L’ERREUR BOMBARDIÈRE

Nous devons encourager les décideurs du « Point » à présenter davantage de ces savoureux débats polémiques. « La critique est le sang de la pensée », Valéry. L’erreur à Radio-Canada, lors de ce débat « mariage des homos », est d’avoir mis une personne célèbre, de grande notoriété, expérimentée, habile en dialectique, face à un inconnu sans guère d’expérience en la matière. C’était injuste pour Louis Godbout. Il aurait fallu, pour seul exemple, lui opposer un Richard Martineau (pro-mariage gay). À part ce vice-de-forme, les altercations télédiffusées sont une sacrée bonne idée. Denise Bombardier, politisée, à la pensée fort bien structurée, pas responsable du choix du débater qu’on lui opposait n’avait pas à retenir son cheval, ni son épée. Elle a très bien fait. Certains observateurs, s’ identifiant à la victime, manifestent un mécontentement agressif contre l’habile meneuse de diatribes. Un correspondant du Devoir, G. Dion, va jusqu’à jouer d’amalgame et lui reproche d’avoir attaqué (chez Pivot) l’écoeurant suborneur de mineures avoué, G. Matzneff, disparu du paysage médiatique depuis.

Un show, ces débats, dit-on ? Oui et ils sont trop rares. Ils nous changent de tant de shows télévisés aux contenus si vains et si niais, si vides. Denise Bombardier n’a nul besoin de défenseurs, je le sais, mais comment laisser passer des attaques sournoises venues de jaloux imbéciles qui n’aiment pas son franc-parler, sa lutte contre la Rectitude politique des couards et l’odieuse langue de bois. D’accord ou pas avec ses positions idéologiques, Denise Bombardier ne laisse personne indifférent, c’est peu dire. L’envie est sale conseillère et la tentation québécoise de toujours diffamer nos grandes gueules nuira toujours à l’expression libre des opinions.

J’en profite pour faire remarquer que Paul Martin, très probable futur Premier ministre, déclarait à la télé récemment que la québécoise « loi-Bégin » sur l’union civile de conjoints homosexuels mériterait seulement quelques améliorations. Espérons qu’il examinera aussi le PACS (Pacte civil de solidarité) , en France, qui a su, lui, éviter les actuels débats stériles. Et vive la polémique !

Claude Jasmin

Sainte-Adèle

22 septembre 2003

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