Le lundi 23 septembre 2002

1-
Comme hier, un bien matin de beau ciel bleu avec « charroyage » de nuages bien gras. Mais, ce matin, un froid automnal revenu. Pluies et vents forts cette nuit ? Aile, toujours moins enfoncée —sort inné de toutes les femmes ? Par nécessité de « veilleuse », de gardiennes de la vie ?— dans son sommeil que moi, m’a dit s’être levée en pleine nuit pour refermer le deux grandes fenêtres de la chambre. Honte alors du mâle protecteur si absent Quand je dors…je dors ! Pas à l’abri des voleurs, le bonhomme !
Je me fais réveiller soudain : bruits suspects. Par ma fenêtre ouverte (Aile devait fermer tout !), je vois et entend des ouvriers. Ils lunchent en rigolant. Qui sont-ils donc ? J’enfile une robe de chambre et je vais voir. On a jeté à terre les clôtures de bois de deux parterres (mystère, ça fait longtemps que c’est fait pourtant et que j’ai planté des haies ). Je marche, j’examine ce chantier étrange. À l’envers mes trottoirs de planches, le parking, tranchée boueuse, est tout « démanché », en l’air aussi, un quai de bois, pourri lui aussi, tout démantibulé! Tout semble pourri, à jeter au feu ! Je crains les dépenses de ces travaux bizarres. Qui a ordonné ces réparations? Ma compagne ? Elle déteste tant mes installations d’amateur-menuisier. Puis, rentré, plein de monde au chalet ! Petite foule. Les camarades d’Aile à la SRC. Remuement total dans la place. On prépare une excursion au mont Loup-Garou ! Rires et potins divers. Ça fume (on a promis de stopper la cigarette hier soir Aile et moi !). Ensuite, découverte d’une haute palissade toute neuve chez le voisin ! Une patinoire pour l’hiver qui vient ? Les bandes de bois brillent comme vernissées. Je vois Maurice L. et je le questionne. C’est l’ouvrage des Jodoin, plus loin. Il n’y est pour rien ! Maurice est installé avec son fils dans mon cabanon — lui ai emprunté dimanche de outils pour déterrer des érables jeunes. Il fait du feu dans ma vieille « truie » ! Comme s’ils étaient chez eux. Intrigué par cette patinoire imposante —Je me suis promis de m’acheter des patins pour cet hiver, hier— la foule sort de notre chalet et va au rivage. Rires fous. Enthousiasme. Je reste coi ! Il y a partout sur notre terrain des détritus, roches, tas de feuilles mortes (Aile et moi avons fouillé le terrain hier pour retrouver mon oreillette de demi-sourd), des gravats divers —je viens de lire sur le 11 septembre, aussi sur un drame de Toulouse (21 sept. 2001) dans le Paris-Match. Tous enjambent ces cochonneries sans s’en inquiéter. La bonne humeur sotte ! Je deviens très nerveux.
Réveil ! Encore un rêve curieux !
2-
Oui, dimanche, je perds une prothèse auditive. C’est cher ces machins. Aile m’aide à le retrouver. Impossible. On a fouillé partout. Heureusement pour le studio de « Tous les matins », demain, j’en avais une autre, plus ancienne, moins sophistiquée. Ouf ! J’avais fourré l’oreillette dans ma poche de maillot, aussi un couteau pour couper de la haie autour des érables à déterrer. J’enrage.
J’ai quitté vite un livre bien con. « Je vous donne signe de vie » écrit (mal) par une M. Caron. De l’auto-édition. J’avais cru (à la biblio Claude-Henri Grignon) à un bouquin mystérieux. Le dos de couverture parlait « médium », « voyante ». C’est d’une platitude intense ! Déçu de mon sort (longue histoire) au d.but de années 1970, j’avais fait une plongée dans les lectures d’affaires paranormales, Mathieu Mannig, écriture et dessins (de Picasso !) automatiques, les OVNIs, Bertrand Russell intercepté … et Cie. Cela a duré six ou sept ans. La curiosité. J’ai vite vu que l’on répétait toujours les mêmes bizarreries de livre en livre. J’ai décroché de la parapsychologie et n’y suis plus revenu. La mince plaquette vide de M. Caron est une gnochonnerie sans aucun intérêt.
