CHRONIQUE D’IMPOSTURE ANNONCÉE ?

Un certain Bruno Blanchet annonce son départ en voyage (La Presse, en mai). Il a 40 ans, il dit qu’il a « tout bazardé » mais…tout de même, il part avec sa caméra et son ordinateur portable. Il m’inquiète ce « vieux » bourlingueur.
Lisez : « Je m’appellerai Yvan, Manon, ou Donald… Je parlerai avec un accent allemand…Je serai avocat, cuisinier, chirurgien (ça vous rappelle rien, « faux-chirurgien » ?) et je ferai du surf… »
En somme, il part pour se nier, pour n’être plus lui-même ? Étrange ! Il va faire quoi, le fumiste ? Le menteur qui va duper les gens ? Et pourquoi donc ? Il veut fuir qui, quoi ?
Combien sont-ils ces « jeunistes » dans la quarantaine, embarrassés par leur identité, disposés à l’auto-déracinement.
Fuite de qui, de quoi ? Singulière attitude.
Lisez : « Je vais m’amuser, j’aurai mille personnalités » ! C’est déjà bien difficile de s’en façonner une et une solide.
Lisez : « J’inventerai une famille au Brésil, que je suis pilote de stock car, PDG d’une usine… Vous lirez mes délires dans « La Presse ». Non mais… Ce Blanchet (blanc bec ?) nous dit donc adieu et au revoir parlant de « liberté d’expression ». Liberté douteuse ! Il se donne toute une année pour ce « trip de fou furieux » (ses mots). On a envie de lui dire deux choses.
Un : qu’il y a de la place en usine (chanson connue).
Deux : qu’en tiers-monde, en Afrique surtout, oh comment ?, les vieux vagabonds de 40 ans, à sac à dos sont utiles, eux, et trop rares, via les ONG, l’Unesco, etc. Certes, là-bas, où meurent chaque jour tant d’enfants mal nourris, il n’y a pas de « trip à gogo », que des famines, des misères humaines effroyables, pas de ces DVD « trash-techno-punk-jackass » (ses mots), qu’il nous promet, pas « d’évasion sur champignons » (ses mots).
Aux « deux mois », craignons de lire dans La Presse « les délires » d’un fuyard déboussolé, d’un Québécois égotiste, bien mal dans sa peau (?) , qui fuit la dure réalité (Rimbaud), qui se sauve de lui-même par une sorte de vanité invertie, en fumiste faux-PDG avec accent allemand qui se nomme Manon ou Donald. Ce Blanchet court au devant du… vide. Du… rien.
L’adage : « Les voyages forment… », oui quand ils sont faits par des Alain Grandbois d’aujourd’hui. Autrement, c’est le bête règne de l’individualiste déconnecté du monde réel. Si M. Blanchet n’est point attiré par l’Afrique —il n’est pas trop tard j’espère— qu’il songe à bourlinguer parmi tant de pays moins lointains, qu’il aille secourir (au moins divertir) les populations indigentes des pays de l’Amérique du Sud. Le choix est vaste. Il y a tant à faire même avec sa caméra et son portable. Le fera-t-il ? Je le souhaite. Il s’en trouverait enrichi humainement. Sinon ? Tristesse et pitié sont de mise ici.

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