Journal – 27 Décembre 2002

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Hier, avant-hier aussi, le beau soleil, voici un vendredi sombre pas mal, pas grave, mais hier midi, un spectacle rare alors que nous montions en laurentie, le ciel en deux vastes sections, au loin un bleu pâle parsemé de nuages pourpres, presque noirs, et, plus proche, firmament d’un bleu royal, très saturé, avec des nuages d’un blanc immaculé, stimulant paysage céleste à deux voûtes dissemblables, tout roule, sommes sur une boule, l’oublier sans cesse, tout roule, jeu de bascule des jour, oui tout roule, l’an nouveau s’en vient, tout roule, 2003, paf, coup de pistolet, de départ, mercredi qui vient, vu à la télé mardi soir le pape agonisant sur son autel au vatican romain, temple sur-décoré, aile fort émue de ce petit vieux en blanc, incapable même de lever le calice symbolique, on lui tient tout, le missel, le livre des épîtres et des évangiles, image d’une caméra fureteuse, une belle romaine en train de bailler à pleine bouche, oh !; le lendemain, noël et pas de journaux, malaise, drogue absente enfin, je termine le document-magazine sur nietzsche, bon débarras, un réfléchissant mystérieux, une pensée se voulant décapante, novatrice et, au fond, des idées aventureuses, un programme fou sur le volontariat, la recherche d’une puissance insolite, superman non, me retenir de juger trop vite n’étant pas du tout familier avec ses livres, juste le sentiment d’un grand inquiet qui méprise au fond ses entourages, qui voudrait réformer radicalement l’homme, une prétention valable certes, il finira fou, à jamais interné dans ses condamnations, rares sont ceux qui sont aptes à un tel brassage des convenances, des héritages accumulés, ambition démesurée qui mène à des potences, des prisons, à la folie, et, il y a longtemps, à la croix du christ

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avant noël, deux sorties nulles, l’ouvre boîte chez duceppe avec deux bons acteurs mais un texte qui vieillit mal, du sous-beckett, une soirée bien décevante, même inutilité de descendre à saint-jérôme pour ce « gangs de new-york » du cinéaste martin scorcece, faux documentaire bien rempli de coups funestes, de sang, de morts, gros paquets d’images, immense tas de figurants et un récit inchoatif très insignifiant, espérer mieux en visionnant « le rapport minoritaire » de stephen spielberg, plongée dans l’anticipation, nous sommes en l’an 2050, récit d’une brigade policière sophistiquée, d’un visuel étonnant, une histoire compliquée quand trois « voyants », plongés dans un bain capricieux, ont le don de prévoir qui va tuer et où, l’organisme policier baptisé « precrime » est, hélas pour ses promoteurs enrichis, faillible, oh, et l’on assiste alors à une conspiration pour stopper ses manigances, aile toujours excitée quand il faut décoder un récit complexe, son vif plaisir et, à la fin, une certaine déception, hier soir, « infidèle », un film loué encore, et, cette fois, une bonne vieille histoire classique, le triangle connu, le récit d’un coup de sang, du coup de foudre surprenant entre une jolie épouse de banlieue newyorkaise et d’un bel amant, avec une fin amorale illustrant le mari cocu en tueur du jeune séducteur qui ne sera pas puni, bien reposant pour les méninges que ce drame bourgeois bien ficelé

un certain gaston beauchamp nous a fait part, la presse, de sa fuite des fêtes rituelles qu’il honnit, il s’en va loin, au soleil et « adieu familles et cie », mon frère raynald fait cela désormais, son droit bien entendu, il est rendu loin, à l’île maurice, il a quitté l’afrique du sud, cape town, il vante le soleil, la bonne bouffe, il nous annonce son retour pour bientôt, encore parti donc sans prévenir, il a toujours été secret, indépendant, ce « petit frère » me reste une sorte d’énigme, à noël, aile et moi à « la cité de la santé », dans une chambre d’isolement, observant fernande en débat grave contre un cancer, chauve, pâle, elle fait face, le frère d’aile, jacques, tente le stoïcisme devant la fatalité, après, au souper à la dinde et cie, chez colette, ce sera le petit bonheur des gens en santé, le gros labrador noir innocent qui fouine sans cesse, les jasettes variées sur la vie qui…roule, le lendemain, promenade au soleil sur l’anneau-aux-piétons du lac, le soleil revenu, c’était noël dépassé et il n’y a que les enfants pour y avoir pris tant de plaisir, c’est la fête de la candeur et nous sommes vieux, vieux mais sereins, laisser le temps rouler

