ? Crédule aux belles promesses ? Merci d’être venu cher petit soldat à modeste solde qui va muer en agriculteur du village naissant, Saint-Laurent. Cher Aubin Jasmin, du Poitou, qui s’embarque, uniforme de régiment tout neuf, à La Rochelle, un beau matin.
9-
J’ai vu la —bien faite— biographie (Canal D) de Jean Besré, alias Ostin-de-beu, mort précocement. « Un homme très secret », répéteront deux témoins de ses intimités maigres. Souvent Jean m’invectivait dans les couloirs. J’étais critique de « tout », fondateur d’une section « arts et spectacles » au jeune « Journal de Montréal ». Épiderme fragile en la matière, il s’amusait à m’injurier : « Malhonnête », me cria-y-il un jour. J’avais vivement protesté. « Écoute moi bien Jean, tu peux me dire, con, crétin, niaiseux, imbécile, inculte, tout ce que tu voudras mais je n’accepte pas « malhonnête ». Les mots ont un sens, oui »? Il s’était tu subitement, s’excusa. Il s’est tu à jamais et je m’ennuie de nos petites chicanes aux portes des ascenseurs de la SRC.
10-
« Le « pot » ? P s d’accoutumance comme avec la cigarette tonnent les études récentes des experts mais plus nocive (en goudron, etc.) Oh, oh’ Et le Comité-Nolin qui eut la libérer des lois ! Pour la santé la mari serait donc bien pire ! Le « hasch » est « la résine » de la marijuana, ais-je appris par la même occasion. Bon, bon. Ici, c’est 12 millions de tonnes, les récoltes ! Par année ! C’est 250 $ l’once. Fabuleux commerce interlope. Hell de hell, disait Robert Rivard dans le « Race de monde » de Beaulieu. Hells, oh oui !
C’est la « nouvelle prohibition » et elle a engendré les mêmes commerces de truands que l’autre, du temps des Al Capone. Hier, on transbordait la « flacatoune canayenne » bien aimée d’un bord à l’autre de nos frontières. Avec enrichissement de respectables futurs hommes d’affaires. Des Kennedy aux Bronfmann. Le cannabis, interdit, exerce les mêmes ravages. La même police grossit, l’argent circule en « sécurité à renforcer », polices partout est aux aguets. L’histoire est bien bègue, non ?
L’auteur parisienDominique Lapierre parle —avec Sarfati de La Presse— en ce 11 septembre du… 2 décembre 1984. De la compagnie étatsunienne Dow Chemical Inc. Responsable de 30,000 morts en Inde. Pas 3,000, 30,000. Un fameux 11 septembre à l’autre bout du monde occidental. La tragédie de Bhopal. Poison pour un demi million d’Indiens ! Une usine mal inspectée sautait. On refuse encore de dépolluer le site fatal. 2,800 morts à Manhattan. Il s’agit de New-Yorkais bien vêtus, munis de cellulaire, d’ordinateur portable, avec attaché-case de cuir véritable au poignet, n’est-ce pas ? Qui célèbre le deuil de 30,000 tués, en 1984, par « Dow Chemical » l’insouciante —uni maintenant à « Union Carbide Corporation »— un 2 décembre ? Qui ?
11-
L’home qui ne riait pas. Hugo a signé : « L’homme qui rit ». Une affaire de rictus obligé, d’handicapé physique, de drôle de monstre. Un masque. Le « pilote » Atta, chef des suicidés « cerveau », dit-on, de la macabre entreprise du 11 septembre, ne rit pas. Il ne riait jamais. « Il ne souriait même pas », dit un de ses familiers. Oh, oh ! Je me suis toujours méfié, d’instinct de ceux qui ne savent jamais rire. J’en ai croisé de ces triste sires. De ces « chevaliers à la triste figure » (en cause diverses) qui ignoraient comment on fait pour rire, au moins sourire. Un Languirand —un Germain aussi— rit souvent pour rien. Pour eux seuls, c’est autre chose. Mes sinistre gueules ont fini le pus souvent dans un désert total.
Ce Mohamed Atta, venu d’une banlieue du Caire, « fut un enfant timide, introverti même et tout paisible ». Se méfier de l’eau qui dort ? Finkelkraut (« La sagesse…) m’a dit de me méfier de Freud et de l’analyse…De la « réduction » pratique. Et fausse, souvent. Il a raison ? On tente maintenant en médias de fouiller le passé des « fous d’Allah ». Père trop sévère.. ou pas assez…Mère couveuse, ou trop indifférente…Ouais !Ouen ! En effet, mêmes causes et, souvent, effets contrastés. La raison cherche. On veut tout comprendre. Expliquer… l’inexplicable ? On veut, tout le monde, clarifier les monstres humains. Sinon, il y a la peur…La grand’ peur des gestes fous, mystérieux ! Jésus riait-il parfois ? Je gagerais que oui même si les évangélistes n’en parlent pas. Le prophète des prophètes enseignait ,’amour. Le fanatisme catholique (Inquisition et cie) qui viendra n’est pas de sa faute.
Mahomet le guerrier riait-il ? Riez, riez souvent. C’est un signe d’intelligence à mon avis. J’aime les humains qui rient volontiers. Ils me rassurent :ils ne se prennent pas trop au sérieux, ni eux ni ceux qui les entourent.
12-
Lisez cela : « Le Québec est fier d’avoir un auteur exportable… », et « Cessons… avec nos bébittes nationales… », et « oublier le terreau québécois… », et « ne pas toujours se justifier d’être nés ici… », et « soyons libres de nos racines… », et « roman de haut biveau qui dépasse nos frontières… », et « New-York, Budapest ou Montréal, quelle importance… ». Pour louanger « Music Hall ! » de Soucy voilà les arguments d’Odile Tremblay, samedi dans Le Dev. C’est très curieux. Le colonialisme d’ici fait cela. Un racisme inverti, je le répète. Un bon roman québécois peut se dérouler à l’Abord à Plouffe ou à Singapour cela est très certain. C’est quand on invite au déracinement volontaire que c’est très inquiétant. Relisez les phrases ci-haut. Plus complexée que l’Odile tu crèves !
À la télé récente, bon documentaire sur Lénine. Il recevait 7 millions de marks allemands pour son ouvrage « de sape » en Russie combattante, sa patrie. Un salaud rare ! Manipulée volontairement , utilisé grossièrement, Vladimir Oulianov, accepte sa traîtrise pour son idéal de révolté. Les boches s’en frottent les mains. Qu’il sème la pagaille chez lui (guerre de 1914) et on aura la Russie en moins comme opposant ! Songer au pacte de paix entre Hitler et Staline en 1940. Le petit bourgeois révolté, comploteur anti-monarchiste, caché en Suisse, acceptera souvent des fonds allemands par las suite. Il ouvrira, près de Paris, son école de révolutionnaires. Urpris par les anarchistes (du Potempkine, 1905) il tentera d’aller contrôler la locomotive inattendue ! Surpris de nouveau par les émeutes de 1917, il court au devant de la victoire du peuple écrasé. Il n’était pas prêt du tout, alors il va faire vite. Une armée..Rouge, ah, la police !, et des camps pour les dissidents. En avant, la loi et l’ordre. Les appels aux délateurs. Il n’en manque jamais dans ce situations. Je songeais encore à « La sagesse… » de F. au « sauvons le peuple malgré lui ». La terreur s’installera vite. Un sacré bon document à la chaîne publique, T.Q.. Qui dit que la télé ça vaut pas de la schnoutte ? Pas moi. Suffit d’ouvrir l’horaire, non ?
