Le vendredi 29 novembre 2002

1-
La belle neige, immaculée conception céleste, partout ce matin ! Ai perdu mon trousseau de clés ! Quand ? Où ? Je fouille partout. Merdre ! Robert Sansfaçon du DEV me fait comprendre que les permanents du canard détestent les pigistes, ces « voleurs d’espaces » que l’on chicane tant. .. Le dit pas aussi clairement. Mais je connais bien la situation. Partout où j’ai sévi (« le gars qui a un papier « libre », à humeurs, sans devoir s’asseoir de jours au journal !) j’ai senti cette…jalousie. Il me dit aussi « pas d’argent ». Je devine bien. Tant pis, le lectorat de l’avenue de Bleury se passera de mes lignes géniales, n’est-ce pas ? Il termine avec un mince espoir… « si jamais, un jour… » Ouen, ouen !
Le Salon du livre de l’Abitibi me veut. J’irai. Je voudrais revoir cette belle et austère province québécoise. L’hebdo « Accès.. » parlera de mon « À coeur de jour », en ai la promesse. Bien. Je ramasse des notes, fait un plan vague pour mon « Exilé, Ernesto ». Le ferais-je ? « Je suis parfois enceinte… » comme dit un topo pour la série « TABLO » annoncant mon passage pour cette semaine à ARTV.
2-
Carole-sommet-bleu n’est pas revenue ici ce matin comme promis, je suis sans « Wordl machin ». Promesse non tenue. La soeur de ma bru bosse comme une négrese (hon !) ces temps-ci. Contrats variés pour cette ordinophile échevelée ! Je lis dans mes deux magazines d’Histoire: j’en apprends. Sur le bouddhisme. Ouash ! Fatras (pseudo-philosophiques) semblable aux religions en titraillements. Les commentateurs expliquant (savamment ?) les premiers gestes du père fondateur. Oh ce Jésus…qui n’a pas écrit, lui, une seule ligne, hors ses barbots dans le sable face à la femme adultère…qu’on allait lapider (salut Nigéria !). Jésus qui ne voulait pas fonder une religion, lui. Le divin Bouddha malmené est exilé (sa pensée, très commentée ) en Indochine, en Chine, au Japon, et …en Californie plus tard, au Québec comme en France, mis à mille sauces.
Lecture aussi sur la Renaissance dans ces magazines de vulgarisation. Bonnes critiques sur des enflammés de cette époque. Lire c’est s’instruure. Sur Napoléon.
Sur tant d’autres sujets, « pas hot », mieux, toujours d’actualité tant la planète est le sujet des gloses le plus diverses. Longs et fascinants articles sur les Protestants, sur Luther et sur Calvin. Je garderai tout cela pour la branche-Barrière, convertie aux baptistes évangéliques, virage dont j’apprcie soivent les bienfaits et qui me donne même parfois la nostalgie d’une église, d’une quoi, d’un lieu de rassemblement commun, de paretage d’une…foi. Je ne serai jamais un vrai mécréant ? Ce projet de roman, justement, me fera plonger dans ce monde: vertu, dévouement total, mission, interrogations sur être ou avoir. Le grand âge venu, ambition de laisser un livre important…un bouquin pour faire réfléchir (moi, le premier). On verra bien.
3-
André Pratte à La Presse est un chien. C’est Alain Dubuc qui le dit. Hier. À McGill. Lisez, verbatin: « À l’intérieur de la page éditoriale (…) l’influence du patron (propriétaire) se manifeste « . ? Clair non ? Relire « Le chien et le loup » de Lafontaine. Sur la liberté mais « avec collier ». Pratte en page éditoriale est un chien. Je suis un loup. Sans espace public populaire pour m’exprimer et influencer. Ah ! Pas de braillage, c’est le sort du loup. Ta gueule et… « il court encore », dit le fabuliste. Je cours. En liberté totale.
Oh le beau et bon film d’une cinéaste douée hier soir au « Pine » en bas de la côte Morin. « Comment j’ai tué mon père », un récit fascinant. Michel Bouquet en père dénaturé y est éblouissant. Aile les larmes aux yeux. Trempes les miens. Effrayante rencontre entre un jeune gérontologue à grand succès, avec clinique florissante et splendide domaine à Versailles, proche de Paris, et ce papa revenant, fantôme. Le père qui, soudain, fuyait ses responsabilités…en ex-colonie africaine. Qui est revenu en France les mains vides, voir ce fils abandonné. Il a été chassé par les émeutiers en chamailles tribales là-bas. Face à face troublant. Des cris à la fin. Quelques répliques consistantes, impitoyables dans ces pitoyables retrouvailles. L’excellent cinéma d’auteure.
4-
Ma Francine, ici hier, avec des potinages fous. Une « échappeuse de noms » (names droper) forcenée ! À l’entendre X, ce pieux preacher (radio de soir, etc) n’est qu’un fumiste, un vil imposteur, amateur d’orgies, de bacchanales « raspoutiennes ». Mythomanie, probablement. J’en connais de ces divulgueurs de « vie privée », ils répandent et agrandissent des légendes urbaines folichonnes. Me méfier chaque fois car il m’est arrivé d’avoir pu vérifier certains bobards ‹sur l’animateur Giguère par exemple avec qui j’ai travaillé longtemps‹ et de constater des inventions absolument niaises. On veut quoi, se montrer intéressant ? L’on craint n’être pas assez captivant soi-même et l’on sombre alors dans le bavardage mondain ‹et diffamateur‹ éhonté.
À la télé hier soir, zappinage, « Trudeau » la suite, RDI, T.Q, « Le septième », un bon docu: sur les « junketts », ces patentes alléchantes payés par les firmes de cinéma riches. Bilets d’avion offerts pour rencontrer une vedette à Los Angeles, par exemple. Les participants se défendent. Bien parfois, bien mal aussi. Une certaine gêne. Isabelle Massé troublée par des questions d’éthique. La jolie Miss Diaz-nez-bouché aussi, il me semblait. Le reporter et critique Daniel Roux, si vieilli, tous, montrés en collabos pas toujours embarrassés. Ce Rioux (souvenir) je l’avais toisé vertement un jour ‹à mon micro de CJMS‹ à propos justement de ces ententes louches. Enragé, il m’avait viré raidement. Seule la vérité blesse ? Le voilà devenu plus prudent si j’en crois sa méfiance actuelle face aux « acheteurs » de chroniqueurs ‹logés, nourris, voyagés gratuitement.
5-
À Historia: le New-York de jadis bien raconté. Le temps de la Crise. Le « new deal » de Roosevelt.Le fameux urbaniste Robert Moose, qui va unifier New-York joignant le Bronx, Queen et Long Island avec ponts et tunnels nouveaux. Des cimenteries s’installent partout. Des jobs enfin pour les mal-pris. 180 millions de dollars (du temps) qui rouleront. Harlem qui éclatera, premiers émeutiers, bien avant les conflits du temps de Kennedy et de L.B. Johnson. Un personnage grouillant, visionnaire, un tribun habile, avec ses audaces, ses visions modernistes: de nouveaux parcs, un « périphérique » sur les berges de l’Hudson enfin nettoyées ‹comme Paris beaucoup plus tard. Le maire La Guardia, méprisant le populo, très jaloux de ce développeur inouï. Des images de ces années ’30 sur films en noir et blanc. L’Expo universelle de 1939 dans Central Park. Pavillons futuristes comme ici, en 1967.
Immense pavillon de G.M. prévoyant (maquettes futuristes en animation ) une cité sans plus aucun piéton, avec plein d’automobiles dans des corridors multiples partout, autoroutes urbaines à dix voies ! Une mégapole sur roues, bien remplie de véhicules: drôle l’égocentrique vision futuriste « sauce véhicules ». Un prêche visuel pour la « paroisse G.M. » La guerre qui surgit dès las fin de 1940, qui stoppera ponts, viaducs, tunnels, métros nouveaux …en construction ou sur plans. Tout ces projets fantasques qui figent ! La ferraille de cette expo ramassée pour l’effort de guerre. Quatre ans d’immobilisme.
Enfin, à TV-5, images toujours troublantes du Nunavik, des gens primitifs tiraillés. 4,000 ans de survivance héroïque ! Je ne me lasse pas de cette imagerie arctique si nue ! Une culture âpre, sommaire, us et coutumes de ces Innuits bouleversés par des Blancs qui montent enseigner…le progrès. Fameux documentaire. Ma foi, sans cette télé des canaux spécialisés, où irais-je donc fureter ? Je lirais.
Rencontré mardi un Guy Provost amoché dans le hall de la SRC. Il sort d’une autre opération. « La cariotide cette fois », me dit-il. Il aura 77 ans bientôt. Il m’a semblé si fragile. Oh oui ! Rencontré un de mes éditeurs, Lanctôt, mardi soir, à La Moulerie. Installé dans un recoin du restau avec une jeune beauté. Froid plutôt, a constaté l’amie Marie-Josée à qui je le présente. Bouderie qui dure depuis mon… envolée chez un rival, Beaulieu ? Sais pas. En tous cas, clairement, pas envie de bavarder avec nous trois. Moi qui avait envie de lui parler d’ « Enfant de Villeray » à éditer en poche…Bon, bon.
6-
Aile effrayée, troublée, et moi itou, quand nous regardons, à Tv-5, (« Envoyé spécial ») un reportage sur l’inceste familial. Une fillette qui doit dénoncer son père. Oh ! les ajustements tatillons à faire en cours d’une telle enquête. La police avec des psys spécialisés. On marche sur des oeufs. La crainte d’enfreindre la loi. Ce père dénaturé, dans une salle « à rencontre fatidique », qu’on va piéger. Bête immonde, à la voix qui s’étouffe face à sa fillette, pas loin, qui enfin le dénonce, on met du « bip » sur les paroles crues énoncées « Tu n’as jamais été un papa », criera-t-elle, « c’est ma mère qui est mon père maintenant ». On la voit s’éloigner dans un couloir, sa petite main dans celle de sa psy. L’incestueux ‹ »elle me provoquait en dansant nue devant moi »‹ tremblant de peur trop tard, aux aguets, il frémit, sachant bien qu’il aura 20 ans de prison au bout de ce chemin tortueux « de faire la preuve ». Une émission fascinante.
7-
Chez Arcand en direct (TVA) : Yvon Deschamps et Lise Dion, franche et naturelle toujours. On cause « argent vite gagné (par millions) quand on vient d’un milieu pauvre ». Formidables aveux de nos deux populaires humoristes alors qu’Aile et moi nous nous attendions à une émission ennuyeuse. Oh non ! Deschamps:  » Des pauvres oui , mais il y avait dans mon coin de Saint-Henri toute la parenté, des cousins et cousines par dizaines donc une sorte de chaleur humaine. Le clan ». Il dit aussi: »C’est curieux, ma belle maison à Westmount se trouve juste en vis à vis avec ma petite rue d’en bas du Mont-Royal. Juste en ligne droite  » ! Il dira encore: « il y avait pire que nous, la vraie misère, une famille voisine habitant dans un garage, un hangar quoi ». « Je suis un vieux millionnaire de gauche » car il avoue ne jamais arriver à se vivre en riche. a fait une crise. Ne sachant plus qui il est. S’achetant une moto, jouant à être « autre chose », N’arrivant pas à s’adapter à sa richesse nouvelle.
Lise Dion est de même farine, parle de sa mère en pavure et toujours fatiguée « femme de ménage ». Sa honte. À l’épicerie, au comptoir, devoir soudainement éloigner des ingrédients trop chers. Parle aussi de « pire: « J’ allais porter des biscuits de ma mère à des miséreux du quartier ». Humiliée à son tour: elle fut mère monoparentale, deux enfants à élever, pauvre serveuse de café. La reproduction fatale ? Non. Destin ? Son soudain succès « à faire rire ». Phénoménal. L’argent à flots. Oui, on se trompait: un trente minutes trop court, extrêmement captivant.
8-
Après le lunch tantôt, suis sorti. À quatre pattes dans la neige ‹qui tombe toujours abondante‹ sonder les abords des trottoirs de bois. Espoir farouche de retrouver mon trousseau de clés. Aile se creuse les méninges: savoir quand, exactement, ces clés disparurent. Où ? Je cherche, je récapitule les moments des deux derniers jours. On fait toujours ça, non ? Puis: plus du tout certain de rien, c’est classique. Avais-je mes clés quand on a quitté le studio du Chemin Bates jeudi midi ? Ah ! Suis-je allé aux journaux hier matin avec mes clés ou celles d’Aile ? Ah ! À l’école hôtelière avant-hier… Ouash ! Casse-tête. Sais plus trop. Enfer ! C’est rien les attentats d’hier au Kenya… Fou non ? On perd ses clés (ses cartes de crédit, ceci ou cela) et nous voilà à l’envers. Comme si on nous avait trouvé un cancer ! Ridicules petits bourgeois occidentaux. Des clés, ça se refait. Les « amputés de guerre » me les enverront par la poste, non ? Je veux me calmer.

Le jeudi 28 novembre 2002

1-
Ouf et re-ouf ! De retour à ma machine. La Carole-sommet-bleu, après « le nettoyage » de mon fils dimanche dernier, sort (épuisée) de remettre en ordre l’ordi. Mon calepin déborde de notes. Soleil ce jour d’hier quand le triomphe « Alouette-foot » défilait dans la rue Ste-.Cat. Delphis et sa Francine-vendeuse-d’aquarelles sortent d’ici pour retourner à leur lac proche de Lachute. Mon aquarelle du Jésus saignant, « pas vendable » dixit F., m’est revenue. Je la garderai en souvenir de cet été 2002 à barbouiller pour « La Maisonnette » de Soeur Gagnon.
Téléphone hier, Chemin Bates, l’ex-reporter et puis relationniste, Marcel Brouillard:  » Claude ? J’ai lu ton « À coeur de jour ». Oh ! Premier écho. Pis Marcel ?  » Tu es comme un frère tant j’étais d’accord avec toutes tes opinions. Un frère ! » Content de constater qu’un tel journal sert à cela aussi: confronter (ou non) ses humeurs, ses sentiments, ses émotions et les polémiques… avec un autre, celui qui les publie.  » Moi je pourrais pas faire ça, je saurais pas… Ça m’a fait du bien de trouver toute cette concordance, Claude ».
2-
Mon Marcogendre au téléphone, je lui parle du maudit charivari de mon ordi et il persifle: « Ah , c’est ça le i-mac  » ! Oh lui ! Vu hier un docu sur le navigateur-courseur Rouch, « Perdu en mer ». Toujours étonné de voir des hommes, mûrs, risquer tant pour ces courses de voiliers. Risquer la mort ! Sportifs inimaginables pour le sédentaire bonhomme que je suis. J’achève le brûlot « Larose n’est pas… » Deux textes (vers la fin de ce mince bouquin) de Jean-Claude Germain m’épatent. Un ex-dramaturge qui sait fesser ‹sur la peur de s’affirmer‹ et avec brio, politiquement fort bien armé. Chapeau !

