Courage Mimi !

Ne craignez rien, nos chroniques (à ACCÈS-LAURENTIDES) ne sont pas faites pour répliquer les uns aux autres. Mais là ! Ayant lu, ici, les dernières « humeurs » de Mimi — « l’école, une dictature, foin des vêtements, faut la qualité du français »— je n’en pouvais plus. Mimi, courage ! Sachez que nous sommes nombreux à affirmer que vous pratiquez « le plus beau métier du monde ». Le plus important : instruire des enfants. Une certaine grogne ne doit pas trop vous instabiliser. En effet, Mimi, au lieu de brailler en médias, des parents devraient mieux s’intéresser à leurs écoles, participer plus activement aux réunions-de-parents.

Sachez aussi, Mimi, que des enfants grandis garderont longtemps dans leurs cœurs le souvenir d’un (e) bon prof. Je n’ai jamais oublié « monsieur » Gérard Saindon, modeste prof de 4 ième année à mon école de la rue De Gaspé. Un animateur rare, qui aimait ses petits écoliers sans laxisme. Il nous faisait fêter la St-Valentin comme l’Halloween avec intelligence. Rigueur et bonne humeur sont compatibles, vous avez raison. Ni n’oublierai le prof Roland Piquette, au secondaire (à Grasset), qui adorait son métier. Ni, plus tard encore, ce Louis Archambault, prof de céramique émérite.

Adulte, j’ai enseigné en pigiste durant trois ans, —1963-1966— à l’Institut des arts appliqués —devenu « design » au Cégep du Vieux. J’ai adoré ce métier et voulant le pratiquer en devenant permanent, la direction m’expliqua que je perdrais de bons revenus par rapport à mon job du temps. Décorateur de télé, un métier pas si important, c’était bien mieux rémunéré ! J’en fus assez scandalisé.

Daniel mon fils, se recyclant de « cinéma », avec un neuf bac en pédagogie, tâta de ce métier indispensable dans une polyvalente —cours secondaire— proche de Repentigny. « Un cauchemar », me disait-il. Deux ou trois délinquants dans une classe devaient le changer en gendarme. « Je n’ai rien d’une police, papa, je préfère changer de job » ! J’en fus atterré. Les critiqueurs du « beau métier » avec les « en congé tout l’été ! », ignorent la dépense d’énergie nécessaire dans cette pratique si délicate. Métier qui contient ses folles et ses fous, telle cette dangereuse ignare, prof à Terrebonne (La Presse) avec son cours sur masturbation et bestialité. Il y a des désaxé (e) s partout certes. Telle cette Monique Lamarre défendant l’horreur télégénique à Têtes@Kat, série déboussolée offerte aux ados de Radio-Canada à 16h de l’après-midi (La Presse encore).

Dérapages-jeunesse graves et rares, Dieu merci !

Mimi Legault était sonnée face aux plaintes folichonnes nous illustrant des parents-rois surprotégeant leurs enfants-rois. Des parents qui comprennent la célèbre Françoise Dolto de travers ? Elle enseignait le respect dû aux petits mais ce respect est une notion claire pourtant et si on aime vraiment ses enfants. On doit admettre qu’il faut lui inculquer le plus tôt possible le respect de l’autorité des profs. Ce parent complaisant, aveuglé, qui accable l’enseignant (e) de son enfant, va payer rapidement car il récoltera cette anarchie idiote, se fera bafouer à son tour, une fois l’enfant un peu grandi. À une mère (chialeuse) ulcérée —« mon enfant déteste sa prof »— Dolto lui dira : « Madame, votre enfant n’a pas nécessairement à aimer son prof qui est là pour lui apprendre à apprendre, pas pour le cajoler ».

Courage Mimi, les temps changent, nombreuses viennent les générations nouvelles qui ont envie d’une école vraie, solide, sérieuse. Le temps du free for all s’achève, maintenant on en voit plus souvent les signes annonciateurs. Votre rôle de bouc émissaire, « pour tout et n’importe quoi » qui va tout croche, a assez duré. Vous êtes les dernières victimes d’un retour du balancier puisqu’il faut admettre que l’école fut trop longtemps une sotte prison avec la strap, l’ultra-discipline insensée. Une lamentable pédagogie déviée de ses buts fondamentaux.

Les baby-boomers ont jeté le bébé avec l’eau putride de ces sales bains d’antan. Mais désormais le bon sens va régner :l’école ne peut être un perpétuel jardin d’enfant. Si la femme est l’avenir de l’homme (Aragon), l’école est l’avenir des jeunes êtes humains.

Je viens de lire le troublant « L’aube du désert », (Albin Michel éditeur) écrit par le mannequin célèbre, Waris Dirie. Exilée à New-York mais revenant dans sa Somalie de détresse. Dirie y raconte une misérable école à toit de tôle, ouverte aux quatre vents, en pleine brousse, quand il manque de crayon, de papier, de livres… De tout. Effaré, je lisais le bonheur total des écoliers dépenaillés fous de joie pour, comme ardoise, un pauvre morceau de bois peint en noir. Faudrait-il fermer nos écoles un an, deux ans ?, afin que l’on puisse mieux voir notre chance à tous. Oui, Mimi, vous faites le plus beau métier du monde, n’écoutez pas les piques coutumières, les classiques et niais horions-aux- enseignants. Les parents braillards, vous le disiez, sont peu nombreux. Laissons aboyer, passera la si belle caravane des petites maîtresses d’école.

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