13-
J’ai observé le célèbre Silvester Stallone (« Sly » pour les intimes) à « Actors Studio » de James Lipton. Le —devenu riche— gaillard a de la jarnigoine. Bonnes réponses aux questions du Lipton. Modeste et, à la fois, sûr de lu. De ce qu’il a pu accomplir avec ses moyens limités. Il sait bien qui il est. Qui il a été —gamin pauvre de Philadelphie— et qui il souhaite devenir. Trop facile de cracher avec mépris sur cette sorte de « gloire hollywoodienne ». L’acteur a répondu avec modestie aux questions graves.
Il rigole aussi, ah « l’homme qui sait rire »! Il devine la caricature qu’on peut extraire de ses films « commerciaux ». N’empêche que son premier scénario (et premier film) du « pauvre petit boxeur des faubourgs gonflé de la volonté de s’en sortir » avait du caractère. Que moi, comme tout le monde, j’ai applaudi très fort son succès dans le temps. Je devinais que le Sly défendait sa vie, son avenir. Après, ce sera la lucide acceptation de l’exploitation commerciale d’un excellent « personnage ». Et puis le matamore « Rambo », jamais vu. C’était son droit.
L’éditorialiste Mario Roy ne supporte pas l’antiaméricanisme primaire. On lui donne raison mais ..il y revient sans cesse. On finit par le croire « apôtre étatsunien, zélote aveuglé sans nuances. Il tombe dans le travers de ce qu’il dénonce. D’une part, oui, il y a une haine étrange et sordide (en France, c’est une folie, haine et amour emmêlées), d’autre part, on ne peut ignorer des comportements impérialistes. Roy n’en revient pas du fort succès des livres —Chomsky, Moore, et, sans doute, celui —qui vient de paraître — par Peter Scowen, auteur d’ici avec son « Le livre noir des USA » (aux Intouchables). Il devrait mieux se questionner. Pourquoi justement tant de méfiance ?
La Gironnay fesse la vieille fontaine lumineuse du Parc Lafontaine, elle larange en « mocheté », en mobilier urbain à jeter. Oh ! Nous l’avons tant admiré, enfants. Bouches ouvertes grandes face à ses rayons de lumière multicolores. Avec des « oh ! » des « ah ! » Candeur ? Oui. On a de la peine à lire des méchancetés sur les bonnes vieilles bebelles de nos souvenirs émus. La fille de Monique Leyrac a beaucoup voyagé ? Elle a vu, jeune, des beautés plus solides ? En 1940, petits morveux pauvres, nous n’avions que cette fontaine aux lumières joyeuses. Pour tomber en pâmoison les soirs de canicule.
Un petit soleil timide tente de se montrer. Trop tard. Le souper (un potage seulement est servi) monsieur Galarneau car demain matin je serai en examen de prévention (Aile veille et l’exige) avec mini-caméra au rectum (coloscopie le nom, je croois) —ouash !— à l’hopital de Sainte-Agathe. Je déteste cela. Mais faut…sinon, moi mort, plus de journal ! Quelle grande perte hein ? « L’homme qui rit »… même à la veille d’un examen maudit !

Le mardi 10 septembre 2002

1-
Canicule qui dure. Ventilateurs qui ronronnent au salon et dans la chambre la nuit. De jour : c’est baignades sur baignades. Se sauver de monsieur Galarneau sous le saule géant ! Ce midi, soleil ardent et dardant encore. Faut que je m’enferme au clavier car je déborde notes. La peur de me perdre dans mes jours qui filent. La crainte aussi d’un mélange avec tant de rencontres à faire, à préparer. Monique Miller vient d’accepter de lire quelque textes de bibi à cette Rencontre-Fugère au Centre culturel Frontenac. Téléphone : « Apportez donc l’aquarelle de votre Quichotte…oubliez pas les extraits de vos textes à expédier à l’UNEQ pour madame Miller… » Brr…oui, il y a ceci et cela, rencontre à la biblio de Saint-Laurent, le Salon du livre de Rimouski où je serai un des quatre invités d’honneur. (Pourquoi donc avoir tant d’invités honorables …quatre ? Hon ! Vanitas.) La Francine (de la rue Liège) : « Je monte chez vous, je dois vos rencontrer pour ce « 14 octobre à Saint-Arsène…Votre expo, mon concert… » Ouf !

Pas d’envoi d’autres épreuves pour mon journal de Trois-Pistolles ? Que se passe-t-il ? Mémo : Devoir apporter une aquarelle au lancement des vidéos-films sur l’art, via la série « Tablo ». Être là au Musée de la rue Sherbrooke tel jour, telle heure. Ouf ! Aile n’en finit plus de noter à l’agenda. Est pas obligée. Sans elle…il y aurait des oublis regrettables.
2-
Hier matin, à la SRC, début de « Tous les matins, un fourre-tout, pardon, on dit un magazine (!). Mon premier topo avec Paul Houde et la belle Dominique Bertrand. Sur « la démasculinisation des garçons aux écoles ». Les deux animateurs s’y mettent, ils ont des choses à dire, je les écoute et n’ai pas le temps de bien défendre mon souhait : séparer les gars des filles désormais. Bof ! C’est le jeu, c’est le risque. Être (bien)payé pour débattre cinq petites minutes à peine ! La vie en télé. Un studio débordant, très nerveux (une première pour ce duo), silhouettes sur-actives partout. Je regarde cela, que j’ai vu si souvent, en souriant. J’aime ces jeunesses pleines de fougue. Je me sens un sénateur, un ancêtre qui a trop vu …neiger ! L’auteure-productrice, Fabienne Larouche, n’en revient pas de ma bonne forme. « Hen ? Toi, 71 ans, incroyable ! » Je dis : « J’ai eu une bonne jeunesse, je communiais tous les dimanches, moi… » Elle rit.
Remontée ultrarapide au village laurentien. Rue Notre-Dame puis la 40, tunnel sous le centre-villle, bretelles de l’échangeur Turcot, le « creux » Décarie…En dix minutes je suis rendu déjà à Laval ! Autoroutes pratiques. En 50 minutes, aller de Radio-Canada à ma rue Morin ! Impossible jadis ! Enfant, l’oncle Léo (qui avait une chevrolet rouge vin) nous conduisait —23 juin rituel— au chalet de Pointe-Calumet en une heure et demi ! Un monde de 1940 à 2002. Mais rien à voir. Du bitume et de enseignes. Filons, filons…
Du temps d’oncle Léo, on examinait Saint-Martin, Sainte-Dorothée, Saint-Eustache et Marielle avait toujours envie de dégobiller ! Pauses obligatoires.