3-
J’ai terminé « Une lueur d’espoir » de Nabe. Je pense bien que ce Nabe parisien est l’hurlurberlu qui fit son show chez un « Campus » de Dutrand, en septembre 2001. Il tenait un caméscope et s’énervait au bord de l’épilepsie : « L’Europe, de la merde; la France ? Même chose. Il n’y avait de salutaire que les USA ! Il allait s’exiler. Etc. Or, virage total, ce « Une lueur.. » maudit les USA. Maudit tout le monde. Mais…cette lueur… cet espoir, c’est les kamikazes du 11 septembre ! C’est leur foi. C’est un retour du religieux. Admettre cependant que ce Nabe a du style. Un don solide pour les mots connectés de manière étonnante. Le reste, sa pensée profonde —les suicidaires islamistes vont nous réveiller tous du « cauchemar climatisé » capitaliste, vont nous monter le vrai nouveau « chemin de la vie » honorable — c’est du domaine des contes de fée, de la fiction la plus ébouriffante ! Il est fou, il est talentueux. Il écrit avec fougue. C’est beaucoup. Mon cher Céline (« Voyage au bout de la nuit » ) avec du « jus » et puis il sombra dans le nazisme le pus désolant !
4-
Lunch et je lis B.H. Lévy dans « Le Point ». Il a organisé un journal « français » à Kaboul. Pour rivalisr avec le « Kaboul weekly », bien colonisé avec son titre USA. « Les nouvelles de Kaboul », ça pue le paternalisme et le colonialisme. Le truc truc « dominateur soft », la vieille recette « diplomatik », tic-tac, de Paris. « Union française » partout. Façade de cul-culturel et puisant arrière à commerces intéressés. Comme depuis si longtemps. Les USA font pire : façade security-CIA, industriels vénaux pour le fond bien entendu ! Paris-malin lui : « On va vous envoyer de l’art pestigieux, La Jocode tiens, et puis achetez nos avions Dassault, et nos vins et toutes nos belles bébelles MADE IN France. Tous font ça bien entendu chez les Blancs riches. J’y reviendrai. Lévy là-bas, tout dévoué aux Afghanistans (en 4 tribus rivales !) ça sent « l’envoyé » de Chirac et Jospin, du Quai-aux-complots (Conti) quoi ! Ambassade aux allures de pureté. Ce Lévy en fieffé valet des intérêts de la capitale-sur- 5-
J’admire tant mon Aile. Pascal Bruckner (en visite pour son dernier bouquin MADE IN PARIS, promotion !) ce matin dans Le Dev avec Robitaille : « Votre Chrétien, et rares autres, sont bien cons de relier pauvreté et terrorisme. Les Africains bien plus pauvres que les Arabes — eux, dit le Bruckner, petits-bourgeois, avec ordis portables, cellulaires, instruction à Hambourg ou à Londres, cours de pilotage, non, ils ne font pas de ce terrorisme ces « très » misérables d’Afrique. ».
Ah oui ?
Aile : « Allons, ils peuvent pas, voudraient, mais n’ont pas les moyens tout simplement, alors, ils s’entretueront (par dépit), voir le Rwanda ». Bravo chère Aile ! Allons petit Pascal moderne : la pauvreté est reliée avec le terrorisme et Chrétien parle vrai (pour une fois) : il faut, et vite, mieux partager avec les Suds !
Lévy disait dans ce « Point » : « Saddam Hussein, un fou, dangereux terroriste ! » Quoi ? Pro-W.Bush le Lévy ? Non mais…Coups de pied au cul qui se perdent chez cet « envoyé culturel » de Chirac !
6-
Je note pour le journal dans un vieil agenda (aux pages vierges souvent, toujours ma « récupération » en papier) de 2000, propriété d’Aile. Je lis : « 25 février 2000 : rencontre avec Lomer Gouin (!) et aussi Jacques Fauteux. Je la questionne, jaloux. « Ah oui, je préparais le « Gala des réalisateurs » à la Cinémathèque ».
Nat Pétro ce matin regrette le contenu « canadien » du temps de « Bobino » Foutaise. Là-aussi c’était beaucoup du stock USA, du dumping en tous genres. Les enfants devaient s’enrager des niais propos entre deux cartoons ¿textes de Michel Cailllou plutôt gnangnan, sauce « Tante Lucile »— de Guy Sanche (Bobino) et de Paule Bayard (Bobinette). Ils guettaient les dessins animés. La vérité fait mal ? Et Pétrovsky est bien naïve !