Sheil-drapeau-Cops verse de l’argent public via Patrimoine-Canada à des éditeurs qui ont imprimé ces livres (très illustrés) subventionnés en Chine. Ou aux USA. Ça gueule en Chambre des..communes ! À Ottawa Doris Boivin, tête de fouine bureaucratisée, rétorque: « Quoi ? Pourvu que ça soit de succès » ! À Québec (Sodec), Louis Dubé, tête de fouine aussi, se défend: « Pourvu que ces livres fonctionnent bien en librairies ». Non mais…
Dans notre cour arrière, le chantier évolue, Chemin Bates. Très puissant portrait des travaux modernes. Impressionnantes structures, Aile et moi regrettons de n’avoir pas pris des photos de ce work in progress. On ditrat d’énormes sculptures éphémères de Christo. L’enveloppement (toiles de plastique opaques) de ces murets, de ces fondations de béton, fait un paysage troublant. Le soir, c’est encore impressionnant quand nous rentrons (de La Moulerie hier) : silhouettes inquiétantes, écorchements austères dans la nature éventrée, éclairage de sécurité avec ombres des arêtes de fer, graphisme violent de tiges d’acier agressives, ce building en élévation constante. « Et plus de soleil le matin quand ce sera tout dressé », se plaint Aile ! Eh !
Dans Hochelaga on se plaint du déménagement d’une structure riopellienne oubliée, abandonnée, mise dans un recoin anonyme derrière le Stade O., que l’on déménage au centre-ville. J’aurais voulu voir cet ouvrage, je n’ai vu que des photos. Pas bien certain d’un bon et solide Riopelle. Bof, on va y paquer des jardinets, du feu permanent, de jolies fontaines, ça devrait bien paraître. Maquillage ? Suis allé, mardi, chercher mon oreillette neuve rue Fleury. 2,300 $ Aïe ! Là, je vais vous entendre 10 sur 10 ! La jeune prothésiste: « Oui, il fallu la refaire, ils (ce « ils ») avaient coulé trop de plastique dans le moule fait ici de votre creux d’oreille… » Hum…Ouen, ouen !
3-
Après ma chère bavette saignante aux oignons de La Moulerie, appel chez ma fille:  » Écoute, pour Noël, au lieu de cette déchiqueteuse offerte …Aile et moi n’avons que deux vieilles serviettes de plage, usées à la trame, alors.. Éliane:  » Ouin, à ce temps-ci de l’année… bon, je vais chercher papa  » ! Appel de mon « ex » « Leméac éditeur » hier midi: « Un éditeur anglo de manuels scolaires, à Toronto, veut un extrait de votre roman « Le loup de Brunswick city », on peut lui dire « oui » ? J’en profite: » Si vous pouviez me dénicher un éditeur à Toronto, j’ai une bonne traduction en anglais de ce « Loup ». Elle: « Ah oui ? On a des contacts là-bas. Je vais voir. Je vous reviens ». Le compagnon de Carole-Sommet-Bleu a fait ce travail, Paul Paltakis. Il va être content.
Téléphone tantôt de la Marie-Tous-Les-Matins:  » Notez bien cela m’sieu du Jasmin: trois topos à préparer pour enregistrer d’avance. Les 6 ( mes bonbons en ménagerie), 13 (un conte de Noël avec enfants en studio et 17, ( un party des fêtes). C’est bien noté. Elle ajoute: « Pour mardi prochain, table ronde avec deux actrices grands-mères: discussion sur ce que « peut » et « doit » faire une mamie. Ou un papi. D’accord » ? Je suis d’accord.
4-
Mercredi visite impromptue au chalet de deux voisins, Jean–Paul et Maurice. Ils viennent nous sonder: pour ou contre la fermeture, la vente, du Parc Grignon, en bas sur la 117. Moi…je balance. Avec l’argent la municipalité va installer un parc tout neuf ‹à l’emplacement de l’ex-hôtel Montclair, j’en ai parlé‹ en haut de la côte Morin. Jean-Paul:  » En bas, c’est plein de jeunes poucheurs de drogues « . Aile:  » Pis ? Quoi, ils vont montrer en haut, c’est tout « . Je grimpe à ma salle à clavier, après tout c’est Aile la proprio du domaine ici, non ? Aile est ‘ »contre » l’installation du gros marché Métro dans ce parc vendu: « Déjà cette 117 est bloquée sans cesse, non  » ? Ça grogne chez les deux mâles. Je rigole. Débat en bas.
Tremblay ne pîpé pas un seul mot. On va faire un film en anglais de ses fameuses « belle soeurs » mais ce sera dans un tout autre monde., À Stéphanie Bérubé Michel a parlé de ma « Germaine » qui est allé pleuré en France et en Espagne. « Ça a donné de très bons résultats « , dit-il. Il a raison. Il sait les changements. Il s’en fiche., Il veut voir son histoire traverser les paramètres du Plateau pauvre des années 50. Il faut bien. En effet, on va bien voir…à la condition qu’on ne démantibule pas complètement son oeuvre tout de même. C’est à suive, à voir.
5-
Nat Pétro, une envie subite ?, refait surgir l’horrible drame familial d’un fils de juge, d’un petit-fils de pionnier valeureux: Alain Montpetit, frère de l’animatrice Francine Montpetit, ex-épouse de Gérard Poirier. Ce Alain se tuait, drogues ! Il est enfin accusé ‹on vient de refermer le dossier à la police new-yorkaise, une fille-témoin a fini par avouer qu’elle avait menti pour protéger ce Alain‹ du meurtre d’une jolie mannequin québécoise à New-York, il y a très longtemps. C’est une histoire qui illustre bien d’ex-colonisés, de ce pitoyable petit monde des « jeunes aspirants candides à la gloire ». D’une grande tristesse. Combien sont-ils, Québécois rêveurs, en ce moment même, à espérer la célébrité, talents mal taillés qui attendent dans des appartements minables que Dieu-Manhattan ouvre ses grands bras dodus ? Plusieurs sans doute qui se joignent à tous ces « chercheurs de carrière » venus des quatre horizons des États-Unis. Une armée de floués…peu d’élus. Si peu.
Dimanche la « une » à Joyce Carol Oates (USA) , par Nat Connard, dans La Presse quand viennent de paraître des dizaines de nouveaux romans ici depuis le Salon du livre et avant. Mépris. Le racisme inverti se poursuit ! Miss Oates cherche ses racines (Hon !) dans ce « I’ll take you there », Collard écrit: « les critiques (là-bas) sont loin d’être dithyrambiques… » Quoi ? C’est assez bon pour la « une » du cahier-livres au Québec, c’est ça ?
Dany Laferrière, nouveau chroniqueur en cahier- spectacles (?) (La Presse) déménage à Montréal. « La vie dans un camion « , dit-il. Oui, un « truck » qui n’arrive pas vite, il attend… sa vie miamienne (Fla) tassée dans une boîte montée sur quatre roues. Même canard, Céline Tessier (de Trois-Rivières) :  » Nous sommes ce que le regard des autres fait de nous « . Elle dit aussi que les mots tuent (sartrienne ?). Vrai et faux à la fois. Personne n’est obligé de rester sous une lumière défavorable, désavantageuse. Ni sous la pluie des mots blessants. Il faut rompre parfois. S’éloigner de ce regard humiliant d’un autre… qui nous rapetisse. Je l’ai fait souvent. Cette Céline trifluvienne recommande « la tolérance », moi, je recommande « la fuite » alors et vite hein !Ceux qui restent là, écrasés, sont des masochistes.
6-
C’est Louise Beaudoin qui a raison. Elle n’éprouve aucune surprise et n’est point scandalisée face à ce Canada « english only » , partout même en stade de foot. Faire la même chose: cesser les Ô CANADA en anglais au Québec. Il y a deux nations, c’est tout. Il faut être des cons ‹comme Trudeau‹ pour s’imaginer bilinguiser tout un continent, allons. Ceux qui grimpèrent aux rideaux dans le « west country » sont de pathétiques rêveurs. À propos de PET, bien faite la série sur lui à la CiBiCi. Bien menée. Fameux talent. Chapeau.
Mémère Simone Cousteau, vraie dirigeante du fameux « Calypso », l’océanographe célèbre, regretterait à présent la négligence de sa famille. Trop tard ! « Les intouchables » publie un livre sur cette « Âme de la Calypso » et Robert Laplante raconte la grand-mère racontée. « Elle regrette d’avoir sacrifié sa famille au profit de sa passion  » Eh ! Grandie au Japon, ancrée maintenant à Monaco, la mémée pleure. Bien content de n’avoir pas vécu une telle passion au détriment des miens. Tant pis, la passion finit en remords, on le sait trop. On pourrait nommer des noms fameux installés sur des ruines lamentables qui ravagent « les fieffés passionnés » devenus vieux.
Une jeune chanteuse, haïtienne adoptée ici, ne voulait rien savoir de ses origines. Bizarre ? Non. Il y en a. Malaise curieux. Préférer ne rien savoir. Mélanie Renaud, bien jolie, talentueuse (vue au Grand blond et au Gala-Sdic), parle volontiers de religion, a même une médaille de Saint-Joseph (offerte par une amie). Porte bonheur, fétiche, paganisme ?, nous serions surpris de savoir chez tant d’artistes de variétés de ces croyances candides. Longtemps scénographe de télé dans ce milieu, j’ai pu obtenir des confidences ‹sur le sujet‹ fort étonnantes. Elle a refusé carrément l’idée d’un prêtre en ombre persistante dans un clip-vidéo « car il y jouait un rôle ambigu. Eh b’en voilà ce que c’est que d’avoir du caractère. Bravo !
Le vieux Faust voulait rajeunir, on le sait, et signait un pacte avec le diable.
Anna Prucnal, actrice et chanteuse, dit qu’elle a toujours 12 ans ! Pouvoir stopper le temps, songe-t-elle. Eh !
Le temps ne me fait plus peur. Jeune, j’ai oublié d’y penser. Devenu vieux, je fais face à l’échéance. Et…en attendant… je descend pour la bouffe du soir. Oh vie suspend…tout ce que tu voudras !

Le lundi 25 novembre 2002

1-
Ah, bonhomme Galarneau revenu dans notre ciel enfin !Éclairage tonifiant. Ça réjouit le cœur (les yeux d’abord). Je vins de quitter une radio (par téléphone) de Québec. Question avec vox-pop : « Falardeau et les Patriotes, une fête en février (la pendaison de Delorimier), pour ou contre. J’ai voté « contre ». Ai expliqué pourquoi. Sinistre de fêter une pendaison, non ? Me range avec Bernard Landry pour fêter « les Patriotes », Delorimier compris) en mai ( durant le si beau printemps québécois), jour consacré à Dollar des Ormeaux. Qu’il se tasse un peu de sur son pavois le commerçant de fourrures. Le sondage-maison, dit l’animateur Tétreault, donnait un peu « en avance » mon choix de congé national.
Ce matin, Sainte-Adèle dans les gazettes de la métropole. Le maire Cardinal en faveur de vendre le parc du bas de la côte (Morin) pour le réinstaller en haut de la côte. Là où existait l’hôtel « Mont Clair » (et le très populaire dancing « Red Room », très fréquenté par tous les skieurs modestes jadis). De opposants luttent fermement pour empêcher de déménagement. Aile : « Quand je pense que le marché Métro (quittant le centre commercial) s’installera là en bas, cohue augmentée de véhicules sur le boulevard déjà encombré ». Mo ? Je serais pour deux parcs, un en bas (mieux aménagé encore ) et un autre en haut. Y aura jamais assez d’espaces verts dans notre gros village, aux allures de « petite ville » dorénavant. Évidemment , les marchands des alentours aimeraient l’achalandage d’u gros marché (Métro-Chèvrefils) en voisin de leurs modestes boutques. Encore une affaire fleurant les odeurs de « chambre de commerce », je le crains.
Téléphone encore ! Marie-Claude (de Tous les matins). « Ave cette affaire « pénis-Pierre Lalonde, on abandonne notre idée de débattre avec vous, en table ronde, « sexualité chez les jeunes qui ne quittent plus la maison des parents ». Bon. « Oui, accepteriez-vous, demain, de polémiquer sur : « l’actuelle consommation compulsive versus la simplicité volontaire » ? Bien.
2-
Deux rêves samedi : un, bord de mer, ma fille y est, des gravats partout (encore ça ?), y a eu effrayant raz de marée récent, paysage bousculé, tout (à Ogunquit ?) est sans dessus dessous, désolation ambiante, groupe de furieux nous menace, masqués, je reconnais les acteurs Messier, Meunier (?), la peur, Éliane tremble, des « guidounes » grimées se pavanent derrière ces trublions (lecture du Poulin hier ?), on ne sait trop par où les fuir. Je me réveille.,
Deux : une turbulente école de commerce, HEC ?, brillants orateurs à une tribune, débats orageux, y suis-je prof ou étudiant ?, c’est flou. On finit par me sommer de trancher sur une question qui ne m’est pas familière, que je ne sais pas, on m’empoigne pour me hisser sur la tribune des orateurs, mon embarras extrême, je veux me sauver. Je me réveille.
L’épouse de mon neveu musicien (fils de Marcelle, ma sœur) Gilles (Delorme) chante. Depuis longtemps. Galas modestes, mariages, etc. Je l’ai entendue souvent, dernièrement à une fête italienne. J’avais voulu la présenter dans une émission (« Star d’un soir »), hélas, ça n’avait pas fonctionné. Cadeau d’une cassette. J’écoute. Plusieurs fois. Amateur de chansons italiennes, je la trouve extra. Alors, je me questionne : combien de talents de cette sorte tentent de sortir de l’anonymat ? Des centaines, des milliers sans doute. Rien à faire ? Les bureaux de tous les producteurs encombrés sans doute de ces aspirants « à plusse de lumière »? Sans doute !
3-
Lalonde quittant une émission « en direct » : souvenir. Réal Giguère a invité Moreau le jovialiste farfelu. J’y suis. Le Dédé philosophe déclare que la Bible n’est que pornographie. Je sursaute. Je le somme de répéter son assertion. Il le fait, en rajoute, hilare. Je me lève et je quitte le studio. J’avais reçu une tonne de messages d’encouragement, de félicitations. Ce matin, Boisvert et Nat Pétro (La Presse) commentent le geste de Lalonde. Nathalie pour le moquer, attaquer « les vieux » puritains. « Tous ces « vieux » vivent hors réalité actuelle », dit-elle !
Oh là ! Yves Boisvert, lui, explique que tout ce vaste public félicitant Lalonde, (le « pénis à rallonge » de Martineau, commenté les laisse froid) admire avant-tout le fait d’oser faire se rompre le ronron prévu —intimidation environnementale d’un studio— d’invités. Je crois qu’il a raison. Autre souvenir, à « Altitude 755 », à TVA, je me fâche tout rouge contre Dodo qui tente de me faire taire à propos d’un film que je critique vertement. Encore là, paquet de félicitations, éloges dans Le Devoir. On aimait voir un invité « sans gloriole » remettre à sa place une « star » populaire ! Contentement par transfert.
4-
Avons vu, hier soir à ARTV un texte de feu Robert Gravel : « Durocher le milliardaire », déjà vu à sa création rue Fullum. Une rigolade. Le crésus —muni d’une fille nymphomane et d’un fils inverti sexuel harceleur— fort bien incarné par Jacques L’Heureux, répétait que « l’argent seulement fait le bonheur ». Ce prêche à de pauvres artistes de cinéma venus lui quémander une subvention. À la fin, Aile : » Le message de Gravel, c’est quoi au juste ? » Elle rigole. Je dis : « J’sais pas hein ? Absurde. Beckett, Adamov, Ionesco ? Gravel, avant de mourir, a pondu deux autres pièces de cette eau mystifiante dont « Il n’y a plus rien », une charge d’une noirceur absolue. Il y avait donc chez ce dynamique inventeur des « Impros », un ton nihiliste troublant; cet apparent joyeux troubadour, avaleur compulsif de bonnes bières, un fond de désespérance quasi insupportable. Mystère d’une vie.
Vu aussi hier soir un Paul Houde en humoriste à nu, voulant montrer de la profondeur ave une Denise Bombardier jouant, elle, la poupoune fardée, faisant du charme, éclaboussée de lumières flatteuses…Ouengne ! Ça sonnait faux des deux côtés du divan de Denise. Houde —brillant ironiste et imitateur— pas du tout naturel et ne répondant pas vraiment aux questions. Mon tour —« Parlez-moi des femmes »— s’en vient (ruban enregistré cet été) et on verra qu’avec moi, la Bombardier n’a pas joué ce rôle de ratoureuse énamourée. J’aimais mieux.
5-
Ce matin, j’ai ri. Je me lève le premier (c’est rare), je veux éviter le bain mousseux tout coulé pour moi, et, sur la pointe des pieds, je vais me débarbouiller et songe à cet œuf du matin (rare). Soudain, bang !, nez et pied dans la porte, elle est là : « Oublie pas de prendre ton bain, demain ton studio et ton départ à toute épouvante, je te guette mon sacripant » ! Oh, me dis-je, que les enfants d’Aile auraient souffert : une maman épieuse, surveillante, un œil de lynx, une oreille de…Bon. J’ai pris une douche en vitesse.
Bazzo ce matin avec le pianiste émérite Alain Lefebvre : causerie de jet set avec choix de parfums ruineux et colifichets luxueux. Un couple de mondains raffinés. Ouash ! Superficialité qui me désole toujours.
Hier, mon Daniel ici : « Je viens remettre ton ordi comme à neuf, pops, j’en ai pour des heures »! Le gentil fiston. Fier de lui. Ce ne fut pas facile. Voilà qu’il appelle à son secours sa belle-sœur Carole du Sommet Bleu. Je monte voir le duo pitonneur. Oh la la !Ça farfouille dans les icônes ! Problème pour connecter mon imprimante. Sortie du « ivre », des dossiers. Cassette de base insérée dans la fente. Du Chinois pour moi. La soirée à suer à l’étage, les pauvres. À la fin, tard, ils s’en vont, satisfaits. Mille mercis pour le nettoyage !
6-
Buissonneau me disait : « Merde, quand je reviens à Paris, ils disent tous que je suis devenu un vrai canayen, me reconnaissent plus ! Et, ici, je reste un « maudit français ! » Hier soir , docu de télé, des Égypto-québécoises, même rengaine. En Égypte, elles ne sont plus reconnues en vraies égyptiennes ! Ça les enrage. Quoi, l’intégration nécesairee fait cela et c’est inévitable. Oui mais elles diraient : « ici, on passe toujours pour des Égyptiennes ». Eh… Il faut attendre combien de générations, exilés de tous les pays ? Part m’installer ailleurs dans le vaste monde, resterais-je longtemps le « canayen » du lieu ? »
À Canal D : docu sur « machine-gun Kelly », un « wanted live ou dead », aux USA. Ale : »Oui, j’entendais parler de ce type, jeune ». Moi : »ton père sans doute… » Aile : « Oh non, papas ne nous parlait jamais de ce actualités, passées ou récentes, il ne parlait que d’affaires. Et de la bourse où il jouait…et perdait ». Mon père ultramontain : « La bourse, mes petits enfants, c’est un vice, c’est un mal ». Deux pères !
Chez Charrette-du-dimanche :Véronique Cloutier. Images alors en noir (Christiane) et blond (Cloutier). Elle : naturelle intact. Fait plaisir à entendre. Franche, lucide sur son image. Chapleau caricature sa propre image. Bonne santé. Le Saïa, devenu cinéaste (« Les dangereux ») en « ploggueur » timide. Un nouvel humoriste déboule en mots cocasses. Succès durable ? On verra. Dominic Champagne , éreinté raidement par La Presse (« pas de texte dans son show théâtral »), ce matin là, fait face avec son « Vacarmes… » en cours rue Fullum.
7-
Chez Ardisson à Tv-5 : Guy Bedos se laisse fêter. Soudain, algarade, une envoyée des victimes du drame de Toulouse. L’explosion funeste. « Total » qui refuse de payer pour les victimes. Le scandale :un ministre (Borloo) accouru tente de calmer tout le monde. Promesses de réparations. on voit pas ça aux USA, un show de variétés qui vire à la discussion sociale enflammée ! Cher France ! Bedos : « la charité privée, en ai marre. L’État doit régler ces choses. Assez des artistes et des campagnes de charité ponctuelles en cataplasmes ». Bravo ! Il a raison. On y a vu le chanteur Higelin comme une vieille femme dépravée. Bizarre vision. Il bafouille son accord avec la révolte de Toulouse. Malaise en studio. Un revenant cocasse ! Oui, cher France !
À Historia, samedi : « Munich ». Les amants du pacifisme à n’importe quel prix ! Les nazis subventionnent volontiers ces pieux nobles chevaliers innocents « pour la paix ». Tu parles ! Le Chamberlain de Londres (comme Daladier en France) voulant rassurer face à un dictateur fou, Hitler, agressif, gourmand. L’erreur historique. Bon docu sur ce funeste « temporisateur » aveugle. Churchill se lèvera. Pétain se couchera. Que j’aime ces bons « mémos » à Historia. Je ne m’en lasse pas.
Avons beaucoup apprécié (« Thema » à Artv) le « Ruy Blas » de Hugo, ave Depardieu, à ARTV. Acteur toujours si efficace, si surdoué, ce G.D. Bonne histoire sur un manant tombé amoureux de la Reine d’Espagne (Carole Bousquet, froide et fraîche). Drame parfait ! Savoir hélas que tant de monde reste collé aux canaux génériques ordinaires et ratent de si bons morceaux. Triste !
Visite de deux voisins « pour » le parc à abolir en bas… Aile sort ses arguments. Je balance. « Faut un vrai centre-ville ici », dit Jodoin. Maurice approuve. Et moi… Ben.. je sais plus !
Bon, s’en aller pour T.L .M. demain, et revenir ici mercredi en après-midi. Journal jeudi donc. Devoir noter ceci et cela. Allons-y…
Aile s’impatiente.