3-
J’ai terminé, en sautant de longs passages, le Eco de « Baudolino ». L’auteur nous arrose de « faits divers » historiques. Ennui. Umberto Eco, cuistre plutôt, installe un bavard conteur (le héros) qui narre tous les détails de sa vie tumultueuse du temps qu’il était un zélote de l’Empereur Frédéric…Constantinople assaillie, Byzance bafouée, des reliques (8 têtes de Jean le Baptiste !) des croisés mercantiles, des chicanes de palais…
Ah oui, l’ennui et toutes ces fictions qui s’emmêlent aux faits vrais. Pouah !
J’ai terminé aussi le roman —« Music Hall ! »— de Gaétan Soucy. Encore des passages à sauter tant le récit —du pauvre orphelin perdu— s’enlise ici et là. Hélas ! Il y a de la fantasy dans ce roman. Soucy a cru bon de fleureter avec Frankenstein, le docteur Jeckill et autres ténébreux docteurs, Moreau, Cagliari… Une poutine assez indigeste, merci ! Que diable allait-il faire dans cette galère ? Raymonde va s’y mettre et je ne dis pas trop rien (de ma déception) pour voir si elle éprouvera le même embarras.
Entre deux saucettes, j’attaque (!) le Finkielkraut de « La sagesse de l’amour », dogme, théories, expliquer l’inexplicable quoi…. et aussi deux courts livres de Gaston Bachelard. Je glane. En céramique j’avais essayé, à vingt ans, de m’abonner à ce Bachelard philosophe-psychologue des « éléments » : eau, terre, feu et air. Pas facile à décoder, oh la la ! Ça ne va pas mieux en 2002. Bouché en maths je le suis aussi en philo. Jargon trop souvent. J’avais acheté en 1950 « le lexique de la philosophie ». En vain. Réfractaire à jamais aux mondes de l’abstrait ? Sans doute. Tant pis pour moi ? L’intuition que ces jargonneurs vivent hors-la-vie. Un texte (de Lescure) admet ce fait —passer à côté de la vraie vie, inapte au réel— à la fin de ses éloges à Gaston-le-penseur. Pauvre Bachelard ?
4-
Samedi soir, Aile loue —enfin— ce « Iris ». Un film vrai. Sorte de bio stylisée. Il raconte Iris Murdoch —romancière, 26 bouquins,— qui sombre dans le mal terrifiant de ne plus se souvenir de rien. Son fidèle compagnon de vie —complètement désarçonné— raconte la chute. Aile –qui a vécu ce cauchemar avec sa maman vieillie— pleure un tantinet. « Je voulais pas louer ce « Iris » aussi » ! Mais le film est bref, mince même, sans pathos; il court à sa conclusion —prévisible— dès le début —avec retours en arrière bien peu explicatifs— sans donner assez de vie, de consistance à ce que fut l’existence de cette auteure, Murdoch. On n’a rien su de solide, hélas ! Des moments tragiques extraordinaires ici et là. Content néanmoins de l’avoir vu.
Vu à RDI, samedi, un document incroyable sur certains musulmans de Londres. Entreteneurs de haines. Militants mal planqués. Réservoir de « fous de Dieu, d’Allah, qu’on nourrit volontiers. Qui sont souvent sur le B.S. (avec parfois quatre fausses cartes) du « pays de toutes les tolérances ». Fameux bordel, oui ! Le grand respect des libertés (des Droits de l’Homme) fait que des activistes peuvent —sous les soutanes des Imans revanchards— s’allier à des terroristes ! On en a froid dans le dos. Excellent reportage, si rares partout.
5-
Dimanche, canicule effroyable, coup de fil de ma fille qui rentre d’Old Orchard. Elle se trouve en Estrie. Éliane me parle (de Sutton) d’excursions le long de l’atlantique, en vélo, avec son Marco, mon « web-maestrio ». Au nord, Pine Point (longtemps port aimé de la famille Tisseyre), au sud, Ocean Park.
Ma fille a revu la rue Fern où l’on louait une maison, logis que ses modestes habitants quittaient pour se retrouver dans les terres, loin de la mer, à Sacco ou à Bidderford, afin de ramasser un peu de fric l’été. Le couple revient en belle forme. Et moi, oui, je veux revoir la mer ! Téléphone justement de l’ami Dubois qui rentre de Corse, qui me dit : « C’est encore très sauvage ici et là et c’est vraie, c’est « L’Île de Beauté ». Il m’annonce qu’il se met à la recherche, via Interbet, d’un logis dans le Maine pour notre « Groupe des six ». Notre cher Ubaldo mort d’un cancer, fin du « Groupe des sept ».
Hier, j’ai badigeonné une glacière de bois et son vendeur à pince, la machine à laver -« sa cuvette en bois » comme tonneau de vin et son tordeur antique— machine primaire de ma mère quand j’avais cinq ans; aussi des fillettes jouant « à la corde à danser », jouet fréquent à dix sous, (moins cher qu’une cassette nintendo), ausssi un enfant-apache bien faraud, son arc et son carquois improvisé, toujours dans la ruelle, notre unique terrain de jeu. Jamais vraiment satisfait hélas. Je dois aller vite pourtant maintenant.
6-
Gala de la rentrée à la SRC et ce fut bien mené. Pour une fois un gala n’assommait pas. Un temps profitable —les pubs affluent hélas— pour montrer ses belles reliques que ce 50 ième anniversaire. Revu donc des machins d’un amateurisme épouvantable —tel « Le p’tit café »— mais aussi quelques images bien plaisantes. Un très amusant « Moi et l’autre » où la Filiatreault jouait « la défuntisée ». Pissant ! C’est le jeu des musées : du bon et du mauvais !
Je viens de décider d’y aller à fond la caisse avec mes barbouillages. J’y mettrai du crayon, des craies, des « feutres », du stylo à l’encre…De tout quoi. Oui, je dois me secouer et ne plus craindre …la liberté totale. Ce sera des ouvrages très « mixtes media » quoi ! Ça vient de finir. Courage l’amateur ! Pour le lancement des émissions « Tablo », on me demande d’apporter au chic Musée des Beaux Arts, une aquarelle encadrée, titrée, etc.
Je sais mon choix. C’est une tête bizarre, au crane chauve, surréaliste, tachiste, accidentelle, qui est au mur de notre chambre. Y mettre un titre ? Je trouverai. Il y aura donc expo des « sujets » de cette série « Tablo » ce jour-là. Mon Dieu, le Musée voudra-t-il me l’acheter pour ses collections permanentes ? Ah le rêveur nigaud que je suis !
7-
La Francine (de la rue Liège, dans Villeray) Lavigueur (!) suractive —bien que sortant d’une brève hospitalisation— me menace au téléhpone tantôt : elle sera ici, au chalet samedi. Elle verra donc, la première, ma cinquantaine d’essais graphiques pour son expo à des fins caritatives. Moi en généreux donateur…Pour son « Centre culturel-La petite patrie », dans Saint-Arsène et aussi pour « La maisonnée » de la nonne merveilleuse, Gagnon, dans Saint-Jean de la Croix.
