Journal -4 Mars 2003

Vendredi 29 février, le téléphon. Ghislaine Paradis : « Reçue votre pemier-jet-projet, on a bien ri, Christine (Lamer) et moi. Bon votre synopsis intitulée « Deux folles ». Faut nous revoir pour en jaser ». Ma crainte. S’il fallait.. »oui » à ce téléroman ! Mes autres projets ? Le créateur —trop de fers au feu— emmêlé… aussi, ce si beau soleil en Laurentie depuis deux jours invitant au farniente. Sacrées compulsions scriptomanes ! Je voudrais ne plus rien faire quoi, retraiter de tout.

-Terminé cette vie de la célèbre « Duras » de Virconcelet. Hagiographe certes mais avec un style à scansion —il imite sa chère M.D.— très captivant. Me rendre compte que la Duras —elle aussi ?— ramène sans cesse son enfance. Et l’ « amant chinois », en Indochine. La grande Colette disait donc « vraie » : « L’enfance, une plaie qui ne se referme jamais ».

-Oh ! Trois lettres de mes sœurs : de Marielle (avec antiques photos, je m’ausculte à six mois, dans les bras de môman !) de Marcelle « l’épivardée » de la famille, de Nicole, la sage benjamine. J’ai donc plein de nouvelles de la famiglia. En suis fort heureux. Y répondrai.

Dimanche le 2 mars, j’ai mal. Le petit-fils David, devenu un géant au « Café de Vienne ». J’ai tant joué avec cet enfant de ma fille. Pourquoi mon malaise ? Il a 20 ans ! Moi, 20 ans, c’était il y a un demi-siècle. Je suis jaloux. Toute la vie devant lui. Je me sais au bout de mon rouleau. Si peu de temps devant moi. J’ai mal. « Le temps nous tue et on tue le temps », Jean Genet. Se retrouvé essoufflé d’un simple escalier, être aux portes du dernier « droit ». Peur. Mon David ne se méfie pas, il a confiance. Il dit : « Salut papi, ça va ? » et jette son sac bourré de manuels savants sur une table, décroche son baladeur, pique un beignet (de Vienne), brasse son capucino, zieute une jolie Noire. Je ne l’intéresse plus trop ? Il a raison. Je me suis sauvé après le lunch, David est ailleurs, dans sa jeunesse et moi, l’intrus, je retourne au quai du grand âge, la gare où j’ai mal.

Mercredi 4 mars, neige après neige martiennes, doux temps soudain. Jadis, rire auprès de mon examinateur d’intestins. Écran avec vertes images. Je dis : « Faites une cassette. À vendre aux archives : « les entrailles (bénies ?) d’un écrivain ». Aucune cote (crotte) d’écoute. Hier, je lis qu’un loustic quidam a minutieusement préparé ses funérailles. Bonne idée ? Le ferai : procession du marché Jean-Talon à l’église italienne de mon enfance, puis exposition du corps (glorieux ?) sur un radeau au milieu du lac Rond avec feux d’artifice. Je plaisante à peine. Réveil brusque : « Voir » veut vite un « papier-grande-gueule » sur ce Duplessis résurrection par l’ADQ. Ça va fesser, je m’y mets drette là. Dire que Michel Dumont (chez Duceppe), ces temps-ci, examine mon texte dramatique : « Le patriarche bleu, Duplessis » (Lanctôt éditeur ) et voudra peut-être le monter. Le montrer. Je touche du bois.

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