Le samedi 23 novembre 2002

1-
Ça continue : ciel gris qui illustre « le mois des morts » de notre enfance.
Je repense au chanteur Lalonde quitant le studio. Les gazettes publient ce matin l’unanimité, les accords du public suite à son départ soudain. Aurait-il pu rester assis et entamer une vive critique sur « les pénis à rallonge » du Martineau ? Non ? Pas équipé intellectuellement pour débatte, s’opposer à cette télé publique dévergondée ? Gentleman, préférer fuir ? Ah si j’avis été là. Pas de censure, d’accord, pas de tabou, bien, mais mon Martineau à voix de fausset m’aurait vu le fustiger et raidement.
Avec cette idée de roman d’un jeune missionnaire exilé dans un monde primotif, besoin de rédiger sur la spiritualirté. Il me taraude depuis longtemps ce besoin. Donner un grand coup de pied dans le matérialisme ambiant quoi. J’ai pris des notes sur ce « Esnesto, l’exilé ». Si je m’y plonge, il sera composé très rapidement, je le sens. 125 pages ? J’ai « mélisé » à Jacob : « mettre notre album illustré sous le boisseau et publier d’abord ce roman… à venir. En février ? » Sa surprise à mon Beauceron !
J’ai « pitché » aussi un mél chez Victor-éditeur d’ « À cœur de jour » : pas une seule ligne d’annonce ce matin dans le Dev. Rien ? J’en ai marre…de ce silence. « Mélisé » (mél pour message é-lectronique) aussi au Devoir : « silence toujours, a) offre de chroniquer, b) offre d’un texte sur Cailloux mort, c) mon article sur les Temples de Cochin. Oui, en ai marre des silences. Combien de candides croient qu’avec de la notoriété, partout, on va vous répondre rapidement. Oh non ! Illusion.
2-
Titre du bon roman de Jacques Poulin que j’ai continué à lire avec plaisir au lit, hier soir : « Les yeux bleus de Misstassini ». Prénom de sa soeur adorée. Influence de Réjean Ducharme ?
Plein de jeunes créateurs avec de bons textes qui attendent… quand on décide de re-re-remonter « Séraphin ». J’y songeais tantôt. Pourquoi du vieux ? Succès facile, utiliser un gros mythe déjà bien installé dans la mémoire collective. Plamondon après le courageux neuf « Starmania », grugeant Victor Hugo et puis un conte de Perrault ( Le fôlatreur Infoman hier soir : « Cindy » vu à Paris, c’est nul » !). Ramener l’avare ultr-connu doc ? Paresse ? Crainte d’essayer du nouveau ? Sécurité obligée ? Une « culture » vivante ne fait pas cette démarche. Mais une « industrie », ah !
Oui.
Plus grave :on ramasse du solide, de l’éprouvé, mais c’est pour le transformer. Grignon doit se retourner dans sa tombe, pas loin d’ici. Binamé et son scribe change cavalièrement la donne du bref roman. Mensonges, trahison de l’auteur. Bof ! Claire, fille adoptive de G., laissait faire ce tripotage de l’histoire originale ? « Permette que l’on parle encore de mon père ou bien refuser cette métamorphose de son ouvrage » ! Hum…
En 2055, pourrait-on bousculer un de mes romans ainsi ? Le droit moral ? Mes enfants veilleraient au grain ? Héritage béni, gros sous, alléchage ? Je me pose des questions.
Ne pas confondre transexuel (avec chirurgie) et transgenre ! Gazette du jour : un type du type « transgenre » reste un hétéro (!), il ne veut que s’habiller en femme de temps en temps ! Le monde, mon cher ! Et le travesti, ce serait quoi ? Le showman, la « folle » dans un club du Village Homo ? On s’y perd non ?
3-
Un gourou visionnaire jase : sur la planète, il n’y aura que trois (ou quatre) grands vastes « centres commerciaux » vraiment prospères dans l’avenir. Selon la masse des populations consommatrices ? Oui. 1) En tête : la Chine, c’est parti (l’Inde suivra, sa voisine du sud), 2- Au second rang : la vaste Russie (et ses alliés-provinces), 3- Ah ! Les USA (et ses provinces alliées du Sud). Au troisième rang. Faut-il ajouter l’Europe unifiée ? Pas sûr. Trop de querelles, de résistances. Peut-être, dit ce nostradamus surdécoré de diplômes en économie. Tant pis pour les petits pays ? Adieu les recoins de la scandinavie, la fière Finlande. Le Québec : il sera amalgamé avec USA, c’est bien parti avec le pacte de l’Aléna. Le nivellement, l’identité particulière des nations pas trop populeuses ? Il dit : « Une notion agonisante en 2030 » ! On verra ça hein ? Pas moi. Je serai couché, avec Aile, dans la terre à Sain-Laurent ou avec « les artistes » à Côte-des-Neiges.
Seulement, au Mexique, aujourd’hui, 60 millions (oui, oui, millions) de jeunes instruits —quotidiens de samedi— veulent une pleine participation au monde moderne qui s’installe. Ici, où la natalité décline davantage que n’importe où au monde, nos jeunes instruits feront quoi? Défense d’émigrer au Mexique, ça c’est sûr.
4-
Page-une-cahier-culture du Devoir : alors que des tas ( paquet immense ) de neufs bouquins québécois surgissaient au Salon de la Place Bonaventure, on donne l’espace, en « une », à un Parisien et à des esquimauderies exotiques. Le racisme inverti ? Oui, toujours !
Hier, chez mon quincaillier, rencontre d’une ex-élève de l’Institut des arts appliqués. Elle se présente : « J’étais à vos cours en 1964-1965 ». Je dis : « J’étais comment comme prof ? » Réponse de la céramiste (son four sera vendu) : « Ben, j’sais pas, moyen ». L’ingrate, moi qui m’imaginais volontiers avoir été un prof unique. Je sors le caquet bas. C’est bon pour la santé mentale.
Hier soir, la sœur de ma bru, Carole du Sommet Bleu, au téléphone : « On vous invite pour souper à Noël, votre fils y sera ». Peux pas, nous serons à Duvernay, chez le Pierrot, frère de Aile. « Mais, Carole, j’ai perdu mon dico sur mon I-Mac, si…». Aussitôt : « J’irai demain » ! Bizarres ondes, deux minutes plus tard, Daniel sonne : « Dimanche, sois là, je monte pour te « nettoyer » à fond ton ordi, p’pa » !
5-
Les actualités télévisées : en prison le fou de la java diabolique à Bali, 35 ans, Iman Sandra, de Java, (!), coffré ! Émeutes ailleurs, une pancarte, zoom, on lit : « NO CHARIA, WE WANT JESUS ». Nigéria en chamailles. Les belles pour « Miss Monde » partent chercher de rubans à Londres. Des tués dans les rues. Mahomnet n’aime pas les belles filles aux courbes avantageuses. Israël : explosion encore, tuerie d’écoliers innocents dans un bus, un activiste du Hamas. Aile s’écroule, découragée, se lamente, trop sensible. Je vais lui interdire ces horreurs ! « C’est si révoltant » ! Oui, mon amour ! Quoi dire, qui faire. Bonnes nouvelles, pas de nouvelles. Plein de lieux dans le monde où, hier, il ne passait rien de dramatique. Silence sur la paix. Silence sur le bonheur. Le téléjournal :poison vif !
M. Rousseau (PDG nouveau de la Caisse de dépots) s’installera bientôt dans un beau château (chantez) ma tant-ti, relo, relo… ma tan-ti, reli, relire ! Au lieu de cent mille, ce sera 300 mille piastres : notre argent public ! Cher le verre ? Scandalisés, des gens protestent. Folie furieuse ! Un édifice tout vitré en face du bien (remis à) neuf beau Palais des Congrès, verrières partout là aussi. Aile éclate de rire entendant Yves Michaud disant : « Écoeurant ! Il faut plus de… transparence ». Ses rires. Et moi itou.
6-
Zapping frénétique hier entre une Monique Mercure (un peu ennuyeuse chez Homier-Roy), à l’accent très bizarre, mélange de tout, et, chez la Dussault, des médecins « pour » et « contre » le bonheur d’État, revenus garantis, du public en studio, tiraillé, les vains débats habituels…Zap ! Un bien long et niais reportage sur la « Cindy » de Plamondon, de Caen à Paris. Zap ! À Zone Libre (ennuyeux), les méfaits et les farces des « amateurs de célébrités » de Hollywood à…ici.
Ce zappetage m’ennuie. Il est justifié quand c’est pas fort à la télé. J’aurais dû éteindre et lire mon Poulin. On devrait toujours éteindre… plus souvent. Soudain : à Thalassa, TV-5, belles images de camaïeux rares dans une contrée sauvage —mer plate, ciel plat— à lumière basse, où vivent des pêcheurs primitifs pauvres, où il y a des lots d’inspecteurs honnis, même en ces lieux déserts, entre toundra et…bout… ou fin du monde. La désolation a des beautés inouïes. On admire la misère sous un tel décor envoûtant, c’est con. On savait pas rien sur ce pays perdu. Danger du zapping, de négliger de consulter le cahier-horaire. Paresse !
7-
Atom Egoyan, cinéaste d’origine arménienne : jeune, il veut oublier l’histoire de ses parents, il rejette sa langue maternelle, dit-il. Bien. Bravo, vivant à Vancouver, il veut s’intégrer et au plus vite. Saine attitude. Plus tard, oh plus tard !, plus vieux, ça revient. Il veut mieux savoir. Ce génocide conte « les siens », crime effarant des Turcs. La fuite de ses parents. Il a fait un film —« Ararat », très vanté— abordant le sujet pourri, fui, caché si longtemps. Histoire classique. Le saumon revenu, l’anguille remonte de la mer lointaine. La source, les commencements de quelqu’un.
Egoyan et Arsinée Khanjian, son épouse montréalaise, parlent de la Turquie qui ne s’excuse pas, parlent d’une Turquie qui voudrait enterrer cette tuerie, oublier l’horreur de 1914. Ils font un parallèle avec Québec, non reconnu par ce Canada actuel. On songe aussi aux Acadiens déportés qui attendent de excuses de Londres.Courageux, avec Luc Perrault de La Presse, de causer volontiers sur Québec-nation–pas- reconnue-par-Ottawa, comme Arménie-pas-reconnue-par-Istambul. C’est rare ce courage chez les nouveaux-venus-sur-clôtures. Bravo !
J’écoute Brel… « fils de roi ou fis de gueux, tous les enfants font des rêves… » Brel qui sera fêté en grande en 2003 à Liège avec le romancier (180 bouquins !) Simenon. Autre gloire locale.
Aile doit avoir un choix dans mes victuailles rapportées hier de l’École de la rue Lesage. Envie d’aller fureter autour du four. La faim.. .sans cesse, la faim. Malgré tant de cigarettes !
Et puis je veux aller relire ces notes sur ce jeune Ernesto qui rêve d’être… un saint, entouré par la beauté sauvage ensoleillée, proche, collé sur une jeune beauté indigène offerte, qui vit avec lui, qu’il n’a pas le droit de caresser, d’embrasser… Cette folle fringale « de faire vite un nouveau roman », comme quand j’étais plus jeune —et c’était toujours en novembre ou en décembre— je ne croyais pas qu’elle me reprendrait fin 2002.