Vu hier soir, Canal D, un autre de ces odieux documentaires filmés. « Vie et mort du petit parrain » —colonisé par New-York— Paolo Violi. Un « modeste » restaurateur rue Jean-Talon dans l’est. Les satanées « reconstitutions » Du bidon affreux. Insupportable !
Vu aussi ce « Bunker, le cirque », en phase un, de Dionne. Grave déception. Manichéisme sot. Dialogues niais. Caricature facile du monde des publicitaires et des fabricants de politiciens. On songe un peu au bonhomme Desrosiers, le « mon oncle Paul », derrière le Bourassa des débuts. Aux Simard de Sorel. C’est gros. C’est démagogique.
Plein de vieux clichés usés à la corde. Les stéréotypes convenus défilent. Du mouvement artificiel sans cesse (la mode en ces séries :bouge ou crêve ! ) pour camoufler des répliques-fadaises. Louise Marleau, en épouse rétive du candidat à la chefferie, avale de son « flasque » et fonce dans une vitrine ! Bedang !
Un « hook » sauce USA ? « On veut nous appâter hein chère Aile »? Elle : « Ah non, je suis pas du tout mais pas du tou, appâtée ! » Aile pas moins déçue que moi donc. « Si la tendance se poursuit »… nous aurons une autre série coûteuse (à nos frais via les Téléfilms) avec gros sabots, gros crochets à la fin pour ramener les méprisés à l’écran. Le générique de la fin n’en finit plus ! Une armée…pour camoufler —avec cette liste interminable— le fric des « producteurs-empocheurs- morons » dont parlait Fabienne e Larouche ?
Je m’ennuie de Tchékov à la télé de jadis. De Marcel Dubé aussi. Ces girouettes filmées avec dynamisme (par Houle), marionnettes obligées, pour des « répliques à punch » bien courtes, robots archétypés qui grouillent dans le vide, m’assomment. Cela dit, guettons la suite. Sait-on jamais ? « Oui, je crois aux miracles… », chantait Jen Roger et dans mes décors svp !
8-
Ce matin, store levé, j’observe nos deux couples de goéland bien blanc survolant le lac, ils font de lents ziz-zags mystérieux, planent, m’apparaissent et disparaissent —comme des traceurs aux codes secrets— dans mon grand tableau-fenêtre. Lignes codées, invisibles, dans la lumière matutinale. Hier, notre couple de tourterelles tristes —beiges, sables, ocres timides— s’installent sur la rampe de la galerie et roupillent. La beauté somnolente. Chaque fois Aile s’en attendrit et fait « chut, chut, Clo, bouge pas » ! Et je ne bouge plus d’un cil !
À l’horizon, déjà ? déjà?, cimes en rouges et ors. La précoce chronique montagneuse d’un automne annoncé.
« Demain, Clo, temps sombre et plus froid, même ce soir.. » Aile me fait dire au fond : « profite de ce soleil, cela s’achève ». Je descend enfiler mon maillot. Et ce sera :flouc ! À l’eau canard ! Et mon canard de « Canadian-Tire », imbécile plastifié, me fera des petits saluts de la tête.

Le vendredi 6 septembre 2002

1-
Ça dure, ça dure. Tant de soleil… Encore ce matin. Et la météo qui nous annonce « plus de chaleur » à ses horizons. Eh bin ! Vive septembre ! Diable (ou Dieu) je suis envahi par mes notes, par où débuter ? Sorte de frayeur. Ne pas allonger inutilement ce journal et, d’autre part, tenter de bien rendre compte de « ma p’tite vie » en vaillant diariste. Je lisais sur l’écran de télé hier soir, à la fin de la rencontre publique de l’acteur Rochefort avec Rapp (« Les feux de la rampe » à Artv) : « J’espère avoir parlé de vous en parlant de moi ». Voilà exactement mon désir.
Hier, fin du triptyque « deromien » sur « l’aventure » de l’arrivée de la télé au Québec. J’en étais mais coupaillé, saucissonné, hélas. On s’amène en studio, on vous questionne, vous parlez, on capte le tout sur ruban. Vous tentez d’être cohérent, de bien enchaîner vos propos et résultat ? Bin…vous voilà (en produit fini) passé à la tronçonneuse et vos phrases isolées deviennent un peu décousues ! Maudit piège à cons, non ? Une mode. Une mode maudite. Ainsi, hier, à la fin, je me vois et m’entend déclarer que la télé fut, avant les Lesage-Lévesque-Lajoie-Laporte (les 4 « L » de la révo tranquille ) à la naissance du nationalisme nouveau au Québec. Ce qui est vérifiable certes. Mais ce que j’ai dit « avant » ou « après » est éliminé, bâtard !
Les deux réalisateurs ont raté ce beau projet. « Très décousu », sentence mon Aile. Très vrai. La détestation systématique de la chronologie (« ça fait ancien » ) nuisait à une cohérence nécessaire. Les bribes n’en mosaïque n’ avaient pas de liens logiques. On allait « back and forth ». Un salmigondis indigeste en fin de compte. Pas de plan, pas de clarté, aucun enseignement valable partant. On montrait du produit récent « made in 1989 » et, soudain, du stock de 1960. Vive déception chez nous dont Bernard Derome n’est nullement responsable. Du travail mal fait. Amateurisme déplorable.
Il aurait fallu la bonne vieille chronologie. Cette conne frayeur de paraître conservateur.
2-
Mon « cher » ( car j’aime sa ferveur) G.Tod maintenant. Jeudi il me garoche en pleine face (via l’écran ordinatisé.) : « tous des vendus d’Hollywood », déplorant mon engouement pour le bonhomme Lipton à « Inside Actors Studio d’Artv) et ses prestigieux invités. Sarandon, DeNiro, Hoffman, et tous les autres des « vendus » ? Non, non, des talents hors du commun, très souvent. C’est fatal, il y a là-bas, en bas, 280 millions de personnes, donc, il en sort, forcément, des comédiens surdoués —dans un tel immense gros tas. Niaiserie de jeter tout le monde dans un sac marqué : « vendus »!Non mais… Cette pose —d’un romantisme infantile— m’assomme. M’enrage. Je parlais de cette façon, moi aussi, à 18 ans. Quel âge a mon correspondant ? Il n’est certes plus un « carabin » révolté, il est prof en faculté universitaire (pour jeunes filles mal prises si je l’ai bien compris) dans le Sud profond de Julien Green, en Caroline du sud. La rage « tout-azimut » relève de la misanthropie crasse. Va-t-il, un jour, quitter la défroque adolescente du négativisme puéril ? « Corruption partout en universités là-bas », déclare-t-il. Ces jugements massifs, généralistes à souhait, ne font pas honneur au dissident de Concord, oh non ! « Amen, mon cher Claude », termine-t-il. Oui amen, mon Tod ! En finira-t-il avec sa fureur de catastrophiste aveuglé. Ses tableaux sans nuance aucune me laisse de glace.
