Journal – 6 Février 2003

Jeudi 30 janvier, soleil sous vent glacial mais promenade-sur-le-lac rituelle. Le lac-à-pistes en « place publique » avec pauses-rencontres. Un voisin, Jodoin, lassé des propos sans cesse sur « mes maladies chéries ». Brise de cynisme? Non. Il a son mal mais se tait, lui. Nation hypochondriaque ! Accablante fixation sur « la santé menacée ». Obsession entretenue aux actualités sans cesse. Morbidité nationale. Compensation pour quoi donc ?

Vendredi 31 janvier, mon fleurdelisé —déchiré— en berne, un soleil libre. Notre premier bain de soleil sur un « banc public-banc public », salut Brassens ! Nos visages illuminés par mille millions de cristaux : argent, rubis, or, turquoise et grenat ! Relu : « Notes américaines » de M.-C. Blais. Un univers (1963) nous sépare, elle, libre, la boursière raconte ses séjours subventionnés femme-« dandy » : Paris, Boston, Cap Cod (Wellfleet), Floride (Key West). Les hippies changés en yuppies. Lecture fade. Me plonge alors dans le Max Gallo, « Histoire du monde ». Captivant de récapituler l’Histoire à partir de 1789, « Ah ça ira… ». Laferrière lui a engrossé— et fait ré-éditer— le captivant « Cette grenade… ». Un parcours mou, fictions et réalités : l’itinéraire flou « d’un nègre sans se fatiguer ».

Samedi 1er février,
du temps doux avec le bonhomme Galarneau. Promenons-nous…tandis que le loup y est pas. Terminé le Dany L. : « Cette grenade… » Imposture que ses interviews imaginaires avec des Noirs célèbres ? Ce roman, et-ce une arme ? Tissu des événements racistes survenus aux USA. Me garroche en nouvelles illustrations pour mon album de cet automne. Mal aux reins, mal aux reins (du Félix) : peindre, c’est physique.

Mardi 4 février, depuis dimanche, médias remplis à ras bord d’infos sur Columbia perdu. Nécrologie spatiale détaillée. Secouant la morosité, sommes allés voir le gros « Chigago » au petit Saint-Jérôme. Bonheur total pour l’ex-scénographe en variétés. Chorégraphies hallucinantes :le tango à la prison des femmes, les marionnettes humaines, le tribunal sur « tap danse », la trapéziste et la pendue. Lundi soir, appel de CKAC : devoir vite remplacer Mme. Cousineau en critique de télé. Retrouvailles avec mon Arcand « ex » comme moi de CJMS. Rigolades avec piques et horions :mon genre.

Mercredi 5 février, ce matin, parking et centre-ville sous froid sibérien. Mortels miroirs, à perte de vue. Bedang !, je m’écrapoutis de tout mon long, miracle, pas une égratignure. Lunch du midi avec David-petit-fils, celui avec qui je dialoguais tout un été dans La Presse. Sympa « Café de Vienne » sur la Catherine. Le jeune « concordien » me vide son lourd sac à manuels scolaires dont « Istamboul en Sicile ». David adore l’histoire, aussi le droit ! Il hésite sur son avenir, court ses deux lièvres. Le soir au « Petit Italien », rue Bernard, bouffe extra et jasettes avec le « Groupe des 7 ». Tous les matins —pour CKAC— voyant les fourmis à « attaché-case » (Peel et Ste-Cath) naviguant entre les hauts buildings, l’infernal grouillement citadin, j’ai très hâte de remonter en Laurentie. Suis donc devenu villageois heureux ?

Jeudi 6 février, ouf ! Retour ici. bienvenue « sweet home », adieu les glaces métropolitaines aux mille reflets sinistres. Rue Morin : de la si jolie neige. Feu de cheminée ce soir et mes chers bouquins (le Gallo, vie de « Duras », un livre neuf sur le Prof Lauzon des USA : Chomsky, l’anarchiste. Fascinant. La paix dans le nord, le cher.

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