Le vendredi 22 novembre 2002

1-
La lumière si pâle de novembre encore ce midi. Une fine pluie tombe, invisible presque. Bof ! « Dès le 20 décembre, les jours vont rallonger », me dit Aile. Patientia ! Le téléphone sonne et, valet, vous décrochez. Je déteste le téléphone si j’aime bien les courriels, les mél ( commande Paris,oui, avec accent sur le e). « On vous veut au « Canal Vox » pour raconter « le grand-père », ça vous dirait de venir chroniquer ? » Ma foi, ces recherchistes « vidéotron-iques » ne regardent pas T.L.M. à la SRC ? Y aller pour recycler encore mes anecdotes comiques du papi esbaudi par les enfants candides ? J’ai dit « oui », j’aime tant jaser en public, au monde. Un fou ?
Autre appel : « J’ai fait une gaffe, je vous ai posté la cassette de votre passage à « Tablo »,, fallait pas, on va me chicaner ». Je voulais vous poster la bande des « chutes » tournées chez vous cet été (des retailles), vous l’aurez plus tard. Faites semblant de rien…Okay ? » Je rigole et la menace : « Je visionne ça et je téléphone pour révéler du contenu à Dame Cousineau… ». Elle rit.
Appel autre : « Faudrait venir « pré-enregistrer » —par avance— des chroniques à T.L.M. car il y aura le long congé des fêtes. D’accord ? Aurez-vous des idées ? » Oui, demoiselle, oui, je me fouille.
René Jacob, hier, au téléphone. Désolé de notre non-rencontre samedi. L’éditeur beauceron (les Lilas) lui aussi n’estime pas trop la grosse foire commerciale du Salon, Place Bonaventure. En colonne des lecteurs, un quidam a porté plainte conte la longue déambulation « pré-portique » là-bas avec escaliers sans cesse. Avait bien raison. Jacob a relu « La petite patrie » et est enthousiaste. Me demande un document officiel, signé, de « Typo-Graveline-Sogides » pour le projet de cet album illustré qu’il a très hâte de publier. Chaud au coeur, cet enthousiasme d’un éditeur-artisan. Faudra que je ponde une vingtaine de « magnifiques » aquarelles. Y arriverais-je ? J’ai parlé à Jacob de « dieux qui descendent… Ou pas », il a ri et se dit d’accord. Touchons donc du beau bois de bouleau noir laurentien !
Cette nuit, un rêve curieux : scène de soir, lampadaires partout, réverbères aux cottages tassés de Bordeaux, Aile, curieux, vit avec moi dans mon ancienne banlieue du temps où j’élevais mes deux enfants, plein de monde sur les balcons (comme dans Villeray !), on a gardé un enfant mongolien (!), on nous remercie de cela, j’ajuste mal un tuyau d’arrosage, ça pisse partout sur la galerie d’en arrière, j’arrose des voisins et Aile, protestations, ma gêne, tantôt c’est le jour, tantôt c’est la nuit, rêve bizarre, je lave la décapotable Chevrolet, des voisins ricanent, me montrent du doigt, pourquoi ? je n’en sais rien, un défilé s’amène dans notre rue Zotique-Racicot, des anglos (?), une parade d’enragés (ai lu du Lester, Livre noir, avant de me coucher), ça marmone des
imprécations confusément, un reporter pend des notes sur ce curieux pèlerinage, il note de noms, Aile me dit : « il confond les gens, fait des erreurs, va le corriger, c’est pas Roch Voisine c’est Rivard qui parade (souvent Aile me corrige ainsi), on me fait des menaces soudainement, je veux fuir, avec Aile, en cabriolet, mais la rue est bloquée… Je me réveille.
Lu un article : la lassitude du je-me-moi dans les livres. Je m’ausculte. Moi ? Mes nombreux récits sur Villeray : du je-me-moi ? Non, j’ai publié au fond sur les autres, mes jeunes amis, le pittoresque voisinage, la nombreuse parenté, les petits métiers de jadis, etc. Non ? Tremblay a fait de même, non ? Et ce journal ? Du je-me-moi ? J’espère que non, j’en ai déjà jasé, souhait d’imaginer les lecteurs se sonder les coeurs et les reins face à mes opinions, distinguer, jauger, faire des différences. Exciter le lectorat à d’incessantes comparaisons avec ses goûts, ses tendances, ses jugements. Bof ! Le Grec sage : « pour comprendre l’univers, le faire passer à travers soi ».
Dans le « Bouscotte », tome 3, au titre vraiment anti-commercial, Aile toute étonné par les terribles attaques et acerbes critiques « hors intrigue »…Sur par exemple, Michel Tremblay et son fidèle Brassard, toit ce clan, exposé comme des fumistes ! Sur la vadrouilleuse Francine Grimaldi : paf ! Massacre de cette dévouée échotière !
J’ai glané moi aussi, dans ce tome 3, d’étonnantes vives et cruelles critiques qui sont mises dans les bouches des protagonistes « bouscottiens ». Et qui sont sans doute les opinons du romancier. Grand risque. Jamais, romancier, je n’ai osé faire cela. Cela ne devait pas se faire, il me semblait. Balzac, Hugo et compagnie, au 19ième siècle, s’y adonnait souvent, moi j’étais du côté des romanciers étastsuniens : pas le temps…pas de place pour opinionner quand on se coule à fond dans des personnages romanesques. Eh !
C’est un manège inusité, étonnant vraiment. Un effrayant défouloir au travers— TRUCHEMENT— des personnages inventés ? C’est pas plate, oh non, jamais, mais embarrassant de le voir se servir du roman en cours pour y faire aussi—quoi ?— l’essayiste ? S’il avait une chronique régulière dans un « canard », s’il tenait journal publié, ferait-il usage de ce stratagème ? Un truquage, non ? Faut que j’en jase un jour prochain avec mon Victor.
Gazette du matin : presque 50% de femmes dans les quincailleries désormais. Aile : « Eh oui, les femmes doivent remédier à la paresse des hommes actuels ». Bang ! Elle rit. J’avale. Mon cher Théoret —où hier je dénichais une poignée de valise pour ma machine à péter— va-t- il fermer boutique bientôt : on dit que les Rona, Home Dépôt et Cie amèneront à la faillite les petits quincailliers. Misère ! J’achetais aussi des graines : des fines et des grosses pour nos deux mangeoires —sorties pour l’hiver. Bienvenue oiseaux en tous genres sur notre galerie. Hier, je chassais les écureuils —noirs et gris— accourus, les saudits rats voltigeurs !
Aile partant aux courses quotidiennes : « Tu as reçu la « cassette-Tablo » ! Je descend visionner la chose qui sera télédiffusée fin de ce mois à Artv. Huit petites minutes pour cette longue journée de tournage cet été, j’enrage. Facile alors —montage— de faire ce 8 minutes ! Paresse ! Imprévision, manque d’un plan préalable. Mode actuelle ?
Le ministre Ménard aux écoliers : « Dénoncez, dénoncez, les enfants, soyez tous des stools ». Je lis : « Un écolier sur deux est taxé ». Je lis cela, je dis « Un sur deux » ? Aile : « Oui, oui, l’autre est le taxeur » ! Souvenir : à l’école, rue de Gaspé, jamais eu envie de « stooler » Michel Labonté, un démon méchant. Oh non ? Le fuir, me tenir loin de ce batailleur enragé, ne pas le regarder dans les yeux comme on doit faire avec les chiens furieux. Dénoncer ? Ah non, empirer la situation ? Non.
Hier soir, au bout du téléjournal, une Aile catastrophée, effondrée. « Mais Claude, ça va mal partout, partout, en Cisjordanie comme ici » ? Vision espagnolisante ? Qu’elle tient de sa mère un peu De Gratia par sa mère à elle ?
À « Points chauds », sur T.Q., excellente émission, très instructive, sur l’Indonésie — pays aux cent langues, aux cent ethnies, débarrassé « des militaires partout » pour « s’islamiser » dorénavant. « Les pauvres y trouvent une espérance », disait un invité, « les pauvres via toutes ces écoles coraniques —à milices hélas — y trouvent une structure de vie ». Ces « curés » de Mahomet installent des services, des refuges, servent des repas, ouvrent des cliniques…
Et je songeais : toujours la même histoire, le procédé malin, pareil partout, derrière les impérialistes de toutes sortes (Hollande, USA, Angleterre, France) visage de pieux et bons saints, souvent sincères, les braves pasteurs protestants, les héroïques missionnaires cathos (mon oncle Ernest en Chine !) …D’abord du social et puis le…fanatisme ensuite ! Soudain : une disco bourrée de jeunes touristes jet-set à Bali —la moins musulmane des places, tiens— qui saute ! Un expert : « Partout dans les ex-colonies se libérant, il y a eu l’essai du socialisme d’abord (de toutes les gammes) les échecs, le désarroi des Philippines à Java, du Congo à l’Algérie, alors la religion de l’Islam est venue prendre la place, remplir le vide ». Le capitalisme mondial, le monde industriel occidental s’énerve. Répressions : en douce ou en raideur partout. Ainsi naît un réseau terroriste « Jama Ismalia » en Indonésie, frère de l’autre réseau.
À T.Q. hier soir donc des propos clairs avec des experts sur cette région « aux mille îles » qui prospérait pas mal avant le « krach » asiatique. Comme cela fait du bien de s’éloigner des « damnées deux minutes » aux nouvelles. Même soir, au « Grand blond », à ce propos, Daniel Pinard gueulait, avec raison, contre la vitesse pour comprendre le monde en chamailles. Disait qu’il avait quitté CKAC pour cette raison : « assez d’un maigre cinq minutes pour expliquer ». Bravo !
Mon beauf’ Albert, le bon sens incarné, applaudit la « sortie de studio » du chrooner Pierre Lalonde à « Tous les matins », hier. J’en suis. Je le dirai en ondes si j’en ai l’occasion. Déboussolés, les programmeurs foncent dans tout : pénis, vagins et tutti quanti en épices frelatées. Le sexagénaire Lalonde n’en revient pas de découvrir ces excès niais au sérieux réseau français de la CBC. La dure lutte pour capter les auditoires fait ces ravages. Pas d’autre motif, croyez-moi. Comme au théâtre déserté, je l’ai dit, viendra une actrice qui mangera sa serviette hygiénique sur scène pour attirer le…bétail ! Comme en roman, s’amène une « call-girl » en « chicane freudienne avec papa » relatant sa lubricité monnayée avec clients clandestins. Pardon ? Nelly Arcand son nom ? Ainsi va, partout, la course commerciale en secteur « cul »-turel. Tiens, envie de lire le « Sainte-Thérèse » (Fides éditeur) de Fernand Ouellet pour me laver l’esprit.
« Chercher le vent », roman du fils Vigneault, obtient un autre prix. La longue partie Louisianaise de son roman est fort bien menée. Du bon talent. Il a le Prix de… « l’Académie française » de Montréal, patron Jean Royer, le poète.
Ce matin, Depardieu (La Presse) crache sur « La méthode » si cher aux Lipton de New-York. Il est un « naturel », « je joue comme je vis », dit-il, sans se prendre la tête. Bravo ! Le Gérard célèbre se moque aussi du « Dogme » des cinéastes scandinaves. « J’aime les beaux éclairages, les décors organisés », rafraîchissant d’entendre cette vedette immense (pas juste au physique) : « surtout ne pas se prendre au sérieux, ni pour un autre ». Il fera enrager les théâtreux- profs « à sondages de tréfonds à complexes ».
Un « junkett » —lire : tous frais payés, avion, hôtel, vins et bouffes, pour le reporter— a permis cet article. Même chose pour les pages de pub gratuite pour le nouveau « Harry Potter » ou pour le énième « James Bond ». Les cinéastes indépendants pauvres d’ici ou d’ailleurs ? « Allez vous licher » ! Pas de fric pas de complaisance en somptueux pré-papiers. Infinie tristesse !
Woodward (Wahington Post) dénonce le gaspillage bushien : « ce fut 70 millions (70,000,000$ US) de l’argent public des étatsuniens taxés pour acheter des Talibans (mal repentis) et des Chefs de guerre (en rivalité). Et le Bin Laden qui jase encore sur ruban pour menacer tous les infidèles de la planète même ces faux-jetons arabes qui osent ne pas le soutenir. Grand résultat ! Grosses ventes de clôtures-à-alarmes sur minuterie, de pistolets « at home », de mini-caméras partout, de milices en tous genres, de vigiles partout, de gardiens pléthoriques aux douanes, aux aéroports, partout, partout. Et le tout-puissant « lobby des armements » fonctionne à mort ! Le fric coule ! Ces industriels adorent le Bush « faussement » hystérique. Un crétin mais aussi un bon ami de Chrétien. « W » voit sa caisse électorale très bien renflouée, il est fin prêt pour le prochain match démocratik !
Ma fille passait chez nous hier matin en coup de vent : elle allait aux massages (prix gagné à Saint-Arsène )du fastueux sauna de l’Excelsior voisin. Je songe parfois à me faire bichonner un bon jour. Je suis trop dur pour mes vieux os. Oui, une bonne fos, m’allonger et dire : « allez-y, frottez, huilez, graissez, soignez-moi ! De la boue, de algues pourries ? Pourquoi non ? Aile, inspirée par Éliane ?, part visiter un spa de Piémont et me revient avec la liste des prix pour ces exercices variés. J’irai au Chantecler en face dès décembre. Pas cher. Il y a une piscine si pas de vélos stationnaires et haltères sophistiquées, ce que j’aime avant tout, nager.
Pendant que je m’étonnais devant une longue liste de magazines d’ici, propriétés de grosses riches compagnies —Quebecor et autres Transnatinaf Corp.— subventionnés (non mais…) par Pôpa-Providence ( avec notre argent), les Sept-Jours, L’Actualité, Châtelaine, Coup d’œil, Pince ce sans rire, etc. Pendant dix ans, devoir de stopper les « US, mags », racontait l’article, une manne ottawaïenne était distribuée et les businessmen en faisaient ce qu’il voulait..eg bien, déjà sur le cul, j’écoute que « Cinar » la voleuse, la tricheuse, redevient « persona grata » et peut quêter les bienfaits d’Ottawa de nouveau. Rozon —le bon samaritain de frauduleuse-Dame-Charest— il me semble, répétait au Martineau de T.Q. que enquêtes et procès n’étaient pas finis !
Un monde hein ? Ce monde me rappelle qu’il y a des écrivains malins qui savent, eux aussi, comment remplir les formulaires et comment et avec qui « s’acoquiner » pour jouir de subventions, bourses et voyages « kulturels » à l’oeil. Un monde hein ? Encore ? Je lisais hier des tas de sigles où les « parteux de compagnies » (villes et campagnes) peuvent obtenir du fric public. Les tétins de la Grosse Pourvoyeuse (nous tous) sont à sang ! Je me contente, moi, de payer impôts et taxes. Comme la plupart des nigauds. Bien con, je reste complètement allergique à ces façons de sucer sans vergogne le trésor commun devant soutenir avant tout éducation, santé, transport essentiel (routes). On ne se refait pas : je tiens de mes parents, pas riches mais dignes, qui refusaient l’aide publique jusqu’à se priver du nécessaire; comme la majorité des citoyens…Honnêtes, eux.
Aile très fâchée contre moi, hier. Douleur. Au dessert du souper elle me raconte ses problèmes —abandonner ou non des soins pour ménopausées— paraït que j’ai fait des « airs ». Sa colère ! « Insensible va » ! Je proteste. Rien n’y fait. Très fâchée, bouderie qui va durer toute la soirée. « Tabou » terminé —où le poète-chanteur Claude Léveillée a bien montré son immense talent d’acteur (Aile, yeux mouillés)— fin donc et départ du générique, je zappe aussitôt. Aile de nouveau en furie : « Insensible va »! Elle re-zappe au générique et grogne : « Il y a l’ambiance, la musique, un temps d’arrêt nécessaire; « speedy », tu peux pas saisir ça ? Insensible »! Oh la la ! Je me tais, suis désolé, malheureux.
Redire : paresse de filmer deux séquences de deux minutes et puis de les coupailler, au montage en huit séquencettes de 15 secondes pour s’imaginer du rythme. Ignorance d’une loi scripturaire primaire ! Un auteur (et un réalisateur) véritable aurait su mieux composer sa prose dramatique. Il est imbécile (et méprisant pour le public ) de ne pas marquer un peu de temps (même infime) quand on fait du « back to ». Ça ne s’améliore pas à la télé des feuilletons avec ces nouveaux venus et cette façon de saucissonner, oh non ! Jamais je n’ai (en pus de 200 sketches de télé) eu recours à ce système —de saucisse en rondelles, tronçons bien minces.
RDI, TV-5, Historia, Canal D : zapping stoppé ! « Dossier O.J. Simpson ». Des témoins scandalisés profondément par la manière judiciaire de cacher des faits—exemple : refus d’accepter en preuve un fait majeur : la fuite éperdue sur autoroute de O.J. dans sa Bronco blanche qui était un aveu clair de sa culpabilité— non, il fallait absolument sauver ce Noir. Éviter des émeutes. Stupéfiante justice USA ! Aile revirée, démontée comme moi, s’écrie : « Mais c’est une honte, une honte » ! Elle a raison. À son procès « civil », plus tard, Simpson-la-star, reconnu coupable, sera condamné à payer des millions.
Plus tard, ma surprise, à TV-5, alors que je songe à ce roman à faire d’un « Ernesto »— jeune prêtre exilé et marié de force dans un village d’Indiens primitifs— débat télévisé sur des prêtres vivant avec une femme ! Le hasard existe-t-il ?
Je reviens de l’école culinaire. Attente, lecture. J’ai commencé alors, après le Blank, le plus récent roman de Poulin. Un étudiant diplômé en lettres pas pressé d’aller enseigner. Il va se faire engager par un vieux bonhomme bien bohémien. Un vrai bonheur ! Son monde habituel. Paumés sympas. L’employeur en vieux libraire philosophe, mal revenu du San Francisco du temps des hippies (1968). Le vieux Québec chanté. Un chat, bien évidemment ! Je délaisserai ce « Mystic River », sauce Stephen King (sans l’horreur ) plein de noms, de détails vains ? Et cette traduction franchouillarde, faite à Paris, hélas. Vive Poulin !
Hier, j’ai essayé le Rollin si bichonné par nos médias : « Tigre de papier ». Ouf ! Plutôt assommant ce périple —sur le boulevard périphérique, la nuit— à n’en plus finir avec une « jeunesse » qui est la fille d’un ex-camarade-en-manifs. Il lui détaille son passé de révolté instruit, « soixanhuitard ». Un peu de son enfance, un grain sur ses parents, un zest de son adolescence, surtout les « mauvais plans » candides de son groupe « La cause » : pour faire trembler les bourgeois parisiens de 1970-1980. Après cinquante pages, je n’en peux plus. C’est redondant, fouillis, lassant. Je l’ai repoussé pour me replonger dans « Larose.. », dans « Le livre noir… ». Dire que ce « Tigre de papier » a failli remporter le prix Goncourt, étonnant et incroyable ! Le Rollin intéressera tous ceux qui —étudiants petits-bourgeois en veine de secouer « papa »— à Paris, ont vécvu ces années anti-De Gaulle et surtout anti-Pompidou. Franchouillardises pénibles.
Vu à Canal D : docu sur L.B. Jonhson. On y a vu l’Impérialiste des Majors de Hollywood, Jack Valernti, en conseiller militaire de la White House. Édifiante carrière ! Sans son aventure de la guerre sale au Viêt-Nam, Lyndon-Baye aurait pu se construite une certaine stature :les droits (de vote) accordés aux Noirs, etc. Hélas, la défaite en ex-Indochine a tué sa réputation… et à jamais. Lu aussi :complexe de l’imposteur. Autour de lui des gens venus de « Harvard », lui venu du Texas. Il en est mal. « Il n’avait jamais rien lu », dit un témoin proche.
Coup d’œil à TQS aux nouvelles « Insolences » de mon cher Stanké. Pénible. Vie fait, mal fait. Zappinfg vite ! La farce avec Dame Marois du faux Picasso qui se fracasse … nulle à la caméra si on ne doute pas d’une ministre au bord de la crise d’apoplexie.
Hier soir, voir le PET en Mercédès cabriolet, le voir draguer, à Tahiti, une enfant de la Jet set de Vancouver, voir ce quinquagénaire prétentieux jouer le jeune bouffon fringant à Ottawa… Voir tout cela et craindre le pire pour cette série (quatre heures de télé pour six millions de $ Can.) à la SRC. Bien meilleure facture (visuelle) que pour la pénible série ducepienne à propos d’un comédien, lui, pas pénible du tout, ça oui — l’acteur Feore (et non Feere comme j’ai écrit), sosie un peu d’Yves Jacques, est bon— mieux faites toutes ces images, bien trépidantes.
Très clair : ce sera « la vie » de Margaret (audiences : venez en foule, il y a couple tiraillé) autant sinon davantage que celle de ce fils « choyé par maman » l’anglaise délicate, héritier des « Garages Champlain », du père grossier, proprio du Parc Belmont, vendant à temps sa chaîne de postes d’essence, un papa-commerçant pris avec un « vieux garçon » playboy puritain (oui, oui) et grand voyageur.
Marchand et Pelletier y jouent les potiches. Marc Lalonde joue ce qu’il était, l’éminence grise et chauve (l’acteur Marchand y est bon ) dans l’ombre. Lumière sur le PEt avant tout et, pas loin, sa future jeune épouse, groupie éblouie d’abord… mais on sait la suite. On se souvient du « batteur de femme »… femme qui s’ennuie sur Sussex Drive et qui le cocufia.
Odeurs bonnes venues du premier plancher…J’éteins.

Le mercredi 20 novembre 2002

1-
Bataille de nuages au firmament ce midi. Le bleu veut triompher du blanc. Issue probable de ce combat éthérique : le blanc blanchira l’adversaire.
Ai pris notes pour ce T.L.M. de mardi prochain : « ma mère chantait toujours et ma mère jouait avec nous toujours. Plus : cette tante Gertrude qui nous gardait et ses fabuleuses ménageries de friandises ». Suis prêt. Peur toujours de n’avoir plus rien à raconter aux Houde-Bertrand et, en fin de compte, je gratte, je me les creuse, je trouve. Ouf ! Oh ! Clignotement à l’imprimante : encre noire qui s’achève. Déjà vide ? Mes rubans de dactylo duraient si longtemps, eux ! Bin tanné de tout noter. Avec ce « Poing comme net » —le mot « poing » pour colères, évacuation d’humeurs— je ne me fierai plus qu’à ma mémoire. À la mi-décembre, n’y aura plus, en hebdo, que les points forts des jours enfuis. Ce que j’oublierai méritera d’être oublié. Ça vient de finir.
J’ai reçu (courriel) des souvenirs bien rédigés d’un vieux médecin (Trois-Rivières), on lui cherche un éditeur. Il y a eu premier refus déjà. On me lance un SOS. C’est du texte précieux, qu’il faut sauvegarder. Je ne sais pas trop quoi faire pour aider à la publication d’un tel savoureux documentaire écrit. J’ai suggéré de demander de l’aide auprès de l’UNEQ. Merde ? Quoi faire ?
2-
Il nous arrive parfois de nous questionner. Ainsi, dans mon « Écrire pour… » : suis-je allé trop fort au sujet de notre colonialisme, de ce racisme inverti ? Eh bin non ! Dans « Voir », c’est une confirmation : une Sergente (Julie) publie fièrement notre aliénation qu’elle approuve la sotte. Lisez : le roman québécois sort (enfin) du terroir (notre patrie n’est, colonel-Sergent, qu’un vil terroir ?), il célèbre (enfin !) l’urbanité, les us d’ailleurs, il s’est internationalisé, il a cessé de ne ressembler qu’à soi (l’automépris des colonisés ?). Édifiante perspective non ? L’hebdo VOIR applaudit à ce reniement, ce serait un net progrès.
Nulle part au monde, dans les « vrais » pays, on ne chanterait cette aliénation culturelle. Pauvres « petits pays » munis de ces chantres du déracinement volontaire. Marie-Claude Fortin s’accote volontiers sur la Sergent-Major. Elle vante à son tour (même numéro de Voir, 14-20 novembre) les bienfaits de cette romancerie se déroulant « ailleurs ».
Et moi ? Avec ce projet de roman exotique qui m’assaille, « Ernesto l’exilé », vais-je obtenir grand succès avec échos louangeurs ? Ce sera une preuve de plus que certains jeunes fous en médias souhaitent oublier le Québec qui s’écrirait. Enfin, Tristan Malavoix-Racine (oh, racines ?), même hebdo, veut fustiger aussi le nombrilisme (son mot) de trop de nos auteurs comme si le « je », l’autofiction, était une lèpre toujours futile. En France (Angot), aux USA, en Allemagne, en Espagne, on trouve de ces livres de questionnement essentiel « sur soi et les autres alentour » et personne ne songe à blâmer ces écrivains. Il ose signer : « l’ère des étiquettes nationalistes achève… Et ce sera la fin des préjugés ». Rien à comprendre sinon ce malaise bizarre (de raciste inverti) face à la québécitude normale de nos auteurs. Il ose donner en exemple « la littérature québécoise d’un Yann Martel »…Martel qui écrit en anglais ! Un vrai con ce Racine déraciné.
3-
Tantôt j’écoutais (Cbf-fm) —j’adore sa toune musicale d’ouverture, sorte de vieux tango— « Autour de Nana » : un grand gars de 18 ans a encore peur de sa môman; ultra-contrôlante, la Nana ! Il revient d’une première coucherie d’ado-homo, dans « une chambre à louer » du Carré Saint-Louis, initié par un anglo averti. « Tu resteras toujours mon enfant », lui répète Nana derrière la porte des toilettes à cet enfant prodigue enfin rentré. Elle donne en exemple le comportement du frère aîné qui, à 32 ans, « ne découche jamais, lui ». Il rétorque : « ce qu’il fait « de jour », personne ne le sait ». Famille d’antan ? Ce « recyclage » intempestif —par Lepage— de pages de Tremblay est pas toujours bien fait, hélas, comme ce matin.
Ce matin, la Nat Pétroleuse de La P. veut louanger « Bunker », est malheureuse du peu de public à l’écoute mais termine par : « C’est dans une bulle étanche ». Alors ? Ceci explique justement cela. La voilà qui découvre —sur un écran de son gym— que le poète d’État (M. Bowings) —à 22,000$ par année à Ottawa— joue courageusement « le fou du roi Chrétien ». Yves Beauchemin dit qu’un poète d’État c’est une farce que « la (vraie) poésie est (toujours) illégale ». Bravo ! La vérité ? Le pouvoir peut fort bien tolérer « en son sein tout puissant » un brave pacifiste à 22,000 $ Pas un pli sur la différence. Un maringouin piquant un dinosaure. On en rira.
La menteuse face à une annulation de dernière minute : Dominique Chalout (relationniste) dit que sa compagnie (Zone-3 ?) appointée par TVA est trop pauvre (!) pour engager, à 1,675 $, cinq (5) zapartistes effrontés au « Grand blond… ». Ils n’y allèrent point malgré la pub faite ! Les mensonges de ce petit monde crasse hein ?
Robert Foisy —et P. Bourgault — contre ces Jeux « gays ». Ça proteste en grande. Le ghetto fabuleux (aux ramifications internationales) défend ce cloisonnement volontaire alors qu’il doit bien y avoir le lot normal d’homos aux Jeux ordinaires. Danger à long terme pour cette minorité active que cette séparation consentie.
4-
Jean-Luc Mongrain chez Bazzo ce matin raconte que ses huit années en enfant-pensionnaire « des bons pères » du cours classique lui firent le plus grand bien. Qu’il a pu y découvrir (dans la cour de récréation, au dortoir comme au réfectoire) ) le vrai monde, les méchancetés des autres gamins, que cela le ramenait à la réalité. Avec sa maman il était, non pas un enfant-roi (trop modeste milieu familal) mais un enfant protégé du monde extérieur. Table ronde avec des « enfants uniques ». Unanimité en studio : madame Dolto, célèbre analyste pour enfants, avait tout faux (?), se trompait gravement : pas vrai que les enfants uniques sont en danger, deviennent des égocentriques, etc.
Heureux jeune Mongrain et moi qui voyait, enfant entouré et aimé, le pensionnat comme une odieuse et terrifiante prison !
En 2003, 25 ans, la mort de mon héros-chanteur Jacques Brel ! 25 ans déjà ? Non il n’est pas mort du tout. Ici et là surgissent fréquemment des témoignages (des jeunes parfois) : ce poète populaire était un génie belge.
Le patron du Dev, B. Descôteaux, ce matin, signe un beau témoignage sur ce « grand-père » merveilleux, André Cailloux, mort dimanche dernier. Il ne va pas publier mon hommage à moi, c’est évident. Tant pis. Plus grave, bien impoli, il ne me répond pas pour cette demande de chronique. Un refus cela se dit, non ? Rue de Bleury, je ne suis plus rien, ma foi du bon yeu.
Appel chez Parent-Forget : « Il y a eu erreur et on va refaire vote prothèse mal ajustée, venez sans faute lundi prochain… ». Je n’en reviens pas. Leur erreur et on me commande d’aller me rasseoir, tel jour, telle heure. Y a qu’à obéir quoi ! J’enrage.
Pu’ capab’, ce Bernard Drainville (ici, Radio-Canada au Guatemala) : Pourri ! Infect ! I-né-cou-table ! Non mais…on engage n’importe qui ?
5-
Vu la fin de la série « Duceppe » hier soir. Quels mauvais dialogues chez dae Wojas ! Quel manque de tonus dramatique au cours de cette série. Duceppe se croira, l’acteur Doucet, talentueux, le dit, « un imposteur ». Duceppe, fin de sa vie, déplore son manque d’instruction, si peu de scolarité, n’avoir pas pu se prévaloir du fameux « cours classique ». Aussitôt Aile éclate : « Ah comme c’est vrai, si tu réussis dans ton domaine et cela sans solide école, oui, tu te crois un imposteur. Je sais bien ce sentiment. Mon père, lui aussi, souffrait de ce complexe ».
Moi aussi, il m’arrivait parfois, autodidacte magané par un critique, de craindre que l’on dévoile publiquement mes manquements culturels évidents, ce « cours classique » interrompu, etc. Bêtise ? Qui s’accentuait avec la venue (années 80-90) des nouveaux jeunes savants-docteurs-en-lettres qui étalaient volontiers les dogmes et les neuves théories littéraires, leurs nombreuses sources d’informations sophistiquées…
Oh la la ! Sol : « pauvre petit moi alors » ! Il m’a fallu un certain temps pour constater que tant de ces nouveaux gloseurs étaient de minables impuissants, réfugiés derrière le gros paravent trompeur du bla bla bla élitiste et totalement infertile.
Jaloux des créateurs féconds, sans diplôme lourd, ces prétentieux arrosaient « les populaires » d’un fiel envieux. Aussitôt, on me connaît, je sortis des épées farouches, des dagues etc des poignards, pour les éventrer comme on ouvre des figurines mécaniques, automates crinqués, …pour voir la petite machine idiote dans le ventre des poupées fardées. Bardées de médailles futiles. Certains attaqués me porsuivent toujoyrs d’une hargne totale. Tant pis pour moi, tant pis pour mes vaillants camarades en autodidacterie ! Anti-intellos, le Jasmin ? Non. Je reconnais volontiers maintenant, calmé, que des « très instruits » savent parfois nous pondre de fameux bouquins, de fort utiles et lumineux articles.
6-
Lu dernièrement : « Notre patrimoine religieux est en péril grave ici et là » ! Bien mais qu’en est-il du péril en Inde, à Cochin, du « patrimoine religieux » acheté par le galeriste Simard (« qu’allait-il faire dans cette galère » ?) pour installation touristique au Saguenay ? Alerté (après La Presse) par une mienne lettre ouverte, non publiée, silence compact toujours au Devoir ! Je chante : « j’attendrai, le jour et la nuit, j’attendrai toujours… » !
Dimanche, enragé et se défoulant dans La Presse, mon éditeur, affirme qu’il a englouti deux centaines de milles piastres, au moins ! Oh diable ! Cachets de ses téléromans pour entretenir —une sacrée danseuse, maîtresse insatiable !— sa passion des livres ? Impasse maintenant. Cul de sac prévisible dans ce « commerce ». Rêvons d’un mécène (Bombardier, Cascades, Jean Coutu, inc., Saint-Hubert BBQ, Péladeau INC ?) surgissant chez le Troispistolien : « Je serai votre baîlleur de fond désormais. Continuez » ! Oui, rêvons !
Laura Bush et ses auteurs invités à La Maison blanche… et Chantal Landry, elle, invitera-t-elle bientôt des écrivains pour causer « affaires culturelles »…et autres affaires… au chic appartement surplombant le chic Château Frontenac de son chum ? Rêvons toujours.
Gazettes du jour : Bush pas confiant en l’ONU. Cacherait-t-il des stocks de gaz mortel dans une mosquée ? Sadame tint salon, il s’en fiche, lui c’est « sa dame autre » qui le turlupine, qui le turliponne. Sa « dame de pique » bien noire, Hussein. Tout le puissant lobby des armements lui fait : « Si tu veux du fric pour ta ré-élélection, vas-y, vas-y ».
7-
Quand, vendredi, au Salon, Lucien Francoeur louangeait mon « Écrire… » je fus lâche et n’ai pas pipé mot sur le sien que je venais de lire. Un ramassis d’estocades d’une rare niaiserie. L’étonnant prophète Jésus de Galilée défini par Francoeur en « enculé » (sic) bien con (!). Et autres aménités diverses. Infantilisme dépassé, à son âge ! Un prof ? Si bébé ! Puérilisme vain. Si facile. Si ado attardé. Un écrit à la va-vite bourré de sentences folichonnes. Ne rien dire donc…et pourquoi ? « Savoir vivre » de pleutre que je regrette toujours, trop tard.
À la radio une tortue lente et savante s’exprime avec difficulté. Aile : « J’ai mes défauts mais jamais je ne m’écoute parler ». Vrai. Je dis : « moi itou, ça ». Aile aussitôt: « Toi ? Non, tu ne t’écoutes pas parler mais tu parles sans écouter trop les autres ». Bang ! J’avale. Je dis : « Ta peur du ridicule t’empêche de trop jaser, non ? Es-tu vaniteuse Aile ? » Réponse ? « Vaniteuse et orgueilleuse, est-ce la même chose ? » J’y réfléchis encore.
Revu cet enfant génial dans « Le sixième sens », courrez louer ce film étonnant… Paquets de pubs incessantes hélas à la télé de TQS. Merde !
8-
On a mis 8 millions de piastres (Can.) à la CBC pour cette série sur Pet, l’idole des anglos, du Roc tout entier. Rien sur sa jeunesse, ça part en 1968 (élections remportées) et ça va jusqu’en 1982 quand le fier Pet alla signer —sans l’accord de tous les élus Québécois— son entente constitutionnelle face à THE QUEEN à Londres, le suiveur énamouré, Chréchien, lui tenait la queue de « mourning-coat ». L’acteur Colm Feere incarne le fier Pet, il était excellent en Glenn Gould. La jeune groupie du nom de Margatet y serait dans maintes séquences. À l’affiche donc de notre télé publique ce soir, in french ! Nos élus du Québec « dans les jambe » du grand fédérateur », y seraient de pâles fantoches, dit-on. Eh b’en !
Je reviens de l’École des « tits » chefs : côtelettes de porc, ouen, soupe aux légumes et sauce à pâtes, et… « Hon ! hon ! », dira Aile, une tarte aux cerises. Durant la demi-heure d’attente, achevé le — cher à Foglia— petit « Manuel…à l’usage des filles » de Mélissa Blank. Je reconnais, ici et là, un beau grand bouquet d’humour sauce juive de New-York, ce qu’est l’héroïne. Elle est en quête perpétuelle d’un « chum steady ». Lectrice junior chez un éditeur puis rédactrice de pub, c’est le vivant portrait du petit monde « bobo » de Greewich Village. Woody Allen veillait sur Blank. Je n’ai guèrte de sympathie pour ces jeunes « vieillissants à regret » se traînant sur les sofas des psys de la Cinqième Avenue. Monde frelaté. L’humour juif c’est toujours du cynisme en fin de compte, de l’autodérision comme… mécanique. On se moque de soi et des autres pour bien illustrer qu’ils sont clairvoyants, que le genre humain est contaminé à fond :succès faciles, ambitions sottes. La caricature pétaradante au poing — un revolver toujours chargé pour épater. Mais c’est écrit sur la guenille qui sort du fusil intello : « Pétard » ! Ou « Boum » ou « Pow »! Oui, l’ennui de cette actuelle société manhattanienne —on vba faire un tour à Paris, on sait qui publie quoi— refusant et acceptant à la fois la jet set aux terrasses des restaus huppés. Cette sorte de supériorité faussement modeste —excusez Sire Foglia— m’afflige, pire, m’ennuie. Assommant, avant ou après le 11 septembre, cette faune de vieux garçons et de vieilles filles (on lui enlèvera un sein et c’est pas si grave) rêvant d’accouplements durables avec ou sans le « manuel ».
9-
Jeudi dernier, à T.Q. Un grave psy cause : « Trouble somatoforme (!) si on refuse d’exprimer ses émotions, voire un grave choc occulté, tu, trop refoulé. À la suite d’un grave chagrin ou déception, l’enterrement de ses sentiments peut provoquer maladie grave, cancer, etc. » C’est dit souvent. Si vrai ? Les psys ont intérêt ($) à mousser cette théorie en tous cas. Qui n’a pas connue une personne ouverte, bien franche, très lucide, soudainement cancéreuse. Malade qui n’a —jamais absolument— rien cacher de es émotions ? Cette scie du « psycho-somatik », tic, tic…ravageur…j’ai des doutes.
Le va-t-en-guerre Charogne en Isarel : les résistants tuent des occupants israéliens. Bien, il ordonne davantage de colonies à installer. Jouer avec ce feu ! Ils sont à Hebron, 600 colons, les Palestiniens : 120,000 !
Horreur pour rire jeudi soir dernier : Aile et moi, très rigolards en voyant (enfin !) ce film-culte bien amateur : « King-Kong ». C’est souvent à mourir de rire. Séquence prémonitoire sauce « Jurassic Park » subitement ! Avec, soudain, en noir et blanc, des effets optiques audacieux pour l’époque (1932) et pas trop mal réussis. Je regrette de n’être pas allé voir le décapant « Bowling Colombine » de Moore en bas de la côte. Paresseux que nous sommes… et les films ne restent pas longtemps au « Pine ». Surtout une telle charge anti-armes !
Aile en a terminé ave son Ferguson, « Train d’enfer » Pis ?
« Bien…c’est très bizarre…Tu liras, c’est pas plate, j’en étais comme
hantée, je tournais les pages sans cesse mais je ne sais quoi en penser ». Ne dis plus rien, belle Aile de mon cœur, c’est le signe indubitable qu’un roman fonctionne. Je le lirai donc.
9-
Raynald, mon frère, retraité comme moi —lui de TVA, moi de la SRC— m’a posté un tableautin de sa blanche main de peintre du dimanche (comme moi). Le cinéma « Château » du coin de notre rue, un tram, un kiosque à journaux. J’avais souhaité un personnage, un humain de jadis. Pour une couverture de livre, c’est plus clair. Je verrai quoi en faire. Il part en énième voyage avec sa Monique. L’Égypte bientôt. Sur sa carte de bons souhaits : « J’aurai presque fait le tour du monde. On stoppe ça. Le dernier ».
J’y reviens car c’est incroyable : lisez ce Lester du « Livre noir.. », s’y trouve un récit fabuleux sur une putain anglo qui se disait la victime sexuelle (enceinte) des prêtres cathos diaboliques du Québec. Un pasteur protestant en fait sa maîtresse et va, aux USA, publier son « conte noir » inventé. Anti-catho. Un best-seller fantastique longtemps là-bas. Dépassant longtemps la Bible ! Ré-éditions. Lester dit qu’avec l’aide de « Patrimoine machin », on peut le lire encore sur Internet. La francophobie (anti-cartho jadis) des Amerloques montrait son vrai visage.
Je lis « Larose n’est pas Larousse » : Castonguay cogne très dur sur la niaise complaisance du « rapport commandé » à l’ex-chef syndical. Le « Tout va bien pour le français désormais » de Larose le fait vomir. Querelle des optimistes et des pessimistes ?, je l’achèverai et en reparlerai. La violente préface de mon éditeur (Beaulieu) est pas piqué des vers, c’est entendu. En matière de férocerie, il est épatant mon Victor.
Allons goûter ces fraîches « chops » de cochon, tiens. On ferme !

