Le jeudi 3 octobre 2002

1-
Un hier si beau et si chaud…ce matin, ciel bleu à nuages éparpillés, c’est frisquet en yable ! Je reviens du bas de la côte Morin, de chez le tondeur de cheveux (et barbe dans mon cas), Lessard. Passionné de golf, il m’en jase. Je lui dis : « Ah le golf! Ça me tente, on me dit tant que c’est défoulant, reposant, mais j’avais un camarade (J.-C. Rinfret) golfeur emeritus qui m’avait prévenu : « Claude, commence pas ça, je te le dis, ça devient vite une passion. Tu pourras plus t’en passer…etc. » .J’ai suivi son conseil, trouvant si peu de temps pour m,es passions. La lecture. Le cinéma. Et mes petits projets divers.
Monique Miller, avant-hier soir, rue Frontenac, avait choisi de lire d’abord deux textes de mon bouquin « Je vous dis merci », l’un dédié à mon père mort, l’autre à ma mère morte. Je la sentais ému pour papa-mort. Pour ma mère-morte, elle éclate en sanglots ! A du mal à poursuivre sa lecture. Malaise partout. Moi tout bouleversé de la voir si bouleversée. Un moment fort. Pour terminer sur une note plus joyeuse Monique a lu (avec son grand talent qui améliore un texte !) le tout premier chapitre de « Enfant de Villeray » avec le « tit-gars » qui découvre la lune et s’imagine qu’elle vogue dans le noir firmament.
2-
Le cinéaste audacieux Pierre Falardeau, hier, sous le portique de TVA, nous quittions « Dans la mire » : « Tu sais, j’ avais quoi, 15 ans, j’achetais mes « comics-books » américains à une tabagie de mon Saint-Henri et je découvre un jour qu’on y offre la revue de gauche « Parti-Pris » et ton roman « Pleure pas Germaine ». Une découverte qui m’avait marqué ». Il me glisse soudain : « Dis donc, Jasmin, t’es encore plus révolutionnaire que moi, ma foi du bon yeu ! » Pris cela comme un fameux compliment venant de ce dissident enragé.
Envie d’envoyer à ce cinéaste mon « L’Armoire du Pantagruel ». Il aime Rabelais ! Il me semble que Falardeau saurait en tirer un fameux récit filmique. Eh ! Je constate que je n’ai plus de copie. M’adresser vite à Leméac, son éditeur.
3-
Quand je décidais d’offrir mon polar de « fantasy », « La nuit tous les singes sont gris », à Quebecor, j’avais cru à une promotion énorme (journaux, magazines, télé), vu l’immense machine des Péladeau. Mon erreur. L’éditeur Simard (Publicor) m’expliqua, voyant ma déception : « On imagine un empire qui se tient, mais non, chaque branche de l’empire tient à sa liberté. Même qu’il y a méfiance. Et silence. Impossible d’obtenir de la publicité dans une section ou l’autre du « gros jeu de blocs ». Mon « La nuit.. » ne fit donc pas mieux là qu’ailleurs. Les énervés de la « convergence » seront surpris de lire cela ?
J’ai acheté le dernier numéro de la revue « Historia » que mon père estimait fort. Lectures formidables. Article sur le Mussolini fêté avec empressement par le roi d’Italie alors que l’armée aurait pu stopper net la marche sur Rome des fascistes (en chemises noires). Monarque bien con. Et qui regrettera amèrement sa confiance niaise au Duce Benito, dictateur. Article encore plus fascinant sur les capitalistes des USA collaborant volontiers avec les nazis parvenus au pouvoir. Ford, G.M, Shell, ITT, IBM, tous, la main dans la main avec le fou. L’argent à faire. « Business as usual ». Pire encore : après le conflit, ces compagnies ont exigés des millions (du trésor de cocons de payeurs des Étatys-Unis) en réparation. Quoi ? Ils dirent : « nos usines étatsuniennes installées en Allemagne furent bombardés par les USA ! Incroyable mais vrai. C’est à vomir sur ce capitalisme démoniaque. Article étonnant sur cette Suisse, pas si neutre qu’on pense sous Hitler-le-fou. Captivant article sur les assassinats de Présidents, en France.
Bref, un magazine instructif. M’abonner, pensais-je ? Non. Résister. Pas le temps, hélas. J’arrive à peine à lire…ce que j’ai à lire, ici et maintenant. Hélas !
