Le lundi 2 septembre 2002

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Ouf ! Nous rentrons de « vélo-Val David ». Ouf, pas mal essoufflé l’ex- gaillard pédaleur d’antan. Je vieillis vite ? Aile, ma cadette, semble en pleine forme quand je raccroche nos bécanes au support. C’est jour de congé, nous l’avions oublié. Du monde, beaucoup de monde sur les pédaliers. De bons airs joyeux et je chante, entre « Lac Raymond » et cascades… au ralenti (il pleut p’us !) dans un vent tout doux sous un soleil qui fesse pas trop encore le matin. Étangs verdis ici et là dans la moindre baie. Au restau-terrasse du coin où nous (petit-)déjeunons toujours un bonhomme : « Suis un ami de Roussil le sculpteur exilé. Vous aussi, pas vrai ? « Je lui dis quand il m’enjoint à prendre ses coordonnées : « Ami ? B’en, peut-être, il me contactait toujours lorsu’en séjour ici mais il est venu dernièrement et n’étant plus actif en journal, il a pas signalé sa venue. Il aimait que je parle de lui dan mon canard, c’est tout ». Le monsieur Pimparé en est resté muet. Remontant en selle (de vélo), je dis à Aile : « Trop raide hen » ? Elle : « Non, tu as bien fait. La vérité c’est la vérité ».
Hier midi, je sors sur la galerie pinceaux et papier et aussi mon lot de vieilles photos. Je tente d’aquarelliser ces documents en noir et blanc. Couleurs vives. Ça change tout. Mes sœurs et moi et un « carosse » de poupée. Marielle et moi sur nos tricycles. Etc. Pas bien fort. Je fonce sur un don-quichotte pour la couverure du joirnal. Pas trop fort. Je ferme tout et file —avec le père Eco et son « Baudelino »— rejoindre Aile qui se prélasse au rivage en transat à coussin lisant le Péan au polar… « fou, fou, fou » dira-t-elle. C’est bien fini le genre « illustration réaliste », au prochain coup de pinceau, je me le promet, ce sera le style débridé. Adieu dessin précis. À jamais de vouloir juste montrer…On verra bien.
Grave erreur. « Tanguy », film loué, est un navet. Super navet. Un conte endormant. Le grand dadais en universitaire éternel qui refuse de quitter moman et popa…cela aurait pu être drôle et léger. Ça ne tient pas debout. Vite le récit glisse dans un cynisme puant. Des parents insignifiants et d’une cruauté niaise. « Perte de temps », oh oui, Aile ! Ces maudites « trois étoiles » :mensonges trop souvent !
Cher magnéto : on a vu, hier soir, le dernier « deux heures » des « Misérables ». Pas fort en fin de compte malgré les grands moyens. Le gras Gérard Depardieu ( Jean Valjean) éclipsé par le Javert de Malcovitch, lui, vraiment fameux. Et ce mélodrame cucul…Pauvre Victor Hugo ! Même tout raccourci, « écharogné », ça ne va pas. Impossible, inimaginable, guère plausible toutes ces rencontres fortuites entre les cinq ou six personnages importants, que de deus ex machina abrutissants en fin de compte. Découverte d’un Hugo pas si « républicain » que ça avec ses braves « bleus », royalistes au grand cœur ! Et ce mariage royaliste de la fin (une Cosette nonoune et un Marius qui a oublié la révolution) nous ramenait la gluante « sauce-Mia Riddez » des feuilletons soporifiques d’ici.
L’Isabelle Massé (La Presse) raconte —sans aucun commentaire bien à elle— un « beau » de Ville Mont-Royal : Alex Frigon, 21 ans qui vient de « réussir », selon lui. Il avait un bac des HEC. Affairiste, on va le voir ! Il va jouer dans un « sit-com » aux USA. Fou comme un balais et il attend sa « carte verte », permis de travail. Sa méthode relève pourtant de l’imposture. Le jeune fumiste envoyait plein de courriels pour exciter des auteurs (belle mentalité !) en se faisant passer pour un producteur. Un de ses « attrapés » lui refile le nom de son agente. Le « kioute » Frigon lui expédie une cassette-CV et clic !… la manager l’invite en « casting ». Il dit : « Mon prof de jeu (!) m’a formé, douze mois ». Le jeune fumiste ne dit plus rien sur ces écrivains qui ont cru échanger avec un producteur ! Cuicui cui, l’ « american dream » cogne et frappe ! Édifiante jeunesse, non ? La Massé a mis un grande photo et titrait : « un débrouillard » !
Selon Louise Cousineau, le réalisateur m’a trouvé si captivant —moi et des dizaines d’autres témoins en télé débutante— qu’il va prolonger ses trois émissions-anniversaire (de Rad.-Can) intitulées « La grande aventure » —qui débute ce soir— en une série moins coupaillée, les dimanches d’octobre à 15h30. Je me souviens qu’au printemps dernier, Bernard Derome m’écoutait si bien que je déballais, enthousiaste, un tas de souvenirs-anecdotes de ce « bon vieux temps ».
