Petit est beau !

Traduction d’un slogan USA ?, oui, qui venait du « Black is beautiful », des militants Noirs. Saint-Adèle, mon cher village fusionnait avec Mont-Rolland, cher Yvon Deschamps, « Q’ossa a donné » ?, un parc nouveau « en haut », ex-hôtel Montclair, où l’on vient de couper des arbres pour creuser un absolument futile amphithéâtre pseudo-grec, réduisant le futur parc à bien peu d’espace.
Jeune, ceux du quartier Villeray étaient fiers. Du marché Jean-Talon, du candide centre commercial rue Saint-Hubert, de sa Petite Italie. Petit est mieux puisque « Tout ce qui grossit pourrit », disait l’adage. Le catholicisme too much successful l’a vécu devenant totalitarisme fou avec bûchers partout. Radio-Canada aussi —son succès avec la télé populaire des débuts— envahi vite comme lierre par une pléthore de bureaucrates qui étouffa la créativité de ses artistes. Gérance rationnelle only égal fouillis et perte d’âme.
Par ordre du « gérant en capitale », Boubou ou Bouchard, on a voulu, à Laval, à Montréal, à Québec, etc., effacer les cocasses villages-ghettos, ses charmantes petites villes. J’aimais, à Laval, les différences entre Sainte-Dorothée et Sainte-Rose, entre Saint-VIncent de Paul et Laval sur le Lac. Nous aimions, dans l’île —à vélo ou en « machine »— être surpris par des différentes identités à Sainte-Anne de Bellevue ou à Rivière des Prairies, à Sainte-Geneviève ou à Montréal-Nord —là où l’excellent maire Ryan montrait une efficacité rare. C’est fini, l’aplatisseur fonctionnariste s’excite partout.
Cela ne se nomme pas vrai progrès, cela se nomme : plate uniformité. À la Moulerie, le sympathique jeune maire Jérôme Unterberg d’Outremont m’apostrophait : « On sait bien, vous devez être en faveur de la fusion »? Sa surprise de m’entendre lui dire : « Ah non ! Outremont est déjà trop grand, faudrait découper ça en plus petites entités ». Small is beautiful ! Tenez, Sainte-Adèle devrait être découpée avec l’en haut et l’en bas ! Quoi ? Qu’est-ce qui me prend ? Il me prend d’avoir constaté, comme tant de monde, que les « grasses administrations » amènent l’indifférence, le désintérêt des commettants, et, partant, la mainmise des bureaucrates-robots, des petit potentats avec leur froideur, leur despotisme. Partant, l’anonymat multi-directionnel, partant, le courant coupé entre les citoyens. Plus grave, les abus des tyranneaux de ces dirigeants à grands ensembles. Petit est mieux ? Oh oui. Rien à craindre si une catastrophe tombe sur des voisins lointains (au Saguenay ), la solidarité humaine joue toujours. C’est prouvé par l’Histoire et la petite histoire.
Avec « les gros machins » viennent toujours les formulaires multiples, les attentes à rallonges, la raideur froide, robotique, des poltrons-fonctionnaires en sections, sous-sections et sous-sous-sections, les délais, les bureaucrates hautains, bref, la rupture avec les citoyens, aussi, c’est fatal, les satanées voix enregistrées avec les téléphones à « pesez sur le 4 , pesez sur le 8 ». J’aimais bien me pointer chez le secrétaire du maire, gueuler mon grief et voir sortir « Monsieur le maire » en manches de chemise pour écouter, viva voce, ma doléance. Les fédérations-à-gogo, si utiles aux tyrans-à-coulisses, me puent au nez. Y naissent la gabegie, le népotisme à favoris, les gaspillages à rapports-en-copies-conformes. Notre argent public dépensé de travers (lisez le tout récent livre de Jacques Keable). La dictatoriale vaste fédération, nommée URSS, s’est écrabouillé en 1991. Enfin ! La sale graine des amateurs forcenés de fusions —en tous genres— donnent toujours des fruits immangeables. Cupides apprentis-potentats souffrez et, en cas de détresse appréhendée, pesez… sur le zéro. Que vous êtes.

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