Le jeudi 10 octobre 2002

1-
Ciel clair ce matin, nuages déchirés, le brossage fougueux d’un peintre naturaliste ! Fringale du journal depuis que j’ai pris conscience (hier) que cela s’achève ? Oui. Sans doute. Miche de Sherbrooke, courriel, me prie de continuer le journal. Chaud au cœur. Elle dit comprendre cependant ma détestation d’une routine, même agréable et fortifiante. A raison. Elle s’imagine à tort que c’es dur de taper d’un seul index :non, facile et je vais plus vite qu’Aile au dactylo, Aile qui fut secrétaire zélée (section « publicité » à la SRC) avant de devenir scripte et ouis réalisateure. À propos d’Aile : hier, la démone : « Mon sacripan, ton annonce de stopper le journal, c’est-y juste pour t’attirer des protestations, te faire flatter l’égo »? La méchante. Plutôt une délicatesse : prévenir ceux qui m’aiment. Juré, craché.
Mon « va chier », fusée honteuse lundi dernier au Paul Houde de T.L.M. qui me lançait effrontément : « Et toi, Claude, tu dois payer, je suppose, pour avoir des photos de paparazi ? » Ça a sorti trop vite. Aile me le reprochait mais en souriant; elle connaît mon goût de la vitupération spontanée. Je dois mieux me contenir, l’ex-petit voyou des ruelles de Villeray.
Coup de fil tantôt : la Francine Ladouceur petitepatriesque vigoureuse me rassure : « Tous vos tableaux sont encadrés chez M. Bambino, je vais chercher tout le stock dès aujourd’hui ». Bien. Je respire. « M. le Président d’honneur, vous ne parlerez que cinq minutes, lundi soir. Bien compris ? Pour inviter l’auditoire de notre concert (de Larochelière et chœur de chant ) à visiter votre expo dans le portique lors de l’intermission ». Bon. Bien. Je lui dis, gaminerie : « Serons-nous 25 ou 50 ? » Elle : « Sachez qu’on a déjà vendu 250 billets ». elle ajoute : « Fort bon votre communiqué aux gazettes mais c’est jour férié, lundi, il n’y aura pas de journaux ! » Merde, j’avais oublié ! Me reste le brave Journal de Montréal qui, lui, fête pas fête, publie !
Marco m’expédie des données : il y a 200 liseurs du journal internetisé.. Bien. Bon. Mon récit « Enfant de Villeray », vendu à 3000 exemplaires, a donc plus de 6000 lecteurs. Et je ne compte pas les emprunteurs des biblios publiques. Différence énorme. Vive le livre alors ?
2-
Comme je suis reconnaissant à mon fils Daniel pour m’avoir (en 1998) forcé à l’initiation ordinatrice. Un fameux cadeau filial. Ce matin encore, plaisir de recevoir cinq messages. De pouvoir, sur un clic, répondre immédiatement. Jacques Lanctôt (ref :« Enfant de Villeray ») me veut à son kiosque —Salon de novembre à Montréal— à lui entre mes heures de kiosque chez « Trois-Pistoles éditions ». J’ai dit :oui. Une reporter de Rimouski (salon en fin d’octobre ) me fixe un rendez-vous : samedi matin. J’ai dit : « Mais oui ». J’ai envoyé un courriel à Franco Nuovo, de la Petite patrie, rue Saint-Denis lui aussi, pour qu’il annonce à son million de lecteurs ce lundi soir, le 14 à Saint-Arsène ». J’ai mis : « Fais-le en souvenir de ton quartier d’enfance ». Vive le I-Mac !
À la télé hier, à Historia, la bio de Harry Truman. Étonnant parcours. Sans scolarité solide, fils de fermier et ex-fermier déchu du « far ouest », Truman fait la guerre de 14-18 et s’y signale en capitaine bien brave. Iil revient à Kansas City en héros national. Il va — chômeur, sa mercerie-chemiserie en faillite— jouer cette carte du héros-soldat, s’acoquinant avec le gros politicard « organisateur » du coin. Devient député « démocrate », puis sénateur. Un jour, du White House, grand capitaine de forces armées, il dira « oui » à la bombe atomique ! On dit maintenant chez les gauchistes, « horribles crimes de guerre ». On dit « horribles massacre de populations civiles ». On dit aussi : « On a fait des calculs précis, la continuation de la guerre conventionnelle aurait tué énormément plus —les deux bombes stoppaient net le conflit— de soldats et japonais et américains. Qui croire ?
Aile surveillent les feuilletons et moi je lis. « L’express, L’Actualité (bon contenu cette fois), l’Historia. Je commence les confessions (signé Martineau, reporter à TQS) de ce Quesnel, délinquant précoce à Québec, un jeune tueur fou, qui deviendra un délateur fameux. Un livre effrayant offert par Albert, le chum de ma quasi-jumelle, Marielle.
Aile me répète : « J’ai bossé durant vingt ans en feuilletons, j’y suis comme… concernée, attachée, fou hen ? » Je peux la comprendre. Malgré, si souvent, ses insatisfactions, elle ne lâche pas la patate-téléroman.
3-
Suggestion d’Aile : « On se fait un lunch et on part au soleil, en vélo, avec nos blousons ». Bonne idée. Oh, hier soir, chez « Les francs-tireurs »,Martineau questionne très franchement des leaders juifs. Bizarre : tous ont « bin de la misère » avec le français ! Les juifs Ashkénazes (majoritaires) n’aiment pas trop nos juifs sépharades hélas (venus de l’Afrique du Nord) qui, eux, causent français impeccablement… et ceci explique cela ? Donc des réponses bafouillantes à la bonne question : « À cause du massacre nazi, plus moyen de critiquer Israël sans passer pour anti-sémites » ?