En Inde , à Madras, on enterre une centaine d’enfants et on les déterre aussitôt. Le temps qu’ils n’étouffent pas vraiment ! C’est une cérémonie d’ordre religieux, le « Kuzhi Maartru ». Les Hautes autorités (!) On tente de faire cesser ce bizarre cérémonial en vain. On fait d’abord jeûner ces enfants puis on les lave soigneusement et hop, aux fosses ! Ô Inde ! Ainsi un évêque de Cochin, lui, fera cracher un jeune Québécois riche, Simard, galériste à New-York, et lui dira : « Emportez ma vieille église —du 16 e siècle— chez vous, au Saguenay, à Larouche. Je vais m’en construire un toute neuve ». Les Hautes autorités (!) le savent-ils ? Au Québec, des amerloques achetaient à vil prix des trésors religieux « patrimoniaux » et c’était le silence duplessiste. Oh ancien Québec !
Cher fait-divers. En voici un coriace : Un petit boss de Vancouver-nord, David Hudak, 41 ans, se fait arrêter aux USA. Il possédait plus de 2,000 missiles (!) dans son ranch du Nouveau-Mexique ! Ces « dispositifs de destruction » viennent d’où, comment ont-ils pu passer les frontières ? Un mystère « canadian ».
L’ex-camarade, graphiste à la SRC, peintre reconnu, veut du fric. Il veut 2 millions de belles piastres, viande à chien. Moi, un tout-nu, je ne fonde rien, Deroujn, un autre tout-nu ?, a fondé « La maison des Amériques » à Val David sur sa propriété boisée. Maire, député, ministre, approuvent ce projet d’un « mini-Banf » dans le coin. Derouin déclare à Delgado (La Presse) —qui ne commente pas, rien : « Si je trouve pas le fric, je lâche tout, pas question d’une longue bataille ». On guette aussi du fric « privé ». L’artiste Derouin dit n’être « pas contre » de donner un nom commercial (McDo ou Esso, Player’s ou Shell ) à son poulain Kulturel. B’en quin ! ’Coutez donc vous autres, pas tannés, de ces grandioses « machines culturelles » qui naissent à la condition que le peuple crache des taxes et impôt ? Festivals, éditeurs, théâtres, concerts, petits et grands musées, centres Kulturels…etc.
La rue Notre-Dame dans l’est :un boulevard (à huit voix) ou une autoroute (à six voies). Ça balance encore. Ou quoi encore ? On cache tout ? Un long tunnel ? On y songe aussi. On se gratte. Brisset, architecte, consulté, déclare : « Choisir entre mourir pendu ou électrifié ou encore gazé ». On rit p’us ! Elkouri (La Presse) rencontre Harel, ministre du secteur. Jeune, Harel était conte l’autoroute. Elle a viré capot. Pourquoi ? « C’est plus le même projet. Si on examine ce boulevard (à huit voies), c’est une autoroute déguisée ». Ah bon ! Et le gens du coin ? Ils veulent plus rien, ni boulevard (à huit voies) ni autoroute ! Ça va donc mal la démocratie, pas vrai ? Non ?
Ce sera, « Candiac », le Hollywoodien-Nord ! Un type a dit :Non, Hollywod sera le « Candiac du Sud » La folie des grandeurs ! Sans aucune subvention, l’on va bâtir le plus immense studio de ciné « au monde » ! Bon, bon. Le « cheap labor » d’ici attire les amerloques. Tellement… qu’à cette « Cité du cinéma » (ex-parking d’Expo’67 ?), Diane Lemieux (ministre de la Kulture), prêtera du fric : 2 millions de notre argent, et autant viendra d’Ottawa. C’est une manne de 337 millions (pour l’an 2000), c’est des « retombées » (ce mot !) de presque 2 milliards de fric. Si notre dollar remonte, tout s’écroule. Mais…pas de danger, paraît-il. Il ne remontera pas de sitôt. Silence, ça va tourner des amériquétaineries sur un temps rare. Qui n’a pas dans sa parenté u (ou une) bonhomme qui y trouve de bonnes gages. J’ai ça. Et je suis content pour lui.
G. Tod, mon lecteur fidèle de Concord, va bondir. En Caroline du nord (où il enseigne) gros scandale ! 3,500 étudiants se feront interdire un livre. C’était une lecture obligatoire l’an dernier. Auteur : Michael Sells, titre : « Une approche du Coran… ». Mike McFarland, relationniste de l’Université, Fidèle à son recteur, James Moeser, dit : « Sujet on ne peut plus à propos depuisv;e 11 septembre, non ? » Une association chrétienne, l’American Family Center for Law and Policy (ouf !), s’insurge : « On bafoue la Constitution sur « le libre exercice de la religion », l’enseignement du Coran devient promotion de l’Islam ». La pol.mique fait rage. « C’est comme enseigner Mein Kampf » de Hitler dit un chroniqueur de la télé (Bill O’Reilly de Fox) , le Coran est la religion de nos ennemis ». Un Baptiste, F. Graham, a même appelé les musulmans à s’excuser collectivement pour la responsabilité de l’Islam dans la tragédie du 11 septembre. Mais notre Tod est peut-être un vilain mécréant ? Cette querelle carolinienne le laissera-t-il de glace ?
Mary Tyler Moore a viré la rencontre chez Lipton —« Inside Actors Studio » à Artv— en un entretien émouvant sur sa vie privée. Aile toute attentive. Et moi itou. Suicide, alcoolisme etc. était au menu. La populaire actrice était en veine de confidences. Lipton écoutait de toute ses oreilles. C’était mieux que du Claire Lamarche. C’était « toute » la vérité. C’était sa vie, son passé lointain(ses misères d’enfant mal aimé) et récent (ses déboires). Si j’y allais de cette franchise radicale, j’imagine mon Aile se transformant en « Hell » et me criant après : « Avais-tu besoin de tout déballer en public ? » Non, Aile est de « Sein Tad Aile » P.Q. et avale goulûment les révélations intimistes des « lointains » confessés. Elle est de Saint-Ad-Aile et, comme nous tous dans cette petite société tricote serré, accepte l’impudeur des autres, refuse l’impudeur d’icitte ! Un temps, elle me fit découvrir cette actrice douée, M.-T. More, plus tôt, elle m’avait connaître cette Carol Burnett —aux folichonneries quasi surréalistes— et j’ai beaucoup ri à leurs facéties télévisées, longtemps.
Seuls, les idiots ne changent pas d’idée. Je vais communiquer avec le président de la SSJB. Le camarade Jacques Godbout comme Yvan Lamonde, a raison. Pas de nom à la future Grande biblio. Son titre devrait rester ce qu’elle est : « la Bibliothèque nationale ». Point. Vrai que ce n’est pas un site. On pourra nommer le site, tout autour, Camille Laurin, pas la bibliothèque.
Mon étonnement. Publiant tout ce que je pense (de mal) sur le beau monde culturel « du livre » dans « Pour l’argent et la gloire » (Trois-Pistoles, éditeur) au printemps dernier, je m’attendais à des « lettres ouvertes » furibondes de tant de camarades en livres. Férocement égratignés. Rien. Aucune polémique. Très surpris. Est-ce la preuve que mes accusations sont fondées ? Sans doute. Ce silence de mort m’intrigue pas mal. Mes écorchés se cachent ? Peureux ? La chanson : ais-je frappé si juste, si juste, si fort, si fort, si drette, si drette ? Bof : ces planqués ricanent et continent de téter l’établissement littéraire… et « va chier le râleur ».
Avant-hier, un sbire de Gesca-Desmarais-Power, donne cinq colonnes et une large photo au député Lebel. Semer la discorde au Bloc? B’in quin ! À la fin du prestigieux « papier » : « Il n’a pas fini de semer la controverse dans le Bloc…ce monsieur Lebel. » Tel quel ! Sacré valet servile, aux ordres, à La Presse.
J’ai acheté Paris-Match pour un titre : « Matisse et Picasso, la longue querelle ». Celle du coloriste de génie (Matisse) et du dessinateur de génie, (Picasso). Hélas, une fois de plus, peu de substance. Lite des livres, lire des livres.
Vu le début de ce « Jonathan Livingston, le goéland ». Un film waltdysneyien. L’animisme cucul. L’oiseau parle, pense, s’émeut, s’énerve, bataille. Il a une âme. Du Saint-Ex délavé. Un succès mondial. Ça disait : quitte les tiens, élève-toi au dessus des autres, va voir ailleurs. La sauce étatsunienne de l’individualisme à tout crin. Puant ! Aile bin d’accord, je zappe.
Le bon poisson qui goûte pas trop le poisson (!) que ce « mahi-mahi » chez Claude des « Délices… », hier soir. Régal à deux. Soirée si douce pour un premier jour de septembre. Quoi, il y aura une canicule peut-être encore, et il y aura l’été de la Saint-martin…alors !
Petits nuages au ciel si beau bleu. Aller me replonger et dans le lac et dans Éco (« Beaudelino ») Il enseigne, il est amusant, je saute des bouts, son héros est un menteur prodigieux et il dit aussi des vérités. Ainsi, je lis sur le prépuce et le nombril de Jésus mis en reliques… et j’ai lu (bouquin sur les lieux de pèlerinage) que cela fut fait au temps des collectionneurs macabres de reliques variés. Éco joue de tout : son érudition (qui est grande) et ses inventions qui sont parfois tirés par les cheveux. Mais bon, je tourne les pages et… quand on dit cela on a tout dit. Oui, je tourne les âges…et je vais aussi nager sur le dos et je constaterai une fois de plus que le Grec avait raison, un corps plongé dans l’eau… Être léger ! C’est si bon.

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