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hier, ai signé le contrat de VLB pour « tuer le temps », le tome deux du journal, signé aussi pour les arrangements du salon du livre de l’abitibi au printemps prochain, ai reçu de gentils méls pour mon conte de ckac, l’amie marie-josée au téléphone tantôt qui me dit l’avoir entendu dans la nuit de noël, en reprise et l’avoir apprécié comme, me dit-elle, les appelants en tribune téléphonique qui suivait, ce récit naïf du temps de l’orphelinat saint-arsène si éloigné de ce que je lis :on vend, au nevada, usa, des lots sur la lune, folie pure ou quoi, je songe alors à mon île à la baie james, baptisé « la petite patrie », oh, y aller mettre les pieds un jour ? folie pure, j’ai terminé le raymond queneau, une vie bizarre, le fantaisiste de son académie de pataphysiciens : « la grand guidouille », il était savant mais refusait carrément ce qui se nomme l’esprit de sérieux, le mathématicien-poète abonné de « l’ouvroir », de « l’oulipo », naviguait entre sciences et surréalisme, offrit à la juliette gréco une chanson célèbre, « si tu t’imagines… », et quoi encore ?, se fit scénariste de cinéma et, jusqu’à sa mort, « fleuretera » avec le catholicisme, allant encore à la messe vieux, imprégné des lectures spiritualistes de sa jeunesse, dont son cher rené guénon, comme lui, influencé par le grand confucius et la pensée mystique asiatique, bref, un bonhomme hors du commun

une fidèle correspondante internaute, sachant que je veux écrire sur un missionnaire exilé me recommande de lire, d’émile zola, « la faute de l’abbé mouret », je dois dire que ce projet de roman semble s’évanouir, oui, il ne me tenaille plus très fort et quand un sujet se ramollit, je le sais d’expérience maintenant, vaut mieux m’en éloigner et jeter mes notes au panier, j’ai plutôt envie de mes illustrations pour l’album promis par mon beauceron-éditeur, le goût, cette fois, d’images vraiment libres et sans me limiter à l’aquarelle, oui, j’y mêlerai tout, mine de plomb, sanguine, feutres, encre de chine, pastel, huile, tout et mon rené jacob sera épaté…j’espère

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mohammed lofti, animateur valeureux des « souverains anonymes », se débat avec moi car nous échangeons des méls, il vomit la notoriété, s’insurge contre les dany laferrière qui feraient un bien mauvais usage de la célébrité; je tente de lui expliquer que « les gens connus » sont victimes d’un effet et que la cause de cette notoriété, si funeste aux yeux des lofti, est leur talent et non l’inverse, il me fait rire quand il dit « fuir comme la peste la notoriété », or, la célébrité, on ne la fuit pas, elle vous attrape que vous le vouliez ou non quand vos ouvrages sont reconnus; il y a chez les lofti une pose saugrenue quand, justement, aucune notoriété ne s’attache à eux puisque les lofti nagent en eaux de confidentialité; quoi?, il fuit ce qui le ne le poursuit pas ? c’est d’un comique non ?