Dimanche soir, hier, Michel Douglas chez le père Lipton (le meilleur des trois séries du genre, avouons-le). G. (Gérald, Gérard ?) Tod dira : un autre con fini, un vendu, un prostitué d’Hollywood ! Ce fut encore une fois très captivant. À 25 ans, il se fait (sous l’égide de papa) le producteur du « Vol au dessus d’un nid de coucou ». Il se bat 7 ans durant. Un triomphe mérité. Il a « un nom » désormais. Ensuite, le fils de Dirk a participé à toute une série de films fameux. Parents divorcés encore ? Lipton : « cela a perturbé gravement beaucoup de mes invités célèbres. Vous ? » ». M. Douglas dira : « Oui mais ce fut un divorce à l’amiable, les miens, avec bon sens, une séparation sans déflagration pour nous, leurs enfants ». Il a donné de précieux conseils aux jeunes aspirants de l’ « Actors studio ». Brillant acteur. Hélas, avec ce « parler nasal » si fréquent aux USA !
7-
Ouow Douglas ! Ça sonne ! André Dubois à l’appareil : « Non, la mer, j’ai pas pu trouver, pas le temps. Trop pris. Regrette ». « producteur actif » quoi. Je ne lui dis pas que maintenant je suis pris moi aussi. Toutes ces rencontres (télé, Tva, expo, Mardi-Fugère, Salon de Rimouski) pour octobre ! Adieu la mer ?
Aux actualité, Arafat piégé. Aile : « A-t-il l’eau chaude ? Le bain ? Une douche » ? Je pouffe de rire. Aile insultée : « C’est important non ? » Oh, Clémence, la feumme !
Douglas junior à une étudiante actrice , j’oubliais : « Non, n’allez pas vous exiler à L.A. non. Il n’y a pas de centre, pas de cœur. Restez à New-York où il y a un cœur. Des événements culturels sans cesse, enrichissants. ». Pas la première fois que j’entends cela. À l’Ouest : rien ! Que des bretelles d’autoroutes pour une ville pleine de quartiers mal reliés.
8-
Vu hier, un docu sur Stephen King à ARTV. Un laideron à barnicles (en cul de bouteille) mal aimé. Père disparu. Mère malade de sur-médicamentation. Élève moqué. D’où son premier « hit », « Carrie ». Rédigé dans une roulotte déglingué avec femme (ouaitresse dans un snack) et un premier enfant. Triomphe à Hollywood. Il ramasse 40 millions de $Us, par année, ces années-là. Puis ce sera «Shinnig », autre hénaurme succès, puis le captivant « Misery », il en est devenu plus que millionnaire. Deux livres par année désormais. Un million de lecteurs aux UA et dans le monde. Une industrie. Boudé par les intellos évidemment. Devient alors un drogué, puis un alcoo total, vicieux (buvant même son « parfum après barbe » !). Il se corrigera. Avec « Dolorès Clairborne » (lu), qui raconte un un alcco batteur de femme :c’est la fin de son vice. Il reste fidèle au Maine natal (Durham puis Bangor). Il dira : « Dans une vie, on n’a pas deux endroits que l’on connaît bien, vraiment ». Vrai ! Après le mille pages —obligation de le lire pour « Première » à TQS— de « Ça », j’avais cessé, et Aile aussi, de le lire. Il y avait redite, recette, redondance évidente.
Zapping sans cesse hier à la télé : « Jeanne d’Arc » de Besson…ouais. Le Guy Fournier en « mémo » de télé :ouais !
9-
Vu le portrait (SRC) de l’actrice Paule Baillargeon sur son voisin déchu du Carré Saint-Louis, le cinéaste Claude Jutra. Insatisfaisant mais avec des éclairs brillants ici et là. Souvenir : ce quartier, 8 ans, dès 1978, au 551 rue Cherrier. Proprios étonnants, deux jeunes homos débrouillards, capables, rénovateurs habiles de vieilles maisons. Notre logis formidable. Briques et vieux bois, un jardinet, un solarium…Du bon temps et autour de nous: Langevin, Germain, Miron, Bourgault, Gauvreau, etc. Notre faune ! Pas moyen de stationner. On déménagera en 1986, rue Querbes. Autre village au fond et faune semblable.
Oh ! Louise Cousineau ayant vu notre bref sketch folichon (à Paul Houde et moi) écrit samedi matin : « J’ai hurlé de rire. Une pièce d’anthologie de télévision qu’il faudra nous remontrer ! » Eh bin ! Hâte de revoir l’équipe de « Tous les matins », demain.
On descend en ville donc. Trop de courses urgentes. Adieu beaux nuages partout. On ferme !

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