4-
Deux films loués. Un bon et un con. Le con ? Celui de Woody Allen, le pornocrate suborneur de fille adoptive. « Hollywood ending » est un navet. Récit —mal mené— d’un cinéaste déchu qui tourne malgré la cécité subite dont il est victime. Il y a quelques bons « one-line ». J’avais été prévenu mais bon… W.A. a donné jadis de si amusants films. Au début, prologue sur le Canada d’où revient ce triste héros-cinéaste capricieux : « Que de la neige et de la glace. Un pays ennuyeux qui n’inspire absolument rien ». Merci. À la fin, épilogue, son navet (et c’en est un au fictif comme au réel), se fait acclamer à Paris conte toute attente. Lisez, entendez : « les cinéphiles de France sont tous des cons et des abusés ridicules ». Édifiant.
L’autre film : bien fait. Excellente démonstration signée Barbet-Shroeder. Titre : « Meurtre en équation ». On songe au formidable suspense « The rope ». Même thème : des égocentriques dégourdis, forts en sciences et maths, qui se croient au-dessus du monde entier. On songe au « crime gratuit » d’un roman d’André Gide : « poussez un passager hors d’un train en marche, au hasard, n’importe lequel, on ne saura jamais qui a tué ».
« Meurtre en équation » raconte la totale soumission d’un brillant collégien face à un autre « bollé » encore plus machiavélique que lui. Un fils de famille riche et puissante, qui va le séduire « philosophiquement », qui va en faire son complice dans un assassinat « gratuit ». C’est un polar hors du commun. Ces deux grands ados, sans aucune fibre morale, sans humanité aucune, sont joués de façon hallucinante. Je reverrais volontiers ce suspense diabolique.
5-
Vu hier soir —vrai blitz en médias— « le jeune messie » des bourgeois cupides —les détestateurs de la solidarité national— Mario Dumont face à Paul Arcand à TVA. Quoi ? Immense déception ? Non, je le devinais fourbe et calculateur. Si jeune ! Je l’avais vu « patiner et farfiner » chez Miss Dussault à Télé-Québec. C’est un disciple resté fidèle à la manière- Boubou, son ex-mentor. Le gaillard, faux-baveux et, à la fois, empesé, est un danger effroyable. La gauche la moins gauchiste doit vite le dénoncer et partout.
Déjà ratoureux, il refusait carrément de parler vrai, de parler franc avec Arcand, cela sous des dehors de bonhomie, de franchise… frelatée. Ce matin, la Lysiane Gagnon de Power-Gesca-La Presse commente, élogieuse —tout pour nuire aux souverainistes de Landry— cette « fraîcheur rafraîchissante » —mon cul— pour finir par admettre, comme à regret, que ce Dumont est…oui, un simple patineur ! C’est John Charest l’homme de la Power-Gesca! Hélas, les bourgeois cupides le refusent et il reste bien bas en sondages ! Ô Lysiane —défroquée de l’indépendantisme— on devrait changer de peuple, hein ?
6-
La nouvelle série-télé d’Homier-Roy —tournée au vieux cinéma Rialto sans vrai public participant (hélas)— ne lève pas. Après Picard (Luc), Carole Laure —Laure de « Lord », son premier mari, m’expliquait Monique Miller— fit voir un fort tempérament, il faut lui donner ça. Mais… une fois de plus, pas de dossier d’archives, pas d’enfance, pas d’infos sur ses études, sur sa jeunesse, son milieu, ses tout débuts, etc. Fille volontariste, bûcheuse, ambitieuse —comme il se doit en ces carrières— il y a du Monique Miller et de la Sophie Faucher chez cette Carole d’abord mignardisant, se dénudant volontiers, danseuse à gaga, à gogo, chanteuse à voix bien frêle et puis actrice-amateure aux roulements des « r », manière arrière-province. Mais elle captive jouant de sa chevelure rebelle —mieux que Luc Picard— par son entrain et un certain sens de l’humour.
Ce matin, mon vaillant correspondant fidèle, Marleau, me pointe une adresse hypothétique afin que mon album illustré se réalise, un certain Henri Rivard de Contrecœur. Éditeur inconnu ou méconnu ? On ne sait jamais. Je lui écrirai. Est-ce vraiment un riche philanthrope paré à perdre de l’argent ? La grosse millionnaire SOGIDES, via sire Graveline, ne veut pas risquer une maudite cenne noère !
