BOUGONVILLE-SUR-PLATITUDES ?

Un mercredi soir de janvier récent : soirée de télé mortellement macabre. D’abord une heure sur la momie de Lénine. Dégueulasse à souhait. Zapping sur de jeunes militaires à l’entraînement, boueux à souhait : des jeunes venus de milieux modestes (toujours) tyrannisés par des vieux-gradés, pathologiques sadiques frustrés (toujours).

Et s’amena Les bougons.

Ouverture. Celle du frigo pour bières du matin. Découverte d’un cadavre dans la chambre, tarifée, de l’aînée-pute. Pauses. Vol d’un autobus scolaire pour . ramasser des enfants pauvres dont celui, sidéen précoce, d’une misérable Ninon. Quoi encore ? À coup de pelle, mutilation de cadavre (voir le code pénal) dans un boisé. Et le vieux papi ricane dans sa chaise roulante.

Le macabre léninien se continuait, un programme cohésif :le sinistre marié au cynisme le plus lamentable. Une auto-promotion convergente jusqu’au ” Point ” intimidait : ” Si vous riez pas, vous avez pas le sens de l’humour ! ” J’ai des connaissances qui trouvent ça comique; envie de fréquentations.

Autre prévention orchestrée en pré-publicité : ” On se moque pas des assistés sociaux ”. Vrai. On se moque de notre argent public sur une chaîne publique. Ces vaseuses, baveuses, insipides bougonnades ne me font pas rire. Pas du tout. Moi, en phase 3, j’ai trouvé ces grossières bluettes grossières d’un très navrant ennui, un harvouri bruyant d’une rare insipidité.

Du funèbre Lénine embaumé à cet étalage stupéfiant de comportements au fascisme tordu, j’ai préféré le sinistre mausolée du Kremlin.

Qui a dit : ” Tout ce qui est exagéré est insignifiant ” ?

Les Bougon c’est exactement cela :insignifiant.

Il y a donc pire que l’art réaliste soviétique :il y a Les Bougon à notre télé publique. Je n’ai jamais souhaité le retour du ballet-en-tutu au canal 2 mais j’espérais de la comédie loufoque, burlesque s’il le faut, mais déridante. Or, je ne ris pas. Les pitreries des Tannants, en comparaison de ces Bougon, c’état du spirituel ouvrage.

Tenez, les bien peu subtiles publicités de Bell, avec sa caricature de paysans arriérés, me parurent ce mercredi-là, de l’humour potable. Plaignons tous ces acteurs talentueux enlisés dans cette lourde vase-à-grimaces. En fin de soirée, aux actualités, les mauvaises nouvelles aux hôpitaux congestionnés me furent un soulagement.

Suis-je le seul à ne pas rire ? Suis-je normal ? Répondez-moi quelqu’un.

Voir aussi lettre ouverte du 22 janvier : “LES BOUGON” ? UN RETOUR AU FREAK SHOW DÉGUEULASSE.

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