avant noël, chez mon fils, pas de mon cher simon à Ahuntsic, ah les filles !, parti chez la petite amie, c’est inévitable quand nos enfants vieillissent, la maison se vide peu à peu, chez colette le soir de noël, pas de son cher Claude, une « blonde » à québec, eh !, je me souviens, à certains noëls, maman triste, ses plus vieilles parties fêter dans la famille du fiancé, ma crainte pour demain soir, à la fête de mon marcogendre, mes trois ex- mousquetaires y seront-ils ?, pas sûr, la vie roule, le temps roule; un internaute tantôt me narre qu’il fut contrarié par son enfant et son envie urgente de « pipi », lui qui rate, à regret me dit-il, la fin mon conte rituel à ckac, il ignorait le texte ici sur le site, il en est averti; je lis que Ricardo trogi, cinéaste à succès avec « québec-montréal », était gêné quand son papa parlait italien, il ajoute : « je l’ai appris plus tard pour comprendre aux fêtes familiales ce qui se disait », je me suis souvenu de la honte de mes petits camarades, rue drolet, quand les pères parlaient en italien pour les faire rentrer à la maison, cruel cette honte non ?, je ne comprenais pas cette gêne, enfant, j’aimais déjà cette langue, ce trogi ajoutera : « comme moi un jour, ils sont tous allés voir d’où ils venaient »; la vérité, la réalité : impossible de renier ses racines à la longue etc c’est bien parfait et cela fera suer les déracinés, tous ceux qui éprouvent une honte imbécile quand on veut causer « commencements, patrimoine, ancêtres, histoire, etc. »

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je me suis revu avec horreur à « tous les matins », la veille de noël, tentant à plusieurs reprises de faire taire mes petits auditeurs pendant que je racontais mon « alligator du lac gelé »; on vous a dit « tu as huit minutes, Claude, pas une de plus », le minutage horrible; avec mes petits fils c’était la liberté, mon bonheur de les écouter m’interrompre pour ajouter leurs inventions, des suggestions parfois, et je bifurquais volontiers, je joignais leurs spontané propos, ils collaboraient à l’édification de mes contes, ils me guidaient, j’y voyais un intérêt formidable, un besoin de corriger le tir avec des : « non, non, papi, pas de ça, on va dire plutôt que… », quel plaisir c’était alors; aucun régisseur de studio pour me montrer avec ses doigts : « quatre minutes, trois… »

on ira gueuletonner chez mimi lépine samedi soir, puis chez lynn-à-daniel, mercredi soir, jour de l’an neuf, aile toute heureuse dit : « c’est mon année de répit », on fait du chacun son tour par chez nous, or, hier soir, je lis un petit livre-guide pour voyageurs au mexique, bien fait, avec des conseils précis, me voilà rêveur, ah oui, partir visiter ce Mexique où nous ne sommes jamais allés, je m’empare alors d’un bouquin plein de photos —de larousse— sur ce pays, une bonne fois, une bonne année — hon! la tentation— plus de repas de famille en série, louer un véhicule de caravaning westphasia (?) de volkswagen, s’en aller parcourir les grandes villes mexicaines, vagabonder au soleil, de la caraïbe au pacifique, boire de la tequila, visiter les ruines précolombiennes; non, non, je ne pourrais pas, au fond, ces fêtes, encombrantes peut-être, sont le bon moment pour nouer un peu plus solidement les…racines, ces sacrées racines, ces racine sacrées… nous irons au mexique, aile, un bon jour, après ce temps des fêtes, des retrouvailles, promis… quand ?

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louis cornellier du devoir, séducteur habile, me donne le goût de lire « l’évangile selon pilate » du dramaturge connu éric-emmnkjel schmitt; cornellier écrit : « il a un génie inégalé », diable !, « une évocation d’une puissance renversante », diable de diable !; ce schmitt raconte judas, hérode, joseph d’arimathie, un jésus crucifié à mort qui aurait un double, un sosie peut-être… pilte se questionne, doute, cherche… le critique ajoute : ce pilate romain, pèlerin ébranlé, dont l’épouse s’est convertie secrètement … « offre une expérience dont le lecteur ne se remettra pas facilement », bonté divine !, faut le lire, non ? Piqué, je lis en finale que Norman Mailer aurait publié un tel « récit

bouleversant », titre : « l’évangile selon le fils » (chez pockett-2001) mais que cet « évangile selon pilate » (éditeur : livre de poche, paris, 2002), lui, subjugue », c’est dit, je me le procurerai…