Je préfère lire ses cocasseries quand il jase sur ses « trop grasses » jeunes pupilles qui récriminent dans sa classe. Il se lasse : « au régime maudites truies porcines », oh ! Vrai que l’on se gave trop aux USA. Une élève lui lance : « Monsieur, cette chaise est beaucoup trop petite pour moi ». Il en reste muet, baba. Une autre élève le dépanne : « qu’elle mette deux chaises collées ensemble »! Tod a une complainte qui me réchauffe, moi, le gars « d’en haut » (comme il me nomme) : « Fait trop chaud ici…et pas de ventilateur dans les classes… ». Que dirais-tu, mon Tod, d’un poste à Povungnituk ? Je l’imagine, ce vieil enfant râleur, brailler sur le « frette noère ».
3-
Michelle Tremblay (de Québec)—c’est frais— me fait part de sa grande misère à elle. Sa chère petite Gabrielle a commencé l’école et maman-Michelle se sent bien seule. Elle peut enfin écrire dans le silence mais elle a mal : « …le bruit de ses petits pas, ses découpages, son bricolage, ses films animés à la télé… ». « Un deuil », dit-elle. Ah que j’aime ses annotations de la vie ordinaire !
Quoi ? Une prof de latin aperçoit mon petit Thomas Jasmin, étendu sur un trottoir du Plateau, il se fait battre comme plâtr. Elle ira répéter cela à sa patronne du Mont Saint-Louis, là où étudie Thomas. La cheffe du collège téléphone à ma bru : « Ca va mieux, votre Thomas n’est pas trop amoché, non ? » Lynn démontée va vite questionner mon petit-fils : « Tu t’es fait battre dans une rue du Plateau ? » Thomas : « Quoi? Mais non maman, on faisait un sketch avec le nouveau caméscope de mon ami Maxime. Pour rire ». J’ai ri.
Son grand frère Simon Jasmin découvrait, lui, le cinéma des pays étrangers. Sa blonde, Stéphanie a un papa « acheteur de films » et le jeune couple a pu (coupe-fil) entrer et sortir à volonté des salles du Festival du film et même assister à des « buffets » promotionnel. Simon : « Maman, j’ai côtoyer des « important », dont le réalisateur du film « Le tunnel ». C’est bien d’avoir une « blonde » à papa « blod ».
4-
Voulant visiter le nouveau bureau de Lynn chez Quebecor-Publicor (mon voisin du Chemin Bates), je découvre un couloir tapissé de photos géantes. Beaux restes affichés des magazines « people » de Publicor. Plein de vedettes et que des québécoises. De Ginette Reno à Gildor Roy, et même une de Stéphane Bureau tout en rose et beige… Oh ! Une vraie gogoune ! C’est bien. J’ai vu tant de bureaux du « milieu » avec, seulement. les posters des vedettes « amerloques ». Lynn —fière du joli bouquin dont elle doit maintenant organiser la promotion— m’a montré une splendide jaquette du livre de vulgarisation —sur l’Islam— de sa grande sœur Carole. Ma voisine de Sein-Ad-Aile qui veille sur les défaillances de ma machine I-mac. Son patron, l’éditeur Simard : « Maintenant, à ce cinquième étage, il y a cet escalier de quatre étages mais bon pour la santé quand on refuse l’ascenseur ».
Il y a le petit-grand-fils, David, de mon Marcogendre qui me couriellise « son ennui du papi ». Chaud au cœur !David fut mon tout premier jeune « mousquetaire » et cela a créé des liens très forts entre nous deux. On ne se voit plus guère, les cinq petits-fils et moi, j’habite bien loin. Terminé les lunchs avec eux. Il me reste les merveilleux souvenirs du temps qu’ils étaient des gamins et qu’ils me rajeunissaient tant. Je raconterai nos loufoques aventures —début dès lundi matin qui vient, première émission— avec Houde et Bertrand à « Tous les matins » à Radio-Canada.
Jacques Lanctôt, un de mes éditeurs, a expédié une note très sarcastique au Devoir, les félicitant de publier « seulement sur les écrivains de Paris ». Bravo ! Je lui ai dit : « c’est cela le racisme inverti », il n’y a plus qu’automépris et valorisation des étrangers. Oui, un racisme à rebours, un racisme à l’envers.
5-
Hier, à T.Q. longue émission sur Françoise Sagan. Totalement inaudible. Aucun problème de son c’est sa diction fautive, son articulation déficiente. Une vraie infirmité. Pauvre elle ! Hier encore, voyant Louisette Dussault faisant sa « souris verte » et chantant sa toune, Aile l’entonne aussitôt qui réalisait pour cette « souris verte » ses toutes premières émissions. Elle sortira de carrière (en 19995) avec les textes de Victor-Lévis Beaulieu, « Montréal P.Q. ». Série où, à la fin, Monique Miller, en « Madame X, « bordelienne » et cicatrisée, se noyait lucidement dans le Saint-Laurent tout à fait comme le policier Javert des « Misérables » (formidable Malcovitch) entrant doucement dans la Seine pour mourir debout.
À Ottawa, un comité de « séna-dors » (de endormis) recommande de légaliser la marijeanne. Place au pot ! Policiers : bas les pattes devant le cannabis ! Les autorités crachent des fortunes pour proclamer : « Fumer c’est poison ». Avec des images sanguinolentes et têtes de mort ! Et voici maintenant « citoyens, fumer donc en paix » ! Folie furieuse. Incohérence totale ! Ce matin, les gazettes annoncent que des scientifiques condamnent la mari « qui favoriserait la schizophrénie » ! Diable ! Lobby maffieux poussant sur les brave sénateurs ? Lobby des policiers bin tannés de chasser les poteux ? Lobby de psychiatres souhaitant augmenter les maladies mentales ? La bataille débute. À suivre !
6-
Une sorte de suicide nationale ? Quoi ? Qui? Suicide culturel ? C’est un essayiste Jean-Yves Thériault qui dit cela, il parlait —à un congrès de journalistes à Ottawa— du « think big stie » d’Elvis Gratton. Thériault dit : Céline Dion, le Cirque du Soleil, Bombardier…toutes ces réussites proclament : « Québécois de talent, sortez d’icitte au pus sacrant, rayonnez aux USA ou périssez, établissez-vous à Las Vegas ». Cela conduit à ceci : la culture québécoise, bof, aucune importance. Reniez-vous, adaptez-vous à la sauce étatsunienne et triomphez chez le tout-puissant voisin. Une seule sortie-exit :Las Vegas ou rien !
J’y réfléchis. Je lis le dernier Gaétan Soucy : ça se déroule à New-York. Tiens, tiens ! Paris, vaste marché de lecteurs est fasciné par New-York. Ah ! On y lira (dans son roman « Music Hall ») des expressions typiquement parisiennes. Ah tiens ! Soucy, un prof de collège à Longueuil, y a mis une grenouille fantasque qui chante et danse : « Music Hall » ! Paré pour un film USA, pour de l’infographie à effets spéciaux ? Pour le studio géant Walt Disney. Pour Spielberg ? Eh bin je le lui souhaite, tiens ! Je ne jette pas la pierre…à personne. J’avoue que j’y pensais récemment : écrire une histoire qui se passerait ailleurs, à Paris, Londres… ou Rome. À New-York ou à Boston…Eh oui ! On y songe tous à agrandir son territoire. Ce Thériault sait-il bien cela ? Détesterait-il voir un de ses essais se faite acclamer à l’étranger ? Allons ! J’avais envoyé —en vain— à plusieurs éditeurs de Paris une copie de mon manuscrit de « Papa-Papinachoix » (il y avait une héroïne parisienne), au cas où… On vous répond toujours par l’hypocrite et poli : « Bon texte, malheureusement il n’entre pas dans le cadre de nos programmes d’édition… » Le bla bla classique !