Dutrisac, son compère, excellent désormais en questionneur ultra-franc. Bons moments forts avec Ménard, ministre des Transports. Débat vain entre la Navarro (« Voir ») et le Ferrand —parlant « parisien » tous les deux. Chicane mondaine —en riant— sur le thème : « les hommes, les pères, devenus inutiles et bafoués depuis le féminisme agressif d’antan.
Souvenir : en août 1988, je signe, j’en ai déjà parlé, un article dans le Journal d’Outremont (papier refusé partout ailleurs) : « Y a-t-il un racisme juif » ? Oh la la ! Un boucan du yable et tous les autres (prudents) journaux (radio et télé aussi ) s’embarqueront alors dans un vaste champ de tir…Jamais on n’aura tant jasé sur ces isolationnistes, ghettoïstes, les « élus » non-intégrables, les Hassidims du lieu. Cela, souvent, sans m’inviter aux débats, moi qui avait parti le bal ! Un bal si délicat que le P.Q, hésitera à me garder comme candidat dans l’ex-ville. Un an, plus tard, le chef Parizeau n’hésitera pourtant pas à condamner (avec raison) tous ces « ethniques » indifférents au destin collectif du 84 % (nous tous ) de la population. À son tour, Parizeau connut l’horreur des langues de bois ! Je rigolais dans le temps !
4-
Ce matin encore, cette connerie signée André Duchesne (La presse) : « Visite royale : reflet des deux solitudes ». Non, non et non !, il y « deux nations » et pas « deux solitudes » Quand va cesser cette lubie de « solitude » quand il y a « ignorance ».
J’entend des innocents qui croient que le vice-premier ministre, Manley, anti-monarchiste, est un allié en oubliant que ce même Manley fut le criard « partionniste » qui souhaitait que l’on découpe le Québec en morceaux détachés si l’indépendance advenait. Mémoire courte de trop des nôtres.
Aux actualités hier : une ouaitresse ontarienne, cancéreuse pulmonaire en phase terminale, va obtenir beaucoup d’argent. Elle a bossé dans un snack-bar —« C’était « bleu » de fumées de cigarettes » dit-elle joliment— très longtemps. Avocat intéressé (à 50 %) et cause gagnée. Oh, tous les restaurateurs vont jeter dehors les fumeurs, ça va pas tarder ! Autre chose : notre « govern’ment » va cracher des millions de notre argent public pour soutenir (on cherchera des investisseurs) Murdochville (moins d’un millier d’ habitants !). Des millions. Ces gens veulent pourtant (référendum tenu) que l’on ferme la ville…et que l’on crache un bö gros trésor en compensation. Je ne sais quoi en penser. Une ville ouvrière s’installe autour d’une grosse industrie. Cette machine-à-salaire finit d’exploiter les entrailles du site et ferme. Catastrophe ! Miserere !
5-
Je lisais hier soir sur les sectes en France. Les disciple de la « québécoise » patente —à domicile fixe ici avec panneau payé par le gouvernement— « raéliste » font face à quatre accusations en France. Subornations et agressions sexuelles sur des mineures ! Bigre, on dirait que secte ou religion catho d’hier, c’est toujours la même obsession : les enfants comme objets sexuels. L’article (de « L’Express ») souligne la complicité bien tacite des parents (raéliens eux-mêmes) des jeunes abusées. Renversant. Un déboussolage total chez ces brûleurs de croix à la KKK, ces zélateurs loufoques aux portes des écoles. Ne « laissons pas venir à eux les petits enfants », leur évangile est un crachat amoral. Bavures inévitables (?) là où la liberté totale (certes) doit régner. À nous de critiquer sans cesse ces désaxés.
Chez Bazzo, ce matin, ça cause parfums ma chère. J’entends : « thé au Jasmin ». Baptisé Théo, on me nommerait « thé au jasmin ». Excusez-la.
Tiens, je vais envoyer à mon Marcogendre —suis un addict— copie ce cocasse communiqué pour lundi le 14.
Je vois des joueurs de tambours à la télé, dans Villeray. Souvenir : c’était comme Hollywood au coin de ma rue parfois. En 1940, la radio (prestigieuse comme la télé en 1960) venait s’installer sur la scène du cinéma du coin, le Château. Du music-hall gratuit ! Il y avait une file jusque devant chez nous. Nous sortions, Gilles et moi, notre cheval-de-catin et zigzaguions entre les gens en longue queue. Quêtage de sous. Cet été, je n’ai pas réussi mon aquarelle sur ce cheval-de-guenille, hélas !
Comme j’aimais tant Montand roucoulant Prévert : « Ils ont des poids / ronds et carrés / des tambours, des cerceaux dorés / l’ours et le singe / animaux sages / quêtent des sous / à leur passage…. »
Bon, partons la mer est belle…la mer d’air sur nos têtes. Allons vélocipéder sur l’ex-chemin de fer. « Il fait chaud », me dit Aile, revenue de courses. Comme en France, Aile achète les victuailles au jour le jour. « Avec es enfants, ce serait différent, je le sais bien », dit-elle.
Bon, cliquer sur : « éteindre ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *