Le vendredi 8 novembre 2002

1-
Fin du soleil arctique d’hier, si luisant, ce matin peu de bleu au ciel, bien peu. S’en aller voir le travail de l’amie Françoise Faucher ce soir à « Denise-Pelletier ». Revenir ensuite…ou rester à dormir Chemin Bates ? On verra. Aile surveille notre agenda. Fêtes à venir : chez ma fille, chez Dame Cousineau, chez ma soeur Nicole, au restau italien…Mmm…
Ai encore sorti la brosse, neige tombée cette nuit. L’hiver déjà ? Rallonge au journal : j’ai vu qu’il débutait le 9 décembre, je ferai donc huit jours de décembre. Aile l’a lu. Pas déçue. Craignait des indiscrétions ? Bof ! Y a vu un tas de coquilles, les miennes, nombreuses, et celles de la révision qui s’ajoutent. Inévitables ces erreurs. Ai l’habitude.
Fringale de diariste ? Sorte de deuil à venir ? J’aimais bien jaser ad lib ici…Possibles, ces regrets inconscients. Pas d’écho à ma demande de chroniquer au Devoir. Bof ! Peu d’espoir en réalité. Je songe maintenant à l’hebdo d’ici « Accès ». On verra. Ou bien…me taire une bonne fois. Et aquarelliser en paix. Et lire encore davantage ! Mystère de constater que Le Devoir ne publie pas mon texte sur les ruines de Cochin à installer à Larouche, Saguenay ! Grand mystère. Une secrétaire me dit : « Le directeur a voulu que l’on montre votre « papier » à un de nos journalistes ». Bon, bon.
2-
Devenant de plus en plus sourd, il vient un moment où je ne peux plus entendre ces criard à la télé et je monte me coucher. Hier soir Aile : « Tu as manqué Grégory Charles et ses remèdes farfelus, Paul Houde, excellent à ses nouvelles folles… » Dany Laferrière, qui ré-écrit ses bouquins, y fut savoureux, très « poker face », fort bon comédien. Cré Dany va ! Je m’ennuie de lui, le verrai au Salon de Montréal ?
Vu hier un Claude Léveillée en acteur à « Tabou », il y est fameux. Souvent les chanteurs excellent en comédiens :Aznavour, Yves Montand, ici, Dan Bigras (si naturel dans « Tag », Gauthier, etc.
Mode conne : on tourne deux séquences d’un texte (« Tabou » hier, scène d’hôpital, scène avec le télescope) et puis on les saucissonne ! Faux rythme. Imbécile manière pour donner du « pep » à une émission. Foutaise qui me fait enrager. Peur…mépris du public. Imitation des poubs quoi., Pas plus d’une minute sinon, n’est-ce pas, le public (tous des imbéciles impatients ) va zapper ! Démagogie des monteurs aux ordres !
Ai vu la suite des « Le rêve brisé » à TV-5 hier. Conclusion navrante. un : il y a eu des tas de négociateurs sincères pour cette paix difficile entre Israéliens et Palestiniens, des tas. Deux : il y a les religions et les « mythes historiques ». Reste du Temple antique, mosquée sacrée…Barrières funestes ! Échec donc ! Les pacifistes des deux côtés des barricades sont minoritaires. Très. Paix qui fuit, qui fuit…Des morts sans cesse, plus nombreux certes chez les pauvres, les Palestiniens. Horreur !
3-
Faut absolument que j’aille m’inscrire à la piscine la plus proche, au Chantecler, ern face. Faut ! Tous les toubibs : la santé ? De l’exercice physique. Y voir Cloclo !
Godbout (que le dernier « Couac » matraque de nouveau) raconte le livre étrange de la fille du mythique J.D. Salinger, Margaret. « L’attrape-rêves » fat voir une fillette coincée entre ce papa célèbre « tranchant » et une mère « agressive ». Margaret au couvent ! « Papa l’ermite » se livrant aux « boudhas nouveaux » et à « sa » dépression, à Cornish, état de New-York. Cette famille éclatera. « Lucide et tendre », dit Godbout. Des rapports complexes quand on a un père…génial ? Oh oui, on le devine. Je lirai ce bouquin, j’aime tant les biographies.
Ah certains Québécois ! Fameux. Dans tous les domaines. Le trafiquant Lucien Rivard, un Québécois fort célèbre, fut recherché par toutes les polices et dans toute l’Amérique du nord, son « histoire » fut bien raconté par Auger et Cie à TQS. Camouflé par son dancing populaire célèbre « Plage Idéale, Inc » à Sainte-Rose, Rivard organisait ses commerces illégaux en paix. Montréal était devenue, sous Rivard, la formidable porte d’entrée des drogues dures. Héroïne en masse !
Il y eu délation et puis énergique « chasse à l’homme ». On le « voyait » partout, à Los Angeles, à New-York…Il se cachait pas loin d’ici, à Piémont ! Déménagé vite au bord du Lac Saint-Louis, il y fut cerné et amené. Ensuite, évasion inouïe de la prison de Bordeaux, ma voisine dans ce temps-là. Le FBI exigea qu’on le « déménage » aux USA ! Le bras-droit des Cotroni ira donc « tauler » aux USA longtemps malgré ses appels à l’aide aux politiciens importants (Libéraux d’Ottawa !!!) qu’il avait aidé (en organisateur d’élections) si longtemps. « La filière française » (Paris, la Corse et Marseille) en fut ébranlée très fort ! Il va mourir ici, retraité de tout cela, à 85 ans. Ah oui, il y a des Québécois hors du commun !
4-
Encore les coupures de gazettes qui s’amoncellent sur ma table. Les jeter à la poubelle ? Oui. Le journal intime devant rester un vrai journal avec « pas trop » des journaux ordinaires. Copup de fil soudain : la peintre Michèle Bastin que j’avais loué dans le temps. Elle expose. Veut me voir (« en invité d’honneur », dit elle ) à son vernissage. Ne peut le lui promettre.
Beausoleil (Les Chrétienneries ») m’expédie un mel : son dossier contre « Les intouchables » de Brûlé où il ne « touche » pas ses redevances. Une affaire sale. Scandaleuse. Envie de plus de me tenir loin du petit monde mesquin de l’édition et de peinturlurer, pour moi tout seul, des images folles, dans ma cave. La paix.
Départ pour la métropole : aller entendre brailler sur scène un homme qui est insulté par les hommes de son temps, légers, inconscients, calculateurs, …un texte de Molière, avec Gagnon en misanthrope. Y trouver comme un écho à mes enragements quotidiens ? Y résister aussi car j’aime la vie comme un fou si je hais tant la société actuelle. Oui, départ. Aile m’appelle et j’aime aller vers elle quand elle m’appelle.

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