7-
Au Centre culturel Frontenac, mardi soir, deux « rencontres après entretien ». L’une, jeune fille au regard de feu, me veut comme « parrain littéraire » avec le programme de l’UNEQ. Je lui au expliqué : « Fuyez ces niaiseries, genre « atelier d’écriture » de mes deux fesses, etc. Écrivez en solitaire (c’est cela le vrai métier d’écrivaine) et tenez vous loin de tous ces machins-bidons. Cherchez seulement un éditeur qui appréciera vos écrits. Je crois qu’elle a tout compris. L’autre, jeune homme visiblement allumé me donne des poèmes-anarchistes. François Béland rédige des « prières » d’iconoclaste inspiré. Un « Ave maria », un « Credo », un « Pater Noster », provocations bien troussées. Il me semble plein de jus. Il a du talent. Je lui dis, devant m’en aller, de signaler claudejasmin.com… Le fera-t-il?
Messire Lionel Lefebvre me couriellise ses accords : « Oui à l’école séparée, les filles d’un bord et les garçons de l’autre et « oui aussi » aux uniformes…lui qui moque avec raison les « guenilles griffées », chers, avec fond de culotte aux genoux ! Il m’a fait rire. Il juge « Tous les matins » à la SRC un peu trop fourre-tout cependant ! Ah ! N’y peut rien. C’est un magazine. Aile a lu un « Clin d’œil », acheté pour la Marie-Josée à la neuve hanche, et me dira : « un fourre-tout. Ennuyeux ». Je lis « L’Âge d’or » d’octobre (qui va me célébrer en novembre) « fourre-tout » là aussi. Un variété est un variété, une dramatique est une… Un mag-télé…doit être forcément un fourre-tout ? Sais pas.
8-
Au téléphone tantôt : Stéphane T. « On vous invite deux fois, vous venez et lundi qui vient et mardi. Salut ! » Bonne nouvelle ? Y serais-je bientôt « tous les matins » à « Tous les matins » ? Mon Dieu, alors des gages de deux mille tomates par semaine, moi, un pauvre et simple vieux retraité ? Crise d’apoplexie pour tous les G.Tod Slone de ce monde— qui, soit dit en passant, fait des adieux courroucés au « vieux schnock hypocrite » —ses mots. Le talent ? Pouah ! C’est juste que j’ai su enfirouaper ces cons finis de la télé, n’est-ce pas ?, qui sont tous des vendus, des crétins abusés, pas vrai ?
9-
Ici, en Laurentie, il y a trois hebdos « gratuits ». L’un d’eux se nomme « Accès », c’est le plus percutant. On y trouve des « papiers » du prof Lauzon, c’est vous dire ! Frédérique David (sa directrice) y signe un billet hebdomadaiore souvent brillant; et cette fois, c’est une charge valable. Elle s’affirme « snob » puisqu’on taxe de ce sobriquet ceux qui aiment la culture. En effet, une longue vague d’un populisme douteux fait qu’est décriée (décrétée ?) comme « snob » toute personne qui a à coeur de s’instruire, de s’informer, de s’enrichir en fréquentant des institutions qui ont du fond. Bravo à elle !
Le sens des mots : très important. Placarder Harry Kissinger (prix Nobel de la paix en 1973) comme « criminel de guerre » relève de l’inflation verbale niaise. Voir Hitchen et son livre polémique :« Les crimes de M,. Kissinger », Editeur Saint-Simon. Le rôle politique —discutable évidemment— du célèbre conseiller à la Maison blanche l’a conduit à un tas d’erreurs graves mais mettre un Kissinger au même niveau qu’un Pinochet c’est tromper les gens.
L’exagération abusive devient une insignifiance. Ce même Christopher Hitchens, journaliste anglais basé à Washington, a fait bien mieux quand il a loué George Orwell —« 1984 », « La ferme des animaux », etc.— qui fustigeait la gauche britannique de 1940 sombrant dans le défaitisme. Voilà que ce même Hitchens se range du côté « faucon » et appuie le W. Bush ? Stupeur dans la république gauchiste ! Hitchens —allié de Tony Blair— parle de « fascisme islamique » dans la revue de gauche « The nation ». Et vive les esprits libres ?
Regard à ma fenêtre de ma « chambre à écrite » : fin du passage des trains de nuages, ciel tout bleu, malgré le frette automnal… aller lire sur la galerie ? Oui, oui.

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