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j’écoutais à la radio publique, cbf,fm, un beau parleur belge itinérant —la cinquantaine— qui racontait avec verve, innocent, inconscient— sa fabuleuse, selon lui, rencontre dans un restau avec l’acteur connu, burt lancaster; étonnante l’idolâtrie de ce « vieux tintin » face au cinéma américain, il va s’agenouiller devant l’idole de sa jeunesse, lui contera en détails sa filmographie, lui dira sa reconnaissance totale; le vieux lancaster ému, troublé même, lui donnera une belle longue dédicace, un souvenir —son chapeau— et lui fera une pirouette de cow-boy avant de quitter le restau; voilà mon petit belge, un intellectuel bien colonisé, complètement bouleversé de reconnaissance; j’ai jamais vu cela !, comme je suis étonné chaque fois quand j’entends un tel dévot des américaineries; la belgique fut, après la guerre, un chouchou des usa, c’est bien connu, dans ce petit pays —au fond, et en fait, colonie, province intellectuelle de la France, réticente, elle, à l’empire-usa— la puissance des puissances devait y dénicher une sorte de bonne volonté utile, la domination américaine s’y installait, pas seulement avec ses films; une déferlante face au grand chaos de l’après-guerre…viendra plus tard la « révolution tranquille » de sa majorité humiliée, les flamands et viendra une belgique menacée coupée en morceaux…

sur ce même sujet, j’expliquais l’autre jour à mon aile bien-aimée, une fatalité maudite : nos émigrants, pendant si longtemps, trop longtemps —portugais, italiens, grecs, etc.— se joignant aux anglais d’ici, une minorité pourtant; je faisais un parallèle, à Bruxelles, les émigrants ne se joignaient pas aux flamands pourtant majoritaires dans le pays, oh non, ils s’alliaient à la minorité régnante, dominatrice, les belges francophones; ainsi, imaginons la hollande comme une province allemande avec un bon noyau d’allemands à Amsterdam, les émigrants se joindraient à cette minorité allemande et négligeraient les hollandais…c’est inévitable; à montréal, nos nouveaux venus découvraient rapidement de quel côté était la puissance —économique, culturelle aussi— un continent entier était anglophone tout autour… l’émigrant, fragilisé toujours, songe à « l’avenir le meilleur » pour ses enfants; « cui cui cui », mon histoire est finie, elle illustre l’abandon généralisé —il faudra une loi, hélas, pour stopper l’hémorragie— de ces gens qui auraient dû —normalement, naturellement— se joindre à nous français d’amérique et ne le firent point

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aile revient du magasin public d’en bas de la côte morin, là où on vend l’alcool, foule, cohue, on donne une bouteille par achat de trois, elle parvient malgré tout, sans resquille, affirme-t-elle, à acheter son stock, pour chez lynn mercredi, pour chez mimi samedi qui vient, on a vu à la télé de ces foules furibondes envahisseurs de boutiques de toutes les tailles, on veut profiter des aubaines, mouvement moutonnier curieux baptisé « boxing-day », fou mais il m’arrive de me croire anormal ne participant jamais à ces vagues courantes, l’instinct grégaire, si fort au fond de nous tous, fait cela, on se questionne :pourquoi est-ce que ces modes répandues me laissent de glace ? suis-je bien incarné ? est-ce que je vis en… asocial ? je ne veux tellement pas me sentir différent de mon monde, de mes gens, de mon groupe, bêtise ?,

enfant, nous voulions le yoyo populaire, ou le bilboquet, le bolo à la mode, on va porter la casquette à palette… comme tout le monde, on va rire à des farces cochonnes idiotes ou racistes parfois, tout le mode rigole, pourquoi pas moi ?, faiblesse maudite, pour bien montrer son appartenance au groupe, le jeune résiste mal, bien mal, à se distinguer, à résister aux us et coutumes ambiants, c’est une loi, non écrite, personne ne veut se monter comme réfractaire à ce qui excite la foule, la foule des siens