7-
Grosse chicane. Établir la souveraineté de nos Amérindiens avant la nôtre puisqu’il y a un peu trop de « non » chez nous. Quoique… « le vote ethnique » —quasi 100% de « non » dans Darcy McGee— « et l’argent » —Ottawa au mépris de nos lois électorales a craché des millions de $— Parizeau parlait franc ce soir-là. Bon. Un Claude Gélinas (de Québec) :
« Cette entente (du gouvernement actuel à Québec) avec les ex-Montagnais (Saguenay et Côte-Nord) est basé sur la race et non sur le mérite ». Bang ! Il recommande la prudence face à ces Innus favorisés « juste » par racisme. Il fustige : « des droits spéciaux pour cause de race ».
Il a raison je trouve. « Les Québécois de souche, émigrants… comme tout le monde, dit-il, seraient privés de certains droits juste parce qu’ils habitent —« à deux pas, à quelque enjambées »— de la réserve indienne ? Mais oui, une sorte de racisme. Par complaisance. Par une culpabilité folichonne. Il insiste : « équité selon les payeurs de taxes », point final. Tu craches des taxes, tu as droit aux secours de l’État. Oui, il a raison mais cela ne se dit pas :la peur niaise de passer pour raciste ? Courageux Gélinas.
Un docteur-psy, étatsunien, James Walker, publie « Brecoming evil… », éditeur Oxford Press. Il explique les sources du mal. Il explique les horreurs, l’holocauste des nazis (« où dit-il les femmes furent aussi démoniaques que les hommes ») comme le génocide au Rwanda. Et tout le reste au domaine funeste des tueries collectives. Le mal quoi. Ce Walker puise même chez Gustave Le Bon et sa toujours formidable étude « Psychologie des foules », paru pourtant en 1895 ! Conclusion : le nom de la source du mal ? L’indifférence.
Oui, la passivité des individus. Des gens regardaient sans rien dire. « Une foule dilue la responsabilité ». Tout cela rejoint ce que je disais sur les Allemands (instruits) de 1933, indifférents face à la montée du fou, Hitler.
Oh ! Faut que je téléphone à ma fille ce soir. Ils viennent de rentrer d’Old Orchard, Maine, si « bon marché » en septembre. Savoir s’ils ont pu mettre un pied, un mollet, deux cuisses, tout le corps dans l’eau tumultueuse de la mer atlantique ! Oui, je voudrais voir la mer en septembre. Il fait soleil d’un horizon l’autre : je cours me baigner et lire la suite de cette grenouille soucyienne de « Music-Hall ». D’abord, c’est ma charge, faire le lunch du midi, sortir le plateau y mettre son verre de lait, ma fiole de bière, des olives noires et des oignons verts et aller servir Asile, dans son transat avec Margaret (Atwood).

Le jeudi 5 septembre 2002

1-
Temps frais mais plein de belle lumière encore aujourd’hui. Très en forme. Est-ce les vitamines (a-b-c-d et e : un comprimé chaque matin) recommandées par une diététiste en juin ? Je crains de trop péter le feu. Envie de stopper ce supplément. Hier matin, retour aux Shops Angus, à l’est de Frontenac, sur Rachel, pour jaser sur « les filles » avec Denise Bombardier. Ça passera quand ? On ne sait jamais. « On vous préviendra ».
« Pis, comment ça s’est passé »? Question rituelle d’Aile. n ne sait pas vraiment. On se jette à l’eau. « Attention, silence, ça tourne. Moi le grand bavard je placote. Non, je ne sais pas. En studio ce n’est « très bon, bravo, excellent ». Moi ? Pas si certain. Ma crainte d’avoir été impudique un peu. Surtout de paraître « faraud », trop content du jeune homme (moa) qui « pognait » tant avec les files. Peur un peu. Bof…
Aile me revient en après-midi toute heureuse d’avoir acheté une doudoune (?) et un manteau d’hiver. Elle refuse de me dire les prix ! Ça m’amuse, j’insiste. Elle s’obstine : « Toi et ta manie de toujours dire à tout le monde combien tu as payé pour ceci et pour cela, c’est con ». A raison. Manie ? Un gêne… de ma môman-la-terrible-barguineuse de la rue Saint-Hubert qui disputait ferme les prix et puis se vantait de ses aubaines ? Aile me dit : « C’est réjouissant, j’arrive du centre-ville et partout dans les magasins on m’a parlé seulement en français ». On revient de loin, comme moi, elle sait comment l’anglais (langue d’une minorité raciste ) triomphait partout jadis quand nous étions des jeunes gens. De 1955 jusqu’en 1971, ce quartier centre-ville était notre quartier de jour, Radio-Canada installé entre de Bishop et MacKay. Un jour, avec des camarades —cela fit la « une » des journaux— on bloqua un grand restau populaire en refusant de parler anglais aux serveuses unilingues « bloke ». Affolment partout des gérants. On laissa des dictionnaires miniatures (bilingues) en quittant la place à 15 h de l’après-midi ! Le lendemain, petites annonces dans les journaux. Murray’s se cherchait des ouaitresses « parlant français ».
Denise B. me dit en salle de maquillage : « veux-tu rencontrer mon nouvel homme ? » Mais oui. C’est un grand et joyeux gaillard qui enseigne la littérature québécoise à Dublin ! Un homme charmant. Il a aimé mon « Maman-Paris.. . » et m’apprend que là-bas (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, nos fonctionnaires en « commerce et culture » détestaient à fond ce roman si moqueur envers ces bureaucrates à l’étranger. J’ai ri.
Courriels fameux dernièrement. J’y reviendrai. Le souper s’en vient. De l’ironiste Marleau, de Michelle Temblay « la moman débordée, de G. Tod (oh lui, il va en manger une !). De cette « Miche » —60 ans— qui n’en revient pas de mes encouragements…c’est qu’elle a un sacré bon talent de mémorialiste, aussi de mon cher fils et de David, mon petit-fils l’aîné…
Pità au poulet à la grecque ce midi…yam !
Et Aile qui me dit : « C’est servi ! » J’y cours .

