ÊTRE AUX OISEAUX !

Un album excitant, émouvant, bouleversant même : « Les oiseaux et l’amour » de Léveillé. Enfant, dans Villeray, les oiseaux c’était des « moéneaux ». Point final. Aucun intérêt. Même en vacances l’été, au bord du lac des Deux Montagnes, on se fichait carrément de la gent ailée. L’enfant n’a pas de temps à perdre à observer ces « tites » bêtes au-dessus de sa tête. On joue, bon ! J’ai fini par apprendre qu’il y a l’ornithologie, des observateurs pour qui « les oiseaux » c’est une passion. Dans mes chers Laurentides, j’ai fini par mieux les voir, les distinguer et m’y attacher énormément.
Or Jean Léveillée, un médecin et un excellent photographe, publie 175 pages remplies d’ailes, avec ses écrits explicatifs. C’est un album qui vous jette dans… l’extase. Ce Léveillée a fait le tour du monde avec sa compagne pas moins passionnée que lui, des jumelles et un appareil photo. Son album, en couleurs vives, est un ravissement. Ça part avec le colibri, l’hirondelle, le bruant, le cormoran, la grue, le huard, etc. Ça se termine avec le fou de bassan, le macareux, le balbuzard, la tourterelle, le pélican, le paon et le canard colvert, etc.
Je garde son bel album à la portée de la main et je m’y replonge sans cesse. Ce « Les oiseaux et l’amour » (aux Éditions de l’Homme), c’est 175 pages sur la beauté ailée et ses amours. Au milieu des chamailleries, des scandales des actualités, la beauté fait du bien. On admire ces confondantes réussites naturelles et cela calme. Au dessus des chimères nauséabondes des terriens, il y a donc ce ciel peuplé de petits êtres, ils sont si vivants, si légers. Ce peuple du ciel offre à ceux qui s’en donnent la peine, une joie totale, un formidable plaisir des yeux qui effacent nos tracas communs, éloignent nos petits et graves chagrins.
Il y a peu, au milieu des collégiens, à Joliette, j’ai osé donner deux leçons pour vivre vieux (car « voler c’est pas bien ») : garder intact sa faculté d’indignation. Garder intact sa faculté d’émerveillement. Oui, vieillir —et cela peut arriver à vingt ans hélas— c’est accepter en silence complice les petites et grandes horreurs des pouvoirs établis. Vieillir prématurément c’est aussi perdre la faculté d’admirer, de s’émouvoir en face des beautés, et des réussites, qui nous entourent.
J’ai donc fini par mieux savoir que parmi les beautés de notre environnement, il y a les oiseaux. Vous, Jean Léveillé, voyageur passionné, ornithologue emeritus : merci mille fois ! Procurez-vous cet album en images, « Les oiseaux et l’amour » c’est un puits inépuisable qui va vous réjouir le coeur. Et les yeux bien entendu. Un bréviaire essentiel, l’évangile précieux d’une vie étonnante, celle de la gent ailée qui se déploie insouciante, comme à l’abri de nos futiles querelles terriennes. L’amour triomphe à chacune des 175 pages !

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