j’ai vu parfois des nouveaux-venus, surmontant un certain dédain normal, une réticence louable, se fondre volontiers dans une mode niaise puisqu’elle allait se répandant et qu’il voulait tant montrer sa bonne intégration; il n’en va pas autrement face à cette rumeur confuse qui fait que, oui, oui, il faut absolument voir tel film, lire tel bouquin, regarder telle émission de télé, le plus souvent, je fais partie des méfiants et n’en suis pas toujours content car la fierté a ses limites, il vient un moment où l’on a envie —abandonnant ses airs rebelles, sa nature profonde de dissident— oui, où on a envie de se fondre, car il est bon, il es chaud, de faire partie d’une vaste famille, d’un vaste groupe, c’est un vieux besoin enfoui en chacun de nous, mais bon, je résiste et je résisterai encore et souvent aux diktats des « jet sets » mondains, je n’aurais pas dû aller voir « gangs of new-york » par exemple, on m’avait prévenu de l’inertie d’un récit mal mené, la putain de pub fait ces ravages, l’écœurante complaisance des (souvent jeunes) commentateurs fait cet ouvrage de « suiveurs », je n’aurais pas dû acheter le Rolin « si parisien », —« tigre de papier », comme je regrette d’avoir acheter ce tout récent livre du professeur Chassay, « l’angle mort », un roman bavard et si niais, si con, si emberlificotant et si nul, histoire sans colonne, invertébrée, que j’ai abandonnée vite, où le récit est noyé dans une affreuse diarrhée d’un logogriphomane fade, mais il y avait tous ces articles aux éloges mécaniques —dans « voir » surtout— ainsi ma chère aile regrette son achat du dernier john irving, « la quatrième main », disant : « j’ai négligé tant de bémols —avertisseurs utiles pour une fois— publiés un peu partout », que d’argent gaspillé, viande à chien ! oh, à propos, notre surprise, à duvernay, à noël, quand frère-pierre et sa colette nous révèlent n’avoir éprouvé aucune émotion, aucune, au film de binamé « séraphin », on se questionne, sommes-nous devenus des sentimentaux braillards, cette « donalda » sacifiée…jouée si parfaitement pourtant… mystère, de gustibus hein ?

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émus hier au bord du lac voyant l’ami et voisin jean-paul avec sa soeur aînée en visite, tremblotante un peu, toute contente d’admirer le paysage d’hiver en laurentie retrouvée, son élocution heurtée, fragile, la voix de ceux qui achèvent de regarder un paysage aimé justement, vieillir, mourir, oui, oui, le temps roule vraiment trop vite…

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aile monte , me dit : « pour fernande, ça va pas mieux, on va la vider de tout son sang, on va lui injecter de la moelle, je ne sais trop comment ça va finir, mon frère jacques en alarme, tu sais… », le temps roule tout croche pour trop d’entre nous…à noël, elle nous dit, assise raidement, poupée blanche, sur son petit lit d’hopital très mécanisé : « qu’est-ce que j’ai fait ? », le « pourquoi moi » fatidique; « non, fernande, tu ne mérites pas cela », personne ne mérite rien de mauvais, cette lancinante question quand on tombe, quand tombe le malheur sur soi —ou sur quelqu’un qu’on aime— ce terrible « qu’est-ce que j’ai fait », —sous-entendu :de mal— comme l’enfant puni sans raison, se sachant innocent, « pourquoi moi » ?; le temps roule de travers parfois, il roule tout croche pour ceux que nous aimons, victimes de malchance, peu importe la belle zizique à la radio, les tites lumières joyeuses pendues aux sapins ici, pendues aux balcons des maisons de ville, partout quand on roulait mercredi dans la noirceur, dans des rues si pauvres parfois…Éclate soudain tantôt à mon poste : « glo-ooo-ria… in excelsis deo… », si jamais on me laisse monter au plus haut des cieux, si jamais je rencontre ce Yaveh, oh lui, « l’éternel » ! Bon… me taire, redevenir modeste, aller lire cet « épître aux corinthiens » juste pour voir, pour savoir pourquoi nietzsche aimait tant ce vieux texte écrit d’abord en grec, tiens. !

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