Le lundi 2 septembre 2002

1-
Ouf ! Nous rentrons de « vélo-Val David ». Ouf, pas mal essoufflé l’ex- gaillard pédaleur d’antan. Je vieillis vite ? Aile, ma cadette, semble en pleine forme quand je raccroche nos bécanes au support. C’est jour de congé, nous l’avions oublié. Du monde, beaucoup de monde sur les pédaliers. De bons airs joyeux et je chante, entre « Lac Raymond » et cascades… au ralenti (il pleut p’us !) dans un vent tout doux sous un soleil qui fesse pas trop encore le matin. Étangs verdis ici et là dans la moindre baie. Au restau-terrasse du coin où nous (petit-)déjeunons toujours un bonhomme : « Suis un ami de Roussil le sculpteur exilé. Vous aussi, pas vrai ? « Je lui dis quand il m’enjoint à prendre ses coordonnées : « Ami ? B’en, peut-être, il me contactait toujours lorsu’en séjour ici mais il est venu dernièrement et n’étant plus actif en journal, il a pas signalé sa venue. Il aimait que je parle de lui dan mon canard, c’est tout ». Le monsieur Pimparé en est resté muet. Remontant en selle (de vélo), je dis à Aile : « Trop raide hen » ? Elle : « Non, tu as bien fait. La vérité c’est la vérité ».
Hier midi, je sors sur la galerie pinceaux et papier et aussi mon lot de vieilles photos. Je tente d’aquarelliser ces documents en noir et blanc. Couleurs vives. Ça change tout. Mes sœurs et moi et un « carosse » de poupée. Marielle et moi sur nos tricycles. Etc. Pas bien fort. Je fonce sur un don-quichotte pour la couverure du joirnal. Pas trop fort. Je ferme tout et file —avec le père Eco et son « Baudelino »— rejoindre Aile qui se prélasse au rivage en transat à coussin lisant le Péan au polar… « fou, fou, fou » dira-t-elle. C’est bien fini le genre « illustration réaliste », au prochain coup de pinceau, je me le promet, ce sera le style débridé. Adieu dessin précis. À jamais de vouloir juste montrer…On verra bien.
Grave erreur. « Tanguy », film loué, est un navet. Super navet. Un conte endormant. Le grand dadais en universitaire éternel qui refuse de quitter moman et popa…cela aurait pu être drôle et léger. Ça ne tient pas debout. Vite le récit glisse dans un cynisme puant. Des parents insignifiants et d’une cruauté niaise. « Perte de temps », oh oui, Aile ! Ces maudites « trois étoiles » :mensonges trop souvent !
Cher magnéto : on a vu, hier soir, le dernier « deux heures » des « Misérables ». Pas fort en fin de compte malgré les grands moyens. Le gras Gérard Depardieu ( Jean Valjean) éclipsé par le Javert de Malcovitch, lui, vraiment fameux. Et ce mélodrame cucul…Pauvre Victor Hugo ! Même tout raccourci, « écharogné », ça ne va pas. Impossible, inimaginable, guère plausible toutes ces rencontres fortuites entre les cinq ou six personnages importants, que de deus ex machina abrutissants en fin de compte. Découverte d’un Hugo pas si « républicain » que ça avec ses braves « bleus », royalistes au grand cœur ! Et ce mariage royaliste de la fin (une Cosette nonoune et un Marius qui a oublié la révolution) nous ramenait la gluante « sauce-Mia Riddez » des feuilletons soporifiques d’ici.
L’Isabelle Massé (La Presse) raconte —sans aucun commentaire bien à elle— un « beau » de Ville Mont-Royal : Alex Frigon, 21 ans qui vient de « réussir », selon lui. Il avait un bac des HEC. Affairiste, on va le voir ! Il va jouer dans un « sit-com » aux USA. Fou comme un balais et il attend sa « carte verte », permis de travail. Sa méthode relève pourtant de l’imposture. Le jeune fumiste envoyait plein de courriels pour exciter des auteurs (belle mentalité !) en se faisant passer pour un producteur. Un de ses « attrapés » lui refile le nom de son agente. Le « kioute » Frigon lui expédie une cassette-CV et clic !… la manager l’invite en « casting ». Il dit : « Mon prof de jeu (!) m’a formé, douze mois ». Le jeune fumiste ne dit plus rien sur ces écrivains qui ont cru échanger avec un producteur ! Cuicui cui, l’ « american dream » cogne et frappe ! Édifiante jeunesse, non ? La Massé a mis un grande photo et titrait : « un débrouillard » !
Selon Louise Cousineau, le réalisateur m’a trouvé si captivant —moi et des dizaines d’autres témoins en télé débutante— qu’il va prolonger ses trois émissions-anniversaire (de Rad.-Can) intitulées « La grande aventure » —qui débute ce soir— en une série moins coupaillée, les dimanches d’octobre à 15h30. Je me souviens qu’au printemps dernier, Bernard Derome m’écoutait si bien que je déballais, enthousiaste, un tas de souvenirs-anecdotes de ce « bon vieux temps ».
En Inde , à Madras, on enterre une centaine d’enfants et on les déterre aussitôt. Le temps qu’ils n’étouffent pas vraiment ! C’est une cérémonie d’ordre religieux, le « Kuzhi Maartru ». Les Hautes autorités (!) On tente de faire cesser ce bizarre cérémonial en vain. On fait d’abord jeûner ces enfants puis on les lave soigneusement et hop, aux fosses ! Ô Inde ! Ainsi un évêque de Cochin, lui, fera cracher un jeune Québécois riche, Simard, galériste à New-York, et lui dira : « Emportez ma vieille église —du 16 e siècle— chez vous, au Saguenay, à Larouche. Je vais m’en construire un toute neuve ». Les Hautes autorités (!) le savent-ils ? Au Québec, des amerloques achetaient à vil prix des trésors religieux « patrimoniaux » et c’était le silence duplessiste. Oh ancien Québec !
Cher fait-divers. En voici un coriace : Un petit boss de Vancouver-nord, David Hudak, 41 ans, se fait arrêter aux USA. Il possédait plus de 2,000 missiles (!) dans son ranch du Nouveau-Mexique ! Ces « dispositifs de destruction » viennent d’où, comment ont-ils pu passer les frontières ? Un mystère « canadian ».
L’ex-camarade, graphiste à la SRC, peintre reconnu, veut du fric. Il veut 2 millions de belles piastres, viande à chien. Moi, un tout-nu, je ne fonde rien, Deroujn, un autre tout-nu ?, a fondé « La maison des Amériques » à Val David sur sa propriété boisée. Maire, député, ministre, approuvent ce projet d’un « mini-Banf » dans le coin. Derouin déclare à Delgado (La Presse) —qui ne commente pas, rien : « Si je trouve pas le fric, je lâche tout, pas question d’une longue bataille ». On guette aussi du fric « privé ». L’artiste Derouin dit n’être « pas contre » de donner un nom commercial (McDo ou Esso, Player’s ou Shell ) à son poulain Kulturel. B’en quin ! ’Coutez donc vous autres, pas tannés, de ces grandioses « machines culturelles » qui naissent à la condition que le peuple crache des taxes et impôt ? Festivals, éditeurs, théâtres, concerts, petits et grands musées, centres Kulturels…etc.