Le mardi 19 novembre 2002

1-
Je commence à comprendre tous ceux de mes entourages qui souriaient quand je disais : « fini la littérature, j’ai fait mes adieux dans « Écrire pour l’argent. Que du journal désormais ». Une idée de roman a fait assaut subit —sur bibi— ce matin. Un envoyé des « Missions étrangères » s’installe dans un pauvre petit village d’Amérindiens quelque part en Amérique du Sud. On a prévenu ce jeune idéaliste : pour ces aborigènes, il lui faudra accepter de vivre avec une femme, sans cela, il ne pourra pas « missionner » car ces primitifs jugent comme étant un crétin, un homme sans intérêt aucun, quelqu’un qui ne réussit pas à avoir une femme chez lui. Ce serait mon seul et premier roman se déroulant hors du pays.
J’avais déjà lu qu’au Vatican —cela ne se sait guère—, on accordait une autorisation « spéciale » dans certains lieux d’évangélisation. D’où me vient cette idée de rédiger un tel récit ? Ce matin, je sortais du studio 83-radio, avant de me rendre —il était 10 h— au 45-télé pour T.L.M. Je venais de confier —au questionneur à Chicoutimi— que, enfant de chœur zélé, je me voyais volontiers en prêtre sauf que, déjà, il y avait les…filles ! Que cela faisait problème —déjà— dans ma tête de petit garçon de dix ans.
Si l’idée de ce roman me taraude, il se fera.
Il a toujours fallu qu’une idée de bouquin me hante pour que je m’y jette, un bon jour. On verra.
Temps doux, mardi gris. Hier soir, envie de bouffer du smoke-meat. Aile et mo, descendus en ville, on s’installe donc chez Lester, rue Bernard, un « snack » aux allures 1950. Éclairage de gargote. « Root-beer ». Mes bons cornichons à l’aneth, moutarde en masse….Yam !
2-
Ce midi, Aile et moi, envie cette fois de junk food : hot-dog, oignons, moutarde, et frites avec vinaigre au Petit chaudron. Je ne compte pour rien ici :pas d’invitation à la première moniale de « Séraphin » au ciné Pine en bas de la rue Morin. Hier soir, face à Bureau-au-beau-bureau, le jeune Deschênes, après « Le point » sortait de la première montréalaise dudit film et patatra : « Ouais ! Pas fort, pas bon, le feuilleton-télé était meilleur. Tant de millions, j’suis déçu ». Notre Bureau tout étonné : »Vous êtes dur…Bravo pour votre courage ! À demain ! » Aile renversée, ce jeune D. d’habitude doux et gentil, servant à « plogguer » complaisamment les produits des industries culturelles. Eh bin ! Ça leur apprendra à négliger l’illustre adèlois pour les « premières ». Je ris. De moi.
« La vallée » (des avalés), hebdo laurentien : oui ou non, y publier ( à leur invitation) un conte de Noël adèlois ? J’y songerai.
Vu au condo du Chemin Bates le denier épisode de « Bunker ». Chiard visuel coûteux (avec grosse part de notre argent public). Pas d’histoire. Gallimatia, salmigondis, charabia…Le filmeur Houde s’est payé la traite comme on dit et René Dionne, l’auteur de cette non-histoire, se fit subjuguer. Triomphe de l’esthétisme sur le contenu. En fin de compote : avec d’excellents acteurs, des artisans doués, une immense platitude sur un sujet —les coulisses du pouvoir politique— qui aurait mérité de bonnes intrigues, compréhensibles.
3-
Vu aussi, hier soir, le film de Binamé sur l’artiste multidisciplaire (80 ans) Pierre Gauvreau. La mode infernale : le cinéaste se régales d’effets visuels dynamique, bande sonore couvrant de trop des propos, images floues très « travaillées », on reste sur sa faim de mieux connaître et le téléromancier et le peintre (sauce ludique à la Alfred Pellan) frénétique. On a su des bribes :un père qui disparaît à sa naissance (!), une mère monoparentale courageuse. De rares —et trop brefs— bons moments, ainsi quand Pierre revient à sa source : le 75 de la rue Sherbrooke, près de Saint-Laurent. Souvenir : j’y allais à dix-neuf ans, dans ce « salon » —soutenu par maman-Gauvreau— avant-gardiste. Expositions d’automatistes inconnus encore, séances de danse exotique. Chantons : la bohème, la bohème…
Rencontres ce matin : un Marc Laurendeau, encore comme mal réveillé, Gilles Gougeon. On jase « enfants de choeur », ce dernier a revisité sa paroisse d’Hochelaga : « Rien n’a changé, sacristie et tout ! J’y étais pour une commémoration nuptiale de mes vieux parents ». Le technicien au son, René, boulot terminé, jase. Lui aussi, fit ce drôle de métier de gamin ensoutané. « Pas n’importe où, me raconte-il, à la « cathédrale ». Il habitait Guy et Notre-Dame. On rigole :il servait des évêques, lui, et c’était 25 cents par messe, par cinq sous comme à Sainte-Cécile.
Un camarade de T.L.M. tout fier de sa plume à l’encre bien noire (que je lui emprunte) . Douce, souple et glissante. Il me recommande d’aller à « Bureau en Gros » pour ce —je note— « stylo Dr. Grip. Gel ». Me dit : Oui, spécifie : gel, c’est fameux et en bleu, c’est beau ».
4-
Je repense à « American beauty » : ah oui, toutes ces armes aux USA dans les foyers. La tentation si ça tourne pas rond. À portée de la main…Solution radicale. Ce fatal coup de revolver de la fin. Le sang comme nappe sur la table, sous la tête de Spacey —le mari docile, révolté, qui quitte 14 ans de conceptions de pubs pour un modeste job chez MacDo—, éclaboussures d’hémoglobines sur le mur. Cet autre papa, un colonel sadique — le meurtrier— se révélant un inverti sexuel qui refoulait sa sexualité via le militarisme — ô discipline, cachette de tordus !— imposé à son fils « poté ». Un effrayant récit filmé.
Le 10, rue Chambord, ma fille, rieuse —et peut-être plus soucieuse qu’elle ne le laissait paraître— de ce fils « du milieu » qui serait amoureux d’une « vieille » de 21 ans alors qu’il a, lui, 19 ans. Je me suis souvenu des inspections —mine de rien— de ma mère, chaque fois que je ramenais à la maison une nouvelle « blonde ». Ses sourcis froncés, son front plissé, sa moue boudeuse, face à cette Gisèle de Saint-Henri, plus âgée que moi. Nos chères mamans…
Je songe encore à ce Bertrand junior au confessional-Maisonneuve de RDI : ses deux millions (2,000,000 $ !) gaspillés en drogues dures ! Quelle caverne horrible, quelle effroyable dérapage et quel courage de tout révéler à l’immense public de la télé. Aile en était toute retournée. Et moi itou. Il a dit : « je sentais, jeune, que je devais « performer », qu’on attendait tout de moi, que je devais occulter mes émotions ». Danger.
Je me félicite de n’avoir pas joué de ces pressions parentales. Je disais à mes enfants : « Vous ferez n’importe quoi, ce que vous voudrez, j’espère seulement que vous soyez tout simplement heureux plus tard ». Je songe à tant de parents qui poussent fort sur leurs rejetons. Par un besoin inconscient de revanche face à leur existence décevante ? Malheur ! Cours de ceci et de cela. Surcharge imbécile. Vies atrophiées. Élèves débordés. La vie ordinaire de « l’enfance à vivre sainement » bousculée. Oui, danger ces attentes d’égocentriques ambitieux pour…leurs « petits génies » adorés, appréhendés. Ce Bertrand tombé si bas —il a songé au suicide, avouait-il— , fils de Premier ministre, s’en sortira-t-il ? Je le lui souhaite de tout cœur.
5-
Allé à l’École Hôtelière tantôt : que des desserts dans les montres ! Revenu aussitôt…malgré moi… moi qui aimerait tant me gaver de leurs bonnes pâtisseries encore chaudes… fraîches sorties des fours chauds. Asch ! Dure la vie, hein ?
Mister Hans Blix, chef-inspecteur pou l’ONU, est maintenant à Bagdad avec son peloton de 20 fouineurs. On croise les doigts. Oh, que tout aille bien ! Sinon…l’excité W. Busch donne le coup de fil fatidique à ses militaires préparés à l’attaque. 58 journalistes (choisis par qui ?) furent entraînés pour la bonne propagande USA lors du débarquement anticipé en Irak…Bonjour les reporters professionnels ! La désinformation organisée se prépare ?
La chronique de Stéphane Laporte dimanche (La Presse) : extraordinaire. Cette « Lettre ouverte à Ben Laden », un fameux texte de l’humoriste. Quel talent !
Qui a obtenu le plus de films sur sa vie ? Jésus ? Non. Napoléon, l’assassin de tant de jeunes garçons. Jésus est deuxième. Ensuite : Lénine ? Oui, Lénine. Un autre Adolph Hitler quoi, on le sait depuis « Le livre noir du communisme ». Ma foi… la machine de propagande soviétique produisait à un rythme infernal. Hollywood battu !
On publie beaucoup sur des personnages de télé enfantine, Fanfreluche, Pirate Maboule, etc. On a oublié quelqu’un, « Monsieur Claire Lamarche », l’animateur-rassembleur Guy Messier fut l’installateur du « Grenier aux images », au théâtre des Compagnons par exemple. Ce fut lui, Messier, le premier organisateur de ces héros tant vantés. La télé lui a tout enlevé dès sa naissance et Guy Messier sombra dans l’anonymat et puis épousa Claire, la grande oreille efficace. Pas juste cela.
6-
Nat Pétro tenait absolument à rencontrer l’épouse, l’ « Aile » de Dany Laferrière, revenu de son long exil à Miami. Photo de La Presse: on voit Maggie, floue, loin derrière l’écrivain Haïtien célébré. Aile : « je peux la comprendre ». À le voir aller, aux Salons de livres, j’imaginais mon Dany en playboy libertaire, moi. Bon, je me trompais. L’infirmière Magie a suivi son bonhomme en Floride en rechignant car, dit-elle, elle s’était parfaitement intégré à son pays d’adoption, le Québec. Dany, le froid, la neige se pointant déprimait, lui. Mais qui prend mari…
Et l’« Aile » de W. Bush ? Sa Laura ridiculise son « homme » devant le écoliers ! Elle a dit : « Il croyait, le cher homme, qu’une bibliographie… c’était la biographie de la Bible » ! Méchante compagne ça ! Laura Bush, nous informe une gazette lue, a une maîtrise en « science du livre ». Ah, c’est une science ? Pas de maîtrise en pédagogie, cela est sûr et certain. Un livre bien aimé ? « Le grand inquisiteur », section des « Frères Karamazov » de Dostoievski. On y voit Jésus revenu sur terre face au grand sadique espagnol, Torquemada. Qui fait jeter au bûcher purificateur, le Christ ressucité ! Une lecture bizarre pour l’épouse d’un inquisiteur agressif, bien ieux outillé que Torquemada, cherchant l’Axe du mal. Cette Laura tient « salon littéraire » à l’occasion dans son Aile (eh !) de l’est (« eastwing ») à la Maison blanche et invite des auteurs dissidents (?) de la bushomanie. Seigneur ! Moi, je mettrais la CIA sur ma femme, tiens !
Quand j’ai loué Aile trop fort dernièrement, elle me jette, la langue dans la joue : « Vas-tu cesser tes compliments, je vais me demander ce que je fais avec toi » ! Paf ! Touché !
Justement, appel de on cordon-bleu…On ferme !

