La bizoune et la noune !

Dans les temps anciens, enfants, nous étions ignares en matière sexuelle, que de termes niais, par puritanisme, à bien nommer les organes génitaux. Les temps changent. Hélas, le balancier a volé à une autre extrémité. Nous découvrons que des enfants se font enseigner, de manière toute tordue, la sexualité. En cette matière, plus aucun tabou, ça va très loin. Le MEQ autorise désormais à instruire les écoliers sur les « adultes vicieux » qui les menacent. Dehors et dans leur foyer ! De là, dès l’enfance, s’installera dans ces cerveaux en friche, très malléables, l’idée apprise à la « petite école » qu’ils doivent prendre garde : voisins, amis de la famille, et même, maman et papa pourraient bien être des prédateurs sexuels déboussolés.
« Lamentable pédagogie », viennent de déclarer nombre de gens de bon sens qui sont, à juste titre, scandalisés par ces cours d’initiation à la sexualité.
Nous sommes passés des tabous niais de jadis à un enseignement stupidement carencé, idiot même. Des rédacteurs de programmes (au MEQ) manquent de bon sens. Tout le monde est d’accord quand l’école (primaire) veut éduquer et instruire (sur la sexualité) sans la noirceur janséniste d’antan. Or, et voilà la glissade, règne l’anatomisme seulement. Mon néologisme pour dire « la mécanique des organes », le bête et froid fonctionnalisme (la plomberie). De plus l’on malmène l’utile et nécessaire monde secret des jeunes : lire le dernier Ruffo. L’important serait de parler aux écoliers, d’abord et avant la plomberie, du merveilleux domaine des sentiments, du beau rôle des émotions. Du fabuleux ingrédient nommé désir, bref, de l’amour entre les humains. Femelles et mâles.
Le rôle des organes génitaux, concrétisation inévitable de l’amour, leur sera bien évident. Nul besoin de planches illustrées. L’enfant n’est pas dépourvu de bon sens, et l’âge venu, l’adolescent se passera, très facilement, de ces cours sur l’anatomie. Ainsi, l’éducateur hériterait d’un rôle stimulant, merveilleux, si essentiel à l’épanouissement : enseigner la beauté des rôles sexuels humains. Les jeunes, qui ne sont pas si méprisables, saisiraient qu’aimer (une fille, un garçon) est autre chose que la copulation. Fonctionnalisme inhumain très utile pour la reproduction des bête. Cet enseignement valorisant remplacerait utilement celui de la plate mécanique d’ajustement des organes. La jeunesse serait enfin instruite de l’essentiel, que sans les sentiments, l’union sexuelle relève de la fornication. De cette manière la copulation, comme cela se pratique désormais à 14 ans, dit-on, et la fornication, vite acceptée pour ne pas passer pour bigot (e) ou attardé(e), seraient différenciées de « la sexualité humaine », si formidable, si épanouissante et si merveilleusement enrichissante.
Pour les savants programmeurs scolaires du MEC est-ce trop demander ? La psy Huguette Bégin (de l’U de M) est bornée, ne saisit rien là-dessus, par contre le psy Michel Dorais (de Laval) a tout compris et condamne comme moi les effets nocifs de ces navrantes « séances d’école » pour déceler la pédophilie et, cela, même dans les écoles du niveau « maternelles» (La Presse 10/4/04). Toute cette instruction —de prévention des abuseurs— devrait être fournie, et abondamment, aux adultes, ainsi grands-parents, tantes, oncles, sauront mieux détecter un lieu d’abus et les cas de victimisation dans leur entourage.
C’est une affaire d’intelligence ordinaire. Cessons de mépriser les citoyens et cessons de névroser l’enfance. Il y aura toujours, c’est certain, de pénibles violations. Le remède n’est pas de faire de précoces angoissés de nos enfants qui rentrent à la maison avec la nouvelle idée que tous (TOUS !) les adultes qui l’entourent —sur qui il s’appuie très normalement— peuvent être de hideux pervers. Même son papa ou sa maman. Tous les parents élus Commissaires d’écoles (qui nous représentent, non ?) doivent immédiatement stopper ces dérives gravement dommageables, concoctées par des pédagos à gogo désaxés. Il y va de la bonne santé sexuelle des enfants. Urgent !

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