La rue Notre-Dame dans l’est :un boulevard (à huit voix) ou une autoroute (à six voies). Ça balance encore. Ou quoi encore ? On cache tout ? Un long tunnel ? On y songe aussi. On se gratte. Brisset, architecte, consulté, déclare : « Choisir entre mourir pendu ou électrifié ou encore gazé ». On rit p’us ! Elkouri (La Presse) rencontre Harel, ministre du secteur. Jeune, Harel était conte l’autoroute. Elle a viré capot. Pourquoi ? « C’est plus le même projet. Si on examine ce boulevard (à huit voies), c’est une autoroute déguisée ». Ah bon ! Et le gens du coin ? Ils veulent plus rien, ni boulevard (à huit voies) ni autoroute ! Ça va donc mal la démocratie, pas vrai ? Non ?
Ce sera, « Candiac », le Hollywoodien-Nord ! Un type a dit :Non, Hollywod sera le « Candiac du Sud » La folie des grandeurs ! Sans aucune subvention, l’on va bâtir le plus immense studio de ciné « au monde » ! Bon, bon. Le « cheap labor » d’ici attire les amerloques. Tellement… qu’à cette « Cité du cinéma » (ex-parking d’Expo’67 ?), Diane Lemieux (ministre de la Kulture), prêtera du fric : 2 millions de notre argent, et autant viendra d’Ottawa. C’est une manne de 337 millions (pour l’an 2000), c’est des « retombées » (ce mot !) de presque 2 milliards de fric. Si notre dollar remonte, tout s’écroule. Mais…pas de danger, paraît-il. Il ne remontera pas de sitôt. Silence, ça va tourner des amériquétaineries sur un temps rare. Qui n’a pas dans sa parenté u (ou une) bonhomme qui y trouve de bonnes gages. J’ai ça. Et je suis content pour lui.
G. Tod, mon lecteur fidèle de Concord, va bondir. En Caroline du nord (où il enseigne) gros scandale ! 3,500 étudiants se feront interdire un livre. C’était une lecture obligatoire l’an dernier. Auteur : Michael Sells, titre : « Une approche du Coran… ». Mike McFarland, relationniste de l’Université, Fidèle à son recteur, James Moeser, dit : « Sujet on ne peut plus à propos depuisv;e 11 septembre, non ? » Une association chrétienne, l’American Family Center for Law and Policy (ouf !), s’insurge : « On bafoue la Constitution sur « le libre exercice de la religion », l’enseignement du Coran devient promotion de l’Islam ». La pol.mique fait rage. « C’est comme enseigner Mein Kampf » de Hitler dit un chroniqueur de la télé (Bill O’Reilly de Fox) , le Coran est la religion de nos ennemis ». Un Baptiste, F. Graham, a même appelé les musulmans à s’excuser collectivement pour la responsabilité de l’Islam dans la tragédie du 11 septembre. Mais notre Tod est peut-être un vilain mécréant ? Cette querelle carolinienne le laissera-t-il de glace ?
Mary Tyler Moore a viré la rencontre chez Lipton —« Inside Actors Studio » à Artv— en un entretien émouvant sur sa vie privée. Aile toute attentive. Et moi itou. Suicide, alcoolisme etc. était au menu. La populaire actrice était en veine de confidences. Lipton écoutait de toute ses oreilles. C’était mieux que du Claire Lamarche. C’était « toute » la vérité. C’était sa vie, son passé lointain(ses misères d’enfant mal aimé) et récent (ses déboires). Si j’y allais de cette franchise radicale, j’imagine mon Aile se transformant en « Hell » et me criant après : « Avais-tu besoin de tout déballer en public ? » Non, Aile est de « Sein Tad Aile » P.Q. et avale goulûment les révélations intimistes des « lointains » confessés. Elle est de Saint-Ad-Aile et, comme nous tous dans cette petite société tricote serré, accepte l’impudeur des autres, refuse l’impudeur d’icitte ! Un temps, elle me fit découvrir cette actrice douée, M.-T. More, plus tôt, elle m’avait connaître cette Carol Burnett —aux folichonneries quasi surréalistes— et j’ai beaucoup ri à leurs facéties télévisées, longtemps.
Seuls, les idiots ne changent pas d’idée. Je vais communiquer avec le président de la SSJB. Le camarade Jacques Godbout comme Yvan Lamonde, a raison. Pas de nom à la future Grande biblio. Son titre devrait rester ce qu’elle est : « la Bibliothèque nationale ». Point. Vrai que ce n’est pas un site. On pourra nommer le site, tout autour, Camille Laurin, pas la bibliothèque.
Mon étonnement. Publiant tout ce que je pense (de mal) sur le beau monde culturel « du livre » dans « Pour l’argent et la gloire » (Trois-Pistoles, éditeur) au printemps dernier, je m’attendais à des « lettres ouvertes » furibondes de tant de camarades en livres. Férocement égratignés. Rien. Aucune polémique. Très surpris. Est-ce la preuve que mes accusations sont fondées ? Sans doute. Ce silence de mort m’intrigue pas mal. Mes écorchés se cachent ? Peureux ? La chanson : ais-je frappé si juste, si juste, si fort, si fort, si drette, si drette ? Bof : ces planqués ricanent et continent de téter l’établissement littéraire… et « va chier le râleur ».
Avant-hier, un sbire de Gesca-Desmarais-Power, donne cinq colonnes et une large photo au député Lebel. Semer la discorde au Bloc? B’in quin ! À la fin du prestigieux « papier » : « Il n’a pas fini de semer la controverse dans le Bloc…ce monsieur Lebel. » Tel quel ! Sacré valet servile, aux ordres, à La Presse.
J’ai acheté Paris-Match pour un titre : « Matisse et Picasso, la longue querelle ». Celle du coloriste de génie (Matisse) et du dessinateur de génie, (Picasso). Hélas, une fois de plus, peu de substance. Lite des livres, lire des livres.
Vu le début de ce « Jonathan Livingston, le goéland ». Un film waltdysneyien. L’animisme cucul. L’oiseau parle, pense, s’émeut, s’énerve, bataille. Il a une âme. Du Saint-Ex délavé. Un succès mondial. Ça disait : quitte les tiens, élève-toi au dessus des autres, va voir ailleurs. La sauce étatsunienne de l’individualisme à tout crin. Puant ! Aile bin d’accord, je zappe.
Le bon poisson qui goûte pas trop le poisson (!) que ce « mahi-mahi » chez Claude des « Délices… », hier soir. Régal à deux. Soirée si douce pour un premier jour de septembre. Quoi, il y aura une canicule peut-être encore, et il y aura l’été de la Saint-martin…alors !
Petits nuages au ciel si beau bleu. Aller me replonger et dans le lac et dans Éco (« Beaudelino ») Il enseigne, il est amusant, je saute des bouts, son héros est un menteur prodigieux et il dit aussi des vérités. Ainsi, je lis sur le prépuce et le nombril de Jésus mis en reliques… et j’ai lu (bouquin sur les lieux de pèlerinage) que cela fut fait au temps des collectionneurs macabres de reliques variés. Éco joue de tout : son érudition (qui est grande) et ses inventions qui sont parfois tirés par les cheveux. Mais bon, je tourne les pages et… quand on dit cela on a tout dit. Oui, je tourne les âges…et je vais aussi nager sur le dos et je constaterai une fois de plus que le Grec avait raison, un corps plongé dans l’eau… Être léger ! C’est si bon.