Le lundi 18 novembre 2002

1-
Ça tombe, hier, cette nuit, encore ce matin : que de neige abondante à la mi-novembre ! À midi, rayon de soleil :la beauté ! Ale et moi :souffles coupés. Blancheur lumineuse dans nos sapins, flocons rares, isolés, qui flottent dans la lumière hivernale. Au loin, image liquide contrastante, l’eau du lac en vaste ardoise sombre.
J’ai eu envie, hier, comme de me débarrasser du conte de Noël pour CKAC, le 20 décembre. C’est fait., en suis bien content, l’ai donné à mon webmaster, Marco, pour le site. Depuis trois ans, ce « rituel » a un fort succès pour les auditeurs de Paul Arcand. Espère même succès le 20. On verra bien.
Pour demain matin avec Houde et Bertrand, ramasser des notes. A) le cabanon des indiens, les noyaux de cerise enterrés pour eux, le « whippet » sacrifié par Laurent, le petit Gabriel et ses canards secrets. B) les fontaines et leurs vœux en y jetant des cennes noires, C) installation facile de mini- golf partout, enfin, D) organiser « course au trésor ». Bien. Suis prêt !
Tantôt à « La tribune du Québec », (Cbf.fm) l’éditeur Vaugeois (« Septentrion ») déchaîné et avec raison. Il fustigeait les médias qui avantagent « systématiquement », dit-il, les auteurs de l’étranger (lire Paris surtout !) et négligent (je dirais :méprisent) les écrivains québécois ! J’étais content en diable. L’animateur plutôt silencieux…Culpabilité collective de ces favoriseurs des livre d’ailleurs ?
Hier, cahier du dimanche-livres de La Presse :mon éditeur Beaulieu y allait d’une diatribe enflammée, lui aussi. Enragé mon Victor. Avec raison et preuves. Il a tiré tous azimuts sur le « milieu des livres », les bureaucrates, le Salon du livre et… Radio-Canada…Oh la la ! Une attaque bien venimeuse. Vénéneuse ? Comme j’ai bien fait de résister à ce projet (en 1987,1988) de devenir, moi aussi, éditeur. Je l’ai échappé belle, ma foi du bon yeu. Une activité de misère ! De déboires, de déceptions s’il faut l’en croire. Me voilà, lui se révélant comme aux portes d’une banqueroute, inquiet pour l’avenir de mes deux tomes de journal à venir et pour mes royalties ! Aller à l’aquarelle, me retirer au plus tôt de ce jeu infamant, la littérature québécoise.
J’ai relu, à midi, mon conte pour CKAC expédié, aussitôt fait, hier soir pour le site claudejasmin.com: plein d’horribles fautes et coquilles ! Ma honte à retardement. Je le corrige (avec ajouts) et le ré-expédie à Marco. Faut que je me surveille mieux, nom d’une pipe ! Gros paresseux jouisseur toujours pressé. J’avais mis « mirre », c’est « myrrhe » l’orthographe correct (Robert) , fainéant en dicos ! Non mais…
J’ai cru utile (?) d’envoyer un texte sur André Cailloux, mort dimanche, aux gazettes. Peut-être…Je l’ai sorti de mon « Je vous dis merci », chez Stanké. On verra verrat !
Magnéto béni : vu des émissions capturées par l’experte Aile. Exemple : Charrette « Chez Roger », un bar dans ma petite patrie. Encore énervée, trépidance énervante, bavarde, coupant, n’écoutant pas trop… Une Marie névrosée sortie de prison quelques heures pour son livre tout frais « Lettres de prison » (VLB, éditeur). Étudiante universitaire, entre deux cellules (à Tanguay ou à Joliette), elle nous arrose sans cesse pourtant de « tu-comprends-tu là ? ». « Franchement » dirait Aile.
Hier soir, à la SRC : Terrifiants aveux d’un ex-ministre et ex-animateur de radio, le fils de l’ ex-Premier ministre Bertrand. Chez « Maisonneuve à l’écoute », il raconte sa chute épouvantable. Médicaments pour « performer », puis l’alcool à flots généreux, enfin la cocaïne (le sexolisme fou). Un enfer ! Suite de thérapies, rechute sur rechute. Depuis six mois, il tente de stopper définitivement sa décadence. Une émission renversante. Que commentait Bourgault chez Bazzo ce matin. Bertrand junior (il a 56 ans, son père mourait à 57) le fait pour se rendre comme vulnérable. Pour poser un frein. Ne plus retomber. Devenir pour tôt le monde un cible. Il dira : »Oui, qu’on me surveille même ! » Il a perdu des millions de $ avec sa drogue ! Aussi ses amis, son épouse, il ne lui reste comme copains que les ex-drogués !
Soudain, aveux supplémentaires : le pensionnat, huit ans, de 12 à 20 ans (cours classique du temps) l’aurait amené à l’homosexualité ! Hen ? De quoi ? Quoi ? Eh ben ! Il se dit devenu…bi-sexuel (« une foutaise, me disait Michel Tremblay, un leurre, un masque, il n’y a pas de vrais bi-maschins »).
L’homme semble sincère, là, n’est pas la question. On se pose des questions sur son nettoyage de plaies vives. Alors tous ces psys consultés, à quoi servirent-ils au juste ? Désormais, il veut s’en sortir seul, insiste-il, sans aide. Condamnation confondante des psys ? Ah oui, une confession étonnante.
Trop de pub peut nuire : déjà fatigué d’entendre jaser sur le film à venir « Séraphin ». Pas vous ? Overdose non ?
Le cinéaste Francis-Ford Copola chez Lipton hier soir, ARTV. Formidables propos (avec extraits de ses fims archi-connus) sur cet « oscarisé » célèbre. J’aime ces entrevues. Bien faites.
Sur Tv-5 :débat. Les écologistes, les verts, pour ou contre. Fameux. Zapete énervée entre deux bonnes émissions. Soudain, madame Chandernagor vient jaser de son livre : « La chambre » la fascinante histoire du petit futur roi Louis numéro 17. Enfant —par les « sans-culotte »— enfermé dans une chambre close à la Prison du Temple. Tué ou caché…et puisexilé, on disait en Canada…légende ! Vient le « Galilée » de l’ex-ministre de l’éducation en France, « jeté » par Jospin, le gras et très brillant Allègre. Que de livres à lire, trop ?
Avons revu « American beauty », un film fort. La banlieue USA, le confort et les malaises du monde bourgeois. Instructif. Illustration des dangers de posséder trop d’armes à feu ! Ken Spacey toujours parfait en époux cocu, dérivant vers le jeunisme imbécile.
On veut descendre en ville avant le gros trafic. Devoir en finir avec le journal. Mes autres notes remises à plus tard. Demain matin, tôt, studio No. 84, de radio, pour l’enfant de chœur à raconter à la SRC avec un réalisateur venu de Chicoutimi. Ma soutane rouge, ma calotte…Vite ! Je chante : Partons la mer… blanche des neiges tombées m’appelle…

ANDRÉ CAILLOUX, MOUCHOIRS ET ÉPONGES

Par Claude Jasmin

Installation d’un jeune marié de vingt-deux ans, moi, dans un local peu approprié, à l’étage d’un ancien presbytère. Le célèbre Père Legault, fondateur de « Les Compagnons de Saint-Laurent » a été instamment prié de vider les lieux, rappelé au bercail par sa communauté, les Pères de Sainte-Croix. Suffit de « jouer » au directeur de troupe ! Le jeune marié installe quelques meubles indispensables dans ce vaste bureau abandonné avec « bay-window » donnant sur la rue Sherbrooke.

Ça me convient, le loyer n’est pas cher. Dans le bureau d’à côté, le père Rondeau semble chargé de « fermer les livres » de ce théâtre qui fut essentiel. Je l’entends commander, par téléphone, une nouvelle cargaison « d’ huile du frère André », fameux thaumaturge de l’Oratoire.

Il y a un enfant en gestation dans le ventre de la nouvelle mariée, mon épouse, Louise. Dans cette froide fin de décembre de 1952, je viens d’être « slacqué » d’une petite entreprise de « window-display ». Je suis un sans-emploi, fort inquiet.

Une rumeur a couru, répandue peut-être par les adversaires de son théâtre catho: « ce curé « dégommé » se serait écarté de ses vœux de chasteté ». Invérifiable. Des animateurs chevronnés, les Gascon, Roux, Hoffman, sont en train d’ installer solidement une relève, le fameux TNM.

Cette « chute » du père Legault a donc libéré l’ancienne église devenue théâtre, rue Sherbrooke, coin Delorimier. Notre jeune couple joint d’autres locataires. Adieu Émile Legault, et j’hérite de son immense pupitre, de son classeur métallique, du siège pivotant, de sa table de rangement. Il nous reste à y installer un « divan-lit », un coin cuisinette, ma bibliothèque de « poches », quatre planches et des briques. Au rez-de-chaussée, grosse famille d’émigrants, amateurs d’art, au dernier étage, la famille-Campeau, le papa fut machiniste, menuisier, monteur de décors, le débrouillard « homme à tout faire » et absolument indispensable au père Legault.

Je me cherche un job. Appoint indispensable, Louise Charlebois, membre de l’union des artistes, la jeune épousée, reçoit un indispensable cachet pour aller identifier un radio-roman. Tous les matins, on peut l’entendre à la radio publique : « Francine Louvain, bonjour ! »

Un comédien, venu de France, vit au presbytère. C’est un longiligne bonhomme, pas du tout à accent parisien, maigre, comme sans âge précis. Un ex-Compagnon de la Musique, muni d’une voix gutturale chaude, d’un bagou intarissable, qui fait florès déjà à la télévision débutante. Il se présente à nous tout sourire : « André Cailloux, troubadour ».

Ce n’est pas un voisin banal. Cailloux nous a adoptés dès notre arrivée avec une réelle affection. Il nous offre son aide pour emménager, —une lampe, une table de bout, un vase à fleur, un compotier. Il nous offre surtout son amitié. Enchantement d’avoir un tel voisin de chambre. Ce grand efflanqué à la parole gouailleuse abondante, aux sourires apaisants, à la verve toute philosophique, calme mon anxiété de jeune chômeur et prochain papa.

Tous les matins, brassant son œuf cru au lait dans un grand verre, le verbe déjà jubilant puisqu’il a une âme joyeuse, il vient faire son petit tour. Pour nous distraire, il fait des tours de magie : disparition surprenante de petites éponges ou classiques mouchoirs de soie qui se multiplient. L’ agréable visiteur du soir !

Cherchant sans cesse du travail, il collabore à ma quête d’emploi. Il a confiance en mes talents, son optimisme à tout crin me rassure. Il nous fait rire par ses souvenirs de France et, surtout, par ses anecdotes sur les coulisses frénétiques du nouveau médium effervescent.

Cailloux devient rapidement mieux qu’un aimable voisin, rue Sherbrooke, il est un l’ami, un protecteur distrayant, stimulant. À l’entendre, tous mes projets —offres de séries d’articles, théâtre de marionnettes, sculptures caricaturales — sont « excellents ». Je veux le croire. Il en est bien certain, « Ça ne sera pas long que je me dénicherai un créneau quelque part ».

En janvier 1953, inquiet de l’avenir —ma fille, Éliane, allait naître en juillet— la présence de ce voisin fureteur et désintéressé m’est un baume. Il surgit à tout moment, une histoire cocasse au bec. Il nous annonce la venue prochaine, de son Issoudun natal, d’un jeune cadet, Michel qui, nous assure-t-il, est bien meilleur prestigitateur. En effet, à la télé des enfants, ce bien-aimé « Michel-le-magicien » le prouvera.

Merci André pour ces six mois passés, en co-locataire, au presbytère. Dans un certain dénuement, il y a eu ce soleil, cet astre, modeste et brillant à la fois. Sans ce voisin d’étage généreux —« voulez-vous des œufs, du pain croûté, de la laitue, des fromages français, un peu de vin ?— notre existence de jeune couple démuni, aurait eu des couleurs autrement sombres.

Je l’ai revu si souvent, jamais je n’ai songé à lui dire ma gratitude. Merci pour ta présence affectueuse à un moment de ma vie où j’avais tellement besoin de croire —au moins un petit peu— que j’allais m’en sortir un jour.

La bonté naturelle, illuminante, de ce faux « Grand-père » captivera, on le sait, des générations d’enfants. Elle n’était pas feinte, oh non ! Ce vert vieillard, maquillé, déguisé n’était pas une fabrication, il était vraiment cet homme ouvert, curieux de tout, attentif aux autres. Je l’ai vu « perdre » beaucoup de temps à me conseiller, à tenter de réorienter un projet farfelu.

Le temps passa et l’étonnant jeune comédien à la voix « vieille », si chaude, est réellement devenu un vrai grand-papa. Il fondera, avec sa compagne, une sorte d’école maternelle originale, il fera des tournées, publiera des livres de contes.

Me questionnera-t-il : « Pourquoi, Claude, cette reconnaissance? » Je lui rappellerai la présence stimulante du voisin de l’ex-bureau du Père Legault, rue Sherbrooke, quand je mangeais de la « vache enragée ».

Je le connais, il dira ne plus du tout se souvenir d’avoir aidé —à part les enfants— qui que ce soit, ni moi, ni personne, tant il est modeste.

Le samedi 16 novembre 2002

André Cailloux, mouchoirs et éponges

1-
Ce matin, soleil chétif et nous remontons en Laurentie. Ai passé l’après-midi et la soirée dans mon kiosque Troispistolien au Salon du livre hier.
Dans Le Devoir (moins cher qu’à La presse) de ce matin, pas un seul petit placard pour le Jasmin-nouveau. Beaulieu est-il si pauvre ? Même des « cabanes » modestes ( et même pauvres) font des annonces de leurs bébés nouveaux. Je veux bien ne croire qu’aux bohes à oreilles mais… il faut au moins que ces bouches-oreilles sachent un tout petit peu qu’il y a ce bouquin frais imprimé, non ? Déception de cette totale non-publicité allant de pair avec moi en « porté disparu » dans le cahier-horaire du Salon de la Place Bonaventure. La direction du Salon se vengerait-elle de mes piques publiées au printemps dans mon « Pour la gloire et l’argent »? Pas de parano, tit-gars !
Jeudi dernier, après le ratelage de feuilles mortes, j’avais « mal aux reins, mal aux reins » (Félix). Vendredi, le mal persistait. Aussi, ce matin, décision de lever les voiles et de ne pas retourner à ce Salon aux 780 auteurs ! Bilan : une douzaine de livres vendus, à 20 tomates . Ma part :
24 piastres ! Mes dépenses : bière (5$) et sanouiche (5$), la gazoline, le stationnement (15 $) :je suis un dolar en dessous ! En somme :déficit ! Payer quoi pour aller vendre-en-kiosque ! Que font les plus jeunes, les méconnus, les inconnus à ces Salons ? Tout autour de moi, comme toujours, pein d’écriveurs sans aucun visiteur-acheteur. À moins d’avoir un best-seller en route… futilité de s’asseoir là à regrader défiler les bougalous et les courbaturés.
2-
Reste un fait : tant de rencontres sympas. Jasettes amusantes avec : un ex-directeur de la SRC, avec Stanley Opan « (Oh, c ‘est moi qui ai quitté « La Presse » coupailleuse, ne te méprend pas ! »), R. Laplante de Villeray, Claire Caron, bin « chique and souelle », un ex-du-Grasset, des bibliothécaires ( « On peut pas acheter, pas le droit, il nous faut passer par un libraire » ), un type de Saint-Donat (« J’ai connu votre oncle Oscar qui buvait le bar » au Montagnard »), un voisin d’ en face, rue Saint-Denis, du docteur Saine aux injections de venin d’abeille !, Collin, un de la pinède de Pointe-Calumet qui a connu le cabinettier de Boubou, M. Poupart junior, le Sylvain Rivière des Îles (« Claude, il faut le faire ce bouquin avec nos deux quêteux, rat des champs (le mien) et rat des villes (le tien) », DesRoches le poète graphiste, deux dames de Saint-Édouard ( Ah oui, la patinoire si parfaite de l’école des garçons »!), des « Bouquineuses » de Valleyfield (« on a pas oublié votre visite vous savez »!).
Oh le beau soleil soudain à ma table ! Beausoleil (« Les Chrétienneries »), pétant de santé, souriant lui qui fait face à une poursuite de Brûlé, son éditeur (60,000$), me raconte les derniers spasmes du menacé. Je lui présente la fille de Victor, ma chère petite Julie. Elle semble éblouie ! Le Noir et la blondeur : un roman : l’ébène face à l’or. Daba, daba, bada… Bruit de colliers, de bracelets soudain : Francine Grimaldi vient me faire des bises et puis voit « le doré menacé » par des « Intouchables ». Silence. Unanimité : les filles le trouvent beau !
Ma belle bru, Lynn, venue de son kiosque « Quebecor-Publicor » avec les derniers potins : « Va falloir changer nos portes-patio, zut, brume permanente dans nos vitres », et : « Daniel promène Zoé dans le boisé voisin, soudain, surgissant d’un fourré, notre Thomas qui saute au cou
d’une fille, l’embrasse : « Ah, c’ est toi, Caroline » ? Smack, smack ! », votre Daniel, comme gêné, change vite de sentier pour pas gêner son Thomas ». On connaît mal ses enfants-en-liberté ? On a ri.
Raymond Plante me salue timidement, la mine basse, semblant blessé —par la raide démolition de Martel, samedi dernier, de son dernier récit ? Un ex-élève de mes cours en histoire de l’art, cheveux gris, déjà ? Au petit bar voisin —où on peut fumer— Louis Cornellier (critique du Dev) : « Ai pas encore reçu ton « À coeur de jour », je suis prêt à dégainer » …rigole-t-il ; dans un coin, poète Paul Chamberland, plus chauve que jamais. Revenu au comptoir de l’homme-sanouiche —« achetez, achetez nos beaux livres »—, une voisine de la cour-arrière, une « petite Lemire »… avec un fils si grand fils; un dynamique prof de Ste-Thérèse (« On veut vous ré-inviter à notre école thérèsienne, vous savez » ?), il m’apprend que leur bibliothécaire snobinarde était « contre » ma venue —leur choix aux profs— « trop cheap, trop populaire… » Eh bin, on en apprend tous les jours ! ! L’ami de Marco : le jeune comptable Trempe, à sec. Tant d’autres…qui m’aiment beaucoup « à la radio, à la télé », ne tarissent pas d‘éloges… qui n’achètent pas mon journal intime !
Aimez-moi moins !
4-
Avant le souper : Francoeur le rockeur. Il se braque devant moi, l’index levé, le verbe haut, en prof qu’il est aussi : « Jasmin ? Écoute-moé bin : y a deux livres dans ton « Écrire… » J’ai aimé. Y a un Jasmin inconnu de tous, celui de tes quelques envolées automatistes-surréalistes. C’est très bon. Tu dois faire tout un livre dans cette veine. Du Jasmin inconnu, ça. C’est bon. Oui, tu dois le faire. C’est bon ».
Un bon conseil, je trouve. Mais j’ai promis (justement dans ce « Écrire ») de quitter la littérature ! Hum… Y réfléchir. Croisé Gilles Courtemanche :mon bref salut, lui, cadenassé, menton haut, toujours comme absent, ne voyant pas les gens. À moins que…Ep, ep ! Pas de parano.
J’aime bien ces petits caucus, visiteurs, camarades, les Salons ont ça de bon. Aussi à une envoyée du « Salon de l’Abitibi » qui veut m’inviter ce printemps, je dis « oui, je veux bien, mais oui, avec plaisir ».
L’adjoint de Victor m’a parlé du Tome-2 de « À cœur de jour » (avril à juillet) pour « après janvier », je veux lui dessiner un nouveau « quichotte » avec le chiffre « deux », bien gras, pendu au cou (ou au fessier, ou aux flancs), comme aux courses ! La course du temps… quichottien. Si plein et si vain ! Lu mon titre dans la chanson (« À la Manic ») de feu Dor : « Nous, on fait les fanfarons / À cœur de jour… » —la suite ?— « Nous, on est des bons larrons / cloués à leurs amours / Y en a qui joue de la guitare / d’autres de l’accordéon / moi je joue de nos amours… À cœur de jour. J’aime cette toune parfaite.
5-
Va y avoir un autre prix. Pour les collégiens du territoire. On fait ça à Paris. Hélas, un « comité » a fait une pré-sélection. Pas de confiance. Tout d’un coup que ces jeunes gnochons sortiraient du pré convenu. Les sélecteurs : le chanoine Marcotte, le « mineur » Biron, A. Lamontagne, l’endormant Chartrand (tous du Dev !), les élus : Gauthier, Bissoondath, Gravel, Daigle l’Acadienne, Poulin retour d’exil parisien. Et vive la liberté, non ? L’an dernier, lauréate, —fameux roman que j’ai tant aimé : « Le ravissement »— Andrée Michaud.
Lu ce matin dans les gazettes : débat vite stoppé chez les fédérats russes : une seul alphabet officiel, le cyrillique. Pas question de l’alphabet latin (tel en Tchétchénie). Compris ? Aux ordres ! Ah, les fédérats ici comme ailleurs !
Encore le bas du dos très fragilisé. Tout l’après-midi avons raclé le reste des feuilles mortes, dont beaucoup emmêlées à de la glace ! Feu douteux sur le terrain. Tout est trop mouillé. Le lac est gelé sur deux mètres ! Fumée dense tout autour. Personne dehors, Dieu merci ! Aile si déçue, elle qui aime le propre, le « prêt à accueillir le printemps ».
Rentrant du Salon, hier, tard, vu la fin de Marcel Sabourin (ex-camarade de La Roulottre) face à Homier-Roy. Toujours généreux, enthousiaste, rigoleur, le prof Marcel fait plaisir à entendre. Goguenard, disert, plein d’attention bonhomme face aux questions du petit auditoire de « Viens voir ;les comédiens ». La prochaine victime : l’épouse de « J.A. Martin, photographe », Monique Mercure.
6-
Ce matin, lu : « Pas de vocabulaire, pas de langue maîtrisée égale pas de pensée solide, égale : incapacité de s’exprimer ». Aile dit « oui ». Mais je pense au simple et « paysans mal instruit », le pomiculteur Ubald Proulx à Saint-Joseph-du-lac : pas gros de vocabulaire et une pensée forte, dynamique, qui m’ envoûtait, jeune. Je pense aux pauvres du film de Pierre Perrault dans leur « Île aux coudres », pas de langue trop bien maîtrisée et quelle fougue langagière, que d’images inoubliables dans ces parlures. Aile : « Oui, la pensée compte avant tout, la capacité de penser. C’est vrai ! » Moi : « Des gens très riches en mots, surinstruits, et qui pensent pauvrement, on pourrait en nommer des tas, pas vrai ? » Stop ! On y rejonglera. Quoi vient avant…l’œuf ou la poule !
J’ y repense : au Salon, une affiche géante déclare au bon peuple passant que le patron, V.-L. B., est pris par son travail et ne sera pas au kiosque de sa Maison ». Hon ! Mauvais exemple…que j’ai suivi aujourd’hui en me poussant vers…les râteaux aux dents longues.
7-
André Cailloux mort ? Je l’imaginais immortel. À trente ans, il était le vieux merveilleux, il avait déjà sa voix de patriarche si doux. Mort ? Merde ! Je l’aimais. Tard, au Salon, je m’enfuyais, une dame : « Drôle de vous croiser, je viens de lire votre chapitre sur André Cailloux, dans « Je vous dis merci » et il vient de mourir »! Au paradis promis, il va séduire de ses contes les enfants morts trop tôt. Un sur-paradis pour eux alors, c’est sûr. Paix aux cendres de mon premier voisin à vingt ans, rue Sherbrooke angle Delorimier, à l’ex-Maison des Compagnons, ce magicien bienveillant débutait à la télé de 1953.
J’ai vu Micheline Lanctôt (merci magnéto !) avec Homier-Roy. Beaucoup d’extraits de ses productions, film, télé. Sa voix de matrone de prison ? Elle en est bien fière, la juge mélodieuse ! Eh ! Il reste que sans études sérieuses en la matière, sans expérience valable, elle a fini par s’imposer comme actrice. Il faut le dire : elle n’est jamais banale. Elle a du chien et sa voix de gorge, de « cuisinière de chantier », lui a fait un signal particulier, personnel, et fort utile aux employeurs. De plus elle sait répondre adéquatement —mieux que Miss Bujold— aux questions parfois intimidantes du souvent perspicace Homier-Roy.
8-
Appel du journal local « La Vallée » : « On aimerait bien publier un conte de Noël, signé par l’Adèlois que vous êtes devenu, dans nos pages.
J’accepte, je songe à une copie du conte pour CKAC le 20 décembre et je dis : « Vous avez du budget pour payer l’écrivain » ? Oh ! Chaque fois, silence de mort au bout du fil. Comme un : « Quoi ? On doit payer l’homme qui écrit » ? Eh oui ! Non mais… Courriel plus tard : la réponse enfin? « Vous vous arrangerez avec notre responsable du budget ». Bien, je m’arrangerai.
Autre signal : « oui, on ira vous rencontrer pour une entrevue, le 29 qui vient. C’est du « Accès Laurentides », hebdo régional bien fait. Même promesse du jeune Donahue de « L’Express d’Outremont ». Je dois me démener. Il ne semble pas y avoir un relationniste dévoué à nos livres là-bas à Trois –Pistes ! J’ai joué de mes pauvre ficelles pour « Top Secret » , le jeu de mon fils. C’est arrangé :Lévesque jasera volontiers sur son tout neuf jeu de société. Souvenir : prenant mon courage à deux mains, à dix neuf ans, je vais quêter chez la célèbre cousine Judith Jasmin. Rêve de faire de la radio, en province d’abord. Judith dans son tout petit bureau : « Écoutez, Claude, nous aidons de purs étrangers alors je ne vois pas pourquoi je n’aiderais pas un petit cousin ». Résutat ? Échec à l’examen de l’aspirant radioman par le chef Miville-Couture.
9-
À Christine Charrette : ça revole hélas ! Aile : « Avant elle avait quatre invités, c’était parfait. Ça a changé, cins, six invités comme ce soir pour un 55 minutes, c’est beaucoup trop. Insatisfaisant en effet ». La chère « Clémence » en vitesse, c’est navrant. Y était Claude Fournier qui déclare courageusement : « Les éditeurs reçoivent la grosse part des subventions d’Ottawa et ça les rend bien froussards ! » Bravo de cette révélation (?). Aveu franc. On a refusé un album-jeunesse illustre par l’épouse pour raconter l’Histoire du Québec. « On jugeait qu’il y avait trop de Lévesque et pas assez de Trudeau, refus partout. Édition donc « à «compte d’auteure ». Et, heureusement, ça marche fort. Mais j’ai ri de ces éditeurs pleutres, lécheculistes. Charrette parle trop. Questionne longuement…s’agite, gesticule (comme l’autre à Télé-Québec tous les soirs !), remue, cause, cause, cause… n’écoute pas bien —je connais ce stress. Intelligentes mais énervantes souvent.
J’ai rentré, jeudi, une corde de bûches dans la cave. Sueurs ! Tout invité « dans le nord » : « Ah, vite, on fait un feu de foyer » ! « A must ». Rituel obligé. Suis prêt ! Jeudi toujours : descente à deux du lourd « barbacoa » (Bergeron dixit), les transats, les tuyaux d’arrosage, la tondeuse —la vider de son fuel d’abord et Aile empestera le mazout, enragera ! Bon. Que la neige tombe ! Que l’hiver s’amène !
Le vieux pape polonais à l’assemblée nationale des députés à Rome. La peur ! Cage fragile. Ne pas brasser. Ne pas causer sur (a)divorce (b) sur mariage homo (c) sur adoption par homos (d) sur avortement (e) sur contraception (f) sur femmes-prêtres. Bien des tabous pour des députés modernistes comme partout en 2002.
10-
Syndicalisme bien bourgeois ? Les toubibs en caucus. 10,000 en réunion d’urgence. Noble cause :le fric , l’argent public souvent ! Émoluments actuels des instruits ? Mille (1,000) interventions chirurgicales subitement retardées. Il y a réunion des toubibs « pauvres » du Québec. C’est 184,000$ par année les revenus des docteurs ordinaires !
C’est 206,548 $ pour les spécialistes.
Et 342,514 $ pour les radiolologistes !
Pis, disent-ils ? C’est davantage encore en Ontario et dans les autres provinces. Et surtout aux USA. (Où ça coûte un bras en assurances et études aux enfants. ) Bon ! Chantage ? Bin ! On est loin des « vocations humanistes » d’antan hein ? Oui. La vie actuelle. Partout. Cols bleus, cols jaunes, cols ultra-blancs, etc…tout l’monde y en a vouloir PLUSSE de sous. Ce qui se dit ? Les médecins d’ici fuient vers l’Ontario, ceux des autres provinces aussi. Ceux d’Ontario fuient aux USA. Ceux…de l’étranger ? Viennent au Québec, c’est plus profitable que dans les « Uropes » ! Ah fuyez, fuyez…douces hirondelles ! Chanson ancienne. Des futurs grévistes en propres chiennes bien blanches.
11-
Plein d’entrevues aux écrivains invités de Paris ces jours-ci. Colonialisme un peu partout. Les écrivains d’citte ? Des minables. « Qu’ils mangent de la marde », semblent dire les chefs de pages-arts-et-lettres. Voyez : gros placards publicitaires payés par…des éditeurs de France. Alors ? Faut renvoyer les ascenseurs, non ? C’est donnant-donnant quoi. Simple business. Mascarade. La culture des nôtres, vivante, qui se fait ici ? « Lâche-nous patience » avec ça maudit « nationaleux de ceinture fléchée » ! La fermer pour pas aggraver son cas. De là le silence de tous.
Onze jours, chez le dictateur bien-aimé, en Irak, pour bien cacher armes chimiques, biologiques et, peut-être, virtuellement nucléaires. Les inspecteurs onusiens s’en viennent. Pas de guerre pour le moment. On verrra bien. On a sifflé chez Bush :pause !
La DPJ crie « au secours »: 100,000 jeunes « en débris » au Québec. Faut du fric, et vite ! La poire des taxés, nous tos, se vide, se vide ! Pauvres Landry-Maros :tant de feux à éteindre.
360 enfants disparus, introuvables au pays ! Où se terrent-ils donc ? Où sont-ils donc enterrés. On fait appel aux voyantes parfois (Lise Pascal aux « Francs-Tireurs ») Le doc Chicoine d’une franchise totale avec Martineau, rare parole. Épais mystère que ces jeunes « portés disparus ». Des parents en lambeaux. Nous écoutons tout cela, impuissants, enragés. Déçus ! Le monde tourne comme il peut. Les nouvelles ? Un poison vif. Ne plus les écouter ? Une lâcheté ? La santé mentale ? J’en connais : les deux oreilles bouchées. Ils n’en peuvent plus.
Platitude d’écouter Chantal Paris, ex-star-pop, chez « Arcand en direct », en direct :fadaise !
René Jacob, éditeur de Beauce, veut me voir…Où, où ? Projet d’album illustré pour 2003 ? Hâte de le contracter en personne. Mais où ? Chacun a ses urgences.